HOI
i)lCTîONNAmE
fort développé h celte époque si reculée. |l053à 1020 avant J.-C]
Je ne connais que ce seul monument antique que nous puissions, avec une certitude à Êëu près entière, taire remonter au règne de «avid.
. Passons donc maintenant au règne de Salomon, qui occupa le trône de 1020 à 980 avant Jésus-Christ.
Salomon venait de succéder à son père.
Le premier acte de sa politique fut d^epouser la fille du Pharaon qui occupait alors le trône d*Egypte : cette alliance lui assurait la paix avec ses puissants voisins du sud, en même temps ciue la coopération de tous les artistes égyptiens dont il pourrait avoir besoin pour la construction du temple de Jehovah.
Outre les projets dont son père lui avait confié l'exécution, Salomon avait encore décidé qu'il ferait bfttir un palais somptueux et digne, en quelque sorte, ce se montrer à côté du temple. Enfin, pour assurer sa capitale contre tous les événements possibles , il avait résolu de lui donner une enceinte fortifiée qui en fit une place aussi respectable que
{possible. Temple, palais et enceinte, tout cela ùt commencé et achevé par Salomon (/ Rois, III ), avec des dépenses que l'imagination la plus active a peine à se figurer. On en pourra juger tout à l'heure en lisant la description du temple.
L'arche d'alliance avait été ramenée par Da- •vid dans l'intérieur de la forteresse de Sion, suais le tabernacle était resté à Djébftoun. Faute de temple, les Israélites avaient continué à sacrifier sur les hauts-lieux , et parmi ces hauts-lieux celui de Djébàoun était le plus vénéré. Un autel d'airain avait été dressé devant la porte du Tabernacle , et Salomon luimême, suivi de touslesgrands de son royaume, vint adorer l'Eternel à Djébftoun. Dans cette circonstance, mille holocaustes furent brûlés sur l'autel d'airain. (/ Roii, m, 2 à 4; // Chron. i, 4 à 6.)
La paix dont jouissait Salomon, grâce à ses alliances, lui permit d'accrottre d'une manière incroyable la splendeur de ses trésors. Voici ce que nous lisons à ce propos (// Chron, i) : — H. Salomon rassembla des chariots et des cavaliers, et il eut qiMtorze cents chariots et douze mille cavaliers qu'il conduisit dans l'emplacement des chariots, et auprès du roi, à Jérusalem (131). — 15. Le roi rendit l'or et l'argent communs à Jérusalem comme des pierres, et les cèdres le furent comme les syco^ mores, qm sont en grande qtuintité dans la vallée. — 16. Et la provenance des chevaux qu'avait Salomon était l'Egypte ; une caravane de négociants du roi en prenait une Quantité dont ils payaient la valeur. — 11. Ils firent monter et sortir d'Egypte un attelage pour
(131) Daosie /" Utre des Rois (iv, 26), il est dit: Salomon avait quarante mille alleiages de chevaux et douze mille cavalier*. Biais il y a là évidemment une incorrection due à la famé irun copiste, qui| aura écrit : arbàim, quarante, au lieu de arbàat, quatre, qu*il est naturel d'y subililuer, puisqu'il &e trouve
six cents sicles d'argent r et un cheval pour cent cinquante: et on en tirait ainsi^ mt leur entremise, pour tous les rois des Khetim et pour tous les rois d'Aram.
Ce dernier versel contient implicitement un fait assez intéressant. Les chars de Salomon étaient des quadriges , c*est-à^di)re attelés de quatre chevaux de front, puisqu'un seul cheval coûtant cent cinquante sicles , un attelas» complet en coûtait six cents. II en résulte, de plus, que le commerce des chevaux était d^à pratiqué par les Juifs, qui allaient en acheter en Egypte pour les revendre aux Khetim et aux Araméens. Ces Khetim sont, à n*en pas douter, les éternels ennemis des Egyptiens, si souvent mentionnés dans les textes oistori*
Îues du temps des Ramsès , sous le nom de :heta.
Enfin Salomon pensa à bfttir une maison pour le nom de Jehovah (// Chron. n, 1), ainsi qu'il en avait reçu Tordre de son père. 11 fallait, pour exécuter ce dessein » i)ren(ire les dernières dispositions , et il les prit de la manière suivante : Hiram, roi de Sour (Tyr), qui était resté l'ami de David pendant toute la durée du règne de celui-ci , avait envoyé féliciter Salomon , lorsqu'il avait appris ou il avait reçu l'onction royale et sacrée. (/ nm, V, 1.) Salomon continua à entretenir des relations de bon voisinage avec Hiram, et lorsque le moment fut venu d'avoir recours k ce monarque, il lui adressa la demande suivante (/ Rois, y) '.—-i. Tu as connu David, mon père; tu sais qu'il n'a pu bâtir une maison au hop de l'Eternel^ son Dieu, à cause de la guerre dont (ses ennemis) font envelopoé jusqu'à ce que Dieu les eût mis sous les plantes de ses pieds (132). — 4. Et maintenant l'Etemd, mon Dieu, m'a donné du repos {tout) alentour : il n'y a plus ni obstacle , ni rencontre fâcheuse. — 5. Et voici : ie pense bâtir ww maison au nom de l'Etemel, mon Dieu^ comme f Etemel a dit à David, mon père^ savoir : Ton fils, que je mettrai à ta place sur la» trône , c'est lut qui bâtira ma maison à mon nom. — 6. Commande maintenant qu'on ampe des cèdres du Ubnoun [Liban) , et que met serviteurs soient avec tes serviteurs , et je te donnerai le salaire de tes serviteurs, tout comme tu diras; car tu sais qu'il n'y a parmi nous personne qui s'entende à travailler le bois comme les Sidonim (Stdoniefia). — 7. Lorsque Hiram entendit les paroles de SaUmon , il se réjouit beaucoup et dit : Béni soit aujourd'hui l'Eternel, qui a donné à David un fils sage, sur ce grand peuple. — 8. Hiram envoya à Salomon, disant : Tai entendu ce que tu m'as envoyé {dire) ; ie ferai selon twt ton désir, au sujet du bo^s ae cèdre et du bois de cyprès. — 9. Mes serviteurs les descendront du Liban à la mer, et moi je les ferai disposer en radeaux sur la mer, jusqu'à V endroit que tu me désigneras ; je les ferai délier là ^ et tu
dans le verset correspondant des Chroniques.
(132) Celte expression poétique se retrouve ideo* tiqiiement employée dans-one roule de teites hiéroglyphiques, et il n*e5t pas sans itnportaoce défaite renia muer ici cet indice de rmfluence égyptiemit s*éteiiitant jusque sur la littérature judaïque.
hoi
LES ANTIQUITES BIBLIQUES.
