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APPENDICE. - m PONSË A M. ISAMBERT.
tant de persévérance, mais, hélas 1 avec si peu de succès.
. Je ne dirai rien de la phrase suivante : « Chorozaïn n'était lui-même qu'un bourg de Galilée, h une distance de moins de deux milles romains de la première et déserU ($ic)
^au IV' siècle de notre ère. »
I Deux fois M. Isambert parle d*un tronçon, de colonne qui se voit (oisant.au nord d'Et- Rhoueyr, et mon critique me parait s'être flguré que c'est une colonne monumentale diebout. Voici les deux passages : « On n*a« trouvé près du. village Shoushed (lisez d'.4bou'ChêucHed),h l'ouest de la plaine, quune colonne , quoiqu'on ait chepcné ces ruines aveo soin.» —Et, un peu plus bas : « ... Ca* pharnaum n'était réellement qu'un bourg die là Galilée, et, h ce titre, pouvait se trouver autour, de la coloane . au nord-est de Shushed {sic cette fois). » Robinson (p. 286) s^'exprime ainsi : We pasêed a limestone co^ lumn lying cUone in tht plain^ tome ttcenty feet long^ and ai leatt two fiet in diameter. Quant à moi, je me suis contenté de citer, d'après Robinson (p. 493), cette eolonne que je u'ai pas vue.
« S'il fallait absolument, dit Bf : Isambert, des ruines considérables pour répondre h la grandeur exagérée de Câpiiarnaiim (exagérée Rar qui?), celte ville aurait été sur l'emplaeement de Tell-Houm ,. et M. Lynch, ainsi que beaucoup d'autres, ne la place pas ailleurs. » — J'en conclus que M. Lynch et beaucoup d'autres ont tort. Robinson ne s'y ost pas mépris; aussi cherche-t-il Capharaaiim au Khan-Miiiith, en désespoir de cause.. Voici encore une idée de M. Isambert : « Le Kepharnomé de Josèphe, que riea n'oblige à confondre avec Capharnaiim ,. n'était lui-même qu'un bourg. » — Je rappellerai à ce siiyet 1 approbation que M. isambert a donnée à mon. idée de ne pas croire à deux. Bethsayda pour ainsi dire en contact l'une de l'aulre, et je me permettrai de raisonnec de même pour les deux bourss de Gapharnaûnu et de Kepharnomé admis par M.^ Isambert. 11 n'y a., ie le reconnais, qu'une chose oui oblige à faire, de ces deux noms, un seul et même nom; c'esl-^ le bon sens le plus vulgaire ; mais c'est bien quelque chose. Et c'est dans la même page que M. Isambert argumente en alléguant Vâdentité qui le frappe dans les noms. Kenreth, Genousar, Capharnaùm et Kepharnomé I ! !
Continuons. « Au village ruiné d'Aboa- Schoucheh (stc cette fois), où il a trouvé une tour carrée et voûtée , construite en beaux, blocs d'appareil hérodien ou. romain ^ M. de Saulcy veut qu'on reconnaisse l'ancienne Kenret , etc. i» Cette citation, j^e suis fâché de le dire, est tronquée. Je prie M. Isambert de relire ce que je dis des ruines qui existent à Abou-Chouched ,. et H verra que j'indique autre chose qu'une tour construite en beaux blocs d'appareil hérodien ou romain du haut empire , et qui est appliquée contre une muraille de construction plus récente. Je mentionne les innombrables blocs de lave, débris d'édifices d'une haute anti-
quité qui jonchent partout le terrain; pourquoi donc les passer sous silence?
A propos de Khorazyn , M. Isambert dit : « Notre compatriote en fait encore une ville et non un bourgs quoiqu'il n'én> restât plus de trace dès le iv* siècle et que ce fût un désert. » J'ai dit : Saint Jérôme nous apprend' que c'était une petite place de. Galilée, située à deux milles de Capharnaùm;.— et, Ces ruines ont donc, bien que de loin je les aie jugées fort peuconsidérables.desnlinicnsionstellesqu'onpeuti'sans se compromettre, avancer quen ce point a existé un bourg antique. Dès Jors je dis que ce bourg est Khorazyn. Deux fois, il est vrai, pour éviter la répétitioa du mot bourg coup sur coup, j'ai, employé le mot t?i7/e, par respect pour un^ nom.de lieu, tiré des saints Evangiles, et' voilà sur quoi est fondée Taccusatiou de- M. Isambert.
M* Isambert me reproche de ne pas tenir compte du témoignage d'Epiphane (lisez Adamnantuî)j qui appelle Capharnaiim mart- />mf, puisque je reporte celte ville à l'ouest de la plaine. « Nous pensons , dit-il , avecles voyageurs et les antiquaires précédents» que cette dernière fut attenante au lac. v — Témoins Quaresmius et Robinson, qui la placent au Kan-Minieh, c'est-à-dire aussi foin du lac, que la colline où je l'ai retrouvée. Voilà ce que M. Isambert, qui n'a pas vu les lieux, ne pouvait pas deviner. U aesi donc pas de si bon accord qu'il le croit avec les voyageurs et les antiquaires précédents. Quant à Khorozyn , voici la conclusion de M. Isambert : « Alors Chor-ozaïn a pu exister suc les hauteurs qui dominent Tabigab au nord, ou, si l'on reporte Capharnaùm à Tell-Houmm , s'élever jusqu'au puits de Joseph (Khan-Jubb-Yussuf). »
A ceci je réponds que Khorazyn n a pu êt-re sur les hauteurs au dessus des mouhns de Tabrhah, puisque saint Jérôme écrit dans son Commentaire d'Isaïe : In Uttore maris^ Genexareth iila fuisse Capharnaùm, Tiberiada, Bethsaida et Chorozàin, L'expression m litÈore signifie-t-elle au bord même du lacT Pas le moins du monde; elle signifie sur le rivage, et, pour qui a visité le lac de Gennezaretn , le rivage est le terrain sensiblement plat qui joint le lac aux hauteurs considérables qui le dominent partout. Je me servirai encore tout à l'heure de ce précieux^ passage.
« M. de Saulcy, dit M. Isambert, place à* Tell-Houm, dont il reconnaît (lisez il cite) les ruines imposantes, d'après Robinson etLynch, car il n'a pas vu les lieux, la ville de Bethsaïde ou bourgade des pêcheurs (lisez : maison de la pêche) de l'Evangile, sous prétexte 3ue El-Tell, sur la rive orientale du Jourain supérieur, est trop loin du lac ; mais, comme il n'est pas logique de multipler les localités du même nom à une distance de neuf à dix kil., nous croyons qu'il faut effacer la Bethsaïde du sud-ouest et se contenter d'une seule ville sur cette côte. »
Voici ma réponse : Je dis aussi qu'il faut se contenter a une seule ville de Belbsaïda
DlCTIONNAIREiDRS ANTIQUITES BIBL!QU£S.
sur celle côte, parce qu'il n'y en a qu'une, qui est TelUHoura, parce qu'El-Tell, n'élaul pas le moins du inonde sur la côte du lac, ne peut ôtre Belhsaïde, que le passage précité de saint Jérôme y place positivement.
