DICTIONNAIRE LIV IM
et à l'existence de Vanini, on peut consulter (sans en adopter cependant toutes les idée») une notice de H. Cousin dans la Rerueitt Deux-Mondes^ 1*' décembre 1843, et le Aktionnaire des Sciences philosophiques^ u VI, p. 943-945. Fotr aussi un Mémoire de M. L de Laverçne, analysé daûs les Mémoires it r Académie de Toulouse^ 1835; un article de M. Mercej dans la Revue de Hm (20 juin 1841); rfltstotre de ia phihseM de Buhie (t. Il, p. 739 de la traduction française); un article dans la Revue de Fritfwf, tom. I (indiqué comme digne d'être lo), elc Une traduction française, par M. Rousfdet (Paris, 1842), comprend VAmphiiheairmmîi une partie seulement des dialogues De arcanis.
§ X. — Livres cerUmnéê.
Lorsque, soit pour corriger des erreon, soit pour faire disparaître des i>assagesqai ont soulevé des plaintes et éTeilië des susceptibilités, on fait disparaître d*un toIqdk imprimé un ou plusieurs feuillets qui sont remplacés par des pages moins suseeptibles d'être censurées, on fait ce qa*en style typographique on appelle un earion.
Il est facile de comprendre que les eieinplaires qui renferment les pages primitivement imprimées ont aux yeux des bibliophiles une valeur (particulière; ils sont rares, quelquefois d'une rareté excessive « el Too tient à connaître les motifs qui ont déterminé les changements survenus dans le texte.
Nous avons dans le cours de nos recherches, noté plus de 200 ouvrages cartonnés, et il en existe certainement un bien plus graod nombre ; nous nous contenterons d*en mentionner quelques-uns, en les rangeant dans Tordre alphabétique :
Ângell, Istoria délia città di Parma^ 1591, in4: les pages 527-550, ont été cartonnées parce qu'elles contenaient le récit d'un crime coimuis par on prince de la maison de Famèse.
Anselme de Sainte-Marie, Hiêietre fénéatoyi' que, 1726-55, 9 vol. in-fol. 11 y a des carions.
Aristophanis Comœdiœ , i785, 4 vol. in*4. Ua exempl. avec 54 feuillcis en cartons imprimés pov ce seul exempl. et contenant des corrections et conjectures de Téditeur, appartenait à M. Renooard. Voy. son Catalogue de 1818 , t. II, p. 215, et celai de 1853, n* 1049.
Biblia tfe6raica,Mantoue5,50i(l742),2 vol. in4: un canon pour rétablir les versets i6 et il (la chap. Xï7 àisaie omis dans la plupart des eiemplaires.
Bibliolheca Fratrum Polonorumf 1656, 8 vol. in-fol. Des cartons aux pages 2 et il da premier volume.
' Bibliothèque ktstorique^ ou Recueil de matériâMS pour $ervir à Chi$toiret Paris, 181 8-1 8â^, 14 vol.: un carton au feuillet p. 124-125 du tom I.
Boileau (OEuvres de), Amsterdam, 1772» 5 vol. in-8 ; les sept premières feuilles du t. t" oot été réimprimées.
Calmei, Histoire de Lorraine, 1728, 4 vol. in-fol.: les exempl. cartonnés contienneni les passages retranchés par la censure. Voir à cet ^ard le premier Mémoire de M. Noël pour servir à rhisloire de la Lorraine, 1828.
Callimaco, Bodoni, 1792, In fol. (Un feuillet de b préface dans lequel rimprimeur critiquait auiére-
uv
DE BIBLIOLOfilE,
Il les types grecs de M. F. Didot» fui remplacé par uji aiutre.;
Choiseol-Gouffier , Voyage fnttorenfM de la Grèu^ l7Si-lS24. (Le discours préliininaire du premier tirage ai été cnangé ainsi que diverses pages «ta I*' volume. Voy, lenanueL)
GcNidillar, Cotffi d'Etudes, Deux-Ponte. 178i, 15 vol. in-8. (Cet ouvrage fut imprimé à Parme étt 1769 à 1773, mais des plaintes ayant eu lieu, le frMiÛspicû reçut Tindication d*une autre ville, et cmUÎBS passages furent cliangés ou adoucisu Voy. le Caulogae Renouard^ 1818, t. III, p. 5.)
Coati» La bella mano , Parigi , 1582. (11 y a quelgoes exempl. avec un carton aux feuilleta 75-82* Yoir» an sujet de cet ouvraee, Kcnouard* Annaleê éa$ EKteitnet, t. II, p. 182 ; a la vente de cet amaleor en 1853, un exempl. aux armes d*A. de Tboo, 165 fr.)
Delisle de Sales, Dictionnaire de cha$$e et de pêche. 1769, i vol. in-a-. 3 fis du iom. U, p. 35, 65 •i 153 cartonnés.
Dsnte, Y Enfer ^ traduit par Rivarol. 1783 ; des cartons dans les notes.
IMdyml Taurinensis (Th. YalDerg»), Uueraiurœ cofiUm rmdimentum , Parmae, 1783 ; des cartons aux pMM 57, 43, i5, 51.
' uespéiiers, Coniei ou récréation*^ 1735, 3 vol. : «o eiempl. porté au catalogue G. Duplessis, n*153, costenait, à la fin da 1" volume, 38 feuillets supprinés et remplacés par des cartons.
Firéderlc II, OEuvree, 1788, 15 vol. in-8. (Il y a des exempl. non cartonnés qui ont du prix aux yeux fkt curieux.)
flti-Adam (Moore, etc.). Le Monde^ traduit par HoDod, 1757, 2 vol. in-12. (Cet ouvrage n'eut Tauloriaation de circuler en France qu*aprè| avoir été eanonné.)
Hardoum , ColUetio conn/toritm, 1715, 12 vol. in M. (Cet ouvrage a subi des corrections ; on cherche à posséder en double les feuilles cartonnées.)
HdTetius, De rEtprit, nb%\n-4.
Deraclitus, Lemgoviœ, 1796, in-8. Les pages 7 à 10 étant souillées de, fautes dUmpression, ont nécessité nn carton.
Kotzebue, Sotcvmrs de Pari$, en 1804, 2 vol. iA->t2 ; on chapitre intitulé : Le premier consul et ÊÊê enioure fut cause de cartons exigés par la polte. Même sort fut réservé aux Souvenirs de 90uage du même auteur, 1806, 4 vol. in-12.
La Caille, UUtoire de Hniprimerie, 1689. (Dans qiielqaes exempL les pages 5 à 16 sont remplacées par un carton de 12 fts non chiffrés, ei les pages (9 à 60 par un autre de 18 fts également non chiffrés.)
La Beaumelle, Mémoires pour servir à l'histoire de Madame de Maintenons 1731.
Leuglet-Dufresnoy, Méthode pour étudier l'his" îoire^ 1129-40, 6 vol. in-4. (Quelques exempl. en tr^grand papier n*ont subi qu'une partie des modiOcations lort nombreuses qu'exigea la censure.)
Lucien, trailuit par Belin deBallu, 1785, 6 vol. in-8. (Entre les pages 184 et 185 du toiu 111, un carton destiné à combler une lacune.)
Lucrèce , traduit par la Grange, an II, 2 vol in-4, (Deux feuilles réimprimées pour faire disparaître deux fautes qui avaient échappé au correcteur, ne se trouvent nue dans quatre exempl.)
Martyre de frère Jacques Clément, 1589. (A la page 31, un carton imprimé en plus eros caractères ; il remplace un passage supprime à la deoumde des Bénédictms de Saint-Cermain-des-Prés,
M 77) M. Sainte-Beuve a consacré un articl llezeray. Causeries du lundi, t. Mil, p. 157- De son cété M. Cousin a écrit ceci :
article à
Pour ma
*et qui accusait ces religieux d'entretenir des relations avec Tarmée royale.)
Menagiana, publié par la Monnoye, 1715 ou 1729, 4 vol.in-12 ; il y a de nombreux cartons ; le Manue» du libraire , t. 111, p. 251, en parle avec détails.
Mézeray, Histoire de France, 1648-51, 3 vol. in-fol. [Voy. au sujet des cartons le Manuel da libraire, t. III, p. 382. De beaux exempL non cartonnés 325 et 466 fr. ventes A, Bertin et Girand{177).] ^ ^
Mirabeau, la Monarchie prussienne^ 1784, 6 TOl. in-8 : divers cartons furent nécessaires.
Miraeus, Opéra diplomatica, Lovanii, 1723-1748.
Molière, QEuvres, 1682, 8 vol. (Nous avons déjà parlé de cette édition dont un exempl. non cartonné s'est payé 1210 fr. vente A. Bertin, Dans l'édiUon de Bret, 1773, 6 vol. in-8, les pages 66et67» 80 et 81 du tom. I, doivent être doubles.)
MonUigne, Essais, 1802. (Les pages 177 à 182 du tomel*' doivent être doubles [circonstance trèsrare] à cause d'une note de Naigeon qui fut retranchée. Voy. la Notice bibliographique sur- Momtaiane, par le docteur Payen, 1831, p. 36.)
Montesquieu, OEuvres, 1827, 8, vol. in-8. ^Deax cartons sont indiqués dans la France liltérûire, de M» Quérard.)
Moret de Valbonais, Histoire du Dauphiné^ 1722
2 vol. in-fol. : un exempl. avec les carions était dans la bibliothèque de Lancelot qui avait revu cet ouvrage.
Pallavicini (card. Sforza), Istoria del coneilio di Trento, Rome, 1656, 2 vol. in-fol. (Un très-petit nombre d*exempl. sont antérieure à la réimpression de plusieurs feuilles du second volume amenées par le désir de Tauleur de faire queloues changements dans sa rédaction primitive — Une traduction française de cette Histoire a été pid)liée en 1844 par les Ateliers catholiques.)
