XLVII
TOB. — Contrée où se réfugia Jephté. f Jugei, XI, 3.)
TOMBEAU DES ROIS DE JUDA. — Lorsque , sorti de Jérusalem par la porte de Damas , on chemine sur la route de Naplouse, on rencontre , à environ cinq cents mètres des murailles, un monument funèbre de la plus grande magnificence, et auquel une tradition constante attribue le nom de Tombeau des Rois ( Qbour^es-Selathin , ou Obour-el- Molouk). Cette dénomination reste Ta même, que l'on s'adresse aux Juifs , aux musulmans et aux Chrétiens du pays. Mais est-elle juste? C'est ce qu'il importe de rechercher. Avant tout , disons qu'il n'est pas possible , quand on foule la terre judaïque, de méconnaître la valeur de la tradition orale. Pour peu que Ton veuille bien la consulter, les saintes Kcritures à la main , on ne tarde pas à la respecter, comme on respecterait un livre authentique; car, dans toute l'étendue de cette terre, on reconnaît à chaque pas que
(166) Saint Jérôme parle deux fois de ridenlité •de Tit)ériaile avec la Kenret biblique. D*abord dans les commenuires d*Ezécbiel (xLvni, 21), où il dit: Tibertat^quœolim appeUabaiur Chenereth. La seconde fois saint Jérôme nVst plus aussi affirmatif, et il ne rapporte qu*un on du. Voici comment il s*exprime : (Orioiiiasf ., ad voc. Chennereth) : Tiberiadem
les souvenirs bibliques y sont impérissables- Là, rien de ce qui s'jr rattache ne change, rien ne s'oublie, pas même un nom ; et ce sont les événements humains dont la mémoire y a souvent été perdue. Ainsi, les oataslropnes terribles dont Jérusalem a été successivement le thé&tre ont k peu près disparu du souvenir des hommes ; mais s'agit-il d'un fait , même secondaire , relatif k 1 histoire primitive du peuple hébreu /ce fait semble récent, tant est précise et vivacela tradition qui l'a recueilli et transmis d'âgs en âge. J'espère faire voir, en discutant tout ce qui concerne le monument connu sous le nom de Tombeau des Jloû, que eette fini encore la tradition est vraie ^ et oue c'est bien là qu'ont reposé les rois de Juoa.
Bien des fois déjà les caveaux des Qbourel -Molouk ont été décrits, mais malheureu* sèment avec trop de précipitation , et pour ainsi dire en courant. Telle est, je crois. Il seule raison qui a, jusqu'à ce jour, empêché de déterminer, d'une manière satisfaisante, l'origine de ce grand monument.
Pendant bien des jours je l'ai étudié avec le soin le plus minutieux , je l'ai levé avec toute l'exactitude que Ton peut apporter dam une opération de ce genre, et je me crois en droit d'affirmer qu'aucun détait de sa construction ne m'a échappé. Ty ai mis le soin qu'un officier des armes spéciales met d'habitude à lever un bâtiment quelconque.
Je me hâte d'ajouter que je ne prétends eo aucune façon, me faire un mérite d'avoir exécuté un travail qui se rattachait en quelque sorte à mon premier métier. Sans ploi ample préambule, j'entre en matière.
Un plan incliné vers l'est, et placé entre deux murailles de rochers, at)0utit à une paroi verticale dans laquelle est percé un soupirail , grossièrement creusé , donnant jc;q sur une sorte de citerne où il n'est pas possible de pénétrer par cet orifice, et dont toute autre entrée est perdue. Que peut être cetta cave? J'ai le regret de l'ignorer; mais je me console en pensant que tout le monde l'ignore comme moi, et que des fouilles, malheureusement impraticables en ce pays, pourraient seules nous apprendre quelque chose sur sa destination première.
Dans la muraille de gauche, vers le fond de cette espèce de cour, est percée une porte en plein cintre, ornée dun simçle filet creux à l'extérieur. Cette porte est aigourd'hui enterrée jusqu'à la naissance du cmtre, de sorte 2u'on ne peut la franchir qu'avec difficulté. Ile débouche sur une large cour carrée, à parois verticales (aillées dans le roc. Un accident, sur lequel nous reviendrons ph»
ferunt hoc primum appellalam nomine. D*ailleiis, puisqu'il y avait defê ionit)eaux nombreux snrroiplacement qu'a occupé Tibériade, c*esi, évideameiit, qu*il n*y avait pas eu de ville ju<biiQBe w ce même emplacemeiii. Ceci est la couséqucaee forcée de la t*j{i|eur des lois judaïques sur lef cm dUmpurete.
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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
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lard, a fait tomber une épaisseur assez grande do la muraille et de la porte, de sorte quil n'est plus possible aujourd'hui de savoir si elle eiait plus ornée à l'intérieur gu'à l'eilérieur. Le sol de cette cour est évidemment rendu inégal par des accumulations de décombres , surtout vers la muraille ouest , où ces décombres forment une élévation de quelques pieds. Dans cette muraille du fond est pratiqué , avec un art très-remarquable , un large vestibule qui était autrefois soutenu par deux colonnes prises dans le roc même, et par deux piliers faisant corps avec la muraille de rocher. Les deux colonnes ont été brisées, et il n'en reste d'autre trace que la partie supérieure du chapiteau de droite, encore appendue au plafond. Au-dessus du vestibule et sur la face même du rocher, court une longue frise sculptée avec une délicatesse et un goût exquis. Le centre de la frise est occupé par une grappe de raisin , emblème de la terre promise, et type habituel des monnaies asmonéennes. A droite et à gauche de cette grappe , sont placés symétriquement une triple palme d'un dessin élégant, une couronne et des trigl^phes, alternant avec des patères ou bouchers ronds répétés trois fois.
Au-dessous règne une riche guirlande de feuillages et de fruits, retombant k angle droit de chaque côté de l'ouverture du ves* tibule. La portion de gauche de cette gair^ lande a été beaucoup plus maltraitée par le temps que la portion de droite. Au-dessus de la ligne des triglyphes, commence une belle corniche, formée de moulures élégantes malheureusement très-endommagées, et s'é-r levant jusqu'au sommet de la roche, c'estk-dire jusque vers le niveau du sol de la eampagne environnante. A première vue, on reconoalt, à la présence d'une large fissure qui scinde obliquement l'architrave et le linteau du vestibule, qu'un tremblement de terre a mutilé le monument et renversé les deux colonnes qui l'ornaient primitivement.
Une fois descendu sur le sol du vestibule, on aperçoit, au fond de la paroi de gauche, une petite porte fort basse, et par laquelle on ne peut passer qu*en rampant. C'est Ten» trée des caveaux .
