‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 83 sur 457 · BER · texte numérisé non relu

BER

ennemies depuis plusieurs sièchs, s'unirent par une alliance offensivo' et défensive. Cette alliance fut suivie de la guerre désastreuse de sept ans contre l'Angleterre et la Prusse, guerre qui se termina en 1763, par la triste paii de Paris et d'Hubertsbourg. Snus le poids de tant de désastres, qu'il ne fallait attribuer cependant qu'aux fautes de généraux incapables, la France indignée accusait le ministère. Il parait constant aujourd'hui que Bernis, en cetle circonsiancp, devait être hors de cause. Il avait demandé qu'on n'abandonnât point la politique séculaire de la France, celle de François I", de Henri IV et do Richelieu, politique qui consistait a s'appuyer sur les princes protestants d'Allemagne, pour affaiblir la puissance do la maison d'Autriche. Accablé des revers de la France, qui lui étaient attribués en partie, Bernis remit le portefeuille des affaires étrangères [1758]. Peu après, il fut exilé, et tomba dans une disgrâce complète. Pendant son court ministère, il avait été élevé au cardinalal. Après six années d'exil, il rentra en grâce. En 1764, il fut nommé à l'archevêché d'Alby, et, cinq ans après, envoyé h Rome, comme ambassadeur; è sos autres litres il joignait celui de protecteur des Eglises de France. Il fit partie des conclaves de 1769 et de 1774. Il fut aussi obligé, au nom du gouvernement qu'il représentait, et contre ses convictions personnelles, de poursuivre la suppression, en France, de l'institut des Jésuites. Ce cardinal représentait noblement la France à Rnme par l'urbanité de ses manières, les agréments de son esprit, la magnificence de sa maison; ce qui faisait dire a un voyageur : < Sa maison est ouverte & tous les voyageurs de toutes les parties du monde ; il 'lient, comme il le dit lui-môme, l'auberge de la France dans un carrefour de l'Europe. » En 1791, Mesdames de France, Adélaïde, Victoire et Sophie, allèrent chercher un refuge chez lui, et y restèrent pendanl le temps de leur séjour à Rome. La révolution avait interrompu le cours de ses prospérités, et l'avait rejeté au point d'où il était parti. Dépouillé de ses bénéfices par les décrets, et de son siège par son refus de serment, il perdait 400,000 livres de rentes, et se trouvait réduit au dénûment, lorsque le chevalier d'Azara, son ami, lui obtint une pension de la cour d'Espagne. Il mourut à Rome en 1794, dans sa quatrevingtième année. — Outre ses Point* qui ont élé publiées en 1 vol. in-8*, Paris, 1797 et 1825, on a encore de Bernis un poème sérieux, qui n'a paru qu'après sa mort : La religion vengée. Ce poème, malgré des beautés de détails, ne peut soutenir la comparaison avec le poème de La religion de Racine le fils. Ce sont les lettres du cardinal de Bernis qui font lo plus d'honneur à son talent. Sa correspondance avec Pâris du Verney a été imprimée en 1790. Paris, 1 vol. iu-8*; et sa correspondance avec Voltaire, en 1799, 1 vol. iu-8*. Les Lettres du cardinal soutiennent la comparaison avec celles de

DICT10NNA1RR

Voltaire, qui, cependant, en ce g<«nre, était sur son terrain. Elles se lisent môme avec plus de plaisir, parce que le cardiual, revenu a des idées plus saines, y a lavande de principes solides, qui manquent è son correspondant, dont il égale d'ailleurs la finesse et l'esprit.

BERTAN (Pikkre), né à Modène, était religieux de l'ordre de Saint-Dominique, et il y professa la théologie avec un grand succès.

Elevé par Paul III à l'évôchô de Fano, en Ombrie, il parut, en cette qualité, avec éclat, au concile de Trente. Le môme Pontife l'envoya, en qualité de nonce, auprès de l'empereur Charles V, et Jules II le fil cardinal en 1551. Son mérite était si bien apprécié a Rome qu'il faillit être élevé au pontifical après la mort de Marcel II. Il mourut sous le pontificat de Paul IV, le 8 mars 1558, dans la cinquante- septième année de son âge. [Voy. Ughelli, liai, socr.;— Pbtbamellarics, etc.)