Ptolémée, Composition mathématique, trad, par llalma, 1813, 2 vol. in-4 : trois cartons au tome !•*.
Pouget, Institutiones cathoUcœ, 1725, 2 vol. in-foL (Dans quelques exempl. des feuilles remplacées par des cartons sunt a la lin des volumes.)
Puisaye (comte Joseph de). Mémoires, 1803-18U8, 6 vol. iu-8. (On a réimprimé les 32 premières pages du tom. lY, et les pages 169-176, 305*312, 529-[^, 567-568 et 609-678.)
Robert, VElatde la Provence, 1693, 3 vol. in-12. (Les réclamations de plusieure familles nécessitèrent quelques cartons.)
Segresiana, 1721. (Cartonné à cause de quelques passages regardés comme injurieux pour madame de Maintenon. Voy. Barbier, Dictiotuiaire des Ano^ nymes, n* 16,903, et le Caulogue Pixerécourt, n** 1 538.)
Tableaux historiques de la Révolution, 1791-1804,
3 vol. iu-fol. (Le texte d*une partie de cet ouvrage se ressentait de Tépoque où il fut publié, c'est-adire qu'il était écrit dans un sens très -révolutionnaire ; il a été réimprimé avec des modifications nombreuses ; les curieux aiment à posséder les deux rédactions.
Tassin, Histoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, 1770, in-4.
Thomas, OEuvres^ 1822,6 vol. in-8. (U y a plu sieurs cartons.)
Trissiiio, /a ha/îa liberala, 1518. (Des passages offensants pour la cour de Roiue ont été cartonnés et ne se trouvent que dans un très-petit nombre d'exemplaires. — Voy. le Catalogue Libri , 1844, n" 963.;
Tyrtee, les Messéniques traduites en vers français f
part je trouve Touvrage de Mézeray exceUent el bleu au-dessus de sa réputation» i
uv
par F. Diiiût, 1851. (Un cxempl. avec le carton de la dédicace esl porlé au caulogue Fossé d'Âr-
oosse, n* 285.)
Valladier, \ Auguste Ba$Uique derabba^edeSaint" Arnould de Metz, i615, in-4. (Des carions aux pages 3-5, 97-105. Voy. Noèl, Co//ecltoiu Lorraines,
Villegomblain, Mémoires, 1667, 3* tom. ch. 12. On a retranché d*une partie des exempl. les 80 dernières pages du tom. 11 contenant des assertions défavorables à Henri IV, et on les a remplacées par une fin moins étendue.
Yoisenon, OEuvreSt 1781, 5 vol. in-8; quelques cartons au tom. IV.
• Vies des saints Pères du désert (par Bourgoing de Villeforre) , 17U, 4 vol. in-8. Quatre Vies de saints furent retranchées dans la plupart des exempl. et remplacées par des cartons. (Voy. catalogue Pixerécourt, n» 1772.)
Ajoutons les titres de divers autres ouvrages qui ont aussi subi des cartons : Le Nouvel Emile ^ ou r Education pratique, 1770;
— le Choix de Mazarinaaes ^ publié par M. Moreau, 1853; — le Longueruanaf Berlin, 175^; — les Lettres sur l* éducation des princes (par de Fontenay), ilkS (un passage relatif au Préteudant, pag. lxxvui, fut remplacé par un carton) ; — Je Mysterium artis stenographicœ de Hiller, Vlm^ 1682; \îi Bibliothèque des gens de goût^ par Gayot de Pitaval» 1726, 5 vol. in-12; — les Madrigaux de la Sablière, 1680, )u-12; — la Recherche des antiquités de Flandre^ par Ph. (le Lespinoy, Douay, 1631; — le Journal de Henri lu et de Henri /F, par P. de L'Estoiie, 1741-49^, 9 vol. petit in-8 (voy.sur les cartons qu'offrent les deux premiers volumes du Journal d'Henri III, le Bulletin du bibliophile, p. 949-953);— le Traité de Cahuzac sur la danse ancienne et moderne;
— les Révélations indiscrètes du xyiii* 5ièc/e, (publiées par Auguis), 1814 (42 fis supprimés et cartonnés) ; — VEssai sur la vie de Sénèqueyar Diderot ; — les Mémoires sur la cour de Louis XI V, extraits de la Correspon-dance de la duchesse d'Orléans , 1823; — le Dictionnaire de Bayle, 1720; — le Lucrèce^ traduit en vers par de Pongerville ( la seconde édition, 1828, n'est autre chose que la première, sauf quelques cartons destinés à introduire des morceaux retouchés); — les Mémoires d'un pauvre hère, 1829, i vol.
ides cartons furent exigés par le général )esfourneaux, voy. Qi^èrard, Supercheries littéraires, t. Ul, p. 424); — le§ Lettres sur lltalie, par Dejoux, 1825; — les Essais dramatiques par Mil lot, 1836; — les OEuvres de Saint-Foix , 1778, 6 vol. in-8; — le Ménagier de Paris, publié en 1846; — le Précepteur (par Arnoux), 1750; — OEuvres de Bacon, an VIll, 15 vol. in-8 (une demil'euillefut réimprimée par suite aune inadvertance commise lors de l'impression, voy, le Catalogue Renouard, t. 1, p. 193);— les Caractères de La Bruyère, 1802, 3 vol. iu-12 (môme circonstance, voy, t. 1, p. 222) ; — le Dictionnaire bibliographique , par Psaume, 1824, 2 vol. in-8 [voy, le Catalogue Pixel écourl, n* 2,180); — OEuvres de Bernis, 1803 («arton nécessité par une faute
dimpression :'voy. le Catalogue Renouard, t. III, p. 45) ; — le Précis de rkiitoirt it France, par Peignot, 1815 ; il y eut par suite de la variation des événements des cartons, contre-cartons et doubles titres.
Divers catalogues oGTreot des exemplaires non cartonnés de certains ouvrages.
Le Catalogue Nodier (1830, n*671)eDre-
Sistre un exempl. sur véltii des Praverbii i M. Ant. Comazano (réimpression donnée par M. Renouard» Paris, 1812) lequel conserve un carton double (vendu 120 fr). Au Catalogue de 18U' du même amateur, noas rencontrons un exempl. de la Satjtrt Ménippée de Courval-Sonnet, Lyon^ 1^, contenant Toriginal et la réimpression d'uo feuillet où rincurie du typographe avait laissé passer des fautes énormes.
Nous rencontrons au Catalogue Leber la fie de saint Amable, par Faydit, llùà, et les Mémoires de Bordeaux, intendant des finoMces, 1758. {Voy. i. II, p. 311 et h6i.)
Nous n'avons parlé jusqu'ici que des livres cartonnés publiés en France; il en existe également un grand nombre dans les pajs étrangers, mais on comprend que nous ne chercnerons pas à les indiquer presque tous: nous nous bornerons à signaler en Angleterre :
Theocritus, Oxonlae, 1770, 2 vol. in-4« (Dans me note, pag. 378 da tom. Il, Pëditeur Toup avait dié à Taupui de Texplication d*un mot » un passage de rEcrilure sainte ; des observations s*élevèrent coaire ce procédé qui fut regardé conmie inconvenant, et il en résulta un carton.)
Rittson, Anciens engleish metricat romancées,i90^ 5 vol. ( L'éditeur de ce recueil fit placer avant la vente quelques cartons pour faire disparaître des passades d*une hardiesse blâmable. )
Beaumont, Bosworth-fietd , Londres, 16i9. (Les pages 181-18i sont cartonnées dans tous les exempl. connus.)
Blomefield. CoUecianea Cantabrigienna , 1750, in-4. (28 feuillets antérieurs aux cartons dans Texempl. sigualé Biblulhecu GrenvHUana,D, 82 )
Hartshorne, Ancient meirical Taies, 1829 : un passage peu décent a nécessité un carton.
Les notes que nous avons rassemblées nous présentent, à Tégard de l'Italie; les Lettres o'AngeloCirillo, Venezia, 1608; Longino, Deir altezza de dire trad. de N. Pinelli, Padova, 1639; le Tratlato delta pittura de Lomazzo, 1584, etc.
§ XI. — Livres en diverses tangues.
Nous avions entrepris en ce genre des recherches assez étendues dans lesquelles nous signalions bien des ouvrages écrits en des langues peu répandues; nous ne pouvons placer ici ce travail qui, pour être un peu complet, sortirait du cadre dans lequel nous devons nous renfermer, mais nous donnerons comme échantillon quelques-unes
de ces notes; elles renferment des détails généralement peu connus.
Nous mentionnerons d'abord les livres en langue Basque.
Un certain nombre d'ouvrages originaux existent dans cet idiome remarquable; le plus ancien qui soit parvenu à notre coq-
DE BIBLIOLOGIE.
lilO
naissance a pour titre :I.tti;u(s YaseorumPri^ tniliœ^ per dominum Bernardum Dechepare^ reclorem Sancti Michaelis veteris^ Bordeaux, IfSMf petit io-8. Malgré ce titre latin l'ouvrage est tout entier en langue basque; il se compose de poésies de divers genres; une
r»ortion rouie sur des sujets de piété. Ce tourne est devenu tellement rare qu'on n'en connaît qu'un ou deux exemplaires, mais il a été réimprimé en grande partie avec une traduction française dans les Actes de PAca" demie de Bordeaux , 18^7. <
Une autre publication d*un intérêt réel pour la connaissance de Tidiome et des usages des Basques, c'est le recueil de proverbes formé par le savant historien de Navarre, Arnaud Oihenart ; ce recueil, imprimé à Paris en 1653, était devenu prescfue introuvable , mais en 18^7, un philo- Jogue laborieux, M. Francisque-Michel, en a donné une édition nouvelle , accompagnée d'une préface où sont déposés les résultats de patientes recherches.