AOI
fras emporter: ta me satisferas en fourni des vivres à ma maison. — 10. Hiram ait à Satomon du bois de cèdre et du bois ffris autant quil en voulait. — II. Et non donnait à Hiram vingt mille kor de eni pour la nourriture de sa maison , et
kor d'huile tris^pure. Salomon en don^ miant â Hiram cmque année. — 12. VEl donna la sagesse à Salomon ^ comme il ' avait promis : il y eut paix entre Hiram iamon^ et ils contractèrent une alliance Me.
récit de cette négociation est beaucoup détaillé dans les Chroniques : il est donc riant pour nous de le reproduire internent (il Chron. u) : — 3. Salomon envova Houram (133), rot de Sour, pour fui : Comme tu as agi envers David, mon
à qui tu as envoyé des cidres pour se
une maison, afin d'y demeurer^ {agis s moi). — 4. Voici que je bâtis une maiV our le nom de Jehovah, mon Dieu, pour i consacrer^ pour vaporiser devani lui apeur d*encens, pour qu'il y ait des pains ropositioH (offrande) continuellement , ^locausteê te m^atin et le soir, au Sabbat^ iéoménies {nouvelUs lunes) et aux fêtes ihovah, notre Dieu, obligation perpé^
fcur Israël. — 5. Et la maison que je (134) est grande, car notre bieu est plue l que toîu les dieux. — 6. Et i^ui a ta %nce de lui bâtir une maison^ pmsque les
et les deux des deux ne sauraient le «ïrf Et que suis-je pour lui bâtir une M» si ce n*e4t pour faire des vaporisa-' devant lui? —i. Et maintenant envoie^ n homme intelligent pour travailler Por^ nt, f airain, le fer^ la {teinture) pourpre, , cramoisie et hyacinthe , sachant ciseler selures^ avec les gens sages qui sont avec n Juda et en Jérusalem, que mon père a rés. — 8. Envoie^moi du bois de cèdre^ }rês, des aldjoumim (135) du Liban; ctw s que tes serviteurs sont experts pour ' tes bois du Liban: que mes serviteurs
les amis des tiens , — 9. pour me prépa^ \ bois en quantité, car la maison que je doit être grande et merveilleuse. — ID. f aux abatteurs et coupeurs de bois , je rai à tes serviteurs du froment trituré mille kor, et de Vorge vingt mille kor, vin vingt mille bat, et de l'huile vingt bat. — 11. Houram, roi de Sour, dit une lettre envoyée à Salomon : C'est que Jehovah aime son peuple qu'il t'a u son roi. — 12. Et Houram dit : Loué fhovah. Dieu d Israël, qui a fait le ciel terre, de ce quil a donné à David, le n fUs sage , prudent et intdligent , qui i «fie tnaison à Jehovah, et une maison son siège royal. — 13. Et maintenant voie un homme sage^ intelligent, oui a tenu à Houram, mon père. — 14. // est une des fUles de Dan, et son pire était r; il est expert à travailler Vor, Var-
) Le notn do ce roi est écrit Houram clans le
»Cbroiiii|ues.
I II parait évident. d*aprèi ce teito, i|ue les
I d« londation étaient déjà coinmciiccs, lo'b-
gent, Vairain, le fer, les pierres, le bois, la teinture pourpre et bleue, le fU de lin et le cramoisi, à inventer toute espèce d* invention oui lui sera donnée {à faire), avec tes sages et les sages de mon seigneur David, ton pire. — 15. Et maintenant, pour ce qui f^ft du froment^ de l'orge, dé Vhuile et au vin dont mon seigneur aparté, il peut l'envoyer à ses serviteurs. — le. Et nous voulons couper du Sois du Liban selon tous tes besoins, et nous te t'amènerons en radeaux sur la mer de lapho {Joppé, Jaffa) ; tu le feras ensuite monter à Jérusalem.
Cette lettre du roi de Tyr est extrêmement précieuse, en ce qu'elle nous donne la certitude oue tous les arts phéniciens furent transplantes i Jérusalem par Tartiste éminent que ce monarque voulut bien envoyer à Salomon. L'homme qui avait tous les talents qu'énumèrent ces textes sacrés devait être un artiste consommé, et il était, sans contredit, capable de fonder à Jérusalem une école dans laquelle tous les arts étrangers à la nation juive seraient bientôt développés, si le génie iudaï'que se prêtait tant soit peu à la culture ae ces arts. C est ce qui ne manqua pas d'arriver; et Salomon put bientôt compter par milliers des ouvriers habiles dans tous les genres, et sortis du sein même de son peuple.
Notons bien, en passant, cette intervention de Tart phénicien, comme nous avons dû constater, nombre de fois d^à, celle de l'art ég.vptîen. De ces deux éléments combinés devait infailliblement naître un art hjrbride
3ui n'était ni phénicien ni égyptien, mais qui evaitàla fois conserver des traces éviden-j tes de sa double parenté. Ceci posé, je le demande, si nous rencontrons des monunaents dans la structure desquels se marient d'une manière claire et précise des éléments empruntés à la fois aux Phéniciens et aux Egyptiens, devrons-nous être embarrassés pour en démêler la véritable origine? Pourrons-nous, en présence de ces monuments, rester dans l'ornière commune, où persistent à marcher les antiquaires qui aiment mieux voir des monuments d'ime véritable décadence là où tout le contraire existe, c'està-dire là où se manifestent les combinaisons sorties d'un art naissant, et qui est encore empreint des caractères essentiels des deux arts qui l'ont engendré ? Pour moi la réponse, ne saurait être douteuse.
A co qui précède aioutons la mention de l'influence propre de la loi religieuse judai-
3ue, loi qui réprouvait toute reproduction es êtres vivants sur la terre, et nous pourrons encore aflirmer à priori que, s'il exista un art judaïque, il dut, en restant semiphénicien, semi -égyptien , comporter ini genre d'ornementation spéciale, emprunté soitaurèjgne végétal, soit à la combinaison pure et simple de la ligne droite et des lignes couii)es. Ces quelques mots caractérisent tout l'art judaïque, et c'est ce que les faits qui
que relie demande fui adres<;ée k Ilirtm.
(155) Il 8*a;pl d'un bois résineux et oJoriferani, p<rul être le bois de sandal ? Le nom aléjsumim s'écrit 2n%^ïutmoHdjim,
ROI
ROI
seront bientôt énumérés démontreront, je l*espère, d'une manière positive.
Passons maintenant à la composition des ateliers qui furent institués par Salomon pour mettre en œuvre les matériaux destinés à la construction du temple. Nous lisons dans le /*' Livre des Rois (v) : 13. Le roi Salomon fit une levée de tout Israël; cette levée était de trente mille hommes, — 14. Il les envoya au Liban , dix mille chaque mois y alternativement; ils étaient un mois au Liban^ et deux mois en leur maison: Adoniram était préposé à cette levée. — Ib. Salomon eut soixante-dix mitle fforte» faix et qtmtre'Vingt mille (hommes) qui cou-
1}ai€nt te bois sur la montagne. — 16. Outre es chefs des employés de Salomon, préposés à Vouvrage, il y en avait trois mille trois cents qui commandaient au peuple occupé à Vouvrage.
Le cna pitre n du //* Livre des Chroniques s'exprime ainsi : 2. Salomon compta soixante^ dix mille portefaix et quatre-vingt mille hommes qui coupaient le bois sur la montagne, avec trots mille six cents hommes pour les surveiller (136). Ce dernier chiffre excède de Irois cents le chiffre correspondant donné dans le Livre des Rois, et sans doute il y a là» d'un côté ou de l'autre, une légère inexactitude due à une erreur de copiste. Quoi qu'il en soit, on voit qu'il ne s'agissait pas de faibles escouades de travailleurs, mais bien de masses énormes d'ouvriers qui devaient mener très-rapidement h bonne fin la gigantesque entreprise conçue par David et exécutée par Salomon.
Le /•' Livre des Rois (v) nous parle ainsi des pierres de taille qui furent préparées pour 3a maçonnerie du temple : 17. le roi ordonna d'extraire de grandes pierres, pierres rares, pour la fondation de la maison, des pierres taillées. — 18. Les maçons de Salomon et les maçons de Hiram, et ceux de Djebel (Byblos) les taillèrent, et ils préparèrent les bois et ées pierres pour bàtirla maison. Ceci revient à dire quAine véritable colonie de tailleurs de pierre phéniciens étaient venus travailler à Jérusalem, non-seulement de Tyr, mais encore de Djebel, qui était située à l'extrémité nord de la côte de Phénicie.
