‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 79 sur 457 · BEU · texte numérisé non relu

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lion gré mal gré, tolérer. Cet homme , qui s'était fait l'ennemi déclaré de la religion, tomba bientôt malade et mourut. Uii événement extraordinaire, que nous avons entondu raconter à Mgr Bernet , et où tout le monde vil alors une punition de Dieu, fit sur le peuple de ces campagnes une terrible et salutairo impression. Pendant trois dimanches consécutifs on vit un taureau abandonner le pâturage, franchir la haie épineuse qui servait de clôture au cimetière, et là, parmi diverses tombes récentes, choisir la

léon contre le chof de l'Eglise avaient soulevé et blessé les cœurs dévoués à la religion. Le vicaire de Saint-Paterne se (il remarquer a Orléans, à cette époque, au milieu des circonstances les plus difficiles, par un zèle très-vif et une grande fermeté «le conviction. L'empire le compta au nombre de ses adversaires les plus décidés. Ou sait que Napoléon avait nommé à Orléans Mgr Raillon, qui fut plus tard archevêque d'Aix. Le Pape, prisonnier h Savonne, refusa constamment les bulles aux évêques nommés

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tombe de l'impie, la fouler aux pieds, puis par l'empereur. Mgr Raillon dut sans doute

de sa corne fouiller le sol , comme pour insulter aux dépouilles qu'il renfermait.

M. l'abbé Bernet exerça le saint ministèro à Anlony et dans les paroisses voisines durant deux ans. En 1797, le ciel s'assombrit de nouveau, et, dans une de ces réactions

compter M. Bernet parmi les ecclésiastiques d'Orléans qui luttèrent vivement en 18U contre son installation contraire aux saints canons de l'Eglise. Toutefois, M. Bernet et M. Raillon se revirent fréquemment dans la famille Portalis, dont ils étaient l'un el l'au-

3 ni étaient si fréquentes alors, on essaya tre les amis de choix dans les rangs du 'entraver la liberté du culte, en exigeant clergé. L'un et l'autre, comme on le voit,

des prêtres le serment de haine à la royauté Aux yeux de la religion, les formes politiques sont en elles-mêmes indifférentes ; elle commande la soumission à l'ordre établi. Mais, en faisant un précepte do l'obéissance ot de la charité, elle défend la haine, et c'est un sentiment qui ne peut jamais se rencontrer dans un cœur chrétien. Le jeune curé ne l'ignorait pas. Il refusa donc lo serment qu'on lui demandait, et il quitta la paroisse sans trop savoir ce qu'il allait devenir, ut dans quelle ville il allait chercher un asile et des ressources. Il résolut do se rendre à Rouen; mais ayant manqué la messagerie qui devait l'y conduire, il se jeta dans la première diligence venue, et arriva ainsi à

occupèrent plus tard el par succession immédiate, le siège d'Aic. Quoi qu'il en soit, la Restauration se souvint du zèle du vicaire de Saint-Paterne, et elle voulut utiliser, au profil de la réforme d'une maison importante, les qualités d'administrateur habile et ferme qu'avait plusieurs fois montrées M. l'abbé Bernet. Il fut appelé, par l'influence de M. de Quelcn, sous Mgr le cardinal de Périgord, alors grand-aumônier de France, à la place du premier aumônier do la maison royale de Saint-Denis. Cette maison, où se trouvaient réunies en grand nombre les filles des officiers de l'empire, était un foyer d'impérialisme. Ce qui était pire, c'est que sous une direction peu vigilante,

Orléans. La, avec un confrère qu'il avait eu la disciplino y était fort relâchée, les pra-

è Sceaux quelques années auparavant, il résolut, sur l'invitation qui lui en fut faite par quelques pères de famille, el même par quelques membres appartenant aux autorités civiles et ecclésiastiques, de fonder un établissement où la jeunesse chrétienne pût recevoir des principes religieux et faire ses

tiques et même les principes religieux trèsnégligés, et qu'une réorganisation était devenue indispensable. Cette réorganisation salutaire commença à s'opérer fructueusement sous la direction de Mm< la comtesse du Quengo, désignée au roi par son vénérable ami, le vertueux abbé Carron. M. l'abbé

éludes classiques. L'enseignement public, a Bernet s'y appliqua avec force, el l'on p<

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cette époque, ne présentait partout, comme chacun sait, que de lamentables ruines.

