JOSUE
Ari judaïque depuis MoUe jusqu'au temps
des juges.
Tilles kénlinéennes. — Jéricho. — Josué. ^ Les chariots de gaerres. — Hazor. — Ses ruines. — Arts méullursiqoes. — Skie ou monnaie juive. •— Lm étoffes de Babylone. -* Les couteaux de pierre. — Les trompes de Jéricho. — Le passage do Jourdain. — Monuments de pierre. — Auiels de pierre.
Le livre de Josui nous apprend que les grandes villes du pays de Kénâan étaient entourées de murailles et, par conséquent, doses la nuit. Ainsi, lorsque les espions d'Israël vinrent à Jéricho, ils se cachèrent dans la maison d'une prostituée nommée Rahab, qui demeurait sur la muraille de la ville (ii, 15; VI, 1). Le roi de Jéricho, instruit de iaprésende deux hommes suspects, que l'on avait
vint entrer chez Rahab, v fit faire sur-le-champ une perquisition qui n aboutit à rien. Rahab affirma aux envoVés du roi que les deux étrangers qu'ils cherchaient étaient partis à l'entrée de la nuit, et lorsqu'on fermait les
Srtes de la ville (ii, 5). Après la retraite des kissaires rovaux, les deux espions Israélites, qui s'étaient blottis sous des tiges de lin dé posées sur la terrasse de la maison de Rahab, se laissèrent glisser à l'aide d'une corde jusqu'au pied des murailles, et gagnèrent les nauleurs, au lieu de se diriger vers le Jourdain, qu'il leur était impossible de franchir, grftce aux précautions prises afin de s'emparer de leurs personnes.
Des faits que je viens de rappeler le plus brièvement possible, il résulte que les murailles de Jéricho étaient assez larges pour que la maison de Rahab y pût être établie sans
fèner les mouvements oe ceux qui devaient tre appelés à défendre ces murailles. Certainement Jéricho n'était pas la seule ville kénéanéenne ainsi fortifiée, et très-probablement beaucoup d'autres encore avaient une enceinte du même genre.
Nous trouvons d'ailleurs la preuve positive de ce fait dans la narration de la prise d'Aï
Ivm» 17 et 19), que les habitants avaient eu 'imprudence de laisser ouverte, en se précipitant à la poursuite de Josué, qui les avait attirés dans une embuscade. Une fois l'enceinte de la ville forcée, le massacre des hatntants commença, et douze mille personnes, tant boinmesque femmes, furent passées au fil de l'épée. Aï était donc une ville considé* nble, et qui (ne tomba si facilement au pouvoir des Israélites que par l'imprévoyance de ses habitants.
Nous allons trouver.. quelques naMeimements plus positifii stir les . vtHes kénAaneen-
nes dans le passage du Livre de Josué relatif à la guerre que le conquérant juif entreprit contre labin, roi de Hazor.
Après le sac de Jéricho, de Ai et de Beitel , les rois du pays de Kénâan comprirent que la guerre que leur apportaient les Juifs était une guerre d'extermination, et ils se mirent en mesure de repousse^ l'invasion qui les menaçait. Adoni-Seddik, roi de Jérusalem, fut le premier à donner le signal et Texemple de la résistance. Les Pjebàounites, par un adroit stratagème, avaient réussi à se soustraire aux conséquences de la conquête juive ; ils avaient fait alliance avec Josué ; et comme leur ville était plus grande et plus forte qu'Aï, cette alliance inspira des crain*^ tes aux Kénâanéens, qui voyaient l'ennemi au cœur du paj^s et pouvant au besoin appuyer ses opérations militaires sur une forteresse peuplée de leurs propres compatriotes. Punir la trahison, c était aller au plus pressé, car c'était dégoûter les autres villes de suivre l'exemple de Diebftoun. Adoni- Seddik convoqua donc Houham, roi de Hébron, Feram, roi de lermout, lafiâa, roi de Lakieh, et Debir, roi d'Adjloun, et il les conduisit devant Djebâoun. Ces petits rois de tribus amorites fx, 5) allaient s'emparer de la ville assiégée, lorsque Josué, appelé par ses nouveaux alliés, sortit de son camp de DDeldjel, placé entreJérichoetle Jourdain, gravit les montagnes qui le séparaient des plateaux de Kénâan, et vint fondre inopinément sur les rois coalisés. Ceux-ci furent mis en pleine déroute ; dans leur fuite par la descente de Beit-Houran (Beit-Hour-et-Thalah^ de nos jours), une effroyable tempête les enveloppa, et la grêle qui tomba sur eux en tua plus que le glaive des Israélites (x, 11). Les cinq rois s'étant réfugiés dans une grotte, à Makeda, Josué en fit boucher l'entrée avec des quartiers de roc, et il continua la pour* suite des Amorites. Lorsque l'armée ennemie eut été anéantie, le conquérant revint à Makeda, tira les cinq rois de l'asile qui était devenu pour eux une prison, et les fit pendre incontinent à des arbres. Au couché du soleil, leurs cadavres furent rejetés dans la caverne, devant l'entrée de laquelle furent de nouveau roulés des Quartiers de roc qui en condamnèrent l'entrée.
