BO.N
nai du lilre de Sainl-Ang litre Sainl-Chrysogon.
DE BONALD (Locis-Jacqlks-Maurice) , cardinal-archevêque 1J0 Lyon, est né on 1787, à Milhau, diocèse de Rodez (Aveyron). — Dans les premières années de son enfance, il connut déjà la peine et l'exil, car, au moment dos terribles orages révolutionnaires, il émigra avec sa famille. On sait que son illustre père, le vicomte de Bonald, est compté parmi les écrivains cl les philosophes les plus éminents du xix* siècle: il est donc facile de comprendre avec qnt-l soin le jeune Maurice lut élevé.
Do retour en France, il fut placé dans uno pension de Lyon où s'écoulèrent, au milieu des lauriers classiques, les premières années de ses éludes. Il entra ensuite au séminaire de Snint-Sulpice où il ohiint beaucoup du succès. Ou admirait eu iui une rare sagacité, un jugement de la plus exquise droiture et une piété profonde.
Après avoir été quelque temps clerc do la cbajielle de l'empereur, avec MM. deQuélen, Feutrier, etc., Maurice de Bonald fut choisi comme secrétaire par M^roV Pressigny, archevêque de Besançon. En 1817, Mgr de Latil, évéque de Chartres, lui donna des /ettres de grand-vicaire, elle lilre d'archidiacre. Dans celle nouvelle position, M. do Bouald opéra un bien immense, non-seulement par la sagesse de son administration, mais par ses prédications éloquentes. Pendant le carême de l'année 1822, il donna des conférences qui assurèrent sa réputation comme orateur; l'immense enceinte de la cathédrale de Chartres pouvait à poine contenir la foule qui se pressait pour l'entendre. Nommé à l'évêrlié du Puy, en 1823. il fut sacré par Mgr de Latil, dans celle môme ûasi/iquede Chartres, où il s'était exercé aux nobles travaux de l'apostolat. Elevé au pontificat, il resta toujours aussi dévoué aux moindres fonctions comme aux devoirs sublimes du ixiinistère ecclésiastique. Ainsi , ou lo »oya.il célébrerledivi'isaeritiee tous les jour?, entendre les confessions du pauvre aussi bien que du riche, et môme porter les sacrements dans les galetas les plus repoussants. On montre, dans la cathédrale du Puy, une chu* l»flle où la zélé et infatigable prélat s'enfermait tous les samedis au confessionnal. Ses diocésains lui gardaient les sentiments d'une cslim*'* d'une admiration et d'un attachement sans bornes, loraqu'eti 1830 il fui promu au siège de Lyon et de Vienne. A son c-tïtrée dans la ville archiépiscopale, on !e reçut comme en triomphe. Il fut aussitôt apprécié et entouré de toutes les sympathies <jui n'ont lait que s'accroître de jour on jour. La Souverain Pontife le proclama, en 18il, <-«*irdinal-prôlre de la î>ainto Eglise. M^r de iionabl entreprit le voyage de Rome en 1812, vl reçut le chapeau, avec lo tilro de la Tràs- Sjinie Trinité au mont Pincius.
Dans la cari ière épiscopale d'un évôque si lustetueul vénéré par toute la France, nous remarquons surtout ses luttes courageuses toulre l'université, pour la Iiberl4 de J'en-
son éloquent mandement, nui est un vrai chef-d'œuvre, pour la condamnation du Manuel, aujourd'hui oublié, de M. Dupin II publia également, h celte occasion, en 1845, une réponse admirable dans le Censeur, de Lyon. Nous signalerons encoro une Circulaire pour la souscription en faveur des embellissements projetés dans l'église célèbre deNotre-Damede Foui vières [1853): ensuite, le Mandement qui foudroie le livre intitulé, V Avenir de la France par un curé de Lyon [1851J, et une magnifique Letlresur la question des classiques.
On peut dire que chacune des lettres pastorales de Mgr de Bonald est un événement: elles sont lues non-seulement dans le diocèse, niais dons tou'.ela France. On y trouve une admirable appréciation des besoins de l'époque : les observations les plus justes, les plus sages et les plus frappantes sur les erreurs et les désordres qu'il importe do corriger; des avertissements d'une élonnaulo prévoyance, adressés dans un style qui peut servir de modèle.
