‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 45 sur 181 · IR · texte numérisé non relu

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â09, il nous reste 538. Il y a donc coïncidence compTëte dans cette copie du Canon de Ptolémée. Nous pouvons d'ailleurs la vérifier

Sar parcelles, et nous y parviendrons a l'aide es éclipses de lune observées par les Chaidéens (36). Les trois plus anciennes ont été observées dans les années 1 et 2 du règne de Mardokempad, 27' et 28' de Nabonassar. Ces éclipses calculées rigoureusement tombent au 19 mars 721 ; au 8 mars et au 1" septembre 720. Les chiffres des 4 premiers règnes fournis par le Canon de Ptolémée ( copie du manuscrit de Paris) sont rigoureusement exacts, puisque la 1" et la 2* année de Mardokempad tombent sur les années 721 et 720.

Nous connaissons encore une éclipse de la 5' année de Nabopolassar, 127" de Nabonassar, lac[uelle eut heu dans la nuit du 22 avril 621 ; 1 avènement de Nabopolassar eut donc lieu vers 626. La somme des années des règnes antérieurs à celui de Nabopolassar fournis par le manuscrit de Paris nous amène à 625, et comme nous devons tenir compte des années forcément incomplètes, réparties entre ces différents règnes, nous pouvons considérer cette concordance comme très-réelle.

Jusqu'à Nabopolassar donc, l'exactitude du Canon est vérifiée.

Enfin, nous avons une éclipse du 16 juillet 523, qui appartient à la 7* année deCambyse, 225* de Nabonassar. La somme des règnes du Canon de Ptolémée nous fournit jusqu'à la 7* année de Cambyse, le chiffre 225 qui, retranché de 747, nous donnerait la date 522, qui est exacte.

Nous pourrons donc nous appuyer , sans aucun scrupule, sur les dates fournies par le Canon de Ptolémée. En voici, du reste, une vérification de plus :

Nous lisons dans Ezéchiel :

En la trentième année, le cinquième jour du quatrième mois, lorsque fêtais au mi^ lieu des captifs, près du fleuve Khobar^ les deux furent ouverts, et je vis les visions de Dieu, — le cinquième jour du mois, lequel

senle deux séries de chiffres, grâce à ccriaîii^'s du* fées de règne évaluées de deux manières différentes. La i'* nous donne une somme égale à 226, ce qui fournirait la date 5^1 pour Pavénemeut de Cyrus ; eette date est forcément inexacte. La 2' nous donne 220, d*où nous arrivons à la date 527 pour l'avénement de Cyrus ; nouvelle date erronée.

(36) On sait que ces observations astronomiques recueillies par les Chaldécns furent envoyées à Aristote par Callisihènes, et qu*elles dataient de 1905 ans avant la prise deBabylone par Alexandre, c*est-à-dire de 2200 ans avant Tére chrétienne.

(57) Suivant Jérémie, Nabuchodonosor vint pour la première fois devant Jérusalem dans la i'* année de son règne, 4* de Joakim (xxv, 1) ; Verbum quod {actum e$l ad Jeremiam de omni populo Juda , in anno 4* Joakim filii Joziœ regii Juda: ipse est annus primus ?i abuchodonoêor regii Babylonis. D'un autre côié, Daniel emmené eu captivité par lui, dit (Dan. I, 1) : Anno Urtio regni Joakim régis Juda, venit Nabuchodonosor rex Babglonis in Jérusalem et obsedit eam. Il y a ici un petit désaccord portant sur une année seulement, désaccord assez insignifiant d*ailleurs pour qu'il soit à peu près inutile d*en rechercher le motif. Daniel resta 5 ans en captivité à Babylone avant d*être présenté au roi;

était la cinquième année de la captivité du roi Joachin. — {Ezech, i, 1, 2. )

Donc le 5 du quatrième mois d'une certaine année trentième, commence la cinauième année qui a suivi' la captivité de Joachin.

