‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 154 sur 181 · SAL · texte numérisé non relu

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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

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salem antique, pour indiquer chaque station. Telle est la puissance des traditions à Jérusalem, telle est riromobilité des choses en Orient^ que ces colonnes se montrent à la place quOD avait marquée à la pieuse impérairice»

IV. Egusk de la Saints-Croix 00. — La troisième église qui compose le groupe du Saint-Sépi:dcre eât l'église souterraine ae lln- Tention de la Croix, appelée aussi chapelle de Sainte-Hélène. En remontant onze marcher dé la citerne QP oCi fut retrouvée la ▼raie croix, on se trouve dans une église souterraiae fortnée de trois nefs et terminée par trois abdidea. Au milieu est une coupole sup-

C>rtée par quatre colonnes de granit, et par quelle Teglise reçoit sa lumière, car le dessus des voûtes est au niveau du sol de l'aneien clolire des chanoines latins du Saint- Sépulcre. L'autel de Tabside centrale est un bloc de marbre d'une seule pièce. Il est dédié à sainte Hélène. Cette chapelle appartient aux Arméniens. Les colonnes de granit et les chapiteaux à corbeille tressée de cette édise sont d'une époque fort reculée, et rappellent le style de Sainte-Sophie à Constantmople. Cette chapelle est la seule partie de l'église actuelle ou Saint-Sépulcre qui, depuis des aiècles, n'ait reçu aucun embellissement, par Conséquent aucune mutilation. Les Arméniens, oui sont aussi grands badigeonneurs que les urecs, cm peu de goût pour cette grave basilique sombre, rude et sentant son vieux christianisme. Il n'y avait pas là de place pour les dorures, qu'ils affectionnent spécialement. U faut leur savoir gré de nous avoir conservé cette chapelle pure de toute décoration moderne.

Autrefois on allait en grande vénération voir les quatre colonnes de granit qui répandaient des larmes, comme si ell<^s eussentété tristes de la mort du Sauveur. Mais le vénérable Quaresmius, gardien de Terre-Sainte, nous apprend que ce fait ne se produit plus. Depuis qu'on a cimenté le sol de la terrasse, les eaux ont cessé de suinter à travers les ▼eûtes, par conséquent de mouiller ces colonnes. La piété chrétienne, à des âges de foi naïve, associait la nature è sa compassion et à sa douleur. Beaucoup de croyances de ce genre disjparaissent à Jérusalem.

SALABÔNI, SAAi.BENi.— Une des villes qui échut en partage à la tribu de Dan, et dont elle neput s'emparer. (Juges, r, 35. )

SALECHA, Salkah.— Ville du royaume de Basan.dans la tribu de Manassé. {Jomé^xii, 4.)

SALEM.— La (renèie (xiv, 18) nous apprend que Melchisédech était roi de Salem. Il v a deux opinions sur cette Salem. Ëtaii-elle la Jérusalem des Jébuséens? c'est l'opinion le plus généralement adoptée. Etait-ce une autre Salem qui était près de Sicliem? la question est intéressante.

Notoub d'abord un fait important, que Jérusalem n'est jamais mentionnée sous le nom de Salem, et (|ue le passage où il est parlé de Melchisédech serait le seul où la ville sainte porterait le nom de Salem. Celte remarque a une grande portée. 11 Cbt pou probable (juc

si Jérusalem se fût. dans l'âge primitif, ap-

Selée seulement Salem, ce nom ne lui eût pas té donné quelquefois par les écrivains sacrés.

D'un autre côté, il y a plusieurs Salem en Palestine.

l"* Salem près de Sichem, que quelquesuns ont cru être la ville même de Sichem.

f* Salem ouSalim, qui fut la patrie de saint Simon l'apôtre. Celle-ci était sur le Jourdain, et ce fut auprès de cette ville que saint Jean donnait le baptême.

Or Abraham, revenant de la poursuite des quatre rois qui avaient dépouillé Sodome et Gomorrhe, et ramenant dans ces villes les personnes et le butin, ne prit pas certainement le chemin de Jérusalem. Il avait poursuivi l'ennemi jusqu'à la gauche de Damas, dit la Genèse, Il revint donc par le pays de Galaad. Le roi de Salem ou Saleim était l'ami et le voisin dros rois de la Pentapole. Il était

Erêtre du Dieu Irès-Haut. Il vint bénir Abraam, probablement à Gomorrhe, à peu de distance par conséquent de son pays. Les Jébuséens, peuplade kénftanéenne , devaient avoir participe aux superstitions criminelles des autres tribus. Est-il probable que leur roi fût un prêtre du Dieu véritable ?

