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ment à reconnaître celui qu'il nommerait» quand ce serait lui-môme. Il choisit Thibaut, archidiacre de Liège, qui était dans la Terre Sainte, et prit le nom de Grégoire X. Ce nouveau Ponlifele fit cardinal, évôque d Albane en 1272, et lui ordonna de se trouver au deuxième concile général de Lvon. Il assista a la première session, tenue le 7 mai 1274, et mourut quelques jours après dans celte ville. Sixte IV le mil au catalogue des saints en 1482, et Sixte V. au nombre des docteurs de l'Eglise, en 1588. Le cardinal , Pierre de Tarentaise, depuis Pape sous le nom d'Innocent V, prononça l'oraison funèbre de ce saint, dans l'église de son ordre, où se trouvaienl le Pape et tous les Pères du concile. Il fut inhumé dans l'église des Cordeliers de Lyon, el transporté, en 1434, dans la nouvelle église que les Conleliers bâtirent dans nette ville, où il resta jusqu'à ce que, dans lo xvi* siècle, les huguenols, s'éiant rendus maîtres de la ville de Lyon, enlevèrent sa châsse d'argent, brûlèrent ses os. el en jetèrent les cendres dans la Saône. Saint Bonaventure élaii d'une vertu et d'un mérile si éclatants , que ses adversaires mêmes ne
[louvaient s'empôcher de l'admirer. Luther o reconnaissait pour un homme très-distingué : Bonaventura prœstantisiimus vir. Bellarmin disait qu'il était cher h Dieu et aux hommes: Deo hominibusque amabilis; et Alexandre de Halès ne cessait de répéter qu'il semblait qu'Adam n'eût point péché dans le frère Bonaventure : In fratte Bonaventura Adam ptecasse non videtur. Ce saint homme a composé un grand nombre d'ouvrages, dont Gerson recommande la lecture aux religieux, assurant que, de tous les docteurs catholiques, c'est celui qui lui paraît le plus propre à éclairer l'entendement, et à échauffer le cœur. Trithème en parle aussi aveu le plus grand éloge. La plupart d? ses ouvrages sont mystiques, ou spirituels. Ils forment 8 vol. in-lul. , imprimés s Home en 15S8. Les deux premiers contiennent les Commentaires sur l'Ecriture; le III*, les Ser~ mons ; le IV* et le V*, les Commentaires', sur le Mail re des sentences; le VI' et le Vil* des Opuscules moraux; le VllI*, les opuscules qui concernent les religieux. Depuis I édition de Rome, on les a réimprimés en Allemagne, et en 16G8, a Lyon, en 7 vol. in-fol. {Voy, Vie de saint Bonaventure , dans Surus; — H BNRilde Gand, De script, eccles. , c. 47 ; - - TftiTBÈMKel Bellabmi*, De script, ecclesiast»;
— Spokdb, Bzovius et Rainaldus, .4nnaL ecclesiast.; — Wadino , Annal, bibtioth. Min.;
— Jean Gbbson, dans le Traité des livresque les religieux doivent /ire, el dans celui, de VExamen des doctrines ; — Saint Axtonin ;
— VOLATERRAN ; — SlXTB D8 Si ES NE ; —
PosSbvin; —Albert; — Théophile IIainaud;
— LkHIBB; — ElSENGRBMIUS; — DfJBOULAY,
Histoire de l'université de Paris; — Marc de Li>b nme, etc. — Dupim, Bibliothèque des outeurs ecclésiast. du xm* siècle; — Baiixbt, Vies des saints, 14 juillet.)
BONAVENTURE db Padoub naquit le 22 juin 1332, à Padoue, dont il a pris le nom.
