‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 134 sur 181 · PIL · texte numérisé non relu

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tion des Périzéens habitant une partie du territoire échu en partage à la tribu de Juda; et du côté du nord nous les voyons s'étendre jusqu'à Beit-San (Juges, i, 4, 5).

PHESDOMIM, Fas-Damim.— Contrée de Juda, près de Socho et d'Azeca, où se rendit David lorsque les Philisthins étaient en guerre contre les Israélites, lesquels cam paient su-r le versant oriental de la vallée du Térébinthe (/ Chron. m, 13). Le Phesdomim était donc sur le versant opposé.

PHETROS, Fatrous.— Il est difficile d'indiquer le pays quiporta dans les temps bibliques le nom ae Phetros.Corame il estjoint danslsaïe,

le seul écrivain sacré qui le mentionne, avec

'Egvpte et di Egypte qu'il wudrait en chercher la situation

ceux de l'Egypte et de l'Ethiopie, c'est en

véritable, d'autant plus que la Genèse met les Phétrusins parmi les descendants des Mesraim qui peuplèrent la haute Egypte. {Jsaie xi, 11; Cen. X, 14).

PHIAHIROTH, Fi-He-Hirout.— Quatrième station des Hébreux en sortant d'Egypte. (Exode, XIV, 2.)

PHILADELPHIE. — Ville de Mysie mentionnée par saint Jean dans V Apocalypse, (i, 11; m, 7.)

PHILISTHINS, Pelistim. — Les Philisthins étaient un des peuples aborigènes de la terre de Kenâan.;Dunom priniitifP#/i5/im, les Grecs et les Romains onifaW PaleslinSy la Palestine.

Un texte précieux de la Genèse (x. 13, 14) dit que les Philisthins et les Caphthorinssont sortis de Phethrusim et de Chasluim enfants de Mesraïm, second Gis de Cham. Voilà donc la généalogie de ces peuples. La terre des Philisthins est parfaitement connue; elle occupait le littoral de la Méditerranée depuis l'Egypte jusqu'à Jaffa.

Les cinq grandes villes des Philisthins étaient Gaza, Gath, Ascalon, Aschdod etEkron.

Cette race indomptable ne put jamais être vaincue parles Israélites.

PRISON, FisouN. — Un des fleuves du paradis terrestre ((r«n. n, 11), que l'on croit être le Phase, qui prend sa source dans les montagnes de l'Arménie.

PHITHOM. FiTAM. — Ville d'Egypte, mentionnée avec Ramesses, que Pharaon lit construire par les Israélites [Exod. i, 11). Ramesses était dans la basse Egypte, près de rislhme,

PHOGOR. - Montagne de la Moabitide, du haut de laquelle Balaam prophétisa sur les Israélites. — Yoy. Fesgah.

PHUNON. — Station des Israélites après Salmona (iVom6. xxxni, 42).

PIGMiEENS. — L'Hébreu porte Gammadhn, le Chaldéen porte Cappadoces, et les Septante, refusant de voir un nom de ville dans le mot Gammadim, l'ont traduit par le mot « gardien<5 » La Vulgate a mis Pigmm. Voici le texte d'Ezéchiel (xxvii, 11) :

Hébreu. — Et les Gammadim qui étaient dans tes tours.

Chaldéen. — Et les Cappadociens qui étaient dons les tours.

Septante. — Et les gardiens qui étaient dans les tours.

Vulgate. — Et les Pygméens qui étaient dans les tours.

Le plus naturel est la traduction des Septante.

PIERRES CONSACRÉES. — J'ai trouvé k peu de distance de la mer Morte un monument fort curieux de ce genre. C'est un roc isolé qui a été très-probablement appoKé de main d'homme, et qui se nomme ei-Hadjr- Lasbah ; trois autres rocs semblables, disposés à quinze mètres environ l'un de l'autre, sont posés en arc de cercle sur le plateau. Evidemment nous avons ici la contre-partie des cromlechs celtiques. Ce qui est certain, c'est que les Arabes vénèrent la première de ces roches, qu'ils regardent comme une pierre consacrée par Abraham, et sur laquelle le patriarche a fait des sacrifices, en l'honneur de Dieu.

Nous trouvons dans l'Ecriture sainte U mention de quatre pierres portant un nom spécial : ce sont IM Ebn-Bahan. la pierre de Bahan, fils de Raouben [Josué xy) : — 6. La limite (du territoire de Juda) s'élève «en Beit'Hadilah, passe au nord de Beit-Hàrbak, s'élève à la pierre de Bahan, fils de Raouben. — 1. La vailée s* élève de la vallée d'Akawrà Dabor. — La môme pierre est encore citée (Josué xxm, 17) comme se trouvant aussi sur la limite du territoire de Benjamin. — 2* La pierre de l'Assistance (I Samuel rv, 1). — fl ils campèrent près de la pierre de V Assistance ('Wn'p^). L'origine du nom de cette pierre est rappelée dans Samuel I, xx, 19. (I, vn, 12). — Samuel prit une pierre çu'i/ pfaf« entre he-Misfah et he-Sen, et il Vappela £bnr Axer, disant : Jusqu'ici i Eternel nous a lecourus.— 3" La pierre du Voyageur (Sïxn pt ) (/ Rois I, 9). — 4* Enfin la pierre de Zahlct qui était auprès d'Ayn-Radjel.