Quant à la vallée de Save , dite la vallée du Roi, où eut lieu cette entrevue, il faut remarquer que phisieurs vallées ont porté le même nom, et que si la vallée du Kédron s'appelle aussi la vallée du Roi, jamais le nom de Save ne lui a été donné.

Je proposerai donc, du reste comme une opinion tort discutable, mais que j'émets le premier, que Melchisédech était roi de Salem dans la vallée du Jourdain, et voisin de la Pentapole, et nuUementde Jérusalem, pas plus que de Salem près de Sichem.

SALISA, Salesah. — Contrée au nord d'Ephraïm. {I Samuel, ix, 11.)

SALMONA, Salmanah. —Station des Israélites dans le désert. (Nombres, xxxui, 41.)

SAMARIË, Sahran. — Voici le résultat de ma visite à Samarie :

Après avoir traversé le village arabe qui est la moderne Samarie , nous arrivons bientêt à un chemin tracé au milieu des plus beaux vergers qu'il soit possible d'imaginer, et qui longe le flanc gauche d'un mamelon très-considérable, livré maintenant à la culture, et planté d'innombrables oliviers et figuiers. cW sur ce monticule qu'exista Samarie, la capitale des rois d Israël, après le schisme des dix tribus. Bientôt, des colonnes de calcaire dur, debout ou couchées, se montrent à nous, et nous arrivons enfin à une immense colonnade double, qui dut orner la rue principale de Sebastieh .Les colonnes sont doriques, elles ont un mètre quatre-vingt-quinze centimètres de circonférence, et sont séparées, d'axe en axe, de trois mètres quarante centimètres. Il y en a cinquante-neuf debout et un grand nombre renversées. Cette belle colonnade suit les contours du monticule. A son extrémité ouest, la colonnade s'élargit et forme une avenue de quinze mètres de largeur, qui aboutit aune entrée de la ville. Cette entrée est marquée par deux bases de tours rondes, de

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DICTIOM^AIKK

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onze mètres de diamètre et en bel appareil, à partir desquelles commencent des lignes de murailles, en même appareil, dont la branche degauche sedirige exactement ausud,surune étendue de cinquante mètres environ , pour s'infléchir aussitôt au sud -est , tandis que la branche de droite forme une courbe concave vers Textérieur, et qui va aboutir à une base de tour plus petite, éloignée d'une cinauantaine de mètres de la grosse tour de droite de l'entrée de la ville. A partir de ces tours d'entrée, une route, bordée d'une belle allée de pierres fichées , existant encore sur une étendue de cent mètres, se dirige vers le fond d'une large vallée cultivée et close à l'ouest par une ligne de hautes collines verdoyantes, au delè desquelles scintillent les flots azurés de la Méditerranée. C'est une des plus magnifiques situations qu'il soit possible de rencontrer au monde, et, franchement , les rois d'Israël avaient fait preuve de bon goût, en plaçant dans ce siie enchanteur la capitale de leur royaume.

Nous avons donc étudié convenablement et tout à notre aise la belle colonnade de Sebastieh, qui paraît avoir offert une double rangée de colonnes, à gauche de l'entrée de la ville , ce qui plaçait de ce côté une contre-allée ;de six mètres de largeur. Une semblable contre-allée ne pouvait exister à droite, puisque les colonnes de la grande allée forment une ligne immédiatement tangente au pied du monticule, sur lequel étaient sans doute les édifices principaux , royaux et religieux de la ville; ce monticule présente d'ailleurs en plusieurs points , et notamment vers l'entrée que j'ai décrite tout ^l'heure, deux étages de murs de soutènement.

Après avoir examiné h loisir cette ruine éminemment curieuse, nous faisons gravir à nos chevaux le monticule même , assiette de Samarie , et nous le parcourons dans toute sa longueur. Il est jonché de débris de toute nature, qui sont les indices irrécusables de la préexistence d'une ville importante. Au sommet nous trouvons, au bord d'un champ, trois tambours de colonnes en pierre, de un mètre vingt-huit centimètres de diamètre. Des colonnes pareilles et en pareille matière sont beaucoup plus antiques que celles de la colonnade , qui sont évidemment contemporaines de la fondation de Sebastieh sur les ruines de Samarie.

