AIRE BER M
légal écrivit h ce sujet au cardinal de Médias, et ello a été traduite en français par Bell «foret. On y voit que ce prince otlYait quarante mille hommes qu'il avait dessein de commander en personne, et il l'aurait exécuté, si le Pape et le cardinal de Médicis n'étaient venus traverser de si bonnes dispositions , par d'injustes défiances et de sourdes menées coolre la France. Bibbiena, qui prévoyait les suites d'une conduite si peu loyal o et si impolitique, s'en plaignit vivement à la cour de Rome. Sa franchise fut désapprouvée, bien qu'il n'eût parlé que le langage de la raison. Arrivé à Rome en parfaite santé, il y mourut peu après, le 9 novembre 1520, des suites, dit-on, d'un poison qui, suivant Paul Jove, lui fut donné dans des œufs frais. François I", qui estimait beaucoup le cardinal, lui avait donné l'évêché de Coutances* H le regretta beaucoup, quoi qu'ait dit Goicbardin,qui prétend que Bibbiena était mal disposé pour la France. En mourant, il ordonna que son corps fût porté dans l'église de Notre-Dame de Lorelte, dont il était protecteur. Ou le déposa cependant dans l'église de Sainte- Mario d'Ara cati, h Rome, où l'on voit soa épitaphe. Il avait composé des poésies et une comédie en prose, la Calandria, qui contribua a la restauration du théâireen Italie. Il avait aussi voulu allier sa famille avec, le célèbre Raphaël d'Urhin, en lui faisant épouser une de ses nièces. Raphaël s'y était engagé ; mais espérant toujours devenir cardinal, et, d'ailleurs, étant peu porté au mariage, il différa de jour en jour, et n'accomplit pas sa promesse. (Voy. Bembo, Epist. Iib. vu, x et ivi, et Hit t.; — Guichardin, I. xi et xit; — Paul Jovs, Elog.i — Garimberg, I. i, c. 4; — Ugbelli, liai, saer.; — Sammabtb, Gall. Christ., De epitc. Constant.; — La Rochbposav , Nomtncl, cardin.; — Aubbry, Hisl. des eard.; — Bil* le foret; — Vasari; — Victorbl; — Ciaconids, etc.)
BERNET (Joseph). — Mgr Joseph Bernet était né à Saint-Flour, le 4 septembre 1770, d'une famille honnête appartenant 4 la bourgeoisie du pays. Il montra de bonne heure des dispositions heureuses pour l'état ecclésiastique. Ses parents ne les conlrarièrent point, et lui firent faire ses études dans le petit collège de sa ville natale. Il commença même à Saint-Flour la théologie, qu'il vint ensuite contiouer a Paris dans le séminaire de Saint-Sulpice. L'abbé Bernet connut là divers ecclésiastiques distingués par leur naissance ou par leur mérite, et qui, plus tard, après bien des révolutions, parvenus aux honneurs dans l'Eglise, n'oublièrent point leur ami. Mais, à l'époque où l'on se trouvait alors, c'étaient moius les honneurs que le martyre que les jeunes séminaristes pouvaient rêver. Les plus sombres orages grondaient sur le pays ut sur la religion. L'assemblée constituante venait do décréter la constitution civile du clergé, et de jeter ainsi les semonces d'un schisme long et sanglant. Durant ces terribles per-
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spectives, tes vocations fausses ou timides reculaient. Chaque jour les jeunes lévites, qu'abritaient encore nn peu les murs du séminaire de Saint-Sulpice , voyaient leur nombre diminuer. En face du péril , la foi et le courage de l'abbé Bernet, loin de faiblir, s'exaltèrent. 11 était entré dans l'état ecclésiastique pour se dévouer et non pour s'enrichir. II crut qu'il y aurait de la lâcheté à déserter les autels au moment où ils allaient avoir besoin, plus que jamais, de minisires fidèles et de défenseurs. Comme un vaillant soldai, qui n'abandonne In place qu'à l'extrémité, il ne quitta le séminaire qu'un des derniers , et au moment où il n'était plus possible de s'y maintenir. Mais alors même, et quoiqu'il eût toute sa liberté pour retourner dans le monde, puisqu'il n'était pas encore engagé dans les ordres sacrés, il ne renonça point à la pensée de se consacrer au sacerdoce, et il ne voulut pas s'éloigner beaucoup du saint asile où il pouvait croire peut-être qu'il lui serait bientôt permis de rentrer.
C'était au mois d'août 1792. Le coup qui venait fermer le séminaire avait jeté, à la lettre, l'abbé Bernet sur le pavé de Paris. Il fallut s'y créer quelques ressources, a Texemple de beaucoup d'autres ecclésiastiques, entre autres MgrCoitrel, qui se Qt précepteur, et Mgr Guillon, qui exerça le médecine, etc. Avant de pouvoir y parvenir, le jeune séminariste passa comme eux, par toutes les extrémités de la misôre; et, dans une maladie qu'il fil alors, son unique asile fut l'hôpital. Mgr Bernet aimait, plus tard , a raconter les souffrances de ces jours mauvais , et il était loin , avec raison, de rougir d'une pauvreté qui était au fond, pour lui , si glorieuse. Enfin , après avoir recouvré ses forces, il trouva à gagner sa vie en se livrant aux modestes et pénibles fonctions d'instituteur. L'école , ouverte è Paris, dut être bientôt transférée à Sceaux, dans un lieu plus paisible et plus sûr : c'est lè que l'abbé Bernet passa les trois années les plus orageuses de la révolution. Il atteignit ainsi I année 1795. La vue des échafauds et le spectacle des malheurs de la religion n'ébranlèrent point sa résolution de devenir prêtre, s'il le pouvait. Il n'était encore que tonsuré. Il s'adressa aux grands vicaires de son diocèse , et leur demanda des lettres dimissoriales dont il avait besoin pour recevoir, dans l'occasion , tous les ordres. M. de Rocbebrune, qui exerçait alors en secret , è Sainl-Flour, les fonctions périlleuses de vicaire général, hésita avant d'accorder une autorisation qui pouvait être un litre a la persécution, et qui allait ouvrir, devant le jeune ecclésiastique, une carrière qui offrait encore tant de dangers.
11 craignait aussi que les parents de l'abbé Bernet ne lui reprochassent un jour de l'avoir envoyé è la mort plutôt qu'au sacerdoce. Cependant, après de nouvelles et pressantes instances, le respectable grand vicairu de Sainl-Flour ne crut pas pouvoir fc*0|'|04er a des vœux si purs, si généreux