t Peu de temps après, Simon fils de Gio
ras, qui, à cause de son audace, avait été dépouillé de la loparchie de l'Acrabatène, par le grand prêtre Ananus, s'échappa de Jérusalem, placée sous la tyrannie de Jean, et vint demander un asile aux sicaires de Masada. D'abord il leur parut suspect, si bien qu'ils lui assignèrent pour demeure la ^illc basse, où il se fixa avec les femmes oui l'avaient suivi, les sicaires restant exclusivement maîtres de toute la ville haute. Bientôt cependant, la part que Simon prenait h leurs expéditions, lui valut leur confiance; ils résistaient pourtant aux conseils qu'il leur donnait de frapper de plus grands coups. Ce Simon finit par se créer une armée à lui, et se séparant des habitants de Masada, il alla commettre, de son côté, les plus atroces brigandages dans la Judée entière. {Bell, Jud. , IV, IX, 9.) Appelé à Jérusalem par le peuple, ce fut lui qui coopéra le plus activement à la défense de la ville contre les Romains; mais ayant été fait nrisonnier, Simon fut conduit à Rome, où il figura dans le triomphe décerné h Titus : le dernier acte de cette cérémonie fut la mise à mort du héros juif.
n Jérusalem, tlacbœros avaient succombé; il ne restait plus aux Juifs quune seule place forte, Masada, et les Romains résolurent d'anéantir, k quelque prix que ce fût, ce foyer d'insurrection,
« Baasus, préfet de la Judée étui jnort,
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Flavius Sylva lui avail succédé : sa première pensée fut de marcher contre Masada. Celui
Sui commandait alors dans la place, était léazar, de la tribu de Juda, homme éminent et brave, qui avait poussé h la rébellion bon nombre de Juifs, lorsque le censeur Quirinius avait été envoyé en Judée. A partir de ce moment, les sicaires, sous les ordres d*Eléazar, avaient traité en ennemis ceux de leurs compatriotes qui avaient plié sous le joug romain, pillant et enlevant leurs biens, incendiant leurs maisons. Ils prétendaient, pour légitimer leurs brigandages, qu'il n'y avait
Ks de différence entre les étrangers et les ifs dégénérés qui avaient trahi la patrie, et qui avaient été assez lâches pour se faire, de leur plein gré, les esclaves des Romains; mais c'était là un vain prétexte, ajoute Josèphe, et ils ne tenaient ces discours que pour déguiser leur cruauté et leur cupidité [Bell. Jud,, VU, VIII). »
Sylva résolut donc d'écraser ce qui n'était, pour lui,que le dernier asile de la rébellion, et voici textuellement comment Josèphe raconte cette expédition.
« Le général romain, à la tète de sonamiée, marcha contre Eléazar et les bngands qui occupaient Masada. Après s'être immédiatement emparé de tout le pays environnant, il plaça des garnisons dans les lieux les pi us favorables; il entoura la forteresse d'une muraille, afin d'empêchor les assiégés de s'échapper, et il établit des postes de surveillance. Sylva choisit, pour s y loger, l'emplacement le meilleure proximité de la forteresse, en un point où le rocher touchait à la montagne voisine. Là, du reste, il lui était fort difficile de se fournir des choses nécessaires : car ce n'étaient pas seulement des vivres qu'il fallait apporter de trèsloin et avec d'énormes difficultés pour les Jififs qui étaient chargés de l'approvisionnement du camp, mais il fallait y transporter jusqu'à l'eau, parce qu'aucune source n'existe en cet endroit. Après avoir pris ces premières dispositions, Sylva commença le siège avec beaucoup d'habileté et de fatigue, à cause de la position de la forteresse dont voici la descnption :
« C'est un rocher très-élevé, dont le circuit est considérable. Il est entouré de tous les côtés par des vallées tellement profondes, que d'en haut on n'en peut voirie fond. Ce rocher est à pic et inaccessible, si ce n'est en deux points où il présente une rampe difficile. IJ y a un chemin qui vient du lac Asf^haltite vers l'orient, et un autre qui part de 'occident, et par lequel on arrive [)lus aisément. Le premier se nomme la Couleuvre, à cause de son peu de lari^eur et de ses nombreuses flexuosités qui lui donnent quelque ressemblance avec un serpent. Ce n'est du reste qu'une anfractuosito ouverte dans le flanc des rochers qui dominent le précipice, revenant souvent sur elle-même, et s'élevant dj nouveau peu à peu, de manière à ne riv
gindre qu'à peine un point plus avancé. Il ut fju'on chemine un pied derrière l'autre, quand on gravit ce chemin ; un faux pas senit la mort ; car les rochera à pic plongent
de chaque côté, de façon à remplir de reur les plus audacieux. Quand on ao ainsi l'espace de trente stades, ce qui n franchir est à pic, mais le rocher ne k mine pas en pointe aiguë, et le sommet sente une esplanade. C'est là que, le prei le grand prêtre Jonathas bAtit uqe forte qu il appela Masada. Plus tard, le roi H^ y établit avec grand soin de nombn constructions. H fit enceindre le sommeti muraille, ayant sept stades de déveloms construite en pierres blanches, haute ded coudées et épaisses de huit. Cette moi était flanquée de trente-sept tours, hniti cinquante coudées. Ces tours ouvraient des bâtiments construits à l'intérieur, et pliqués contre toute la muraille d*eac« parce que le sommet, qui offrait un sol] ductif et plus facilement labourable que autre, fut réservé par le roi à la culturç. que si les vivres ne pouvaient plus ^ portés de l'extérieur, ceux oui se seii réfugiés dans la forteresse, n eussent fi souffrir de la famine.
n Hérode y construisit aussi, vers liai tée du côté occidental, un palais ;^a dedans des murailles et tourné vtT>*»
tentrion. Les murs de ce palais étaicatv grande élévation et très-solides; ïkm garnis aux angles, de quatre toursdesKa coudées de hauteur. Là se trouTaieolrfs des appartements variés et somptueuLi portiques et des salles de bain$, sodss partout par des colonnes monolithes. U et les parois des appartements étaient n de mosaïques. Dans chaque habitation, c plateau, autour du palais et devant bi raille, de erandes citernes furent crni dans le rociier, pourconserver l'eau, de i nière à en fournir en aussi grande qa0 que s'il y eût eu là des sources d'eau n^i! chemin encaissé menait du palais au wâ plus élevé de la forteresse, sans qu'il ft|i sible de voir ce chemin du dehors; dii^ les routes visibles elles-mêmes n'étiial| faciles à suivre pour les ennemis. Uàâ de l'orient, ainsi que nous ra%'ons d^éii par sa nature inaccessible, et une umf cée dans un passage trèsnétroit ferme cdiJ l'occident. Cette tour est distante debfli délie d'au moins mille coudées, imposdk franchir, difficile à forcer. Au delà.^ même qui s'avançaient sans crainte, of vaient pas marcher sans difficultés. Ainsi la nature, secondée par l'industrie de»
mes, défendait la forteresse contre t«4e taque.
« Quant aux ressources intérieures.
abondance et leur durée étaient plus rabics encore : il y avait, en effet, à caché en quantité suffisante pour ai très-long ; de même beaucoup 4e ^ d'huile, des graines légumineuses de espèce, et des dattes accumulées àm magasins. Eléazar et ses brioands, s'emparèrent par ruse de ul foHOfSL trouvèrent toutes ces provisions en état que si le tout y eût été posé, bien qu'il se (ut écoulé près