BERTAZZOL1. — Nous lisons dans 1 Ami de la religion, du 12 mai 1830 :

«M. le cardinal François Bertazzoli, qui est mort le 7 avril dernier, était né le 1" mai 1754, à Lugo, dans la Romagne; il (il ses études à l'université de Bologne, et s'y distingua par ses progrès dans les sciences comme dans la piété. De retour dans sa patrie, on le fit chanoine de la collégiale de Lugo; et en môme temps qu'il coctinuaitde s'appliquer aux études ecclésiastiques, il s'occupait et de l'instruction gratuite des jeunes clercs et du soulagement des pauvres. Pie VU, étant évôque d'Imola , I employa dans le gouvernement de son diocèse, e» lorsqu'il eut été élu Pape, il le fil venir i Rome, le nomma archevôquo d'Ephèse, chanoine de Sainte-Marie-Majeure, et son aumônier secret. Le nouveau prélat s'acquitta de ces emplois avec zèle et piété. Après l'invasion de Rome, en 1808, il fut contraint par l'usurpateur de se retirer à Lugo, qui était du royanme d'Italie; fui déporté ensuite en France et emprisonné; mais on le rendit ensuite au Pape, dont il partagea la captivité, et avec lequel il déplorait les maux de l'Eglise. Il retourna è Rome avec le Saioi- Père , et reprit ses fonctions d'aumônier, ajoutant souvent du sien aux sommes qu'il était chargé de distribuer. Sun attachement au Souverain Pontife et les services qu'il avait rendus au Sainl-Siége, lui méritèrent la pourpre qui lui fut conférée dans le consistoire du 10 mars 1833. Sa modestie lui faisait regarder cet honneur comme fort audessus de son mérite. Cardinal, on l'a vu toujours le môme, toujours affable, simple dans son extérieur, ami de la retraite. Léon XII, qui l'estimait aussi, lui conféra la place de préfet de la congrégation des Eludes, et le cardinal justifia sa confiance par son zèle pour une instruction solide et par son assiduité aux autres congrégations dont il était membre. Le môme Pontife le nomma protecteur de l'ordre des Carmes, du collège irlandais et de toutes les églises d'Irlande, sur la demande des érôques de ce pays. L'é-

vfiché du Palestrine était devenu vacant, Léon XII le força de l'accepter en décembre 1828; mais l'âge et les infirmités du cardinal ne lui permirent pas, à son grand regret, de visiter tout son troupeau. Pie VIII ne lui donna pas moins de marques de bienveillance. Après la mort si prompte du cardinal, son corps fut porté le 10 avril dans l'église de Sainte-Marie de la Minerve, oui avait été son titre presbytérial , et enterré près de la chapelle de Saint-Thomas d'Aquin, pour lequel le défunt avait une dévotion particulière, et qu'il appelait son maître et son pro lecteur.»

BERTRAND, créé narle Pape Innocent III, en 1212, diacre cardinal du litre de Saint- Georges in Velabro, fut légat en France.

BERTRAND DE SAINT-MARTIN, français, archevêque d'Arles, créé, en 1272, cardinal évôque de Sabine, par le Pape Grégoire X, mourut en 1277.

BERTRAND DES BORDES, Français, évôque d'AIbi , créé en 1310, par le Pape Clément V, prêtre cardinal du titre de Saint- Jean et de Saint-Paul, mourut en 1311.

BERTRAND (Pierre), dit l'Ancien, naquit a Annonay, en Vivarais. Des sa plus tendre jeunesse il s'adonna è l'étude de la jurisprudence. Reçu docteur en droit civil et canonique, il le professa longtemps dans .es universités d'Avignon, de Montpellier, d'Orléans et de Paris. Son savoir lui fit des amis de tout ce qu'il y avait de plus instruit a la cour des Papes, à Avignon, et des rots . en France. Il fut d'abord chanoine, puis doyen de l'Eglise du Puy. Ensuite le roi Philippe le Long Se nomma conseiller-clerc au parlement de Paris, et la reine Jeanne de Bourgogne le fil son chancelier. Bertrand eut depuis l'évôché de Nevers , qu'il laissa à son neveu, Bertrand de Colombier, pour passer à celui d'Autun. Enfin le Pape Jean XXII le créa, en 1331, cardinal du titre de Saint* Clément, eb reconnaissance de ce qu'il avait défendu avec énergie les privilèges du clergé. En effet, les juges séculiers s'étaient plaints que la jurisdiclion ecclésiastique fût trop étendue et contraire aux droits du souverain. Le roi Philippe de Valois, voulant trancher une question qui pouvait avoic des suites considérables, assembla les prélats et les barons du royaume è Paris. Pierre du Cugnières, avocat du roi, parla pour les séculiers ; et l'évêque d'Autun détendit si bien les prérogatives du clergé, que le roi

Srouonça en sa laveur. On trouve, dans la ibliothèque des Pères, et ailleurs, celte harangue de Pierre Bertrand , qui composa aussi un traité De origine et uni juriedictio- Kutn. Il fit diverses iondalions pieuses, et , entre autres, celle d'un collège è Paris, dit le collège d'Autun, ou du Cardinal Bertrand. Ce | prélat mourut [13V8], è Avignon , dans le prieuré de Montant, qu'il avait fondé, et où il fut Inhumé. {Voy. Paul Emile; — Uctillet ; — Gaqum; — Duplex et Mézeuat. Hitt. de France; — Onupbre et Ciaconius , in Vit. Pontif. ; — Dubeeuil, Antiquilt» de Pari»; — Spomdb, A. C. 1329, n. 11, 12 j —

Page 1