‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 75 sur 457 · BF.M · texte numérisé non relu

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l'élit ecclésiastique. A la suite d'un com merce illégitime avec Morusina, il eut trois

dit môme qu'il nu se sérail jamais déterminé à accepter si, eu* Irant dans une église -

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enfants, deux Lis. Torqualo et Lncilio, el 7 et demander conseil a Dieu, il n'eût en ton

du

one Qlle Hélène, qui épousa un noble Veni- ,. le prêtre dire ces paroles de Jésus-Christ à tien. • Ces enfants, il les fil élever avec le saint Pierre : Pierre, suivez-moi. Il crut que plus grand soin, dans les bonnes mœurs et le Fils de Dieu lui parlait à lui-môme et dans les lettres. » Ce sont les expressions

du pieux et grave Mazzuchelli. (Hitt. rf'/faf.. torn. IV, p. 710.) Cette liaison, ou son amour pour les lettres l'empêcha de se marier et d'accepter les emplois qui lui étaient offorts dans sa patrie. Homme de cabinet el consomment occupé à étudier et à écrire, il connut néanmoins les plaisirs de l'amitié. Il eut la faveur du prince Alphonse d'Esté, époux de la célèbre Lucrèce Borgia. Quand il fut de retour à Venise, il devint un des principaux membres de l'académie qui s'y était formée dans la maison du savant Aide Manuce; il se faisait un plaisir de corriger les épreuves qui sortaient de cette imprimerie célèbre. En 1506, il se rendit à la cour d'Crbin où les gens do leltros étaient sûrs d'éire bien accueillis el où il se lit des amis puisfants. Il élu il a Rome en 1512, lorsqu'on envoya des bords du Danube, au Pape iules 11, un ancien livre que personne ne pouvait déchiffrer. Bembo y étant parvenu, reçut ators du Pape la riche commanderie de Bologne, de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Quand Léon X eut succédé à Jules II, il prit Bembo pour secrétaire el lui donna pour collègue son ami SadoIeL Quand il avait a confier quelque mission exigeant un homme sûr, cest Bembo qu'il choisissait. Celui-ci s'était vu ainsi arraché à son indépendance pour être jeté dans le tourbillon des affaires qu'il avait tant en aversion. Son assiduité au travail, ses veilles continuelles altérèrent sa santé; on l'obligea a changer d'air et il se rendit à Padoue, où il apprit bientôt, (1521), la mort de Léon X. Pourvu de riches bénéfices, il ne demandait plus qu'a renoncer aux affaires pour se réfugier au milieu de ses livres et de ses a mis. II se contenta d'aller à Rome baiser les pieds du nouveau Pontife, Clément VII, second Médias, qui, comme le premier, se fût em-

( >ressé d'élever Bembo (tour peu que celui-ci eût voulu. En 1529, la république de Venise l'arracha de nouveau à sa retraite pour le charger de la continuation de son histoire, laissée interrompue par la mort de Navagero. Bembo se crut obligé d'accepter,

accepta une dignité qu'il n'avait point recherchée. Il n'était pas encore, dans les ordres sacrés, car écrivant (1539], à un de ses parents, il disait : « Jo serai sacré a ces fêles de Noël et je prendrai l'ordre de prêtrise, puis je m'instruirai à célébrer la Messe. Admires le changement que Dieu a eu la bonté de faire en moi. » Dès lors il renonça entièrement aux lettres profanes pour ne faire son unique occupation que de l'étude des Pères et des Livres sainls. Il Gt tous ses efforts pour détruire ses aneb-ns travaux, ne voulant conserver que ce qu'il avait écrit sur l'histoire de Venise. Paul III le nomma à l'évêché de Gnbbio, puis à celui de Bergame, qui était d'un revenu considérable. Il remplissait ses nouveaux devoirs avec un zèle exemplaire. Enfin il mourut en 15V7, dans la soixan!o-seiziêmeannée de son âge, ponr s'être blessé au eôtô contre une muraille, étant h cheval. Il fut enterré à Sainte- Marie de la Minerve où son fils Torqualo fit graver sur son tombeau cette inscription :

Peiro Bembo pitricio Veneto Ob ejtis sitipulares virilités A P;iulo IU poniif. max.