Nous sommes parfaitement certains de la Jate à laquelle furent commencés les travaux du temple, et voici les passages des livres saints qui établissent cette date :
Ce fut dans la quatre cent quatre-vingtième année depuis la sortie des enfants d'Israël du pays d'Egypte, dans la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, au mois de Ziou (de la splendeur ou des /leurs), qui est le deuxième, qui bâtit une maison à l'Eternel (/ Rois, VI, 1). — Salomon commença à bâtir la maison de Jehovah â Jérusalem, sur la
(136) Ces chiffres soni répétés plus has dans le passage suivant (// Chron., ii, 16 et 17) : Salomon compia tous les étrangers qui séjournaient au pays dUtraéf, après le dénombrement que ion père David avait entrepris, et il sV/i trouva cent cinquante-trois mille six cents. ^-11 en fu soixante-dix mille portefaix et quatre-vingt mille pour extraire (du ùois et
montagne de Moriah, désignée à son père David, près de V endroit destiné par David, sur Vaire d'Aman le Iébou$ien. — /( eo»mença à bâtir le second mois de la quatriitne année de son rèane (II Chron. m, 1 et 2.J
C'est donc à l'année 1016 avant Jésus-Christ que nous rapporterons la fondation du temple de Salomon, en rappelant toutefois que cette date pourrait être modifiée de deux ou trois années, en plus ou en moins, sans qu'S fût possible de la déterminer mathématiquement,
Josèphe précise cette même date de la manière suivante: « Salomon, » dil-il, « commença à bAtir le temple dans la quatrième année de son règne, dans le deuxième mois, que les Macédoniens nomment Ariemisios, et les Hébreux Lar, cinq cent quatre-vingt-douze ansaprès la sortie d'£gypte, mille vingtaprès la migration d'Abraham de la Mésopotamie au pays de KénAan, et quatorze cent quarante ans après le déluge. Depuis la création d'Adam lusqu'à la fondation du temple, il s'était écoulé trois mille cent deux années. L'année où le temple fut fondé était la onzième du règne de Hyram, roi de Tyr, et il s'était écoulé, depuis la fondation de Tyr, deux cent quarante années seulement.» (Ant.Jud.,yBi, m, 1). Je ne me charge pas de justifie? les dates rapportées ainsi par l'historien d>!s Juifs, car toutes sont très-probablement Uuàr ses, puisque la première l'est sûrement.
Avant d'entrer dans les détails qui nous permettront de reconnaître les caractères architectoniques du temple de Salomon, nous devons fixer les valeurs des mesores linéaires hébraïques, dont nous allons rencontrer perpétuellement les noms. Nous ne saurions mieux faire pour cela que d'extraire ces évaluations de l'excellent traité de métrologie ancienne et moderne publié en 1834 par M. Saigey. Nous admettrons donc, avec cet habile et savant calculateur, que les mesures égjptiennes et hébraïques étaient identiques, et que leur échelle était ainsi graduée :
Mniinéim
Le doigt (en liélireu esàda) valait Le palme de 4 doigta (thefah) L*enipan de 12 doigta {zaret) La demi-coudée royale de 14 doigts (df/a-
med) 262 5^
La coudée de 28 doigts (awak) 525 »
La coudée uaiarelle de 24 doigts 450 i
Nous pouvons maintenant aborder frao* chement la question, et apprécier toutes les dimensions qui nous sont transmises par l'Ecriture sainte et par l'historien Josèpoe. Cet intéressant problème a été d^ traité biea des fois ; mais les solutions qui en ont été
des pierres) sur la montagne ^ et trois mille sixeesis suneillants peur faire travailler te peuple. Noua ae pouvons nous dispenser de signaler en passant oeMe étrange mesure, qui de eeni einquante-irols miUfr six cents étrangers résidant dans le pays, fait d*oa seul Irait de plUme cent claquante-trais aaiHe sii cents manœuvres.
ROI
DES ANTIQUITES BIBIJQUES.
ROI
!»sonl empreintes d'une telle dose d'ima- Q, qu'il sera plus prudent de les consiomme non avenues, et de nous en tenir mt et simplement aux renseignements iiablesque nous trouvons dans le £tt?re «et dans celui des CArontoue^. Toutes que les descriptions de Josèphe seiccord avec les textes saints, nous y ( avec boiUieur une vériGcation de e rinfaillibilité de ces textes, que 3 avait entre les mains, et dont u a plement usage. Toutes les fois, au conque les récits de Josèphe nous prént de grandes discordances, nous à examiner la valeur des assertions squelles ces discordances se manifeset alors, je ne crains pas de Taffirous serons irrésistiblement conduits à er, ou bien des exagérations véritableisensées, ou bien une ignorance évite Tart du dessin» qui ne permet pas rain qui le possède ae commettre des lussi grossières que celles que nous à signaler.
re un mot : les prophéties d*Bzéchiel nent une description du temple de d ; mais il n*est pas possible aiden- 3mplétement ce temple avec celui de n. Que la disposition générale et cernesures principales soient communes IX édifices, je raccorde volontiers ; il ouvait guère être autrement, puisque isposition et ces mesures avaient été par Jehovah lui-même : mais aue les donnés par Ezéchiel puissent s adaptemple de Salomon, je le nie positi- . Au reste, la chose est toute naturelle, 3 le temple que décrit le prophète îl lui apparah dans une vision, comme »le futur qui devra être construit dans elle Jérusalem.
"este, ce qu'on va lire justifie pleino- 'opinion que je viens (remettre sur le décrit par le prophète. Voici ce que ire dans la note qm précède le chapil'Ezéchiel (traduction de Cahen, t. XI, V*) : c .... II y a dans cette descripprophète des points de ressemblance temple de Salomon ; il y a aussi pludifférences. RosenmûlleV, après avoir ^sortir ces différences, donne la liste vaux considérables laits sur ces huit es difficiles, que quelques-uns ont r des motifs peu fondés, ne pas être liel même, mais interpolés plus tard Samaritain, pour Coiire croire h la e colonie des Juifs que la construoleur temple était contraire au modèle par Tun de leurs plus anciens proct qu'il fallait l'abattre; ou par un , pour un motif que nous avouons ne iprendre. » ( Voy. Eichhorn , Iniroduc^ t Ancien Testament, t. IV, p. 250, 4' .) « Il va dans ces chapitres, » dit le ntateur hébreu (Biour) oe l'édition de 1811), « des coniusions et des contras;- la rédaction n'est pas celle de la tioudun édifice; il y a des mots dont ironnait pas la signification, et «|ui ne
se trouvent que là. Déjè Kimhi a déclaré ne rien comprendre aux mesures employées dans cette description. Il s'a^pt, dit ce commentateur, d'une construction future; ce 2ue l'homme en dit par induction n'a pas de o#e. »
On comprendra maintenant que je n'éprouve aucune répugnance à dire que les chapitres du prophète Ezéchiel sont restés, à tres-peu de chose près, lettre close pour moi. Je n'ai pu m'en servir que pour y puiser, par- inauction aussi, de simples renseignements sur certains détails que les textes primitifs ne présentent pas. Telle est, par exemple, la forme de l'autel des holocaustes, forme qui ne saurait en aucune façon se déduire des passages qui le concernent , dans le liwe des Rois et dans celui des Chroniques, tandis que le prophète Ezéchiel, nous parlant de ce même autel, lui donne les mêmes dimensions que nous trouvons assignées à celui du temple de Salomon, en y ^joutant quelques détails descriptifs, dans lesquels nous sommes tout naturellement portés h trouver le souvenir de l'autel qu'Ezéchiel avait vu réellement fonctionner à la porte du temple.
