PUE
tion de Relaad me paraît très-heureuse, et je n'hésite pas à Tadopter.
Reprenons maintenant notre second tronçon (Titinéraire surlacôte de Phénicie, c'està-dire celui qui sépare Sidon de T^^r.
Sarfent. — La première viUe ruinée que Ton rencontre après avoir quitté Sayda, est Sarfent, la SarepMa de TEcnture sainte, que Pline mentionne ainsi : Snrepta et Ornithon oppida, entre Sidon et Tyr. Il en est également question dans te Périple de Scylax dont je dois reproduire le texte afin di3 le discuter. Voici ce texle d'après Relaad :
Ït5(i)v ii4Xtç xa\ .Xtixijv xXeixbr, 'Opy^Ocov ft6Uç SirAUtùç TxjpUoy TwSXtç Sdpa... Elxa &aàt) «iXt; Tûpoç
Le texte de ce passage donné par Gail est le suivant :
Tup
Ixouaa èvxo; xst/ouç.
On voit que Gail adopte les corrections pro[)Osées par Saumaise, Vossius et Reland
(|Ui restituent niiXvoç à ttôXiwv, et Xa/jarrra à 2«p«
tîToc.Ces corrections sont en effet indispensai)les; mais sulDsent-elles pour rendre le texle en question intelligible lorsqu'on l'étudié sur Itîs lîeuxî Nullement. D'abord ce texte conservé tel qu'il est, placerait Sarepta ou SartcHl entre Ornithon et Leonton, ce qui mi» paraît impossible, vu qu'entre Sayda et Sar^ lent il n'y a pas de ruines de ville. D'un atatre côté, faul-il croire que Aiô/rwv ttoXc? signifie la ville des Lions? J'en doute fort, dau- •tant plus que Pline l'appelle Leontos oppidum. Leonton était probablement le nom entier de la localité, comme Porphyrion et Ornithon étaient ceux de deux autres localités phéniciennes. N'est-il pas naturel de croire le nom Leonton dérivé de celui du fleuve Leontès, dfms le voisinage duquel il serait alors convenable de rechercher Leonton? Je n'hésite pas à le croire. Le Leontès, c'est le Nahr-el- Qasmieh d'aujourd'hui, car cette môme rivière s'appelle «ussi Nahr-Lanlatieh ou Lanteh, et dans celle dénominaiion moderne nous retrouvons la trace évidente du nom primitif. Sur la rive sud du Nahr-el-Qasmieh, est placé le Khan-el-Qasmieh, vaste khan dont les murailles contiennent de nombreux fragments antiques, indices certains d'une ville préexistante en ce même point. Je n'hésite pas à y trouver le Leonton polis de Scylax, le Leontopolis que Strabon met à tort sur la rive sud du Tamyras ou Damour, le Leontos oppidum que Pline relègue, bien plus fautivement encore, au nord de Béryte et entre cette ville elle Lycus. Suivant Gail, il y aune lacune entre les mots 'OpviOrov Tzokt^'iÇ et les mots Tvm^v nôliç zàpaTrra, et cet habile helléniste déclare qu'il est tenté de considérer .comme une iiiterprtiation étrangère au texte prio^lif de Scylax, le membre de phrase entier Âiro Acôvruv noktuÇy ^f;^pc 'OpviOuv TrôXfuC,...