In sacrum cotlegium cooptai* Tvrquatug Bcmbus P.

A. P. Bembo, pnikien de Venise, Admit dam le Sneré Collège par Vaut ///, ih>«i*rai« Poniif*. T. Bembo a ileoé ce

Jérôme Quirini, son ami, prit soin, après sa mort, de lui faire élever, à Padoue, dans la célèbre église de Saint-An loi ne, une belle statue de marbre. Jean de la Casa a écrit l'histoire de la vie de ce cardinal ; on y trouve l'énuroération de ses ouvrages tant italiens que latins. Entre ces derniers, il y a seize livres de lettres écrites pour Léon X, alors que Bembo était son secrétaire; six livres A'EpUres familières ; un Dialogue contenant la Vie de Gui Dbaldo de Montefeltro, due d'Urbio; diverses Harangues; l'Histoire de Ftnùeen douze livres, etc. Ces ouvrages et surtout le dernier, sont écrits purement eu latin; mais on y chercherait

quoi qu'il en coulât à ses goûts, mais il re- vainement de grandes idées. Entre ses pièces

fusa les émoluments attachés à cet emploi ; il n'accepta que le logement aux frais de i Eut, a Venise, où il n'avait pas de maison. Il était en même temps bibliothécaire de la b'tiliothèque de Saint-Marc. Paul III, qui ou 1634 succéda à Clément VU, désirait vivement élever Bembo au cardinalat. Mais on loi représentait la nature des écrits et surtout des poésies de ce dernior, ses opinions

italiennes, le poëme qu'il a fait sur la mort de son frère Charles, est une des meilleures ; il n'y a rien de plus beau, de plus délicat, déplus passionné. César Scaliger, Ambrosh» Personne, Bealisnus et d'autres, ont consacré des éloges funèbres à sa mémoire. Jules Scaliger lui reproche une imitation trop servilede Cicéron, même dans ses vers. Il blâme inssi, dans ce poêle, la licence qu'il s'est

et sa vie qui n'était guère celle d'un Chrô- donnée, d'appeler Jésus-Christ un héros, eu

tien. Enfin, en 1538, le Pap* ne se laissa quelque sens qu'il l'ait voulu entendre.—

arrêter par aucune considération et le créa Ses poésies latines sont, en général, élégan*

cardinal. Bembo était loin do s'attendre à les et ingénieuses. Queluues-unes, ouvrage

Dictio**. des Cabdiuiux. 1G

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de sa jeunesse, sont peu morales; mais nous avons vu combien il le «implora. fT«y. J. de la Casa, in Vita P. Bembi, p. 153, Collectio Batesii, in-i\ — Thuanus, Hist., I. m, ad annum 1547. < — Cses. Scalioer, Hypercrit. seu, I. nPoetic, p. 800; — Joseph Scaligrr, in Priro. Ma/., p. 27 ; — Larocdepozay, Nomencl. eard. ; — Spo*db, in Annal. ; — Aibbht. Hist. des card. ; — Imperiams. in Mus. hitt. ; — Ugiiel, Ital. sacr.; — Bosio: — Oîupbrr; — Cabrera: — Tipotics ; — Costar, t. H de la Déf. de Voiture, d. 6; — Olaûs Borricdius, Dissert, depoet. La t., p. 94; — Baillet. Jug.des savants sur les poètes modernes, t. VII.) Voici son éloge par lo P. Alby [16W] : « La nature nous baille tous ses biens à usage, et en prêt gratuit; la fortune a changé, cl à intérêt : la vertu les donne libéralement.

< C'est aussi ce qui a été de tout temps un digne sujet de l'estime des grands hommes oui ont été le plus avantagés do raison, d'instruction etd esprit, qu'ils ont eu autant de passion d'acquitter fidèlement les premières dettes, et les plus justes devoirs envers la nature; comme ils se sont montrés retenus aux occasions de ne s'obliger point a la fortune ; quoiqu'ils aient tenu toujours à honneur d'être engagés de foi, et de demeurer redevables de reconnaissance et de service à la vertu.