Ces réserves laites, j'entre en matière, et je commence par transcrire tout ce qui concerne les fondations du temple.
Nous lisons au P* Livre des Rois (t, 17 et 18) : Ls roi ordonna d* extraire de grandes pierres, des pierres rares , pour la fondation de la maison, des pierres taillées. — Les meh çons de Salomon, et les maçons de Biram, et ceux de Diebel les taillèrent, et ils pr/parirent les Sois et les pierres pour bâtir la maison. Dans le 7/* Ùvre des CkronUfues (m, Z), le passage correspondant ne contient
Sue le verset suivant : — Et voici la (onation que posa Salomon pour la construction de la maison de Dieu ; la longueur, d'après les coudées de f ancienne mesure, soixants coudées, et la largeur, vingt coudées.
Le premier des deux passages oue nous venons de transcrire démontre, aussi bien que le second, que Salomon ne se contenta pas d'araser le roc, et de poser dessus le temple qu'il voulait construire. II est certain qu'il y encastra la base de son édifice, poussant profondément au-dessous du sol naturel les fondations qui devaient faire corps avec le temple à construire. Devons-nous donner à ces fondations elles-mêmes les dimensions fixées dans le verset des Chroniques, ou bien C(» mesures ne sont-elles pas plutôt celles de l'édifice supérieur hii-mêroe 7 11 est, je crois, permis de le penser, en voyant que ces dimensions sont précisément celles que le livre des Hois assigne au temple proprement dit, et que de plus ces mêmes dimensions principales, s'il ne fallait voir ici gue celles du massif de fondation, ne seraient pas donn<ies dans le livre des Chroniques. Au resti*, cela est si vrai, que le verset suivant, réuni au précédent par la conjonction et, relatr immédiatement les dimcn^ons du portique antérieur ou pylône.
GOt
ROt
DKITIONNAlRfi
ROI
En résumé, sur la première question des fondations, les deux textes sacrés ne nous apprennent, en outre de Texistence de celles-ci, que ce fait, qu'elles étaient composées de dIocs énormes, de grand prix et bien taillés ; ils ne nous disent rien sur les dimensions de l'ouvrage . Voyons maintenant ce que nous a transmis Josëpbe sur le même sujet.
C'est dans le chapitre m du livre VIII des Antiauiûi judaïques que nous trouvons les détails de la construction du temple. Le paragraphe 2 contient ce qui est relatif aux fondations de l'édiflce, et voici en substance ce qui s'y lit : « Le roi (Salomon) jeta les fondations du temple jusqu'à une profondeur énorme ; ces fondations étaient composées de blocs de pierre d'une très-çrande Qureté, et capables de résister à l'action du temps. Ces blocs, en se reliant au terrain» devaient former une base suffisamment solide pour qu'elle pût supporter le poids de i'édirice extérieur, augmenté de celui de tout le S);st6me d'ornementation que le temple devait recevoir, d'après les projets de SalomOQ, poids qui égalerait au moins celui des matériaux employés à la construction même. Ces fondations, sur toute leur profondeur, furent composées de blocs de pierre blanche. Cette maçonnerie en terre avait soixante coudées de longueur, vingt de largeur, et soixante de hauteur. Au-dessus de cette masse s'élevait un autre édifice (c'était le temple) ayant précisément les mêmes dimensions, de sorte que la hauteur totale de la bfttisse était de cent vingt coudées. »
Nous allons voir que ces chiffres ne peuveftt être mis d'accord avec ceux de l'Ecrilure sainte. Mais auparavant nous devons évaluer en mesures à notre usage celles que BOUS venons de transcrire. La hauteur totale de la maçonnerie, fondation comprise, aurait été de soixante-itrois mètres ; et sa largeur de dix mètres cinauante centimètres, ce qui constitue, à ^rai dire, un édifice assez médiocre.
Comme nous sommes en mesure de démontrer que ces deux dimensions de longueur et de largeur doivent, lorsqu'il s'agit du temple, être prises dam œuvre, il est impossible d'admettre que les mesures attribuées par iosèphe au massif des fondations soient exactes. En effet, il ne viendra jamais à l'idée de personne que l'on ait bâti des murailles extrêmement épaisses en porte-à-faux au^essus d'une fondation qui avait justement la dimeosioa voulue pour être recouverte par le vide intérieur de l'édifice qu'elle devait supporter. La masse solide d'une fondation quelconque doit présenter une surface de beaucoup supérieure, cl dans tous les sens, à celles que doit occuper le plan de l'édifice au niveau du sol, si l'on veut satisfaire aux conditions élémentaires de stabilité ; telles que Josëphe nous les décrit dans ce passage, les fondations du temple de Salomon n'eussent en aucune façon consolidé un édifice qu'elles ne supportaient pas du tout.
Un autre chapitre du livre de Joscphe
parle des fondations du temple de Salomon» et celui-là ne présente plus les invrais^nblances palpables que nous venons de signaler en analysant le premier. Voyons done comment est conçu ce passage {Ani. Jud. XY» XI, 3). L'historien des Juus, racontant en détail la construction du temple bâti par Hérode le Grand, oarle des somptueux portiques dont rédince sacré fut enloure par ce monarq[ue. « Ces portiques, au nombr» de deux, dit-il, s'appuyaient contre la grande muraille, et cette muraille constituait à elle seule un des ouvrages les plus gigantesoaes dont l'homme puisse entendreparler. Une colline rocailleuse et d'accès dimcile était située dans la région orientale de la ville ; eUe allait s'aplatissant légèrement jusou'au sommet. Le roi Salomon, poussé par l'inspiration divine, entoura le sommet de cette colline d'un mur de constructicm grandiose, commençant ce travail par le bas« et à partir du pied même de la hauteur que longe au sod une vallée profonde. Il revêtit le flanc de h colline de dIocs énormes, reliés entre eox avec du plomb ; cet ouvraçe gigantesque continua de s'élever ainsi, les blocs employés remplissant à mesure tout l'espace vide, béant vers l'intérieur de l'enceinte ; si bien que l'étendue et la profondeur de cette construction, qui présentait une masse quadrangulaire, étaient également effrayantes. On pouvait juger de rimmensité des blocs mis en œuvre, a voir la surface de la construction, dont tout l'intérieur, relié par des annaturtrs de fer, constituait une masse absolument indestructible, et sur laquelle le temps ne pourrait avoir de prise.
<c Ce travail ayant été poussé jusqu'au niveau du sommet même de la colline, celui-d fut légèrement aplani ; les cavités que pré* sentait la surface comprise dans le grand mnr d'enceinte furent comolées, toutes les aspérités du roc furent rasées, de sorte que cette enceinte devint enfin une plate-forme parfaitement plane. Cette grande enceinte avait quatre stades de circuit, chacun de ses angles se trouvant compris entre deux côtés aun stade de longueur. A l'intérieur, le sommet de la colline est entouré d'une autre muraille contre laquelle s'appuie vers l'orient un double portique qui a la même longueur que la muraille elle-même, et qui fait face à l'entrée du temple bftti au milieu de cette enceinte : plusieurs de nos premiers rois enrichirent et ornèrent ce portioue. Tout autour du temple étaient attaches des trophées formés ces dépouilles des nations baroares vaincues par les Juifs. Hérode consacra tois ces trophées, en j ajoutant ceux qu'il avait rapportés de ses victoires sur les Arabes. >^ Tel est le récit de Josèphe ; comme il s'agit en réalité cette fois de constructions qu'il avait eues sans cesse sous^ les yeux, et que le temps et la rage des hommes avaient dû forcément respecter, nous examineroiis ce récit avec le plus grand soin, afin d'en tirer tout ce qui peut nous aidera discerner les magnifiques fragments de construction salomonienut\ répandus encore aujourd'hui
ROI
DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
ROI
mt
Jle retendue de l'enceinte du Haram^ ^if^ ou de la mosquée sacrée qui a 1^ place du temple de Salomon.