Cette entrée, qui est aujourd'hui libre, était jadis déguisée avec soin. On en jugera par la description suivante de l'appareil, assez compliqué, destinée masquer la porte. Un disque de pierre d'une çrande épaisseur, roulant dans une rigole circulaire, venait s'appliquer exactement contre la baie, et cette lourd ""^ pierre ne pouvait se mouvoir sur le plan incliné que lui offrait la rainure dans laquelle il se trouvait enga^, qu'à l'aide de la pression d'un levier, agissant de droite h gaucne pour dégager la porte, et de gauche à droite pour la clore. Afin d*opérer ce double mouvement, il iallait arriver jusqu'au disque par un couloir direct, que recouvrait ordinairement une pierre énorme dont les encastrements latéraux sont bien
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conservés. Ce couloir aboutissait, d*une part, directement à la porte d'entrée, et de l'autre , à un large puits, aujourd'hui comblé en trèsgrande pariie ; on voit qu'une fois la pierre de recouvrement dégagée de son encastrement, le couloir devenait praticable, et qu'il était alors facile de solliciter, à l'aide a'un levier dont le point d'appui se prenait sur l'arête même de l'encastrement, le disque de pierre, forcé dès lors à se mouvoir, en montant à gauche de la porte, sur le plan incliné de la rainure circulaire. Mais pour que le disque pût monter, il fallait de toute nécessité enlever une seconde dalle, moins épaisse que la première, et dont les encastrements sont parallèles à laparoi dans laquelle la porte est pratiquée ; une fois* le disque de clôture ainsi chassé à gauche, et calé fortement, le passage devenait libre. Pour remettre le disque en place, il fallait pénétrer dans un second couloir, creusé sur le roc, et recoupant le premier à angle droit, presque contre l'orifice du puits. Ce couloir auxiliaire se dirigeait brusquement, par un retour d'équerre, vers la paroi du vestibule, et conduisait, parallèlement au premier couloir direct, à un point où le levier pouvant s'appliquer au c6té gauche du disque, le forçait à redescendre et à regagner la place qu'il devait occuper pour fermer l'édifice.
Toutes ces dispositions, auxquelles per* sonne jusqu'ici ne me semble avoir fait la moindre attention, sont parfaitement intactes; les deux dalles encastrées ont seules disparu, et le disque n'a pas conservé une position rigoureusement verticale, par suite du peu de soin que l'on a mis à Técarter et è le caler, A cela près, tout le système de clôture se trouve dans l'état où l'a laissé l'habile archi> tecte qui Ta conçu.
Mais ce n'est pas tout encore, il nous reste maintenant à parler du système de fermeture intérieure.
Dans une large feuillure venait s'encastrer hermétiquement une porte massive de pierre, à double gond pris dans la masse, et qui probablement roulait de façon qu'il fût possible de la mettre aisément en mouvement, par une pression venant de l'extérieur, tandis que la disposition des crapaudines devait, si la porte était abandonnée à elle-même, Ja faire aussitôt retomber, par son propre
Coids, dans la feuillure où elle s'encastrait ermétiquement, je le répète, de telle fiiçon que, pour l'homme enfermé derrière elle, il n'^ avait plus aucun moyen de la faire mou* voir.
Cette première porte franchie, on se trouve dans une salle carrée, dont les côtés sont parallèles à ceux du vestibule, comme dû reste les côtés de toutes les autres salles.
Trois portes se présentent, Tune percée à peu près au milieu de la face ouest, et les deux autres dans la face sud ; cette salle sert en quelque sorie de deuxième vestibule, puisque aucune tombe ne s'y trouve placée. Trois petites niches triangulaires, taillées avec soin dans les faces ouest, sud et est, ont été destinées k recevoir des lampes sépulcralest
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dont la trace est tout à fait visible : au plafond, se lisent quelques noms de voyageurs, parmi lesquels j ai retrouvé avec un grand plaisir celui de mon savant confrère et ami M. Léon Delaborde, suivi de la date 182t.
La porte de la paroi ouest donne accès dans une chambre plus petite, mais carrée aussi, et dont tout le centre est plus profond que le seuil, de façon à former une assez large banquette sur tout le pourtour de la salie .
Chacune des trois faces, autres que la face d'entrée, est percée de trois ouvertures. Toutes trois sont en plein cintre; mais les deux
Sortes latérales, qui n'ont que moitié de la auteur de la porie centrale, sont en outre manies d*une feuillure rectangulaire, de sorte qu'à première vue elles semblent carrées. Les su ouvertures latérales donnent accès dans des tombes, et les trois centrales dans des petites chambres construites de la manière suivante : à droite et à gauche elles sont garnies de plans horizontaux ou couchettes surmontées d'une arcade en plein cintre, au fond est pratiquée une couchette semblable, mais taillée en voûte cintrée dans sa largeur. Il faut naturellement y porterie haut du corps pour juger de son étendue, qui est masquée par le massif de k roche.
Deux de ces chambres (celles du nord et du sud) sont munies, au-dessus de chaque couchette, d'entailles destinées à contenir des lampes sépulcrales, et semblables en tout à celles de la salle d'entrée. Elles ont aussi des traces évidentes des lampes qui y ont brûlé jadis. Ces petites niches à lampes manquent dans la chambre du côté ouest. Quant aux six tombes, elles sont de différentes formes et construites en général sur le principe suivant :
On pénètre d'abord dans une petite chambre dont le sol porte, à partir au seuil, une large rainure, destinée très-probablement à recevoir une saillie ménaeée au-dessous de la caisse du sarcophage, ann de fixer celui-ci solidement. La tête du sarcophage, mis en place, devait nécessairement masquer une ouverture donnant accès dans un réduit carré, de dimension beaucoup trop petite pour avoir jamais pu recevoir un corps. Nous verrons p'-îs loin qu'il est possible de deviner la destination de cette petite pièce, qui devait rester cachée tant oue la tombe qui la précédait n'aurait pas été violée. L'une des tombes (celle qui est placée à l'extrémité gauche de la face nord) n'a pas de rainure sur le sol. La tombe de gauche de la face ouest, au lieu de présenter l'ouverture du petit réduit derrière la tète du sarcophage, supposé mis en place, la présente sur le côté gauche, sans toutefois que ses dimensions aient été changées. Enfin, la tombe de gauche de la face sud n'a pas de réduit comme les autres.
Au-dessous de la couchette du fond de la chambre à trois couchettes, placée sur la face nord, est percée une petite ouverture assez difficile à franchir, et qui conduit par un plan incliné à une chambre inférieure, portant à ^ tace ouest une couchette surmontée par
un cintre, et sur sa face nord, deux étagèces juxtaposées comme les marches d'un escalier. Le conduit incliné qui amène dans cette chambre, débouche par un fort ressaut, audessus d'une seule marche élevée qm se termine au sol. Il est évident, à priori^ que les deux étagères n'ont pu recevoir de sarcopba-
Ses, et qu'il n'a pu s en trouver un oue sur la ancmette du fond, c'est-à-dire parallèlement à la face du monument. Comme de plus cette
f)etite salle est taillée précisément dans 'axe du vestibule, il n'est pas possible de douter qu'elle n'ait eu une importance pa^ ticulière, et que tout le monument ne lui soit en Quelque sorte subordonné.
C est dans cette chambre sépulcrale que gisaient dédaignés les deux morceaux du beau couvercle de sarcophage qui se trouve aujourd'hui déposé au Louvre.
Revenons à la description des autres salles.
