‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 74 sur 457 · TOMBEAU DU CARDINAL IEU.AMIUI · texte numérisé non relu

TOMBEAU DU CARDINAL IEU.AMIUI

Hoborlo C ird BVIlarniinn Puliliano, e Soc. Jesa Marrclii II. P. M. sororis liliu. Otl«>»rd»s U»ri.

Farnesin*, Mil erga tinte» quem pat ris loco vemper coluit amoris uniiqiiani murituri inonutncnluin pos.

Ol.tlormi»il in Domino »nno Sal. M. DCXXI,— acl. sux LXXIX.

• !.o P. Jean Fuligali, et le P. Hilarion do O'vieoni écril sa Vie. Antoine Sandere dans ses E logea, Pierre Ribadancira, Antoine Posseviu, h? cardinal du Perron en fout honorable mention. »

BELLAY (Jkapi oc), né en 1492, fît de brillantes éludes; il écrivait en latin, en prose , comme en vers, avec une rare élégance. — François lui confia des emplois considérables, et plusieurs ambassades. Il se servit de sa faveur pour l'avancement des lettres, et, de concert avec le savant Budée, il persuada au roi de fonder le collège royal, conseil que suivit ce prince en 1529. Du Bellay, qui élait alors évêque de Baronne, fut, en 1532, transféré sur le siège de Paris. Il avait él<*, on 1527, ambassadeur en Angleterre, auprès de Hemi VIII; il y retourna en 1533 : voici a quelle occasion. Le Pape Clément VU et François l'r se trouvaient •tors a Marseille «ù ils s'étaient donné rendVi-vous, et où ils conclurent le mariage de Henri, duc d'Orléans, depuis Henri II, avec Catherine de Médicis, nièce du Pape. Guillaume Poyet, pré>ident au parlement de Paris, depuis chancelier de France, devait haranguer Clément ; mais ayant reçu ordre de changer sa harangue le jour môme qu'il la devait prononcer, il en fut si déconcerté, au'il supplia le roi de le dispenser de ce fardeau. On en chargea du Bellay, qui parla anxt applaudissements de l'assemblée, bien qu'il ne fût nullement préparé. Dans cette e»lre7oe, le roi s'entretint avec le Pape des affaires de l'Angleterre, et lui conseilla do mettre tout en œuvre pour étouffer les semences du schisme qui commençaient à germer dans rel Etal. On résolut d'y envoyer l'évoque de Paris, qui se chargea volontiers d'une mission, qui pouvait conjurer un événement si préjudiciable à l'Eglise. Il passa donc en Angleterre, où il engagea le roi à un accommodement raisonnable. Celui-ci promit a Du Bellay do ne pas rompre avec la cour de Rome, pourvu qu'elle lui donnât le temps de se défendre par procureur. Du Bellay repassa la mer, et alla a Borne pendant l'hiver, bravant les intempéries et les incommodités de la saison. Il obtint du Pontife le délai que demandait Henri VIII, et dépêcha a ce prince un courrier pour avoir la procuration qu'il avait promise. Mais le courrier n'ayant pu être de retour auprès du Pape pour la jour qu'on lui avait fixé, les agents de l'empereur Charles V ne manquèrent pas l'occasion, et firent si bien que I excommunication fut prononcée contre Henri VIII, et «es Etats mis en interdit, malgré les protestations de l 'évêque de Paris. C'est du moins la version qui a prévalu chez les derniers historiens français. Mais nous nu devons pas cacher que l'iustoire du courrier

