‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 137 sur 181 · IM JUDA · texte numérisé non relu

IM JUDA

PROBATIQUE (Piscine). — Voy, Paralipo- BiCNEs. Rois (Art judaïque).

l^ROPHÈTES. — Art hébraïque, selon les Livres des Prophètes et après le retour de la captivité.

Le Cantique dks c.vxTtQrEs : Détails de loilelie, d*aiiiful»ltMiiciil. — La lour de David. — Osée: Fabiicaiioii des idoles. Vente à faux poids. — Ahos . Les iilûies. Luxe des Israélites avant la ruine de Samaric. I^s étoffes de Damas. Les palais d^ivoire. Les funérailles des llébienx. lieconstruction du temple annoncée. — Isaïe : Sur les fabricants d*idoles. Innnence des idées ptiéniciennes sur le culte judaïque. Les bijtiux et cboses de luxe. Usage du peson et de la balano*. — Jérémie : Parure et babillement des idoles. Le sicU, |>oids. Le papyrus. Siirl des restes du temple.— ËzÉCHiEL : Idt^ies adorées par les Juifs pendant la caplivilé de Joukin. (Chérubins à six ailes. Bas-reliefs et sc>iptures peintes des (Jialdéens. Influence de l'art égyptien. — Michée : Contre les balances trompeuses. — E>dras : Les vases du temple resiitués. DénombnMnent des Juifs rentrant en Judée. Reconstruction du t'Uiple. Entraves apportées à sa restauration p:ir les Samaritains. Dénonciation de Tatnai. Le àiémorial de Cyrus. — AGGÉE (Haggaï) : Le temple de Zoro- Label. — Méuéhie : Il obtient d*Ataxerxès la permission de rebâtir Jérusalem. La muraille d*enceinte rétablie. Eliasib et Sanaballèle. Le temple de Zorobabel d'après Josépbe.

Le plus ancien des textes bibliques, pris en dehors du Pentateuque , du Livre des Rois et Ge celui des Clironiques, est, sans contredit, ]e Cantique des cantiques. 11 paraît bien certain que cette charmante poésie est due au roi SaJomon lui-môme. Par conséquent, nous devons faire remonter au moins à la date de ce I èijne les faits se rattachant à l'art judaïque et dont nous trouverons la mention dans le Canlic^ue des cantiques.

Voici d'abord quelques détails de toilette, et que nous extrayons du chapitre 1" :— 9. Tes joues sont belles dans les rangées [de perles)^ ton cou (est Inau) dans les colliers. —10, Nous te ferons des colliers d'or, entremêlés de perles d'argent.

Ces deuj versets parlent d'eux-m^mes : ils nous apprennent très-explicitement qu'à Tép(k{ue de Salomon, les femmes disposaient le Jonjç de leurs joues des rangs de perles et de pierres fines, qui, passant par-dessous le njen-

ton, encaaraient la figure. Quant aux colliers, il résulte de l'un de ces versets , que les plus élégants étaient composés de pênes d'or entremêlées de perles (l'argent. .

Le verset 16 du môme chapitre est ainsi conçu : Les poutres de notre maison sont de cèdre, nos lambris sont de cyprès. II est difficile de ne pas rapprocher ces détails de ceux tirés de la sainte Ecriture, qui concerneii» le palais de Salomon connu sous le nom de forêt du Liban.

Voici maintenant de curieux détails d'ameublement (ra) : — 9 Leroi Salomon s'est fait faire un lit de parade en bois du Lt6an.-— 10, Il ena fait les colonnes d'argent, son cous* sin est ior et son siège de pourpre. U s'agit évidemment d'un lit à baldaquin, soutenu par des colonnes d'argent. Quant au coussin, qui est d'or, s'il s'agit d'un vrai coussin , il était en drap d'or; car il n'est pas possible de su* poser qu'un coussin semblable aux nôtres et destiné à supporter la tôle , ait pu ôtre en métal. Peut-être bien s'agit-il ici de ces coîliers égyptiens en forme de croissant, suppo^ tés sur un pied, et qui étaient en bois, en ivoire ou même en métal. S'il en est ainsi , il est tout naturel que ce prétendu coussin ait été en or massif J'avoue que ie penche fort pour cette interprétation, je dois dire néanmoins que le motemplojré dans le texte est ropdah, et gue ce mot signifie, au propre, cfçue Von étend, de rafada , stravit. Ceci ne peut guère s'appliquer, j'en conviens, aux oreillers égj'ptiens dont j'ai parlé tout à l'heure. Quant au mot que je rends par siège, c'est le mot marA:a6,qui signifie une selle, mieux euc»> re qu'un siège [derakaba, montera cheval). Eu résumé , on voit qu'il n'est pas facile de se rendre rigoureusement ccrtnpte de ce passage.