L'abbé Bernet essaya de le restaurer à Orléans, et ses efforts furent heureux. Il réunit dans sa maison jusqu'à cent vingt élèves; mais bientôt la publication du concordat, en 1802, et- le rétablissement du culte vinrent le rendre h sa véritable vocation, qui était l'exercice du ministère pastoral. L'évêque d'Orléans , le célèbre abbé Ber-

dire avec amour el avec succès, pendant quatre ans , h seconder les efforts de la respectable surinlondante. Celle-ci, néanmoins, fui obligée de renoncer a l'entreprise, et donna sa démission, de l'avis même de MM. Quelen et Bernet. Ce dernier imitai son exemple, et sortit de celte maison royale où il a laissé des traces qui ne s'y sont point effacées, et un souvenir qui vit encore. Lui-

même aimait toujours à se reporter au temps nier, un des signataires du concordat, plaça de son séjour a Saint-Denis. Les élèves de la M. Bernet & la paroisse de Saint-Paterne, en maison, el celles surtout qui s'y trouvaient qualité de vicaire. Il occupa ce poste mo- quand il était aumônier, étaieut pour lui deste pendant quatorze ans, et il y fit beau- 1 objet d'une prédilection spéciale. Il leur

continuait, longtemps encore après 'es avoir quittées, ses conseils paternels.

Pour récompenser l'abbé Bernet des services qu'il avait rendus a Saint-Denis, et des succès que son zèle y avait obtenus, Louis XVIII le nomma d abord chanoine honoraire et ensuite chanoine titulaire du chapitre royal. Il ne garda sa stalle qu'un an. Le repos adait peu a l'activité de sa ne*

coup de bien. Chargé, dans une circonstance solennolle, par les autorités d'Orléans, de prononcer l'éloge de Jeanne d'Arc, il s'acquitta avec distinction de cette charge honorable ; son discours fut imprimé, selon l'usage, aux frais de la ville.

L'empire était sur son déclin. Il succombait sous le poids de ses fautes el de ses ma heurs. Les violencos exercées par Napo-

ture, et, dans la force de l'Age où il élait encore» son zèle ne pouvait pas d'ailleurs s'en accommoder beaucoup. Ces dispositions lui firent donc accueillir avec empressement l'offre qni lui fut faite, d'une cure à Paris. Mgr de Quelen, sur les instances de ses deox intimes amis MM. Feulrier et Gallard. lui donna a desservir la paroisse de Saint-Vincent de Paul, et dans ce vaste champ il trouva à exercer toutes les qualités de son âme pastorale. Dieu bénit son ministère. D'autre part, les succès qu'il y obtint le firent avantageusement connaître et remarquer. On songea a lui pour l'épiscopat, et sous le ministère Martignac et Portalis, dans un moment on, comme il le racontait luimême. Ton voulait donner des gages et montrer de l'intérêt à la bourgeoisie. M. Feulrier, ministre des affaires ecclésiastiques, et qui connaissait personnellement le caractère modéré et tout le mérite du curé de Saint-Vincent de Paul, le présenta au roi pour le siège de la Rochelle. Il y fut nommé en 1897, 6t emmena comme secrétaire M. l'abbé Jacquemet, qui fut longtemps son grand vicaire à l'archevêché d'Aix. Quand M. Jacquemet, pour des raisons de santé, abandonna le grand vicariat d'Aix, cl vint de Bordeaux à Paris, déjà M. l'abbé Ginouilhac l'avait remplacé auprès de Mgr

Bernet. La révolution de 1830 surprit Mgr Bernet à la Rochelle, mais ne l'y inquiéta pas. Dans ce pays difficile, a cause de la di- Tersité des cultes et du voisinage de la Vendée, il avait su prendre par sa sagesse une bonne position, et il marcha constamment d'accord avec les autorités nouvelles. En 1835, l'archevêché d'Aix étant venu à vaquer par la mort de Mgr Raillon, il fut offert à révêque de la Rochelle, qui, sur les conseils et les instances de Mgr Gallard, alors évêque de Meaux, un de ses auciens amis a Orléans, l'accepta.

Nous n'avons pas à raconter ici tous les faits qui ont marqué l'épiscopat de Mgr Bernet. On n'oubliera point sa vigilance, sa constante sollicitude, la modération de son caractère mêlé de fermeté, et au fond, malgré quelques aspérités qui tenaient a son nat jrel, la bonté de son cœur. On le louera surtout d'avoir tenté le rétablissement des conciles provinciaux, d'avoir fondé les conférences ecclésiastiques et publié des statuts diocésains. C'est à lui qu'on doit l'organisation actuelle de la faculté de théologie, dont les cours se font dans les salles du grand séminaire.