J'ai dit avant M. Isambert qui! n'était pas logique de chercher deux villes du même nom, pour ainsi dire en contact ; aussi j'appelle Bethsaida celle qui est sur le lac, et je ne m'occupe pas de l'autre que je ne connais pas. Belhsaïda devint une ville romaine somptueuse sous le nom de Julias, et les ruines somptueuses de Tell-Houm s'accordent parfaitement avec ce fait positif. M. Isambert ajoute : • M. de Saulcy dit que les ruines d'Et- Tell sont barbares, tandis qu'on devrait y trouver des ruines somptueuses. Maisiln'apas vu ces ruines ; on n'y a pas fait de fouilles ; Robinson et Smith, qui les ont vues, n'ont aucun doute sur cette identité. »
^ Répome : Robinson n'a pas vu les ruines d'El-Tell, parce qu'il est resté malade sur la rive droite du Jourdain, pendant que M. Smith poussait ime reconnaissance sur la rive gauche. Voici ce que Smith dit de ces ruines (Robinson, t. IIÏ) : The ruiné cover a large portion ofit, and are qui te extensive; but $o far oê could be observed, consist entirely of unhewn volcanic stones^ without any distinct trace of ancient architecture. — Thi$ hill and the nitfif upon it abote de$cribed, are probably no other than the êite of the ancient Bethsaida of Gaulonitis, aftertoardn called Julias, — This is doubtless the Bethsalda near to which Jésus fed the five thousand on the east ofthe lake, elc. (p. 387, 8 et 9). Que deviennent maintenant les assertions de M. Isambert?
M. Isambert dit, immédiatement après le passage rapporté ci-dessus : « Nous y sommes df'ailleurs contraints par la nécessité de donner une place au Kepharnomé de Josè-
()he, la première ville ou bourgade de Galiée en deçà du Jourdain, sur la roule de Tnrichée. »
M. Isambert me permettra, j'espère, d'appliquer ici son raisonnement sur les villes du même nom, trop rapprochées l'une de l'autre. Le Kepharnomé, simple bourg, est & Tell- Houm, avec ses ruines si belles, que Robinson les déclare les plusbellesdela Palestine, et si Capharnaiim est au Khan-Minieh, voilà lieux localités de même nom beaucoup trop voisines.
L'EukIyah, aue j'ai citée d'après M. de Bertou, est, dit M. Isambert, un nom jeté dans la narration de celui-ci, sans en fixer la position précise, et sans y signaler aucunes ruines: ceci est encore une assertion inexacle. Je copie M. de Bertou : « A peu de distance sur les montagnes vers l'est, on m'indiqua d'autres débris de constructions nommées El- Maschadieh et Koufer-Hareb ; puisEuklyah. qui est sur la rive droite du fleuve et près de son embouchure. » Je ne sais pas comment M. de Bertou aurait pu dire plus clairement
auelenom Euclyah est appliqué à des débris e constructions.
Poursuivons. « M. de Saulcy se livre à des arguments stratégiques pour contester à Et-
Tell la position de l'ancienne Julias... L'espace nous manque pour reproduire ici la réfutation détaillée que nous avons fiaite de ces ar^ments : ils ne respectent ni le texte de Pime ni celui de Thistorien Josèphe, lesquels mettent Julias à l'orient du fleuve. »
Ce reproche de ne pas respecter les textes de Josèphe et de Piine, textes que j'ai amplement discutés, est tout giatuit. M. Isambert me permettra de lui reprinther à mon tour de passer l'éponge sur le texte de Ptolémée. Quant à la réfutation de tous mes arguments, je regrette aue l'espace ait manqué à M. Isambert pour Ta produire. Voilà la seconde fois qu'il se sert ae ce mode de discussion, et j'ai bien peur que» l'une comme Tautre fois, cela ne signifie simplement ceci : ne sachant que dire, je vous préviens à loui risque que je pourrais dire neaucoiu;) , afin de prouver que vous vous trompe?. A fa place de M. Isambert, je Tafllnnerais moins» et je le prouverais surabondamment, car, sur un pa* reil sujet, l'espace ne fait rien à l'affaire.
Ce qui est curieux au delà de toute exprès- >ion, c'est qu'après avoir si bien dit que j'ai tort» M. Isambert conclut ainsi : « Quant aux coral>als livrés par Josèphe aux troupes d'Agrippa II, c'est à Taide d'une supposition que notre compatriote place les premiers engagements sur la RIVE GAUCHE, et ajoute que la ville ap-^ partenait aux Galiléens. Tout se passa au contraire sur la RIVE omoiTE. ^ C'est précisément là tout ce que j'ai dit, et comme tout ce que M. Isambert a réfuté dans la dissertation qu'if tient en portefeuille se résume précisément en ce qu il vient de transcrire, ou bien nous sommes complètement d*accord» ou bien M. Isambert ne se rend pas suflisamm^nt compte de ce qu'il éorit, et dit blanc quand il croit dire noir. Ceci le regarde, et je m'en liens à l'aveu quii je viens de transcrire textjcllement, puisqu'il me donne gain de cause.
« M. de Saulcy, dit M. Isambert, a eu le malheur de ne paVcourir les bords du lac qiœ dans un espace de 7 kilomètres aq* nord de Tabarieh. » Que M. Isambert prenne son compas et voie ce qu'il y a de kilomètres de Thabarieh au Khan-Minieh. Mettons un instant avec lui qu'il n'y en a que sept, il reconnaît que de Thabaneh aux ruines de Kadès (Tarichées) il y a 4 kil. 1/2; ajoutons-en deux au moins pour aller à la sortie du Jourdain, cela fait toujours 7 + 41/2+2=13 kil. 1/2 au moins. Dans un autre passage, M. Isambert affirme que je n'ai guère vu mi'un huitième de la côte. Huit fois 13 kil. 1/2 donnent 108 kil. ou ^7 lieues de tour, premier chiffre absurde. Mais ce n'est pas tout : El-Medjdel, dit M. Isambert, esta 6 kil. de Thabarieh, El- Medjdel est à l'entrée d'El-Rhoue/r, qui a 5 kil. de long, 7 et 5 font 12; le Khan-Minieh est au delà du Rhoueyr, et, par conséquent, à plus de 12 kil. de Thabarieh, et cependant pour y arriver, je n'ai parcouru que 7 kil., deuxième chiffre aussi absurde que le premier.
Pour quitter les bords du lac, j'ai pris le ravin de Shusheh (sic, cette fois), afin de gagner Saltd. Où M. Isambert a-l-il vu cela fil
Hi
APPtNMCE. — REPONSE A M. ISAMBLRT.
nous fiiut, aî-je dît, gnmper te long de Ténorme muraiUe de montagnes qui semble nous barrer te chemin. Est-ce là ce que M. bambert prend pour le ravin de Cboucbed» ravin qui n'existe que dans son imagination ? Je dois avoir traversé plusieurs cours d^eau, k ce que dit M. Isambert, et M. Isambert se trompe» je Ten avertis. Malgré son avis> je n'ai pas traversé « la rivière importante qui baigne le château de Chouni, et le gros village de Rabadieh ; Kiepert et Zimmermann l'appellent Wady-el-Leymon. »]'ai précisé* ment recommencé à observer le pays» sur le bord de la vallée profonde qui porte le nom d*Ouad-el-Lainoun, et dans l'Ouad-el-Heqab au fond duquel coule un gros ruisseau que j'ai traversé et c[ue je signale. De ce point k Safed il y a à peine trois quarts d'heure de marahe.
Quant à l'origine de Safed» je l'ai cherchée vainement comme Robinson; M. Isambert est plus heureux ; il lui en trouve trois, mais cussi mauvaises l'une que l'autre, et qu*il ré* fute lui-même le plus vite possible.
Ici se termine le deuxième article de &I. Isambert. Passons au troisième, et exami* nons-le d'aussi presque les deux premiers.
TROisrixB PARTIE. — La Galilée âupérieure^ les sources du Jourdain^ la Cœlesyrie, ei le complément de la route de Phénicte.
Dans ce troisième article, M. Isambert s'occupe beaucoup moins de moi ; mais chaque fois qu*il s'en occupe, c'est pour réfuter ce tfue j'ai dit, et il le fait toiqours aussi malheureusement que dans les deux articles précédents ; c'est ce que je vais prouver.
M. Isambert, aprte avoir parlé de Safed, mentionne « un village nommé Meruu, qui
f)araît à Robinson le Beth-Meron dans lequel es talmudistes placent les tombeaux de quelques rabbins célèbres. H. de Saulcy, dit-il, Ï voit la ville de Josué que l'hébreu écrit irône, les Septante Keroë, et la Vulgate leron. Notre compatriote l'appelle Zaraoun ; mais les cartes modernes placent ce dernier lieu assez loin, au nord de Herom.