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Eutré chez les Augustins, il s'y distingua par ses grands talents. — On dit qu'il étudia dans l'université de Paria, et qu il y enseigna mémo la théologie. Après la mort du général de Beauregard , Bouaveuture de Padoue fut élu en sa place, dans le chapitre tenu a Vérone, le 17 mai 1377. Le Papo Urhain VI lui donna le chapeau de cardinal en 1378, ou 1384 suivant d'autres. Son zèle pour les libertés de l'Eglise lui attira la naine do Francisco Carrario, tyran de Padoue, qui le fit assassiner, d'un coup de flèche, lorsqu'il passait sur lo pont Saint- Ange b Rome, vers 1389. Il avait composé divers ouvrages : des commentaires sur les E| lires canoniques dn sniut Jean et de saint Jacques, cl sur le Maître des sentences ; des Vies des saints ; des sermons : Spéculum Mariai; Breviloquium; Ternarium de regimine conscientiœ, etc. Son corps fut enseveli dans l'église de Saint-Triphon, d'où on le transporta, depuis, dans celle de .son ordre, où se voit son tombeau dans la chapelle de Saint-Nicolas de Tolenlin, avec son épitaphe. Bonaventure de Padoue était ami de Pétrarque, dont il prononça l'oraison funèbre en 1369. (Voy, Pbtrarca, Rer. senil., lib. n, epist. 25 ; — Scardeoni, Antiq.Patav., lib. u;
— Joseph Pa.uphil., Btblioth. augutt.; — Cirtius, Elog Augustin. illu$t.; — Osuphrb;
— Ciacohius; — Sposde; — Rzovius; — Crusenils; — Aubert; — Lemirb, etc.; — Di pin , Biblioth. des aut. ecclés. du xiv* siècle.)
BONCOMPAGNI (Ignace) Romain, né en 1743, fut fait cardinal par Pie VI en 1775. Il mourut en 1790.
PONELLI (Michel), naquit, en 1541, à Bosco, petite ville des Etals sardes, près d'Alexandrie. — Son nom de baptême était Antoine, qu'il changea en entrant dans l'ordre de Sitint-Dominique, pour prendre celui de Michel. U étudiait à Pérouse, lorsqu'il apprit l'avènement au pontificat, de Pie V, >on grand-oncle, qui lo créa, seul, cardinal en 1566. Il lui confia aussi l'intendance générale du domainede l'Eglise, quoiqu'il n'eût que 25 ans, avec la dignité de camerlingue et le prieuré de Borne. Ensuite il l'envoya comme légal en Portugal , en Espagne et eu France, pour engager les princes chrétiens a faire une ligue contre les Turcs. Bonelli s'acquitta d6 ces missions avec honneur; et arriva à Rome à temps pour administrer les derniers sacrements h son oncle. Il contribua beaucoup à l'élection de Grégoire XIII, sous lo pontificat duquel il présida plusieurs assemblées qui avaient pour objet la politique et la religion. Il ne fui pas moins employé sous Siïlo V,.etsous Grégoire XIV, lequel, en 1591, lui accorda le bonnet rouge, que les cardinaux réguliers ne portaient point, et que son oncle lui avait toujours refusé. Pendant ses légations , il se fit estimer des princes avec lesquels il eut à traiter. Philippe II, roi d'Espagn-j, lui donna un buffet en vermeil, et une pension de 7,000 écus, avec la ville de Bosco, qu'il érigea eu marquisat; et le roi de France Charles IX
MAIRK BON £H
lui fit présent d'un diamant de prix, riche* ment enchâssé avec ces inscriptions : Non minus hatc tolida est pietas. — Ne pietas postit mea sanguine solvi. Il mourut ti Rome eu 1598, et il y est inhumé à Sainte-Marie sur la Minerve, où on lui a élevé un supeilxi mausolée avec une épitaphe. [Voy. Petbauellakics ; — de Thou : — Sposcde; — d'Ossat ; — A t'BRRT, Hist. des card., etc.)
BONELLI (Charles), arrière-neveu du Pipe Pin V, lut archevêque in partibus de Tarso, puis do Corinlhe, gouverneur de Rome, nonce en Espagne, et, le 14 janvier 1664, nommé cardinal du titre de Sainte- Anasiasie par Alexandre VII. Il mourut ) Rome le 27 août 1676, et y fui inhumé à Sainte-Marie sur la Minerve.
BONELLI (Joseph-Pozzo), Milanais, archerêque de Milan, fut créé cardiual en 1743 par le Pape Benoît XIV.
H ON I FACE VIII (Benoît CAJïïTAN ou GAÉTAN), était né de parents catalans, qui avaient pris ce nom de Gaétan, parce qu ils demeuraient à Gocle, avant de fixer leur séjour a Anagni, lieu delà naissance do Benoît. - Son père l'avait fail élever avec soin dans l'élude des sciences humaines, cl de la jurisprudence civile et canonique. Le jeune Benoît, devenu docteur, se fil connaître à la cour de Borne, où il exerça les charges d'avocat consislorial cl de protonolaire du Saint-Siège. Depuis, il fut chanoine de Lyon, et, le 23 mars 1281, créé cardinal par le Papo Martin IV. Eu 1290, Nicolas 111 f envoya, comme légat, en France, avec Gérard ttiaiichi. Le Pape Céleslin V ayant abdiqué le pontificat le 13 décembre 1294, Benoît Coji-tan fui élu, à N.iples, pnur lui suecéder, le 24 du môme mois. (Voy. le Dict. des Papes.)
