‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 89 sur 457 · BIR DICTI · texte numérisé non relu

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nornhles emplois dans toutes les cours, néanmoins ils onl toujours cru que leur gloire ne serait jamais si haute, ni si assuréo qu'auprès de nos rots, qui savent surtout reconnaître 1rs grandes vertus, et marier les grâces royales avec les mérites. Aussi ne les ont-ils jamais quittés, et quoique visage que la fortune nous ait montré en Italie, ils ont toujours témoigné que l'honneur de leur fidélité 110 pourrait point être séparé des intérêts de la France, et que 1" service qu'ils avaient voué a nos rois, ne dépendait point du bon ou du mauvais succès de nos affaires, mais seulement de la majesté du leur couronne, et de l'estime de leurs voi tus.

« Au môme temps que les Birague servaient très-utilement le roi Louis XII, au voyage qu'il fit à Gènes pour apaiser les troubles que la licence du peuple y avait soulevés, notre René naquit à Milan, et fut appelé du nom de son aïeul, qui avait eu pour parrain Rt-né, roi de Sicile, recevant avec son nom, comme li s gages de l'affection et de l'adoption do la France.

«Les grandes qualités de son esprit parurent toutes en semences dans ses premières années, et furent aussi lût di'sirées que vues de ceux qui savaient faire des conjectures sur l'avenir. C'est pourquoi son père apporta des soins particuliers à l'élever, et travailla beaucoup pour embellir les riches présents que ta nature lui avait faits, par tous les ornements que l'honnête éducation et los bonnes lettres peuvent donner à un esprit.

« Il l'envoya à Avignon pour y achever ses éludes : mais après qu'il y eut demeuré quelque temps, la mort de son père l'obligea de retourner a Milan pour mettre ordre aux affaires de sa maison. Louis Sforce gouvernail alors, et comme il était bien informé de l'inciinaiion héréditaire que les Birague avaient pour la France, et de l'humour no coite et éveillée de Hené, il entra onde si grandes défiances de lui qu'il le contraignit de chercher sa sûreté en France, et de se retirer auprès du roi François I**, qui était un prince que le Ciel semblait alors avoir donné au monde, pour mettre les hommes rares dans leur prix, et faire servir la fortune au mérite de la vertu.

• Les grands avantages que la nature et l'élude avaient donnés à René, le firent aussitôt connaître qu'il fut vu en la cour. Et le roi ava it bien mesuré la capacité de cet esprit, le jugea d'abord propre à conduire do grandes affaires, et résolut de l'employer sans délai. Ou pensait alors à conserver les droits que la France a dans l'Italie ; et formait-on de plus quelque entreprise sur la Savoie et sur le Piémont : et comme René avait des connaissances plus parliculièresde ce pays-là, il y lit quelques voyages avec des commissions secrètes, dont il s'acquitta si fidèlement et avec tant de satisfaction du roi, qu'à son retour il fut récompensé d'un élnl déconseiller nu parlement, que le roi lui donna plutôt pour témoigner comme il était coûtent de son service, qui pour des-

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sein qu'il eut d'attacher une si grande intelligence à un ministère qui était trop petit pour occuper toutes les forces de son esprit.

« En effet, le roi le Ot tout incontinent maître des requêtes, lorsqu'il n'y en avait que quatre en France, ot renvoya en Piémont pour y exercer cette charge sous l'a. mirai d'Anèbaud, qui avait ordre de ne rien entreprendre sans son aveu, et de ne rien exécuter sans son conseil. Et depuis, la Savoie et le Piémont ayant fait joug aux armes du roi, il eut la charge de premier président au parlement de Turin, avec les sceaux de Piémont; et peu après la surintendance générale des armées du roi en Italie. Dans la suite desquelles charges qu'il reçut l'une après l'autre sa conduite fut accompagnée de tant de sagesse et de force d'esprit, el si universellement approuvée, qu'il fit avouer à tous ceux qui voyaient ainsi, croître soudainement sa fortune, qui comme les esprits médiocres découvrent leurs faiblesses b mesure qu'on les avance dans les honneurs et dans les emplois difficiles, aussi les grandes vertus ne sont jamais bien connues qu'à la lumière des grandes charges, où elles font voir que ce qu'on leur donne est toujours moins que ce qu'elles méritent.

« Durant ce temps-là, il ne Gt pas seulement la guerre avec la plume et avec l'adresse de ses conseils. Lorsque Turin faillit à être surpris parCœsaridaNaples avec des charrettes de foin, il courut les armes au poing h la porte de la ville, et après des efforts extraordinaires de valeur, il contraignit les ennemis de se retirer avec perle. It ne fit pas moins généreusement à la journée de Cerisoles où il n'abandonna jamais monsieur d'Eughien, quelque désordre qu'il y eût au commencement de la mêlée, el contribua beaucoup à l'une des glorieuses victoires que nous ayons remportées en Italie. Dans loules les autres occasions qui attire r en t son courage à l'essai, ils témoigna toujours, qu'il avait le cœur aussi bm que la tête, et que sa générosité lui donnait autant de feu et d'ardeur pour l'exécution, que sa prudence lui avail dumiô de lumières pour le conseil.

< Il fut encore aisé de voir l'état que l'on faisait de lui et l'opinion extraordinaire que l'on avait de la puissance de son génie, quand il fui choisi pour aller nu concile de Trente, afin d'y représenter les causes qui avaient porté le roi au premier édil de pacification avec les religionnaires. Cette préférence fui une marque du jugement que l'on faisait, que nul autre ne pourrait déclarer avec plus de vigueur el du gravité d'éloquence la justice des desseins du roi et la sincérité de ses intentions, ni donner plus de satisfaction à celle noble et sainte compagnie où il avail à contenter l'élite de tous les meilleurs esprits du monde.

« Après s'être acquitté dignement de celle glorieuse commission, il s'en retourna en 'Allemagne el traita d'un mariage* ave* fem-

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