M. Isambert continue, comme on le voit, à user du privilège d'écrire les noms géographiques de plusieurs façons. Cette mis, le même alinéa contient les variantes Merûm et Merom, du nom oue Robinson écrit MeirAn.
Quant au nom ae Zaraoun, il est de l'invention de M. Isambert. J'ai écrit Yaroun ; je n'ai pas dit que ce fût sûrement la Yeraoun du Livre de Josué, et j'ai mentionné avant BI. Isambert la localité placée au nord-ouest deSafed, et que Zimmermann appelle Yaroun. Donc cette fois, M. Isambert n'a rien produit de nouveau, que le nom qui lui appartient k lui seul. Quant au Keroë des Septante, j'ignore comment il faut s'y prendre pour
Sononcer 'la/}f(ûv (Reland, p. 161). M. de ulcy n'hésite pas non plus à voir dans le village moderne El-Jist (El-Djieh] la Giscala des rabbins. Cette ville était sur la route de Safeh {sic) à Tyr, k l'est du village de Sasa que notre compatriote appelle Souf-Safeh. » Cet«e fois encoro, autant de noms citéî>,
autant de noms altérés, c'est E1-I>iich que j'ai écrit. Le nom Sasa n*est pas arabe, tandisque le nom Soufsafch, signifiant /fj saules, est parfaitement applicable. Quant aux ruines de Giscala, H. Isambert aflinue que Kiepert l^s rapproche beaucoup plus de Safed que MM. Jacotin etCallier, et que Zimmermann et M. de Saulcy en font autant. Je nie bornerai k prier M. Isambert de vouloir bien dire où et quand j'ai parlé du site des ruines de Giscala.
M. Isambert continue en disant que je nie suis rendu h la hauteur du lac Bahr-el-Houleh (ce qui revient à Lac-Lac^el-Houleh) , en traversant un large cours d'eau « que j'appelle ouad Feraeura (Furara). » Apparemment, M. Isambert crpit qu'un ouad est
un cours d'eau, car voici ce que j'ai dit :
Dans le fond de l'ouad que suit un beau ruisseau d'eau vive, qui roule de roche en roche, à travers des arbrisseaux et de belles
|)lantes aquatiques Je demande où est le arge cours d'eau que j'ai traversé au dire de H. Isambert.
J'ai pensé que des ruines considérables placées h la pointe sud du Bahr-el-Houleh pourraient êtres celles de Séleucie. Bien entendu nue M. Isambert rejette fort loin cette hypothèse. Il affirme que Josèphe indique clairement que Séleucie était du côté ae Gamala, par conséquent à l'est du Jourdain, qui séparait évidemment la Galilée de la Gauianitide. A ceci je vois une difficulté, c'est que le passage de Josèphe ne se prête guère à cette interprétation. Comme M. Isambert pourrait rejeter ma traduction, voici celle de Dindorf : Cum istis autem conspirabat Gamala, urbs in ora lacus Taricheis obversa; ad fines autem Agrippœ hœc pertinebat, itemqtu Sogane, et Seleucia. Et hœ quidem Gaulanitidis reaionis ambœ [superioris quippe, quœ Gaulana vocaiur, pars erat Sogane, et inferioris Ga^ maia), Seleucia vero sita ad Semechonitarum lacum,
N*est-il pas rendu évident par la phrase entre parenthèses que les deux villes de la Gauianitide mentionnées par Josèphe étaient Sogane et Gamala, et qu'il distingue Séleiicie placée ir/»ôc rn Zffiix<<»v(T6v ^tf^v*} i J^e persiste donc à signaler les ruines en question comnie pouvant être celles de Séleucie. M. Isambert aimerait mieux chercher Thella en ce point ; je ne demande pas mieux qu'il démontre la réalité de cette identification, et je serai le premier è y applaudir.
M. Isambert devrait s'abstenir de toute traduction des noms arabes, car il n'est nas heureux en ce genre. Jisr-benat-Yakouo (lisez Djisr], signifie poitr des filles et non de la fille de Jacob, « I y a près de ce pont, ajoule-t-il, et du côté oriental, un kan ruiné, dans lequel M. Lynch, sobre deconjectures, ne trouve pas les souvenirs de Séleucie. Cependant ceUe ville avait de l'importance et eue était dans ces parages.»
Ceci est évidemment un reproche implicite h mon adresse ; mais je me aispense de l'accepter.
M. li^ambert dit que le petit lac de Houleh
DICTIONNAIRE DlilS ANTIQUITES BIBLIQUES.
a été décoré au/rcjToû du nom de mer de Merom ; il ferait mieux de dire aujourd'kuij
(luisque le mot bahr signifle proprement mfr. I ajoute : « M. deSaulcy signale une fontaine dite £1-Belatah (source des grosses [>ierres), et il en conclut que là, dans l'antiquité,, il a dû V avoir au moins une petite ville, mais il ne la désigne pas. » — D'abord j*ai écrit Aynel Belathat et non Belalah, C'est ayn qui signifie source, belathat ne signiGant que les grosses pierres; ensuite j'ai ajouté : « Cet ayn est bien nommé, car il est entouré de blocs de pierres qui sont certainement des débris de constructions. Là donc fut une petite vil h dans l'antiquité. » C'est donc de la présence de ces ruines, et non pas du nom lui-même de la source que j'ai coaclu.
A propos du Baflr-d-RouleJi, M. Isambert dit « que c'est Jacotin qui le premier en a donné la figure ; il n'avait pu en lever le plan. » Comment a-t-il doue fait?
Imm^édialement accès, M. Isambert altère encore^ comme toujours, les noms de lieu qu'il tire de mon livre ; puis il dit: « Enfin à un khan, qu'il croit l'^rdh-ed-Zouk de Bertou, M. de Saulcy signale une enceinte uolygone et les débris d'une ville immense. » Il y a autant d'erreurs que de mots dans cette dernière pbrase.
1" 11 n'y a pas de khan, mais bien une ruine cyclopéenne qui se nomme El-Khan.
2* Je né prends pas un khan pour un pays et ardh signifie tecre, contrée, pays. Si K. Isambert m'avait lu atientivement,* il n'eût pas commis cette méprise (p. 53G|.
3* M. de Bertou n'a pas écrit Ardh-ed-Zouk ; M. Isambert ne sachant pas l'arabe est seul capable d'écrire des noms pareils.
4* Es^souq veut dire le marché» et ez-zouk veut dire une obscénité,, donc l'orthographe qu'adopte M. Isambert n'est pas lK3ureuse.
5* L'enceinte que je signale et qui porte spécialement le nom d'El-Khan est un carré cle 60 mètres de côlé. A quoi bon se servir de ce mot enceinte jkolyyone (Usez polugofifl/e) T
M. Isambert prétend qu'une carie topograpYiique pourrait seule expliquer cette partie obscure de ma narration. Je suis désolé de n'avoir pas été compris de M. Isambert ; mais lieureusement lui seul jusqu'ici s'est plaint de n'avoir pas saisi le sens de ce passage de mon livre ; i)eut-étre l'a-t-il lu comme tant d'autres qu il trouve clairs, et dans lesquels il a néanmoins commis beaucoup de confusions que j'ai déjà signalées.
Voici encore une preuve du danger qu'il y a de copier des noms qu'on ne comprend pas. M. Isambert dit : « Dans le partage des enfants de Nephthali, le même livre compte Hatzor et Enè-llatzor comme subsistantes ; mais dans les Septante la secondq est seulement ({ualiliée de fontaine. »
Je me fais un devoir d'apprendre à M. Isambert que Ejiè-Ilatzor est un nom altéré ; que le texte hébraïque donne Ayn-Hasor, c'est-àdire fontaine de Uasor, et qu'en conséquence les Septante cTnt bien traduit ce nom.