La porte de droite, pratiquée dans la face Sud de l'antichambre, débouche un peu obliquement dans une salle carrée de même (fimension que la précédente, munie conome elle d'une large banquette et percée de trois tombes, sur chacune de ses faces ouest et sud, tandis qu'une seule ouverture, percée à droite de la porte d'entrée, conduit, par un escalier de six marches, suivi d'un palier incliné, à une autre chambre basse, munie sur trois faces d'une banquette surmontée par un arceau en plein cintre.
Un seul dessus de sarcophage existe encore dans cette chambre basse, et il est orné, sur sa longueur, de trois rosaces, ciselées de chaque côté. Parmi les six tombes taiirées dans les deux autres faces de la chambre supérieure, la première, c'est-à-dire celle de droite de la face ouest, n^a pas de réduit. Les deux suivantes sont en tout semblables à la tombe complète que j'ai décrite plus haut : celle de droite de la face sud n'a jamais été qu'ébauchée, et n*a pu recevoir de sarcophage ; les deux dernières n'ont pas de réduit, et sont en tout semblables à la tombe de droite de la face ouest. Quant à la face est, l'architecte qui a réglé l'ordonnance du monument savait qu'elle était trop rapprochée de la face ouest de la chambre suivante, pour
3ue l'épaisseur intermédiaire pût recevoir es tombes. Aussi ces parois sont-elles restées intactes.
C'est la porte de gauche de la face sud de l'antichambre, qui conduit dans cette dernière salle. Elle a, comme les deux autres, sa banquette sur tout le pourtour, et six tombes seulement, dont trois sur la face sud, et trois sur la face est. De ces six tombes, deux seulement ont pu recevoir des corps» celle du centre de la face sud, et celle de droite, eu faisant face à la paroi est. Toutes les autres soat restées à l'état d'ébauche, et avec les mêmes dimensions que l'ouverture analogue, déjà signalée dans la description de la chambre précédente. Quant aux deux tombes qui ont été occupées, la première n'a pas de ré' duit, et la dernière est munie d un rédmt placé sur son flanc droit.
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Enfin, les trois chambres sépulcrales supérieures, garnies de banquettes, étaient closes par de belles portes en pierre, tout à fait analogues à celte oue j'ai décrite en parlant de Tantichambre. Ces portes, violemment brisées, gisent aujourd'hui en débris, parmi les nombreux fragments accumulés sur le sol, fragments noyés dans la boue, et gui représentent certainement les pierres qui fermaient jadis toutes les tombes, et les restes des tombés elles-mêmes.
Dans ces caves il règne constamment une chaleur étouffante, et le séjour au'on y doit ftire est d'autant plus désagréable, que de toutes les parois et des plafonds suinte sans cesse une véritable pluie qui rend le travail de l'explorateur très-difBcile. Pendant toute la durée de la tâche pénible que je m'étais imposée, i'ai été secondé avec une patience h toute épreuve par un de mes compagnons de voyage, qu'aucune difficulté ne rebutait; pénétrant partout, en se traînant dans l'eau, il me transmettait avec exactitude les mesures que ma taille trop haute et trop peu souple, grâce à l'âge, ne me permettait pas de prendre moi-même. Somme toute, à force de persévérance, et à la condition d'aller très-souvent hors du caveau chercher un peu d'air respirable, nous avons réussi à le visiter jusque dans ses recoins les plus cachés. De cette étude, est née eu nous l'admiration la plus complète pour cette magnirique excavation» qui n'a pu être exécutée qu'avec des dépenses énormes, et selon toute vraisemblance, que pour une dynastie royale, ainsi que le veut la tradition.
Procédons maintenant par exclusion, et nous verrons qu'en admettant tour à tour,
eir hvpothèse, la présence aux Qbour-elolouk de chacun des monuments funéraires qui ont dû exister dans les environs de Jérusalem, nous serons obligés de rejeter formellement toutes ces hypothèses, et qu'il ne nous restera plus, en définitive, que la nécessité de retrouver dans cette cave sépulcrale celle des rois de Juda.
Etablissons d'abord la série des monuments royaux que l'on pourrait être tenté de rechercher aux Qbour-el-Molouk, en faisant abstraction des rois de Juda. Nous n'avons à choisir qu'entre le tombeau des princes asmonéens, celui d'Alexandre Jannœus, celui des Hérodes, et enfin celui d'Hélène, reine d'Adiabène, et d'Izates, son fils ; or, si nous démontrons que notre tombeau ne peut être im quelconque de ces édifices, il nous faudra revenir au tombeau des rois de Juda, à la condition, bien entendu, de démontrer aussi que rien, absolument rien, ne s'oppose à cette attribution, tandis que tout, au contraire, concourt à démontrer merveilleusement qu'elle est juste.
Procédons par ordre.
Nous lisons dans Josèphe : « liais Simon ayant envoyé des affidés à Basca, fit apporter les os de son frère ( Jonathas tué et enterré
gar les ordres de Tryphon, dans le pays de alaad). Il leur fit rendre, à Modeim, les honneurs qui leur étaient dus, et le peuple entier pleura la perte de Jonathas. Simon fit construire pour son père et pour ses frères, un monument très-grand en pierre blanche et polie ; l'ayant élevé jusqu'à une hauteur telfe qu'on le voyait de très-loin, il l'entoura de portiques avec des colonnes monolithes d'un travail admirable. Contre ces portiques, il éleva sept pjrramides , une pour ses pères et pour chacun de ses frères, aussi remarquables par leur dimension oue par leur beauté, et qui subsistent encore de nos jours.» (ilfU./ttd., Xni, VI, 6.)
Ce passage est suflisamment précis. Simon a fait construire (et l'on ne peut identifier un tombeau construit avec un tombeau excavé, XiOoti Xivxov «vffHferftivou] scpt pyramides à Modeim, une pour chacun de ses frères Jean, Judas, Eléazar et Jonathas, et trois pour son
Eère Mathatias, son grand'»père Jean, et son isaïeul Simon, fils d'Asmonœus.
Quant à Simon lui-même, à Jean Hyrcan, à Aristobule et à Antigone, nous ne savons pas où ils ont été enterrés. Alexandre Jannœus, successeur d'Anti^one, ayant eu un tombeau spécial pour lui, il devient probable que chacun de ces princes a été renfermé aans un sépulcre particulier ; et que, par suite, notre tombeau des rois ne peut leur être attribué, vu le nombre de tombes qu'il renferme ; s'il n'en était pas ainsi, un sépulcre de famille les aurait réunis» et par suite le monument d'Alexandre serait probablement commun à tous. Nous verrons un peu plus loin que ce tombeau d'Alexandre ne peut en aucune façon être confondu avec les tombeaux des rois, et qu'un texte fort précis le met très-nettement hors de cause; il n'y a donc pas en définitive à chercher, dans le monument qui nous occupe, le sépulcre de quelque prince asmonéen, puisque, dans le cas ou ces princes ont eu un caveau de famille, il n'a pu être placé là, et que très-évidemment nous avons à classer un tombeau de famille. Quant à Aristobule, fils d'Alexandre Jannœus, il mourut empoisonné à Rome ; mais son corps, conservé dans du miel, fut envoyé en Judée par Antoine, «afin, dit Josèphe, d'être enseveli oansles sépulcres royaux (167). »
Remarquons que dans ce passage il n'est pas question de tombeau de famille, mais Lien simplement de tombes royales. Ceci s'accorderait bien avec le nom traditionnel de nos tombeaux des rois ; mais la diflSculté insurmontable du site du monument d'Aiexandre, qui, plus certainement peut-être
?u'aucun des autres rois asmonéens, a dû tre déposé dans les tombes royales, éloigne forcément l'idée qu'il y a identité entre les uns et les autres. Ecartons donc les princes asmonéens, pour lesquels il n'est pas possible de revendiquer les tombeaux des rois, les cavernes royales de Josèphe.