A partir de ce moment, une guerre ardente et sans miséricorde fut dirigée contre les villes qui avaient appartenu aux rois coalisés ; tout le pays, depuis Kades-Bamea jusqu'il Gaza, toute la terre de Diesen jusqu'à Djebâoun, tomba au pouvoir des Israélites (x,4l, 42) , e t le massacre des aborigènes y fut général .
L'annonce de ces événements, accomplis dans le sud du pays de Kénâan, devait naturellement faire pressentir aux habitants du nord de la même contrée le sort qui leur était réservé, s'ils ne parvenaient h arrêter le torrent dévastateur. Yabin,^ roi de Baior, le plus
les rois ses alliés furent appelés par lui h la défense du territoire ; c étaient loubab, roi
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de Medoun, le roi de Semroun, celui d'Aksaf, les rois du nord, de la montagne, de la plaine, ceux du midi jusqu'à Kinrout, ceux du plat pays et des campagnes de Dour, à Toccident, le Kénfianéen de l'orient et de rocci-^ dent) TAnlori, le Hittien, le JPerisien, le Ye* bouséeù, habitant de la montagne, le Hévien, habitant au pied de l'Hermon, dans le pays deMesfah(xi, 1, 3,3).
Tous ces confédérés , fiombreux comme le sable de la mer ^ allèrent camper près des eaux de Meroro , c'es-à-dire au bord du làc Samakhonite (Bahr-eUHouled), (4 et 5).
Josué vint les y attaquer , les mit en pleine déroute et les poursuivit dans toutes les directions , jusqu'à Sidon la grande , d'un côté , et de l'autre jusqu'à la vallée de Mesfah , à l'orient. Cette immense multitude fut, pour ainsi dire , anéantie (7 , 8); et Josué détruisit leur cavalerie et brûla leurs chariots (9).
L'usage de ces chariots de guerre était éta*bli en Egypte et en Assyrie ; il est donc cer^ tain que les KénAanéens avaient adopté les usages des srandes nations guerrières avec lesquelles ils confinaient au nord et au sud.
Après la ruine de l'armée ennemie, Josué et les Israélites se ruèrent sur Hazor , l'enle-» vèrent de vive force , massacrèrent toute la population et brûlèrent la ville (10, 12). Hazor seule périt ainsi par l'incendie , et les autres villes fortes , restées debout sur leurs collines , furent épargnées par le vainqueur (13).
U y a dans ce dernier verset un fait important a constater, c'est l'usage des Kénâanéens de bâtir leurs places fortes sur des points élevés. Les villes restées debout sur leur tell, dit le texte ; et le mot hébraïque tell signifie à la lettre une colline , un monticule , aussi biei^que le même mot arabe. J'ai vu en Syrie une très-çrande qtiantité de villes ruinées de l'époque biblique , et presque toutes sont établies sur des sommets, c'est-à-dire sur de véritables tell. C'est ainsi que ce mot a été compris par saint Jérôme. Mais d'autres traducteurs des saintes Ecritures , s'appuyant sur la version chaldéenne , qui se sert du mot taukafhoun, à la let-^ tre : leur$ lieux forte , en ont conclu gu'il s'agissait de fortifications proprement dites. Je n'hésito pas à repousser cette traduction. ITnc colline fortifiée peut, à bon droit, s'appeler un lieu fort , tandis que la réciproque n'est pas vraie. D'ailleurs, je le répète, la vue (les sites bibliques ne me permet pas de conserver le moindre doute sur la leçon qu'il faut nécessairemeot adopter.