Notre plan nous impose le devoir de signaler spécialement ceux des livres basques qui ont trait à la théologie. Ce qu'il y a de plus ancien en ce genre est une traduction
Ïrotestante du Nouveau Testament faite par ean de Liçarrague et publiée à la Rochelle en 1571, in-8.
On ne retrouve plus nulle part aujourd'hui la Doctrine chrétienne publiée à Baronne en 1616 par un cordelier, le Père Elienne Materre, gardien du couvent de Bayonne, ni le Catéchisme du même auteur imprimé à Bordeaux en 1617.
Un grand nombre de livres de dévotion ou de catéchismes, des noêls, des cantiques, ne sauraient être indiqués ici; nous renvoyons à la liste qu'en a dressée M. Francisque^ Michel ; les traductions forment la portion la plusimportante de la littérature religieusejdes Basques. En 1656, Il parut une version de la Doctrine chrétienne par le cardinal de Richelieu (Paris, 1659). Cette traduction était i'Œuvro de Sylvain Pouvreau, lequel mit au jour en 166^^ la Phitothée de saintFrançois de Sales, et en 1665 Ie6utde5pîrt^ue(de Laurent Scupoli, le tout en langue basque.
En 166^, d'Arambillague , prêtre à Cibourre, fit imprimer à Bayonne une traduction du troisième livre de Vlmitation; une version complète , faite par Michel Chourrio, curé de Saint-Jean de Luz, vit le jour à Bordeaux en 1729; elle fut réimprimée en 1769 et en 1825. Nous avons trouvé sur le catalogue de la bibliothèque Wolters, Paris, 1839, l'indication d'une édition donnée à Pau, en 1767, que M. Francisque-Michei n'a pas signalée. Cette traduction conserve, mieux que celle de d'Arambillague, la physionomie, l'onction, la touchante simplicité de l'original.
Des Sermons par Pierre d'Arguinarals, imprimés à Bordeaux en 16M, in-12, paraissent aujourd'hui perdus.
La langue basque peut du moins offrir un ouvrage original et dign» d'attention; il fut composé par Pierre Axular.curé de Sure.
et imprimé à Bordeaux en 16i'9; il a pour titre Gueroeo guero, edo gueroco tuçamendutan, c'est-ë-dire : Après pour après, ou guet grand mat c'est de différer toujours et de laisser passer tes affaires de Came. Reeueilli de la sainte Ecriture, des docteurs de FEgiise et des livres de dévotion.
Le volume que nous avons sous les yeux est indiqué comme seconde édition ; la pre* mière est restée inconnue aux bibliographes.
Le but de cet ouvrage remarquable est indiqué par le titre. Il montre les dangers du délai de la conversion; il rappelle vivement l'incertitude du lendemain, la difficulté de déraciner les mauvaises habitudes , les inquiétudes d'une conscience troublée, la sévérité des châtiments divins. A ces diverses considérations l'auteur joint des réflexions pleines d'énergie sur la nécessité du travail, sur la fréquente confession , sur le pardon des injures, sur divers vices.
On voit, dit M. Francisque-Michel, que les matières du Gueroco guera ont été traitées avant et après Axular par beaucoup d'anteurs ascétiques, mais il nous semble l'emporter sur la plupart d'entre eux sous divers rapports ; on remarque dans son livre une érudition variée qui le rend intéressant par le grand nombre de citations prises dans l'Ecriture sainte et les Pères , dans les moralistes profanes et l'histoire ancienne ; des traits d'une douce ironie et d'une sorte de simplicité antique y raniment fréquemment l'attention, et rien n'égale le charme naïf des descriptions, si propres à laisser dans 1 ême des impressions durables et salutaires. Plaçons ici la traduction d'un passage q^ui fait connaître comment Axular préseqle ses con* seils moraux :
La Fourmi, — « Allez, paresseux, h l« fourmi et considérez ses chemins et ses sentiers, ses allées et ses venues, ses tours et détours, ses peines et ses travaux. Vous apprendrez comment vous devez, vous aussi, dorénavant et toujours, vivre, marcher et vous conduire. Sans maître et sans guide, la fourmi elle-même, de son propre mouvement, recueille dans l'été les vivres, la nourriture et le erain dont elle a besoin pour passer l'hiver. Elle cachece grain bien avant sous terre , dans des caves et des greniers qu'elle-même a faits. Elle est du reste si prudente et si avisée que, lorsque, ne trouvant rien au dehors, elle est obligée de toucher à ses provisons, elle a soin d'entamer le grain par le bout qui doit se moisir le premier, parce qu'autrement ce grain germerait et, devenu herbe et tige, rendrait inutile toute la prévoyance de la fourmi. De plus, quand l'humidité a détruit une partie de sa récolte, uour que ce qui lui reste ne se gête point, elle le tire de temps en temps au dehors et lui fait prendre ainsi l'air et le soleil; et c'est ainsi que la fourmi passe sen hiver et montre à chacun de nous comment nous devons nous conduire el nous gouverner, laisser de côté la paresse et travailler pendant notre vie. »
La traduction du Nouveau Teêi
nu
DICTIONNAIRB
un
imprimée à la Rocnelle chez Pierre Hautain en 1571, est un des livres basques les moins communs et les plus utiles pour la connaissance de cet idiome. Nous transcrirons le début du chap. u de saint Matthieu afin de donner un spécimen de cette langue:
Verset I. layo cenean bada les us Beiblehem Iiideacoan regue Herodesen dembor&n, bunà, Çuhunrac Orientetic ethor citecon lerusalemera.
2. Gloitela, Non da luduén regue iayo dena ? ecen ikussi dugu baren içarra Orientean, eta elhorri gara hura adora deçagunçal.
5. Bada regue Herodes ençunic hori trubla cedin, eta lerusaleme gueia harequin.
' 4. Eia bilduric Sacrificauore principal guciac eta popiiluaren Scribac, informa cedin hetaric uon Cbrist sortzeco cen.
5. Eta hec erran cleçoten, Beiblehem ludeacoan, ccen bunela scribatua duc ProphetÀz.
Langue russe, — Les ouvrages des anciens écrivains ecclésiastiques russes sont fort ignorés en France; nous en signalerons quelques-uns d'après V Histoire littéraire uni* terselleôeM. Graess6:les Discours moraux de Luc Schidata, évoque de Nowogorod, mort en 1059, adressés à son frère et insérés dans le tome T' des Mémoires de la société mos^ covite d'histoire et d'archéologie (.1815) ; tes Réponses canoniques de Jean 11/ métropolitain de Kiew (mort en 1089), adressées au moine Jacob au sujet de diverses circonstancessurvenues dans TEglise (en russe, dansle tome 1 des Mémoires ci-dessus, en latin dans les Commentarii rerum Moscovitarum^ })ar Herbenstein, Bdle (1556]; les Lettres de Nicéphore, métropolitain ae Kiew ( mort en 1121), sur les jeûnes et lia continence, adressées au prince Wladimir Monomaque (mômes Mémoires t. I); les Réponses de Nifonlis, évéque de Nowogorod ( mort en 1156), sur diverses questions de casuis* tique (imprimées en russe à Moscou^ 1821); la Lettre de Jean 111, archevêque de Kiew, (mort en 1166), au pape Alexandre 111 relativement à la croyance des Russes (elle est en latin dans Touvrage d'Herbenslein) ; des Sermons et Lettres de C)^rille, évéaue deTurow(mort en 1182), imprimés a Moscou en 1821) ; les Douze articles sur la dtsctpline de l'Eglise ftar Cyrille U, métropolitain de Kiew (mort en 1281), insérés en russe dans les Mémoires ci-dessus signalés et en latin dans l'ouvrage de Kultschinski ; Specimen ecclesiœ rulhenicœ^ Rome, 1733-34, m-8, tom. 11; les Lettres dogmatiques de Cyrille, supérieur du monastère de Bjeloosero (morl en llii'27), insérées dans le IV* volume de VUisloire aela hiérarchie russe ; les écrits de Grégoire Zumbiat, archevêuue de Kiew, (morl en H19), au sujet de la séparation dos églises de la Russie méridionale et de la Lilhuanie d'avec la métropole russe; les Lettres de Pbotius, mélropolitain do Kîow (mort en \h39); le Traité du culte des Saints par Ëpiphane, mortau xv* siècle ; les Lettres de rarcnimandrite de Nowogorod, Gennadc (mort en 1506); les Discours de Joseph Saiiin, supérieur du monastère de Wolokolam, contre les Juifs (des eilraits en ont été pu-
bliés); la Règle de Nil Sorskj qui» après ot long séjour en Palestine» inlroduisit dan les communautés russes un rteime analogue à celui des couvents de rOrieot(6lie est imprimée dans le V* volume de YHisUm de la hiérarchie rti^se). Les écrits d*oo grand nombre de théologiens russes antérieurs a XVI* siècle, sutNsislent encore, mais ils son demeurés inédits.
Livres turcs. — Le Journal asiatifiê renferme dans son cahier de juin 1839 ok notice sur la bibliographie oUonuuu^ e*eflè-dire sur les ouvrages publiés dans les imprimeries turques de Cfonstantinople el en partie dans celles de Boulac en EgyDte.
Quelques notices avaient déjà été doonées par Teichborn et de Hammer au sujet des ouvrages imprimés en Turquie depuis 1728 ; en 18i3 M. Biancbi fit paraîtra une liste des volumes mis au jour en Egypte depuis 18Sâ. Ce savant a dressé, d*après le journal le Djeridé publié à Constanlinode, une liste d*ouvrages publiés depuis les derniers mois de 1856; elle comprend 66 noméros; on y distingue les Poésies d*fiimi, le k* volume d'une traduction turqot des Mille et une Nuits ^ divers ouvragjes d^histoire, un Vocabulaire turc-français»
un Recueil de Poésies sur la dernière guerre avec la Russie, une Histoire de rAmériquef des traités de grammaire et de religion, un écrit Contre l'usage de ropium^ uoe Comédie imitée du Rourru bienfaisant de Goldoni, un Code rural rédigé par ordre du Sultan, etc.