On a cru pourtant y reconnaître le monu-
(167) To?5 p*<nKxoTç [ivtmECoiç èvt«9T;a^|Uvo; (BiU. Jud.^ I, il, I); ou, èv t«îç faaaixaTç ^Ka^^ lico(t)7£ TeOf^vai (Ani. Juti,, XIV, \ii, 4).
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mCTlONNAIRE
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ment du roi Alexandre, monument dont Josèphe fait une mention spéciale ; mais cette erreur ne peut être commise par quiconque a parcouru Tenceinle de Jérusalem avec la volonté ferme de mettre de côté les opinions préconçues, et de demander les éléments de «;a conviction à la seule inspection des lieux et à la lecture des anciens.
Nous lisons dans Josèphe {Bell. Jud., V, VII, 3ï avec cruelle énergie les deux partis juifs, ' enfermes dans la ville, repoussèrent les premières attaques de Titus, aéjà mattre de Penceinte bâtie par Hérode-Agrippa, et campé sous les murs mômes de Tenceinte primitive, au point nommé le camp des Assyriens. Titus occupait ainsi tout le terrain situé en doçè de cette muraille, déià forcée et conquise entre le Quars-Djaloud, fort de Goliath, élevé à une époque peu ancienne sur l'emplacement du camp des Assyriens, et la vallée du Kédron. En d'autres termes, c'était toute la partie du terrain accessible, placé devant la ville, que Titus avait enlevée déjà; sur toutes les autres faces, il n'y avait {las plus à songer à asseoir un camp qu'à diriger des attaques. Or, qu'arrive-t-il lorsque ces attaques commencent contre la (leuxième enceinte, au pied de laquelle les Romains sont parvenus a s'établir? Les Juifs, sous les ordres de Jean, défendent la place du haut de la tour Antonia et du portique septentrional du temple, et devant le monument d'Alexandre; tandis que Simon garnit les murailles, depuis le point situé vers le sépulcre du grand prêtre Jean, jus€[u'à la porte par laquelle 1 eau était conduite à la tour Hippicus.
Rien de plus précis vpie ces détails topographiques; la tour Hippicus, c'est la tour de David, et la porte dont il est question est iadubitablement le Bab-el-Khalil, porte qui conduit à JaSlet, à Hébron et à Beit-Lehm. A partir de cette porte, vers le sud et l'est, la vallée de Hinnom (Dji-Hinnom des Ecritures, Ujehennam, la vallée de l'enfer, d^s Musulmans) s'ouvre de façon à ne laisser à personne l'idée d'entamer sur ce point les murailles de la place. D'un autre côté, le monument du srand prêtre Jean, qui n'a pas été déterminé jusqu'ici, ne peut être pour moi autre chose au'une cave sépulcrale, isolée, placée à gauche de la route de Naplouse, en sortant par la porte de Damas, et beaucoup plus près de la ville que les Qbour-el-Molouk. La position de cette cave est d'autant plus convenable, qu'elle rend parfaitement raison
(168) 01 |ilv mp\ t6v *Ifa>iwi;v àni xc Ttjç *AvTti>- ¥wç %a\ TTiç 'KpoioLpnxh'j axokç toû UpoO xa\ izph TCtfv*AXcÇdvopou TOÛ ^aaiXicDÇ {avi^juUuv yji)^6[Uvoii (IkILJud., V, VII, S.)
(169 La grotle de Jérémie serait donc supprimée ainsi T Pas le in(»inii du montie. 11 se peut crabord que les Asiuonéens aient prolilé de la présence de celle groiie pour entamer la taille de leur caveau de famille ; et d'un autre côté, s*il n*en était pas ainsi, nous aurions à reporter le nom de Grotte de Jérémie à une grotle naturelle, placée au flanc même de la cave des Asmonéeu el à on point plut élevé, de telle fa^on que si la tradition, cette fois
de l'idée qu'eut Titus de commencer t^ point l'attaque de renceiute d'Oén^k-Aa pa. Il marchait ainsi sur un sailUmeii cun militaire n'admettra jamais qui! m songer à faire autre chose. Donc, deya saillant occupé a^jou^d'hui par U Iih Cham, porte de Damas, jusqu'à FaDgle n est du temple, c'est-è-dire jusqu'à la poi^ Setty-Maryam pour les uns, porte de Si Etienne pour les autres, Tenceinte iatém était défendue par les soldats de hm. | dit Josèjihe? « Ceux qui étaient êm i combattaient de la tour Antonia, do porif septentrional du temple et devant les m ments du roi Alexandre (168). » D acfij possible d'être plus clair et plus eipfa les soldats de Jean combattaient du h« a tour Antonia et du portique nord da mi et devant les monuments du roi Akua Ces monuments étaient donc deviBilii raille. De plus, il s'agit de plusieunaa ments, puisque le mot fAv^^tw* est afin Concluons, en passant, que versrtaë
foint étaient plusieurs monuments £»
Alexandre, et par suite les MfukiM dans lesquels les rois asmonéensi«4 enterrés, mais Alexandre avec plu>ii* tuosité que les autres, ce qui e$i:ai avec l'histoire, et ce qui motive s»
d'une expression aussi bizarre qoectri
de plusieurs tombeaux assignés à v t prince. Ces monuments existent-iîs i^ d*hui ? Oui, ils existent, mais dans oift mutilation déplorable. Us ne sont autre ài comme Ta très-bien reconnu le preùi savant ami le docteur Schullz, cow Prusse à Jérusalem, que la cave im improprement appelée Rrotte de JéréK gardée par un derviche (169). Eo lésmà. premiers Asmonéens ont été iobumés W deim, et les autres à la porte même de li salem, dans la grotte aujourdliui mutâè Ton appelle Grotte de Jérémie. ToAi les Asmonéens écartés définîtivemett. 0 ne peuvent d*aucune manière ètr« s^p enterrés aux tombeaux des rois.
Passons maintenante la dynastie desHb Josèphe nous apprend que le corps i rode le Grand fut porté en grande pocf Hérodeum, par les soins de son fils et mi seur, Archéiaiis (170) . Le même fait eft ^ pelé dans les Antiqutiés Judaiquti ^ITl . rode le Grand est donc écarté tout aoss q.ie les princes asmonéens.
Le seul monument d*un Hérode dooti
encore, est vraie, Jérémie éuii beaacoep i placé pour Taire entendre ses lauieoUlMMà de ceue retraite, ouverte à tous les rrcai^ dans une cave où il faut pénétrer asseï a«>» trouver le puint où l*oii dît qoe reposait k prophcie,
(17U) SxoSCouç Sk Ixoiifoev} xb 3^!ts km tiç 'Houiaciov, dicou xaLxk xàtç ivxaXàz Itaçt. ^v(/., I, xixni, 9.)