Revenons à Hazor; le nom même de cette tille signifie : entourée de murailleei Haxor était donc la tille forte de Kénàan par excelleDce. c Haior était autrefois le plus considérable de ces royaumes-là , » dil enectivemeni l'Ecriture (XI , 10). L'historien des Juifs, Flavius Josèpne, raconte la campagne de Josué contre les rois du nord , mais sans
nommer Yabin, roi de Hnor. « L'anntf lisée, dit-il, comptait trois ceot mille 1 sins, dix mille cavaliers et tîpst milb riots de guerre. » {Ani. Jud.^ V. i, 11. loin (V, t,) il raconte comnieiil les \sm délivrés du ioUK de Moab , furent asMn Yabin, roi des KénAanéens. Celui^.ia Hazor, ville située au-dessus du In Si bonite, entretenait une année de Vtm mille fantassins , de dix mille csTsIiena trois mille chariots de çuerre (87). A h l de cette armée était placé Sisera, qn k d'abord les Israélites et les soumit i ^ un tribut annuel à son maître. Cet èâi choses dura vingt années , après ksqÉl les Israélites se révoltèrent. Conduiti 1*1 rak et par Debora , ils battirent à phti ture l'armée de Siserâ, qui périt oor-' cun sait. Ils vinrent ensuite assiéger dont le roi Yabin fut tué , et ils niisMk ville de fond on comble.
J'avoue que ces deux récita de Mpk avec des chiures à peu près identiqua»
raient induit à considérer les deoti comme coticemant un seul et même »
ment, si les saintes Boritures elles« (Jugée, Vf) ne nous donnaient le droit <ft mer que deul rois de Hazor, du nooè^ bin, furent défaits, l'un par Josué, lM|i Barak.
Uuoi qu'il en soit, la ville de Bainrh» levée de ses ruines par Salomon, «nap l'atteste encore Josèphe (Ant, iiid.,TIB.^ Ij, d'accord en cela avec la Bible; /là IX, 15). Il y a tout lieu de croire que «t la Hazor de Salomon » construite trts«* blâment à côté des ruines de la Baiorieh bin, qui fut prise plus tard par TeglalM sar(/i Roiê, xv, 29), et enfiA détnnteii Nabuchodonosor. {Ant. Jud.^ Xt, a,ftl
Du récit d« Josèphe il est ficile deceKh quelle était l'importafice de Haion Itaii Ions voir maintenant c« qu'il reste ie fi ville, et étudier le caractère de ses i« immenses.
J'ai eu le premier le bonheur de lecoi tre l'emplacement de cette cité lAà
f précisément au point désigné par le leil osèphe. Le 5 mars 1851, après avoirs le voisinage de l'Ayn-el-Belatbat, où j campé dans les marécages du lac San nite, je distinguai, sur les collines qi ment au nord la plaine nommée Ar Houieh, des murailles ruinéea qui en ce naient le faite, des allées de pierres ei nombrables monceaux de grosses] de taille, restée évidents d*une ville ai La route que Je suivais» en me dirigei Banias, contournait le pied même de e lines ; il m'était done impossible t tromper sor la nature des vestiges i couvraient. Le pâté de hauteurs eta hitement de direction, après «voir pendant plus d'une heure de l'ouest et s'infléchissent à angle droit, il cou du sud au nord. Aussi loin que la n
(•7) n n^eil prM dsns rCcrilare que de neuf cents chariots placés soos les ordres de
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DKS ANTIQUITES BIBLIQUES.
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3, des ruines semblables garnissent s crêtes. A pailirdelà, j'entrai dans in mamelonné et solide, couvert enperte de vue d'énormes blocs basalui, celte fois, ne présentaient plus trace de travail humain. Certaines nilières de ces blocs étranges m*ayà donné lieu de croire que je fouol d'une ville de la plus naute anti- . je cherchais avec une attention
à découvrir quelque preuve irréde ce fait, dont renonciation m'avait es l'abord les sarcasmes de mes tons de vovage. Cette preuve ne se ttendre: j aperçus bientôt, à cent environ à gaucne du chemin que je les blocs amoncelés semblant former te de muraille ; yy poussai mon chei me trouvai au pied du plus étrange nt cyclopécn qu'il soit possible de or.
