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DES ANTIQUITES BIRLIOrES.
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déjà si hautes par elles-mônies, paraissaient plus hautes encore, gràce au site qu'elles occupaient; en effet, le mur antiaue dans lequel elles étaient insérées avait été construit sur une colline élevée, qu*il dominait d*une trentaine de coudées ; de sorte que les tours placées au-dessus de cette muraille lui empruntaient beaucoup de leur air monumental. La grandeur des blocs employés n'était pas moins admirable. Ce n'étaient point en effet des pierres vulgaires, que des nommes eusaent été capables de mouvoir; c'étaient des blocs de marbre blanc, ayant chacun vingt coudée^i de longueur, dix de lareeur, et cinq ^ de hauteur. Ils étaient si habilement jointoyés, que chacune des tours semblait être un seul rocher formé par la nature, et façonné ensuite de main d'homme; tellement qu'il n'était pas possible d'apercevoir aucun joint A ces tours placées dans la partie septentrionale de la muraille, était adjacent, à rintërieur, le palais, dont la splendeur était au-dessus de toute expression. Aucun édiflce en effet ne pouvait surpasser celui-là en ma-
Snificence. Ce palais était entièrement entouré 'un mur haut de trente coudées, et sur son pourtour il était orné de tours très-ornées et équidistantes ; il renfermait des salles de festin, capables de contenir les lits de cent convives. La variété et la richesse des pierres employées k orner ces salles était impossible à decnre, car tout ce qu'il y avait de plus rare
Îr avait été mis à proiusion. Les plafonds et es lambris eux-mêmes frappaient d'admiration par la grandeur des poutres et par la splendeur de l'ornementation. Le nombre des chambres était immense, et elles étaient embellies tout autour de milliers de figures renées. Tout leur ameublement était des plus précieux, et elles étaient munies d'une multitude de vases d'or et d'argent. On voyait dans le palais plusieurs galeries circulaires concentriques, soutenues par des colonnes de matières précieuses et variées. Les espaces libres compris entre ces colonnades recourertes étaient garnis de la plus riante verdure. On y admirait un grand nombre de bosquets, coupés de nombreuses allées pour la promenade. Autour des galeries on trouvait de profonds réservoirs et des bassins remplis de fi^;ures de bronze qui versaient une eau limpide; enfin autour des bassins s'élevaient plusieurs colombiers destinés à des pigeons apprivoisés. Tous ces somptueux édiuces ne lurent pas détruits par les Romains, mais bien par l'incendie qu'allumèrent les Juifs eux-mêmes, dès les débuts de la guerre ci- Tîle ; ce fut la tour Antonia qui fut la première dévorée par les flammes, et ces flammes parricides anéantirent ensuite le palais, en détruisant les toits des trois tours voisines. » On me saura gré, j'espère, d'avoir reproduit à peu près textuellement ce précieux passage de l'nistorien Joscphe. Nous y trouvons en effet de très-curieux détails sur une ornementation qui était criminelle aux yeux des Juifs fanatiques, et qui dut attirer sur le palais la même proscription qui plus tard frappa le palais que le tétrarque Ilérocie
s'était fait bfltir h Tibériade ; nous y trouvons encore un renseignement bien plus intéressant, puisqu'il nous prouve que le palais d'Hérode occupait exactement la même place
Sue la citadelle de Jérusalem. Nous pouvons onc admettre, avec toute apparence de raison, que depuis David jusqu'à nos jours, cette même place a été occupée par tous les dominateurs de la ville sainte.
A nérode le Grand succéda son fils Archélaiis, avec le titre d'elhnarque. Après le renversement d'Archélaiis, la Judée fut réduite en province romaine ; Agrif^pa I", par la faveur de Caligula, dont il était l'ami, reçut le titre de roi des Juifs. Ce prince ne fut autorisé à résider dans ses Etats que la sixième année qui suivit son élévation à la diçnîté royale. Arrivé à Jérusalem, il entrepnt de construire une nouvelle enceinte, qui fût assez développée pour comprendre les larges faubourgs élevés en dehors des murailles antiques de la ville. Josèphe nous donne une description fort exacte du tracé de cette enceinte, qui n'exista guère qu'en projet, et dont la construction fut arrêtée par des ordres venus de Rome. Dans cette description, Josèphe mentionne la tour Pséphina, qui était placée à l'angle nord-ouest, et dont il ne dit que quelques mots. {Beii. Jud. , V, IV, 3.j Elle était haute de soixantedix coudées, et du sommet on pouvait, au soleil levant, apercevoir l'Arabie, aussi bien que le rivage de la Méditerranée ; enfin elle était octogone.
C'est ici le heu de parler du tombeau d'Hélène, reine d'Adiabene, et de son fils Izates. Tous les deux avaient embrassé le culte judaïque, et tous deux furent enterrés à Jérusalem, par les soins de Monobaze, frère et successeur d'Izates. Josèphe nous apprend que ces deux personnages royaux furent enterrés à Jérusalem, suivant leur volonté expresse. Leurs corps y furent donc apportés et déposés dans le sépulcre qu'Hélène avait fait construire de son vivant, et qui était surmonté de trois pyramides, et placé à trois stades de la v\\]e,{Ant. Jud., XX, v, 3.)
Le même historien parle plusieurs autres fois de ce monument funéraire, et les indications qu'il donne sont assez précises pour que le docteur Schultz ait pu très-aisément le retrouver. J'ai moi-même vérifié l'exactitude du plan du savant prussien, et j'ai rencontré, à la place même qu'ils devaient occuper, les deux caveaux funèbres et les bases de trois pyramides. Il n'est donc pas permis de conserver des doutes sur l'identité des ruines en question et du tombeau de la reine d'Adiabene.— Voy. Jérusalem ^Nécropole de) .
Nous trouvons dans Pausaniasun récit fort étrange,et malheureusement fortfantastisque, qui concerne le tombeau d'Hélène. Yoin ce passage, dont il n'est pas possible de tirer
[)arti {Arcad., lib. vni, c. 16): « On voit dans e pays des Hébreux, à Jérusalem, ville que l'empereur Adrien a détruite de fond en comble, le tombeau d'Hélène, /emme du fiayj ; i4 est tout en marbre ; on y a pratique aussi une porte en marbre, qui s'ouvre tous les
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ans, à pareil jour et à pareille heure ; elle s'ouvre par l'efifel seul aun mécanisme, et après êlre resiée peu de temps ouverte, elle se referme ; dans tout autre temps, vous tenteriez vainement de l'ouvrir, et vous la briseriez plutôt.»
Evidemment ce récit n'a aucune valeur historique ; il nous apprend seulement qu'après le sac de Jérusalem par Adrien, le tombeau d'Hélène existait encore, et n'avait pas été violé. Probablement, du reste, Pausanias avait entendu parler des tombeaux illustres de Jérusalem, et voulant enregistrer ses souvenirs, il aura appliqué au tombeau d'Hélène ce qu'on lui avait raconté de l'admirable construction et de l'ingénieuse clôture du tombeau des rois. — Voy. Tombeau des rois