Livres chinois, — VUniversity •collège de Londres possède la collection de livres chinois formée par le docteur Morrison pendant un séjour à Canton de dix-sept années. — Elle se compose de 90^ articles (en 89M volumes) dont les trois quarts renferment de la lilléralureléçère(romans,nouvelles, poésies), do la médecine, des livres moraux à Tusage des bouddhistes et des Tao^sse (280 de ces derniers). A peine un quart se rattache-t-ii aux études ayant pour but Thistoire, la géographie et les sciences. On n'y trouve pas 1° la Collection complète [édition impériale) des 24 historiens oHiciels de la Chine, en 720volumes petit in-folio, laquelle n'existait il y a quelques années qu'à la bibliothèque Ro^^ale de Paris (nous ignorons s'il en est toujours ainsi) ; â"" laGéographie universelle en 240 vol.; 3"* la grande Encyclopédie littéraire et scientifique de Mo-touan-lin en lâO volumes.— De 1825jusqu'en 1834, cette collection fut plusieurs fois offerte pour le prix de 2,000 livres sterling. — Le prix des livres varie beaucoup en Chine ; à Canton, un volume, ou plutôt un cahier) chinois coûta ordinairement 1 fr. 75 è 3 fr., mais il faut ajouter pour avoir Touvrage en Europe des frais considérables, une perte sensible sur le change, etc.
Dans le tome second des Livres religieux de tous les peuples ( Paris, Mignb, 1S58), nous avons parlé des livres canoniques révérés chez les Chinois, mais nous avons été loin d*éi)uiser ce sujet. Nous nous bor-
DE BlBLIOUXilE.
s à dire quelques mots d'un ouvrage »i digue d'attention, parce qu'il repréles idées de la secte qui reconnaît pour lef Lao-tseu.
TaO'U-King ou livre délia Raison et vertu est divisé en deux parties qui nt 81 chapilres et contiennent en 5748 mots. La division en chapitres lie les quatre-vingt-un ans que,. selon égende absurde, Lao-tseu passa dans n de sa mère. — La plus ancienne édiionnue est celle qui fut donnée par un fxne antérieurement à Tan 157 avant chrétienne. Il peut se trouver toutefois unes leçons dans les éditions plus rés, et la critique chinoise a là matière à rcer. L'ouvrage d'ailleurs, dans l'état se présente, ne contient aucun des ipes, aucune des rêveries qui abondent les écrits modernes des TM-sse.
général, le Tao^te-King est difficile à rendre parce que l'obscurité des ma- ' s'y joint à une sorte de concision anf à un vague qui va parfois jusqu'à «le style énigmatique. — Voici com- M. Abeï Rémusata traduit en latin et mçais le début de l'œuvre dans laquelle seu, jouant sur la triple acception du rao^ qui signifie raûon, parole et cause rselUf s'exprime ainsi :
'atio auidem ratiocinativa^ insolUa vero %e. Nomen ejus nominari f>otestf in- 0 quidem nomine. Sine nomine^ eœli et principium est, Nomen habens^ omnium % mater est, Ideo semper sine affectibus ês)ad contemplandum ejus exceUentiam; 4es autem affectas ad perspiciendum ïnem.Hœc duo similia et ex uno proee* X, nomine tantum diverso. Vocamus profundum. Profundum islud, omnium '.orum porta, n
A raison (primordiale) peut être souà la raison (ou exprimée par des pa- ) ; mais c'est une raison surnaturelle. mni lui donner un nom, mais il est ible. Sans nom, c'est le principe du \i de la terre ; avec un nom, c est la de l'univers. II. faut 6tre sans passions contempler son excellence; avec les ons on ne contemple que son état le s parfait. Ce ne sont que deux mats oe désigner une source unique, cet lu'on peut appeler profondeur impéné" e; cette profondeur renlerme tous les les plus excellents. »
ici un autre paragraphe qui se prête >eu mieux à une traduction littérale ; le 25* du Tao^e-King :
kvant le chaos qui a précédé laTnaisi du ciel et de la terre, un seul être ait immobile et silencieux, immuable ujours agissant , sans jamais s'altérer, eut le regarder comme la mère de Tu- *s. J'ignore son nom, mais je le désigne 9 nom de Raison. Forcé de lui donner om, je l'appelle grandeur, progression, nement, opposition. Il y a dansle monde re grandeurs, celle de la raison, celle el, celle de la terre, celle du roi qui
est aussi une des quatre. L'homme a son type et son modèle dans la terre, la terre dans le ciel, le ciel dans la raison» la raison eq elle-même. »
M. Abel Rémusat fait remarquer qu'il n'est peut-être pas un seul des traits de ce tableau qu'on ne retrouve, presque dans les mêmes termes* dans les écrits de Platon ou de ses • disciples.
Un passage célèbre du Livre de la vertu a été traduit par le P. Couplet (Proœm. Declar. inConf. Sinar. philos. , p. xviv) et cité d'après lui dans un ^rand nombre d'ouvrages. On y retrouve les idées de Timée de Locres, de âiUuste le philosophe, d'Hermès, et autres écrivains de l'antiquité. M. Abel Rémusat, serrant le texte autant que possible et n'y ajoutant, pour l'éclaircir, qu'un petit nombre aexpressions imprimées en caractères italiques, l'a rendu ainsi :
« La raison a produit un; un a produit deux; deux a produit trois ; trois a produit toutes choses. Toutes choses reposent sur la matière et sont enveloppées par l'éther; une vapeur ou un souffle qui les unit entretient en eux l'harmonie.
« Ce que les hommes craignent tant, d'être orphelins et de manquer de tout, ils le sontf ils ignorent leur origine^ et les rois et les princes se glorifient de ce titre d*orphelins. »
Ainsi les êtres s'accroissent aux dépens de Vàme universelle^ laquelle, à son tour, s'accroît de leurs pertes. Je ne fais ici qu'enseigner ce que d'autres ont enseigné.»
La traduction latine, plus littérale encore, est obscure.
Livres japonais. — L'expédition américaine qui, la première, a fait abaisser les barrières jusqu'alors infranchissables que le Japon avait opposées aux relations avec les nations étrangères, a rapporté un asses grand nombre d'ouvrantes sut lesquels les journaux des Etats-Unis ont donne des dé^ tails.
La plupart de ces livres sont accompagnés de figures dans le texte; ces illustrations^ différentes de celles de la Chine, n'ont riei;^ de chargé, rien de grotesque, et se recomr mandent par une sobriété de couleurs bien, éloignée des tendances de l'art orientaK Elles rappellent, à certains égards, les peintures munochromatiques des vases étrus-»
ques.
Un ouvrage en deux volumes traitant des formas du cTieval, montre cet animal dans diverses postures dont le dessin demande une certaine habileté dans le raccourci. Les gravures sont à trois teintes, gris, rouge et noir. t
Dans un livre illustré pour les enfan(s« la première gravure, représentant un balcon bien ornementé, montre que les Japonais connaissent fort bien les lois de la perspective.
Bon nombre de dessins dans ces livres japonais se recommandent par la finesse <*t lesprit; ils révèlent des artistes bien sui»érieurs à ceux que possède la Chine.
parmi lesve/tnomane5(s*il est permis deforjger ce mot ; voici en qaels termes il s'exprime dans le Catalogue de la bibliothèque d*un amateur, t. III, p. 72) : « Des livres imprimés sur vélin , on trouve presque toujours dans cette bibliothèque un double exemplaire de même édition imprimé sur papier, et la raison en est toute simple; ces beaux volumes sont, il est vrai, tout aussi lisibles sur vélin que sur papier; ils peuvent, si Ton veut, faire le même service; mais on ne peut disconvenir que toutes les fois qu'on a sous la main un exemplaire sur papier, on laisse en réserve ces magnificences oui sont bien un peu comme les diamants les plus beaux que l'on met rarement hors de Técrin. Un ami n'emprunterait pas le Gessner^ le Gresset sur vélin, enrichis de dessins originaux, et il sait que Texemplaire sur pa«pier sera dans tous les temps à sa disposition. »
Le Catalogue en question présente 178 ouvrages sur vélin, parmi lesquels il en est de fort précieux : les Décrétales et Constitutions de Grégoire IX, de Boniface VIU et de Clément V; — les Orationes de Cicéron, imprimée» par Valdapfer en IMi; — ïesAna^ lecta de Brunck en 6 vol. in-4; — Dante^ 1502, et Pttrarea i^ik, éditions aldinos, etc. — Une partie seulement de ces 178 ouvrages figure sur le Catalogue publié en 1853, après le décès de leur possesseur; en revanche ce Catalogue présente une demidouzaine d'ouvrages qui ne sont point pontés dans les quatre volumes mi» au jour en 1818.
Les livres tirés sur papier de Chine, quoique fort loin d'avoir autant de prix que ceux sur vélin, sont toutefois recherchés des amateurs. Ce n'est d'ailleurs que dans ce siècle que s'est introduit ce ^eure de tirage, borné en général à des réimpressions de
1)roductions anciennes tirées à petit nombre, i des publi^'Ations de fantaisie. Voici les titres de quelques productions de plus longue haleine :
Œuvres de Gilbert, Paris, 1825, gr. in 8 (un fîiempl. annoncé comme unique, et avec les dessins ori<[[inaux de Desenne, 200 fr. vente Nodier, QU 18i7).
OEuvres de Molière, Paris, 4855, 2 vol. gr. in-8.
Tom Jones, Paris, i826, i vol. in-8.
OEuvres du cardinal de Bernis, Paris» i825, in 8
ipi^ exeropl. amioncé comme unique. Cal. Nodier, 850, no 584).
Collection de pelits clasiiques français , Paris , 18i5-i6, 9 vol. in-16.
Poésies de Désaugien^ 4827, 4 vol. în-18.