^'ine que je n*hésitai pas un instant
pied à terre, et à mesurer et lever s portions de cet édiflce.
iut la destination de cet édiGce? futnple, fut-il un palais? J'avoue aue je ^rtementpourla première hypotnèse, »ici la raison : Il n'y avait, lorsque je s les ruines de Hazor, que bien peu lines que j'avais étudie et levé les lu temple bâti par les Samaritains ont Garizim, et je retrouvais exacdans les ruines d*£l-Khan, le même BU Garizim. Je savais de plus que ce temple avait été construit à l'imitacelui de Jérusalem ;il était donc tout que ridée me vînt que des édifices
de la même manière et orientés de eussent eu la même destination. Ou
peu plus loin combien est frappante e des deux édifices religieux du Gade Hazor. Je ne doute donc pas un ant que mes lecteui*s ne partaient lière de voir, et que les ruines d £1-
soienl pour eux celles d*un véritale et non d'un palais, qui eût, on en Ira, été fort mal placé à la lisière pitale comme Hazor.
suis souvent demandé, depuis mon i cette fois encore la tradition locale pas raison, et si la ruine que j'ai rei Hazor ne serait pas celle d'un éditiné primitivement à héberger les is étrangères, édiflce qui, à travers
trente siècles, aurait conservé son itable. La situation d'El-Khan par k la ville pourrait peut-être donner
vraisemblance à cette supposition, rubore d'ailleurs l'analogie que cet présente avec le Kharbet-el-Yaoud, décrit en parlant des ruines de Goque je l'ai dit plus haut, des blocs les k ceux qui constituent la ruine m, jonchent le terrain à perte de i le nord. A perte de vue aus.<i, et même direction, s'étendent, à gauplateau, les collines couronnées de li dominent au septentrion le bassin
DicnoNN Dt8 Amrioumîs bibuqitbs.
marécageux connu sous le nom de Ardh-el- Houleh ( terre du lac Houieh ). J'ai dit aussi que lorsque ie me suis trouvé à proximité des ruines placées sur les hauteurs, j'ai pu constater que les blocs qui les composaient avaient été équarris avec plus ou moins de soin, et présentaient certainement les traces non équivoques d'un travail humain. Ces deux amas immenses de décombres portent donc le cachet indubitable de deux âges différents. On me trouvera peut-être bien téméraire d'oser fixer à chacun son époque, et cependant je n'hésite pas un instant à le faire. Dans les ruines cyclopéennes, d'appareil vraiment effrayant, et parmi lesquellesj'ai retrouvé le Khan, je vois la Hazor détruite de fond en comble par Josué et par Barak. Dans les ruines qui couronnent le pâté de collines, je vois l'immense acropole de cette même Ha/or, rebâtie par Salomon, prise par Teglat-Felazar et détruite par Nabuchodo>.osor.
Jamais l'appareil cyclopéen d'£i-Khan n'a été employé par Salomon, ni par ses successeurs, ni par les rois d'Israël. Ce genre de construction est indubitablement antérieur à la fondation du royaume de Juda. Il est parfaitement analogue h celui que nous retrouvons dans certains édifices de Gomorrhe.
C'est donc à bon droit, je pense, que j'ai
fm énoncer les conclusions ci-dessus sur 'âge des ruines de Hazor.
Ueste maintenant h formuler d'autres conclusions plus générales. Les villes du pays de Kénâan,à la venue des Israélites, étaient encore construites en véritable appareil cyclopéen. Quelques-unes d'entre elles étaient d'une étendue qui dépasse ce que l'imagination la plus active pourrait se figurer. Enfin certains édifices auxquels leur masse seule a pu assurer quelque durée, présentent dans leur plan une régularité et une simplicité sévères» qui ne laissent pas de constituer des ordonnances fort imposantes. La plupart de ces villes étaient construites sur des collines et closes de murailles assez larges pour servir d'assiette à des habitations particulières.
Quelles découvertes sont réservées au hardi vo^'ageur qui ira planter sa tente sur les ruines de Hazor, et qui aura la persévérance de les explorer sur toute leur étendue? Je ne saurais le dire, mais je me crois en droit d'affirmer que celui-là sera amplement payé de sa peine, et qu'il attachera infailliblement son nom à la résurrection, si je puis m'exprimer ainsi, de la plus étonnante des civilisations. Il n'est pas possible qu'un séjour Juelque peu prolongé a proximité du village *Es-Souk, ne permette pas d'amener les habitants de ce village à entreprendre quelques fouilles au milieu des ruines. U est certain qu'avec de l'argent et quelques remèdes distrioués par-ci par-là aux souffreteux, on obtient tout des Arabes : et ce que je n'ai pu faire moi-même, à mon très-grand regret, je désire ardemment qu'un plus heureux le fasse. A coup sûr, je ne crains pas de le répéter, ooiis verrons surgir de la terre dés mo-^
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DiCTlONNAmfc:
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noments tout au moins contemporains de Josué.