'abord, de ce que nous venons de dire Ite, de la manière la plus précise, l'exisd'une muraille d'enceinte bfttie par Sa-
lui-mèroe autour de la plate-forme à
naturelle, à moitié factice, en laquelle ine de Moriah avait été tran^ormée i admirable travail. Cette plate-forme toujours, et elle n'a subi aucune alté- » ainsi que Ton en peut parfaitement comme je l'ai fait moi-même, de la terhi Serai, qui est placée vers le milieu du septentrional de l'enceinte actuelle, e n'est pas la plate-forme seule qui a
aux destructions dont la ville sainte a ligée , le mur salomonien de l'enceinte ive 9 détruit en beaucoup de points, a loins présenté dans tous les autres une mené si compacte et si résistante , que
par-là on retrouve des portions de enceinte primitive , qui paraissent de uction récente, tant est merveilleuse }nservation, tant est splendide le choix atériaux qui le composent I Nous reons tout à l'heure en détail sur l'état
de cette enceinte salomonienne : il iBLut auparavant examiner le chiffre que le assigne à l'étendue de la muraille exre.
Q muraille , dit-il, formait un carré de ) stades , c'est-à-dire d'un stade ( cent i-vingts mètres) de côté . Ici nous devons iter que Josèphe , qui avait dû admirer is fois la noble structure de cette encein* n avait certainement pas mesuré rigounent les faces. Pour son souvenir, c'était «mbre rond de quatre stades , qui en (entait le circuit ; écrivant bien loin de ilem, il lui était permis de commettre reurs sur des dimensions qu'il n'avait \ mesurées, et qu'il flxait groao modo mémoire.
levé avec le plus grand soin toutes les »QS accessibles de l 'enceinte du haram^ ite qui est très-certainement identique îelle du temple de Salomon, et voici ^9 sont les dimensions que j'ai obtepar ce travail. La face orientale a un }ppement de trois cent quatre-vingts mètres, c'est-à-dire de plus de deux I, tandis que la face méridionale n'a pie deux cent vingt-cinq mètres, c'est- * un stade et un quart. Enfin , la face entale , qui n'est pas mesurable directe- , est inclinée sur la face orientale , de Coiçon que la face nord soit plus grande ilace sud, d'une nuantité notable, ici maintenant 1 énumération des por-
salomonienncs existant encore aigour-
dans la vaste muraille de clôture du n.
ngle nord-est est très-bien conservé, et imorce de la muraille, faisant face au , se prolonge de l'est à l'ouest , en se Il à la fortific^ion moderne. Cet angle XHive à trente et un mètres cinquante mètres eu arrièrv de la baie du Bab-
Setty-Marjam , que les Chrétiens appellent porte de Saint-Etienne ; à cet an^le même , et sur la face orientale de Tenceinte, onze assises de blocs salomoniens sont restées intactes. Quelques-uns des blocs qui composent ces assises ont une saillie en bossage très-considérable , et s'élevant sur le plan dans leouel est compris le cadre de iointoiement. J ai mesuré plusieurs de ces blocs, et il s'en trouve un qui n'a nas moins de sept mètres vingt-cinq centimètres de longueur sur un mètre de hauteur. Malheureusement, j'ignore ce qu'ils peuvent avoir de qufue. c'est-à-dire de longueur intérieure; mais ou peut juger par les seules dimensions connues, de rénormité de l'appareil salomonien , qui faisait à bon droit, ainsi que nous l'avons vu plus haut, l'admiration de l'historien Josèpne.
Les onze assises cessent bientôt de se montrer, les inférieures seules étant restées en place. La face salomonienne, (\m se présente ainsi la première, est en retraite de trente-quatre centimètres , sur la face du mur moderne, dans lequel s'ouvre la porte de Saint-Etienne ; elle a un développement de vingt-cinq mètres soixante centimètres. A l'extrémité de cette face commence, en retraite de deux mètres vingt-cinq centimètres, une face de quarante-cinq mètres de développement , avec soubassement formé de deux assises de blocs salomoniens , en retraite l'un sur l'autre de trente-cinq centimètres ; la même retraite de trente-cinq centim. existe entre le mur supérieur et la face dé la deuxième assise. C'est naturellement à partir de la face de ce mur supérieur que doivent se compter les deux mètres vingt-cinq centimètres de distance qu'il y a entre les plans des deux faces de mur adjacentes. A l'extrémité sud des quarante-cinq mètres rejparatt l'appareil salomonien , avec une saillie telle, que la face commençant en ce point suit exactement le prolongement de la face salomonienne de l'angle nord - est. A vingt-cinq mètres en deçà de ce nouvel angle , se trouvent deux assises sans retraite, formées de deux pierres énormes, ayant cinq mètres soixante-quinze centimètres de longueur sur un mètre soixante-cinq centimètres de hauteur. Entre ces blocs immenses et la nouvelleface de mur salomonien, l'appareil est petit ;. le mur d'enceinte est par conséquent moderne en ce point, et il a été vraisemblaUement destiné à fermer une brèche.
La face salomonienne suivante, qui commence à quatre-vingts mètres soixante centimètres de l'angle nord-est a un développementde viK^ et un mètres cinquante centimètres , et les assises inférieures sont celles de l'appareil salomonien.
Vient alors une nouvelle face de muraille, ayant deux mètres de saillie sur la précédente, ek un développement total de seize mètres quatre-vingt-dix centimètres. C'est là qu'est placée la porte Dorée. Sauf les piédroits des deux arcs de la porte et les archivoltes de celle-ci, tout y est moderne cl de construction turque. Ces piédroits uni deux me-
fds
ROI
DlCTlOiNNAIRË
ROI
1res dix ceatimètres de largeur ; et ils so^l coDStruits en pierres de taille de dimensions bien supérieures, sans doute, à celles des blocs de la maçonnerie turaue, dans laquelle elles sont enclavées , mais bien inférieures à celles des blocs salomoniens. Comme je ii'ai en ce moment à m*occuper que des vestiges de Tenceinte primitive , je m'absliens d'entrer dans tout aétail sur la construction de la porte Dorée , à laquelle je reviendrai eu temps et lieu.
A quinze mètres cinquante-'Cinq centimètres au sud de la porte Dorée, se voit une petite poterne murée, de deux mètres de hauteur, sur un mètre cinquante centimètres de largeur au plus. Depuis le ressaut de la face dans laquelle est percée la porte Dorée jus- (ju'au coté droit cie la poterne, toute la base du mur d'enceinte est saloraonienne, et la hauteur de la poterne est exactement formée de deux hauteurs des assises de ces blocs énormes. A partir du côté gauche de la poterne, la construction salomonienne disparait pour un certain temps, mais l'appareil est toujours très-beau. Ou bien nous avons ici, ainsi que je le crois, un pan de mur de l'é-
Eoque d'Uérode, ou bien nous sonames en ice d'une reconstruction datant de l'époque d'Adrien» c'est-à-^dire du haut empire. Le linteau de la poterne murée que je vieùs de mentionner est formé d'une seule pierre, sur laquelle on distingue encore, avec un peu d'attention, une croix crecque pattée, pemte en rouge et entourée d'un double cercle vert bordé de rouge, et d'un troisième cercle denticulé et peint en rouge. Celte marque, essentiellement chrétienne, est bien évidemment antérieure h la reprise de Jérusalem par les musulmans; et il ne peut être douteux que la poterne en question ne soit celle qui est désignée sous le nom de porte de Josaphat. dans la description de la Jérusalem des croisades.
