BIBLES EN LANGUES MODERNES DE L EUROPE
Langue française.
Quant aux Bibles en français , on trouvera à leur égard des renseignements dans tw Manuel du /t6ratre, lequel s'est peu arrête sur les éditions du xvr siècle , par le motif
8ue ce ne sont pas des livres précieux (9). 9 peut toutefois signaler comme ayant été payé 100 fr., vente A. Berlin, un exemplaire relié en maroquin de la Bible imprimée par P. Bailly, è Lyon en 1521 (in-fol. gothique, curieuses figures en bois). Les éditions données par Jean de Tournes, également à Lyon, (1553-54, 5 vol. in-16 ; 1554, in-8. ; 1556 , infol), sont ornées de figures sur bois et ont quelque prix aux yeux des amateurs. Une autre Bible (Paris , h l'enseisne des Jrot> couronnes, 1544, i vol. in-fol.), n'est pas à dédaigner à cause de ses figures sur bois, et nous trouvons porté à 250 fr. sur un des ca« talogues du libraire Techener, un exemplaire aux armes de Henri 11 de la Sainte Bible (Lyon, héritiers de Jean Michel, 1556, in-4). Gomme rareté, mais n'ayant point de mérite, on peut signaler la traduction entre- Brise par un fécond polygraphe, l'abbé de larolies, dont l'impression fut commencée k Parisenl670, mais ne dépassa pas le xxnT chapitre du Lévilique ; l'archevêque de Paris, François de Harlay, supprima cet ouvrage, le traducteur émettant, aans la précipitation habituelle de son travail, des idées peu orthodoxes. {Voy. David Clément, Bibliothèque curieuse, t. IV, p. i2, et le Journal des sa-van/«, t. XLIU, p. 212.)
Nous n'avons pas è détailler ici les nombreuses éditions de la Bible dite de Sacy ; nous dirons seulement que les beaux exemplaires des jolies éditions imprimées h Paris par Desprez, au commencement du xvm* siècle, sont fort recherchés des
anciens, et de plus corrompus par. des interprétations et des additions faites sur la Yulgate par le premier éditeur, Févêque Oskan.
(9) La Bible imprimée ii Paris, chez Bonnemèrc, est recherchée de quelques curieux, 1538, 2 vol. in-fol. L*éditeur dit dans sa préface i avoir corrigé chose qui ne*doive être translaté.» On y trouve cependant tout au Ions des mots que personne n'oserait écrire aujourd'hui, mais qui, au commencement du XVI* siècle, ne paraissaient pas tio^ choquants.
BIB
BtR
amateurs. Un exemplaire riehement relié en maroquin, par Padeloup, de l'édition de 1711, 8 vol. in-12, s'est adjugé 550 fr. à la
Quant à la Bible dite aux 300 figures. Par Hf, 1789-1804, 12 vol. gr.in-8., Teiemplaire avec les dessins oriffinaux de MariUier et Monsiau qui avait été adjugé UlOO fr. en 1806, a- été offert au prix de 2,000 fr. sur un catalogue de la maison De Bure en 1840, et n'ayant pas trouvé ac(^uéreur à ce prix, il a été adjugé au prix relativement peu élevé de 1,299 fr. à la vente de H. De Bure aîné en
Langue espagnole.
On sait combien est rare la première Bible espagnole impriméeà Ferrore, 531 5 (1553) infol. On exemplaire de celte édftion précieuse, après avoirapparlenu successivement à Meerman et au duc de Sussex est entrée dans la Bibliotheca Grenvilliana.
Indépendamment des éditions en espagnol, à Tusage des Juifs, Amsterdam, 5371 (1611, et 5390 (1630) (par une faute d'impression, on lit sur le titre (1606) que le Manuel indique d'après David Clément), il existe une édition revue et purgée de fautes nombreuses d'impression ; elle a pour titre : la Biblia trad, de la verdad hehrayca,... etc. y aora nuev. imprimida por David Femandez y correg^jpor Dr. Ishac de Ab. Diaz. Amst. 5486 (172o) 3 parties en un vol. in-8.