Revenons maintenant h nos recherches spéciales. Nous avons vu, h propos de Tarmée du roi Yabin, que les KenAanéens se servaient de chariots de guerre. Les versets 16 et 18 du chapitre xvii du litre de Josué nous fournissent un renseignement positif sur la nature de ces chariots : ils étaient de fer, s'il faut en croire les Lexiques hébraïques,
?ui traduisent unanimement les mots rekab erzil par chars de fer (88). Malheureusement il ne me paraît pas démontré que le mot berzil soit bien légitimement le nom du fer comme métal. En arabe, le mot borzoul^ le seul qui ait une ressemblance réelle avec le mot hébraïque en question, signifie épais^ gros. Il se pour*rait donc bien d'abord que les prétendus chariots de fer ne fussent que des chariots solides et massifs. D'un autre côté, l'arabe nous présente un mot bertzil^ mot dontTorthographe est très-douteuse d'ailleurs, mais qui, .en tout cas, aurait le môme sens que oerthiL Or celui-ci signifie une grosse pierre ouun fer long, large et dur, à T'aide auquel on taille les masses de pierre. C'est encore un instrument de fer aigu, en forme de bec de grue, à l'aide duquel on fend les pierres. Je n'hésite donc pas à voir dans les prétendus chariots de fer des Kénâanéens, des chariots munis d'une armature en fer destinée à blesser les fantassins au milieu desquels ces chariots étaient lancés à toute vitesse. Tout le monde a entendu parler des chars de guerre armés de faux. Ce devait être quelque chose d'analogue que l'écrivain sacré désigne sous le nom de rekab berzil.
Il n'y a plus dans le Livre de Josué d'autre passage relatif aux arts des tribus Kénâanéennes, que celidqui concerne lesordres donnés à l'armée israélite, à pronos du sac de Jéricho. Parmi les objets qui devaient constituer le butin des vainqueurs, certaines esf>ëces furent mises en mterdit, c'est-à-dire urent vouées à l'avance au culte de Jéhovafa. Voici ce que nous lisons à ce propos, d'après 'a version de Cahen : Tout argent et or, les vases d*airain et de fer, ( tout ) sera saint à V Eternel ; que cela vienne dans le trésor de l'Eternel ( vi, 19 ). Je crois devoir faire quel-
2ues réserves sur l'exactitude de cette trauotion. Ainsi d'abord les Septante ont, au lieu de vases d'airain et de fer, traduit : tout airain (xai nâç x^^> )• ^^ hébreu, koul veut dire tout, et kouli, ustensiley vase, meuble. C'est donc le premier de ces deux mots que les Septante ont trouvé dans le texte à leur disposition ; et ils ont été tout naturellement conduits à lire ainsi, parce que le mot koul, tout, précède les mots argent et or, comme kouli précède les mots cuivre et fer. Toi>tefois je pense que le véritable sens est : tout l'or et l'argent, tout instrument de cuivre et de fer. Cette dernière idée est encore rendue par le mot berzil, qui désigne certaine-
ment un instrument, ou mieux une arme de fer.
Quoiqu'il en soit, ce passage suflSi parfaitement pour établir que les arts métallurgiques étaient fort avancés dans le pays. La prescription sévère de Josué né fut pas observée rigoureusement, et un Israélite nommé Aakan, fils de Kerimy, fils de Zabedy, fils de Zarah, eut la mauvaise pensée de cacher certains objets qu'il voulait soustraire à l'interdit ( vu, 1 ). Cette transgression d'oo ordre si positif, valut immédiatement une défaite aux Israélites. Alors Josué, s'étant prosterné devant l'Eternel, reçut l'ordre d'assembler toutes les tribus, parmi lesquelles l'Eternel atteindrait celle à laquelle appartenait le coupable. Par quel moyen ? le texte ne le dit pas ; mais il est probable (ju'il s'agit d'une sorte de tirage au sort, dirigé par Jehovah lui-même. La tribu de Juda fut désignée. Ln nouveau tirage eut lieu entre les familles de cette tribu. La famille de Zarah fut atteinte, et, dans celle-ci, la famille de Zabedy fut désignée par le sort ; enfin, dans la famille de Zabedy, le coupable Aakan fut atteint. Aussitôt Josué le pressa de confesser son crime, et Aakan avoua : Tai vu, dit-il, dans le butin un beau manteau de^kt" nàar ( babylonien, dit le texte chaldéen ), va* tant deux cents sicles d'argent, un lingot d^cr du poids de cinquante sicles : fen aï eu tnvis et je les ai pris ; ils sont enfouis dans la terre, au milieu de ma tente, et l'argent eut dessmu. Des envoyés allèrent déterrer le tout. Ensuite Aakan, avec ses fils,sesfitles, ses bœuft, ses Ânes, son menu bétail, sa tente ettoutee qui lui appartenait, fut conduit par l'assena blée d'Israël dans la vallée d'Aakour, où tout fut lapidé, puis brûlé ; puis un grand monceau de pierres fut accumulé par les assistants sur le lieu du supplice. Ce fut cet événement tragique qui valut è la vallée en question son nom de vallée d'Aakour, qui signifie: vallée de celui qui catise la calamité (lUt 13-26).