« Ce qui a grandement paru au cours de la vie du cardinal Bombe, qui, ayant reçu des «oins les plus curieux de la nature toutes les faveurs qu'elle peut faire à un homme, les a rendues honorables par un droit usage, et justifié la profusion de ses grâces par un bon emploi. Et quoique .la fortune I ait longtemps poursuivi avec ses présents à la main, il les a toujours dédaignés, ne voulant être tenu de tous ses avantages, qu'à la seule vertu , qu'il se proposait encore de servir, comme disait l'un de ses anciens courtisans, non pour ses récompenses, mais pour ses miracles.

• Il était noble Vénitien, sorti d'une maison illustre, où depuis uno longue suite d'années l'éclat d'un mérite extraordinaire uvait toujours été joint avec celui des dignités, et des emplois les plus relevés. Ce qui le tira à diverses occasions du lieu de sa naissance, pour suivre son père, homme de grande estime, et bien versé en la politique, qui, ayant été envoyé en ambassade à Florence pour les affaires de sa république; y mena son (ils, étant encore en son bas âge, et l'y Ht soigneusement élever par do bons et habiles maîtres, qui jetèrent dans son âme, comme dans un terroir très-propre, et que la nature avait fort avantageusement préparé, les semences de la vertu, et des bonnes lettres; d'où on vit lever en peu do temps une douce moisson des fleurs de ion esprit ; ayant composé, devant même que de sortir de Florence, des livres en langues toscane et latine, qui furent les premiers essais de la gentillesse de son génie,

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et les aimables gages du mérite de sa plume qu'il donna au public.

« Les applaudissements qu'il recueillit de ces premières productions de son esprit, le rendirent plus curieux de se perfectionner en la connaissance de la langue grecque, qu'il savait être un grand outil des sciences, laquelle il alla apprendre en Sicile auprès du renommé Constantin Lascaris, et d'où il ne se départit qu'après trois années d'étude laborieuse et d'exercice continu, pour aller accompagner son père a Ferrare, et depois encore a Urbin, où il était appelé par les ducs Hercule, et Guidobald, pour prendre l'intendance des affaires, et du gouvernement politique de leurs Etats : durant lesquels temps, l'esprit de notre Bembe comme un feu toujours agissant qui ne se nourrit que de nouvelles conquêlos, ne semblait vivre ue de sciences et de vérités, qu'il se renaît tributaires par l'exercice de son élude; comme il gagnait tontes les volontés, par les charmes de ses belles mœurs.

« Il n'était pas néanmoins qu'il n'eut a grands désirs de se retirer du tumulte des cours de ces seigneurs, quelque grandes et excessives caresses qu'il y reçût, et de sauver son loisir de tant de compliments, et d'entretiens profanes qui l'occupaient contre son inclination. Ce qui fit qu'étant de retour à Venise, il se plongea tout entier dans ses chères études, et rendit son esprit a ce doux et agréable repos, où il engendra en la compagnie des muses, ces excellents ouvrages que tout le monde admire. Auquel temps le Pape Léon X ayant été promu au pontificat, l'appela incontinent auprès de sa personne, pour être le témoin de ses secrets, et l'interprète de ses volontés, sot dépêches les plus importantes qui se devaient faire en son nom. Et non-seulement il eut l'honneur de prêter des paroles aux intentions et aux pensées de ce grand Pape, mais encore de le servir à l'exécution de ses desseins en diverses occasions, et notamment la ligue qui fut conclue des armes de l'Eglise, avec celles de l'Empire, et du roi d'Espagne, dans laquelle il fit enlrer les Vénitiens, et les détacha du parti de France, par uoe éloquente harangue qu'il prononça dans leur sénat; montrant par tout qu'il n'était pas moins habile dans l'action du ministère et dans la délibération du conseil, que dans la méditation du cabinet.

a Cependant ayant été accueilli de quelques fièvres lentes, couine les médecins eussent été d'avis qu'il changeât l'air de Rome , en celui de Pavie , il arriva en même temps que le Pape Léon son bon maître , changea le séjour de la terre, et les soins de sa charge , avec le repos du ciel. Ce qui le fit résoudre à bon escient de ne servir désormais autre maître que Dieu, ot de faire de son repos le sujet de son ambition, et des vertus chrétiennes, sa grandeur et sa meilleure fortune.