Tvfliwv TTÔXi; 2«patrTa. Enfin Reland, qui s'étonne h Don droit de la structure de celle phrase, y iyoutela note suivante (p. 431, note 4) : alllud
àno et iiixpt videtur secum postulare irlow vel simile quid, uti ara^ia, et nec antea m^ minil Leonlopolis. » On voit que tous ceuï qui ont exammé le texte de ce passage de Scylax n'ont pas été plus heureux que moi, lorsqu'il s'est agi d'en saisir le vrai sens. Ce qui me paraît très-probable, c'est que Gail a eu raison de voir une interpolation dans celte phrase tronquée. Si l'on conservait en effet la ponctuation de l'édition de Gail, on aurait trois localités citées en remontant du sud au nord, en admettant toujours une lacune entre les désignations d'Ornithon et de Sarepta, tandis que la direction que suit invariablement le rédacteur du Pénple est du nord a» sud. Peut-être serait-il possible de changer la ponctuation de la phrase entière de la manière suivante, ce qui pennettrail de supprimer la lacune signalée par Gail et non par Reland, en changeant toutefois m en if içy et le niltwç qui suit en iroliç :
S'.5wv TwSXtc xa\ Xt|i1iv xXeKTt^ç, 'OpvWfaW fsÛAÇ 7;dXeu>ç, Tupîtjv 7:6Xiç Sd(>a7cxa,
C'est-à-dire : o la ville de Sidon avec porl fer mé, Ornithon, ville des Sidoniens, ajnte laquelle la ville de Leonton. Avant la ville d'Ornithon, Sarapta, ville des Tyriens. ■
Je donne , bien entendu , cette correction pour ce qu'elle vaut, c'est-à-dire que jen'v liens pas outre mesure, bien quelle m'ait été suggérée par l'étude des lieux. Quoi qai en soit en définitive, les ruines nommées aujourd'hui Sarfent, sont indubitablement celles de la Sarephta de l'Ecriture, de la Sarapla de Scylax et de la Sarepta de Pline. Remar- (juons toutefois, en passant, aue Pline qui, dans son énumération des villes de la côte phénicienne, procède du sud au nord, meikl ion ne Ornithon après Sarapta , ce qui semble s'accorder avec le passage si (ufficile à comprendre du Périple de Scylax.
Il resterait toujours deux grandes difllcullés à 11 ver en adoptant l'idée qui parall résulter de la combinaison des deux textes de Scylax et de Pline. La première consislerait a trouver entre Sayda et Sarfent remplacement d'une ville antique identifiable avec Ornithon. La seconde , bien plus grave encore, consisterait à chercher non pas Ornithon au nord de Sarapta comme le veut Pline, mais bien Leonton. L'accord des deui auteurs est donc purement factice, et comme il n'y a pas en réalité de ville antique enlre Sayda et Sarfent, il faut bien de toute Bécessité chercher ailleurs les deux villes tffrnithon et de Leonton que je crois devarfbcer en d'autres points. J'y reviendrai tottlà l'heure.
Kaïsarieh. — A fort peu de distance, ao sud de Sarfent, est un tertre très-considérable recouvert de ruines et nommé par les Arabes Kaïsarieh. Il est donc certain que là a existé jadis une Cœsarea dont il n'est bit mention nulle pari, que je sache, dans les écrivains de l'antiquité.
Adloun. — Nous voici cette fois arrivés à une localité très-importante, munie d'une nécropole immense qui occupe tout le flanc
pue:
DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
PHE
GSi
^ longue montagne, et d'une nécropole différente de celle d*el-Kaldah. Ici ce ont plus des sarcopbases de forme ré- I, pns dans la masse ofes rochers , mais des chambres sépulcrales taillées dans c Tif, et de même que dans la nécropole Hque de Jérusalem. Il est donc importe trouver quelle est la ville phénicienne Adloun a nris la place, littéraire de Bordeaux à Jérusalem mente un seul relais entre Sidon et Tyr, la Mutatîoad Nonum. Un pareil nom assez signiflcatif pour qu'un copiste dût préserve d'une erreur dans le chiffre tnilles qui séparaient cette localité de a. Elle était au neuvième mille, ad No^ milUariumj et le chiffre des milles compar le Pèlerin de Bordeaux est un seunt. Une pareille faute se corrige d'ellee. Quant aux chiffres dont les bornes lires étaient marquées de Sidon vers il est clair qu'ils partaient de l'unité en nt de Sayda , car j'ai retrouvé gisant sur ute deux belles bornes milliaires de grajont la première, située à un peu plus eux kilomètres de Sayda, porte le cnif- [. Il est donc bien certain que le nom ^êmum désijpait une localité placée au ième milliaire, à partir de Sayda, sur la ) de Tyr. Ad Nonum était certainement }3 le nom de cette localité, et les Arabes nt fait ad Loun de ce nom. Chez les haits de la Syrie le Lam et le Noun se conent très-aisément; presque tous proent, par exemple, Ismaïn au lieu d'Is- » et par une altération en sens inverse Vonum a pu devenir très-aisément ad i (120). Mais ce n'est pas un simple rele poste, une mutatio du quatrième siè- |ui a pu donner naissance à la somp- >e nécropole d'AdIoun ; là donc , je le te, a dû exister une opulente cité phénne. Cette localité, c'est à mon avis Or- »n. Voyons en effet ce que nous apd Stràbon sur la position de cette
Kcc U TÎ;c IMyoç ^ TOpo; ou icXcfouc tôîv dta- «V «Tfli5{ûiv/Ev tt T(|) (UTaÇù «oXf/viov, ï)pv{6u>v
'yr n'est pas distante de Sidon de plus de stades. Entre ces deux villes est placée Ile nommée Omithon. Ensuite près de joe rivière se jette à la mer. » De ce qui Me il résulte qu'Omithon était placée à près à mi-route de Sidon à Tyr et avant 1ère qui près de Tyr se jette à la mer. rivière n'est et ne peut être que le \ès , le Nahr-el-Qasmieh : Omithon était au nord du Narh-el-Qasmieh, Omithon
0) Vné altération analogiie se iW>iive dans le
moderne (Soulain) de fautique Sootiam, |Miy>
Sttnamite.