Poésies de Madame Tattu, Paris, 18i6, in-8.
Œuvres de Rabelaii , Paris, 4825, 9 vol. in-8 (un exempl. indiqué comme unique avec 42 dessins originaux, 600 fr. Nodier en 4850).
Juvénal, trad. par Dussault, Parts, 4826, 2 vol. in-8.
Citons à cause de son étrangeté V Avertissement véritable et assuré au nom de Dteti, (Paris) 1827, in-32. Opuscule singulier dont un exempl. unique sur pap. de Chine figure au Cal. Nodier 1830, n" 66. C'est l'œuvre d'un fou qui, se qualifiant de fils de Chomme^
promet de ressusciter au boat de trois jours après s'être fait jeter dans Teau k Marseille, attaché avec des chaînes de fer à une grosse pierre.
Il existe, de la Bibliothèque Elzévirienne de M. Jannet dont nous avons déjà parlé, deux ou trois exemplaires tirés sur papier de Chine.
On pourrait mentionnf^r aussi quelques exempl. imprimés sur soie ou sur taffetas, notamment les Pindari Olympia^ gredoe, Glasguœ, Fov?lis, 1751^: — les Stanxe ditelitiano^ Parma, 1792, in-4 ; — les Maximits écrites de la main du pire de Louis XTI^ swr les marges dune édition de Télémaguê^ Paris, 1814', etc. — Nous avons fourni à regard des impressions de ce genre quelques rensei- « gnements à notre savant ami M. Francisque- Michel; il les a insérés dans ses vastes et intéressantes Recherches sur le commerce, la fabrication et Fusage des étoffes de soie^ Paris, 1854, in-4, 1. 11, p. 119 et 46V«
Nous aurions aussi à mentionner quelques petits volumes tels que les Loisirs des bord$ du Loing, 1781, et les OEuvres dirmarqais de Villette, 1784, imprimés sur papier fabriqué avec diverses substances végétales, telles que des orties, de la guimauve» du i\\leuit; diverses impressions ont eu lieu sur du papier de paille, mais ces caprices type* graphiques ne peuvent être mentionn&en détail que dans un travail spécial.
§ XIII. — Livres grapés.
M. Peignot a inséré dans son Répertoire de bibliographies spéciales (Paris, 1810, iii-8} une notice sur les livres dont le texte est gravé. Il observe avec raison que ces ouvrages renferment quelquefois des singularités étrangères aux livres imprimés selon les procédés tjpographiaues. Peu de bibliographes se sont occupés de cette partie :JaDsen en a dit un mot dans son Essai sur l'origine de la gravure (1808, 2 voL in-8, t. II, p. 177), mais il ne cite que six ou sept ouvrages gravés sur cuivre.
On comprend d'ailleurs que le nombre de pareils livres doit toujours être fort restreint, car il est bien plus long et ulus diiGcile de graver un volume que de 1 exécuter par la typographie habituelle. On n*a donc eu recours à la gravure que pour des ouvrages oi!k le texte était peu considérable et dont le
Erincipal mérite résidait en des figures nomreuses,ou bien pour quelques ouvrages de luxe qu'on tenait à douer d'une élégance à laquelle le burin seul paraissait defoir atteindre avant les grands progrès qu*a accomplis rimprimerie grâces aux efforts de Baskerville, de Didot, deBodoni et d'autres typographes illustres.
Le nombre d'ouvrages gravés indiqués par M. Peignot est de 61; quelques-uns ne sont, il est vrai, que des recueils de gravures sans texte appartenant à une autre série de productions ; nous allons signaler les plus intéressants des volumes qu'énumère le bibliographe dijonnais.
DE BIBUOLOGIE.
Ânacréon^ gnece, Romœ,MM/\n-to\. de 16 pages. (La gravure reproduit un nianuscril qu'on a attribué aa &* siècle ; or pourrait désirer qu*elle fût plus fidèle ; elle a un aspect un peu trop moderne.)
Auguêtei (les) représentations de tous les rois de Frmnte depuis Pharamond jusqu'à Louis JV, Paris, 471i, in-4. (Ouvrage médiocre.)
Baron (M.)* Icônes et mirûcula sanetorum Poîoniœ^ >>loniae, 1605, in-fol. (Onze planches accompagnées d'un texte gravé.)
Bloemaert, Sylva anachoretica, Anvers, 1619, in-4.(0uvrage dans le même genre que le précédent.)
Briseux, Traité du be(^,u essentiel dans les arts ap' pii^à l'architecture, Paris, 17â2, 2 tomes gr. in-4 ICelouvrase, qui contient 158 planches, a.reparu en Fan V (1798), avec un titre rajeuni ; Traité complet d'mrckiucture divisé par leçons.)
Befer, Introduction à la géograpMe^ Paris, 1717, in-8.
Belflni, Compendio délia storia universaUf Roms, 4715, in-8.
Desmarez, Mutus liber in (fuo tota philoêopina hermsêîica figuris hieroglyphids depingitur^ Rupetl», 1677, in-fol.
Diepembelte, Vita S. Magdalenœ de Paxùs^ in-fol. (49 planches avec un texte ^vé.)
Fabritlus, Systema historica-chronologicum «nîwenalêf iji-4, oblong.
Faeme, Fables caotites, in-4. (51 planches avec texte gravé.)
Heures présentées à Madame la DaupMne^mr Théodore de Hemsy, libraire, sans date, in-8, 260 p.
Nouvelles Heures dédiées au Roi, sans date, in-l2.
Horafttfs, London, J. Pine, 1735-1737, 2 vol. {n-8. — (Ouvrage plus recherché autrefois qu*à priant; on a reproché au graveur d'avoir pris pour modèle le caractère serré des Hollandais ; il aurait pu mieux choisir : toutefois Télégance des ornements assure à ces deux volumes une place dans les bonnes bibliothèques. De beaux exemplaires se aont payés de 100 à 120 fr. dans des ventes faites ees dernières années.)
Kraussen (J. II.), Historischer Bilder Bibel, Augsbourg, 1705 (124 planches).
La Fontaine, Fables choisies, Paris, 1765-75, 6 vol. iii-8. — (Les gravures sont de Fessard, le texte a été gravé par lion talay, mais le tout étant bien médiocre, cette édition n'est nullement recherchée. En 1787, on commença une autre édition des Fables ; les figures étaient de Simon et Coigny, mais l'on s'en tint au premier volume, et on eut recours aux presses de Didot pour recommencer et terminer cette édition.)
Le Hay, Recueil de cent estampes représentant déférentes nations du Levant, Paris, 1714, in-fol. (Ces figures sont accompagnées de quelques pages d^un texte imprimé qui, ayant été épuisé , fut remplacé par un texte gravé.)
Lesclache, Abrégé de la philosophie en tables. 4651, in-4.
Lister, Bistoriœ conchyliorum libri IV, London, 1685, in-fol. (Le Manuel du libraire donne une description détaillée de ce bel ouvrage qu'on trouve rarement complet et qui parfois, pour des exemplaires en grand papier, s est payé des prix exctssifs. Les progrès de la science ne lui laissent pas d'ailleurs une grande valeur au point de vue de rétode.)
Messe (la sainte), Paris, in -12. (Petit volume entièrement gravé et accompagné de 55 planches.)
Mirys, figures de Chistoire de la République ro* maine, Paris, an VIII, in-4; 181 figures. (Le texte gravé au lias de chaque figure, occupe la moitié de la page.)
Ofiàum B. Mariœ Virginie^ Venise, 1740. in-li. Jolies figures.
Ponce et Godefroy, La guerre dî Amérique, 16 flg.
Prayers {the Book of common), Louures, 1717» in-4.
Proeessionale ordinis Carmelitarum, Lyon, 1759, in-4.
Ssideler, Silvœsacrœ,\^9i, in-4.
Sentiments d'une âme pénitente sur le psaume Mi' serere, par madame D " , Munich, sans date, in^. (Cet ouvrage fut composé par Marie-Antoinette, electrice de Saxe, et çravé par F. X. Jungwierth, eu beau caractère itahque de chancellerie.)
Tavolette cronologiche contenente la série dei Papi, Imper atori e Re, Romae, 1779, in-8 (64 pages gravées, caracière fort petit).
Vaenius, Vita D. Thomœ Aquinatis, Anvers, 1610, in-fol., 30 pi.
Virgilii Opéra , ex antiquis monumsntis illuslraîa cura et studio Henrici Justice, La Haye, 1755-67, 5 vol. in-8 (Edition peu estimée et qui n'est pas chère ; il existe quelques ex«*niplaires en grand format ou petit in-4'', ils sont rares sans être bieii précieux.)
Virgilii Bucolica et Georgica, Londres, 1774, 2 tomes in-8. (Cette publiiaiion avait été entreprise par J. Pine, Téditeur d'un Horace dont nousveiiODS de parler. Après sa mort, elle fut mise au jour par son fils. VEnéide n'a point paru.)
Nous avons noté plus de 60 ouvrages gravés que Peignot n*a |>olnt indiqués ou dont Tapparition est d*une dnte trop récente pour qu il ait pu en parler, mais cette énuméraiion portant sur des ouvrages en général de peu d'intérêt, ne nous semble pas devoir être insérée ici.
§ XIV. Livres vendus à 1,000 fr, et au^destm.
M. Peignot a traité ce sujet dans ses Essaia de curiosité bibliographique, iSOk^ réimprimés avec des augmentations en 1822 ; nous n'avons voulu qu'offrir un petit nombre d'exemples des adjudications les plus remarquables par Télévation des prix qui ont eu lieu depuis quelques années; nous avons laissé décote les grandes publications, telles
3ue le Musée Impérial, qui valent bien plus e 1,000 fr. — D'autres ouvrages acjjijigés au-dessus du prix que nous prenons comme point de départ sont indiqués dans Tanalyse ({ue nous avons faite des catalogues les plas importants, et dans l'énumération qui va suivre, nous avons laissé de c6té les adjudications faites è Londres; là il est très-commun de voir un livre vraiment rare déliasser M) livres sterling.