Dès l'époque biblique, certaines roches isolées portaient donc des noms particuliers, et il est très-possible que notre Hadjr-Lasbafa soit une de ces pierres. De plus nous savons [Josué nn, 31) que les autels primitifs des Hébreux devaient être faits « de pierres entières, sur lesquelles on n'a pas levé le fer. » Il est donc possible aussi que le Hadjr-Lasbah soit bien, ainsi que le veut la tradition, une roche consacrée au culte de Jéhovali, dès l'époque des patriarches. Peul-Alre, è la rigueur, pourrait-on être tenté de voir dans le Hadjr-Lasbah, la pierre de Bahan, qui devait évidemment se trouver dans la même région ; mais comme ces deux dénominations n'ont absolument aucune ressemblance, je suis tout disposé à me prononcer contre cette identification.

PILA (Maktas).— Un des petits prophètes, Sophonie, dit : Soyez dans le désespoir, Aobttants de Pila, tout le peuple de Kenâan s'est tu (i, 11). Que pouvait être ce lieu de Pilaî Quelques commentateurs pensent que c'était un marché de Jérusalem; et que le prophète menace la ville que les Kénâanéens ne viendront plus y faire le commerce. Il ne reste aucun souvenir à Jérusalem de ce lieu, qui est peut-être le bazar actuel, car es lieux de vente changent peu.

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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

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PRINCES IDUMEENS. — Art judaïque sous Hrrode et ses sweesseurs jusqu'à la fin du r autonomie de la nation juive.

Reoonslniciioa du temple par Hi^rode le Graml.— DèscripUon de Tédifice. — La vigne d*or. — Les dit portes d^or et d*argenl : la porte d'airain «le Gorlothe. — Le ctndëlabre, la table, Taiiiel dt*s parûiius. ^ La, porte Dorée. — Aigle d'or placé sur la porte principale du temple. — Les prêtres et le peuple solKcitent et obilniient rexhaiisse- «^iirdv faite du temple.— Ediiices construits par Hérode : Thippodrome de Jéricho^ le théâtre, le foram de Jérusalem. — Montagne ronde ou Hé-ndéicn. — Cesaréion et Agrip^ioion. ^ Fundaiion de la Tille de Sébaste.— Le temple d'Auguste. — Le Panéion. — Fondation de Gësarée ; ses palais, son port; statue colossale de César. — La tour AntODÎa ; la tour Hippicos ; la tour Marianiiio. — Le palais d'Hérode. — La tour Pséphiua. — Le tomlMAu d^Hélène.

Le fait qui domine tous les autres, parmi ceux qui nous intéressent, c*est le fait de la reconstruction du temple, entreprise par Hérode le Grand, jaloux de se concilier raffecttonde la nation juive, à la tête de laquelle la fereur d'Antoine et du sénat l'avait placé. Il n'y a que Thistorien Josèphe qui puisse nous fournir quelques renseignements; voyons donc ce qu'il nf>us apprend à propos du temple d'Hérode.

Le passage le plus important où il en parle est le suivant {Ant. Jud., XV, xi, 1 et suiv.), que je ne reproduirai qu'en substance :

« i>ans la dix-huitième année de son règne, Hérode le Grand entreprit de reconstruire le temple de Jérusalem, pour lui donner une éteiuiue plus considérable et une élévation des plus magnifiques. Il pensait, et il avait raison, que l'exécution de ce projet grandiose serait la plus grande de ses entreprises, et lui gagnerait une illustration éternelle; mais comme il savait que le peuple juif était assez

S eu disposé à accorder son assentiment à un essein semblable, il résolut de l'y amener par une harangue. H convoqua donc une assemblée de la nation, et là il exposa ses vues arec diranté et gravité, en montrant qu'il s'a- ^ssait bien plus de l'honneur et de l'intérêt des Juifs etn-mèmes , que de sa propre satisfiiction.— -Au retour de Babylone, dti-il aux assistants , nos pères ont consf^uit pour le Très-Haut un temple qui a soixante coudées de moins en hauteur que l'ancien temple édifié par SMomon. Ne les accusons pas de négligence, car cette infériorité n'a pas dépendu de leur volonté, puisque Cyrus, et Darius, fils d'Hystaspe, leur avaient eux-mêmes prescrit les dimensions à donner à l'édifice sacré. Soumis h ces monarques et à leur postérité, nos ancêtres ont dû obéir: et plus tard, soumis à la suprématie macédonienne, ils n'ont pu construire un édifice semblable h l'ancien temple en grandeur et en majesté. Grflce à ce Dieu puissant, je suis devenu votre roi; mes Etats jouissent de la paix, et je suis à la tête de finances prospères; bien filus, je possède l'amitié des Romains, les maîtres du monde. U est donc de mon devoir de réparer tout ce que nos pères ont dû né-

gliger par la force des événements , et de prouver ainsi à Dieu , autant que je le pourrai, ma reconnaissance pour toutes les grâces dont il me comble.— Cette ouverture inattendue causa d'abord au peuple plus d'étonnementque de joie, car celte offre était tout à fait imprévue et inespérée. La première pensée des Juifs fut de s effrayer à I idée que leur temple allait être détruit, sans qu'il fût certain que celui qu'Hérode voulait établir à sa place serait jamais achevé,^ faute de dépenses suffisantes. Le roî, qui s'en aperçut» se hâta de dissiper celte inquiétude, en h*ur donnant Tassurance qu'il ne serait pas touché au temple existant, avant que l'immense quantité de matériaux nécessaires à la reconstruction du sien, fût rassemblée et entièrement prête à être mise en œuvre. Cette simple parole rendit la confiance à tous les esprits, et Hérode fit commencer immédiatement les travaux. Mille chariots propres à transporter les pierres furent construits,et dix mille ouvriers habiles employés à tout préparer. A la tête de ceux-ci furent préposés raille prêtres. Les tailleurs de pierre et les charpentiers se mirent à l'ouvrage, si bien qu'en peu de temps tout fut prêt

a Les anciennes fondations furent arrachées et remplacées par d'autres, sur lesquelles s'éleva un nouveau temple qui avait cefit coudées de longueur, et en hauteur vingt coutî'''<^s de plus que l'ancien. Ce temple fut bâti en piei-^ res blanches et compactes, qui avaient jus-