Je ne quitterai pas le Cantique des cantiques sans rapporter le verset 4 du quatrième chapitre. Il est ainsi conçu: Ton cou est comme la tour de David, bâtie pour être un arsenal ; mille boucliers y sont suspendus i^avec) tous les carquois des braves. S'agtt-il ici de la tour de David , qui se voit encore i Jénisalem? Je n'en doute pas un seul instant. Cette tour faisait partie de la forteresse du Aïr-Daoud, ou cité de David proprement dite; certes, un arsenal ne pouvait être placé mieux que là. Mais, me dira-t-on, pourcoii>parer le cou d'une femme à une tour, il ne ftut pas que celte tour soit carrée comme la tour de David. J'en demeure d'accord. Toutefois, si l'on veut bien se rappeler que toute la portion primitive, qui subsiste aujourd'hui, est entièrement massive et sans aucun vide intérieur, on admettra, je l'espère, qu'il est fort possible que la véritable tour de David , servant d'arsenal, ait été ronde et supportée par la base solide et cubioue que nou^ voyons encore aujourd'hui. Otioi qu'il en soit, la tour de David, ainsi nommée aujourd'hui, est incontestablement de Tépoque do David, et la constance de fa traditioni(|UÎ hn a appliqué son nom est bien fisiite pour nous inspirer une pleine confiance.

Passons maintenant au déoouiltenaent des

PRO DES ANTIQUITES BIBLIQUES

feéties : à chaque instant , ces textes insannoncent les calamités que l'idolfltrie, braëi et Juda se sont rendus coupables, «entôt attirer sur ces deux nations. Je numérer tous les passages qui concerta fabrication des icioles, et il me suflira, se , de les citer , tout commentaire det inutile devant la clarté de ces pas-

PRO

(xLiv) : —1 2. Louvrier en fer fait une hache, fait agir le soufflet, et forme (/ idole) à coups de marteau ; %l v travaille de toute la force de son bras,,. — 13. Le charpentier tire le cordeau, trace avec le burin, la travaille avec le rabot , et Vindique avec le compas, et lui fait une figure d'homme, une magnifique statue humaine pour habiter une maison. — 14. il coupe les cèdres, il prend le tirzah (chêne rouvre\ et le chêne, il choisit parmi les arbres de la forêt, il plante le pin que la pluie fait pousser. — 15. Ces arbres servent a V homme, pour brûler, il en prend, il se chauffe: il allume le four et euit du pain; il en fait aussi des dieux auiladore^ et i/ en fait une sculpture devant laquelle il se prosterne.

(XLVi) : —6. Ils prodiguent Vor de la bourse, pèsent Vargent par le moyen du trébuchet, gagnent un orfèvre pour qu il en fasse un dieu, s'inclinent et se prosternent :

Voici maintenant ce que nous trouvons dans Jérémie, relativement aux idoles '

(x) : — 3. Car les maximes des peuples sont vanité : certes [Vidole) est du bois qu'on acoupé dans la forêt, que le charpentier a travaillé avec son rabot, œuvre des mains de V artisan faite avec la cognée. — 4. Il l embellit de lames émargent et d'or, de clous qu'il fixe avec des marteaux, pour qu'elles ne bronchent pas. — 5. [Ces statues) sont là, élancées comme un tronc de palmier, mais elles ne parlent pas ; t7 faut qu on les porte , car elles ne sauraient marcher. — 9. De Vargent aplati apporté de Taréhieh, de Vor dOuphax, ouvrage d'artiste et des mains de V orfèvre ; leur vêtement est de laine bleue et de pourpre, tout ouvrage d'habiles ouvriers.