Le paragraphe suivant contient des appré-
ciations des saintes Ecritures^ à la manière de M. Isambert, qui a du moins le mérite de dire franchement : a lions pensons que Josè- })he est plus historique. > Jrai déjà dit que je ne suivrais pas mes critiques,, quels qu'ils fussent, sur ce terrain.
M. Isambert cherche Hazor « à Azor, village qui n'est qu'à 3 kilomètres au nord-est de Kadès, plutôt qu'à Ez-Zouk( lisez de grâce Es^So%Aqy ne fût-ce que par pudeur), où les voyageurs précédents n ont pas trouvé de ruines, surtout de polygone, efc qu'ils appellent un misérable village, n
Es-Souq est pour moi ua village arabe et rien de plus ; il est tout à fait en dehors des ruines,, et pea m'importe que mes devanciers n'aient pas trouvé les ruines que j'ai trouvée^. Que veut dire en fcançais M. Isambert par son : n'ont pas trouvé surtout de polygone? Sefait-^e n^r hasard une allusion a luoa pi'cmier métier d'artilleur 7|
Jf. Isambert pcétend que « dans Kedës (lisez A'ad A), on s'accorde à reconneltre le Kedesch, ouKadès-Barne du Livre de Josué, etb Kedesèsou^ Kydisa de Josèphe, près de Beroth. » Dieu merci ! il n'y a que M. Isambert qui ait commis une confusion aussi monstrueuse, car elle l'est autant que celle contre laquelle il a lui-môme cru devoir mettre ses lecteurs en garde,, à propos de la bphia de Galilée et du port de Jaffa. On s'ac^ cordera donc, ceci est certain-, à dire que M. Isambert^ se trompe sur ce point du blanc au noir.
Voici pourquoi : Kadès*Barnea on. simplement Kadès,. esta onze journées de marche du mont Horeb. ( Deutéronome , i, 2 .)C*est dfe là que funent envoyés par Moïse les explorateurs du pays deKenaân, lesquels s'avaacèrenl jusqu'à Hebron,.etc. Jen'en finicais pas si je voulais accumuler tes citations bibliques qui prouvent que M. Isambert a confondu entre elles des localités bien plus éloignées encore l'une de l'autre que Jaffa et laphia.Je n'insisterai donc pas; mais franchement lorsqu'on réfute les travaux géographiques d autrui, on devrait évitée de ^ commettre des erreurs pareilles..
A la septième ligne qui suit je fis ceci : « Saint Jérôme et Eusèbe parient* de l'Azor de Josué comme d'un bour^ ou d*une cité rardicalement ruinée, tandis qu'il v en avait une florissante (sans doiue Azotus) près d'Astalon ; c'est l'Asor de la tribu de Juda ou de Benj.amin. » Il y avait trois Uasor au sud de la tribu de Juda, et l'une d'elles, nommée Has<ir-Ia-Neuve, était près d'Ascalon. Eusèbe rappeIIe,K<wpiî.bourgade,etsainl Jérôme r///a; elle était, disent-ils tous deux, à Torieut d'A^ calon, et voilà que M. Isambert en fait Azotus, dont le nom hébraïque est Esdcd, juste comme le nom arabe actuel, et qui est à peu près au nord d'Ascalon I
M. Isamliert s'écrie à propos d'Hasor: « Le prophète Jéréinie dit qu'^elle fut encore détruite et qu'il n'y resta ni portes ni verrous; comment, plus de \ingl-quatre siècles après, M. de Saulcy en aurait-il découvert de si
APFENDICG. — REPONSE A M. ISABIBERT.
grandes ruines?» — Dabonl, en lisant ua peu plus Attentivement le passage de Jérémie, no fût-ce que dans mon livre , M. Isambert aurait ru que cette vîlte n*avait plus ni
[sortes ni verroux» avant ta venus ae Na- K)ukailr9sar ; que par conséquent elle était d(^mantetée depuis le passage de Tiglat-FalaSar. Il aurait lu de plus ceci : J7azor deviendra te repaire des chakaig, une solitude pour toujours, personne n'y demeu* rera , ni aucun homme n*y séjournera, — Ceci posé, comme les cbakals ne font pas disparaître d^énormes blocsde lave, et comme les Arabes nomades ne s'en soucient pas plus que les chakals» il y a grande chance pour aue les blocs qui sont là gisant depuis plus cfe vingt-quatre siècles, y gisent encore dans des milliers d'années. Que signifie donc Te^LcIamation de M. IsambertT
M. Isambert, qui ne veut pas que j'aie retrouvé Hazop, s'exprime ainsi : « N'est-ce pas plutôt aux ruines de Dan, existant du temps ci'Eusèbe sous le titre de bourg, et du temps de Jérôme (lisezsaint Jérôme] sous le titre de Viculus, qTi'il aurait dû appliquer les ruines qu'il a vues? » A ceci je réponds par un texte de Josèphe, historien pour leçiuel M. Isamberta une si profonde vénération. (.4n^Jud. VIII, VIII, 4j. Josèphe nous dit que l'un des veaux d'or fut établi par Jéroboam h Afcvu (^
i: ivri npoç xatç ittiyatç xov ucx/bov 'lop9ccyov).Ceci
coupe court à la velléité de M. isambert de chercher Dan sur la rive droite de Nahr-Has* bayah et à plus d'une demi-lieue de cette rivière. Je répète donc ce que j'ai dit, il serait absurde de chercher les ruines de Dan dans celles qui sont autour d'El-Khan. M. Isambert conclut en disant : « Il y a donc les plus fortes raisons d'identité entre les ruines vues [>ar M. de Saul(5y h Souqou Zouk (M. Isambert y lient), et les ruines de Dan ; celles d*Uazor, plus rapprochées du lac, avaient depuis longtemps disparu dès avant le commencement de notre ère ; Sans tous les cas, il faut sur ce point de nouvelles vérifb^ations. n
Voici qui est plus curieux et qui prouverait véritablement que M. Isambert ne m'a pas même lu en courant :« Notre voyageur, dil-il, parait d'ailleurs dominé par une illusion biblique, quand il croit avoir vu h Cadish (ancienne Kadès) ou Gali, les ruines du veau doré ou d'or, élevé par Jéroboam à Dan , aux faux dieux, il y a trois mille ans. On est d'accord sur le nom précisé de Dan, avec Dauè ou Danos, etDaphné de Josèphe.»
Je n'ai pas dit un seul mot de tout cela, je n ai nommé Kadès que pour dire que j'y voulais aller, en quittant Safed, et que mon guide m'a conduit dans un sens tout à fait opposé. Quant au reste, voici ce que je dis : « Enfin le Tell-el-Qadhi est l'emplacement où Jéroboam avait placé uc r^eses veaux d'or, du temple de la Vache d'or mentionné par Josèphe. Les ruines de Dan sont Gontiguës, et probablement le Tell-el-Qadhi » (cela veut dire la colline du juge, et je donne cette traduction è dessein pour cpie M. Isambert ne soit plus exposé i dire : le point Kl-
Qadhi) « tùX travaillé de main d'homme, pour servir d'assiette au temple de Jéroboam. »
M. Isambert s'occupant ensuite du Jourdain écrit ceci : «i Les sources sont multiples en cet endroit ; il y en a du côté de l'orient, celles de Panéas^ et, du côté de l'occident, celles de Dan, et on les confond à cause de leur voisinage. Josèphe appelle expressément la source près de Dan le petit Jourdain, pour le distinguer de la branche principale qui avait sa source 12Û stades plus haut. »
Un mot h ceci. M. Isamhert ne s'aperçoit as que s'il met Dan h El-Khan il y a entre es deux sources du Jourdain, le Nahr-Hcsbayah 1 Je me hâte de l'en avertir.