Jiïh vingt-cinq coudées de longueur, et douze e hauteur. L'edince saeré, aussi bien que le portique royal ,^ était plus bas sur les côtés ; la

Eartie centrale (comme qui dirait la nef) était eaucoup plus élevée, de sorte qu'à la distance d'un grand nombre de stades, les habitants du pays pouvaient l'apercevoir, et qu'il offrait, surtout un aspect magnifiaue à ceux qui demeuraient en face ou qui s en approcnaient. Les portes, ouvrant sur les avenues du temple, étaient garnies de grands et magnifiques arcs qui avaient la même hauteur que le temple, et ils étaient munis de tentures éclatantes, ornées de fleurs purpurines et de colonnes figurées dans le tissu. De plus,, au-dessous de ces portes et au-dessus des corniches, courait une vigne d'or dont les grappes pendantes étaient d'une telle richesse, qu'elles émerveillaient le spectateur autant par leur somptuosité que par leur admirable exécution.

« Le temple fut entouré de vastes portiques d'une harmonie parfaite, et bien plus magnifiques que les anciens. Ces portiques, au noml)re de deux, s'appuyaient contre une grande muraille, et celte muraille elle-même était l'ouvrage le plus étonnant dont les hommes aient entendu parler. » Ici viennent, dans la description donnée pac Josèçhe, des détails sur le travail gigantesque à I aide duquel le mont Moriah fut transformé en une immense montagne artificielle dont le sommet servait d'assiette au temple.

« A l'intérieur le sommet lui-môme était entouré d'un autre murdenierrc soutenant, sur la face orientale, un double porticiue aussi

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long que îcmur d'enceinte lui-mérae, faisant face à la porte d'entrée du temple, qui était placée en face du centre des portiques. Beaucoup des anciens rois avaient contribué à sa magnificence; cardans le voisinage du temple étaient déposées les dépouilles des nations étrangères que les Juifs avaient vaincues. Héroae y ajouta les trophées qu'il avait conquis sur les Arabes,

0 Vers la porte septentrionale de Tenceinte sacrée était placée la citadelle, nommée la tour Antonia, et dont j'aurai à ra'occuper phii loin. Dans la face occidentale de cette enceinte étaient percées quatre portes, dont l'une conduisait au palais du roi. Ce palais et le temple étaient séparés par une vallée dont le passage était alors interrompu ; deux de ces portes ouvraient sur le faubourg, et la dernière, donnant accès dans la ville neuve (î fiV Tiiv «»r,v 7rt>«), était distinguée par un do uble escalier, h l'aide duquel on descendait dans la vallée pour remonter ensuite, ta ville en effet était posée h côté du temple, de manière à otfrir l'aspect d'un théâtre, et elle était entourée, du côté du midi, par une vallée profonde. Le quatrième côté de l'enceinte, c'est-à-dire le côté méridional, avait également des portes percées au milieu de sa longueur; sur cette face s'appuyait le portique royal, qui était triple et s étendait depuis la vallée orientale jusqu'à la vallée occiaenlale, c'est-à-dire autant que possible. Cet édifice était certainement le plus admirable qui ait jamais existé sous le soleil. La vallée ellemême était en effet si creuse, que la vue ne pouvait en découvrir le fond lorsqu'on le regardait du haut de la montagne ; et à cette élévation déjà si considérable Hérode ajouta un portique d'une hauteur effrayante, et telle que, si du haut du toit on cherchait à mesurer la double hauteur de la montagne et du portique, on s'exposait è prendre le vertige, sans pouvoir faire pénétrer son regard à une

f)areille profondeur. Quatre rangées paralèles de colonnes régnaient d'un bout a l'autre du portique, et la quatrième était engagée dans up mur de pierre. Le diamètre de ces colonnes était tel, qu'il fallait trois hommes pour les embrasser; leur longue.ur était de vingt-sept pieds, et leur fût portait vers la base une double spirale (Jt7r>i; (rirtioaç xfTTiàvfiiihnç) ; ces colonnes étaient au nombre de cent soixante-deux (122), et leurs chapiteaux étaient sculptés à la mode corinthienne. Précisément à cause de ces quatre ran- Sées de colonnes, le portique était triple; eux des allées parallèles étaient semblables, de sorte que chacune d'elles avait trente pieds de largeur, un stade de longueur et plus de cinquante pieds de hauteur; Tallée intermédiaire était plus large de moitié que chacune des deux autres , de telle sorte qu elle dominait de beaucoup les deux allées latérales,

