‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 78 sur 457 · BER · texte numérisé non relu

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Il accorda les facultés nécessaires , en ayant soin de dissimuler le plus possible la signification des lettres qu'il envoyait à l'abbé Bernet. Les ordres sacrés qu'il fallait recevoir n'étaient désignés que par leur lettre initiale, et ce fut sur cette pièce, pleine do réticences et d'obscurités calculées , que le fervent ecclésiastique fut admis aux examens et à l'ordination par M. de Dampiorre, grand vicaire de Paris, qui connaissait heureusement l'écriture de M. de Rocbebrune, el qui put constater par là l'authenticité des lettres dimissoriales émanées de Sainl- Flour.

L'abbé Bernet reçut les ordres mineurs et le premier désordres sacrés, le samedi 19 septembre 1795. Deux jours après, féle de saint Matthieu, il fut admis au diaconat. Il touchait presque ainsi au terme de ses désirs, et il n'avait plus qu'un pas a faire pour y atteindre. Ce pas fut eufin franchi deux mois après, au milieu de circonstances qui peignent bien les malheurs des temps et la situation critique de la religion.

Le jeune diacre, toujours maître d'école à Sceaux, était venu à Paris. En traversant le Pont-Neuf il reconnut au milieu de la foule, malgré son déguisement, le pieux évêquu qui l'avait naguère ordonné. L'abbé Bernet rapproche, et il apprend alor* de lui qu'il devait y avoir, dans la nuit du k novembre, une ordination secrète en faveur de deux jeunes diacres venus d'Alençon. Le diacre de Sainl-Flour demande el obtient la grâce de leur être adjoint. Le rendez-vous était à minuit, dans une maison située au milieu des vieux quartiers de Paris.

L'abbé Bernet n'y manqua pas , et c'est dans ces nouvelles catacombes, sous l'impression des sentiments vifs et pieux qu'il puisait dans son cœur, et qu'exaltaient encore le péril, la nuit, le mystère, l'obscurité plus terrible encore de l'avenir, qu'il fut initié au sacerdoce catholique, le jour de saint Charles Borromée, h novembre.

Cependant , les temps semblèrent alors devenir meilleurs. La liberté des cultes fut proclamée, au moins en principe : les lois cruelles qui condamnaient à la déportation ou à la mort les prêtres qui avaient refusé le serment prescrit par la constiluliou civile du clergé , furent ou révoquées ou suspendues.

L'autorité ecclésiastique de Paris envoya l'abbé Bernet rétablir le culte catholique dans la paroisse d'Antony. A la tête de la municipalité de celte petite commune, se trouvait un homme impie el grossier, un de ces jacobins qui avaient profané les églises, brûlé les corps saints, et que la vue d'un prêtre rendait furieux. L'abbé Bernet se présenta intrépidement devant lui, brava sa colère et ses menaces, et, la loi à la main, il demanda que l'église du lieu fût ouverte, mise à sa disposition el è la disposition dea Catholiques d'Antony. Le farouche municipal fut obligé de céder, mais il le fit de très-mauvaise grâce et sans épargner l'injure au culte et au ministre qu il lui fallait,

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