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le^ ouTriers decertaios métiers. Hais comme ces associalions ne sont pas soumises à la même règle, il en résulte entre quelquesunes des rivalités qui se manifestent par des rixes sanglantes, par des actes qui sont quelquefois de la plus horrible barbarie. Après cela, l'histoire du compagnonnage est curieuse, elle trouve naturellement sa place dans ce Dictionnaire, et nous en esquisserons les principaux traits.
S il fallait s'en rapporter au aire ou à la tradition des compagnons, l'institution du compagnonnage et ses symboles remonteraient au règne de Salomon» lorsque, pour la construction du temple, on réunit, de toutes les parties de l'Orient, un nombre considérable d'ouvriers, maçons, menai* siers, couvreurs, serruriers et forgerons, qui furent soumis à la direction de rarchitecte Hiram. Le stjle architectural de ces temps réclamait peu de charpentiers, aussi ceux-ci ne flgurent-ils point dans Fassociation primitive des compagnons.
SalomoQ aurait d'abord conféré le devoir ou code du compagnonnage, aux tailleurs de pierre, lesquels, en quittant la Judée, se répandirent dans toutes les contrées du monde, etj portèrent leurs statuts qu'ils ont conservés jusqu'à no& jours avec le titre de eempagnonê étrangère ou enfanté de Salomon. Ce litre, ils l'ont partagé de leur plein gré avec les menuisiers, les serruriers et les forgeron^^ mais les compagnons de ces deux dernières professions s'intitulent en outre eampagnone de liberté. Les enfanta de Salomon se divisent doncen deux branches : les tailleurs de pierre ou compagnons étrat^ ger$9 dits aussi tes loups; et les menuisiers, serruriers et forgerons, appelés compagnons de liberté. Cependant, l'union n'a pas tou-
) 'ours été parfaite entre \es enfants de Saloomou : au moyen Age, un certain nombre de ces enfants firent scission et se placèrent sous le patronage des Templiers. Le grand mettre de cet ordre, Jacques Molay, leur donna alors un devoir nouveau et les dissidents prirent le titre d*enfants de maître JacgueSt famille qui se partagea è son tour en deux rameaux : les tailleurs de pierre, nommés compagnons passants ou loups-ga-»
rouSf et les menuisiers, serruriers, forgerons, appelés compagnons du devoir. Ces deux fondations ne comprenaient pas encore les charpentiera. Mais ceux*ci ne pouvaient toujours subsister de la sorte, sans se donner aussi des liens de fraternité, et, vers le XII* siècle, un moine Bénédictin, nommé le P. Soubise, organisa une société de charpentiers du devoir, et donna à ceux-ci le litre de drilles ou de bons drilles. Lorsque les membres de ce compagnonnage se marient ils cessent d'avoir droit h la plupart des avantages dont jouissent les célibataires ; mais ils restent quelquefois unis en groupes, aous le nom d^agrickous. Ceux des charpentiers qui n'appartiennent à aucun devoir »ont appelés des renards. Chez eux aussi, l'entrepreneur se nomme singe, le contremaître gâcheur^ et l'aspirant au compagnon-
nage, lapin. Chez Sescouvreurs et les plitrien; les aspirants reçoivent le nom de6oiifiiâi.
Dans le vocabulaire du compagnonnsg», les compagnons du devoir sont appelés d^ «otranif ou dévorants; ceux de liberté, 91. vols. Le compagnon représentant Tassocu.
tion, celui qui, chez chaque m^e, se char^*i de procurer du travail au compagnon sa^ ouvrage, se nomme roleur 00 routeur. U mire est l'hôtesse qui, danscbaaoe ville, héberp;e les compagnons inoccupes ju5qu'lrt qu'ils aient trouvé de l'emploi. SooTen: même, après avoir été placés, ils contiouMt à loger et k prendre leur repas chez crtit mère. C'est aussi chez celle-ci au'uoe siU particulière est alTectée aux reanioos do conseil de l'association, salle que les cbirpentiers nomment eayenne. Mi c'est daoi t» sanctuaire que les membres de la soci(i« conservent le ckeM*muvre qu*ils oortff.
solennellement k l'église, au joar de la K'.i de leur patron. Lorsqu'un compagnon est admis dans l'une des associations, excepté les menuisiers et les serruriers dudtietr, il prend un nom de pays, comme Pmw», Nantais^ Bourguignon^ Bordelais^ Vitmtu, etc., et il y joint un surnom, leî qut frmeeenir, le conquérant 9 la fleur de tmmtr, U vertUf le décidé^ sans regret^ la smgtm^H résolu^ le Corinthien, le pensif, la palme et arts, etc.