BONI FACE IX (Pierre Tomacelli), était de Naples, d'une famille noble, mais tombée dans la misère. Il fut fail, en 1281, cardinal da litre de Saint-George* , puis de Sainte- Anasiasie, et, le 2 novembre 1389. élu Pape a Rome après la mort d'Urbain VI, dans le temps où les cardinaux, qui étaient à Avignon, élisaienlCIémeni VII, puis BeiiollXIII. (Voy. le Dict. des Papes.)
BONI FACE fut créé, en 1159, par le Pape A Irieu IV, diacre-cardinal du litre de Saint- Corne et de Sainl-Dainien.
BONN EL Y ORBE (Jean-Joseph), né au diocèse de Grenade en 1782, archevêque de Tolède, fut fait cardinal en 1850 par Pie IX. Son Excellence vit encore.
BONNUCCI (Etibsne), Toscan, évoque d'Alain, puis d'Arezzo, créé en 1587, par le Papo Sixte V, prêtre-cardinal du tilre de Sainl-Pierre el de Sainl-Marcellin, mourut on 1589.
BONTEMS (Akdré), né à Pérouse, fut évêque de celte ville, après avoir eu l'administration du prieuré de Sainte-Luce A Floronce. — Le Pape Urbiin VI le nomma, le 18 septembre 1378, cardinal, et ensuite gouverneur de la Marche d'Ancône. Depuis, il se trouva, en 1389, a l'élection do Boni face IX; et, retourné dans son gouvernement, il mourut, l'année suivante, à Recouali, où
il fut inhumé dans l'église cathédrale. (Toy. Contolerius ; — Ciaconius ; — Aubert ; — . C6REL. : etc.)
I BONV1S1 (Bo*viso), Lucquois, créé, en 1598, par le Pape Clément VIII, diacre-cardinal du litre de Saint-Vite et de Saint-Modeste, archovêque deBari, mourut en 1603.
BON VI SI (Jérôme), évôque de Lucques, où il était né ; après avoir été archevêque de Laodicée, puis de Tbessalonique et de Trébizonde, fut nonce à Cologne, et, le 9 avril 1657, fut nommé cardinal par le Pape Alexandre VII. Il mourut en son évêché de Lucques en février 1677, âgé de 70 ans.
BONVIS1 (François), évôque de Lucques, était neveu du précédent; après avoir été nonce à Cologne, en Pologne et h Vienne, et archevêque de Tbessalonique, il fut élevé a la pourpre par le Pape Innocent XI, le 1" septembre 1681, et mourut dans son évêché de Lucques en août 1700, âgé de 77
BONZI (Jean de), fils du premier ministre du grand>duc de Toscane, se fit recevoir, è Parioue, docteur en droit canonique et civil. — Il jouissait, è Rome, d'une gronde considération, et François, duc de Toscane, le choisit pour arbitre du différend qu'il avait avec le Pape Clément VIII, touchant les limites de leurs territoires. Il s'acquitta do cette négociation h la satisfaction des deux parties, et le duc le lit sénateur, bien qu'il n'eût pas encoro l'Age requis. Le roi de France, Henri IV, le nomma ensuite à l'évAché de Bt'ziers, dont il prit possession en 1598. C'est lui qui célébra le mariage de ce prince avec Marie de Médicis. Heun IV créa en faveur du prélat, la charge de grand aumônier de la reine, et, plus lard, pour récompenser ses services, il lui donna sa nominaiion au cardinalat , que Bonzi reçut du Pape Paul V en 1611. Depuis, ce prélat assista aux états généraux. Il prit pour coadjuleur, dans son évôcbé de Béziers, Dominique de Bonzi, son neveu, pour lequel il obtint la survivance de sa charge de grand aumônier de la reine : ensuite il se relira è Rome, où il assista à l'élection du Pape Grégoire XV en 1621, et y mourut peu de temps après. Son corps fut porté aux Théalinsde Florence, où la maison de Bonzi a une magnifique chapelle. (Voy. Sainte-Marthe, Gall. Christ.)