U est impossible de trouver sur Tidolâlrie invétérée des Juifs des détails plus curieux que ceux que nous fournissent les prophéties d'Ezéchiel. Je vais rapporter textuellement tous les passages importants de ces prophéties, c'est-è-dire ceux qui concernent le culte des idoles adorées par les Juifs restés à Jérusalem pendant la captivité du roi Joakim. Dans la sixième année, à partir de la captivité de Joakim » le prophète Êzéchiel est transporté en songe dans le temple de Jérusalem, et il décrit ainsi quelques-uns des détails de sa vision :

(Chap. vni) : — 3.... A Ventrée de la porte intérieure, dirigée vers le nord, où se trouvait la statue de la Jalousie (125). — ^. Et il me dit: Fils de Vhomme, voici ce qu'ils font, les grandes abominations que fait la maison d'Israël ici, pour que je m éloigne de dessus mon sanctuaire... —9. Et il me dit: Entre et vois les méchantes abominations j7tf*«'*A>**' *^** "^ 10. J'entrai et je vis, et voici : Toutes images de reptiles, de bêtes abhorrées, et toutes idoles de la maison d'Israël, gravées eur le mur tout autour. — H. Et soixante-dix hommes des anciens de la maison d' Israël, et Idazaniahou, fils de Schaphane, debotU parmi eux, se tenaient devant eux. chacun son encensoir en main, et un épais nuage d'encens

\ (Mt a prophéiisé sou* les rois Oiîas, Joa- (125) Probablement pour : qui exciu la jalousie. UbaseiLzcchias.

DiCnONN. DES ANTiQurrfa bibuqubs. *^

is lisons dans Osée (124), qui menace (vu)-

Oe leur arqent et de leur or, ils se font dotes : qu ils soient exterminés : — 'ejette ton veau, Samarie... — 6. Car il mt d'Israël: un ciseleur Va fabriqué:

$t pas un dieu ; le veau de Samarie sera % pièces. — U. Car Ephralm a multiplié tels pourpéchef: les autels ont été pour sujet dépêché.

s foin , le prophète revient à la charge iprime ainsi :

; — 1 . Israël est uneviqne dépouillée, dont Itlui ressemble ; aïoii nomoretu: que fu- \es fruits, oumi nombreux les autels a élevés) ; plus son pays était prospère, étaient les autels. — 5. Les haoitants àe rie tremblent devant les veaux de Beth- [Beit-El): le peuple en est en deuil: les s, qui s'enréjouissaient , {sont en deuil) te de sa gloire, qui s'est éloignée. — l {le veau) est conduit à Assour: en préli roiJareb, etc.— 8. Les bamout (hautsd'Aoun. péché d'Israël, sont dévastés:

nces et les épines monteront sur leurs

passage d'Amos parle des mêmes autels ; ci (ni) : — 14. Au jour où je visiterai raël ses péchés, je frapperai sur les aui Beit-El : les cornes de lautel seront les et tomberont par terre, e (n-, 20) prophétise aussi contre l'idodu peuple de Juda : En ce jour, Vhomttera atuû taupes et atàx chauves-souris Ues d'argent et les idoles d'or qu'il s'était

pour les adorer. Plus loin (xth, 8) il core : // ne regarde plus sur les autels, ge de ses mains ; t7 n'est plus attentif à

ses doigts ont fabriqué, les aserim et nmonim. Le même prophète nous fourcore de très-curieux détails d'art dans ssages suivants (xxx, 22) : Votu profa- Vargent qui couvre vos idoles et les vêts a or de vos statues : vous les rejetteifime tiiif impureté : Dehors, lui airez-

I : — 19. L'artiste fond Vidole, V orfèvre rre d'or et y soude des chaînes d'argent. Celui qui est pauvre en don choisit un tcorruptible, se procure un artiste hor our fabriquer une image qui ne chan-

ms.

i):— 7.1« charpentier fortifie V orfèvre, qui plane avec le tnarteau, celui qui 9 sur V enclume ; t7 dit : La soudure est ; fixe {l'idole) par des clous, pour quelle mcelle pas.