Mgr Bernet célébrait l'année dernière, le k novembre, sa cinquantième année de prêtrise, entouré de son clergé, lorsqu'il apprit que le gouvernement avait demandé pour lui le chapeau de cardinal. Le Pape raccorda )e 10 décembre 1845, et il fut préconisé cardinal dans le consistoire du 19 janvier suivant. Le Souverain Pontife y prononça une allocution où il rendit hautement à Mgr Bernet la justice que, d.ecs sa propre patrie, certaines (tassions lui refusaient comme on l'a vu plus récemment a l'occasion de quol-

ques nouvelles nominations épiscopales Jl faut toujours s'étonner qu'on veuille, sans mission, se montrer plus exigeant et plusdifficile en fait de mérite ecclésiastique, que le Saint-Père lui-même. Le même jour, Sa Sainteté adressa au nouveau cardinal la lettre la plus flatteuse.

Mgr Bernet dut bientôt partir pour Paris, et quoique déjà fort affaibli par l'âge, aller recevoir la barrette des mains du roi. Il prononça, dans celte circonstance, un discours oui fit impression par le ton de modestie et de noble indépendance qui y régnait. La répugnance invincible qu'il éprouvait pour la

publicité l'empêcha seule de le communiquer aux journaux.

Cependant le voyage de Paris, dans la snisou rigoureuse, ne pouvait manquer de fatiguer beaucoup le vénérable vieillard. On ne s'en aperçut pas d'abord, et il put faire son entrée solennelle à Air, le 25 mars, au milieu d'un concours immense, et trouver encore des forces pour cette longue et pénible cérémonie. Mais l'ébranlement causé par tant de fatigues et d'émotions, ne tarda pas à se manifester. Il entreprit une visite pastorale qui ne put pas être achevée. Atteint à Maillanne, après une bénédiction solennelle des cloches, par la maladie à laquelle il devait succomber, il comprit aussitôt la gravité de son élat, et il s'empressa de revenir à Aix. Un moment on crut avoir triomphé du mal, et sur ces entrefaites le Souverain Pontife élant mort, les médecins firent concevoir l'espérance qu'un voyage à Rome serait possible à Son Eminence. Mais Mgr Bernet ne se fil pas illusion, et quand l'heureuse nouvelle de l'élection du nouveau Pape lui parvint, il s'écria, en empruntant les paroles du vieillard Simécn, qu'il n'avait plus maintenant qu'à mourir en paix. Dieu exauça ce pieux désir. Ses derniers moments furent adoucis par les consolations et les divines espérances de la religion. Comme il sentait sa fin approcher, ainsi que nous l'avons déjà raconté, il voulut recevoir les derniers sacrements] d'une manière solennelle, quoiqu'il eut participé depuis peu de jours à la sainte Eucharistie. A mesure que l'heure suprême arrivait, le calme et la paix de son âme semblaient s'accroître.

Il a conservé l'usage libre de ses facultés jusqu'à la fin, et il s'est paisiblement endormi, après uno longue mais douce agonie, le dimanche, 5 juillet, à deux heures aprèsmidi. Ses dispositions testamentaires ne peuvent qu'honorer sa mémoire. Sans frustrer sa famille de ses biens patrimoniaux, il a fait la part des pauvres, des séminaires, du chapitre, et il a rémunéré ses serviteurs. (Extrait de VAmi de la religion.)

BERNETT1. — Nous empruntons à . Ami de ta religion l'article suivant publié à l'occasion de la mort du cardinal Bernelti, et signé E. de Valette. ... „.,

■ Nous avons recueilli sur lavis de I illustre cardinal Bernetli des renseignement authentiques qui nous permettent de lions étendre aujourd'hui sur son histoire plus

que nous ne l'avons pu faire à l'époque ae sa niorl.

« Thomas Bernetti était né à Fermo le 29 décembre 1779, du comte Salvatore et de la comtesse Judith Bramadoro, aussi distingués par leur insigne piété que par leur noble origine. Après avoir terminé à Fcrmo ses éludes littéraires et son cours de droit, le jeune comte fut*envoyé à Rome, où il so forma à la pratique des affaires sous la direction du célèbre Barlolucci, et bientôt les talents qu'il déploya le- tirent attacher en qualité de secrétaire à Mgr Barda iy de Azara, auditeur de Ilote, Espagnol et depuis cardinal.

« Dans ces délicates fondions, Thomas Bernetti acquit un grand renom d'habileté et se rendit cher à tous par le zèle qu'il portait à défendre les intérêts des pauvres, des veuves, des orphelins dont il Ut plus d'une fois triompher les droits contre de puissants adversaires.

« Ces exercices de justice et de charité furent interrompus par les orages qui s'abattirent sur Rome et sur l'Église. Le Pape Pie VII arraché de son siégo par une vio- .ence sacrilège fut conduit en France et gardé étroitement par le vainqueur de l'Europe, qui, réputant l'Eglise aussi faible quo les trônes des monarques de la terre, avait eu !a fatale inspiration do la vaincre et de la dominer; les cardinaux et les prélats furent éloignés de Rome et condamnés ainsi que les évêquea à la prison ou à l'exil.