A quoi rapporter cette trentième année ? Nécessairement à une ère nouvelle. Joachin ou Jéchonias ftit pris en 599 ; la einaiûème de sa captivité commence donc avec 1 année 594, et la quatrième avec l'année 595 ; ajoutant à ce nombre lechiffre 30, pour reconnaître l'événement sur lequel tombe la date obtenue ainsi, nous trouvons le chiffre 525, qui nous reporte juste à l'événement de Nabopolassar. C'est donc une ère nouvelle commençant à l'événement de Nabopolassar, dont la trentième année coïncidait avec la (^uatriè^ me et cinquième année de la captivité de Joachin. Or, nous Usons dans le //* Livre des rois ( ïxiv, 12) : Le roi de Babylone prit Joachin la huitième année de son règne

La trentième de Nabopolassar est donc

Eostérieure de 4 ans, ou un peu plus, à la uitième de Nabuchodonosor : c'est ainsi la douzième de Nabuchodonosor. Si donc, de ^ 30, nous retranchons 12, il nous reste 18 ; Nabopolassar aurait donc régné 18 ans et quelques mois. Mais d'un autre côté, les témoignages de l'Ecriture nous suffisent pour reconnaître que Nabuchodonosor a régné deux ans en commun avec son père (37).

Celui-ci a donc eu un règne effectif de 20 ans et quelques mois, ce qui justifie pleinement le chiffre 21 , reorésentant, dans le Canon de Ptolémée , la aurée du règne de Nabopolassar. D'ailleurs, on sait que dans les canons royaux de ce genre toute année commencée est comptée comme année pleine.

Nous avons dit plus haut que l'exactitude du Canon de Ptolémée est justifiée par les calculs d'éclipsés, en ce qui concerne l'année 747, à laquelle commencent le règne et l'ère de Nabonassar. Il ne sera pas hors de propos maintenant de vérifier la date précise de la déUvrance des Juifs, date qui a dû suivre là

Il reçut alors le nom de Baltasar, et dans Tannée ft* du régne de Nabuchodonosor, il fut charsé d*ex|ili-> .

?uer au roi le songe qu'il avait fait. (Atn. n, i.) n anno 2*" regni Nubuchodonosor, vidil NabmcMh^ nosor somnium, et conterritus est spiritus ejus^ tt somnium ejus fugil ab eo. C'est donc environ dû..4i 5 ans après la captivité de Daniel qu'il faudhiîl compter la 2* année de Nabuchodonosor. Pour accorder ces deux daies, il faut nécessairenneni admettre que pendant deux ans Nabopolassar s'associa Sun (ils Nabuchodonosor; enfin nous lisons dans les Rois (II, xxv, 27) que Joachin était depuis 37 ans à Babvlone lorsque Ëvilmerodach lui succéda et délivra Joachin. Faclumest veroin anno trigesimo septimo transmigralionis Joachin régis Juda, meute duodecimo, vigesima sepiima die mensis, subtevavit Evilfnerodach, rex Babylonis, anno quo regnare cet^ pisset, capui Joachin, régis Juda, de carcere, Joachin, ayant été pris dans la £* année de Nabuchodonosor, nous aurions 8 à ajouter à 37 pour la durée du règne de Nabuchodonosor, ce qui ferait 45 ans. Le Canon n'en poite que 43 ; donc il faut, de ces 45 années, en défalquer 2, qui sont cellesdu régne en commun avec son père. D'ailleurs Bérose, cité par Josèphe, dit quelque chose de cette associalion.

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prise de Babylone par Cyrus, promoteur de ce grand* acte de réparation. Nous aurons alors déterminé rigoureusement deux points à i>eu près extrêmes du cadre chronologique oui renferme les événements historiques sur 1 époque réelle desquels nous désirons jeter le plus de lumière possible.

Si, dans rEcriture sainte, nous trouvons des passages nombreux qui constatent la durée de la captivité de Babjrlon^, il n'en est plus de même ouand il s*agit de constater la date précise de la délivrance des Juifs ; nous ne pouvons donc arriver è cette date que par le tâtonnement. Nous allons essayer de le faire.

Rappelons-nous d'abord les passages qui meiiuonnent explicitement les 70 années de captivité. Dans Jérémie nous lisons : Le Seigneur dit ceci : Quand 70 ans auront été ac» eompliê à Babylone^ je vous visiterai, et je susciterai sur vous ma parole favorable, que je vous ramènerai en ce lieu. (Jérém. xxix, 10.) — Et encore : Toute terre sera désolée et déserte, et toutes ces nations serviront le roi de Babylone pendant 10 ans. {Jérém. xxv, 11.) Voici le texte du verset suivant : nuiSos rrm DM mnn n:n Vt Sna t lafTsr TpSK rem d^îdw

C'est-à-dire : Lorsque ces 70 années seront dw accomplies, je pumr aile roide Babel, et ce peuple, du Jéhovah, de leurs iniquités, ainsi que le pays des Casdim, etfen ferai une solitude étemelle.

