‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 80 sur 457 · BER DES CARDINAUX. BER · texte numérisé non relu

BER DES CARDINAUX. BER

pensées, lui en confiait l'exécution, toujours deux gouvernements Tiennent de signer un «lein de conGance dans son intelligente fidé-

ment

géant arec * tes

le palnis de la chancellerie que , le

les X sur des points particuliers qui deroan- 1" mai 1848, il souffrit avec tant de dignité

il trouva I ablégal Mgr Barthélémy Cordella, tira dans un bien de sa famille à Porlo-S-iintarchidiacre de I église métropolitaine de Klpidio, dans la délégation de Ferino. Mais Ferrao, qui lui apportait la barrette cardma- il n'y resla point en sûreté ; car après le délice. Mais il n ambitionnait pas d autre bon- part du Souverain Pontife pour Gaëte, les neur que celui de servir I Eglise; il s'ex- rebelles, maîtres de Rome et de l'Etat poncusa, et ferme dans son refus, il renvoya tifical, firent insulter et menacer de mort le l ablégat sans vouloir recevoir les insignes cardinal qui, pour se soustraire à leurfude la haute dignité à laquelle le Pape venait reur, dut s'échapper en secret et gagner par de I élever. Mais à son retour à Rome, les routes à peine tracées des Apennins la nommé à la légation de Ravenne, il dut, sur terre hospitalière du royaume de Nanles. I ordre exprès du Souverain Poniite, accen- . C'est à Mola di Gaèla où il s'était fixé ter le cardinalat, qui lui fut conféré dans le pour être toujours à portée de recevoir les consistoire du 2 octobre avec le titre diaco- ordres du Souverain Pontife, qu'il apprit les nal de bai ni -Lésai re. malheurs dont sa famille avait été frappée.

€ Pendant au il s apprêtait à partir pour Les révolutionnaires, furiem de la fuite du

sa légation, le cardinal délia Somaglia se cardinal, avaient déchaîné leur rage contre

démit de ses fonctions de .secrétaire dEtat, sa maison. Les injures, les vexations et les

et Léon xii les conua a Bernetti. L illustre menaces en vinrent au point que le comte

Pontife n eut pas a regretter de 1 avoir asso- Louis Bornetli, avec ses enfants, se vit forcé

eié aux affaires importantes qu il traitait de s'exiler à son tour et de se retirer dans

avec les puissances chrétiennes : le traité le royaume de Naples. Mais les fatigues et

avec le roi de Hollande, le soutien de Thon- les angoisses de voyages furent telles, que

neur du Saint-Siège , les réformes intérieu- |e comte, accablé d'ailleurs par les malheurs

res, la défense de 1 indépendance du droit de sa patrie, les meurtres des bons citnyens.

international, le maintien du bon accord la persécution de l'Eglise, fut frappé d'une

avec les puissances étrangères , sont les U- attaque d apoplexie , dont il revint avec

trosde gloire du ministère de Bernetti. peina, et que son fils alnô succomba à une

c Pie VIII lui confia le gouvernement de fièvre ardente. Au milieu de tant d'afflic-

la légation de Bologne, où, malgré la rigueur tions, le cardinal implorait, plein de rôsi-

qu'il apportait a I administration de la jus- gnation, la miséricorde divine , et lui offrait

lice, il sut se concilier la reconnaissance de en expiation les larmes, les douleurs et les

ses administrés. angoisses de ses fidèles serviteurs.

« Grégoire XVI I avait confirmé dans celte « Après l'onlrée des Français a Rome, et

légation, quand éclata la rébellion de 1831 ; quand le Pape eut fixé sa résidence tempo-

aussitôt le Pape le nomma pro -secrétaire raire à Portici, le cardinal Bernetti retourna

d'Eiat, et la rapidité d'action de l'énergique à Fermo pour donner quelques consolations

cardinal déconcerta les séditieux; poursui- à sa famille. Sa santé était bien affaiblie, et

vis, démasqués, mis à jour par ce ministre, les douleurs de la goutte aggravées par d'au-

qu'il était difficile de tromper et impossible 1res infirmités le forcèrent de renoncer à

de faire trembler, ils durent ajourner leurs toute action publique, et de partager son

funestes projets, et tes injures que vomirent temps entre la lecture, la prière, la cenver-

rontre Bernetti les Farini, les Gabussi , les sation avec quelques amis , et le soin des

Gualterio prouvent combien il s'était rendu pauvres auxquels il faisait distribuer d'a-

redoulable et odieux à la secte. fondantes aumônes.