(l7l);Ç£aavfi' in\ Hpwàtittj ati8:s ^xt^ Tf P oiOxV irivpvxo at jai^a\. xtX«:,jiatiî* i lAm. Jud. XVIi, vni, 5.)
DES ilNTlQOlTES BIBLIQUES.
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question dans Josèpbd est mentionné dans la ùuerre des juif g Al est cité dans la description des lignes de circonvallation construites par Titus : « A partir du camp des Assyriens, où était le camp de Titus, ces lignes s'étendaient au-dessous de la ville neuve, gagnaient de le, à travers le Kédron, le mont des Oliviers ; tournant ensuite au sud, elles embrassaient la montagne juscru'au Péristereon (c'est le tombeau des prophètes ) et la colline adjacente oui domine fa vallée, près de Siloam. Après s être infléchies vers l'ouest, elles descendaient au fond de la vallée de la Fontaine (auBir-Eyoub); puis, remontant auprès du monument du pontife Ananus (l'un des nombreux tombeaux creusés dans le rocher, au Hak-ed-Damn),et entourant la montagne sur laquelle Pompée avait assis son camp, elles revenaient au nord, et après avoir traversé le hameau connu sous le nom de Maison des Pois ( *Epe6(ve(ov OIxoç), et enveloppé le monument d*Hérode (^6 'Hpù>8ou (iviuxelov), elles rejoignaient, par un retour à angle droit vers l'orient, le camp des Assyriens. » (AeK./ud., V, XII, 2. )
n n'est pas possible de se méprendre sur le sens de ce passage, qui précise aussi nettement qu'on peut le désirer le tracé des lignes de Titus, et qui fixe par suite la position de ce tombeau aun Hérode. Le magnifique plan de Jérusalem publié par le docteur Schultz présente le tracé de ces lignes et place le tombeau d'Hérode au sud de l'étang de Hamillah, et très-près de cet étans. Cette attribution des caves sépulcrales, placées enee point, ne me
Earalt pas siûette à contestation; elle est aussi eureuse que possible. Ces caveaux sont recouverts par des masses de décombres qui sont des indices certains de la préexistence d'un monument très-important, comme devait l'être le tombeau d'un dès rois des Juifs. Le, donc, sont placés les sépulcres des princes de la dynastie hérodienne, et nullement où sont les tombeaux des rois.
Notons de plus en passant que ces caves sépulcrales sont d'un travail plus que médiocre, et que des revêtementsintérieurs, mii ont entièrement disparu, ontpu seuls leur donner une apparence de magniucence.
Telles qu'elles subsistent de nos jours, elles seraient, pour le travail, bien au-dessous du
[)lus vulgaire des caveaux funèbres de la valée de Hmnom. Voici donc encore les Hérodes écartés de la question.
Reste enfin le tombeau d'Hélène, reine d'Adiabène, et d'Izates, son fils, tombeau que la plupart des écrivains modernes ont prétendu reconnaître dans les tombeaux des rois, faute d'examiner d'assez près le sens des textes sacrés et profanes qui parlent des tombeaux des rois de Juda ; faute surtout d'oser admettre, ce qui est pourtant certain, que beaucoup d'ornements arcliitectoniquns ont été empruntés par les Grecs aux Phéniciens qui les avaient prêtés aux Juifs, plutôt que copiés par les Juifs, sur des monuments grecs
(I7i) '0 «à MvMd^oç, xàw Uii^n^ç às-zi xa\ ta itoi(cv èv t«Tç 7jupa|x{9iv, è; fjifjtT^pxtttcïxcuaxfi,
qu'ils ne connaissaient guère très-probable* ment.
Le monument funéraire d'Hélène et de son fils est mentionné dans cinq passages des écrivains de l'antiquité. Nous allons les passer en rcMie l'un après l'autre.
Josèphe nous dit : « Honobaze (roi d'Adia<^ bène, fils d'Hélène, et successeur d'Luites), ayant envoyé à Jérusalem les restes de sa mère et ceux de son frère, les fit ensevelir dans les trois pyramides, que sa mère avait fait construire, à la distance de trois stades des murs de Jérusalem (172). n
D'après ce premier passage, le tombeau d'Hélène et de son fils était surmonté de trois pyramides, et situé k trois stades de Jérusalem.
Dans la Guerre judait/ue (V,xi, 21, nous K sonsque Titus, àson arrivée devant Jérusalem, tente, à la tête de six cents cavaliers, une reconnaissance vers la place qu'il vient assiéger ; tant qu'il chemine sur la route déclive qui conduit aux murailles, personne ne parait aux portes de la ville ; mais dès au'il s'écarte du cnemin pour s'approcher de la tour Pséphina,en présentant sa colonne de cavalerie
f)ar le flanc, les Juifs, sortis de la place par a porte qui est en face du tombeau d'Hélène
s'élancent du pied des tours nommées les Tours des femmes, et fondent sur les cavaliers romains.
Ce passage ne nous apprend qu'une chose certaine, c'est que le tombeau, ou mieux les monuments d'Hélène, étaient près de la tour Pséphina.
Dans le reste du même passage, nous voyons que Titus fut poursuivi par Ta sortie, au milieu de murailles qui environnaient des jardins en culture. Or, la tour Pséphina, dont la base a été fixée parle docU Schultz est encore aujourd'hui tout a fait voisine des murailles de clôture, qui donnèrent tant d'embarras à Titus, et rendirent si périlleuse sa retraite vers le camp.
Nous lisons encore {Bell. JMd.,V, iv, 2), dans la description des trois enceintes de Jérusalem , que le troisième mur commençait à la tour Hippicus, inclinait ensuite vers le nord jusqu'à la tour Pséphina, et de là s'étendant en lacedu monument d'Hélène, qui était reine d'Adiabène et mère du roi Izates, et passant parles cavernes royales ... etc., etc.
Le monumentd'Hélène était donc voisin de la tour Pséphina, et faisait face à la partie do la muraille d'Agnppa qui, à partir de la tour Pséphina, se dirigeait vers les caves royales.
Sans être bien précis, ce passage nous servira tout à l'heure de confirmation, quand il s'agira de reconnaître le monument de la reine d'Adiabène et de son fils.