Enfin, les Chroniques parlent de la captivité, qui dura 70 ans; le verset 20 est précis, en voici la fin : ^fjcvf onsyS r»Sn t? vnn OTB nn^ et ils serviront d'esclaves à lui (Nobuchodonosor) et à sts enfants jusqu'à VaténemerU duroyaume de Perse. [IlChron.xxwi, 17 seqq.)

La captivité a donc cessé à Tavénement de la nouvelle dynastie. Les 70 ans de captivité prédits par Jérémie sont rappelés au verset 21 . Enin le verset 22 commence par les mots :

€t Fan premier de o-fî ^fra vnoh rvw rctzni Cyncf, rot de Perse... etc., etc. Vient ensuite la teneur de Tédit de délivrance. La promul-

Etîon de cet acte n'a pu évidemment avoir tu au commencement de la conquête; le conquérant avait autre chose à faire d'abord ; nous admettrons donc qu'il ne Ta accordé qu'en 537.

Remontons maintenant de l'année 537 à 70 ans en arrière, nous tombons sur la date 607. C'est la 4* année du règne de Joakim, roi de Juda, 1'* de Nabuchodonosor, époque précise du premier siège de Jérusalem. J'ai déjà fait remarquer dans une note que Daniel, qui fut emmené en captivité à la suite de cette premièn*. expédition, dit la 3* année de Joakim ; tandis que Jérémie avance que c'est à l'année 4* de Joakim au'il faut rapporter le siège de Jérusalem par Nabuchodonosor(J^r^m.xxv, 1 .)

Quoi qu il en soit, les 70 ans de captivité 8ont certainement compris entre les années 537 et 607. Les chronologistes ont adopté la date 536 pour celle de la délivrance des Juifs. Je pense qu*il y a ici une légère erreur, et qu'on A confondu le retour et l'établissement

des captifs dans leur pays, avec le moment oii la liberté leur fut rendue par un édit qui put et dut même n'être pas immédiatement exécuté, mais bien avec quelque lenteur

L'historien Josèphe parle d'une manière fort nette des 70 ans de servitude ; voici ce qu'il en dit : « Mais le roi de Babylone, lorsqu'il eut emmené les deux tribus, ne leur substitua aucune nation. D'où il advint que pendant 70 ans toute la Judée, avec Jérusalem et son temple, resta complètement abandonnée. De là résulte aussi que le temps qui s'écoula entre la captivité des dix tribus et la dé» portation des deux tribus fut de 130 ans, 6 mois et deux jours. » {Antiq. Jud., X, ix,7.) Vérifions ces nouveaux chiffres. L'année de la ruine de Samarie est bien déterminée, ainsi

?ue nous le verrons plus tard : c'est l'année 21 ; 130 ans et demi après cet événement, commença la servitude des deux tribus. Ce chiffre nous reporte à l'année 591. Or celleci représente en partie la 18* et la 19* année du règne de Nabuchodonosnr, et l'Ecriture nous apprend surabondamment que le dernier siège de Jérusalem, siège qui dura 18 mois et consomma la ruine du royaume de Juda, commença dans la 18* année de Nabuchodonosor. Josèphe est donc parfaitement d'accord avec TEcriture sainte.

Voici les passages de l'Ecriture relatifs à cet événement. Le siège commença la' 18* année de Nabuchodonosor; en effet, Jérémie dit : Parole qui fut adressée à Jérémie par le Seigneur, Van lo* de Sédécias, roi de Juda; lequel est le 18* de Nabuchodonosor. — Alors Varmée du roi de Babylone assiégeait Jérusalem, etc., etc. {Jérém. xxxii, 1, 2.) La ville et le temple furent brûlés dans l'année 19* de Nabuchodonosor, car Jérémie nous dit encore : La 9* année de Sédécias, roi de Juda, au 10* mois, Nabuchodonosor vint avec toute son armée devant Jérusalem, et ils en formèrent le siège. — Or, Van 11* de Sédécxas, au 5* mois, le b'iour, la ville fut ouverte. {Jérém. XXXIX, 1, 2.) Josèphe dit que le siège dura 18 mois; du 10* mois de l'année 9 de Sédécias, au 5* mois de l'année 11 , il y a effectivement 18 mois.