BONZI (Pierre de), né è Florence, le 15 avril 1631, fut élevé en France auprès do Clément de Bonzi, cinquième évèque de Béziers de celle famille, et son oncle. — A l'âge de 2^ ans il entra dans l'Eglise. Le cardinal Mazarin avait pour lui une estime et une confiance sans bornes, et il le destinait aui affaires étrangères. De son eôté, le grand* ducde Toseane l'accrédita, comme son ministre, aoprès des rois de France et d Espagne aux conférences de Saint-Jean-de-Luz et de Fontarabie. C'est là qu'il fut nommé évôque de Béziers et abbé u'Aoiane, après la mort' de Clément de Bonzi, son oncle. Peu après, il fut chargé de négocier le mariage île Vile d'Orléans avec le prince de Toscane, et Louis XIV le nomma son ambassa-
deur extraordinaire auprès du grand-duc, pour conduire à Florence cette princesse. Il était encore à Florence, quand le roi lui donna l'ambassade de Venise. Il s'agissait d'obtenir de celte république un libre passage, sur son territoire, pour l'armée que la France devait envoyer en Hongrie. La négociation était difficile ; mais l'évoque de Béziers obtint du sénat tout ce qu'il demandait. De cette ambassade !a cour de France l'envoya a celle de Pologne, pour empêcher d'abdiquer le roi Casimir, qui régnait alors. Le succès de celle négociation ne fut pas moins heureux que celui de la précédente, et il revint de cette ambassade avec la nomination au cardinalat, dignité que lui donna, en 1572, le Pape Clément X. Bonzi ne fut pas plutôt de retour en France, que le roi Casimir abdiqua la couronne. Le roi envoya encore l'évêque de Béziers en Pologne, lors de l'élection d'un nouveau roi. Il y avait une forte cabale pour un prétendant opposé aux intérêts de la France; mais l'évêque de Béziers la dissipa par sa vigilance et son habileté ordinaires, et il tit élire Michel Wisnovicski, également agréable à la nation polonaise et à la France. A son retour, In roi le nomma à l'archevêché de Toulouse, et è l'ambassade extraordinaire d'Espagne ; puis, en moins de trois ans, il fut gracdi aumônier de la reine, cardinal et archevêque de Narbonne. Il concouru! h l'élection de trois Papes, Innocent XI, Alexandre VIII et Innocent XII, toujours honoré dans ces trois conclaves de la confiance illimitée du roi, et de l'estime de tous ses collègues. En 1688, il fut associé è l'ordre du Saint-Esprit. Ses libéralités contribuèrent beaucoup â la construction du séminaire de Narbonne, qui est un des plus beaux de la France. Il fonda aussi dans celte ville un petit séminaire pour les élèves pauvres do son diocèse, et, danj son église métropolitaine, il fit élever un autel d'une rare magnificence. Il mourut à Montpellier le 11 juillet 1703, âgé de 73 ans, regrelié de toul le Languedoc, et après avoir présidé pendant trente ans les élals généraux de celte province. Son corps fut porté a Narbonne, et inhumé, suivant ses désirs, dans son église métropolitaine.
BORDES (des). — Voy. Bertrand.
BOKELLI (Simon), abbé de Sublac, fut créé, en 1158, par Adrien IV, diacre-cardinal du litre de Sninte-Marie in Dominica.
BORGHÈSE (Camille), Romain, créé, en 1596, par le Pape Clément VIII, prêtre-cardinal du titre de Sainl-Eusèbe, fut Pape sous le nom de Paul V.
» BORGHÈSE ( Pierre -Marie), Siennois, nommé, en 1623, par le Pape Urbain VIII. diacre-cardinal du titre do Saint-Georges m Vflabro, puis de Sainte-Marie in Cotmtdin, mourut en 16V2.
BORGHÈSE (François), né a Rome, le 20 iuin 1697, prit I habit ecclésiastique et reçut le doctorat le k avril 1721. Protonotairo apostolique en janvier 172V, il fut déclarô prélat domestique du palais apostolique le 7 septembre suivant. Le Pape Benoit XIII In
liOC
nomma son maître de chambre le 26 janvier
1728, lui conféra les quatre mineurs le 29 du même mois, et le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise les 8, 19 el 25 février. Le 8 mars suivant, il proposa pour lui, dans un consistoire, l'archevêché in partibut de Trajanopolis. Borghèse, rois au nombre des examinateurs des évêques, fut fait majordome du sacré palais apostolique le 28 mars
1729, et cardinal de la sainte Église romaine le 6 juillet suivant. Le 3 mars 1732, il changea le litre presbyléral de Saint-Pierre m Montorio, pour prendre celui de Saint-Sylvestre tu Capile. —
BORCîHÈSE (ScipioeO, Romain, né en 1734, légat de Ferrare, fut fait cardinal par Clément XIV en 1770. Il mourut en 1782.