« Les toits étaient ornés de sculptures de bois en haut relief et très-variées. Celui de la

travée du milieu était fortement relevé, les murs supérieurs étant coupés par rarchitrave et divises par des colonnes engagées; le tout d'un fini si merveilleux, que ceux qui n'ont pas vu cet édifice ne peuvent pas croire tout ce qui en est dit, tandis que ceux qui Tont vu, n'ont pu maîtriser leur admiration. Telle était la première enceinte. A l'intérieur, et à petite distance, on en trouvait une autre, dans laquelle on pénétrait en montant quelques degrés, et qui était entourée d'un mur de pierre portant une inscription qui en défendait l'accès aux étrangers, sous peine de mort. A l'intérieur de celle seconde enceinte il y en avait encore une autre, qui comportait, sur les faces sud et nord, trois portes distantes Tune de l'autre, et sur la face onentale une autre porte beaucoup plus grande, par laquelle les Juifs purifiés, ainsi que les femmes, avaient coutume de passer. Plus intérieurement encore se trouvait le Hiéron, dans lequel il était interdit de pénétrer ; et enfin se montrait le dernier sanctuaire, dans lequel les prêtres seuls pouvaient entrer. Tel était le temple, et devant lui se trouvait l'autel des holocaustes. Le roi Hérode n'entra jamais dans ces trois dernières enceintes, dont il était banni parce qu'il n'était pas prêtre. Mais peu lui importait, et il niit tous ses soins à construire somptueusement les portiques et l'enceinte extérieure. Tout cela (ut achevé en huit années; mais le temple pro' prement dit le fut en dix-huit mois, il fut inauguré le jour anniversaire de l'avènement d'Hérode, ce qui fut dans Jérusalem un double motif de fête. Le roi eut en outre le soin de faire creuser une voie souterraine conduisant de la tour Antonia à la porte orientale du temple, au-dessus de laquelle il se fit construire une tour qui devait lui servir de refuge, dans le cas où le peuple juif se porterait encore à quelque attentat contre son souverain, »

Josèphe ne s'est pas contenté de cette description, et, dans la Guerre des Juif s^U en a donné une seconde beaucoup plus dîétaillée [Bell. Jud,,\^ V, 1 et suiv.),et que je reproduirai également en substance. Après avoir parlé des travaux énormes qui formèrent une immense plate-forme dont le mont Moriah était le noyau, l'historien s'exprime ainsi : « Les édifices supérieurs étaient en tout point dignes de la miyesté des fondations ; en effet tous les portiques étaient doubles; ils étaieat soutenus par des colonnes hautes de vingtcinq piedsy formées d'un seul bloc de marbre blanc, sur lesquelles reposaient des lambris de cèdre. Les portiques étaient larges de trente coudées, et leur ensemble, y compris la tour Antonia, avait un développement de six stades; l'espace découvert était entièrement pavé en mosaïque formée de pierres de toute nature. Lorsque de ce parvis ainsi pavé on passait au second temple, on rencontrait un mur d'encemle de trois coudées de haut et admirablement construit. Sur ce mur d'en-

(133) Ce chiffre parait allêrét puisque le nuuibicccnt suixatitc-iieui n'est pas divisible |Kir quatre.

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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

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^'élevaient, à des intervalles égaux, mnes portant des inscriptions greclatines, rappelant la loi sur Timputous ceui qui se présentaient pour

cette enceinte, et en excluant tous li n'appartenaient pas au culte judaïsecond temple se nommait le Saint, y montait du premier par une rampe orze marches. Sa plate-forme était st entourée d*un mur particulier. La

extérieure de ce murjitait de quamdées; mais à Tintérieur elle était ;-cin(| (oudées seulement, grAce à la

de rescalicr qui conduisait sur la rme. Après les quatorze premiers de- . rencontrait un palier larse de dix

et s'étendant jusqu'au pieu du mur.

'autres rampes de cinq marches conit aux portes, qui, sur chacune des léridionale et septentrionale, étaient ire de quatre, et de deux forcément ce orientale. Voici pouruuoi : comme e, par suite d une loi religieuse, de-

mterdit aux femmes, il avait paru re d'avoir une seconde porte oppopremière. Sur chacune des deux aues, on entrait par une seule porte parvis des femmes. Il leur était déenlror par une porte autre que celles

étaient réservées, et par celles- 1<^ lies ne pouvaient s'avancer au delà ceinte qui leur était accessible. Du

lieu était ouvert non-seulement aux

habitant la Judée, mais encore à \s femmes des autres provinces et qui ntaient pour accomplir les devoii*s de )n. I^ face occidentale n'avait pas de nais présentait un mur continu. Au nmr régnaient, à Tintéricur, des porlacés devant les chambres du trésor, !nus par de grandes et magniti(|ues s; celles-ci étaient simples et ne le ; que sous le ramM)rt de la grandeur des portiques inférieurs, dix portes, neuf étaient entièrement . d'or et d'argent, aussi bien que leurs et leurs architraves. Celle qui ouvrait mple était seule en airain de Corinsurpassait de beaucoup en splendeur ui étaient recouvertes d'or et d'artux battants étaient insérés dans chate ou pylône, et chacune avait trente

de hauteur et quinze de largeur, voir franchi chacune de ces portes, rait des salles carrées de trente coucôté, construites en forme de tour,et le plus de quarante coudées. Elles ioulenues chacune par deux coloimes Hize coudées de circonférence. Toupilles étaient ésales, sauf celle qui a porte orientale, conslruite en ai- Corintbe, et qui conduisait dirfrctei parvis des femmes à la porto mOnic pie. Celle-ci était beaucoup plus

était en effet haute de cinquante ,et avait des portes liautes île quaudées ; ces portes étaient iR'aucuup lies et plus magnifiques que les au-

tres, et les plaques d'or et d'argent dont elles étaient revêtues étaient beaucoup plus épaisses. L'ornementation des neuf portes leur fut appliquée par les soins d'Alexander Alabarcna,perede Tiberius Alexander, procurateur de Judée. Quinze marches conduisaient du mur qui fermait le parvis des femmes à la porte principale; elles étaient donc moins élevées aue les cinq marches qui conduisaient à chacune des autres portos.