Vient ensuite une appréciation de M. Isambert sur les théories étymologiques des hébraïsanls. Je ne perdrai pas mon temps à rien discuter de ce genre avec M. Isambert, qui ne sait pas Thébreu. Mon docte critique a tort de se croire au courant des découvertes géographiques en Syrie^car il n'en est rien. Il déplore, par exemple, l'incertitude où il se trouve sur le site de Jotapata, et il ignore que ce site a été très-bien reconnu, il y a quelques années déjà, par feu le docteur dchuiz, consul de Prusse à Jérusalem. De plus, M. Isambert essaye de placer le Toron des croisades à Tibnin, quaiici le nom de Tourân devait lui sauter aux yeux.
Mais « revenons, avec M. Isambert, aux sources du Jourdain et au pays à l'est de Banias, qui se rattachent encore par tant de souvenirs à la Palestine. L'historien Josèphe dit que la source principale du Jourdain était à 120 stades dePanéas ou Césarée. »
Ces 120 stades, M. Isamhert les évalue 22 kil. 200, etc., qu'il compte dans la vallée de Basbayah, qui s'étend directement au nord, mais qui se trouve fortement rejetée à l'ouest de Banias. « A 20,362 mètres (ni plus ni moins! quelle admirable précision!) se trouve sur cette ligne la ville de Basbayah. Près de cette ville, au nord-ouest, est une source qu'on peut considérer, dit M. Isambert, comme Tune de celles qui forment principalement la rivière Hasbany ou le Joui dain supérieur. Vers le plus haut point de la vallée que nous décrivons, est une autre ville de quelque impoilance, Rasheva, d'où part une route qui se rend de la vallée du Léontes et de la Phénicie è Damas. Tout près de là, selon M. Callier, au revers de la monlaçnc, est un lac demi-circulaire. Rien ne conviendrait mieux (lisez plus mal) que ce lac à la description que donne Josèphe de la source i)rincipale du Jourdain, avec lequel un lac nommé Phialé entretenait une communication souterraine, ce qui fut vérifié par Philippe le tétrarque, qui y ieta des objets que Von retrouva fiottant dans le Jouitlain. Malheureusement entre Rasheya, entre son loc et Banias, qui est reconnu la source du petit Jourdain (ceci n'est reconnu que par M. Isambert jusqu'ici), il y a une distance de 19 milks géographiques, environ 35 kilomètres sans coiiq^ler tcs détours. Alorc il aurait fallu que
DICTIONNAlhC DES ANTIQUITES BIBLIOUES.
Josèphe plaçât k Phialc à 200 stades et non il 120. »
Tai dit que rien ne conviendrait plus mal que le lac signalé par le général Callier à ce que Josèphe nous dit du lac Phialé. Celui-ci <^tait rond, ce qui lui avait valu son nom, dit rhistorien des Juifs ; Taulre est demi-circulaire. Le lac Phialé était à 120 stades de Banias, è droite de la route qui conduisait dans la Trachonitide ; le lac de Racheyah est è 200 stades, et fort loin de cette route. M. Isamhert déclare qu'il est fort difficile de ne pas considérer ce haut pavs comme répondant h l'ancienne Trachonitide. Qu'il veuille bien relire les textes réunis par Reland, et M. Isamhert reconnaîtra, je n*en doute pas, que la Trachonitide, pays arabe proprement dit, et qui s'étendait jusqu'à Bostra, n'a rien de commun avec la vallée d'Hasbayah. Tout l'édifice si péniblement construit par M. Isambert s'écroule donc des qu'on jette les yeux dessus.
M. Isambert parte de « lu montagne appelée autrefois Paneïon, d'où sort l'une des sources du Jourdain, et qui se présente sur la route de Banias à Damas. » C'est une grosse erreur; le Paneïon, c'était, au dire de Josèphe, la grotte de Pan, grotte naturelle, creusée au pied même de la montagne, et du fond de laquelle sort le Jourdain. Cette grotte et la montagne qui la recèle dans ses flancs sont h Bamas même, et on leur tourne précisément le dos en prenant la route de Damas. La montagne, c'est le mont Hernion, le pjebelech-Cheikh d'aujourd'hui.
«r Vient ensuite, dit M. Isambert, du côté de l'est, le défilé d'Aïn-el-Hazouri, où M. de Saulcy retrouve un souvenir de la ville ou du royaume de Hatzor, quoiçiue nous soyons évidemment hors du territoire deNephtbali et de Dan, et par conséquent de la Judée. » Voici le passage de mon livre sur lequel M. Isambert fait cette réflexion : a Je me contenterai de faire remarquer la singulière analogie de ce nom avec celui d'Âyn-Bazor mentionné dans le Livre de Josué parmi les villes fortes de la tribu de Nephthali. Le terrain où nous sommes faisait-il partie du territoire de Nephthali T Y a-t-il auprès de cette source des ruines auxquelles puisse s'appliquer le nom biblique? Comme je ne l'ai pas vérifié, je n'en sais absolument nen, et je recommande ce sujet de recherches auxvoyageurs futurs. » U
Î^ a un peu loin de }h à laflirmation que M. sambert me prête gratuitement.
M. Isambert est fort imprudent de parler de l'état physique des lieux qu'il n'a pas vus. Ainsi il suppose qu'une large chaîne de montagnes sépare Banias du Merdj-el-Afoureh, où se trouve le lac Phialé, et que, par conséquent, il n'est pas possible d'adopter la fiction d'une communication souterraine des eaux. Or je déclare que le Merdj-el-Afoureb est à peu près au niveau des neiges, et qu'on ne cesse de monter» pour y arriver, des la sortie de Banias. Dès lors son argumentation n'a aucune valeur. Voici encore un très-curieux passage du rapport de M. isambert : fi Dans le village de Megdel-etb-Chems (lisez
MeâjdeUech-Chem$),s\XT le revers oriental de l'Anti-Liban, M. de Saulcy croit voir le Bcit- Chemsde la tribu de Nephthali. Le nom hébreu de Josué est Beth-Shemun (ceci est inexact : voyez Jug. i, 33, et Jo$ué xix, 38« où il y a en toutes lettres Beit-Chems, que les transcnpteurs ont lu Beth-Schamesh.RELAiiD, p.65oj, Baithaned des Septante (ceci est inexact ; ils lisent Bii6aflct/è;:t\ELAiiD,p. 161),etde la Vulgate Bethsamé (ceci est inexact; elle donne Beth^ $am). Quel rapport y a-t-ii entre ces noms et celui de Medjdel, qu'ailleurs^ pour l'histoire évangélique du lac de Tibériade, on traduit par Magdala? 9
Nous donnerons encore ici une petite leçoo d'hébreu et d'arabe à M. Isambert. Medjdel veut dire fortere$$e; Beii veut dire maisw: Chems veut dire êoteif. Par conséquent, Beit- Chem», en hébreu, signifie maison du ioltH, • t Medjdel'ech-Chems^ forteresse du soleil. Entin M. Isambert seul peut dire que quelqu'un traduit Medjdel par Magdala.
Poursuivons. « A Beit-Jenn (liseï Beit- Djenn), plus au nord, M. de Saulcy place l'Abela, que YOnomasticon d'Eusèbe et de Jérôme (lisez saint Jéràmé) placent entre Panéas et Damas : nous ne voyons pas qu'aucun géographe ait adopté cette opinion, et l'auteur n'y insiste pas. On a vu plus haut que nous plaçons avec M. Ed. Robînson cette Abela dans la Batanée, ou vallée de THasbany. » Plus haut M. Isambert a fait de la vaille de Nahr-Hasbayah, la Trachonitide ; cette fois il lui est commode d'en faire la Batanée; rien de mieux; mais cela est-il bien permist Quant à Abela, voici ce que j'ai dit : € Dias YOnomasticon , Eusèbe et saint Jérôme placent une localité nommée Abela entre Damas et Panéas, mais je ne sais absolumest où trouver cette Abela. Sur la route que j'ai parcourue, je n*ai pas rencontré un nom qui puisse être consioéré comme contenant la plus légère trace du nom d'Abela. Feut-fttre les ruines de cette localité sont-eHes celles que j'ai traversées entre Medjdel-ech-Cbems et le plateau nommé Merdjet-Hadarab ; p^utêtre sont-elles à Beit-Djenu.» Voilà tout ce que j'ai dit, et M. Isambert, on te voit une fois de plus, rend singulièrement compte de mes opinions.