Ces deux dates sont aussi précisées par d'autres passages de l'Ecriiure; ainsi, dans Jérémie (lu, 4-7 et 12), nous lisons encore

Sue ce fut dans la 9* année de Sédécias, le 10 u 10* mois, que commença l'investissement de Jérusalem, que le siège dura jusqu'au 9 du 4' mois de la If année de Sédécias, et que ce jour-là, les Chaldéens pénétrèrent dans la ville, tandis que le roi Sedécias et ses serviteurs cherchaient à fuir. Ce fut un peu plus tard, c'est-à-dire le 10 du mois suivant (5* de la 11* année de Sedécias, 19* de Nabuchodonosor), que Nabuzardan, çénéral de l'armée chaldéennc, fit mettre le feu à la ville et au temple.

Enfin, dans le //• Livre des Rois, nous lisons (xxv, 1-4, 7-9 et suiv.) que ce fut dans l'année 9 de Sedécias, le 10 du 10' mois, que l'investissement de Jérusalem commença ; (jue le siège dura jusqu'au 9 d'un mois, r^ui n est pas précisé, de la U* année de Sedécias; que

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la ville, une fois envahie par les assiégeants, Sédé'çias çl les siens cherchèrent à fuir ; qu'il fut poursuivi, pris et amené devant Nabuchodonosor; que ce roi ût mettre à mort devant lui ses enfants et ses proches, lui fit crever les yeux, et le fit amener chargé de chaînes à Babylone; gue Nabuzardan entra dans Jérusalem le 7 au 5* mois de Tannée 11' de Sédécias (19* de Nabuchodonosor), et mit le feu à la ville et au temple.

Remarquons en passant qu'il faut de toute nécessité reconnaître quelques légères erreurs de copistes dans ces différentes dates, de l'investissement, de la prise et de l'incendie de Jérusalem. En effet, pour la 1", Jérémie, au chap. XXIX, ne parle que du 10" mois de l'année 9 de Sédécias; au chap. lu, il fixe la môme date au 10 du mois en question. Cette date est incontestable, puisqu'elle est conçois dante avec celle que fournit le chap. xxv du //• Livre des Rois,

La date de la prise de Jérusalem, fixée dans le chap. LU de Jéréraie, au 9 du 4* mois de 'année 11 de Sédécias, est confondue dans le chap. XXIX du môme prophète, avec la date de rincendic. Dans le //• Livre des Bois, il s'agit bien encore du 9* iour, mais ce jour appartient à un mois indéterminé de fannén 1 1 .

Enfin, la date de l'incendie de Jérusalem et du. temple, est donnée par Jérémie, au 5 du 5* mois de l'année 1 1 de Sédécias, dans le chap. XXIX : puis au 10 du môme mois dans le cnap. lu ; tandis que dans les Rois (ch. xxv, du II" livre), cet événement est fixé au 7 du 5" mois de l'année 11 de Sédécias.

Toutes ces discordances sont trop peu importantes pour que nous nous y arrêtions plus longtemps. Nous nous bornerons à faire observer que les Juifs jeûnent le 9 du mois, en commémoration de la prise de Jérusalem, ;et que ce fait est concluant en faveur de la date fournie par Jérémie (ch. lu), et par le II' Livre des Rois (ch. xxv). Qu'enfin, l'historien Josèphe donne aussi pour date de l'investissement de Jérusalem, fe 10 du 10* mois de l'an 9 de Sédécias, et pour date de la prise de la ville le 9 du 4" mois de Tan 11 ; de telle sorte qu'il ne peut plus v avoir de doutes réels sur la valeur de ces deux dates. Quant à celle de l'entrée de Nabuzardan et de l'incendie du temple, nous trouvons dans Josèphe une nouvelle discordance, puisque cet historien place l'événement en question au 1" du 5" mois de l'an 11 de Sédécias. Des quatre dates, toutes différentes, que nous trouvons pour l'incendie du temple, nous ne pouvons guère conclure qu'une cnose : c'est que cet événement a eu lieu dans les dix premiers jours du 5" mois de l'an 11 de Sédécias.