« Le temple m^me, c'est-è-dire le trèssaint, était placé au milieu de Tenceinte sacrée, et l'on y montait par douze degrés. Sa face antérieure présentait une largeur et une hauteur égales de itent coudées. Par derrière, cette largeur de Tédifice sacré était réduite de quarante coudées : ainsi, sur la face du monument, deux espèces d'épaules, d'un développement de vingt coudées chacune, se projetaient de chaque c6té du temple.

« La première porte, haute de soixante-dix coudées et large de vingt-cinq, n'avait pas de battants et restait entièrement ouverte, pour représenter, ainsi que le pensaient les Juifs, le ciel visible de tous côtés et ouvert partout. Tout le fh>nton de cette porte était doré, et à travers sa base on apercevait entièrement le vestibule intérieur, c^ui était très-grand. Toutes les parties qui avoismaient la porte intériaure étaient resplendissantes d'or. Comme l'intérieur de l'édiGce était coupé en deux parties, on ne voyait ouverte que la première salle, qui avait une hauteur non interrompue de quatre-vingt-dix coudées, une longueur de cinquante, et une largeur transversale do vingt seulement. J'ai déjà dit que la porte intérieure du vestibule était entièrement dorée, ainsi que toute la paroi du mur dans lequel elle était percée. Au-dessus courait une vigne d'or de laquelle pendaient des grappes de raisin de la taille d'un homme.

« Le tem|de étant, ainsi que je l'ai dit, partagé en deux vers le milieu de sa longueur, la salle la plus reculée était plus basse que celle de devant; elle avait des battants de porte d'or de cinquante-cinq coudées de hauteuret de seize coudées de largeur .Devant cette porte était $us|)endu un voile d'égale longueur, et d'étotfe babylonienne, éclatant des couleurs de l'hyacinthe, du bvssus, du safran et de la pourpre, et du tissu le plus merveilleux. » Ilans ce tissu, précieux sans doute, l'imagination des Juifs avait placé la symbolisation de toutes choses. Ainsi, pour eux, comme pour Josèphe lui-même, qui se lait probablement l'écno d'une opinion générale de ses comfwitriotes, le s^afran représentait le feu, le byssus la terre, l'hyacinthe l'air, et la pourpre la mer. « Sur ce* voile était tracée toute l'image du ciel, à l'exception des signes du zodiaque.

« Cette dernière partie du temple n'avait plus que soixante coudées de hauteur , soixante de longueur et vingt de largeur. Cos soixante coudées étaient de nouveau divisét s en deux portions. La première, qui avait quarante coudées de longueur, contenait trois objets admirables et illustres; c'étaient le candélabre, la tablo ut l'autel des |>arfums.

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Les sept lampes du candélabre signifiaient les sept planètes, et les douze pains déposés sur la table, le cercle zodiacal et les mois de l'année; Tautel des parfums, par ses treize aromates empruntés a la mer et à la terre habitée et innabitée, marquait que tout appartenait à Dieu, et devait être employé à son usage. La dernière partie du temple avait vingt coudées de longueur, et elle était séparée de la précédente par un voile. Elle ne contenait rien ; mais parce qu'elle était inaccessible et inviolable, elle s'appelait le Sain^ des saints.

« Autour des côtés du temple inférieur étaient appliquées une foule de petites chambres qui conduisaient de Tune dans l'autre, et garnies d'un triple toit; on y pénétrait par des entrées pratiquées de chaque côté de la porte du temple. La partie supérieure du temple n'avait pas de petites chambres pareilles sur ses flancs, parce qu'elle était plus étroite que la partie inférieure. Cette partie supérieure avait en effet quarante coudées de largeur de moins que l'aulre. La hauteur totale était de cent coudées, dont soixante pour le temple inféri(^ur,et quarante pour la partie supérieure, qui était rétrécie.

« L'extérieur du temple frappait autant les yeux que l'esprit. Il était en effet revêtu de tous les côtés de plaques épaisses d'or, si bien qu'au lever du soleil il semblait en feu et repoussait tous les regards, comme s'il eût été imprégné des rayons de l'astre du jour. De loin il paraissait semblable à une montagne de neige, car partout où l'or disparaissait, brillait un marbre éclatant de blancheur. Le faîte était garni de broches d'or trèsaiguës, destinées à écarter les oiseaux qui auraient pu le souiller. Quant aux blocs qui étaient entrés dans la construction, on en voyait qui avaient jusqu'à quarante-cinq coudées de longueur, cinq de hauteur et six de largeur. » Cette longueur de quarante-cinq coudées, équivalente à vingt-trois mètres six cent vingt-cinq millimètres,esl peut-être exaeérée. Rappelons^nous toutefois que la plateforme du grand temple de Bâalbek présente trois blocs bien plus étonnants encore, puisqu'ils ne cubent pas moins de cinq cent vingt-cinq mètres, tandis que ceux dont parie Josephe n'en cuberaient que cent quatrevingt-seize en nombre rond.