t^ Mauiidrelt raconte qu^enlre Sarepla et Tyr,
• bearcs de distsacc de la première localité, il
Htra nne rivière larae el profonde qu*il uonime
leer. On voit que Maundrell a chercbè à reu-
nom qu'il entendait prononcer, à Taide de Of rabbe anglaise. Reland (Pal. p. Î9l), après
cité SlaundreH, ajoute : i CelefttHi mh
était une ville plus considérable que Sarepta, puisque Strabon la nomme sans nommer celle-ci. Toutes ces indications conviennent à merveille è Adloun ; sur les ruines do rOrnithon phénicienne se sera établi le relais ad Nonum , lorsque le nom d'Omithon aura été perdu, et nous retrouvons ainsi les traces d'Omithon dans la magnifique nécropole d'AdIoun « et les traces aad Nonum dans le nom moderne d'AdIoun.
J'ai dit tout à l'heure que le texte de l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem devait être altéré quant au chiffre ini des villes qui séparaient Savda du point nommé ad Nonum , puisque celui-ci était nécessairement situé au neuvième milliaire è partir de Sayda, sur la route de Tyr. Il est possible de deviner quelle altération plus grave encore a entacné le texte. En effet , nous lisons après le nom civitas Sidona, la phrase, « Ibi Heliaj ad viduam ascendit et petiit sibi cibum. • Or c'est à Sarepta et non à Sidon que l'Ecriture sainte place ce fait historique. II est donc trè^prooable que le nom Sarepta a été omis, avec le chiffre v parfaitement convenable qui y était attaché, et dont la présence rendait tout aussi convenable le chiffre un qui suit le nom ad Nonum , dans les textes imprimés de lltinéraire. Il semble donc que l'on doive rétablir entre la ligne civiia$ 5rdona et celle qui concerne le prophète Elie , une ligne ainsi conçue : Sarepia — V ; je propose formellement cette restitution.
Nahr-rl-Qasmieh et Khan-bl-Qasiiibh.— J'ai dit plus haut déjà que le Nahr-el-Qasmieh, qui poile également le nom deNahr- Lanteh ou Lantaneb pendant tout son trajet dans la Cœlésyrie, entre le Liban et l'Anti-Liban , n'est autre chose que le Léontès. Je n'hésite pas à croire que la localité antique dont n existe des vestiges très-reconnaissables au Khan-el-Qasmieh (121), ne soit en réalité le Léonton polis de Scylax, Leontos oppidum, de Pline, et Leontopolis, de S^tralion.
SouR. — Sour» c'est indubitablement le
9i^t;T0pocXtuivaIxo'«'9alvT6ç ttCvou; de Scylax,
TyruÊ de Pline, Tûpoç de Strabon, Tyfo de lltinéraire d'Antonin et de la Table de Peutinger, civita$ Tyro du Pèlerin de Bordeaux. Tout le monde est d'accord sur ce point y et il serait superflu de chercher à démontrer une chose qui se démontre d'ellemême.
Nous allons faire maintenant ce que nous avons Ait pour le premier tronçon de route compris entre Beyrout et Sayda, c'est-i-dire que nous allons comparer entre eux les diffé-
Dien Casimeer videtur satis bene cum Tauûpoç (qiiod Domen fliivii est secunduro Strabonemi coa- >ciiîre. Sed Strilio Tamynin facit leficentrionalioreui Sidone. > Si donc le savant Reland n*y eût |ias regardé de plu* prés , il eût été cotnpléteaenl trompé par le nom estropié qu*avait reeaeUii Maundrell. Bonne preuve de pies de la nécetaité absolue d'avoir Toreilte très-babituée aui sons de la langue arabe, lortqu*ou a le désir de faire on voyage fruc» tueux att Syrie.