Le quatrième passage que nous avons à examinerse trouve dans Pausanias : « On voit dans le pays des Hébreux, à Jérusalem, ville que l'empereur Adrien a délruite de fond en comble. le tombeaud'Hélène, femme du payr ;
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il est tout en marbre : on y a pratiqué aussi uneporteen marbre, qui s'ouvre tous les ans, à pareil jour et à pareille heure; elle s'ouvre par l'effet seul de la mécanique, et après être restée peu de temps ouverte, elle se referme. Dans tout autre temps, vous tenteriez vainement de l'ouvrir, et vous la briseriez plutôt (173J. •
Ce récit bizarre mérite-t-il notre confiance ? A-t-il été écrit de visu ? Je pense qu'on ne peut répondre que par la négative à ces deux questions. Si Pausanias eût pris de semblables informations sur place, il n'eût pas commis l'erreur incroyable qu'il commet en appelant Hélène une femme du pays
Quant au mécanisme d'horlogerie gui ouvrait le même jour et à la môme heure, une fois chaque année, la porte de pierre de ce tombeau, on me permettra, j'espère, de n'y croire que médiocrement, pour une foule de raisons qu'il serait trop long d'é- Duipérer ici, et qjii ressortent toutes de l'aj)préciation mathématique d'un appareil doué d'une semblable précision. Que pouvons-nous conclure en définitive de ce passage curieux? Que Pausanias avait entendu parler des tombeaux de Jérusalem, et entre autres de celui d'Hélène ; cju'il avait, par manque de mémoire, appliqué à cefui-ci ce qu'on lui avait conte de l'admirable construction des tombeaux des rois, et qu'il avait transcrit, ou peut-être même brodé sur ce canevas, la fable de son mécanisme d'horlogerie. En somme, nous n'avons rien à tirer du récit de Pausanias.
Reste enfin le cinquième et dernier passage ; celui-ci est extrait des œuvres de saint Jérôme et de sop livre EpUanhium Paulœ matris. L'écrivain, racontant le voyage da sainte Paule à Jérusalem, nous parle de son entrée dans cette ville. Elle vient du côté de Jaffa, notons bien cela, et suivant la route battue, elle entre dans la ville après avoir laissé à sa gauche le mausolée d'Hélène. Voici ses paroles : « Pburqfuoi m'arrêter plus longtemps? Ayant laissé à gauche le inaqsolée d'Hélène, reine des Adiabéniens, qui av^it fait distribuer du froment au peuple souffrant de la faim , elle entra à Jéri^salem, ï»etc. (174).
Résumons maintenant : Le mausolée d'Hélène, surmonté de trois pyramides, était à trois stades de Jérusalem, dans le voisinage de la touf Pséphina et vis-à-vis une des portes de la ville ; il était au nord de la tour llippicus, et un peu plus loin vers le nord
3uela tour Pséphina ; enfin, il était différent es cuves royales,
(I75)i « *E6.p«(oiç 6ï 'E>ivi)ç Yuvaix^^ ènixcopiaç tâ^oç eorlv ïv i:6Xei £oXu{AOtç, i\v iç Iùol^oç xa'cé6a- Xev ô Tio(Aa{(i)v ^affiXeuç. Me{AT]xdtvT)Ta( fô iv t<]> T&ycp xi)v 60pav ôfio^cDÇ icAvca ouaav 'o^i zà^ XiSfvi}v, {ii) icp6tepov èaavoCYeffOai, icplv &v f)(xi£av xe à»\ xaX (upav x6 Ixoç èiraYàriQ xijv aùt^v. Tdxe $è dnh (A(ivou xoO y^T^y(ay^^aa'^oç avoix^iïsoLt xa\ oO noXù l7Eij^oÛ9a, ffuvexAeCaOr; BC àXtfriç» Toûtov {xàv 5^ oiîxu), t^ tï &XXov)rp^vov &vo?Çae miptbyLivo^, dvof- {at; {A^v oOx &v, xaTdi$£i{ 61 aOit]v rpdxefyov [ita{[f5-
Avec de semblables indications, il était difficile de se tromper, pourvu qu'on eût le désir de ne pas se tromper. Le docteur Schultz, avec sa sagacité orcunaire et sa connaissance parfkite du terrain, après avoir re^ trouvé le soubassement de la tour Pséphina» n'a plus eu qu'à marcher devant lui, dans le sens fixé par les passages précités, pour tomber à pomt nommé sur la tombe oHélène. Après lui, j'ai ftit de même, et je me suis assuré que les indications de son plan étaient excellentes ; le tombeau d'Hélène, avec les bases de ses trois pyramides (ce oui est décisif), existe encore, et Ton voit è coté une seconde cave sépulcrale dont l'entrée est encore murée, mais qui a été violée en dé* fonçant le rocher qui lui servait de plafond, de telle sorte qu'au moment où j'ai Tisité te lieux, celte seconde cave sépulcrale avait été transformée par les pluies en véritable citerne. Dans le caveau d'Hélène, caveau qui, d'ailleurs, est d'une grossièreté de travail qui contraste fortement avec la magnificence de ciselure du tombeau des rois, il n'y a que deux niches ou fours à cercueil, et encore l'une d'elles pourrait-elle bien n'être que le résultat du travail entrepris par les violateurs du tombeau, afin d'y pénétrer. La paroi dans laquelle était percée la porte avait été taillée avec soin ; elle a été brisée violemment, et il n'en reste que de faibles traces. Hélène et son fils I/ates sont donc, comme tous les autres princes passés en revue jusqu'à présent, exclus de la possession du tombeau des rois.
On peut se demander comment il se lait que des écrivains tels que Chateaubriand et le révérend Robinson ont reconnu le tombeau d'Hélène dans le tombeau des rois, quand ils devaient tenir compte du passage précis de Josèphe, où il est dit aue le mur d'Hérode Agrippa passait vis-à-vis te tombeau d*Hélène, et ensuite par les cavernes royales (175).
Du moment que Josèphe distinçiait formellement ces deux monuments, il y avait d'autant plus d'imprudeuce à les confondre en un seul, qu'il serait fort diflScile de s'expliquer pourquoi la reine Hélène, faisant elle-i;nême préparer un caveau funéraire
Cour son fils et pour elle, aurait eu l'idée izarre d'y faire, creuser vingt tombes ; c'étaient dix-huit tombes de trop, et si leur hypo* thèse paraissait plausible aux deux illustres écrivains qui l'ont proposée, ils auraient dû s'efforcer de rendre compte de cette difficulté, qui n'est pas plus légère que celle aue présentait la distinction faite par Josèpne entre le tombeau d'Hélène et les cavernes royales.
(Aevo(. I (Arcad,^ Uv. vin, c. 15.)
(174) c Qiiiil moror? Ad laevam , mausolée Belenae derelicio, qus Adiabenorum regina in hme populuni rruinenlu juverat, ingressa e&l Hierosolyroain, i eic. Leure 108* à la vierge Eustocbiom, avec ce il ire : Epitaphium Paulœ niatris^ dans Té* dilion Migne, 1. 1, p. 883.
(175) € 'Efceixa xaO^xov àvxcx^ù xciv *£Xfvi}ç {AVY)(Ae((DV xa\ aià 9iiT}Xat{ct>v paaiXtxct/v [ii;xvvd(uyov, X. X. X. > (Bell. Jnd,, V, jr, 2.)
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DES ANTIQUITES BIBLIQUES
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Le terrain est déblayé devant nous; mais si j'ai montré ce que ne peuvent être les Qbour-el-Molouk, cela ne suint pas , il faut maintenant crue je montre ce qu ils doivent être et ce qu ils sont en effet. J*ai avancé que c'étaient les tombeaux des rois de Juda, et c'est ce que je vais prouver. Cette fois, je suis encore à peu près seul de mon avis ; -le n'ai plus Tappui d'une érudition aussi solide que celle du docteur Schultz, mais j'espère bien gagner force adhérents à mon opinion.