La plupart de ses Mandements sont des monuments d'éloquence, de doctrine et de littérature cluélienno. Nous citerons, en particulier, après ceux dont nous avons parlé plus haut, l'Instruction qui a pour but do montrer comment la religion doit régler et sanctifier l'industrie : celle qui traite do la grande et importante loi du dimanche, et la dernière qui, vient d'être publiée pour lo Carême de celte année [1857], sur la nécessité et les avantages de l'instruction rettgieuse. On trouve dans tous les écrits du vénérable cardinal une science profonde , et les idées les plus élevées, les plus utiles : ce n'est pas une vaine déclamation qui no laisse rien dans l'esprit, mais c'est une pa rôle éclairée, solide et qui instruit en remplissant les exigences de l'art humain, sans peut-être y songer.
Daus son administration pastorale, S. E. Mgr de Bouald est béni pour les excellents choix que sa conscienco lui inspire. Il faut dire aussi qu'il est à la tôle d'un clergé d'élite, vruie pépinière d'évô jues. Nous n'apprendrons rien à personne, en disanl que les aumônes du charitable ot vertueux pontife sont inépuisables autatil que son zèle pour toutes les bonnes œuvres. Résumons celle notice en répétant avec un écrivain COnnu.quoS. E. Mgr de Bonald porte dignement son nom : il a hérité do son père uno haute et mdlo éloquence; la ville de Lyon trouve un lui un modèl -, un guide sûr et un consolateur. On l'a vu surtout 5 l'époque de la dernière inondation.
Nous compléterons ces renseiguemeuls en rapportant quelques détails empruntés à l'ouvrage do Mgr Lyounct, aujourd'hui évôque de Saint-Hour. 11 est question d'une époque de In vie du cardinal Fusch, et Mgr de Bonald *'y trouvo nommé.
< Sous le litre modeste de Fragments, Mgr Lyonnet a publié uno Vio a peu près eomplète du cardinal Fesch. Elle parait sous le? ausuiecs de Son Eminence le cardinal d*
Donald, a qui l'auteur dit, dans son Epllre dédicatoire :
« Que j'eusse désiré, pendant que je m'oc- « cupui.ii de ce travail, emprunter quelques- « unes de sts inspirations û la plume qui
■ écrirait de si belles pages au Puy, et qui
• nous en donne maintenant de plus belles « à Lyon I Oh! comme ainrs j'eusse repro- « duit, avec sa chaleur n-îlive, et la tendre « sollicitude du prélat pour ses séminaires,
• ces sources limpides du sacerdoce, et son « zèle ardent pour le maintien de la disci-
• pline ecclésiastique, r*»rtu favorite des
■ grands évêques, el ses luttes incessantes
• avec le géant des temps modernes, lorsque,
• après avoir asservi le monde, il voulut « asservir l'Eglise, et son inaltérable atla- « rhemenl à In Chaire de Pierre, nu milieu
• dos tempêtes et des Ilots soulevés pour
• la renverser, si jamais elle pouvait l'ôlre... « Un regard de Votre Grandeur sur mon
« iravail m'encouragera et me fortifiera. « Vous ne sauriez le refuser : c'est un « tribut que vous devez à la mémoire du « cardinal, qui, de bonne heure vous entou- « ra de son estime etde'son amitié. Nous
• n'avons point oublie que, pressentant vu- » tre avenir, il vint à la fin de vos études
■ cléricales, vous prendre comme par la
• main, ol que, dès ce moment, il vous dé-
• signa à l'Eglise de France comme de ses « futures et plus fondées espérances et s'il « élail permis do tout dire... nous ajoute- « rions que son cœur était tendrement in- « cliné vers le vôtre, el que toujours , c durant son exil, sa pensée n'est reportée
• sur vous avec suavité. C'eût été une douce « consolation pour lui de remettre entre « vos mains ce qu'il avait de plus cher au
• monde, son diocèse. »
« M Lvonnet vient de faire allusion à plusieurs circonstances, qu'il raconte avec beaucoup de charmes dans son ouvrage el que nous réunirons puisqu'elles se rapportent à l'illustre prélatauqucl le livre est dédié.