Concluons de ces faits que les métaux précieux, en lingots ou mesurés au poids, constituaientparmiles Kénâanéens un moyen d'échange, une sorte de monnaie. De là, sans aucun doute, est venu lé nom de sielê donné aux monnaies juives, ce nom signifiant littéralement une unité de poids. Nous voyons de plus que les étoffes de schinAar. c'c^* dire les étoifes fabriquées àBabylone, parles Assyriens, étaient en usage et fort estimées.
voyons actuellement ce qui concerne tas arts parmi les Juifs eux-mêmes :
II est question au chapitre v, versets SetS» de couteaux de pierre avec lesquels fut opé^ rée la circoncision de tous les IsraéliMi après le passage du Jourdain, au camp de Djeldjel. Ces couteaux devaient être analogues aux lames celtiques de silex qui ont été trouvées fréquemment sur le territoire de ta
(88) Il est encore question de ces prétendus chars de fer des Kën^ancens tians le Lhre de$ Juges, i, 1^ et IV, 5.
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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
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mieux encore, très-probablement, d'obsidiane que mon ami, M. Vieconsul de France à Mossoul, a tout récemment dans les fouilles ent dirigées par lui, sur Templa- Ninive, à Khorsabad. Ces lames K)nt très-tranchantes, et, puissent en usage chez les Assyriens, n d'étonnant à ce que les tsraésnt servis d*instrumentsdu môme
le la prise de Jéricho mentionne ; dont les cohenim devaient se sernt le tour des murailles de la place Haient de véritables cornes de béinsformées en instruments à vent, idifféremment le nom de soufar
êofar, briller , plaire, être beau) ) kom hioubelf c'est-à-dire tout > corne h son continu. Ces instrumusique étaient donc tout à fait . leur son devait ressembler à celui
dont se servent les pâtres pour leurs troupeaux, ou deces trompes ite dont les enfants du peuple de un son fort désagréable, pp.ndant (urnées du carnaval. Nous allons Diploi du ioufar n'est pas le seul i barbarie des Israélites, au temps lue dans le pays de Kénàan. De re effectivement sont les monumémoratifs qu'ils sont en état de t d'élever? Des pierres brutes fimcelées ou juxtaposées, comme constituent les monuments celtidus dans certaines provinces de
notamment en Bretagne. Cber-
sont les monuments de ce genre lueslion dans le Livre de Josué.
les Israélites durent franchir le est-à-dire passer delà terre moabiterre opposée, les eaux du fleuve
foit lom en amont, près de Sar- )s (jui descendaient vers la plaine, Salée, furent complètement divi* peuple traversa en face de Jériet it). Les cohenim^ porteurs de iance, s'arrêtèrent au milieu du ière et y restèrent sur un sol fer- (jue toute la nation passait à pied il ne resta plus personne sur la tique , Dieu ordonna à Josué de homme par tribu et de leur dire hacun une pierre du lit du Jourint mèmeoulescoAenim, porteurs l'alliance avaient stationné. Ces aient être déposées au lieu prompement. Cet ordre une foisexé- I tit dresser douze autres pierres du Jourdain, au point même où remières avaient été ramassées, et
destinées à servir de monument atif de ce passage miraculeux, ntrestécs jusiiuàce jour, «ajoute ré (IV, 9;.