Quant à la traduction du P. Phelipe Scio de San Miguel, en sus des éditions de Valence 1790, in-fol. et de Madrid, 1794-97, ainsi que de diverses réimpressions indiquées au mo" nuel, il en existe d'autres publiées à Nueva Tark, 1824, in-8, et 1850 in.l2. ; Barcelona, 1837, in-4. ; Madrid, 1855, in-8.
La traduction de Torres Amat imprimée à Madrid en 1824 et en 1832 , k Paris en 1836, a reparu à Barcelone en 1846, re^isada por F. Palau, 10 vol. in-12. Une autre traduction signalée comme revisada conr arreglo à lo$ originales Hebreo y Gricgo a été imprimée à Londres en 1853, in-16.
En limousin ou en valencien. — La Bible imprimée à Valence en 1^88, in-fol., est un des livres les plus rares qui existent. La Sema Santander dit dans son Dictionnaire biblio^ graphique qu'on n'en connaît pas d'exemplaire, et qu'il n'en subsiste que les quatre derniers feuillets. Indépendamment de ta difficulté de trouver hors de l'Espagne des livres d'une date aussi reculée et écrits dans un dialecte peu répandu, il est à propos d'observer que ce volume fut, à ce qu'on assure, supprimé par l'Inquisition. On peut, d'ailleurs, consulter la Bibliotheca espanola de Castro, qui donne (t. 1, p. 444-44^) des extraits de cette édition.
Langue italienne.
La première traduction , publiée en 1471, porte le nom de Nicolo di Malnerbi (Mallermi), mais on sait qu'il s'est borné à réunir plusieurs versions faites aux époques florissantes de la langue toscane. lAdépendamment des deux exemplaires sur peau vélin qui se trou-
vent en Allemagne, il s'en trouvait un dans la bibliothèque du comte Melri , aohetée par Hall Standisn et que cet Anglais légua au rui Louis-Philippe.
Parmi les anciennes réimpressions , on distingue celle sans lieu ni date, Venise, chei L. A. Junta, in-fol. k cause des flgures sur bois qu'elle renferme et qui ont été gravées d'après les dessins de Bellini etdeSandro Botticelli. Zani {Enciclopedia délie belle arii, p. n, vol. I, p. 261-295) entre à leur égard dans de Ion{;s détails. Ces figures ont reparu dans des éditions nombreuses et ont servi à des Bibles latines mises au jour à Venise en 1498 eu 1511, en 1519.
Quant à l'édition également datée de 1471 et où l'on reconnaît les caractères ronds de Jenson,on n'est pas d'accord si elleestrœuvre de Jacques de Vor^gine ou de Jean Tuvellide Fucignano, évèque de Ferrare au commen- ) cément du xV siècle. {Voy. Melzi, Dixionario di opère anonyme italiane, 1. 1, p. 133) ; c'est probablement un assemblage de diverses traductions.
Les autres Bibles italiennes ne rentrent pas dans la catégorie des livres précieux ; la meilleure de ces traductions est celle revue par l'archevêque de Florence , Antonio Harlini, [ imprimée à Turin en 1776-80 et souvent f reproduite depuis .{Voy. le Trésor de M. Graesse, t. I, p. 389). Citons aussi la £t6/ta di Vence giusta la V ediz. di Drach, per cun di Bart. Catena, Milan, 1830-35 ; 23 vol. in-8, (16 pour le texte italien et latin, 7 pour les notes).
LANGUES DU NORD ET DE l'EST DE L'BUROPB
En polonais. — I^ traduction à l'usage des catholiques faite par le jésuite Jacob Wuyeck, est rare dans son édition originale, Cracovie, 1599, in-fol., mais elle a été souvent réimprimée, en 1622, 17M, 1821, 1839, 18U, etc.