A partir de la poterne commence, ainsi que je viens de le dire, une face de muraille nérodienne, ou tout au moins romaine, qui a un développement de dix-huit mètres trente centimètres. Là se présente une nouvelle saillie de soixante-dix mètres sur la face précédente ; et, sur une étendue de cent quatre-vingt-quatorze mètres, la nouvelle muraille présente, par-ci par-là, des fragments de l'appareil d'Hérode ou des Romains, mais presque partout du rhabillage turc. C'est dans cette partie que se voient encastrés dans la maçonnerie des bouts de colonne de matière parfois magniliques et faisant saillie à l'extérieur. Ces colonnes, encastrées là paMes Arabes ou les Turcs, proviennent très-Gcrlainement des édifices somptueux qui, depuis le temple de Salomon, se sont succédé sur le plateau du mont Moriah.
Je suis très -porté à croire que la porte orientale de Salomon s'ouvrait dans cette longue face, aujourd'hui remplacée par de la construction turque, et qui par conséquent a bien plus souffert que les autres portions, précisément parce que la porte qui v était ouverte offrait déjà une brèche tgute ML>e ^t
bien aisée à élargir de droite et de gaucbe. La porte Dorée est située en effet de façoo à 6e trouver tout à fait rejetée à droite, c'esl-à^ dire au nord de l'axe est-ouest de la plateforme construite par Salomon sur le mont Moriah. Toutefois nous ne pouvons absolument conclure sur ce point rien de positif, et il n'y a pas d'autre raison que celle que je viens de donner, pour se refuser à voir dans la porte Dorée une porte reconstruite sur la place même qu'avait occupée la porte salomo* nienne ouvrant à Test.
Mais revenons à notre description de l'enceinte actuelle du hdram^ pour y recbereber les traces de l'enceinte primitive de Salomon.
Après les cent quatre-vingt-quatre mètres de muraille moderne, reparaissent, sur une longueur de neuf mètres seulement, des blocs salomoniens; puis de nouveau un pan de rhabillage moaeme, de onze mètres d'éten* due. A partir de là, jusqu'à l'angle sud-est, les blocs salomoniens se remontrent en place, et là encore quelques-uns atteignent des dimensions énormes : ainsi, l'un d'eux, que j'ai mesuré, porte sept mètres quatre-vingtcinq centimètres de longueur sur un mwe de hauteur. Du point où cet appareil reparaît jusqu'à l'anele sud -est, il y a une longueur de soixante-huit mètres quatre-vingts centimètres. C'est vers ce point que j'ai découvert les traces d'un balcon salomonien. Voici eo quoi elles consistent. A vingt-cinq mètres en arrière de l'angle sud-est, le mur rentre de douze à quinze centimètres sur une largeur de trois mètres cinquante centimètres; iifidt ensuite saillie de la même quantité sur une largeur de six mètres, pour rentrer encore sur une largeur de un mètre quatre-vingts centimètres, au delà de laauelle il se retrouve dans le plan extérieur général de cette portion de la face orientale de l'enceinte, lly a donc, en d'autres termes, une saillie du mur salomonien de six mètres de largeur» encadrée entre deux faces en retraite et de largeur différente. L'assise inférieure est aux trois quarts enterrée dans les détritus de toute nature amoncelés autour de l'enceinte du haram, et formant un sol couvert d'herbe qui, à partir de ce point, est en pente trèssensible jusqu'à l'angle sud-est de la muraille.
L'assise qui est placée au-dessus de celle dont je viens de parler est composée de deux grands blocs et d'un petit bloc carré qui a été rajusté à droite. Les deux blocs principaux sont en saillie de quarante centimètres sur la face du mur, et forment un énorme boudin ou tore. Au-dessus est une assise de un mètre cinquante centimètres de hauteur, formée de deux blocs égaux, de trois mètres de largeur chacun, et taillés en véritables voussoirs, c'est-à-dire évidés en arc de cercle à leur partie inférieure, de façon à donner une longueur de soixantCHiuinze centimètres au pan coupé supérieur qui représente un joint. Une seule pierre, de moitié moins haute que les précédentes, recouvre
ROI
DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
ROI
69ft
les deux voussoirs, et formait vraiseinblablemeiit le sol d*UQ6 fenêtre avec balcon, donnant sur cette portion de la vallée de Josaphat qui renferme la fontaine de Siloé, le village deSiloam et les beaui jardins potagers dmit est rempli le fond de ia vallée. Effectivement un seul bloc d'un roètre quatre-vingts centimètres de hauteur, sur un mètre de largeur, est dressé au milieu du plateau de six mètres faisant sol de fenAtre ; et à droite et è gauche de ce bloc vertical, sont deux ouvertures d*un mètre quatre-vingts centimètres de hauteur, sur deux mètres cinquante centimètres de largeur, murées en pierres de petit appareil, et par conséquent sans accord avec aucune des portions de mur placées autour de ce point.
EnQn, au ras du sol de la fenôtre et à gauche, existe encore dans le mur un bloc assez gros qui porte deux encastrements carrés fort distincts, dont Tun est immédiatement en contact avec le montant gauche de la fendtre de gauche et avec le sol de cette fenêtre, et Tautre un peu plus haut de quelques centimètres, et rejeté un peu à Texte neur. Ces encastrements n'ont pas été taillés Ih sans raison; et pour moi il est évident qu*il8 ont été destinés à assujettir une balustrade qui garnissait la double baie à balcon que je viens de décrire.
Certes, le fait de Texistence d'une lenêtre à balcon en encorbellement, construite à l'époque salomonienne (car il faut de toute nécessité attribuer cette antiquité à la partie du mur d'enceinte dans laquelle elle est percée), est un fait que les architectes seront fort étonnés, je crois, de voir affirmer sans scrupule. Mais qu'ils ne se hâtent pas de s'étonner outre mesure, à Tannoncu de ce premier exemple de l'usage des voussoirs à QOuelle circulaire, par les artistes qui vivaient à Jérusalem du temps de Salomon, car je vais tout à l'heure constater, à l'aide d'un fait bien plus positif encore, l'emploi, dès Ténoque dfe Salomon, de la voûte véritable chez les Juifs, auxquels on déniait naguère un art national.
A partir de l'angle sud-est, la muraille a un développement en ligne droite de cent ()uarante-six mètres cinquante centimètres jusqu'au mur latéral du jardin attenant à la mosquée d'EI-Aksa ; la construction salomonienne se présente immédiatement à Tangle, et elle continue sur une étendue de trente et un mètres vingt -deux centimètres, jusqu'à une porte ogivale murée, datant j)robablenient.de l'époque musulmane antérieure aux croisades.
A trente mètres è gauche de cette première porte se voient trois arceaux d'apparence romaine, en plein cintre et murés comme la porte ogivale précédente. Les baies de cette triple porte ont chacune quatre mètres trentedeux centimètres d'ouverture, et les piédroits ont un mètre soiiante-quinze centimètres de largeur, tandis qu'à la porte Dorée les ïmes ont trois mètres riuatre-vingts centimètres d'ouverture et les piédroits deux
mètres dix centimètres de largeur. Ces différences essentielles suffisent pour démontrer 3ue ces deux portes sont toute fait en dehors une seule et même ordonnance générale ; en d'autres termes, la porte Dorée étant de l'époque d'Hérode, ainsi que j'espère bien le démontrer, il faut nécessairement que la triple porte murée qui se voit à la face sud de l'enceinte soit d'une époque différente. Ce
3ui achève de le prouver , c'est que les piéroits de la porte Dorée sont lisses, tandis que ceux des portes du sud étaient ornés de moulures. Les baies primitives étaient-elles au nombre de trois f 11 est très-permis d'en douter, puisque les archivoltes et toute la maçonnerie qui ferme les baies sont d'apparence romaine, et ne datent peut-être que de l'époque à laquelle Justinien, selon le témoignage de Procope, flt élever de riches constructions religieuses autour de l'emplacement primitif du temple.