« Il conserva le pouvoir jusqu'en 1836, « Au commencement de l'hiver dernier,

où ie cardinal Lambruschini lui succéda. A il fut pris [d'une continuelle oppression de

cette époque le Pape Grégoire XVI était poitrine qui ne lui permettait plus de se te-

entré en négociations avec le roi de Naples nir couché. Le mal ne tarda pas à augmen-

pour la déliminalion des frontières. ter, et voyant la mort approcher, il en res-

€ Cette entreprise fut confiée au cardinal sentit une joie sensible, et répétait à ses

Bernetti qui la conduisit avec son talent ac- amis : Cuplo diaolvi et e$se cum Christo coulumé, et posa les bases sur lesquelles les (Philip, i, 23), et comme ils montraient une

(t) L'empereur Nicolas lui donna le pas sur les autres ambassadeurs. (Noie de l'auteur du Dic-

SIS BF.R DICTIOÎ

prande tristesse : « De qaoi vous affligezvous ? » disait-il, « je suis vieux, et n'esl-il « pas permis, après une si longue roule, de « désirer l'instant du repos ? Quelles délices « nous donne et nous a données le monde? « Fatigues, ennuis, dégoûts, trahisons, mi- « sèree infinies : oh ! croyez-m'en, à qui a « travaillé pour Dieu et son Eglise il est « doux de mourir. »

« Bientôt il demanda les derniers sacrements pour se préparer au dernier combat. Le cardinal de Angelis, archevêque de Ferrno, lui apporta le saint viatique en grande pompe, et c'était un beau spectacle de voir ce prince de l'Eglise si cruellement éprouvé par la persécution et ses longs séjours dans les cachots, donner l'Agneau de paix à son collègue dans le Sacré Collège, qui lui aussi avait souffert pour Jésus-Christ. Dès nue le cardinal Bernetli vil entrer son Dieu, il voulut se mettre à genoux, et il fallut que l'archevêque l'obligeât par obéissance a réprimer ce saint élan d amour de respect et à recevoir la sainte communion sur le canapé où la maladie le forçait à se tenir assis. Alors le pieux cardinal inclina profondément la tète, joignit les mains, et avec uoe profonde componction, prononça a haute voix la profession de foi, remercia Dieu de l'intinie bonté qui le faisait venir à lui, lui recommanda son âme qu'il était prêt è rendre entre ses mains créatrices, le supplia d'accorder la paix a la sainte Église son épouse, si violemment attaquée par les ennemis du saint nom de Jésus: nuis, s'adressent au cardinal-archevêque, il le pria d'annoncer sa mort a notre Saint-Père le Pape, et de le remereier vivement do toutes les bontés dont il l'avait honoré, lui donnant l'assurance de son intime et constant dévouement. Ces actes et ces paroles arrachèreut des larmes è tous les assistants

c Le cardinal, toujours serein, écoutait avec une ineffable consolation la lecture de quelques pieuses affections, adressait à Dieu dis soupirs d'amour et renouvelait le désir de s'unir à lui. Le jour de la fêle de saint Joseph, après avoir de bon matin entendu la Messe et reçu encore une fois le viatique, il demanda I extrême-onction. Le soir il reçut la bénédiction in articulo mortis du cardinal-archevêque, qui ne l'avait pas quitté un seul instant. Le 20 mars, étant plus souffrant, on lui offrit quelque remède qu'il refusa en disent : « Tout est fini, » et ce furent ses dernières paroles , par lesquelles il s'offrit h Dieu en holocauste. La cloche sonnait cependant les prières des agonisants, et le cardinal plein de recueillement et de douce paix, se tenait assis sur le canapé sans même reposer sa tête, ce qui faisait croire aux assistants qu'il était fort contre les approches de la mort, comme il l'avait été dans toutes les luttes de la vie. Enfin il s'appuya sur le côté gauche, continuant è s'unir aux prières , répondit Amen à la formule d'absolution que renouvelait le cardinal-archevêque et rendit l'âme à son Créateur, le 21 mars à six heures du malin.

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