« Le cardinal Brancadoro, archevêque de Fermo et oncle du comte Thomas Bernetti, fut envoyé è Beims, où son neveu l'accom-

Eagna pour partager et adoucir ses peines, lais la Providence destinait le jeune comte à de plus grandes choses et lui donna l'occasion de déployer au service de l'Eglise la vivacité de son esprit et la résolution de son caractère. Après la conclusion de l'armistice entre l'empereur et les alliés lo 24 juin 1813, Pie Vil écrivit secrètement à I empereur d'Autriche pour obtenir ses bons offices dans la réunion des plénipotentiaires qui devait avoir lieu à Pragme, et le prier d'iusister sur la restitution de l'Etat ecclésiastique au Saint-Siège. La lettre fut confiée è Bernetti qui, sans se dissimuler les périls d'une semblable commission, s'en chargea sans hésiter et parvint heureusement à Maestricht, où l'attendait M. Vanderbrucb, secrètement chargé par le Pape de remettre sa lettre entre les mains de l'empereur d'Autriche.

c Rentré a Rome en 1814, à la suite du Saint-Père, Bernetti suivit encore la forlune du Pontife persécuté, quand, en 1815, Joachim Murât envahit l'Etat ecclésiastique. Mats après Ja défaite des Napolitains par 1 armée autrichienne que coramanduil le maréchal Bianchi, le comte Thomas fut en diligence envoyé près du vainqueur è Tolenlino, pour traiter avec lui des mesures à prendre en ces circonstances et tout disposer pour le retour du Saint-Père au Vatican.

« Cette négociation attira l'attention du cardinal Consalvi, qui, admirant dans le comte Thomas une si parfaite aptitude!

aplanir les atfaires les plus difficiles, et plfin de confiance dans ce coeur loyal et résolu, lui confia le soin de rétablir en qualité de délégat le gouvernement pontifical dans la province de Ferrare. Là Bernetti déploya tant d'habileté, de grâce, de justice et de fermeté que, chéri, craint et respecté par toutes les classes de la société, il vint à bout de donner à son administration une marche régulière, malgré les obstacles de tous genres qu'avait accumulés le malheur des temps. Les habitants de Ferrare avaient conçu pour lui tant d'estime et d'aÛeclion, qu'à son départ pour Rome, où des fonctions plus élevées l'appelaient, ils voulurent le nommer auditeur de Rote, honueur qu'il refusa, satisfait d'avoir opéré le bien et mérité la reconnaissance de celle illustre cité.

« A Rome, il fut nommé assesseur des armes, et donna de nouvelles preuves de sa capacité en réorganisant celte administration avec plus de simplicité de système et d'application. C'est pendant qu'il remplissait avec succès ces fonctions importantes qu'il fut appelé au gouvernement de Rome. Un champ plus vaste s'ouvrit alors devant lui, où il déploya la maturité et la grandeur de son esprit, la solidité de son jugement, la finesse de ses vues unis à celte inébranlable fermeté qu'il apportait dans tous ses actes.

« On se rappelle encore avec quelle vigueur d'exécution il opéra la répression du brigandage dans les régions monlagueuses qui s'étendent de Frosinone à Terracine. Ces routes, auparavant infestées de voleurs, ont depuis offert une sécurité parfaite aux voyageurs.

« C'était au moment où les troubles de 1821 agitaient toute l'Italie et mennçaient de la bouleverser. Naples et le Piémont étaient en feu, l'incendie éclatait ça et là dans l'Italie centrale et semblait devoir embraser Rome elle-même ; mais le courage du gouverneur sut conjurer le péril et son bras puissant brisa les trames des conspirateurs. C'est alors que les sectes révolutionnaires apprirent avec quel rude adversaire elles avaient à lutter et qu'elles commencèrent à le craindre et à le haïr.

« Quand, en 1823, arriva la mort du Pape Pie Vil, le vénérable martyr de tant de persécutions, il y avait cinquante ans que Rome n'avait vu de conclave, et depuis lors que de révolutions étaient venues déposer dans la ville des germes de désordre 1

« Grâce aux précautions, à la prévoyance, à l'activité du gouverneur, rien ne vint troubler cette solennelle assemblée.

« Léon XII reconnut dans Bernetti un homme capable de comprendre et de seconder les vastes et sublimes desseins qu'il avait formés pour la gloire de l'Eglise et le bonheur de l'Etat ; il lui ouvrait son cour, l'admettait à l'intime développement de ses

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