rche d'aillance fut sr>rtie du fond , les eaux refluèrent de part et es reprirent leur niveau et leur litumé. On était alors à la saison
de la moisson (mois de nissan), et à cette époaue le Jourdain coule à pleins bords (m, 15). Les Israélites allèrent établir leur camp à Djeldjel, et les douze pierres enlevées du fond de la rivière furent dressées en ce point (iv, 20). Comment le furent-elles? le texte sacré ne précise rien. Si nous remarquons cependant que chacune de ces pierres avait pu être emportée sur l'épaule par un seul homme(iv, 5j, il est naturel de croire qu'elles étaient de faible dimension et qu'elles furent dressées en tas, à la méthode arabe. Plantées isolément en terre, elles eussent promptement disparu sous les détritus végétaux ou pour toute autre rai<on naturelle ; et nous savons qu'elles furent très-longtemps connues des Hébreux, puisque l'écrivain sacré ajoute que Josué dit aux enfants d'Israël (21 , 22) : Quand vosdescen^ dantê demanderont un jour à leurs pires ce que signifient ces pierres4a, vous ferez savoir à vos enfants qu Israël a passé le Jourdain à pied sec, et que ces pierres tirées du fond de la rivière ont été posées /d, en témoianage de ce miracle insigne. Voilà donc déjà (feux monuments commémoratifs parfaitement analo- Kue<à ceux nue l'on voit très-fréquemment dans le pays aes Arabes. A chaque instant on l'encontre des monceaux Je pierres de toutes dimensions, qui ne se sont évidemment pas accumulées toutes seules dans le désert, et chaque Arabe qui passe ajoute pieusement la sienne au tas déià formé, sans trop même se rendre compte de ce qu'il fait en agissant ainsi. Son père le faisait avant lui, et il le fait comme son père, sans plus s'inquiéter de la nature de l'exemple qu il suit.
Ces monceaux de pierres sont quelquefois reunis en un certain point déterminé et en nombre considérable; ce sont alors des tombes élevées sur les restes de quelques Arabes çiui ont péri dans un combat entre tribus voisines. J'ai plusieurs fois rencontré de ces cimetières pnmitifs dansr^le désert de Juda, c'est-à-dire sur les hauteurs qui dominent à l'occident le bassin de la mer Morte.
Constatons maintenant que les Hébreux avaient la même habitude, et que des monceaux de pierres étaient souvent établis par eux sur les points où étaient enterrés certains personnages.
Nous avons raconté un peu plus haut la fin tragique d'Aakan, qui s était approprié un manteau de Shinftaretun lingot d'or, soustraits du butin voué à 1 Eternel, lors du pillage de Jéricho. Nous avons vu que ce malheureux , avec toute sa famille et avec tous ses bestiaux, fut lapidé, puis brûlé dans la vallée d'Aakour. Le texte sacré ajoute : On plaça sur lui uii grand monceau de pierres (qui a subsisté) jusqu'à ce jour (vu, 26). Il est bien évident que cet amas est le type des amas funéraires dont je parlais tout à rheure.
Voici un autre exemple de cette coutume : Lorsque les Israélites se furent emparés d'Aï , vni, 28), Josué brûla .Aï, et en fit un monc(^au, ruine éternelle jusqu'à ce jour. —29. // fit pendre à une potence le roi a Ai, Jusqu'au soir : et lorsque le soleil se couchfi^ Josué or»
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donna qu*o'n descendit son cadavre de la potence, et on le jeta à Ventrée de la porte de la ville; on mit sur lui un grand monceau de pierres jusqu*à ce jour.
Je n*di pu malheureusement chercher l'emplacement d*Aï ; mais je ne doute pas qu'un jour de recherches ne soit plus que suffisant pour retrouver ces ruines vénérables, lors-
2u'un vovageur, sachant l'arabe et partant de eitin, l'antique Beit-El, se dirigera vers l'orient, en cherchant à reconnaître sur le terrain des points qui sont clairement désignés dans la Bible à propos de la prise d'Aï et de Beit-El.
Au dernier chapitre du Livre de Jo5u^(xxiv, 26 et 27), nous lisons que ce conquérant, au moment de mourir, assembla les Israélites à Sichem, et qu'après leur avoir rappelé tous les bienfaits de Jéhovah, qui les avait tirés de la servitude d'Egypte, il leur filjurer de rester fidèles à son culte. En commémoration de <;et engagement solennel, il prit une grande pierre et la dressa là, sous le chêne qui est près du sanctuaire de VEterneL Puis Josué dit au peuple : Voici cette pierre qui nous servira de témoignage, car elle a entendu toutes les paroles que V Eternel a prononcées avec nous; qu'elle soit un témoignage contre vous, pour que vous ne reniiez pas votre Dieu.
Une pierre de ce genre ressemble beaucoup, on en conviendra, aux menhir celtiques, c'est-à-dire à ces pierres fichées qui se rencontrent si fréquemment en France et qui,
1)ar exemple, existent encore par milliers dans es landes de Karnac.
Nous venons de mentionner tout à l'heure le sanctuaire de l'Eternel ; c'est de lui maintenant que nous allons nous occuper.