Je devais m'attendre à voir H. Isambert rejeter bien loin la discussion que j'ai bit subir aux textes des itinéraires anciens, pour retrouver Aere à Kafr ^aouar. Mon attente n a pas été trompée, c'est en copiant mal les itinéraires et pu altérant les noms antiaues et modernes que M. Isambert arrive à ses fins. Kafr-Haouar devient Kefh ou Kafr-Hauwar.
« Près de ce village» dit M. Isambert, sur une colline, est une sorte de bâtiment carré que k*s Arabes appellent Qobi - Nimroud (lisez^ Qobr (tombeau) Nimroud). » Donc M. Isambert ne m'a pas lu ; je dis que de loin je m'étais fleuré à tort c^ue le Qobr-Nimroud était un bâtiment carié placé sur une colline derrière Kafr-Haouar, et gue jai appris sur ))]ace, que ce bâtiment n était qu'une grange, tandis que le fameux Qobr-Nimroud consistait en deux gros blocs carrés, arrachés à quel*
APPENDICE. — REPONSE A M. ISAMBERT
que édifice antique, et jetés au hasard au milieu d'un champ, à trois ou quatre cents mètres du village, en avant de celui-ci, et en plaine. M. Isambert, parlant du stylohate en marbre blanc et de Tinscription que j'ai trou- . vés à Kafr-Haouor, dit que celte inscription concerne la déesse as$yrienne Atargaté (lisez «yrtenne), « et que de cette double décou- ' verte je conclus que c'est l'emplacement de ifire-ad-Ammontem (ifinos) que les itinéraires anciens placent entre Damas et Neve. » Cette dernière phrase ne contient que trois grosses erreurs. Aère est une localité; Ad-Ammontem une autre, et enfin ifinos une troisième. Voyez plutôt l'Itinéraire XLvni d'Anlonin ; il contient Aère seulement, l'Itinéraire xlix de même; la Table Théodosienne place Ad-Ammontem entre Damas et Panéas; enfin, dans cette môme table, yfinos est entre Damas et Canatha qui précède Neve. Que signifie alors le tableau dans lequel M. Isambert signale des différences de distance entre Damas et ces trois lieux distincts? M. Isambert est encore à côté de la vérité, quand il me fait conclure immédiatement de la présence d'un temple à Kafr-Haouar, que c'est Aère. J'en ai conclu nue là était une localité antique importante ; j ai cherché ce qu'elle était, et j'ai trouvé Aère que M. Isambert ne parviendra pas, je le crois, h déloger de là.
Je me bornerai à transcrire sans commentaire le passage suivant : « A raison de l'analogie qu'il trouve entre Aère ou ifinos et Haouar, notre compatriote ne doute pas qu'il n'ait retrouvé l'emplacement de cette ancienne ville. A la vérité il n'y a pas de rapport entre ifincs et Ad-MoDtem (sic) ; mais entre Haouar et !^ village de Beitima, dit-il, sont un ravin et ure petite rivière, appelée par Zimmerinann Hoiedeb-Herane ; c'en est assez pour en conclure, vu d'ailleurs qu'il y a sur ce ruisseau un beau (ces mots sont soulignés) pont antique de deux arches, l'identité de ces deux points. » Je viens de faire remarquer que le mot ruisseau était souligné ; voici pourquoi : il fallait me prêter l'assemblage ridi-* cule des mots ruisseau et beau pont; or, voici ce que j'ai écrit : «i Entre les deux (Kafr-IIaouar et Beitimah) coule une rivière que la carte de Zimmerroann appelle, je ne sais sur quelle autorité, Moiedeb-Herane, et un beau pont antique de deux arches, fort bien conservé, puisqu'il est encore en service, réunit les deux rives du cours d'eau » ; et encore : « Mais au pied même de cette hauteur coule une rivière, » etc. ; enfin o 1^ rivièic dont J'ai parlé tout à l'heure se présente au bout de très-peu deminutes,» etc. Quant àM. IsamiK^rt, qui n'a pas vu cette rivière, il en fait résolument d abord une petite rivière qui coule dans un ravin; puis un ruisseau: ceci est au moins imprudent.
Ce qui n'est pas moins curieux, c'est que M. bauibert lui-même constate que « d'Anville distingue ifinos de la localité d'Ad-Montem (sic) et ne parle pas d'Aere. »
M. Isambert constate de plus que la distance d'Haouar, prise sans doute sur les carti:s à sa disposition, ne s'accorde pas avec
celle des itinéraires anciens. Cela, je l'ai dit avant lui ; mais quand il ajoute que je pense crue la carte de Zimmermann est ici tres-déiectueuse, il se trompe; je fais mieux que de le penser, je l'alTirme de la manière suivante : « La carte de Zimmermann est tout à fait erronée, pour tout le pays dans lequel sont compris les villages de Beitimah et de Kafr- Haouar, etc. » II est vrai que M. Isambert n'est nullement disposé à me croire sur parole. Mais passons, non toutefois sans prier en grâce M. Isambert de se dispenser dorénavant d'écrire comme variante du nom d'Artouz le nom Arsoude qui n'est qu'étrange.
Pour être exact, j'ai parlé des deux bâtiments qui dominent à quelques cents mètres à l'est le village d'Artouz ; mais je n'ai attaché aucune espèce d'importance à ces deux conslructions modernes; je ne devine donc pas ce qui a pu décider M. Isambert à en parler dans son rapport.
« A Damas, dit M. Isambert, le cimetière musulman présente des sarcophages exactement conformes à ceux que notre voyageur appelle les tombeaux des rois de Juda, en dehors de Jérusalem. Cette observation de sa part ne diminue-t-elle pas beaucoup l'importance aue lui-même a attachée à ces tombeaux?» A ceci je répondrai qu'au Père-Lachaise il y a des tombeaux en forme de pyramides, et que je ne vois pas trop comment leur existence servirait à démontrer que les pyramides d'Egypte sont modernes. Je dirais encore bien mieux la même chose à propos de la pyramide de C. Sestius qui se voit à Rome.
Il parait que M. Isambert n'a rien trouvé de nouveau dans ce que j'ai dit des monuments antiques de Damas ; je ne disputerai pas avec lui pour si peu.
« En passant, continue M. Isambert, près du pontromain qui ouvre le passage des deux rives du Barrada, le commandant américain (Lynch) signale, » etc. D'abord je prie M.Isanibert d'écrire Baradah, qui est le vrai nom de la rivière ; puis ie l'invite à biffer le mot romain après l'indication du pont en question, vu que c'est un pont turc et pariaitement moderne.
M. le général Callier a très-bien fait de designer sous le nom de Soua le village qui a pris la place de l'Abila de Lysanias et qui s'appelle Souq-Ouadi Baradah, c'est-à-dire le marché de la vallée du Baradah.
J'ai copié une double inscription romaine qui constate que la voie antique ftit reconstruite aux frais des Abilénicns par la 16' légion, et je n'ai pas le moins du monde prétendu que j'avais découvert ces inscriptions. M. Isambert en donne la traduction, mais à sa façon, c'est-à-dire en émettant une monstruosité historique. Suivant lui, cette routn fut construite sous le règne des empereurs Marc-Aurèle, Antonin et Verus. Pour être d'accord avec l'histoire romaine, il aurait fallu ne faire qu'un personnage de Marc-Aurèle Antonin, et un second de Verus. Il y en a
DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES BIBLIQUES
donc un de trop dans la traduction de M. ïsambert.