« L'autel placé devant le temple était haut de quinze coudées, long et large de cinquante. Ce massif carré avait aux angles des saillies semblables à des cornes, et une rampe douce y montait du côté du midi. Il n'entrait aucun ferrement dans sa construction, et jamais le fer ne l'avait touché. Enfin le temple et l'autel étaient entourés d'un cordon de pierre haut d'une coudée, et qui séparait les prêtres du peuple. »

La descnption que je viens de tirer de Josephe parle d'elle-même, et il est évident qu'à tout le moins pour les portiques oriental et méridional, 1 architecture adoptée par Ilérode était tout imprégnée des principes classi(]ues de l'architecture grecque et minainc.Lf'.s chapiteaux étaient corinthieus,dit

Josèphe, et nous allons voir que cette assertion est suffisamment exacte, si du moins nous en pouvons juger par les seuls fragments qui subsistent encore à l'extérieur du Haram-ech-Chérif, et au'ii n'est pas possible de refuser à l'époque cl'Hérode le Grand.

Le plus important de tous est la porte Dorée, porte aujourd'hui murée, et qui se voit dans la face orientale de l'enceinte. Elle se compose de deux larges piliers carrés, complètement engagés aujourd'hui dans la maçonnerie turque, et surmontés de chaoiteaux lurmés de deux rangs superposés de rcuilles d'acanthe, ou du moins d'un végétal assez semblable à l'acanthe, et dont les folioles aiguës et profondément découpées constituent un style sut generis, qui a évidemment la prétention de ressembler au corinthien^ tout en conservant son caractère propre. Le sommet du chapiteau est un peu évidé au centre, et là, il porte une saillie circulaire, copiée également des chapiteaux des pilastres corinthiens de construction gréco-romaine de cette époque.

Sur les chapiteaux repose une double archivolte surchargée d'ornements et présentant plusieurs cordons concentriques ae feuillages, d'entrelacs; et de petits modillons courant au-dessus de tous les autres. A mon retour de Jérusalem, j'avais énoncé la conviction que cette porte était d'Hérode le Grand, et je dois avouer que je n'eus pas le bonheur de la faire partager par tout le monde. On se méfiait de mes dessins,et par conséquent de mon opinion. Depuis lors les merveilleuses photographies de mon ami H. Salzmannsoot venues trancher la difficulté, et prouver que j'avais un peu moins d'imagination et un peu plus d'honnêteté que ne m'en voulaient accorder ceux qui, n'ayant jamais mis le pied hors de leur logis, ne pardonnent pas aux autres d'aller chercher, au péril de leur vie, des faits capables de déranger les théories à priori écloses au foixd de leur cabinet. Ces

r)hotographies ont amplement démontré que a porte Dorée ne peut être byzantine ; elle est donc plus ancienne. D'un autre côté, retrouver des monuments certains de l'époque d'Hérode, avec la même ornementation, sans la moindre différence, c'était trancher définitivement la question. Un autre de mes amis, voyageur plein de talent et de couras;e, M. le comte Melchior de Vogue, s'en est chargé, il a étudié et dessiné avec le plus grand soin les ruines de la Julias que le tétrarque Philippe, fils d'Hérode le Grand, construisit en I nonneur de la mère de Tibère, sur l'emplacement de Bethsaida. Or, l'ornementation de Julias est identique, dans toute la force du terme, avec l'ornementation de la porte Dorée ; les deux monuments qui l'offrent sont donc à très-peu près contemporains, et ils appartiennent incontestablement au même siècle.

Au milieu de la face sud de l'enceinte du temple se voit une moitié de la porte désignée dans la description du temple d'Hérode. Elle est coupée en deux par le mur de clôture du jardin de la mosquée d'El-Aksa. Mais ce quil

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Msibie d*eB voir est évidemment de la 9 époque que la porte Dorée, l'ornemen- I étant entièrement identique avec celle tte porte. Toutefois celle du sud présente »ractëres architectoniques quil serait liment impossible de retrouver dans un iment d'origine purement grecque ou ro- 9; ainsi l'archivolte qui forme le sommet porte est composée de deux portions de cercle, rachetant une ligne horizonlui n'est autre chose que l'arête inféi d'un cadre rectangulaire dominant et mtla baie à droite et à gauche. A queldécimètres au-dessus règne une corniche ime style et ne se rattachant k rien. Cellemonte de véritables claveaux ou voussoirs I api^reilyformant voûte au-dessus d'un mt vide et très-étroit, qui servait à donner iir dans des galeries intérieures, augoursouterraines, et placées au-dessous de )squée d'EI-Aksa. On sait que cette Aée n'est autre chose que l'église de îQcation, bAtie par l'empereur Justinien

siècle. A droite de la porte paraît un el appareil, qui semble tout k fait digne (Kle,tandis que la porte est murée en ap'