PHO

PRO

iéUmU.^ fï. Et il me dit : Aû-iuvu, fils de l homme, ce que les anciens d'hraël font dan^ Vobscutité^ chacun dans ses chambres aux images^ Car ils disent : Jéhovah ne nous voit "pas, Jéhovah abandonne ce pays. — 14.7/ me fit entrer dans Ventrée de la porte de la maison de Jéhovah qui était au nord, et voici là des femmes assises, pleurant le Tamouz ( 126 ). — 16. Il me fit entrer dans la cour intérieure de la maison de Jéhovah, entre la

? galerie et f autel. Environ vingt-cinq hommes e dos contre le temple de Jéhovah et la face à Varient, sHnclinèrent vers Varient, devant le soleil, '

On voit que le culte des Juifs était devenu un mélange du culte égyptien et du culte phénicien, lorsqu'arriva lacnute du royaume de Juda et la destruction du temple que l'i- •dolâtrie avait profané.

Voici une bien curieuse preuve de Tinfluence que les idées phéniciennes avaient exercée sur les formes du culte j udaïque adoptées par les prophètes eux-mêmes. Nous lisons dans Isaie :

fChap. VI ) : — l. Dans Vannée de la mort d*àuziah,je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les extrémités de ses vêtements remplissaient le temple. — 2. Des séra- .phins étaient placés au-dessus de lui ; chacun d'entre eux avait six ailes : avec deux il cachait son visage, avec deux il cachait ses pieds, etavec ueux il volait.

Que Ton prenne maintenant les monnaies archaïques de cuivre de Byblos, et certaines monnaies plus récentes de Malte, e\ Ton y trouvera l'exacte représentation de ces chérubins à six ailes, que très-certainement les Juifs avaient empruntés à leurs puissants voisins.

Nous pouvons aujourd'hui juger deVadmi^ rabie précision avec laquelle le prophète Ezécbiel décrivait ce qu*il avait devant les yeux, par la description qu'il nous a laissée de basreliefs assvnens ;^ussi ne puis-je résister au plaisir de donner ici le .passage éminemment curieux aui concerne les sculptures peintes des Chaldéens.

(Chap. xxui) : — 14. £lle ajouta à ses dérèglements, et quand elle vit des hommes peints sur les murs, des images des Casdim ( Chaldéens) peintes en rouge, — 15. Revêtus de baudriers sur les reins, avec des turbans teints, flottant sur la tête, avant tous V aspect de chefs, Vair des fils de Babel des Casdim^ leur pays natale — 16. Elle dessécha d'amour pour eux au coup d'œil, et elle envoya des messagers vers eux enChaldée ; — 17. et les fils de Babel venaient vers elle.

Chacun peut aujourd'hui s'édifier sur l'exactitude de cette description du prophète, en visitant au Louvre les admirables fragments exhumés des ruines de Ninive.

Voilà, pour ce oui concerne les idoles adorées par les Israélites et par les Juifs, des passages précieux oui nous fournissent une ample moisson de détails techniques. Hâtonsnous de dire qu'il n'est pas possible que tous

ces objets d'un Culte criminel aieiit péri sans exception. Vienne le jour où il sera possible de faire des fouilles à Samarie et à Jénisalem, -et incontestablement ces fouilles produirotift des objets du plus haut intérêt pour nosmusées et pour l'histoire de l'art.

Rappelons maintenant quelques curieux détails sur le luxe des Israélites, avant la ruine de Samarie. Ces détails sont tirés des prophéties d'Amos :

(Chap. m) : — 12. Ainsidit Jéhovah : Comme le berger n'arrache de la gueule du lion qui deux membres ou le cartilage de roretlU^ ainsi seront sauvés les enfants d* Israël qui reposent à Schomron ( Samarie ),jur t angle du divan et sur le tapis de Damas, — 15. Je détruirai la maison d'hiver avec la maison d'été ; les palais d'ivoire crouleront, et Us maisons des grands dii^paraUront^ dit Jéhovah.

