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Ge^ler.dans sonoiiTrage satirique assez curieux : Navicula sive Spéculum fatuerum i51ty in-^, met parmi les insensés embarqués sur son navire ceux qui lihros inaurant et serica tegumenêaapponuntpreiiosa et superha (197J.
I^ plus ancienne reliure sur laquelle une date soit gravée est, je crois, celle que mentionne Laire (Index librorum^ n*" 27) ; c'est un exemplaire des Epûfote de saint Jérôme; il porte : Illigatus est anno Vomini 1469 per me Johannem Richenbach capellanum in Gy» elingen. Cette date est énoncée en chiffres arabes. A la vente du docteurKloss de Francfort, iaite à Londres en 1835» il y avait deux ouvrages de saint Augustin imprimés en 1M9 et reliés en 1&70 par le même Johan* ne$ Capellanus^ mot ciu*on peut regarder comme synonyme de Piebanus^ curé. Geisslingen est en Souabe à peu de distance a*Ulm.
C'est dans les inventaires, dans les comptes, dans les archives des rois et des princes qu*il faut chercher l'histoire de la reliure aux XI v* et XV* siècles. Les Bibles, les Evangiles, les livres d'église prennent toujours un vêtement d'or et d*arèent que leur donnent Torfévre, l'émailleur et l'imagier : ainsi rinvenlaire de Charlesyi,en 1399, nous montre des Missels dont les aiz stont d'argent dorez àymages enlevez (exécutés au repoussé) et des Bréviaires couverts de t7e/f4tau( velours), brodé à fleurs de lis dont les fermouers sont esmaillés aux armes de France. On trouve jusqu'auxvrsiècle cette orfèvrerie appliquée à la reliure; témoin les couvertures d'un livre iï Heures exécutées en or massif par Benvenuto Cellini sur Tordre du Pape Paul lil çiui avait le projet défaire cadeau de ce livre ^ Charles-Quint.
Les magnitiques bibliothèques des ducs de fiourgogneet desducsd'Orléansen partie détruites, en partiedisséminéesdans les grandes collections publiqueSyOtTrent toutes les variélés de la reliure au xiv* siècle. On y voit des livres couverts en t;e/oux et t^f/utau (velours), en satin, en damas, en drap de soie, en cuir de couleur, en peau vermeille^ en parcheuiin, etc.; lescouverturesd'étoffesontbrodées en or et en perles : la plupart sont parsemées de cloans ou clous dorés et garnis de fertnouers ou fermaux dont le nombre s'élevait jusqu'à quatre par volume. Ces fermoirs sont en or, en vermeil, en argent, en cuivre, en fer et en laiton ; il sont niellés, émaillés ou engravés; ils portent les armoiries du propriétaire du livre ou du nouveau possesseur qui Ta fait relier à ses armes. Souvent les
(197) Dans une imitation anglaise de cet ouvrage, Shijp of Folys, iiuprimée à Londres, 1509, in-fol ,. et que cite Dibdin (Bibliomania , p. 200) en reproduisant une figure sur bois, le preiuier des fous embarqués sur le navire des insensés est celui qui luet son plaisir à avoir une grande quantité de beaux livres (Of books to hâve great plenty bokes and aparagle)^ mais nui n*en tire aucun profit et ne b'en occupe pas. Geyler a sans dont*! si peu de Icc- UMirs aujourd'hui que nous iK)uvons, avec la cerliUide que pcr:>ouno ne l'aura déjà \n> reproduire
fermoirs sont remplacés par des mordante ou agrafes qui s'attachent à des pipes ou boutons de métal. 11 y a des tayeurs d'or et des enseignes de soie pour tourner ou mar-
Suer les feuillets. La couleur des cuirs et des toffes parait avoir parfois quelque anal€>gie avec lesujet de l'ouvrage ; les livres depiéiâ sont généralement habillés de noir.
M. Paul Lacroix a fait mention de quelques reliures précieuses d'après les inventaires des célèbres bibliothèques dont nous Tenons de parler. On trouve par exemple chez le duc d'Orléans, frère de Charles VI, le livre des Propriétés de toutes choses «couvert de veloux noir, à deux fermoers bbvû^ blant d'argent dorez esmailliés aux armes de Monseigneur;» le livre de fioèce, De Con^ êolationCf acouvert de soye ouvréeè deux fermoers samblant d'argent dorez; » la Légende dorée « couverte de veloux noir, sans fermoers, » etc. L'inventaire des livres des ducs de Bourgogne nous montre le Livre des yitoires de la terre d'Orient; «les ais couvertes de drap de veloux vermeil, fermant à deux fermillets d'argent doré; un livre des £va/tgiles avec « une couverture garnie d'or, LYiii perles grosses, en un estuy de camelot, à une grosse perle et un bouton de menues perles. » Divers comptes des ducs de Bourgogne montrent ce que coûtaient ces reliures. En 1386 le duc Philippe le Hardi payait àMartinLhuillier,libraireaParis,8eizo francs (équivalent aujourd'hui fc 115 fr. environ), « pour couvrir huit livresdont visent couvertz de cuirs en grains. » £n 1^6 le même libraire relie en peau velue le roman de Merlin; en 1398 un compte de relieur qui s'élève à 50 livres 2 sols (365 fr. environ) est expliqué en ces termes : c Achat defermeilles de cuivre, bourdons, doux de Rouen, cloui de layion et de cuivre, soye de plusieurs couleurs,pour faire chapiteaux» et cuir de vache pour faire tirouers pour convertir en façon de livre. »
On trouvera dans la Renaissance et le Moyen âge un grand nombre de notions relatives à des comptes dn genre de ceux dont nous signalons quelques traits ; ils se rapportent tous à de massives couvertures de manuscrits ; rimprimerie, en augmentant énormément le nombre des livres, en diminuant leur poids, en réduisant les formats, opéra une révolution dans la reliure. Elle se débarrassa du bois, du fer, du cuivre qui la. rendaient si pesante. Les ais de bois furent remplacés par du carton battu; les étuffes furent également laissées de côté, on n'employa plusquele parchemin,la peau et lecuir..
un autre passage dans lequcLil décrit des fous ama* teurs de livres :
fisti per muUos libres vagant legenles assidue : niniirum similes fatuis illis qui iu urbe circamcuni douios singulas etearumpicturasdissectisma?lis conluentur.... Content! in hac animi voluptale quam pascunt per voluuiina varia divagando et llgHriendo. Itaque gaudeant hic de larga librorum copia, ingcnli stniiil et laboris copia et quietis inopia. >
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