Apollin roi de Thire (Genève, sans date), petit in-fol. : un exemplaire relié avec une édition du roman de Ponthus, 1,765 fr. vente Louis-^Philippe en 1862. ^^
Arioslo, Orlando furioso , Milano, 1524, ln-4 , 1,480 fr. vente Libri en 1847. (Voir la note n* 707 et la Bibliotheca Grenvilliana, 1. 1, p.54,au sujet de cette édition rarissime qui fut achetée par la bibliothèque alors Royale). — A la même vente on pava 1,550 fr. une autre édition de Y Orlando (Venetia, per llieronimo Peniio daLecho, 1530, in-8.) restée Ignorée de tous les bibliographes; vog. note n' 709).
Aristotelis Opera,Venetii8, Aldus Manutias, 1495- 98, 5 tomes in-fol., riche reliure, 1,500 fr. A. C en 1853.
AlV
im
Ar$ memorandi fer figurai evangeUêtarum^ in-fol. 2,750 tr. Renouarden 1854.
Ars moriendi, in-roi., sans date (impression xylograpbique), 1,050 fr. même vente.
Biblia iacravulgatœ editionh, Uomae, 1590, în-fol. (exemplaire en grand papier d'une édition très-rare), î,650 fr. même vente.
Biblia «orra, Coloni» , 1630, in-12 (très-belle reliure ancienne), 1,505 fr. même vente.
Biblia /afnia, Venetiis, Fr. de lleilbron, U75. Exemplaire sur vélin, 1,400 fr. Bearzi.
m Bien advi$é, mal advisé^ mystère à 59 personna* ges, Vérard, Par», 1,605 fr. De Bure, sans date (vers i498), in-fol.
Boccacio, // Decameroue (senza iuogo ed anno), 1,600 fr. Libri. (La bibliothèque du Roi avait soutenu renchère jusqu'à 1,595 fr. Ce précieux volume, imprimé à Florence vers 1485, fut adjugé à MM. Fayne et Foss de Londres ; voy. une longue note du n** ^59 au cat. Libri).
Boêce, De contoladone, Paris, Vérard, 1494, infol. Exemplaire sur vélin, 1,921 fr. Cailbava.
Bonifacir papae Liber $exiu$ decretalinm , Moguntiœ, P. Schoiffer, 1470. Exemplaire sur vélin, 1,105 fr.Glraud.
Blomlus (Flavius). Historiarum cf^cadM, 1531, infol. Exemplaire de Naioli, très-belle reliure italienne du \\f siècle, 2,000 fr. vente Bergeret en 1858. — Volume acheté par M. le Baron de Rothschild.
Cancionero gênerai copilado per Hernatido deCas^ tillo, Tolède, 1527, infol. 1,500 fr. De Bure. (En 1766 un exemplaire de ce même livre fut adjugé à 2 livres 11 sols ; un agtre fut payé 10 livres en 1779 vente Paris de Meyzicu).
Cérémonie$ et coutumeê religieuses de tous les peuples par B. Picart, 13 vol. in-fol. Grand pap. mar. rouge; 1,500 fr. duchesse de Raguseenl858.
Ciceronis Officia^ 1465, in-fol. Exemplaire sur vélin, 3,450 fr. Giraud ; un exemplaire sur papier, 1,000 fr. De Bure.
Ciceronis Orationes, Venetiis , 1471 , in-fol. Exemplaire sur vélin, 9,200 fr. Renouard.
Cbrisline de Pisan, Le Trésor de la Cité des Da- Mes, Paris, Vérard, 1497, in-fol. 1,255 fr. A. C.
Chroniques de France (dites Chroniques de Saint' Denys), Paris, 1476, 5 vol. in-fol. 3,605 fr. A. C. en 1855. ( Cet exemplaire du premier livre français connu imprimé a Paris avec date avait été payé 114 l. st. en 1829, et depuis la dispersion de la bibliolbèque du duc de La Vallière en 1784, il ne s^élait pas montré en venle à Paris.)
Cronica del cavallero dd Buy Dta2,Burgos, 1512. in-fol. 1,020 fr. De Bure.
Danse (la grande) macabre des hommes et des femmes^ Lyon, 1499, in-fol. 1,205 fr. De Bure (payé 200 fr. en 1816 à la vente Mac-Carthy)»
Dante, la Comedia (Foligno), 1472, in-fol. 1,325 fr. Libri, n*'577. (Yoy. une longue noie relative à cette édition.)
.Dante, La Comedia, A. Paganini, sans date (vers 1505), in-24 , sur vélin, 1,110 fr. même venle. (Acheté pour le Musée britannique).
Durandi Balionale divinorumojficiorum^ Mayence, 1459, in-fol. Exemplaire taché, mais complet ; — 4,600 fr. vente Quairemère ; acquis par M. A.-F. Didot.
Erasmi Adagia^ Venetiis, Aldus, 1528, in-fol. 1,720 fr. Excmpl. Grolier (payé 250 fr. en juin 1814), Renouard.
Farce (la) des theologastres, à six personnages, petit in-fol.; seul exemplaire connu d*un opuscule de 8 fts composé vers 1526; 1,065 fr. Goste.
Fénelon, Tmmaque^ 1717, 2 vol. in-12 ; exempl. à la reliure de Longepierre, 1,700 fr. Parison.
Ficini (Marsilii) Liber de sole (Florence, vers 1490), in-4. Exemplaire Grolier, 1,500 fr. Cosie.
Gargantua (les grandes chroniques du géant)
Lyon, vers 1522, ln-4, seal exempbûre eoapiet que Ton connaisse de ce livret popuiaûre; 1,825 fr. vente Renouard.
Gratiani Deeretum^ Mayence* 1472, in-foL Exea^ sur vélin , 2,900 fr. Quatremère.
Gre^orii papae, Compilatio deereialium^ Mogmtic, 1473, in-fol. Exempl. sur vélin, 1,550 fr. Bearzi.
Historia sancti iohannis evangeiisiœ^ sans date, in fol. (volume xylographîqne), 6,000 fr. Besni.
Historia Veteris et Aovt Testameuii^ me MSê Pauperum ; exempl. assez médiocrement conserfé d'un livre xylographique, 1,910 fr. Quatremère.
Homerus, Florentiae, 1488, in-foL»i,550 fr.nèM ▼ente ; acquis par M. A.-F. Didot.
Horatius, Aldus, 1501, petit in-8. Trés-bd exesplaire, 1 ,000 fr. même vente.
Jamblicus, De mysterns jEgifptiùrum^ Yenetot, Aldus, 1516, in-fol. Exemplaire de François î* 1,025 fr. Giraud (acheté deux ans auparavatt 700 fr. vente De Bure).
Janua (J. Balbi de), CatkoUeon^ Mogantiae, 1468, In-fol. volume sorti des presses de Gutenben, 1,950 fr. Giraud. *^
Jusliniani Institutiones, Mogunli», 1468, in-foL Exemplaire sur vélin, 3,450 fr. même vente; «s autre exemplaire, 5,400 fr. Quatremère.
Leltera dellisole ehe ha trovato il re ^«oofat, Florentin, 1492, in-4, 1,700 fr. Libri (vou. la note du n* 1253; cette traduction en vers d*Me lettre de Colomb ne comprend qae 4 fis; Texemplaire acheté par Payne et Foss. de Londres avait été vivement poussé pour compte de la BibliothèqiN du Roi).
Morlini ^(w«/(a?, Neapoll, 1520, in^, 1,950 fr. même vente.
Mystère de la passion iouee à Angier$^ sans lies ni date, in-fol. 1,005 fr. Soleinne. — Autre édition, Paris, 1539, in-4, 1,195 fr. même vente à laquelle on a adjugea 1,030 tr. un autre mystère, celui de lincarnacton et natimté monsiree en tavilte de Bouen^ in-fol.
Le Catalogue Soleinne présente encore divers mystères payés fort cher :1a Vengeance nostre Seigneur par personnages^ Paris, 1491, 1,050 fr.; — la Destruction de Troye /« grande (par J. Milet), Lyon, IMl, 1,005 fr.; môme ouvrage, Paris^ 1498, exemplaire sur vélin, 2,450 fr. (11 avait été payé 690 à la vente de La Vallière et 1,405 fr. à celle de Mac-Carlby.)
OEuvres de Molière, Paris, 16S2, 8 toK io-12; exemplaire unique antérieur aux cartons, 1,210 fr. À. Bertin.
Perissin et Tortorel, Becueil d'estampes contenant tes 40 tableaux de la Làgue (graves en 1570), 1,000 fr. De Bure, n*» 1449.
Pbœbus (Gaston] , Des desduiz de la chasse, i» Trepperel, sans date, in-fol., 1 ,605 fr. A. C.
Piinii Naturalis historia, Hagenoae. 1518, in-fel. Exemplaire sur vélin, 1,700 fr. Bearzi.
Rabelais, Les faitz de Pantagruel, 1533, petit in-8, 1,800 fr. A. Bertin; seul exemplaire connu de cette édition à Tégard de laquelle on trouve d*amples détails dans les Becherches de M. J.-Cli. Brunet sur les éditions originales de Babeiais^ 185i p. 56.
Saint-Gelais, OEuvres, Lyon ,P. de Tonrs, 1547, in-8, édition rarissime, 1.258 fr. A. C.
Speclaculorum in susceptione Philippi Hisp. princ. apparatus , Antuerpix, 1550, in-fol. Exemplaire Grolier, 1.080 fr. Cosle.
Thou (J. A. de), Histoire universelle, 1731, 16 vol. in-4. grand papier, exemplaire du comte d'iloym, 1,295 fr. Giraud.
Vico, Le imagini degli imperatori, 1518, in*i.