BORGIA (Alphonse), Espagnol, archevêque de Valence, créé, en 1MÏ4, par le Pape Eugène IV, prêtre-cardinal du titre des Quatre-Sainls-Couronnés, fui Pape sous le nom de Calixtb III.
BORGIA (Roderic), Espagnol, nommé, en U55, par le Pape Calixte III, son oncle, (riacre-cardinal du titre de Saint-Nicolas m Carcere, puis vice-chancelier de l'Eglise et évêque de Porto, fut Pape scus le nom d'Alexandre VI.
BORGIA (César), était le second fils d'Alexandre VI. — Celui-ci le deslina, dès son jeuno fige, 6 l'étal ecclésiastique; et, comme il appartenait !à une famille puissante en Espagne, il lui obtint Pévêché de Paropolunc. Aussitôt après son élévation sur le Saint-Siège, il le nomma à l'archevêché de Valence, puis cardinal en 1493. Le nouveau cardinal résolut alors de se défaire de son frère aîné, Jean Borgia, à qui le roi d'Espagne avait accordé le duché de Candie, et Alexandre VI, le duché de Bénévcnt avec les comtés de ïerracine et de Pontecorvo. En 1497, Jean Borgia fut trouvé dans le Tibre, percé de neuf coups d'épée : personne ne douta que César ne fût l'auteur de ce fratricide. Celui-ci quitta donc l'état ecclésiastique et déposa la pourpre pour se liguer avec Louis XII, roi de Frauce, qui projetait l'expédition de Milan. Ce prince le fil duc de Valenlinois en récompense de ce qu'il lui avait apporté une bulle, dans laquelle le Pontife nommait des commissaires pour connaître de la rupture de son mariage avec Jeanne, fille de Louis XI : car la politique avait conseillé à Louis Xll d'épouser la veuve de son prédécesseur, Aune de Bretagne, pour que celte province ne fût pas détachée de la France. Un autre motif do reconnaissance de la part de Louis XII, c'est que César lui apportait en même temps le chapeau decardiual pour le vertueux Georges d'Amtoise. Louis Xll ne s'arrêta pnint là : il lui fit épouser Charlotte, fille d'Alain, seigneur d'Albret. Dès ce moment, César, appuyé des armes de Louis XII, poursuivit l'exécution de ses desseins. Sans s'inquiéter des intérêts de sou allié, il prit pour son' propre compte les meilleures places de la Ro magne, s'empara d'Imola, de Forli, de Faënxj, de Pésaro. de Rimiui, de Camérino,
dépouillant les légitimes possesseurs, commettant tous les crimes, exerçant sur la plupart des princes d'Italie une tyrannie intolérable. Depuis, pour s'approprier la riche succession du cardinal Cornello, il détermina Alexandre VI è aller souper chei lui le 17 août, ely fit porter du vin empoisonné. Lo père et le fils étant arrivés de bonne heure, et étant altérés par suite de la chaleur de la saison, demandèrent è boire; mais comme celui qui était dans leur secret ne se trouvait pas là, un autre domestique leur donna le breuvage empoisonné, qu its avaient fait préparer pour le cardinal Cornetto. Ce fait raconté par plusieurs historiens, est contesté par d'autres, et avec raison. Quoi qu'il en soit, Alexandre VI mourut peu après , en 1503. César, comme plus jeune, aurait résisté à la force du poison. Sous le pontificat de Pie III, successeur d'Alexandre, il fut sur le point d'être massacré par ses ennemis. La protection du roi de France le sauva ; en récompense, il n'eut rien de plus pressé que de le trahir. De tant de places qu'il avait envahies, il ne lui en restait que quatre qu'il offrit de remettre è Jules 11, élu après Pie. Ce Pontife refusa d'abord de les accepter et permit a César de se retirer. Mais, mieux conseillé, il le fit arrêter à Oslie, et le retint prisonnier jusqu'à ce qu'il eût rendu ces places. Il le mit alors en liberté, et Borgia alla se réfugier auprès de Gonzalve de Cordoue, qui lui promit do le faire passer en France ; mais, au moment même où il s'embarquait, le général espagnol le fit arrêter, la 27 mai 150V, el l'envoya prisonnier en Espagne, où il fut détenu au château de Medina del Campo. An bout de deux ans, il parvint h s'échapper et il se réfugia auprès de Jean d'Albret, roi de Navarre, frère de sa femme, lequel était en guerre avec Louis de Beaumont, son vassal, connétable de Castille. Borgia alla assiéger le château de Viane. Le connétable voulut y jeter soixante hommes pendant la nuit; et le duc de Valentinois les poursuivant fut tué le 12 mars 1507. Ses gens, ayant couvert son corps d'un manteau écarlate, le portèrent è Viane, où il fut enseveli. Il avait pour devise ces mots : Aut Cœtar, aut nihil; ce qui donna lieu aux distiques suivauts :
Borgia Cœsar eral faclis cl nomlrie Cexar. Aol uihll, aul César, dixil : uiruutque luit.