Je viens de parler de moulures gui ornaient les piédroits de la porte primitive è laquelle fut substituée la triple porte murée ; voici ce qui m'a révélé l'existence de ces moulures. Au piédroit de gauche de l'arcade occidentale de la triple porte murée, se trouve en place un magnifique bloc orné de moulures, et aui n'est et nejpeut être qu'un fragment du piédroit primitif resté en place. Or ce fragment, qui se relie immédiatement à des assises de l'appareil salomonien, est salomo nien lui-même, car il est garni de son encadrement en bossage sur toute sa hauteur, il nous offre une moulure qui n'est ni byzantine, ni romaine, ni grecque, qui, en un mot, ne ressemble à rien de ce que l'architecture classique nous montre; force est donc d'y voir autre chose, et cette autre chose ne peut être qu'une moulure juive, et mieux encore, qu'une moulure salomonienne.
Je m'abstiendrai de donner la description minutieuse de cette moulure, pour épargner au lecteur l'ennui de se rendre compte d une série de mots techniques et de chiffres offrant un ensemble assez difficile à saisir.
Revenons à l'enceinte extérieure du temple de Salomon.
A partir du flanc gauche de la dernière dest trois arcades composant la triple porte, au • jourd'hui murée, qui à l'époque romaine fut substituée à une des portes construites par l'ordre de Salomon lui-même, reparaissent! immédiatement les assises salomoniennes, (|ui se relient, je le répète à dessein, avec le bloc à moulures formant piédroit. Ces assises se montrent sans interruption jusqu'auprès du mur de clôture moderne du jardin dépendant de la mosquée d'£l-Aksa, mur qui vient recouper perpendiculairement la grande muraille du temple, à soixante-dix mètres vingtdeux centimètres de la triple porte murée.
Le mur de clôture du jardin d'£l-Aksa ooupe, à peu près par le milieu, une porte antique à demi enterrée, d'un style étrange, ot chargée d'une ornementation complètement analogue à ct^lle de la norte Dorée. Jt^ considère dcmc c«:ttc sucondo porte comme
noi
ROI
contemporaine de l*autre, el je reviendrai plus tard sur son compte.
Arrivé en ce point sur le terrain, j'ai bien été forcé d'abandonner le pied de la muraille d'enceinte du temple, et de la rechercher au delà du jardin d'El-Aksa. Rentrant donc dans Jérusalem par le Bab-el-Morharibeh, la porte occidentale, gagnant la place où sont élablies les huttes des lépreux, et descendant à travers les cactus qui couvrent l'escarpement oriental du mont Sion, dans le fond d'un petit vallon semblablement couvert de cactus, et (lui n*est que le Tyropœon (la vallée des Fromagers), j'ai retrouve, sur le bord opposé de ce vallon, l'angle sud-ouest de l'enceinte primitive du temple. Cet angle est de construction salomouienne, et il est facile de voir par-dessus le mur de clôture du jardin d'EI- Aksa, mur qui csttrès-^bas en ce point, que la face sud de l'enceinte du temple est, aussi loin qu'on peut l'apercevoir, de construction salomouienne.
L'angle même est fonfté d'assises salomoniennes en fort bon état; elles sont en retraite de cinq centimètres les unes sur les autres. Là, comme toujours, les blocs sont en bossage, c'est-à-dire encadrés par un cordon lisse d'une dizaine de centimètres de largeur; auelques-uns de ces blocs atteignent des dimensions incroyables. Ainsi l'un d'eux a une longueur de neuf mètres trente-cinq centimètres, sur plus d'un mètre de hauteur. Qui sait de combien il pénètre dans la maçonnerie T
A douze mètres en arrière de l'angle sudouest, sur la face occidentale, on voit en place trois rangs de voussoirs magnifiques qui ont inconstestablement appartenu à l'arche d'un pont qui traversait le 'Tyropoeon. Nous allons étudier en détail cet intéressant débris de l'artjudaïque.
La largeur du pont, c'est-à-dire perpendiculairement à son axe , est de quinze mètres cinquante centimètres. Un voussoir manque à l'assise supérieure, et il est remplacé par de la maçonnerie en petit appareil se reliant à celle de la portion supérieure du mur contre lequel est appliqué le pont, portion qui est par conséquent moderne. A gauche du pont, c'est-à-dire en se dirigeant au nord, la construction salomonienne se montre sur une étendue de dix-neuf mètres quatre-vinçts centimètres. Là est appliqué un petit escalier à palier, qui conduit à l'intérieur du Haramts-Cherif, Au delà sont des bâtiments d'habitation, appliqués contre le mur de l'enceinte primitive du temple, et remplissant le fond du Tyropœon. Ces bâtiments commencent le pâté de maisons particulières modernes gui masque Tenceinte jusqu'au i7et7-e/-ilforÂar6y, pan de mur sacré pour les Juifs, et sur le compte duquel j'aurai à revenir un peu plus loin.
La voûte du pont, en arc de cercle, commence au-dessus d'une assise de gros blocs salomoniens, en saillie de quarante-cinq centimètres sur la face du mur primitif. Le qui reste de l'intrados a une hauteur verticale de quatre mètres jusfju'è la naissance du joint
normal à la surface de l'intrados, et qui est aujourd'hui mis à nu. Cette même naissance du joint est en saillie d'un mètre cinquante centimètres sur la surface extérieure du mur d'enceinte , à laquelle la partie inférieure de la courbe génératrice de la voûte est à pw près tangente. Ayant mesuré la corde dii voussoir inférieur et la corde de l'ensemble des deux voussoirs supérieurs, rien n'est plus aisé que de déterminer le centre, le rayon» et par suite le diamètre de la voûte. Le rayon du cercle est de huit mètres trente-cinq ceotimètres, et le centre est placé à quatrevingt-cinq centimètres au-dessous du pian dans lecjuel se trouve la saillie qui recoupe l'arête inférieure de la voûte. L'arc générateur n'est donc pas une demi-conférence entière, et la voûte avait, à très- peu de chose près, seize mètres soixante-dix centimètres d'ouverture. Par suite, la flèche de cette voûte avait sept mètres cinquante centimètres audessus du plan de naissance. 11 n'y a rien là, à vrai dire, d'exorbitant, et avec un tablier d'un mètre d'épaisseur seulement, le chemin desservi parce pont devait aboutir, sans rampe aucune, au plateau opposé, oui môme, avec les remblais qui ont dû le combler, n'est guère aujourd'hui que de sept mètres au-dessus du fond actuel du Tyropœon.
Si les dimensions d'un pareil pont sont imposantes et dénotent des connaissances architectoniques fort développées» elles n*ont absolument en soi rien qm permette de révoquer en doute l'existence d'un pont gui avait probablement deux arches, et qui reliîut en ce point le plateau du mont Moriah, od du temple, avec celui du mont Sion, ou du palais. Depuis que l'existence de cet intéressant débris a été signalée parle Rév. Robinson.on a parfois été tenté de regarder cette arche ruinée comme l'amorce d'une des voûtes qui existent indubitablement dans les substnictio&s d*El-Aksa. Mais comme notre arche est tout entière appliquée à l'extérieur de l'enceinte salomonienne, si heureusement conservée k droite et à gauche, il ne me paraît pas possible de s'en tenir à cette hypothèse, qui se réfute d'elle-même.
