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siècle de Conslanlin. Je puis affirmer qu'il n'y a plus rien de l'église primilive que quelques pans du raur extérieur de la rotonde, que j ai reconnus à leui* appareil antique. Tout le reste est d'une construction moins ancienne, et qu'on ne peut faire remonter au delà du vn* siècle. L'église de Constantin, détruite par Chosroës II, fut relevée par Modeste, évoque de Jérusalem, aorès que Tem- Rereur Héraclius eut retrouvé la vraie croix, bus avons dit ailleurs que, renversée par le kalife Akem. elle fut relevée peu d'années avant la première Croisade. La grande rotonde
3ue Chateaubriand vil encore dans sa spleneur, était donc un monument duxi* siècle. Il est évident queles colonnes, les chapiteaux appartenaient au mohument des époaues antérieures, comme nous le verrons dans l'église souterraine.
A part les quelques lignes que nous allons citer, il est étonnant combien tous les détails que donne Tilluslre écrivain sur l'église du Saint-Sépulcre, sontdéfectueux et pleins d'erreurs. Je n'ai pas osé relever à tout moment les inexactitudes du célèbre voyageur. On y aurait vu de ma part, peut-être, la vanité d'avoir mieux étudié que lui le précieux monument. Ce passage toutefois est important pour nous, puisqu'un malheur irréparable a enlevé au monde chrétien l'édifice que tant de siècles avaient respecté.
a La chapelle du Saint-Sépulcre (la grande rotonde ) est circulaire comme le Panthéon à Rome, et ne reçoit le jour que par un dôme au-dessous duquel se trouve le Saint-Sépulcre. Seize colonnes de marbre ornent le pourtour de cette rotonde ; elles soutiennent, en décrivant dix-sept arcades, une galerie supérieure égalementcomposée de seize colonnes et dix-sept arcades plus petites que les colonnes et les arcades qui les portent. Des niches, correspondantes aux arcades, s'élèvent au-dessus delà frise de la dernière galerie, et le dôme prend sa naissance sur l'arc de ces niches.
« Celles-ci étaient autrefois décorées demosaïï^ues représentant les douze apôtres, sainte Hélène, l'empereur Constantin et trois autres portraits inconnus (155). »
J'émettrai ici une idée, c'est que les seize colonnes que vit Chateaubriand, avec leurs chapiteaux antiques, sont probablement encore en grande partie dans l'intérieur des gros piliers carrés élevés par les Grecs. L'incendie dut faire éclater plusieurs de ces colonnes; mais je pense que plusieurs, et surtout des chapiteaux, ont moins souffert des flammes, particulièrement dans la galerie. Si, ce que nous devons espérer, la réunion des communicms chrétiennes avait lieu, il ne faudrait pas laisser le célèbre monument à une si lourde architecture. Il n'y aurait alors au-
(155) Ithi. de Paris à Jérusaiem, t. Il, pag. 196. — La description qu'il iloiine du Sépulcre lui-même est complélemeiit iiisignilianie. Il y a cependanl un loof à retenir : < Les arceaux qui le décoraient e\téneuremeut étaient demt-golhiques. >
(156) Chateaubriand suspecte sans aucune raison le témoignage du célèbre iiisiorien des Croisades, qui évidemuient u*a pas pu se. tromper sur un fait
cun obstacle à remettre des eolonnes k la place des piliers massifs qui la défigurent.
La coupole a toujours été en bois. Elle est recouverte de lames de plomb ; mais le côté du midi est dégarni de ce plomb sur une assez grande étendue.
Williams (Holy city, t. U, pag. 537), déplorant les hostilités perpétuelles qui s'élèvent entre les Chrétiens à roccasion de la possession des sanctuaires, raconte qu'il y a quelques années, les Grecs avaient obtenu ae Constantinople un firman pour recouvrir le dôme. Ils se procurèrent a cet effet une
f;rande quantité de plomb, et commencèrent 'ouvrage ; mais tout à coup il arriva de la capitale un contre-ordre défendant ou du moins suspendant le travail. Les Latins avaient fait donner ce contre-ordre, et s'étaient opposés à la réparation, sous prétexte que les Grecs en concluraient de plus en plus leur droit de propriété sur le monument. Ils ont eu la satisfaction de voir le saint édifice tomber en ruine, quand on avait en main tous les matériaux pour le réparer. Cette partie était encore découverte lorsque j'étais à Jérusalem. Pendant les grandes pluies, l'église était inondée d'eau, les poutres de la coupole pourrissaient,les peintures étaient ternies. V. La grande Eglise. — Outre la rotonde dont nous venons de parler, œuvre du xr siècle, restaurée par les Grecs après l'incendie, le monument renferme une vaste et jolie église ogivo-romane,construite par les Croisés. Elle se compose d'une belle coupole voûtée, soutenue par une lanterne, d'une seconde travée à voûte ogivée, d'une abside, et d'un collatéral qui fait le tour de cette abside, et renferme trois chapelles à absides. Guillaume de Tyr attribue ce travail aux Croisés, et l'étude dii monument l'atteste sans le moindre doute (156). Celte vaste église est le plus ancien monument gothique connu. Nous en avons les dates certaines. Jérusalem tomba entre les mains des musulmanslian 1187. L'édifice est nécessairement antérieur. Or l'ogive y règne, non pas seulement dans le brisement des grands arcs, mais encore dans les baies de la façade, dans les nervures à boudins, déliées et légères, qui caractérisent l'art du xra* siècle. On possède aujourd'hui, grâce à mon ami M. Aug. Salzmann, des photographies prises avec le plus grand soin de la belle façade ogivale de l'église du Saint-Sépulcre. La seule étude de ce travail archéologique convaincra les plus incrédules que c'est bien là le style ogival tel qu'il domina chez nous en plein xnr siècle. M. Salzmann pense avec raison que la façade du Saint-Sépulcre est l'œuvre des Chrétiens des premières années du xi* siècle, qui introduisirent pour la première fois le style arabe dans des monuments chrétiens.
de ceUe impnrlance : c Malgré un passage tr^ suspect de Guillaume de Tyr, rien irindique que les Croisés aienl fait conslniire à Jérusalem une église du S^int-Sépulcre. > (Uinér, tom. Il, pag. ^L) GuiliauRic «le Tyr n'a certes pas inventé ce qu'il avance à cet égard, et le stylo du monument fait à lui seul son histoire.
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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.