‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 76 sur 181 · GER · texte numérisé non relu

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village actuel d*Abou-Cboucb^, que nous devons chercher les traces de Khorazin et de Bethsaïda. Commençons par la première de ces deux villes, et voyons ce que nous en savons.

Dans r£vangile de saint Matthieu (xi, 13) et dans celui de saint Luc (x, 13) sont rapportées les malédictions que le Christ prononça contre Khorazin, Bethsaïda etCapharnaiirn. Le nom de Khorazin est orthographié XupitÇlv dans saint Luc, et Xopai^h dans saint Matthieu. Saint Jérôme nous apprend que c'était une petite place de Galilée, située à deux milles (in secundo lapide) de Capharnaiim. Il est vrai qu'Eusèbe en compte douze au lieu de deux. Mais saint Jérôme, en rapprochant de ce chitl're celui de la longueur même du lac de Gennezareth, longueur qui ne dépasse pas douze milles, démontre qu'il y a forcément une erreur dans ce chiffre qu'il corrige, ainsi que je viens de le dire. Saint Jérôme, dans son Commentaire dlsaïe , dit encore : In littore matis Gennezareth siia fuisse Cetphamaumy Tiberiada, Bethsaida et CAora^am. Cette dernière localité était donc sur la côte.

Henri Ernst {Observationes variœ^ Amstelodami, 1636, lib. ii, cap. 6) pensait que ce nom devait se décomposer en Xwpa, région, et (», nom propre du lieu; je suis bien tenté de croire uue Ernst avait raison. Voici pourquoi : Entre te khan-Minieh et la rive du lac, se trouve TAyn-et-Tineh (Robinson l'appelle Ayn-et-Tîn). Autour de cette source sont des ruines que Quaresmius et Robinson lui-même prennent pour celles de Capharnaùm. Ces ruines ont donc, bien que de loin je les aie jugées fort peu considérables, des dimensions teflos, qu'on peut, sans se compromettre, avancer qu'en ce [)oint a existé un bourg antique. Dès lors, je dis que ce bourg est Korazin. En voici les raisons : Suivant saint Jérôme, Khora/in était à deux milles de Capharnaiim ; celte mesure s'accorde avec la distance qui sépare l'extréuiité nord des ruines de Capharnaiim, des ruines placées au khan-Minieh et autour de TAyn-et-Tineh.

D'un autre côté, le nom Ayu-et-Tineh ou Ayn-et^Tia (quelle que soit la vraie forme de ce nom, il signifie toujours source du Figuier) ne nous a-t-il pas conservé le vrai nom primitif du lieu que les évançélistes appellent X^poL zjy, la région, la contrée de Z2v ? En Hébreu, ]'S ou js est le nom du palmier nain : ne se pourrait-il pas très-bien que le nom Xw^a zi», signifiant contrée du palmier nain, se soit transformé parmi les Arabes, en Belad-et-Tln, d'abord; puis, qu'il ne soit plus resté de traces de ce nom, que dans Ayu-et- Tin, appellation d'une source qui n'était pas sujjette à périr, comme la ville qu'elle avoisinait? Je livre avec une certaine confiance ces observations au lecteur, et je me permets de placer la Khorazin des Evangiles aux ruines que domine le khan-Minieh.

GERARE,Gerar.— Ville des Philistins entre Ladesch et Sehour. [Gen, xx, 6.) Saint Jérôme place celte ville à vingt-cinq milles au midid'Eleulhcropolis.

Il y eut au concile de Chalcédoîue un évéque de Gérare. Elle était sur la frontière d)» Juda et de Siméon.

Sozomène fait mention d'un très-grand et très-illustre monastère fondé auprès du torrent de Gérare.

Les uns ont confondu Gérare avec Bersabée, d'autres avec Ascalon.

Reland pense que les Gérériens mentiiiiK nés dans le //* Livre des Machabées lxm\ U) sont les habitants de Gérare. Géras, dit Sozomène, est une petite ville éloignée dePéfuse de cinquante stades. Cette Géras de Sozomène ne peut pas être Gérare ; il y a trop loin de Péluse à Gérare pour que la distanee de cinquante stades puisse lui être appirquée.

GERASA , Geraséniens. — Gerasa était nce des villes de la Décapole. Elle est mentionnés par Suidas comme une ville de la Cœlé-Sjrrie. daint Jérôme la place dans la Galaaditide : Cunctam possidebit Arabiam quœ prius vœeh batur Gafaad et nunc Gerasa.

Orisène prétend que la chute des porcs dans la mer, au pays des Géraséniens, ne d(rit pas s'entendre comme ayant eu lieu à Gerasa, ville d'Arabie, attendu que Geirasa d'Arabie est très-éloignée de la mer et du Jourdain; il prétend qu'il ne faut pas davantagei attriteer ce fait de l'Evangile au pays des Gadaréniens» parce que Gadara a des eaux thermales , nuis nullement une mer ou un fleuve; mais il dBt qu'il faut lire Gergéséens , parce que Gergesa est une ville élevée sur un rocher à pic qui domine le lac de Tibériade.

Pour expliquer ce passage d'Origène, il £nit remarquer avec Reland que le texte évangélique ne dit pas que Gadara soit sur le lac de Tibériade : il dit seulement, la région des Gadaréniens. Or il est positif que Gadara est très-proche du lac de Gennezareth. Quant k Gerasa, il est paifaitement dans le vrai. Cette ville est tout à fait dans l'intérieur des terres. C'est la Djerasch moderne , et il y a une trop grande distance entre cette ville d'Arabie à le lac de Tibériade. Il faut donc adopter les Gadaréniens, dont le territoire toucludt la partie méridionale du lac.

Ammien Marcellin la mentionne avec Bostia et Philadelphie.

L'auteur de l'Histoire de Jérusalem insérée dans les Gesta Dei per Francos l'identifie très-bien avec Jarras (Djerasch). Il l'indique comme une place forte à huit milles du Jourdain, et il dit que c'est l'ancienne Gerasa. dont les murailles sont bâties avec des pierres carrées énormes, près des montagnes de Galaad ; ce qui est d'une parfaite exactitude.

GERGESEENS, Girgaschéens. — Girgaschi fut un des fils de KénÂan, et les Girgasenéens, icovciraîoi, devinrent une des tribus kénftaneennes. (Gen, x, 16.) Dans le Deutéronom (xx , 2) , ils ne sont pas comptés parmi les six nations kénâanéennes qui doivent être détruites par les Israélites; mais ils sont ejoutâ» dans la version grecque et dans le contexte hébreu-samaritain. Reland pense avec raison

3ue les Gergéséniens , qui habitaient au delà e la mer de Tibériade, n'avaient aucune

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