tout k fait semblable k celui dfes lies de l'église elle-même. Cette porte c été condamnée par l'ordrede Justinien. magnifiques portiques dont nous avons plus haut n'existèrent pas longtemps; issitôt après la mort dllérode, et penlue son fils et successeur Archelaus tait k Rome l'obtention de la couronne 1 père, les Juifs, soulevés par les exacdu procurateur Sabinus, se révoltèrent ) lui, mal^ la présence d'une légion e qui tenait Bamison k Jérusalem. Les ;és se retranchèrent dans les portiques, haut des toits firent beaucoup de mal Romains, sans courir eux-mêmes le Ire danger. Pour mettre fin k cet état )ses, les Romains incendièrent les por- , et de la foule des combattants qui nt postés sur les toits, il n'y en eut pas ul qui parvint k s'échapper. Josèphe /iid.,XyiI, X, 2) raconte cet événement âil : « Des matériaux incendiaires ayant cumulés par les Romains dans l'intérieur •rtioues, la flamme gaçna promptement is. Ceux-ci étaient bêtis, ainsi que nous s vu, en bois squipté, que recouvrait )up de cire, de poix et d'or étendu avec sire, de sorte âue tout ce merveilleux périt en peu d instants. » Ce désastre p!aré plus tard, mais avec une moindre uosité sans aucun doute, et nous aurons r un nouvel incendie des portiques mrs.

s avons maintenant k constater une ière infraction k la loi judaïque* comlar Hérode le Grand. On sait combien . interdit aux Juifs de représenter et isacrer des figures d'êtres vivants. Hé- 4iil.Jiid., XVII, VI, 2) ne craignit |wis "e consacrer et de placer sur la |>orto l>ale du temple un aigle d'or de srando »ion. Lorsque ce monarque fut devenu naïade |K>ur que sa ^uérisou parût im.

possible, les Juifs rigoristes commencèrent k murmurer hautement contre ce qu'ils considéraient comme un attentat. A la tête des mécontents étaient deux vénérables interprètes de la loi : Judas, fils de Sariphœus, et Mathias, fils de Hargalottus. Le bruit étant venu k se répandre qu'Hérode avait succombé k son mal, ces deux hommes, se croyant affranchis de toute crainte, excitèrent la jeunesse juive

Sar leurs discours,et osèrent abattre k coups e hache et en plein jour l'aigle consacré par leur roi. Celui-ci en fut immédiatement instruit, et il accourut k Jérusalem k la tête de troupes assez considérables pour pouvoir réprimer sûrement la sédition. Les coupables ftirent saisis et payèrent de la vie leur audacieuse tentative. Mathias ftit brûlé vif, et la nuit même de son supplice il y eut une éclipse de lune qui peut servir k en fixer la date. Tout k l'heure nous aurons k reparler de cet événement, k propos des monnaies d'Hérode le Grand.

Sous le règne d'Agrippa I" le peuple et les prêtres demandèrent que des travaux fussent entrepris pour hausser le faite du temple de vingt coudées. Agrippa s'empressa de souscrire k ce vœu et fit venir k grands frais du Liban les bois de construction nécessaires, qui devenaient par le fait des objets consacrés. Quand la guerre civile éclata, ce travail fut naturellement abandonné; el pendant les derniers jours qui précédèrent la venue de Titus devant Jérusalem, le temple fut le champ de bataille habituel où les Juifs s'entreégorgeaieni sans pitié. Un parti occupait les terrasses du temple; l'autre parti, commandé

{>ar Jean de Giscala, pour atteindre k la haueur de l'ennemi, fit, sur les ordres de son chef, des tours d'attaque avec les bois consacrés que le roi Asrippa avait accumulés dans renceinte.(l^e/(. /ud., Y, i, 50

Ce même Jean de Giscala fit pis encore, au dire de Josèphe; mais cette fois du moins il avait la nécessité absolue pour excuse. Enfermé dans le temple avec ses partisans, il résistait avec l'énergie du désespoir aux attaques des Romains ; k bout de ressources, il n'hésita pas k se servir de celles qui étaient accumulées dans le saint édifice. Les vase? nécessaires au service divin, les bassins, les tables, les coupes, tout (lit employé aux usages les plus vulgaires, jusqu'aux vases k rafraîchir le vin qir Auguste et sa femme avaient offerts au temple. Jean dissipa les hésitations de ses soldats en leur disant : Servez-vou5 sans crainte des choses qui appartiennent k Dieu, vous qui combattez pour Dieu ; nour rissez-vous de ce qui appartient au temple, vous qui défendez le temple . En conséquence, l'huile et le vin qui servaient aux holocaustes et aux libations, et oui étaient déposés dans les magasins sacrés, lurent distribués aux soldats, qui en firent usage sans horreur, s'écrie avec indignation l'historien des Juifs. {Bell. Jud,,\, XIII, 6.) J'avoue que, pour ma part,ic comprends parfaitement que des hommes do guerre réduits aux abois ne se soient fait aucun scrupule de soutenir leurs forccs,inêmo aux dépens d^ proviÂoosde l'autel.

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Le moment fatal était venu où le temple merveilleux de Jérusalem allait disparaître pour toujours.

Ce furent d'abord les poutres du portique qui au nord et à l'ouest s'appuyaient à la tour Ant()nia,qui furent brûlées et abattues par les Juifs eui-mômes. Deux jours après, les Romains réussissaient à incendier ce qui avait été épargné dans l'incendie précédent; les Juifs n'essayèrent pas d'arrêter les progrès des flammes, qui devenaient utiles à leur défense. (^eW.yud.,VI, 11,9.)