César Borgia était César de nom et par ses actes. Citer
on rien, disait-il : il a été l'un el l'autre.
Aul nihil, aul Ccsar vull did Borgia : Qukl ni? Cura simul el Ccsar posait el ease oihll. Borgia teut être appelé César, ou rien ; Pourquoi pu? TuiMju il peut être à h [ois César et rien.
Omnia vlncebas, «perabas onanii, Cmsar; Omoia deûciuol, iheipis esse nibiJ.
Tu triomphais de tout, lu espérais tout. César; tout
l'abandonne, et tu n'et plut rien.
* Nous avons passé rapidement sur cette triste vie, omettant des faits sur lesquels la malignité s'est donné carrière, mais qui sont justement contestés., César. Borgia, comme Alexandre VI, avail de grandes CS-
Gftt BOR DES CA1
paciiés pour les affaires, tl était lettré, éloquent ; Machiavel, dans son livre Du prince, le présente comme le type de l'habile politique. Ces deui hommes Tiraient dans un siècle, dans un pars, où la corruption avait envahi les sommités sociales. Il n'en est pas inoins déplorable qu'ils aient donné un toi scandale, et qu'ils aient si mal usé des talents que leur arait départis la Providence. (Voy. Volatebbai*., Aniiq., lib. xxu ; — Guicbabdin, Hitt. d liai., I. y et vi ;— Mariana, I. xxvu et xxviii ; — Paul Jove, Elog.; — Sponde et Rzovius, Annal.; — Maria n a, I. xxvi ; — Acbeby, Hitt. des card. ; — Onurn r f, : — Victobbl; — Garibai, etc.)
BORGIA (Jbaîi), nereu du Pape Alexandre VI, était aussi Espagnol. — Après avoir exercé la charge de protonotaire et de correcteur des lettres apostoliques, et avoir obtenu l'archevêché de Monte-Reale en Sicile, il Tut, eu 1492, créé cardinal par son onde, qui lui donna encore l'érêché d'OImutz en Moravie. Ciaconius ajoute même que, outre le litre de patriarche deConstanlinople qu'il lui fit prendre, il lui donna ensuite l'archevêché de Capoue, l'évôché do Ferrare el celui de Coria en Espagne. Jean de Borgia fut d'abord employé dans les affaires les plus importantes; il alla, en qualité de légat , dans le royaume de Naples, dont il porta l'investiture à Alphonse 11. Il s'y trouva aux cérémonies du raariag* de Geo tf roi Borgia, Gis d'Alexandre VI, arec gauche d'Aragon, ûlle naturelle de ce roi, en 1494. Depuis, ce cardinal se vit contraint à vivre dans la retraite, pour ne pas porter ombrage à César Borgia, trop jaloux de son autorité pour permettre à quiconque de la partager. On dit qu'il mourut à Rome le 1- août 1503. (Voy. Oncphre, Alexandre VI; — Il Kir a ; — Ciaconius; — Uohel., ele.)