DB BIBLI0L06IE.
lire GroHer, 1,800 fr.P^mon (il avaîl été k 500 fr. vente Cailbava).
e tainci ChrUtophle^ Grenoble, 1550, în-i. très-rare; 1,000 fr. A. Bertin (payé 851 fr. ), vente la Bedoyère. Un autre exemplaire rente Essling).
igiles des morts (traduites par P. deNepons, inconnue, in-i, 56 feuillets; 1,400 fr. vente t en 1858, n« 825.
iuSf Venetiis, Aldus, 1527, în-8. exemplaire 1 ,260 fr. Giraud ; un autre exemplaire de e édition, ayant également appartenu à 1,600 fr. venie Renouard.
le Triste, Paris, sans date, in-fol. 1,499 fr. [première édition, publiéee par Galliot du n roman de chevalerie, au sujet duquel on isulter la Bibliothèque des rotnanâ, mai 1776, 90. En 1857 on a payé un autre exemplaire . (1,075 fr.) à Londres, vente Boocke.
s indications relatives aux livres qui eint ou dépassé le prix de 1,000 fr.
des ventes publiques , on pourraft i l'indication de quelques ouvrages irdes Catalogues de libraires contems sont évalués à ce prix.
; trouvons au catalogue de M. Tecbe-
L Âristotelis et Tbeophrasti ilistoriœ, Basi- S4, in-lbl., 1,000 fr. exemplaire de Maioli. 54. Le chevalier de la Tour y par Geoffroy de
* Landry, Paris^ veuve J. Trepperel, sans 4. 1.000 fr.
^5. Fier à bras^ Lyon, G. Leroy, 1480, ia- 10 fr.
13. Pauli Jovil HistoriWf Paris in-fol. belle aux armes et avec le portrait d'Henri II,
§ XV. — Livres en grand papier.
rès un usage qui est d'ailleurs devenu
fréquent, les éditeurs d'ouvrages
irs classiques spéculant sur le goût
)liopbiles,en tiraient quelques exem-
sur un papier à plus grandes mar-
• sorte que l'in-S devenait un petit 'in4 approchait de la dimension de io. Ces exemplaires, toujours peu« eux et d'un aspect supérieur au reste ition, ont constamment été en grande
auprès des amateurs, et parfois ils se evés à des prix excessifs, typographes du xv* siècle n*ont pas
le luxe des grands papiers, et cest es Aide que cet exemple a, nous ons, été donné pour la première fois ; -Ltve publié de 1518 è 1533, était en
f papier chez M. Renouard, et c'était, eseul exemplaire connu; il fut, è la Taite è Londres de 1828, payé 99 I. st. (2,500 fr. à peu près) par lord Spenser. îroplaire du Pausanicu de 1516 a été ^Ofr. et 10 l.st. 10 ventes Mac-Carthy et Le premier de ces bibliophiles posdeux exemplaires en grand papier de iagrœca de 1518 qui furent vendus, tO, l'autre 300 fr., et l'un d'eux s'est, leurs reprises, adjugédepuis à Londres h de 1,000 fr.
salions mentionner quelques éditions }S exemplaires en grand papier ont atne valeur considérable, et ce sera 3terre qui nous offrira le plus de faits lier en ce genre.
Le BoiUau d'Amsterdam, 1708, 2toL in-folio.
On n'en connaît que Quatre exemplaires en grand papier; un qui était à la vente Crevenna;un autre dans la bibliothèque de Georges III, réunie au Musée britannique ; celui qui en 1786 fut portéau prix de 2,402 fr. è la vente Camus de Limare et qui passa chez un Anglais opulent, M. Beckford; celui du comte Mac-Cartny qui, en 1816, fut acheté l,195fr. parM.de la Bedojère.etqui, en 1837, semonlra h la vente de ce bibliophile (n. 582) : il fut retiré. L'exemplaire inscrit au Catalogue de la Bibliothèque d'un amateur (t. 111, p. 27), et qui à la vente Renouard en 1854 fut abandonné à 840 fr., avait été acheté en 1809 à la vente Heidegger à Zurich.
Bisloria me syntpsis eonchyliorum^ par Martin Lister t Londres, 1688, in-fol.
Ouvrage rare en papier ordinaire et qui l'est extrêmement eu grand papier. En 1786, il enfutpuossé un jusqu'à 1,158 francs è la vente Camus de Limare; un autre en 1791 se paj^a 1,091 fr. à la vente Mirabeau. Depuis on en a vu un à la vente de la bibliothèque Baroud en novembre 1821 arriver au prix de 4,000 fr. En 1815, à la vente Bosquillon, un exemplaire en grand papier, mais qu'on avait commis la faute de ne point annoncer comme tel, ne dépassa pas le prix de 100 fr. M. Renouard possédait aussi un exemplaire grand papier; \e Bibliographer's Manual ô% Lov^ndTes ne signale aucune adjudication en Angleterre de ces sortes d'exemplaires, mais sur un catalogue d'une grande maison de librairie (MM. Pajne et Foss) publié en 1845, onen trouve un provenant de la bibliothèque Meermann porte h 42 liv. sterling.
Geographiœ veteris .scriptores grœci minores^ Oxford, 1698-1713, 4 vol. in-8.
Les exemplaires en grand papier de cette collection recherchée sont très-rares et trèschers. Le Manuel du libraire indique les adjudications suivantes : 2,000 fr.Firmin Didot; 36 livres sterling 10 sh., Sj^kes; 27 liv. Dent ; 31 liv. 10 Hanrott : Ajoutons que M. Renouard possédait l'exemplaire du duc de Graflon acheté en 1815 , 15 liv. sterling , 10 sh., et qui figure sur le catalogue en 4 volumes publié en 1819par ce bibliophile, mais on ne le retrouve pas sur le Catalogue de) la vente faite après sa mort en 1853.
Le Xénophon^ imprimé à Oxford^ 1703, en 5 vol. in-8, est ci'un prix exorbitant en grand papier, quoique cette édition ne soit ni belle, ni bonne. Le comte de Mac-Carthy en avait un exemplaire, mais les quarante derniers feuiilets du 5* volume étaient sur petit papier, ce qui n'a point empêché que le prix ne s*élevAt en 1816 à l,520fr. Depuis on a payé beaucoup pliss cher. Le bibliophile vVilliams, en se rendant successivement possesseur de trois exemplaires , avait réussi à en former un très-beau, qui, è la chaleur des enchères , a atteint le chiffre énorme de 173 liv. sterling 7 sh. (4,425 francs]. On prétend qu'en Angleterre on connaît tout au plus l'existence de quatre exemplaires complets en grand papier. Il /
lia
en a un chez lord Spenser, un autre dans la Bibliotheca Grenvilliana au Musée britannique ; un troisième fait partie de la t)ibliotliôque iiixChriit-chureh collège àOiford.
V Hésiode d'Oxford, 1737, charia maxima^ est également un volume du plus grand prix. Un exemplaire fut f»ayé 2,130 fr. à la vente Miral>eau; un autre en 1815, fut acheté, à la vente du duc de Graflon , 100 liv. sterling par Sir Thomas Grenville. L'exemplaire *que possède lord Vernon lui a coûté 120 guinées, è ce que dit Dibdin.
Le beau Ciciron ded'Olivet [Paris, 1740- 42,9 vol. in -4) est très-recherché en grand papier. Le Manuel du libraire en cite les adjudications suivantes: 1,015 fr. d'Aguesseau, revendu l,900fr. Gaillard él 2,290 fr. la Bedoyère;i,180fr. La Val lière, revendu 1,985 fr. Firmin Didot, et 71 liv. sterling. Dent; 1,500 fr. Barthélémy, revendu 2,2±2 fr. en 1821 ; 99 liv. sterling (exemplaire de Boze) è Londres en 1835; 1,805 fr. en 1816; 72 liv. sterling 10 shilling (relié en veau), Hibbert. Nous ajouterons une autre adjudication, celle de la vente Sykes, 94 liv. sterling 10 sh., exemplaire relié en maroquin.
Le César imprimé à Londres, 1712, est de même fort recherché en grand papier, quoique, depuis quelques années, il semble avoir perdu de sa haute valeur. Jadis, il était monté à 1,500 fr. vente Mirabeau, 1,165 fr. vente Camus de Limare, 1,450 fr. vente Mac- Carthy : 64 liv. sterling vente Grafton; on n'a plus paj^é que 30 liv. sterling vente Sykes ; 25 liv. sterling 11 sh. vente Dent, (revendu 19 liv. sterling en 1835) ;601 fr. en 1840, vente Saint-Morys.
Le Dion Cassius fHambourg, 1750, 2 vol. in-fol.) est très-precieux en grand papier; on prétend qu'il n'en a été tiré que cinq exemplaires ; il y en a un chez lord Spenser; uo autre dans la Bibliotheca Grenvilliana.
Ajoutons qu'en Angleterre, on recherche avec un vif empressement les exemplaires en grand papier des ouvrages relatifs à l'histoire britannique publiés par Thomas Hearne à Oxford de 1709 à 1735 et formant 64 vol. in-8.£n 1813, àla vente Willett, 62 volumes vendus séparément produisirent 388 liv. sterling 15 sh. ; Vliinerary de Leiand (édition de 1746) fut «diugé à 57 liv. sterling, 15 sh.; — la Vie de Thomas Morus par Roper, un vol. in-8, 26 liv. sterling 15 sh. ; — les Annales d'Alvred de Beverlac, 21 liv. sterling; — V Histoire de Henri 11 et de Richard 1*\ |)ar Benoit, abbé de Pétersbourg, 2 vol. in-8, 25 liv. sterling, 4 sh. — ^Ces prix démontrent combien les bibliophiles d'outre-Manche tiennent à posséder ces volumes en grand format. A la vente Meerman en 1824, 56 vol. de cette collection nedépassèrent |)as805 florins, mais ce même etem-
flaire fut porté à la vente Hanrott en 1836, 430 liv. sterling (10,750 fr.) Dibdin, dans son Library companion^ donne de longs détails au sujet de ces éditions de Hearne.