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a été traité de fable par des hommes graves. Quoi qu'il en soit de celte question, dans laquelle nous no voulons pas entrer ici, l'évêque de Paris fut au désespoir de voir le schisme accompli, et l'Angleterre détachée de l'Eglise romaine. Après ce grand événement, il continua h être chargé des affaires de France sous le pontifical de Paul III, successeur de Clément, et qui lui donna le chape.su de cardinal le 21 mai 1535. L'année suivante, il se trouva dans un consistoire, où l'empereur Charles V se répandit en invectives contre le roi François I". Le cardinal eut beaucoup de peine a se contenir : mais sa mémoire était si fidèle, qu'il retint, mot pour mot, la haranguo étudiée de l'empereur; et comme il importait beaucoup au roi de France de connaître (es desseins de Charles V, Du Bellay se rendit en toute diligence auprès de ce monar que, pour l'en avertir. C est alors, en 153G, que Charles V envahit la Provence, pendant qu'il faisait entrer en Champagne le comte de Nassau avec une autre armée. François 1" marcha a la rencontre de son ennemi, laissant à Paris le cardinal Du Bellay, en qualité do lieutenant général , chargé de conjurer les dangers qui menaçaient la Picardie et la Champagne. Lo cardinal, en ces circonstances, montra autant d'intelligence des affaires de. la guerre qu'il en avait montré dans les négociations du cabinet. Les impériaux ayant mis le siège devant Péronne, Du Bel- • lay, pour calmer la fermentation qui régnait dans Paris, le fortifia d'un rempart èt do boulevards qui furent élevés en peu de temps. Il pourvut avec le même soin à la défense des autres villes. Pour récompenser sa fidélité et ses services, François I** lui donna, en 1541, févèché de Limoges; en 1544, l'archevêché do Bordeaux ; on 15V0, l'évéché du Mans; il le fit aussi conseiller de son conseil privé. Mais, en 15V7, après la mort de ce prince, lo cardinal Du Bellay perdit son rang et son crédit par suite des intrigues de quelques favoris, el particulièrement par celles du cardinal de Lorraine. Il se relira a Borne, où, par le privilège de son Age, il fut fait évêque d"0$lie, et tint rang de doyen des cardinaux, pendant l'absence des cardinaux do Ton mon el de Bourbon, plus anciens que lui. Il s'étail démis de l'évéché de Paris et de l'archevêché de Bordeaux. Son mérite était si reconnu à Rome, qu'il lui question de l'élever a la papauté, après la mort de Marcel 11. Il mourut d ins cette ville le 16 février 1560, âgé de 68an«. « Le cardinal du Bellay, ■ dit Brantôme, t fut un des plus sa vanls, éloquents, sages et avisés de son temps; il élait pour lout, el un des plus grands personnages en tout el do lettres et d'armes qui fût. » Il nous reste de c savant prélal : I. Trois livres de Poésies latines, imprimés à la suilu de trois livres d'Odes de Salmon Macriu, Paris, llobert Eslieune, 1546, in 8° ; le r* de ces livres contient des Elégies: le m*, des Epigrammes; le m* des Orfes ; II. Franeisci /, trancorum régis . epistnla upvhgtlica, imprimée avec d'autres pièces,

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eo 1542, in fi": III. Joanvii carâinaUs ïleltoit. Franc. Olirnrii et Africani Malien, Francisci / legatorum, oraliones dua, necnon pro eodemrege defensio adtersus Jacobi Omphalii maledicta, lal.-franç., Paris, B. Estienne, iokk, in-4*; IV. Un grand nombre de leltrrs, restées manuscrites. L'abbé Lcgrand en a publié une cinquantaine dans son Histoire du divorce de Henri VIII. Elles sont presque toutes adressées au connétable de Montmorency. ...

Le célèbre Rabelnis fit partie de la maison du rardinal, qui avait aussi pour secrétaire Nicolas Reince, dont Charles V tenta vainement de corrompre la fidélité.

(Fou. de Toou, Mit . I. ivi et xxvi ; — Paul Jovb, l.xxv, et in F.log.; — Sauhartu. in FJog. doct. Gall.,\. i, n. 10, et Gallia Christ ; — Sadolet, I. v, epist. 1, 2, 3, et I. n, epist, 19;— lo chancelier de l'Hôpital, Epist., I. i, il et m ; — Frizoh, Gall. pnrp.i— Aubery , Hist. des card.;— Duchéne, Hist. d'Angleterre: — Spo>db, in Annal.; — Ughelli, haï. sacr.;— le Corvaisier, Hist. des éviquts du Mans; — Salmomus Macrisus ; — Onuphrb ;— Vici orei. :— Petr ambllarics ; — Le continuateur de Nicole Gilles; — Dupleix; — Mézbrav; — Si.kidan ; etc.)

UELLI (Silvestre), né à Asnani, en 1781, évéque d'Iesi, fut fait cardinal par Grégoire XVI en 1840 II mourut en 1844.

RELLISOMf (Charles), né a Pavie en 173C, évéque de Césène, fut fait cardinal par Pie VI en 1785 ; il mourut en 1808.