BORGIA (Jean), dit le Jeune, était un autre nereu d'Alexandre VI, qui le créa cardinal en 1496. — Il lui donna aussi l'archerêché de Valence et le commandement des troupes qu'il envoyait pour combattre les Français, et pour appuyer le parti de Ferdinand le Catholique, qui était très-puissant. Ce cardinal fut encore légat à Venise en 1499. Il mourut le 17 janvier 1500 h Urbin, capitale du duché de ce nom. Son corps fut porté h Rome, et inhumé dans l'église Sainte-Marie del Popolo. Suivant quelques-uns, il aurait été empoisonné par César Borgia. (Voy. Gabjbai; — Oncphbe; — Aubbbt, Hitt, des tard.)
BORGIA (Louis), Espagnol, créé en 1500, par le Pape Aleiandre VI, diacre-cardinal du litre de Sainte-Marie m Fia lata, puis du titre des Saints Nérée et Achillée, prêtre du titre de Saint-Marcel, archiprêtre deSainle- .Vlarie-Majeure et grand pénitencier, mourut en 1511.
BORGIA (Fbançois), Espagnol, archevêque de Cosenza, nommé, en 1500, par Alexandre VI, cardinal du titre du Sainte- Lucie, puis des Saints Nérée et Achillée, et évêuue de Chiéli, mourut en 1511.
BORGIA (RoDEBit:), Espagnol, neveu du
HNAUX. BOR 561
Pape Alexandre VI, créé, en 1536, par le Pape Paul III, diacre-cardinal du titre de Saint-Nicolas in Careere, puis de Saiot-Eustjche, mourut en 1537.
BORGIA DE GANDIE (Henri), Espagnol, fait, en 1539, par le Pape Paul III, diacrecardinal du titre des Saints Nérée el Achillée, mourut en 1540.
BORGIA (Gaspard), fils de François, duc de Gandie, naquit en 1584. — Il fit de bonnes études, fut reçu docleur en théologie è A Icala, et y fut doyen. Il était chanoine à Tolède, quand Paul V le créa cardinal. Il fut archevêque de Sé ville et de Tolède, et pendant quelque temps vice-roi de Naples. Ambassadeur a Rome, il édifiait par sa piété et par son amour de ila retraite. Il employait chaque année dix mille écus d'or en aumônes. Cette charité pour les pauvres lui mérita le titre glorieux de pire des pauvret, bien préférable à tous ceux qui viennent des dignités humaines. Il mourut è Madrid, en novembre 1645. (Voy. Imooff, Genealog. Ilispan. famil., p. 28; — Ciaconius, Histor. Ponlif. et cardinal., t. IV, p. 430.
BORGIA -GANDIE (François ns|, chanoine de Tolède, puis évêque de Calahorra et archevêque de Burgos, créé cardinal en 1700 par le Pape Innocent XII, mourut en
BORGIA (Cbarlbs), Espagnol , patriarche des lndos, grand maître de la chapelle du roi d'Espagne, nommé, en 1720, par le Papu Clément XI, cardinal du titre de Sainte- Pudenliane, mourut en 1733.
BORGIA (Etibnnb), né à Velletri, le 3 décembre 1731, est peut-être le particulier qui a possédé le plus riche musée. — Elevé auprès de son oncle, archevêque de Fermo, il . montra, très-jeune encore, un goût irrésistible pour l'élude des antiquités, et n'épargna ni soins ni dépenses pour se procurer tous les objets antiques dont il avait connaissance, manuscrits, statues, bronzes, médailles ; c'est ainsi qu'il forma, avec le temps, dans son palais de Velletri, celte collection si variée, si considérable el si curieuse qui faisait l'admiration de tous ceux qui la visitaient. S'élant fixé h Rome, il attira l'attention du Pape Benoit XIV, qui apprécia son mérite et le nomma, en 1759, gouverneur de Bénévent. Dans ce poste, il se montra habile administrateur, el sut, par de sages mesures, préserver celle province de la lamine qui, en 17G#, désola le royaume de Naples. Eu 1770, il fut rappelé à Rome pour y remplir les fonctions de secrétaire de la Propagande, fonctions qu'il conserva pendant dix-huit ans. Là, mieux que partout ailleurs, il était à même de salistaire ses goûts; correspondant avec les missionnaires dispersés sur tous les points du globe, il les priait de lui envoyer tous 1ns objets rares ou curieux qui leur tomberaient sous la main. C'est ainsi qu'il se procura une multitude de curiosités qu'il ajouta à son musée déjà si riche. Eu 1789, Pie VI le décora de la pourpre sacréa, el lui confia la charge d'inspecteur général des eufanls-Uuurés. Il jusliûa ce choix <m