‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 61 sur 457 · LEL · texte numérisé non relu

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elle prévaut. Bellarmin ayant In ce livre, qui n'était rien outre chose qu'une apologie du serment schismnlique, ordonné par les édita, reprit aussitôt In plume pour y répondre, et dans sa réponse, il ne se crut pas obligé d'user d'autre ménagement que de celui que sa modestie ordinaire lui suggérait partout, le nom du roi d'Angleterre n'y paraissant point, et l'opinion publique l'attribuant d'ailleurs è ses chapelains.

Le cardinal fait d'abord remarquer à l'auteur qu'il ne doit pas chanter triomphe avant la victoire; que ce n'est pas è lui, mnisaux lecteurs sages et judicieux à décider de quel cété est l'avantage, qu'assurément les peuples s'étrieront : la vérité est grande et prévaut, mais en faveur de celui qui la défend et non pas de celui qui In combat; que l'apologiste s'efforce en vain de la détruire, qu'elle est partout invincible, mais surtout quand elle est attachée par le triple lien qui no rompt pas aisément : Funiculu* triplex diffieilerumpitur. Œecte. iv, 12.) Entrant ensuite enmatière, il montre les écarts, les fausses suppositions, les mauvais raisonnements dont le livre est rempli, et il conclut que la prétention de l'auteur est vaine, que ses Trois foins loin de fendre les nœuds, n'y ont pas seulement touché ; que les coups ont porté & faux et qu'il n'a pas sujet de triompher.

Jacques s'offensa de celto réfutation, il prétendit que le caractère royal en avait été déshonoré ; et pour témoigner' son ressentiment d'une manière éclatante, il (il réira-

Firimer son livre, y mit son nom en tôle et 'adressa à l'empereur Rodolphe et à tous les souverains de la cnrélienlé, les intéressant dans sa cause et se plaignant è eux de Bellarmin, d'un homme qui, n'étant pas d'une naissance fort illustre, avait osé se mesurer avec un roi; qui avait manqué de respect à la majesté royale et qui entreprenait d'ébranler les trônes, empêchant les sujets de rendre obéissance h leurs souverains et de leur prêter le serment do fidélité.

Le cardinal fut moins surpris des accusations portées contre lui dans toutes les cours chrétiennes, qu'affligé du scaudaleque causait dans l'Eglise le roi d'Angleterre. Le rang qu'il y tenait en qualité de cardinal et l'injustice que lui taisait lo prince ne l'auraient pas cependant déterminé h se défendre, si sa cause n'avait été celle de la religion, dont l'intérêt lui était bien plus cher que sa réputation. CYst par ce motif de zôlo pur et désintéressé qu'il entreprit l'ouvrage qu'on doit moins nommer l'apologie de Bellarmin quo celle île l'Kgliso et du Siège apostolique; il l'adressa à toutes les puissances de l'Europe, auxquelles le prince irrité avait porté sa dénonciation. Bien n'est ni plus fort ni plus modeste que celte pièco, il y démêle nettement lo point de la difficulté que Jacques avait embrouillé. Ce point, que le roi faisait sonner bien haut, qui lui sorvati du prétexte et par leam 1 il prétendait révolter les rois coulreTtCgliso romaine et les exaspérer contre Bellarmin, était lo ,: wnuuil auquel il voulait obliger les Ca-

tholiqoes de ses royaumes et que le S .tint- Siège condamnait comme contenant des erreurs contre (a foi. Jacques, pour donner le change et engager les princes dans son parti, protestait que c'était un serment purement politique et qui n'avait nul rapport h la religion.

Bellarmin découvre le piégo, il fait voir l'artifice et montre que, sous celte belle apparence de pure politique, ce serment» tout le caractère d'un serment schismastique, inventé pour soustraire les Anglais è l'obéissance qu'ils doivent au Saint-Siège, maintenir les rois du la Grande-Bretagne dans la sacrilège usurpation d'une primaliespiriluelle et perpétuer le schisme en A nglelerre. C'est co qu'il fait voir non-seulement par le contenu du serment, mais le titre même de l'ôdif, porté pour y obliger les peuples et dont voici les termes '.Pour découvrir et réprimer les papistes; ce qui donne lieu à Bellarmin de raisonner ainsi : « Si le serment était purement civil, en le prêtant on ne promettrait qu'une obéissance politique; et la Gn de la cour d'Angleterre ne pourrait être que de distinguer les fidèles sujets de ceux qui ne le sonl pas, et ainsi on devrait dire que pour découvrir et réprimer les rebelles quo la cour ordonna aux Anglais de le faire. Quand on dit donc que c'est pour découvrir et réprimer les papistes, il est manifeste qu'on en veut à ceux qui font profession de croire que la primatie spirituelle résido dans le seul vicaire de Jésus-Christ, et qui refusent par conséquent de la reconnaître dans le roi de la Grande-Bretagne, dont l'autorité est purement séculière et rivile. Le Saint- Siège a donc eu raison de défendre aux Catholiques anglais de prêter le serment dont il s'agit.