Je vais donc recueillir tout ce q\xe je connais de documents devant intervenir au procès, qu'ils soient favorables ou non ; et après les avoir minutieusement discutés, car la question en vaut la peine, je pourrai, si )e ne me trompe, laisser tout te monde conclure pour moi, et je m'assure que les avis ne seront guère divisés.
Commençons par extraire du livre des Rois, du livre des Chroniques, et des Antiquités judaïques de Josèphe, tout ce qui est relatif à l'inhumation oes rois de Juda : nous comparerons ensuite tous ces passages entre eux. *
1. David. — David te coucha avec iespi^ rei, et fut en$eveli dam la ville de David, i 1 Rois, n, 10.)
/{ (David) mourut dans une heureuse vieillesse^ rassasié de richesses et d^honneurs, et son fils ScUomon régna en sa place. (/ Chron. XXIX, 28.)
Josèphe nous dit :
« Son fils Salomon l'enterra à Jérusalem magnifiquement, et en outre de tous les autres honneurs qui étaient rendus d'habitude aux rois lors de leurs funérailles, il ensevelit avec lui des richesses considérables. On peut conjecturer quelle était l'énormité de ces richesses, par ce que je vais raconter. Après un laps de temps de treize cents ans, le pontif Hyrcan, assiégé par Antiocfaus surnommé Eusèbes, fils de Démétrius, voulant lui donner de l'argent pour qu'il levât le siéee et s'éloignât avec son armée, mais ne sachant comment parfaire la somme dont il avait besoin, fit ouvrir une des chambres du tombeau de David, et en ayant emporté trois mille talents, en donna une partie à Antiochus, et se délivra ainsi des assiégeants, comme je l'ai dit ailleurs. Plus tard, après un grand nombre d'années, le roi Hérode, ajant pénétré dans une autre chambre, en tira de ^andes richesses. Mais aucun d'eux ne parvint aux sarcophages des rois, car ils étaient placés sous terre, avec un art tel, que rien ne paraissait aux yeux de ceux qui pénétraient dans le monument. T^{Ant. Jua., VU, XV, 3.)
Ce même fait est raconté plus loin de la manière suivante :
« Hérode, qui dépensait des sommes énormes , à l'intérieur et à l'extérieur de son royaume, ayant entendu dire que Hyrcan, «on prédécesseur, ayant ouvert le sépulcre de David, en avait enlevé trois mille talents
(f 76) c 'AyT\ (jLivToi ft x%ç ffpo'jpiç 6|A^pouc UCfo- 9«v,xa\ vàÀavxa ApjupCou iccvTax6«ta, cuv «OBiiçtà vptax^'iia x«\toO( 0(A^pouç, icpo9^(9K(AÎvou *Avxi4x^'«»
d'argent, et qu'il restait encore de grandes richesses dans le monument, richesses avec lesquelles il pourrait faire face à ses lar« ^sses, avait lormé depuis longtemps le projet d'imiter cet exemple. Ayant donc fait ouvrir le sépulcre pendant la nuit, il y pénétra avec ses amis les plus fidèles, prenant de très-ffrandes précautions pour que la chose ne lût pas sue dans la ville ; il n'y trouva pas, comme Hyrcan, de l'argent monnayé* mais des ornements d'or, et une grande quantité d'objets précieux, qu'il enleva sans rien laisser. En furetant avec soin, il voulut
f)énétrer plus avant, et chercher jusque dans es sarcophages (Bf.xa;) où étaient déposés les corps de David et de Salomon : mais il perdit deux de ses doryphores, qui, dit-on,
{lérirent étouffés par les flammes qui les rappèrent au moment oâ ils y pénétraient. Hérode, épouvanté, sortit, et pour apaiser Dieu, il fit élever à la porte du sépulcre un monument en pierre blanche, dont la construction coûta oes sommes très-fortes. » (Ant^ Jwd.,XVI, vn, 1.) Examinons ce passage.
David fut enterré magnifiquement dans Itk cité de David, dit le Livre des Rois, à Jérusalem, dit Josèphe ; et comme celui-ci, eri parlant de l'expédition nocturne d'Hérode le Grand, ajoute que ce prince prit les plus grandes précautions pour que son attentat ne fût pas connu en ville (èv xf) icdXci), nous sommes presque en droit a'en conclure que le tombeau dfe David était hors de la vtlle. Après ceci, un autre passage de Josèphe
Erouve beaucoup mieux encore, que le tomeau de David était hors de l'enceinte de Jérusalem. Voici ce passage :
« Mais au lieu ae recevoir une garnison dans la ville, ils offrirent des otages et cinq cents talents d'argent, dont ils versèrent de suite trois cents, en donnant les otages qu'il plut au roi Antiochus d'accepter. Parmi eux se trouvait le frère d'Hyrcan. Cela fait, Antiochus leva le siège et se retira (176). »
Que conclure de ce fait ? Que Hyrcan^ enfermé dans ses murailles, n'avait que trois cents talents à sa disposition, et qu'il dut obtenir la levée du siège, pour extraire du tombeau des rois de quoi parfaire la somme promise. Si le tomoeau h viojer eût été sur le mont Sion, le roi des Juif^ eût-il payé un à-compte aux assiégeants T Certainement non.
Au reste, ce qui est certain, c'est que le tombeau contenait de très-grandes richesses,
Suisqu'elles suffirent à rassasier la rapacité e deux rois profanateurs. Quant au fait que les sarcophages étaient si bien cachés, qu en pénétrant dans les caveaux on n'en voyait aucun, la chose (si le tombeau des rois de Juda est le Qbour-el-Molouk) est parfaitement exacte, car il n'y en avait pas un seul qui fût visible, grâce à l'art avec lequel toutes les entrées des sépulcres étaient closes par des portes de pierre.
toG pafftUbKf SSoaav, èv oXç tjv xa\ ' Vpxavoû ÀôcXy^. r 'Ant. Jud., XIII, vin, 5.)