(Chap. vi) : — 4. Couchés surdeslits d'Ionie, étendus sur vos cottches.,. — 5. Qui, pr^ndantsur le nabel, s'imaginent être comme David avec Vinstrument de musique, — 6. Buvant le vin dans de larges coupes^ s'oignaiu de la meilleure huile, etc. — 7. Que maintenant ils aillent en exil à la tête des exilés. L'orgie des voluptueux disparaîtra.,. — 10. QMand un parent ou un brûleur (meiraf) emportera le mort pour faire sortir de la humson les ossements, et qu'il dira à celui quitst à V extrémité de la maison : Y a^t-il encart quelqu'un avec toi î celui-là dira : Per* sonne.

n serait inutile défaire suivre ces différents passages d'amples commentaires; ils s'expliquent eux-mêmes. Je me bornerai à faire remarquer que la place d'honneur est encore aujourd'hui, en Orient, l'angle du divan.

Le même verset nous apprend que les riches étoffes de Damas ont joui d'une grande faveur dès (es temps les plus reculas. 0 paraît que les grands du ro^vaume d'Israël avaient des résidences d'hiver et des résidences d'été. Leurs palais d'ivoire ne pouvaient être évidemment ainsi nommés» que parce que leurs lambris étaient ou plaqués, ou marquetés d'ivoire. Le prophète mentionne également des lits d'ivoire, et nous en devons conclure que cette matière précieuse étaK d'un emploi très-répandu parmi les puissants d'Israël.

Le verset 10 du chapitre vi est extrèmemeol précieux, en ce quïl nous donne quelques détails, implicites il est vrai, sur là funérailles des Hébreux à cette époque reculée qui précéda de très-peu d'années la chute de Samirie. Il est très-curieux de voir un mejra^qui est et ne peut être qu'un brûleur (de saraf, brûler), emporter le corps mort dont la présence souille et rend impure une maison. Quelles étaient les fonctions de ce personnage! Brûlait-il le corps lui-même, ou seulement des aromates et des parfums autour du corps? J'avoue que je n'en sais absolument rien, l'Ëcriture sainte ne disant rien de positif sur ce point. 11 est bien question dubûcheff

(ii6)Paut*élre Adonis.

ess

PRO

DES ANTIQUITES BIBLÎQDES.

PRO

■lèiDe pour les lunérailles du roi de Juda âss9 ( // Ckron. xvi, 14 ); mais là encore rien ne proure qu'il s'agisse de la combustion du mort iui-ioéme. Je laisse à de plus habiles le soin de décider si, à une époque quelconque, les Juifs ont eu l'habitude de brûler leurs morts.

Le Hiie des habitants de Jérusalem n'était pas moins grand que celui des Israélites, si nous en jugeonspane passage suivant du pro-

Shète Isaïe^ proférant des menaces contre les Iles de Sion.

(Cbap.m) : -^ 18. En ce jour ^ le Seigneur étêraie luxe de$ brodequins^ des filets et des croi9Mfii«, — 19. les boucles d'oreilles^ les krmeekts et les voiles^ —20. /et diadimes^ les ekatnes et les ngrafesy Us fichus et les talis^ mmnSf -^ 21 . les bagues et les anneaux du neB^ — 22. les habits de féte^ les tuniques, Us manêtauxtt tes sacs.-- 23. les miroirs et h9 chemises fines, les turbans et les mantilles. -* 24. Il y aura, au lieu d*ar ornâtes^ une émanation putride; au lieu de ceinture, une corde; mm Ueu de coiffure travaillée en ftr, une calviiie ; au lieu ae mante, une enveloppe de sac; «NM ptote cicatrisée au lieu de beauté.

U est bien clair que la confection de tous les bçoui et de toutes les étoffes précieuses mentionnées dans ce passage implique un •rt issez avancé. Cet art, apporté d'Egypte ptr les Hébreux et cultivé par ceux-ci penmnt quelques siècles, avait dâ nécessairement se développer et faire des progrès, en 90 modifiant suivant le caractère de la race sémitique qui l'exerçait. Au reste, ce qui prouve encore que, pour la confection des riches étoffes, l'art égyptien avait exercé une grande influence, même parmi les Phéniciens, c'est le passage suivant que nous trouvons dans Ezéchieiy et qui concerne les vaisseaux de Tyr :

^ (Cbap. XX vn) : — 7. Tes voiles étaient de fin Hm avec des broderies d'Egypte ; elles te ser- 9iront de pavillon ; tes couvertures étaient et hyacinthe etdepourpre des ilesd'Eliseha.