Revenons à la fixation des 70 années de servitude, à l'aide des textes de Josèphe. Le liv. XI, chap. i, commence par les mots

suivants : T4> di ir/90JT&> cric rkç Kvfiou Buaàtitiç (toùto 3' ;ov fÇ^fifUQxoiTTov àf iç TQfiipaç f/cTovaarQvai Tov Xaôv ifuii}» (k x^ç olxiioiç ttç BaSvXûva gvj-

îTriffe-v)- «Dans la 1" année du règne de Cyrus (celte année était la 70* h partir du jour où il arriva à noire peuple dôtre transporté de son

pays natal à Babylone}. » Rien de plus précis que ce texte : la dernière année des 70 ans de servitude annoncés par les prophètes, était pour les Juifs eux-mêmes la 1" du règne de Cyrus. Ajoutant donc à 538 le nombre 70, nous retombons encore sur Tannée 608, dans laquelle eut Ueu le premier siège de Jérusa* lem par Nabuchodonosor, dans la 1" année de son règne. Tout à l'heure nous avons dit que les 70 ans étaient nécessairement compris entre les années 607 et 537. Cela tient à ce que le 1" mois d'une année de Cyrus n'a pu coïncider avec le 1" mois d'une année Julienne, et que, par* conséquent, la 1" année, de Cyrus est représentée en partie par l'année 538 et en partie par l'année 537.

Un peu plus loin Josèphe dit que Cyrus ftit conduit à émanciper les Juifs captifs, par la lecture des prophéties qu'Isaïe avait laissées 210 ans auparavant; puis quelques lignes plus loin nous lisons encore : « Isaïe prédit cet événement 140 ans avant la destruction du temple. » Voyons si ces dates sont bonnes.

Isaïe (ch. i, v. 1) a prophétisé sous Ozias, Joatham, Achaz et Ezéchias, rois de Juda. Ces quatre règnes occupent le temps écoulé entre 810 et 698. Il en faut conclure que les plus anciennes prophéties d'isaïe appartiennent à la fin du règne d'Ozias. Car de 758, dernière année d'Ozias, h 698 dernière d'Ezéchias, il y a 60 ans, et cet intervalle représente une carrière de prophète suffisamment développée si l'on ne veut pas dépasser les bornes de la probabilité.

Josèphe nous dit qu'Isaïe a prédit la servitude et la délivrance des Juifs 210 ans avant la réalisation de cet événement. Si de 537, année de la délivrance, nous remontons 210 ans en arrière, nous tombons sur la dato 747,

3ui est la 9" année de Joatham, année penant laquelle effectivement Isaïe a pu prophétiser.

Redescendant maintenant de l'année 747 à 140 ans plus tard, nous devrions retrouver la^ date de la destruction du temple; or nous obtenons ainsi l'année 607. Cette année esl bien celle où Nabuchodonosor a rendu Joakim tributaire, après son premier siège de Jérusalem, mais ce n*est pas du tout l'année où le temple a été brûlé, car ce désastre se rapporta à la 19* de Nabuchodonosor (588).

Si l'on cherche à se rendre compte de ce chitfre de Josè[)he, deux explications se pré sentent : ou bien Josèphe parle par inadvertance dune autre prophétie d'isaïe rédigée vers 728,avanl-dernière année du règne cTAchaz, ou bien, ce que je suis plus tenté de croire, Josèphe, en écrivant, a par mégarde confondu l'incendie du temple avec la première année des 70 années d'exil des deux tribus. En effel, cette première année, ainsi que nous l'avons vu, tombe réellement en l'an 607. Je vois du reste dans ce dernier calcul, une bonne présomption de plus en faveur du système qui place les 70 ans de captivité entre 607 et 537.

Quoi qu'il en soit, tous les témoignages les plus authentiques concourent h établir que les limites supérieure et inférieure de ces TU

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années sont bien réellement celles que je viens de rappeler (38). Nous adopterons donc fiirmellement ces deux chiffres importants.

Tout ceci posé, remontons la séné continue des événenoents, en nous rappelant que désonnais nous pouvons avoir une confiance Pleine et entière dans les chiffres du Canon de tolémée, et en discutant tous les passages historiques qui sont entre nos mains.