Il est arrivé que, sur quelques Catalogues de vente» on trouve annoncés comme étant
en grand papier des exemplaires qui, dfitûi, ne (tiéritent pas cette désignation. Entre titres annonces de ce genre, nous mentioanerons le traité deCicéron : De legibus, aononri en grand papier au catalogue Caillanl,UK, ce qui fut rectifié par MM. De Bure sur le catalogue impriméen 1806 pour la vente; pireille erreur peut être signalée au oitalosM Mac-Carthy pour le Lucien grecdeFlomn, 1496, et pour le Philoêiraie^ Aide, IBOi. Cest également i tort qu'au catalogue Grafioo, 1815, à Londres, Tédition de Maxim it Tf/r publiée par Harkiand , 1740, et k JLschylus Stanieii étaient indiqués en gnal papier. Parfois aussi on est disposé à regpr der comme papier ordinaire un exempUn en grand papier ; le QMtn/i7i«n, publié pr J* M. Gessner à Gottingue, 1736, in4,csi d'un format si exigu que le grand |Nipi«r n*est lui-même qu'un in-quarto de dimntion ordinaire.
On ne s'est pas toujours contenté d'exeoplaires en grand (>apier, on a voulu en afoir sur très-grand papier [charta maxtnia). Cest ainsi que pour le Contrat êocial de Rousseau, 1795, il existe quatre exemplaires, etqoedes Essays de Bacon , Londres 1798, in-8, sii exemplaires furent tirés in-foL Un lil»riire anglais afSrma, à ce que rapporte Dibdin, que si jamais l'un d'eux Yenait i passera vente publique, il serait payé 00 i. st., ta premier chiffre restant livré aux conjectures. On peut douter aujourd'hui qu'un de ces exemplaires géants arrivât aune grande valeur. Les Kizeviersoffrentdivers exemplesde la chartamaxima. Les Institutiones de Jostinieii, Amsierdamf 1678, in-3â, eurent des exemplaires tirés avec des marges excessives atin de recevoir des notes marginales. Le Virgile de 1676, qui se pave de 50 è 80fr. (belle condition), en papier ordinaire, vaut au moins le double en grand papier, et en très grand, il n*y a plus de prix tixe. Un exemplaire gui avait été payé 366 fr. chez Firmin Didot en 1811, a, par suite d*un de ces engouements dont les ventes offrent souvent le spectacle, été porté h près de 790 fr. (31 1. st., 10) vente Noailles en 1835.
On a vu quelques livres dont il n'avait pas été tiré d'exemplaires eu grand papier, mais en sacrifiant plusieurs exemplaires ordinaires encore eu feuilles, on est parvenue eo former un de grande dimension, ce qui donne au propriétaire la satisfaction de p<j>- 8éderce,que personne ne peut se vanter d'avoir. Le catalogue de M. Kenouard en k volumes indique en ce genre les Entretiens de FontenelUy 179^, et la collection en 10 ?o* lûmes in-J8 publiée en 1795 par ce libraire {Sallustius , Cornélius Nepos^ etc.).
Ce Catalogue offre également un exemplaire en tlè^-^rand papier de Cie^ronis Epistolœ ad Atticum, Venise, Paul Manuce 15H, in-ik ; il est formé de deux exemplaires en grand papier, à moins qu'il n*ait été tiré exprès par demi-feuilles. Quoi qu'il eu suit, cet exemplaire, qui avait fait partie de la ricbebibliothèquedu président deGotte,s*est,
bE BIBLIOLOGIS.
son de ses grandes marges, élevé au de 601 francs I dépendammentdesexeiDDlaires en grand
er, il y a un assez grand nombre d'oues dont avant l'invenlion du papier vém tira des exemplaires sur papier su- 3ur, appelé ordinairement papier de ande. Les deux éditions de ÈoileaUf et 1772, les OEuvres de Saint-Foix, , et bien d*autres livres fourniraient des cations de ce genre
g XV!. — Livres non fognét.
) désir de posséder des objets rares et . on peut se regarder comme Tunique »riétaire ou à peu près, fait attacher une e valeur aux livres anciens qui n*ont ité reliés, et qu*il esta peu près impos- » de rencontrer en cet état. M. Renouard
à ce sujet l'observation suivante :
mme l'entière conservation des marges 1 vieux livre est une espèce de bonne ine pour un amateur lorsqu'à son anneté le volume ainsi conservé réunit la té et le mérite, on a pris Thabitude de ;re ces espèces de reliques typographij dans un état qui les préserve a'étre h snir atteintes par le fatal couteau; on les î richement, souvent avec un luxe exif, sans coûter aucunement leurs marges me s'ils restaient en brochures, et il se ve des curieux ainsi que des libraires vous montrent avec emphase tel volume it des feuillets non encore séparés sans ercevoir que cet excès de conservation I vieux livre n'atteste rien autre chose >n qu'il ne méritait pas d'être lu ou que possesseurs n'ont jamais su en être les gardiens. »
irmi les livres anciens non rognés qui
dû à cette situation exceptionnelle nneur d'une adjudication élevée, nous rons V Homère grec de 1488, vendu sucivement 3,601 fr., aux ventes de Cotte et lard et acheté par la bibliothèque impôb; le TMocrile de 1M5, 035 fr., et VOrlo de l'Arioste, Aft/an, 1534, 1,480 fr. à ente Libri.
e sont surtout les volumes imprimés par EIzevier et non rognés qui sont de la , des bibliophiles l'objet d'une convoitise vent passionnée; mentionnons quelques mples parmi ceux que nous avons reiliis dans un grand nombre de catalos :
lUusiiui^ i654, i06 fr. vente Sensier.
!nec£ Opéra, 1640, 4 vol.: 435 fr. Firmin Didoi 81 i ; Uérard en iSiO, 500 fr.;Clialabreeni853, fr.
Entrée de Balzac, G vol. 751 fr. Giraiid. tirtivtui, i649, in-fol. 310 fr. Boutourlin. lautus, 1652, petit in-i6; 59 fr. itenouard; 21i- 5lerling, 14 sh. Uanrott. Un exemplaire dans la lotheca Grenviltiana.
rtiitppe, par de Balzac, 1664, 46 fr. A. Bertin. sriiuê enuclealuê, 1064, 40 et 60 fr. Itenouard
rudenliui, 1667, 50 fr. Renouard; 72 fr Bé- ; 86 fr. De Bure ; 81 fr. Giraud.
iveiialis Sa(tr<r. 1671, petit in-16, 50 fr. Motte* 10 1824.
T)lCTI0NN. DE BlBLlOLOGIfi*
Horatius^ 1676; 200 fr. Firmin Dîdot , revendu 280 fr. Bérard, et 150 fr. Gbalabre.
§ XYIL — Livres rares.
Nous avons déjà « en rendant compte des catalogues, signalé bien des livres qu*on. trouve difficilement; les ouvrages qUi datent des premiers temps de Timprimerie, ceux qui ont été sévèrement proscrits ou que leur exiguïté a fait disparaître ont surtout droit à cette épithète que parfois les catalo* gués prodiguent assez légèrement.
Quelques éditions dont on ne connais qu'un seul exemplaire méritent sans contredit de figurer au premier rang des livres vrai** ment rares. Dans cette catégorie » on cite le Petrarca, Sonelti^ Romœ, J. P. de Ligna* roinei lii^73, in-fol. Le Manuel du libraire constate qu'on ne connaît qu'un seul exem-^ plaire de ce volume; il a été décrit par De Bure dans la Bibliographie instructive; et après avoir été adjugé à &• 1. st. 6 sh. seulement en 1790, parce qu'il était imjparfait de Juelques feuillets, il a passé dans fe cabinet u marquis de Bute» Un autre Petrarca ^ Neapoli, Arnoldus de Bruxelles, ikTI^ in-fol.» est tout aussi rare ; le seul exemplaire connu est celui qui, de la bibliothèque du duc de Cassano Serra, a passé chez lord Spenser. Il y manque 7 feuillets.
U parait qu'on ne connaît qu'un seul exemplaire de l'édition anglaise d'£5ope don* née par Caxton, et plusieurs des volumes de ce patriarche de la typographie britanniquOi plusieurs des traductions originales de la Bible ou de ses diverses portions en lançue anglaise ne se trouvent plus qu'au nomore d'un, de deux ou de trois exemplaires; encore ne sont'ils pas toujours complets. 11 en est de même de quelques classiques mis au jour au xv' siècle. 11 est d'ailleurs téméraire d'affirmer qu'il n'existe qu*nn seul exemplaire d'un livre. 11 peut très-bien y en avoir un second, un troisième cachés dans des collections publiques dont il n*existe pas d^inventaires, ou dans des bibliothèques particulières, et des découvertes fortuites ont plusieurs fois montré que tel ouvrage annoncé comme unique ne l'é* tait pas. Le fameux Boccace de ikl2^ par exemple, payé à Londres 2260 livres sterlingi a éprouvé un pareil sort.
Le savant auteur du Dictionnaire des AnonymeSf Barbier, avait cru pouvoir qualifier d'unique un exemplaire des Réflexions sur l'Esprit des lois écrites par Claude Dupin et supprimées par l'auteur qui n'en avait fait tirer, à ce qu'on prétend, que six exemplaires : mais, ainsi que le remarque le Manuel du libraire, un second exemplaire s'est trouvé dans l'immense collection de livres qu'avait réunis M. Boulard.
Les plus rares de tous les livres sont h coup sûr ceux dont l'existence est attestée, et qui ont tout à fait disparu. L'énumération de ces livres perdus serait chose curieuse; indiqués par les bibliographes, ils ont disparu, et les recherches les plus persévé- ,rantes n'ont pu en faire découvrir aucune