Nous trouvons dans Jéréroie la preuve que la poterie vulgaire était fabriquée a l'aide du four à potier. Il suffira encore de reproduire tans commentaire le passage qui nous apprend ce fait ; le voici :

(Cbap. xvin) : — 3. Je descendis dans la mojf 0» d'un potier, et voici qu'il faisait son msvragesur son tour. — 4. Lf vase qu'il Axt- $ait se rompit, comme il en est de l'argile aans la main d'un potier ; il se remit à faire un autre vase, comme il convenait au potier de le faire.

Une question très-curieuse est celle que présente l'existence d*uue véritable monnaie eourante pendant toute la durée du royaume de Juda. La Genèse elle-même parle de sicles d'argent, à propos d'Abraham achetant le champ et la caverne de Macfelah, pour y donner la sépulture è Sarah ; vingt autres fMissages, inutiles à citer, offrent des mentions analogues. En faut-il conclure que le sicle était une véritable monnaie 7 Pas le moins du monde : le motsicle n'est que le mut d*une unité de poids, devenu beaucoup plus tard

celui d'une monnaie effective, et formé directement du radical sakala, qui signifie peser, libravit, ponderavit; les sicles d'Abraham étaient donc des fragments ou de petits lingots d*argent ajustés è un poids donné, qui n'était que celui deTunité appelée sicle; les exemples fourmillent de poids énumérés en sicles dans les textes bibliques. Nous allons voir quelques passages extraits des prophètes cmi nous prouveront irréfragablement que les achats même les plus infimes, tels que celui du pain, se faisaient en pesant le métal précieux offert en échange. Ceci avait lieu dans les dernières années de l'existence de Jérusalem comme capitale du royaume de Juda ; l'usage du peson et de la balance devait donc être universel , mais, il faut le dire, la pratique de la vente à faux poids parait n'avoir été pas moins universelle. Voici ces passages :

Osée XII, 7 : — if Kénâanéen a en main des balances tromjoeuses,

Isaie XL, Iz : — Qui a pesé les montagnes avec un trébuchet , et les collines dans des balances ?

(Cbap. XLvi) : — 6. Ils prodiguent l'or de la bourse, pèsent l'argent par le moyen du trébuchet, gagnent un orfèvre pour qu'il en fasse un dieu, s'inclinent et se prosternent.

(Chap. Lv) : — 1. Eh bien ! que toute personne altérée aille vers l'eau ; qui n'a pas d*argent vienne, achète et mange ; venez, achetez sans argent, sans donner le prix ( prenez) du vin et du lait. — 2. Pourquoi pesezvous l'argent pour ce qui nest pas du pain ?

Jérémie xxxu, 9: — j achetai de Hanaméel, fils de mon oncle, le champ qui est à Anathoth. et^ je lui pesai l'argent, dix-sept chekalim d'ar^en^. — 10. Je l'inscrivis dans un acte, je le signai et y fis signer des témoins, et je pesai l'argent dans une balance.

Micah (Michée) vi, 11 : — Justifier ai-je des balances impies et des poids trompeurs qui sont dans le sac ?

Nous venons de voir, dans le verset 10 du chapitre xxxu de Jérémie, la mention d'un acte signé par celui qui le passe, et signé des témoins qui ont assisté h sa conclusion. Nous allons apprendre maintenant comment se conservaient les titres de ce genre.

Jérémie xxxii, 14 : — >ltnjî dit Jéhovah Sabaouth, Dieu d'Israël : Prends ces lettres, cette lettre d'acquisition, celle qui est cachetée et celle-ci qui est ouverte^ et mets-les dans un vase de terre, afin qu'elles se conservent longtemps.

N'est-il pas curieux de trouver dans ce

I)assage biblique Thistoire pure et simple de a découverte faite à Memphis, il y a guel- Jues années, de tous les papyrus judiciaires émotiquesetgrecsdu temps des Ptolémées, dont se sont enrichis les divers musées de l'Europe ? Tous ces papyrus contenaient les archives d'une famille qui, pour conserver ces lettres, fit ce que dit le prophète et les enferma dans un vase de terre qui est resté intact pendant vingt siècles.

Nous allons mentionner quelques nas.sages des prophéties antérieures a la cnuto

Page 1