« Son mérite uéanmoins était si universellement connu, qu'il fut depuis recherché desPonlilVs Adrien cl Clément qui succé-

dèrent au pontifical à Léon, desquels il estima plus l'approbation, qu'il n'aima la faveur. Et il fit bien voir combien il élait peu looché de celte passion d'honneur, qui est souvent le faible des grands esprits , lorsque le Pape Paul 111 lui envoya le bonnet de cardinal à Venise; car il persista quel» qiies jours dans la résolution constante do refuser cet honneur, quelque presse que ses amis lui en fissent au contraire, jusqu'à ce qu'entrant dans une église, il ouït chanter ce mot de l'Evangile (Malth. ix, 9) : Pierre, sui»-moit qui lui sembla porter le commandement, de soumettre ses épaules au fardeau des charges ecclésiastiques qu'il refusait, et qu'il ne croyait pas même être supportable des Vertus du ciel, sans les faire trembler.

a Une si digne élection fut accompagnéo oes éloges publics des plus beaux esprits de ce temps-là , et des lettres de conjouissance de ces grands hommes du siècle, Contaren, Sadolet, Cortès, Moron et Polus, ses collègues, avec lesquels il lia depuis une étroite amitié, et eut toujours une parfaite conformité de mœurs, aussi bien que de sentimeuts et de zèle pour l'honneur de l'Eft'ise% el pour la manutention do ses droits. Et comme il s'efforça en tout de satisfaire l'opinion si avantageuse que le Pape avait conçue de sa suffisance, et d'égaler Imminence de la dignité qu'il lui avait conférée, par celle de ses vertus; il fut aussi singulièrement chéri du Saint-Père, qui lui donna quant et quant l'évêchéd'Eugubc, et puis celui de Bergame : et agréa tellement ou sa modestie, ou son jugement en ses demandes, qu'on dit du cardinal Bembe, ne lui avoir jamais rien demandé, dont il ait élé rofusé.

« Certes toutes ces vertus douces qui attirent, mais plutôt qui ravissent les cœurs, et tant de perfections aimables d'esprit et de bonté, paraissaient lors eu lui, en tello quantité, et avec tant de pompe, quo la von elles vœux communs du monde étaient, que s'il survivailauPapequi lui avait donné le chapeau, on ne pouvait faire élection d'autre, qui lui succédât en la dignité souveraine, que du cardinal Bembe.

c liais Dieu le destinait à aller plutôt recueillir la couronne de la félicité souveraine, à laquelle il passa, comme il est à présumer de sa bonne et innocente vie, par un léger accident qui lui advint, d'une froissure au côté, comme il entrait à cheval dans une porte. Ce qui lui causa au commencement une petite émotion de ûèvro, qui s'alluma bientôt dans la sécheresso de son corps, et détacha son Ame sans effort, comme un fruit déjà mûr, qui suit la main de celui qui le cueille.

• Tous les poètes d'Italie qui l'avaient reconnu pour l'Apollon de leurs muses, tirent couler à l'envi des larmes do leur veine, pour regretter cette mort , qui furent à vrai dire trop basses pour être consacrées à une si fleurissante mémoire. On lui dressa encore des statues de marbre, à Pavie et à Eugube, qui représentent l'auguste taille de son corps. Mais ses livres, tant que l'hou-

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neur des belles lettres et les éléments du monde dureront, porteront l'illustre monument et l'image de son esprit. Sa mort arriva l'année de Notre-Seigneur 1547 de son ôgo la soixante-seizième; et fut enseveli en l'église de la Minerve, comme il élait ué dans le sein dos muses. •

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