Nous avons vu, en analysant le Deutéronome, que, d'après l'injonction de l'Eternel, les Israélites, devenus maîtres du pays, devaient bâtir un aulel de pierres brutes sur le montEbai {Deut. xxvu, 5). Un peu plus loin nous lisons : II. Moïse commanda au peuple en ce jour, savoir : — 12. Ceux-ci se tiendront tournés vers la montaane de Garizimpour bénir le peuple , quand vous aurez passé le Jourdain : Siméon, Lévi, Juda^ Issakhar, Jo^ aeph et Benjamin. — 14. Et ceux-là se tiendront pour la malédiction, tournés vers la montagne d'Ebal : Ruben, Gad, Aser, Zabu- Ion, Dan etNephthali. Viennent ensuite les douze malédictions que devaient prononcer les Lévites, et auxquelles le peuple répondrait: Amen. Les bénédictions ne sont pas contenues dans le texte sacré.
Le livre de Josué raconte ainsi comment fut exécuté cet ordre de Dieu, après le passage du Jourdain (vm, 30) : Alors Josué construisit un autel à V Eternel, Dieu d'Israël, sur la montagne d'Ebal.— 33. Et tout Israël avec ses anciens, ses inspecteurs, ses juges , était placé de chaque côté de Varche, en face des cohenim, des Lévites porteurs de Varche d'alliance de V Eternel, l étranger comme Vindigène; la moitié en face de la montagne de Garitim, el la moitié 'en face delà montagne d'Ebal, comme Moïse, serviteur de V Eternel,
avait autrefois ordonné de bénir le peuple d'Israël.
Les (almudistes, aussi bien que Josephe, ont conclu de la teneur de ce pas^ge, que six des tribus d'Israël s'étaient postées sûr le sommet du Garizim, et les six autres sur le sommet de l'Ebal, pour répondre amen aux bénédictions et aux malédictions prononcées au fond de la vallée de Sichem. Cette explicètion est entièrement inadmissible poarquicoDque a vu les lieux dont il s'agit. En effet, du sommet des deux montagnes en question, il est matériellement impossible de voir ce qui se passe au fond de la vallée, et encore bten
{^lus d'entendre ce qui s'y dit, les paroles usscnt-elles criées à tue-tête. Nous devons donc tout d'abord mettre de côté l'explication talmudique et admettre que les deux groupes de six tribus se tenaient au fond de la vallée de Sichem, l'un tourné vers le mont Garizim, sur lequel étaient dirigées les bénédictions, et l'autre vers le mont Ebal,sur lequel étaient dirigées les malédictions duSdgneur.
Mais ce n'est pas tout encore. Ce premier point éclairci, il nous resterait à fixer définitivement le lieu où dut être placé l'autel que Josué construisit à l'Eternel. Voici à ce sujet un très-curieux passage que j'extrais du mémoire d'un savant Israélite, sur les Samaritains, inséré à la fin du tome Y de la Bible de Cahen :
«... Dans les mêmes confins, à une petite distance de la ville, s'élèvent les deux célèbres montagnes de bénédictions et de malédictions, de Garizim et d'Ebal. Les bénédi^ tions furent prononcées sur la première, el les malédictions sur la seconde; événement contemporain de Josué. Mais on lit dans le texte des Juifs : Vous élèverez ces pierref-rt aue je vous ordonne aujourd'hui, sur le meut Ebal. [Deut. xxvii, 4). Dans le texte des Samaritains on lit les mêmes paroles, mais au lieu d'Ebal on trouve Ganzim, et c'est sur cette montagne que les Samaritains ont élevé un autel , ont adoré et continuent d'adorer Jéhovah. Juifs et Samaritains s'accusent réciproquement. Comment aujourd'hui connaître la vérité? Toutefois nous pensons, avec Kennicott, que les probabilités sont en faveur desSamaritains. Il v a peu d'apparence qu'on ait choisi de préférence une montagne rérile et maudite, pour y bâtir un autel. Il est vrai que les commentateurs juifs disent qu'on a voulu dédommager Ebal de ses malédictions, en y élevant un autel. Mais cette prétendue compensation n'est qu'un trait aesprit et n'explique rien. D'ailleurs les partisans de Jérusalem avaient un grand intérêt à falsifier, et ceux de Sichem n'en avaient aucun, et en matière de falsification, cetargo* ment est d'un grand poids. »
Quelque vraisemblable que soit ropiniiin li placerait l'autel de Josué sur le sommet u Garizim, il ne m'appartient pas de me prononcer sur ce point d une manière formelle; l'Eglise seule a ce droit.
Je n'ai pas visité le sommet du mont Ebal; mais j'ai étudié avec soin celui du montGari-
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