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iosèphe eûl-il dit à Jérusalem , si c'eût été tur le mont Sion qu'eût été la cave sépulerale de David et des rois de Juda 7 Je ne le pense pas- Pourquoi donc a-t-on cru que ce monument sacré était sur le mont Sion, dans rimérieur de la ville, et contrairement à toutes les prescriptions de la loi judaïque, sur l'impureté de sept jours, dont était frappe quiconque touchait un cadavre ou même une tombe? Le voici. Nous lisons dans le P* Livre des Chroniques, xi, 5 et 7 :
DatHd prit la forteresse de Ston, qui est ta ville de David,,. ; puis David demeura dans la forteresse ; c*est pourquoi on rappela ville de David^
L'expression 7m "TV (v. 7), ville de David, est bien la môme dont se sert Técrivain sacré, quand il désigne p^x rrnfio (v. 5), la forteresse de Sion, nommée plus loin T3ra seulement, ce qui signifie la forteresse^ et rien de £lus ; aussi, quand il parle du lieu où fut en* îrré David, m 1>», le savant traducteur de la Bible, Cahen, dans sa note au v. 10 du 1" Livre des Rois, dit-il : David fut enterré à Jérusalem, appelée m -nv, ville de David, parce que c'était le siège de sa cour et le berceau de sa dynastie. Il se garde bien de mentionner la forteresse du mont Sion. Si l'on prenait au pied de la lettre le nom de ville de David^ pour l'appellation exclusive de la forteresse de Sion^ David eût donc été enterre dans cette forteresse T Personne, je crois, ne soutiendrait cette étrange hypothèse, ({ui serait singulièrement contrariée par les faits suivants : Le roi Joram, dit le 11* Livre des Chroniques fxxi, 20) fut enterré dans la ville de Davia, mais non dans la sépulture des rois. a^sStïi rmpa vh\ Ttt "Tsa. Nous aurions donc deux caves sépulcrales bien séparées, dans la forteresse de Sion, et cette forteresse deviendrait ainsi une yéri« table nécropole T Cela est peu admissible. Mais il y a plus, nous lisons, à propos d'Amasias, qu'il fut enterré avec ses ancêtres dans ta ville de Juda (177), tandis que dans les Rois il est dit qu*il fut enseveh à Jérusalem, auprès de ses pères, dans la cité de David (17ô). Voilà donc la forteresse de Sion qui recevrait le nom de ville de Juda ! A propos de quoi ? Concluons^en qu'il s'agit tout simplement, quel que soit le nom employé par l'écrivain sacré, de désigner la cafiilale de David, la capitale du royaume de uda ; en un mot, Jérusalem, et non la forteresse de Sion. Concluons-en. de plus, que les sépulcres distincts de Davidf et de sa race, et d'Amasias, ne furent pas encore à Sion, mais à Jérusalem, tout comme on dit que les cimetières du Père-Lachaise, du Mont-Parnasse et de Montmartre, sont à Paris.
Ceci posé, nous avons, pour premier personnage enterré dans le caveau royal des rois de Juda, le saint roi David. C'est pour lui qu'une sépulture somptueuse a été creusée, par les ordres de son fils Salomon. C'est donc à lui que revenait de droit la place d'honneur.
(177) rrm^ n>3n rrcvrm mN rap'^i. (// Chmu
2. Salomon. — Salonwn se coucha avec ses pères, et fut enseveli dans la ville de David, son pire. (I Rois, xh 43«)
Salomon se coucha auoris de ses pires ; on tenterra dans la vûle de Davtd^ son père. (/ Chron.îx, 31.)
« 11 ftit enterré à Jérusalem : » OAirsstai aiiv •UpocToXuitoiç. {Ant. Jud., Vin, vu, 8.)
Salomon est donc le second roi qui fut inhumé dans les sépulcres royaux.
3. RoBOAM. ,— Il se coucha avec ses pères^ et fut enseveli avec ses vères^ dans ïa ville de David. (/ Rois,xiy, 31.)
Il se coucha auprès de ses pères, et fut enterré dans la ville de David. ( // Chron. XH, 16.)
«Il futensevelià Jérusalem dansles tombeaux des rois : «'Exà^n ^ èv IfipoooXuiioiç àv toI^ 6^ xaïc Tûv paaiUcDv. [Ant. Jud., VIÎI, x, 4.)
Roboam a été enterré dans les sépulcres royaux.
4. Abias. — Ahias se coucha auprès de ses pères^ on Vensevelit dans la ville de David. (/ Rois, XV, 8.)
Abias se coucJia auprès de ses pères, et on renterra dans la ville de David. {Il Ckron. xiii, 23.)
« Il fut enseveli à Jérusalem dans les sépultures de ses ancêtres : » Ka\ Biimxat {iiv év
TcpoooXuuotç èv xaXçnç^yjy^ixa.U^'hiaiiç.iAni.Jud. VIII, XI, 3.)
Abias a été enterré dans les sépulcres royaux.
5. AssA. -* Il se coucha auprès de ses pires, et fut enseveli avec ses père», dans la ville de David, son père. (I Rois, xv, 24^
n se coucha auprès de ses pires ; an fen^ terra dans U sépulcre qu'il s'était fait faire, dans la ville de David ; on le mit sur un lit qu'on avait rempli d'épices et de parfum divers préparés par toffice du parfumeur, et Yon alluma pour lui un hûchtr extrême" ment arand. (Il Chron. xvi, 13 et 14.)
Josephe ne dit rien du lieu de sépulture A'Assa, qu'il appelle Asanes.
Assa a été enterré dansles sépulcres rovaux. — Le V. 14 du ch. xvi du //• Liv. des Chroniq}ies est très-précieux, en ce qu'il nous apprend que les rois se faisaient préparer leur tombe de leur vivant. Quant au bûcber dont il est question, je transcris la note de Cahen: « On lui Ht un très-grand bûcher. Kim'hi suppose qu on y brûla des essences ou des objets à son usage ; c'est bien plutôt le bûcher qu'on trouve encore dans l'Inde. Toinours paratt-il que notre manière de faire les nioérailles était alors inconnue. »
Je me déciderais diiBcilement à admettre que la combustion des corps ait été pratiguée
!)ar les Hébreux. J'aime mieux m'en référer t l'opinion de Kim'hi.
6. JosAPHAT. — Il se coucha avec ses pères, et fut enseveli avec ses pires^ dans la vilU de David, son père. (I Rois xxn, 51 .)
// se coucha avec ses pères, et il fut enseveli auprès de ses pères, dans la ville de David. {Il Chron. xxi, 1.)
(178) m n^nTrow-tK; ohQrrv2 nsp^i. tu ii«»,
tiv, 20.) "^
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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
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« U eut des funérailles magnifiques à Jérusalem, car il avait été Timitateur des ac*
tions de David : » Ta^^; 5* Uuxt (UYoXoicpeiroOç èv
Yiuv. {Aut.jud,, IX, m. 2.)
Josaphat a été enseveli dans les sépulcres royaux.
7. JoRAM. — Jl se coucha auprès de ses pères et fut enseveli auprès de ses pères, dans la ville de David. (Il Rois, vin, 24.)
7/ s* en alla sans exciter de regrets ; on
V ensevelit dans la ville de David, mais non dans
la sépulture des rois. {Il Chron. xxi, 20.)
Josèphe fijoule les aétails suivants :
« Bien plus, le peuple insulta son cadavre
en disant, ainsi que je le présume, aue celui
Ïui mourait frappé de la sorte par la colère ivine n'était pas di^ne de recevoir les honneurs dus aux rois; ils ne Tensevelirent pas dans les sépulcres de ses pères ; et sans lui rendre aucun honneur, ils l'enterrèrent comme un simple particulier (179). »
Nous voici en face d'une contradiction palpable.
Suivant le Livre des Rois, Joram fut eU'terré avec ses pères ; suivant les Chroniques, à Tappui desquelles vient le récit de Josèphe, ce prince fut enterré ailleurs.
Cette contradiction ne pourrait-elle se concilier, en disant que Joram ne fut pas jugé dime d'être déposé dans le tombeau qu'il s était fait préparer de son vivant, et qui, par suite, sera resté inoccupé dans les sé-
f)ulcres royaux 7 Je serais presque tenté de e croire.
En résumé, si Joram s'est fait préparer une tombe dans le caveau des rois, il n'y a certainement pas été déposé.