Voici maintenant la preuve que je n'ai pas pensé découvrir ces inscriptions : je dis en note : Je ne sais si cette inscription est inédite, mais j'avoue que je ne le pense pas, elle est trop en vue de tous les voyageurs qui se rendent de Damas à Bâalbek.
« M. de Saulcy, ajoute M. ïsambert.a trouvé de plus des restes d'une inscription grecque, mais trop mutilée pour qu'on y ait reconnu une date historique. » Voici ce qu'il j^ a de vrai à ce sujet. J'ai reproduit trois inscriptions grecques trouvées par moi à Abila. L'une porte une date dans une couronne : elle est très-bien conservée; la seconde est une inscripticm chrétienne entière et très-lisible avec aate;enrmja troisième est une épitaphe qui porte la date de l'ère des Seleucides hor., c'est-à-dire 478. M. Ïsambert s'estdonc encore trompé cette fois.
La note suivante de M. ïsambert concerne les inscriptions d'Abila : « Robinson (III, 149, en attribue la découverte à M. Banks- Hogg, Journey, i, 301, et à Gesenius sur Burckhardt. » Cette note est extrômemenl curieuse, parce qu'elle montre avec quelle attention modérée M. ïsambert consulte les livres ; à la page 146 du tome III de Robinson, il n'est question que de la route de Naplouse à Nazareth. Cest à la page 46 du 2* Appendix de ce tome lll que je trouve la note suivante : M. Bankes is said to hâve discovered hère inscriptions ^ establishing ihe identity of the site, See Hogg's Journey, etc., i, p. ÎOl . (Gesenius, Notes on Burckhardt.) D'après ceci, il semble que M. ïsambert ne se rend
Eas mieux compte de l'anglais que de l'arabe, e plus, il altère, suivant sa coutume, tousles noms, et, après avoir fait de Marc-Aurèle-Antorjn deux empereurs, il fait de deux écrivains, MM. Bankes et Hogg, un seul personnage.C'est une manière de conpensation. De cette note de Robinson, il résulte, je crois, que j'ai publié le premier cette double inscription, et pourtant je ne voudrais pasencore l'affirmer.
« M. deSaulcy, dit M. ïsambert, repousse l'opinion de ceux oui placent Abela à Nabi- Abet (lisez Naby-Aoel), Ce village n'est qu'à 2 kilomètres aunord-ouest deSouq, et, certes, une ville de l'importance d'Abila pouvait s'étendre de l'un à l'autre. » En plaine, je l'accorderais, mais à travers l'immense montagne à pic dans le flanc de laquelle est percée la nécropole d'Abila, je le nie. A quelque chose la vue des lieux est bonne. D'ailleurs, Naby- Abel n'est qu'un oualy musulman, ce qu'en Algérie on appelle un marabout.
Voici encore un fruit de l'imagination de M. ïsambert. J'ai retrouvé à Bâalbek de quoi compléter à peu près le sens d'une inscription déjà publiée par Boekh et qui concerne Zénodore et Lysanias, fils du tetrarque Lysanias ; j'ai conclu que le tétrarque Zénodore était Gis de Lysanias, fils dePlolémée.lils de MennflBus. Mais je me suis bien gardé d'en con-
clure que le Lysanias, frère du tétrarque Zénodore, avait succédé à celui-ci dans la tétrarchie. Je ne puis deviner sur quel raisoonement M. ïsambert a pu baser cette opinioa inadmissible.
M. ïsambert s'inscrit naturellement contre la tradition biblique conservée par iosëphe et qui attribue à Salomon la fondation de Tadmour ou Paimyre. Cela ne m*étonne pas. 0 aioute que les monuments de BAalbek datent oeSeplime-Sévère. Mais d'abord il serait plus saçe ae dire que cerlaips monuments de Bâalbek ne datent que de Septime-Sévère. Toutefois,ceci est une grosse erreur» car j'ai cité un texte qui attribue à Antonin le Pieux la construction des deux beaux temples de BAalbek ; et de ce qu'une inscription du temps de Septime-Sévère constate des réparaêtom et des embellissements faits sous ce règne à un temple, on doit en bonne logique conclure que ce temple est antérieur.
Voici ce qui termine, en ce qui me concerne, le troisième article de M. ïsambert: «r M. de Saulcy dit un mot des inscriptions de Beet-Mery et de Deir-el-Qalaab (encore des noms altérés, lisez Deïr-el-Qalaah).— Robinson y voit comme des temples au milieu des ruines.Selon Letronne, on y[ avait découvert la trace d'un aqueduc, à trois ou quatre lieues de la ville. On dit que cet éminent critique a été trompé par une copie défectueuse de l'estampage du texte, et que la oierre, vue de plus près, ne permet pas d'aaopter la leçon si hanilement conçue par cet helléniste. Si un critique aussi sévère et aussi ei^périmenté que Letronne a été trompé, ou s'y est trompé, combien ne faut- il pas se défier des conjecres prodiguées dans les ouvrages des voyageurs! » A ceci se rattache, je ne vois pas trop comment, la note suivante : « M. Pézetié ( encore un nom altéré, lisez Perretié } vient d'envoyer au musée du Louvre un sarcophage de marbre blanc trouvé près de Beirouth, et que M. A. de Longpérier regarde comme un monument phénicien. »
Ne nous occupons pas de cette note qui arrive là on ne sait pourquoi, et ne parloas que de ce qui précède. Robinson, dans le passage cité, s'exprime ainsi : Tht site of ont of thèse temples was visible fromourmndo^s^ near the village Beit-Miry, half way up th§ mountain, at the distance of three hours, from Beirût. — Donc Robinson, qui parie de ce temple d'après les lettres de Paxion (III, p. 441, note), n'a aperçu de ses fenêtres que le site de ce temple. Il parle bien d'autres temples ruinés, mais qui se rencontrent loin de là, et il devient du coup évident que M. ïsambert ferait bien dese faire traduire, pour tout de bon, les passades d'auteurs anglais dont il croit avoir besoin.
Quant à l'aqueduc de M. Letronne, c'est à 3 ou 4 lieues de Beit-Meri qu'en sont placées les ruines, et sur le Nahr-Beirout. L'é-
minent académicien n'a eu à sa disposition
XPFENDICE. — REPONSE A M. ISAMBERT.
qu'un se trompe, cette fois, ce sera \e monument lui-même.
J*admets très-volontier< avec M. Isambert •qu*il faut se défier des conjectures prodifgiiées dans les ouvrages des voyageurs, mais j'attends de hii mi'it recoraoaisse, è son tour, qu'il fliùt bien plus encore se défier des opinions deceux qui, sans avoir rien vu p3r eux-mêmes, n'ont pour critiquer les œuvres iJ'autrui, que T^envie bien arrêtée à l'avance de trouver <ces œuvres détestables.
Tout le reste de Tarticle de M. Isambert roule sur ses oprrnions personnelles sur les villes de la Phénicie. le ne dirai qu'un mot, c*est que les noms de lieu y sont tout aussi maltraités que dans ce qtri précède. En voici un simple échantillon : « Le même écrivain (M. de Lamartine) appelle Bptedin le château fortifié de l'émir Becliir, qui est séparé f)ar un ravin de la ville capitale des Druses, appelé Deir-el-Kamar, ce ne peut être que Dkddin de la carte de Zimmermann. » L un de >ces deux noms vaut l'autre, car l6 vrai nom est Beit-et-dyn, Maison de la foi ou de la religion,
M. Isamibert reproche encore à M. de Lamartine d*^voir appelé Cjjioun le chftteau hatité par lady Stanhope^ «t il ^ute : « Nous devons reconnaître Vimpuissance oiï nous nous sommes trouvés de retrouver le Djioun de M. de Lamartine sur les cartes. » Cela prouve une fois de plus que M. Isambert a re^^ardé ces caiies un peu trop à la hÂte. Qu'il prenne donc la feuille 1 de Zimmermann, et il y veira un peu au nord du Nahrel-Oualy le nom Jûn, que i'ai corrigé en Djoun dans mon Voyage et dans l'Itinéraire qu'il veut bien appeler ma carte de Syrie.