BELLOY (Jean Baptiste de) naquit le 9 octobre 1709, a Morougles, au diocèse de Boauvaia, d'une ancienne famille. — Il fut d'abord vicaire général, officiai et archidiacre de Beauvais, sous le cardinal de Cèvres, et montra dans ces fonctions l'esprit de douceur et de modération qui nu le quitta point dans tout le reste de sa longue carrière. Devenu évêque de Glandèves, en 1751, il fut député à l'assemblée du clergé de 1755, et fit partie des prélats modérés qu'on appelait \cs feuillants, parce qu'ils avaient pour chef le cardinal de la Rochefoucault, ministre de la feuille des bénéfices par opposition aux

Îirélats d'un zèle exalté qu'on nommait théains, par allusion à l'ancien évéque de Mirepoix, qui était sorti de cet ordre et dont ils suivaient la bannière. M. de Belzunce, évéque de Marseille, si connu par son héroïsme dans la peste do 1720, mais dont le zèle ardent pour la bulle Unigenitus avait rendu l'épiscopol orageux, étant mort pendant rassemblée, on jeta les yeux sur M. de Belloy, comme sur le prélat le plus propre, par son esprit de conciliation, à rétablir la paix dans le diocèse. Ces espérances ne furent point trompées, M. de Belloy calma les esprits et se concilia tous les cœur». 89 survint, M. do Belloy se réfugia à Chamhly près des lieux qui l'avoient vu naître; c'est dans cet asilo qu'il traversa la Révolution. Lors du Concordat. fidèlea la lignedecoiiduitvqo'il avait toujours suivie, il 8 empressa de faire le saci ilicede sou litre, pour conjurer, nulaut qu'il était eu sou pouvoir,

MAIRE DEM l&g

les malheurs d'un schisme. Cul exemple du doyen de l'épiscopat produisit ^'excellents effets; il attira sur lui l'attention. On se rappela ses antécédent» et l'on comprit qu'il était l'homme qui, dans ces circonstance?, pouvait le mieux réussir sur le siège de la capitale. Il fut donc, en 1802, élevé à l'archevêché de Paris, et, l'.innée suivnoie, au cardinalat. Dans ces limites fondions, il conserva sa simplicité, cette prudence et cette dignité qui l'avaient toujours caractérisé. M. de Belloy était arrivé a une grande vieillesse sans aucune des infirmités qai l'accompagnent d'ordinaire. Il mourut la

10 juin 1808, & la veille d'entrer dans m centième année- Par une exception honolable pour la mémoire de ce prélat, Napoléon 1", qui l'estimait, permit qu'd fût inhumé dans lu caveau de ses prédécesseurs.

BELMDSTI (Octave), Génois, évêqiiR d'Aleria, créé eu 1CI0, par le Pape Paul V, prêtre cardinal du litre de Saint-Biaise, mourut en 1G18.

BEMBO (Pierre) naquit le 28 mai 1170, à Venise, d'une noble famille. Bernard Bembo, son père, fut gouverneur de R*> venne ; il fut aussi employé dans des négociations et des ambassades importâmes. — En 1481, il reçut du la république Tordre do mener des secours au Pape Sixte IV, pressé par les troupes d'Alphonse, roi d'Aragon. Depuis, avant été envoyé ambassadeur à Florence, il y fit venir avec loi Pierre Bcmbo, son fils, qui y acquit cette pureté du langage toscan, celle délicatesse de style qu'on admire dans ses écrits. De retour è Venise, il se perfectionna dans l'élude de la langue latine qu'il avait commencée è Florence. Il vou'ut ensuite savoir le grec qu'il alla étudier en S cile, a Messine, sous le célèbre Constantin Lasearis. Pendant deux ans il s'appliqua avec ardeur a celle élude et revint dans sa patrie, où, aesiegé de queslionssurleiuont Eiua,il écrivit, pour y répondre, son Traité sur celle montas*1* et le publia peu après. Il avait été fuira a Padoue son cours de philosophie, et. pour obéir à son père, il était entré dans la carrière des emplois publics qu'il abandonna bientôt pour se livrer entièrement aux lettres. A Ferrare.où il avait suivi souper»*,

11 acheva ses éludes philosophiques sous Nie. Leoniceno et se lia intimement avec Slroz/i, Tibaldeo et surtout Sadolet, qui partageait tous ses goûts pour les lettres et la poésie, qui devait cire avec lui cardinal, ol qui resta toujours un du ses meilleur! aiii!*. C'était alors l'époque qu'on est convenu d'appeler la Renaissance, où las Mues prirent un si rapide essor et qui fut illustrée par tant d 'hommes distingués dans tous les genres. Bembo est un du ceux qui y jetèrent le plus vif éclat, soit comme grand écrivain, comme savant ou comme poète.

Ses ouvrages se répandaient eu liai e, ses poésies surtout y étaient estimées, on vantait la douceur de soii style. Malheureusenient plusieurs de ses écrits sont licencieux.

Bembo no pensait pas «lors h entrer dans ^ celte promotion On

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