Ils firent plus encore, et se voyant trop pressés par les assiégeants, ils remplirent tout l'espace vide compris entre les poutres et les combles du portique occidental, de bois sec, de soufre et de bitume; et, comme fatigués de combattre, ils reculèrent, abandonnant aux Romains l'édifice sur lequel ceux-ci devaient trouver la mort la plus affreuse. Aussitôt des échelles furent appliquées, et les terrasses de ce portique furent envahies par les légionnaires. Parmi eux il s'en trouva qui, plus prudents gue les autres, et soupçonnant quelque piège caché sous cette retraite sans motii, restèrent au bas du portique. Quand celui-ci fut couvert de Romains, les Juifs mirent le feu partout, et en un clin d'œil des flammes dévorantes surgirent de tous les ))oints à la fois. Plus d'espoir de salut; de tous ces malheureux, les uns se jetèrent eu bas de l'édifice embrasé du coté de l'ennemi, les autres du coté de la ville, et tous ceux-là se brisèrent sur le pavé. Le reste péril étouffé par l'incendie; et parmi ces derniers beaucoup tournèrent leurs armes contre euxmêmes, pour en finir plus vite avec uneviequ'il n'était plus possible de soustraire à la fin la plus horrible. Le portique fut ainsi incendié jusqu'à la tour que Jean deGiscala avait fait construire au-dessus des portes qui conduisaient au Xystus, et le reste fut abattu par les Juifs. Le jour suivant, lesRomains dût ruisirent parle feu le portique septentrional et le

Jortique oriental, dont lepointde réunion était une immense hauteurau-dessus de la vallée du Kédron {Bell, Jud., V, ni, 1 et2;. L'attaque principale des Romains avait été portét^ sur la face orientale de l'enceinte, que f'hélépole et les béliers battirent incessamment. Pour accélérer la fin de cet horrible drame, le feu futmis par les Romains à la porte d'entrée, et les flammes, pénétrant à travers dos torrents d'argent fondu, gagnèrent le porli-

aue, qui ne tarda pas à devenir la proie des ammes. {BelL Jua., VI, iv, 2.) Toute celle journéeet la nuit suivante l'incendie fut activé par les assaillants, c]ui ne parvinrent à détruire le portique oriental que par parties.

Le lendemain, Titus se prépara à donner l'assaut. Un conseil de çuerre fut tenu pour délibérer sur le sort du temple, et malgré une vive opposition, Titus demanda qu'il fût épargné. Liternius Fronto, Tiberius Alexander et Sextus Cerealis se rangèrent de son avis, que combattirent vainement Larcius Lepidus, Titus Frugi e4 Marcus Antonius Juliafius, et il fut décidé que le temple serait res-

pecté. Mais la Providence en avait décidé autrement.

Les Juifs finirent par se retrancher dans le temple même. Dans une sortie contre les Romains qui cherchaient à éteindre Tincendie du portique, ils furent repoussés, et, sans doute par un décret d'en haut, un soldat romain, saisissant un tison embrasé, se fit soulever par un de ses compagnons, et lança le tison à travers la fenêtre d'or qui, du côté du nord, ouvrait sur les cellules construites contre les flancs du temple. En un instant l'incendie se propagea; et le jour anniversaire de la destruction du premier temple par les Babyloniens, c'est-à-dire le 15 du mois de Loiis de la deuxième année du règne de Vespasien, le temple construit par Hérode fut dévoré par les flammes. Titus, prévenu de cet accident, fit de vains efforts [>our arrêter l'élément dévastateur; ses ordres ne furent pas exécutés, ou plutôt ne purent être entendus au milieu de la fureur du combat. Les Romains brûlèrent tout ce qui restait debout, même de^ portiques, sauf deux portes, l'une à l'orient et l'autre au midi, qui furent épargnées en ce moment pour être détruites peu après. {Bell. Jud,, VI, iv et suiv.) ^ Une fois le reste de la ville entièrement soumis, Titus donna l'ordre de raser ce qui restait des muis du temple, (^e//. Jud.,.VlI, I, 1.)

Telle fut la fin du plus magnifique édiflce sacré qui ait jamais existé sous le soleil.

Hérode construisit dans Jérusalem et dans les principales villes de ses Etats de somptueux édinces, qui étaient tout à fait, par leur destination, dans le goût romain ou grec, à en juger par leur nom seul. Je veux parler, par exemple, de l'hippodrome de Jéricho et du théâtre de Jérusalem, édifices dont il est frénuemment question dans l'historien Josèpne. Voici comment celui-ci s'exprime au sujet de ces innovations {Ant. JÙd,, XV, xvui, 1) : a Hérode alla toujours s'écartaiit de plus en plus des mœurs de nos pères, et il ébranla l'antique état de choses, en adoptant les coutumes étrangères. Ainsi il arriva qu'avec le temps nous eûmes à s\\\Âv de grands malheurs, par suite de la négligence de tout ce oui entretenait la piété du peuple. D'abord il institua des jeux quinquennaux en l'honneur de César, puis il bâtit un théâtre k Jérusalem, et un très -grand amphithéâtre dans la plaine (sans doute celle du Jourdain, près de Jéricho), édifices d'une très-grande magnificence sans doute, mais dont Tusage était bien opposé aux coutumes judaïques. Des prix consistant en biges, en quadriges et en cnevaux,furent offerts aux vainqueurs, etc. Le théâtre était décoré de la manière la phis somptueuse, orné tout autour d'inscriptions rappelant les actions de César, et des tro- I)hées qu'il avait remportés sur les nattons vaincues, construits entièrement en or pur et en arsent... Les Juifs attachés è leurs anciennes lois voyaient avec un profond chagrin toutes ces innovations; mais ce qui les blessait le plus, c'étaient les trophées, qu'ils supposaient être des figures humaines re:

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