Il y a plus, l'historien Josèphe supplée au silence des saintes Ecritures, et il parie à diverses reprises dupontqui joignait le templeau Xystos, cette espèce de fx>rum où se tenaient les assemblées du peup>e de Jérusalem. Nous lisons dans son livre sur la 6ruerre desJuifi (I, VII, 2 ; Cf. Ant. Jud., XIV, iv, 3), que pendant le siège de Pompée, les partisans d'Anslobule se réfugièrent dans l'enceinte du temple, décidésà s'y défendre jusqu'à la dernière extrémité, et qu'ils coupèrent, avant de s'enfermer, le pont qui reliait le temple à la ville. Cette citation suflit pour démontrer que l'existence de ce pont est antérieure au règne d'Hérode le Grand, et que par conséquent U n'est pas permis d'y voir une construction contemporaine de ce monarque. Je tiens extrêmement à cette remarque, parce qu'elle justifie pleinement, à mon sens, l'opinion que j'ai cf m(;ue sur place, et après mûr examen, sur ia véritable ori'^iuc de toutes les oartics de
ROI
DES ANTItililTIlS DIULIQUKS.
ROI
im
.'enceinte sacrée auxquelles j*assigne une origine salomoniene.
De tous les passages extraits des écrits de losèphe et qui ont trait h cet admirable pont, fl n en est pas un (jui ne s'accorde parlai fWient avec la position de Tarche ruinée que
Ï' i Tiens de décrire. Pour moi donc , et, je espère, pour tous ceux qui voudront bien lire arec attention et sans parti pris d'avance la description aue je viens d'en donner, ce pont est delà plus haute antiquité, et, quoi qu'en puissent dire les architectes, je roe crois en droit d'affirmer qu'il est bien de Tépoque des rois de Juda , et très-probablement même construit par Tordre de Salomon.
Cette opinion reporte assez haut l'emploi de la Toûte, eu égard a l'idée généralement adoptée, faute de faits contraires bien constatés, <^ue l'usage de la voûte est postérieur de plusieurs siècles à l'époque que le pont salomonien lui assigne. Une fois de plus les théories èonçues au fond d'un cabinet d'étude auront reçu un démenti, et je suis loin de m'en étonner. L'absence de toute voûte dans les^ édiffces anticrues de l'Egj^pte avait en quelque sorte légitimé cette théorie ; mais les Juifs ne tirèrent pas de l'Egypte seule les principes de l'art qu'ils adoptèrent , et plus d^ne fois déjà )*ai pu constater, de la manière la moins équivoque, l'action d'une influence purement assyrienne sur cet art judaïque. Cette fois encorelesruinesde Ninive viennent h notreaide et me donnent pleinement raison. Je dirai donc, ne fût-ce que pour éviter un ennui à ceux qui seraient tentés de s'inscrire en faux contre ce fait architectural désormais inconstesta- Ue, mi'une magnifique voûte en plein cintre et ne douze mètres sous clef a été retrouvée par mon ami, M. V. Place, dans ses merveilleuses fouilles de Khorsabad. A celles-là il faudra bien que Ton attribue, bon gré mal çré, & tout le moins, six cent vingt-cinq ans d antériorité à l'ère chrétienne, puisque l'an 625 arant Jésus-Christ est la date précise de la destruction de Ninive.
^ Ceci dit, continuons notre examen des parties salomoniennes de l'enceinte du temple. Jusqu'au Heit-eUMorharby ^ dont nous allons nous occuper actuellement, il n'est pas possible de constater l'état de cette enceinte, grâce aux constructions modernes de toute nature qui l'encombrent et la masquent. Au delà de cette muraille sacrée pour tous les enfSints d'Israël, les constructions particulières, et notamment celles du bazar, couvrent le mur d'enceinte, et l'on ne pourrait aue trèsdifficilement avoir une idée précise ae la nature de celui-ci.
Les Juifs ont de tout temps considéré ce pan de mur comme un débris du temple primitif. A force d'argent ils ont obtenu des Turcs que l'approche de cette muraille ne leur fût pas interdite ; la base de la muraille a donc été dégagée pour former une petite place étroite , ou mieux , une ruelle pavée, sorte de sanctuaire où ils viennent prier le vendredi soir. Là, je les ai vus se prosterner, enfoncer la tète dans les interstices de pierres bénies pour eux, et pleurer à chaudes
larmes sur les malheurs de leur nation , et sur la destruction du temple dont il ne leur est plus permis de franchir l'enceinte sans s'exposer a une mort certaine qui resterait impunie.
En arrivant devant le Htit-eUMorharby j'ai été frappé d'admiration. Sur une hauteur de plus de douze mètres, la construction salomonienne est restée intacte. Jusqu'à deux à trois mètres au plus du fatte de la muraille, les assises de blocs en bossages so::t superposées. Il suffit d'un seul coup d'œil pour reconnaître que la tradition juive est vraie, et que ce mur appartient bien réellement à l'enceinte construite par le roi Salomon. Jamais un mur semblable n'a été construit ni par des Grecs, ni par des Romains; nous avons donc infailliblement là un magnifique échantillon de l'appareil purement hébraïque.
Dans les assises inférieures, les blocs sont assez régulièrement d'une largeur double de leur hauteur ; parfois cependant des blocs carrés se trouvent juxtaposés entre les blocs à grande largeur. Les quatre dernières assises» vers le sommet du mur, sont formées de blocs carrés, sauf l'avant-dernière, qui est composée de blocs trois fois plus longs que hauts. A mesure que les assises s'élèvent au^ dessus du sol, les dimensions des blocs diminuent. Enfin chaque assise est en retraite de cinq centimètres sur celle qui la précède, et ces retraites successives, déjà constatées à l'angle sud-ouest de renceinte,con3tituentun/rutl considérable pour la muraille salomonienne.
La portion de muraille dont l'approche est permise aux Juifs est comprise entre le mur d'enceinte du Mekhemeh (tribunal) et le mur de clôture d'une maison particulière. Sa longueur, mesurée entre ces deux limites, est de vingt-neuf mètres soixante-dix centimètres. Au delà des barrières infranchissables que forment les édifices modernes que je Tiens de citer, la muraille antique se prolonge en liçne droite de douze mètres environ à droite et de onze à gauche, c'est-àdire vers le Mekhemeh. Plus loin la muraille sacrée ne paraît plus. Enfin, le mur primitif est couronné à son sommet par quelques assises régulières, il est vrai, mais formées de petites pierres de taille. Ces assises sont évidemment de construction très-récente, et il ne me parait pas possible d'en faire remonter l'Age plus haut que l'époque musulmane.
Sur la face du mur salomonien se voient des entailles considérables qui ont servi, à une époque indéterminée , à appliquer un fronton, en ce point de l'enceinte du temple. Peut-être ont-elles été pratiquées lors de la reconstruction du temple par Hérode , pour qui l'emploi des frontons devait être tout naturel. D'un autre côté, y eut-il au-dessous de ce fronton une porte ou poterne donnant accès dans l'enceinte sacrée , et percée dans la muraille primitive? Je l'ignore. Il faudrait, pour s'en assurer, pouvoir pénétrer dans les maisons particulières qui masquent ce point ; mais en pareil pays la chose n'est pas facile à tenter; je le sai^ par expérience.
ROI