Cyrus prit Babylone en 538, et il succéda immédiatement à un prince nommé par Plolémée , Nabonadios , dernier souverain de Tempire chaldéen proprement dit. Son règne è Babylooe dura 9 ans, c'est-à-dire de 538 à 529. Fixons quelques autres dates qui se rap-

fortent au règne et à la vie de ce conquérant, e Livre de Daniel nous pai-le peu de C^'rus. J*ai déjà rappelé le verset 21 du ch. i, qui dit : Daniel vécue jusqu'à l'an 1" du roi Cyrus ; et le verset 1 du ch. x, qui dit : La 3* année de Cyruêf roi des Perses, la parole fut révélée à Daniel f surnommé BaUassar^ etc., etc. J'ai fiiit observer que l'un des deux versets exclut nécessairement l'exactitude de transcription de l'autre, mais ceci est fort peu impartant,

{misque ces dates ne nous apprennent absoument rien.

Après avoir raconté le festin de Baltassar et ses suites, Daniel termine par les deux versets suivants : La même nuit, fut tué Baltassar, roi des Chaldéens, — et Darius, le Mède, lui succéda au royaume, âgé de 62 ans, (Dan. v, 30,31.)

Josèphe (livre X, ch. x) rapporte que le roi Baltassar, nommé Naboandel par les Babyloniens, se vil déclarer la guerre par Cyrus, roi des Perses, ligué contre lui avec Darius, roi des Mèdes. 11 raconte ensuite l'histoire du festin et de la vision de Baltassar; la terreur de ce monarque; l'intervention de sa grand'mère qui lui conseille de consulter Daniel, et de lui demander l'explication des trois uiots aue la main mystérieuse a tracés sur la muraille'; viennent ensuite les assertions suivantes : Peu de temps après, il fut pris lui-même (Baltassar) cl la ville aussi, par l'armée que Cyrus, roi des Perses, avait conduite contre Jui. Car, c'est sous le règne de Baltassar, qu'eut lieu la pri.se de Babylone, après qu'il eut gardé la couronne pendant Iv ans. Darius, qui, avec l'aide de son cousin Cyrus, ruina l'empire des Chaldéens, était dans sa soixante-deuxièn:e année, quand il prit Babylone. Ce Darius était lils d'Astyages, et il était connu sous un autre nom parmi les Grecs. Il emmena Daniel le prophète avec lui eu Médie, et le combla d'honneurs. Il en fit entin Tun des trois satrapes qui furent préposés aux 360 satrapies de son empire.

D'un autre c6té Béroso, dans un fragment conservé par Eusèbe (Prépar. évang,, liv. xix, cliap. 40), nous apprend que dans la dix-sep-

(38) Nous lisons dans Barucli , rlmp vi, 2 : Ingressi itaque %m Dabylonem^eritiê tbi antm piunmis et iemporibiu louais, ntgue ad yetieralione* êeplem, po%i hoc auUm educam w$ itiUe lum pace. Ces mois ^e ircNivcni dans 11 l«Htre de Jcréiinc aux captifs transportés à Babylone. Il y a cvidcmmenl dans

tième fCnnée du règne de Nabonnid, Cyrus vint attaquer Babylone, et que s'en étant emparé, il se contenta d'exiler en Kermanie le prince chaldéen qui y termina ses jours.

Un passage de Megasthènes cité d'aprts Abydène par Eusèbe, dit exactement la même chose. (Ibid., c. 41.) Remarquons bien qu'il n'est pas plus question d'un Darius, roi des Mèdes, dans l'un que dans l'autre de ces deux fragments.

Voyons ce que nous disent les autres écrivains profanes :

Hérodote (liv. i, chap. 107) nous apprend que Cyaxare eut pour fils et successeur Astyages, dont la fille Mandane épousa Cambyse. De ce mariage naquit Cyrus. (Ch. 108.) Astya-

Î5es, après un règne de 35 ans, se vit déclarer a guerre par Cyrus, qui le fit prisonnier et le détrôna. Les Mèdes avaient dominé sur la haute Asie pendant 128 ans, non compris un espace de 2o années, à prendre sur le règne de 40 ans de Cyaxare, pendant lesquels les Scythes furent maîtres de la Médie. (Chap. 107 et 128.) Le roi de Babylone, contre fecjuel marcha Cyrus et qui fut détrôné par lui, s appelait Labynetos, de môme que son père; il était fils d'une reine nommé Nitocris, sous le règne de laquelle les Mèdes prirent Ninive. (Chap. 184 et 188.) Diodore résume à très-grands traits le récit

?|ue Ctésias, contemporain d'Artaxerce, avait ait de l'histoire des Mèdes depuis l'établissement de leur monarchie jusqu'à la défaite de leur roi par Cyrus. Il nous dit qu'Aspadas, fils d'Astibaras, qui régna 40 ans et mourut de vieillesse à Ecbataue, fut vaincu par Cyrus.