L'édition publiée par des Sociniens et im-
Rrimée en 1563 à Bresczaux frais du prince icolas Radziwil est devenue extrêmement pare, le fils de ce prince ayant fait brûler un grand nombre d'exemplaires ; un exemplaire a été payé 41 1. st. à la vente du duc de Sussex; un autre qui n'était pas parfaitement complet 16 1. st. 6 sh. vente Hawtrey en 1853. Dibdin dit dans la Bibliotheca Spenseriana que lord Spenser n'avait pas hésité à donner iOO guinées pour deux exemplaires incomplets, afin de parvenir à en former un qui ne laissât rien à désirer ; cet exemplaire qui revenait si cher fut ensuite cédé à la bibliothèqueBodleyenne à Oxford, le noble lord ayant fait acheter à Augsbourg un autre exemplaire. Nous avons lu que jusqu'à présent la bibliothèque impé* riale de Saint-Pétersbourg n'a pas réussi à se procurer un exemplaira complet. (Voy. sur cette édition» Clément, Bibliothèque curieuse^ t. IV, p. 190; Beloe, Anecdotes ofscàrce books^ t. III, p. 18, g.) Une réimpression faite en 1570, in-4., a peu de valeur.
Une révision de celte Bible fut faite à l'usage des protes\anls par trois théologiens prétendus réformés. Alm d'arriver à un texte
BIB
DB BIBLI0L06IE.
MB
aussi pur que possible, dix correcteurs furent chargés de revoir sept fois chacun toutes les feuilles , et toutefois il resta une faute : au 1" verset de saint Matthieu , chap. iv, on laissa io dmbla (au diable), au lieu de od dyabla^dM (diable). Il enrésulta que beaucoup d exemplaires furent détruits par ordre supérieur. Cette traduction a été plusieurs fois réimpriaiée (1660, 1726, 1738, 1779, 1810, 1^3,, mais ces éditions n'ont oas grande^valeur.'
En lithuanien. — La première édition k Tusage des protestants vit lejouren 1660, in-8; elle est extrêmement rare ; un exemplaire se trouve dans la bibliothèque de TUniversité de Wilna; une autre traduction faite par ordre du roi de Prusse, Frédéric I*% prit pour base un travail ÎDédit composé de 1579 à 1590 par un luthérien, Jean Bretki, et conservé à la bibliotbèiiue de Kœuigsberg ; elle fut imprimée dans celte ville en 1735 et en 1755. Une édition ^Jement de Kœnigsberg, 1816, 2 vol. în-8, s'est payée 45 fr. à la vente KielTer, et il y eu a une de Tilzeje (Tilsitt)» 1824.
En hongrois,—DQ nombreuses éditions sont iaaiquées dans le Tré$or des livrée rares par M.Graesse, 1. 1, p. 387. Il signale comme rare réditiou dont l'impression fut commencée* à Waradiu en 1660, mais avant qu'elle n'eût été achevée les Turcs attaquèrent cetteviile et détruisirent un grand nombre des exemplaires. Cet écrivain indique entin comme un ouvrage inconnu aux bibliographes, une édition de
Leyde, 1719 , in-8, d'une traduction faite
par le professeur Georges Csipkes, à l'usage
des protestants.
En suédois. — Les éditions de 1540 et de 16U sont rares. Celle de Lubeck, 1622, in-4% tut supprimée k cause des fautes nombreuses qa'elle renferme. Trois éùitions faites à Leyde 601634, 1635, 1637, et à Amsterdam, 1688, sont de même fort incorrectes. Les réimpressions modernes sont nombreuses.
fil lapon. — L'édition de 1811,3 vol . in-8% s>st iiayée 36 et 41 fr. dans des ventes faites àPans.
En islandais. — La première édition, 1584,
esttrè^rare; il en est longuement question
(Uns le Ddnisehe BiUiothek, n" VIll, p. 1-156.
U seconde, 1643, in-ful., est regardée comme
<Kfigurée par un trop grand mélange de mots
<ianois. Elle a été rémiprimée en 1647, in-^%
6t d'après une nouvelle révision par Tévèque
^een Jonssen,en 1728, mais toujours avec des
iQodiflcations malencontreuses, oui altèrent