Tous les compagnons portent des tamn ou joncs, d'une grande dimension, nr:
une pomme très-voyante, et dans les jom de cérémonie, ils décorent ces cannes^ rubans appelés couleurs. Ils se parent i«» enx-mèmea de rubans semblables, la tailleurs de pierre, les couvreurs et les cfc«^
[>entiers les attachent au cbapeaa, eo '« aissant flotter plus ou moins bas suifn la profession ; les compagnons de libené. les fixent k la boutonnière de leur habit b plupart font usage en outre de boudes ';V reilles symboliques : ainsi, les cècryeaMi dri7/es portent Téquerre et le compas âtz côté, de l'autre la bisaiguë ; les WÊoréekan suspendent un fer h cheval k lears oreil <». les aott/anjjfers une raclette, etc. Le co» i*gnon ne se croirait pas auflisammeai tvemr cré, s'il n'avait fait ce qu'il appello son '^^ de France, voyage qui consiste à vi^- ;' successivement, après avoir travaillé un c**^ tain temps dans chacune, les principales «i tdu royaume, comme Paris, SeDs« Aut *- ChAloos, Lyon, Avignon, Marseille* NI «r. Uonlpellier, Béziers, Toulouse, Borita.* Nantes, Tours et Chartres. Dios Vut^ l'autre de ces villes, il trouve sa sociêiê i-^ tallée : une mire qui le loge et le ssaw * crédit jusqu'k ce gu'il travaille; un r^m^ qui se charge de tembaucher oo de loi i^ ' curer do l'ouvrage } et enfio« s'il neBt il-** ber malade, on lui assure une sobvcU/^ de 50 centimes par jour, tout le lempa c« demeura k l'bôpiUl, et Voa .'^Mne ^-sieurs compagnons pour le visiier Cr^atf^ ment.
Lorsque le compagnon doit quHiar U < qu'il a habitée, le routeur i$ rend av«c ^
COM
DE TECHNOLOGIE
COM
chez le maître qui Ta occupé poars'enauérir si ce DDHltre et l'ouvrier sont libérés run envers l'autre. Si le compagooa s*est honorablemeul conduit pendant son séjour, les Associés lui font la conduite. Le partant et le rouleuTf celui-ci portant sur son épaule la canne et le sac du voyageur, prennent la tèle du cortège ; les autres compagnons suivent surdeui rangs, armés de leurs cannes, paréjs de couleurs et munis surtout de verres et de bouteilles. L*un d*eux entonne un chant de départ et les autres répètent le refrain. A une certaine distance delà ville, h conduite s*arréle, accomplit une céréroooie spéciale à chaque société: on vide des liouteiiles, ou s*enibrasse et on se sépare. Lorsque des compagnons se rencontrent, ils se reconnaissent à des signes particuliers, ao tâpagcf puis k la manière dont ils se touchent la main et s'apostrophent. La société se charge de tous les frais d*enterreuient du compagnon qui vient h mourir. Le cercueil est orné des emblèmes du corn* pa^noimage. Si le mort appariient au devoir de liberté, Tun des assistants prend «parole pour retracer les qualités du défunt, et son discours est suivi d'une prière récitée par tous les compagnons agenouillés. ■Lorsque le cercueil a été descendu dans la r^vse, on place près de celle-ci deux cannes ea croix ei les compagnons font alors la çitbreite et se donnent l'accolade, c'est-àdire qu'ils viennent deux à deux poser leurs pieds dans les angles formés par le croisement des cannes, se prennent de la main droite, échangent quelques mots k ruretlle, et s'embrassent. Cela fait, chacun va prier sur le l>ord de la fosse et jr jette tro is pelletées de terre, et quand la fosse ist comblée, les compagnons se retirent en ircSre.