C'est là proprement la justification des brefs apostoliques que le cardinal avait appuyés dans sa lettre à Blackwell. Il fait ensuite une courte apologie de sa propre conduite, en exposant ses motifs de répondre h un roi qui se déclarait l'ennemi de l'Eglise, qui passait les bornes de son caractère eu faisant le conlroversisle, et qui devait au moins mettre son nom à son livre, s'il avait envie qu'on ménageât sa dignité; que c'était avec ce conlroversisle qu'il était entré en lice, et non avec une tôle couronnée ; qu'il ne s'agit nullement ici de disputer de rang, de naissance el de noblesse, mais de soutenir les droits de l'Eglise; qu'ayant l'honneur d'en être cardinal, on ne peut trouver mauvais qu'il en ail pris la défense; qu'il n'a fait en cela que suivre l'exemple donné par Hilairo de Poi liens, Lucifer de Cagliari, Grégoire de Nazianze, Cyrille d'Alexandrie, tons prélats d'une sainteté et d'une réputation reconnue qui, quand l'intérêt de la foi l'a demande, n'ont pas cru blesser l'honneur et lo respocl dus aux empereurs et aux rois, en écrivant contre leurs opinions: qu'an reste, pour n'être pas d'un»» condition temporelle comparable è celle du Sou auguste dénonciateur, il ne laisso |kis d'être d'une famille en quelque cousiJéra-

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lino durit le monde, depuis surtout qu'elle n donné, dans Marcel II, un Pape d'un mérite a forcer les ennemis mêmes de l'Eglise romaine & Taire les éloges de sa vertu et do son savoir.

Le roi, qui oc gardait plus de mesure dans son ressentiment, en avait poussé les excès jusqu'à vouloir faire passer le cardinal pour «mmplice et même pour auteur des prétendues conjurations, qui firent tant de bruit sous le rè^ne d'Elisabeth, et qui servirent «lo prétexte alors, comme il arriva depuis, pour traiter, avec la dernière bnrbarie, de saints personnages, dont tout le crime était d'être les ennemis déclarés du schisme. Bel- Urmio ne se serait pas avisé qu'une accusation pareille pût venir d'un prince aussi modéré qu'il avait jusque-là estimé le roi d'Angleterre ; il ne s'en mit pas fort en peine, persuadé qu'elle ferait peu d'impression sur l'esprit des souverains, auxquels elle était portée. Aussi se conlenla-t-il de se justifier auprès d'eux par la seule exposition du pitoyable fondement, sur lequel Jacques appuyait celle accusa lion. Ce n'était rien autre chose, sinon, que le célèbre Edmond Campian, discutant dans la lourde Londres avec des ministres anglicans, sur des matières de religion, avait cité Beliarmin; comme si un auteur était coupable d'un attentai, dont il a'a jamais parlé , ni écrit, parce qu'en un .point de doctrine, qui n'a rien de commun avec le fait dont il s'agit, uo prétendu criminel a rapporté quelque endroit de ses écrits. Au reste, il déclare que le prince lui fait honneur de lui donner des relations avec ce glorieux confesseur de Jésus-Christ; il ajoute qu'il a eu le malheur de ne voir qu'une lois ce noble et généreux J* /inond Campiao ; qu'il aurait voulu vivre plusieurs années avec lui, pour profiler de ses admirables vertus; que ce saint homme n'a encouru la haine d'Elisabeth que parce qu'il était prêtre et Jésuite, qu'il ne conjura jamais contre personne, qu'il ne travailla qu'à la destruction du schisme et de l'hérésie, cl qu'il ne donna sa vie sur un échainwd, que pour signer de son sang la croyance catholique, quon voulait abolir dans sa 1-atrie. Il termine enfin sa défense, en témoignant, avec confiance, à l'empereur, aux rois, à toutes les autres puissances, auxquelles l'avait dénoncé le monarque en colère, qu'il se repose de sa réputation sur leor justice el sur leur bonté.

C'est ainsi que se passa celte fameuse affaire, qui fut plutôt une querelle religieuse, qu'au démêlé particulier. Le cardinal, qui n'en eut jamais avec personne, se fût bien garJé d'en avoir avec un roi, dont il respectait le caractère. Beliarmin eut pitié des égarements du prince ; il lit tous ses efforts pour l*emj>êcher de courir au précipice; et s'il n'eut pas la consolatioa de l'arrêter el de le remettre sur les voies de la vérité, il eut au moins celle de n'avoir rien négligé pour y parvenir.

Le souvenir de l'ancienne bienveillance, dont l'avail honoré le roi de la Grande-Brc-

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