La carte du lac de Tibériade, annoncée par M. Isambert, a enfin paru avec ce troisième article. Je vais consigner ici, en queluues mots, les défauts essentiels (^ui en font une carte à laquelle il n'est pas possible de se fier. Naturellement je ne parlerai que de ce que j'ai vu et constaté de mes propres yeux.
1* Le passage de Samakh est h la bouche même du Jourdain, et par conséquent la carte est fautive, et l'observation astronomique de M. Lynch n'a servi à rien. De plus je vois dans les indications de cette observation, 32* 15' 24'' et sur le cadre gradué 33* 15' 24". Je dirai, comme M. Isambert, que ceci est probablement une simple erreur de son dessinateur; dans tous les cas M. Isambert ne corrige pas mieux que moi los fautes de graduation, à ce qu'il paraît.
2" Ce qu'il appelle port des Tarichéens n*t'St qu*un marécage qui n'a guère plus d'un pied de profondeur ; donc jamais il n'y a eu là de port.
3* Kerak ou Karak a laissé ses ruines k la pointe nord d'une digue de 1 5 è 20 mètres d'élévation, qui a quelques centaines de mètres de longueur, et qui ne paraît pas sur la carte de M. Is<iml>ert.
4" Les ruines de Tarichea», divisées en deux groupes énormes, longent entière-
ment le bord du lac, depuis le point où est inscrit le nom Tarichées jusque bien au deJà de celui qui porte le nom de Kadis ou Kadès.
S*" Du plateau où sont les Hedjar-el- Khams-Khobzat jusqu'à la plage, il y a une descente énorme et très-rapide dont il n'est pas question sur la carte, le tout ayant l'air d'être en plaine. Quant aux pierres des cinq pains elles-mêmes, elles sont bien à gauche de la route battue, mais à une centaine de mètres au plus, et au bord d*un large et profond ravin dont la crête droite est snine par la route.
6' El-Mecydel, reconnue cette fois comme Migdal ou Magdala, est bien à sa place ; mais à partir de là, la rive du lac, au lieu de s'élever directement au nord, s'infléchit vers Test.
T'L'Ayn-el-Madaouarahest beaucoup plus près de Medjdel que ne l'indique la carte.
8° Les rivières pointillées de M. L^^ambert ne ressemblent en rien à celles du terrain.
9* Le Khan Minièh et l'Aïn-et-Tyneh, qui sont à 4 ou ^0 mètres l'un de l'autre, sont fort loin de TAyn-Tabrhah qui alimente les moulins que M. Isambert appelle moulins Amoud ou Eyoub. Le moulin oitEl-Aâmoud^ de ia colonne, est dans l'intérieur des terres sur le Nahr-el-Aâmoud, rivière de la colonne ; il n'y a pas de moulin qui porte le nom d'Eyoub, mais bien une fontaine enclose dans un bassin rond, situé tout contre les moulins de l'Ayn-Tabrhah et qui se nomme Tannour-Eyoub, le Four d'Eyoub. Le nom impossible fontaine de Tannour, inscrit au nord-est des moulins d'Eyoub ou de Amoud, s'applique encore au Tannour-Eyoub.
10'' Si Khorazyn était où la place M. Isambert, elle serait à 3 ou 400 mètres au moins audessus du niveau du lac.
Laissons maintenant le littoral, et passons aux pays qui environnent le lac, puisi|ue jti ne puis et ne veux rien dire de ce que je n'ai pas vu de mes yeux.
1" La colline nommée QorounHattin ne représente en aucune façon la nature. Qoroun, pluriel de Qorn, veut dire les cornes, et ce nom indique ce que pré^ente en réalité le terrain, c'est-à-dire les sommets distincts
3ui caractérisent cette colline étroite, dirigée u sud au nord.
2" C'est au pied même des Qoroun-Hattin et contre la lace qui regaide le lac de Thal)arieh qu'était situé le village de Hattin.
3' Je ne puis parler des cavernes de TOuadel-Hammam, que domine le Qalâat-ibn-Mâan, mais je dois réclamer contre le nom Kalatib-Mann, comme l'écrit M. Isambert, qui ne se doute pas que ce nom ainsi altéré n'a plus aucune signification.
4* M. Isambert, dans son rapport, prétend que les ruines de Caphamaiim sont des blocs détachés des rochers qui bordent le Rhoueyr, et, sur sa carte, il n'y a pas en ce point l'apparence de rochers. Qunni à la ligure arrondie qu'il donne au site de Capbarnaùm, fixé par mon Itinéraire, elle est tout à lait fautive. Les ruines forment en réalité une
DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES KBUQCCS.
20DC élroite, mais fort lonzuc, s*étendant du voisinage de rAyii-el-Medaouarahiusqu auprès du nllage miné d*Abou-Choucned.
5* La route (|ue j'ai suivie pour aller du KhaO'Minièhà Safed traverse tout le plateau laissé en blanc nar M. Isambert, saur qu'il a éerit au milieu le mot Gerosi. Cette route, après avoir longé quelques instants TOuadel-Lamoun, sans rencontrer Tapparence d'une maison, et encore moins d'un village, dans tout son parcours, descend sur le flanc gauche de l'Ouad-el Heqab (et non Ouadet'Hegah) pour venir, après des moulins (situés au prétendu village nommé Brunnen par M. Isambert, qui ne s'est pas aperçu qu'il avait là affaire k un mot allemand, signiOant les fontaines), traverser un gros ruisseau et remonter, immédiatement après, sur le flanc droit de l'Ouad, afin de gagner par un sentier très-rapide le plateau sur lequel est b&ti Safed.
6* Safed est identifié timidement, il est vrai, avec Jotapata. J'ai déjà dit que l'emplacement de cette illustre forteresse judaïque a été fort bien déterminé par feu M. Schuitz, mais fort loin de là.
En résumé i'aflirme aue la carte de M. Isambert est plus que médiocre, dans toutes ses pallies comprenant les terrains que j'ai parcourus. Est-elle meilleure lorsau'il s'agit de points que je ne connais pas 7 Je le souhaite, plus que je ne l'espère. Les noms et
le figuré du terrain y sont par tn^i^ traita, et auaod on adresse anaiRi^ reproche d avoir chansé les bowié^ phiques, on deTraii an moias s'aMrin a prêcher d*exeaiple, et à respeckr « que l'on n'a pas qualité pour mottcr.
H. Isambert termine enanoooçail «»
veau travail sur la partie de moo vcm p concerne la mer Morte : faUendni èmm peu d'inquiétude cet examen, qui, s1lifi|i plus de portée que les artides que je ^ d'analyser, laissera parfiûtement ioMi ■
J rétention d*avoir rendu des servkcs lié la science géographique.
M. Van de Yelde, dans une coanai»
tion faite à une société saTanie de Laà^ a déclaré récemment qu'il s'eo np^ à M. Isambert pour la réfutalioa fooi* que de mes erreurs. De cette.réfirtHJMir ceptée de confiance par le jeune ■■»
naire hollandais, je n*ai pas laiss<«« point sans réponse ; je crois dooc mr i droit d'engager foKement H. Van it^m à ne s'en plus tenir à la réfutatioa è h quelle il avait une si haute opinioii, tf w conséquent à m'attaquer sur de mm frais, mais en se servant soigneuseaflit pour son propre compte, d^argumeeia solides, car, je le répète, je coolism^ tiemment à me défendre contre Mb i attaques, quels qu'en puissent êlreis»
teurs.