W^es associations du compagnonnage ont
lussi leur code pénal. Le compagnon qui
bandoone une ville sans avoir pajé ses
etfes et levé son acquit, est qualifié de
rûleur et exclu de toutes les sociétés de
raiioe. Oo lit le passage suivant dans le
vre d'Agricol Perdiguier, dit Avignonais la
erta : « Au milieu d'une grande salle rem-
ii Je compagnons, un des leurs était à ge-
jj^x. Tous les autres buvaient du vin, celui-
buvait de l'eau, et quand son estomac
en pouvait plus recevoir, on la lui jetait
ir le Tîsage. Puis on brisa le verre dans
^uel il avait bu, on brûla ses couleurs k
s yeux ; le rouUur le fit relever, le prit
r la aiaio« le promena autour de la so-
iié ei lui donna un léser soufflet ; enfin,
l>orte fut ouverte, il fut renvoré, et
Aod il aortit, il y eut un pied (]ui le tou-
a au derrière : oet homme avait volé. »
Le compagnonnage eat une institution
)abfe par sa pensée fondamentale. Par
)» ^ouvrier trouve une famille sur tous
l>oints de la France; il n'est jamais sans
^e« aana pain, et reste rarement longtemps
s travail. Si la maladie vient k l'attein-
% il esl toujours secouru, jamais aban-
iué ; dans quelque lieu que la mort le
saisisse, %^s dépouilles sont accompagnées d'un cortège ami, des voix fraternelles s'élèvent au bord de sa tombe, pour le recom^mander au ciel. Mais k côté de ce résultat bienfaisant de l'associa lion, se présentent des inconvénients déplorables qui proviennent, nous l'avons déjk dit, de la riva« lilé des sociétés, et de la brutalité avec laquelle les afTiliés se croient obligés de soutenir leur règle. C'est surtout entre les cf/vorantt et les gavotSf que cette rivalité éclate avec le plus de fureur. Lorsqu*un compagnon en rencontre un autre, et qu'au moyen du tapage il reconnaît un adversaire, tous deux passent des injures aux coups, un combat acharné s'engage, et le vainqueur poursuit sa route en emportant la canne et les couleurs du vaincu. Souvent aussi, des groupes nombreux se défient,
f)rennent jour pour se livrer bataille et aissent constamment quelques-uns des leurs mortellement ou grièvement blessés sur la place. D'ailleurs, lorsque ces hommes sont excités par leurs mauvaises passions, ils se montrent peu scrupuleux sur les principes de la loyauté : ils tomberont dix sur un, si le cas échoit; et, dans leurs mêlées, ils font usage, pour s'attaquer ou pour se défendre, de leurs couteaux, de leurs instruments de travail, de toutes les armes meurtrières qui leur tombent sous la main. Leurs boucheries, leurs drames occupent fréquemment la police correctionnelle ou les cours d'assises.
COMPAN (monu.). Monnaie d*argent qui a cours aux Indes orientales. Elle équivaut k ^7 centimes.
COMPARATEUR (phys.). Instrument qui seit k estimer la différence qui existe entre les longueurs de deux règles.
COMPARTIMENT (reliure). Du latin eum^ avec, et partitif partager. Dorure k petits fers sur le dos ou sur le plat d'un livre relié.
COMPAS. Du latin cum^ avec, et passai, pas. Angl. compast; allem. zirkel. Instrument dont on attribue l'invention k Talaûs ou Perdix, neveu de Dédale, c'est-k-dire qu*on la fait remonter vers l'an 1290 avant Jésus-Christ. Cet instrument, qui sert k mesurer des longueurs, k partager des distances et k décrire des cercles, est communément formé de deux jambes on branches triangulaires, de laiton, de fer ou de tout autre métal, jambes qui s'amincissent de plus en plus par le bas, qui est très-acéré, et qui sont jointes k l'autre extrémité par un rivet sur lequel elles se meuvent comme sur un centre. Les pointes sont presque toujours en acier et brasées avec le laiton ; mais, dans quelques compas, l'une de ces pointes, au Heu d'être ainsi liée, s'introduit dans une sorte de canal, où elle est retenue par une vis de pression, de manière qu'on peut la détacher k volonté, pour lui substituer une tige garnie, soit d un crayon, soit d'un tire-ligne. Il y a aussi des compas k branches courbes qui servent k. tracer et k mesurer sur une surface courbe. Les ants
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