Xénophon, dans l'espèce de roman historique qu'il a composé sur l'éducation de Cyrus, nous a raconté des faits qu'il importe de rap-

f>orter ici, pour voir s'ils peuvent supporter 'examen de la critique sérieuse.

Cyrus vint à la cour de son grand-père Astyages à l'âge de 12 ans, avec Mandane sa mère ; après y avoir fait un çéjour de 4 ans, il revint en Perse, et il n'entra qu'un an plus tard dans la classe des adolescents, où l'on était admis h 16 ou 17 ans. 11 resta dix ans entiers parmi les adolescents, ensuite de quoi il fut, à l'âge de 25 ans, classé parmi les hommes faits. Ce fut très- peu de temps après ce moment que la guerre éclata entre le roi d'Assyrie et le roi des Mèdes. Cyrus accourut au secours des Mèdes avec une armée persane, qu'il parvint, au bout d'un ou deux ans, à rendre formidable. A Astyages succéda Cyaxare, frère de Mandane et oncle de Cyrus ; celui-ci avait 27 ans à peu près lorsqu'il commença la guerre contre les Assyriens, guerre dans laquelle périt le roi d'Assyrie, au(|uel succéda son fils. Ce prince, exécré de ses sujets, vit bientôt surgu- contre lui une conspiration à laquelle prirent part les pius hauts

ce verset une expros!>ion qui implique une licence poétique un peu forte ; 70 ans ne leprébcntenl \u% sept générations; et il va tint de passades des saintes Ecritures où ce nombre de 70 années est ilairenieiil énonce (^w forc^ est de ne pas tenir compte des sept gcncmUiHis de Baïu^li.

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pervmnJig^ dt: b eour de Bab>lofie. Les suc- ^e^ d«s Cirnis, è la l^*: ét% Ptryes et des Mèoe^, eiciterent U jnUmsîe et la crainte de KyêtMrH, et Cjrm eut grand'peine à (aire iHjMier à son onrie la nieGance qu II lui avait l^moi^iiée. Avant d'eotrer en caiof^gne contre les AMvriefis, C^ru* avait eiigé de Tigranes l'envoi' de secours militaires qu*il devait au roi des Mè^Jes, par suite de traités aoténeur^, etc,,elc.

Moyse de Khorène (livre i, nous fournît HW:h\u^.s rcn<M;ignerncnts qui ont l>esoin d*un contrôle sévère, bicran, neuvième roi d'Arménie.élabli apH;sla révolte d'Arbaces contre Sardanajiale, aida Cyrus k renverser l'empire des Me/fr*s- Ce Dicran était lié avec Astyages, rm des Mêd«;s, ]far des traités et par une alliance ; car sa veur, Dicranouhi, avait été donnée en mariage k Astyages 'ch. 24). Une étroite amitié unissait Dicran el Cyrus; Astyages en prit de Torobrage (ch. 25), et ce fut Iiour fuititix perdre Dicran qu'il lui demanda fi main de sa »<ifur fch. 28). Astyages voulut alors profiter de Cfftte alliance pour tendre des embûches au prince arménien. La reine d«;s M^;dcs dévoila k v>n frère la perfidie d'Astyagt'S, et la giierre éclata; cette guerre dura cin'i mois entiers, au l>out desquels Astyages |>érit de la main môme de Dicran.

Kiifin, le Canon de Ptoiï'mée nous apprend que Cyni5 mourut en 529; or il avait alors »oisantc-dix ans et il avait régné trente ans, ainsi cpie nouA l'apprend Cicéron, d'après Dinon, auteur d'une Histoire des Perses^ écrite avant Je vi^^w d'Alexandre le Grand. Voici tcttuellemeiit ce curieux passage de Cicéron :

« Qu'ai-je besoin de raconter comment les mage.H, au rapport do Dinon, dans son Histaire de Perse , interprétèrent un songe de Cyrus? Ce prince, dit-il, avilit songé que, voyant le soleil k ses |>ie(Js, il avait inutilement essayé par trois fois de le saisir avec les mains, et que le soleil, roulant toujours, lui avait échappé. Les mages, qui étaient les sages et les docteurs de la Perse, lui dirent fjue, de ce f^u'il avait étendu la main par trois lois pour saisir le soleil, il résultait qu'il régntTait trente ans : ce qui eut lieu, en effet, ( ar il mcMinil k l'Age de soixante-dii ans, et il en a\ait quarante quand il commença à régner (:i9). •