Une riante vallée, assez profonde , longe à gauche le monticule de Saniarie , et au tond de celle-ci se montrent les restes d'une belle colonnade quadrangulaire , formée de colonnes oui paraissent semblables à celles de la grande allée. La face nord de cette en«ceinte compte encore huit colonnes debout, et la face ouest six seulement. Un peu plus loin, c'est-à-dire vers l'extrémité orientale du monticule de Samarie, nous avons encore trouvé, à mi-côte, les traces d'une enceinte rectangulaire de colonnes, qui devait en présenter douze sur ses longues faces, et neuf seulement sur les petites. De cette enceinte, (|uinze colonnes sont encore debout, elles sont de pierre calcaire.

n est évident qu'en passant quelques jours à Sebastieh , et en sachant gagner la bienveillance des habitants, on ne manquerait pas de faire des découvertes archéologiques d'une grande importance. C'est donc un point que je recommande expressément aux voyageurs désireux de tirer un bon parti de leur temps.

Une tradition inadmissible place l'église de Saint-Jean de Sebastieh sur le lieu même où saint Jean-Baptiste fut mis à mort. Mais nous savons de science certaine que la décollation de saint Jean eut lieu à Machaeros, sur la rive orientale de la mer Morte, et par conséquent bien loin de là. (Jos. /Ant. Jud,, XVIII, XV, 12.) Il est possible aue les restes du saint aient été apportés à SéDastieb ; mais voilà tout. Ce qui est sûr, c'est que la petite mosquée souterraine, ou plus exactement le oualy placé sous l'église , porte , parmi les musulmans, le nom de Nabv-Iahya, et que pour eux il contient le tombeau "de ce pro-

{ihète,qui n'est, on le sait, autre que saiot ean-Baptiste.

Voici à quel propos, et par qui le nom de Samarie fut donnét cette ville. Les rois d'Israël avaient pris pour capitale Tirsah (7 Rois, xvi, 23 ]. Omri, le sixième de ces rois (en comptant pour un,Zimri, qui ne régna que sept jours et se brûla avec son palais, comnie Sardanapale), acheta de Samer lamontaçne de Samroun, pour deux kikars d'argent ; il couvrit la montagne de constructions,et il nomma la ville qu*il avait bfttie Samroun, du nom de Samer, propriétaire de la montagne de Samroun. ilbid,, xvi, 24.) Samroun devint la capitale du royaume d'Israël, et le nom de la capitale devint celui de la contrée môme, puisqu'il est parlé dans le //• Livre des Rois (xxm, 19) des villes de Samroun. Dans la quatrième année du règne d'Ezékhias, roi de Juda, septième année du règne d'Osée, flls d'Ela, roi d'Israël, Salmanazar, roi d'Assyrie, vint assiéger Samroun,

3u*il prit au bout de trois ans. (I! Rois, xvra, et suivants.) Tout le peuple d'Israël fut emmené en captivité, en Assyrie et en Médie.Il fut remplacé par une émigration assyrienne, composée de Cuthéens, dont les Samaritains, si peu nombreux, qui existent encore de nos jours, sont les descendants directs.

Samarie, qui avait été assiégée et prise deux fois par Ben-Adad, roi de Damas, fut plus tard prise de nouveau, après une année de siège , et ruinée de fond en comble par Hyrcan. Les Juifs en étaient restés les maîtres, lorsque Pompée survint et la leur enleva. Cabinius la releva de ses ruines, et Auguste la donna à Hérode le Grand. Celui-ci en flt une ville splendide, quo, par flatterie, il ap|H*la îSébaste, pour plaire au chef de l'empire romain. Tous ces faits sont rapportés par Josèj[)he dans ses Antiquités judaïques (LX, XI, Xni et XIV) et dans le premier livre de la Guerre des Juifs,

Etienne, dans ses Ethniques, confond Samarie avec Neapolis (Naplouse). C'est une erreur manifeste, puisqu'il est avéré que Naplouse a pris la place de Sichem. Au reste,

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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

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