« Peu de jours après [1SO0], le cardinal
• lil une ordination au séminaire de Saint-
• Sulpiee; il consacra à la demande du « chapitre, le siège étant vacant, des sous- « diacres, des diacres, des prêtres : de ce « nombre était un jeune lévile, né au châ-
• leau de Monna, dans les sévères monta- « gnes deRouergue. Son illustre père cou- « vrail déjà tous ses enfants de l'auréole de >. sa gloire. Le pieux ordinand croissait & « l'ombrcdes autels comme une plante d heurt reuse venue, qui doit biculôl devenir un
• grand arbre.
« Son Eminence sut le distinguer parmi « tous ces condisciples; c'était l'abbé de
• Donald qui devait être un jour son suc- « cesseursur le premier siège dos Gaules. « Elle le demanda aussitôt à M. l'abbé Eme-
• ry, qui renchérit sur l'idée qu'elle avait « déjà do lui. Tant de titres réunis enga-
• gèrent le cardinal, protecteur du vrai uié- ■ rite, à l'attacher à la grande aumônerie
• en qualité de clerc de la chapelle impériale.
« Depuis cette époque le nom de M. de Bo-
■ nald se confond avec ceux MM. de Quélen a tt Feulritr, parmi les jeunes habitués de là t maison de Mgr Fesch. On remarquait la « bienveillanreet l'amitié que le prélat por- « tait au jeune clerc. »
A la date du premier noverubro 1812, nous lisons : « C est la première fois que t nous voyons M. de Bonat , jeune en- « core dans le sacerdoce, mais déjà de- « puis deui ou trois ans attaché à la cha- « pelle impériale , paraître à Lyon à la < suite du cardinal Fesch. Il remplaça, pen- « danl quelque temps, auprès de Son Emi- « nence, M. l'abbé de Quélcn, qui était parti « pour Paris, où Pavaient rappelé divers
■ travaux de la grandeaumônerie. Le prélat « l'estimait el le goûtait beaucoup : c'était « son ange, disait-il, et dans ce moment il « ne se doutait pas que cet ange, formé h son « école, el loujours fidèlo a son souvenir, c serait son successeur sur le premier siège « des Gaules. »
M. Lyonnel pari», d'une visite que MM.
de Donald el de Sambucy firent à Rome au cardinal exilé :
« Cesdeus ecclésiastiques, quo nous avons « vus naguère a sa suite, soil à la chapelle
■ impériale, soil à Lyon, avaient été déai- « gués parle roi pour fnire partie de l'am- « bassadede Rome. Mgr do Pressigny, ancien a évêquu de Suiul-Malo, depuis archevêque
■ de Besançon, alors chef de la nouvelle « légation romaine avait cru utiliser leurs
• noms, leurs talents et leurs mérite.*, en « les présentant au choix de Sa Majesté.
m A peine eurent-ils pris terre sur le sol « de I antique cité, autrefois comme lou-
• jours la reine des naii »ns. qu'ils se firent i un devoir du venir oiïrir leurs hommages « à leur ancien bienfaiteur... l'ous deu* « assurèrent le prélal que les événements « qui venaienlde briser sa fortune n'avaient
■ rien changé à leur alIVciion, qu'elle lui » était loujours acquise, qu'ils s'efforce- « raient de plus en plus de In justifier. Son « Eminence fut on ne peulplus sensible à ces « témoignages d'un véritable el sincère at-
• lâchement. Ahl c'est qu'on les apprécie
■ davantage, lorsqu'ils ne sont pas le ré- « sullat d'un misérable calcul ou d'une
■ ambition déloyale. Elle remercia affec- « lueusemenl ceux qui l'es lui donnèrent.
« A présent, mes amis, dit-elle, je ne puis
■ plus rien pour vous : Dieu m'avait tout c donné, il m'a tout ôlé; que son saint nom « soilbéni 1 Mais il est trop juste pour ne pas « récompenser les bonnes actions que les « hommes ne peuvent pas reconnaître..
• Ce fut, nous n'en doutons pas, sous les « instances de ces deux ecclésiastiques, « que M^r de Pressigny, chef de I ambassade « de France piôs le Saint-Siège, invita le o cardinal Fesch à la tète de Saint -Louis... « Il n'y a eu que .MM. de Pressigny el do
■ Châuaubriaud qui, s'élcvant au-dessus
• des préjugés, n'aient pas fait une excop-
• lion. . pour Mgr Fesch dans leurs lettres « d'invitation.»