Kusèlie {Pr^par. étang,, liv. x, ch. 10) nous appn'ud, ainsi que Fréret Ta d^jà constaté dans son important Mémoire sur la chronologie assyrienne, i|ue tous les chronologistes rt tous li;s historiens, Polybô, Castor, Thallus, Diodnre, Plégon, etc., s'aceonlentà mettre le i*(inunenrement d\i ri^gnv de Cyrus sur les Medes la pn^nii^re année de la cinquantecuiquième olympiade (560 avant J.-C), et, à

(39) I Qiiiil c*go, qu;«* M;ici Cyro illi priiicipî iniiMimiaii ^ulll, e\ IMiioiii» IVrsici» (libm) pn^fe- UM? Nam «uni «loiiiiienii ri Mil mI ptnles visuà r«MH, terrain Miibil frustra appelivif%emaiiibus ( nm ftc conviilvnit aol rlilN-rrlui , ri atiirrt : ci Ma- »••• ili%iMr Oiuoil frnUH ika|»îoiiiiini ri docluruiii KabtlialNr m IViftis) et Iriplici appirliliiNMSoiis, \x\ «NiMtCnMl rrinaluitt» cmt, ihnIcihH.QuoiI lU

ce propo«, Fréret agoote que tous !^ à logistes modernes ont regardé oAsmt ; temeot assurée cette date de ravéoêski Cyrus au trône des Xëdes. Xous laroii à l'heure k U vérifier.

Reste enfin Georges Le STncelle.XoQs éêns^Ckronogrmfkie que, LabosarrcS mort, ceux qui avaient confire conL*» frirent à runanimité la couronne à !':

conjurés, Nabonnid, fils d'Assuénis. i aussi Darius ou Astyages ^NcCt^vs^. \

Quel dans là dix-septième aunee prince, Cyrus venu de Perse i la tèt?

puissante* armée, s'empara de toutes ks vinces de l'empire, et gagna une prenK taille sur Astyages ; que celui-ci coum s'enfermer dans Babylone, q^i'il aviiti ceindre de fortes murailles constmîtesc ques cuites reliées par du bitume; qui assiégé, que la ville fut prise et déius et que le vainqueur, usant de clémeK vers le vaincu, se contenta de Feiilers manie.

Le*Syncelle ajoute ensuite : « Eu»y porte qu'Astyages monta sur le trftse : temps de Séaécias, dans l'année doue»

règne de Nabuchodonosor, et qu'il ^ la couronne, jusqu'à la cinquième ac-.

Nériglissor, puis, après sa dernière i? ' compte la première du règne de Cjrv ' le catalogue qu'il a rédigé. » (Le H tfcid.)

Dans sa liste à lui, Georges Le 'j classe au huitième rang parmi le Mèdes Astyages-Darius , qui régw huit ans.

Il ajoute : « De Nabonassar à la ?^\ année de Darius, autrement dit As:.^^' compte des mathématiciens fournit Titl Enfin il termine en disant que Naboccii nier roi des Mèdes, nommé par euxA^t et le même que Darius, fils d'AssuéfC: ' la vingt-unième année de son règne tti avoir vaincu Evilmerodach , mit i ^\ Chaldéen Neriglesar , surnonuné (/6id., p. 231).

Voilà ce que nous fournissent dedocai les auteurs anciens: est-il facile de lâ^i donner? Non, sans doute, car jamais qi^ historique n'a été plus embrouillée pv' là mômes qui ont prétendu l'éclaircir allons nous en convaincre.

Groupons donc les renseignemeci viennent d'être rapportés , et voyons ;: quel point ils sont d'accord entre eui cela faire nous sonunes dans l'oblio* construire un tableau synoptique facVt sulter et duquel peuvent et doivent rr quelques vérités.

conti^it : nam ad sopUiagesimum p.^rvfnii. iiauis aiinos rcgiiare cœpisset.» iUe itiriai:» c, i3.)

(40) Il y a ii-î une faute de copiste : ^ doiiu», i Vsl TOI *A5JouTpo'j qu'il f^ot liit. ilriiiiiieiit i^Ut* phrase n*a ciô écrite parle qiiVii siHi\eiiir ilii teste «le DaaicI ils * p. ±iO.)

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