I. Ancienne pureté du dialecte islandais. On
^ Hte des impressions faites k Copenhague,
* 1747, in-4% et 1813, in-8\ La Société bibli-
\ qœ a mis au jour, en 1841 , in-4% une Bible
; ^ iibodais, qu'il laut <|jouter aux trois que
signale b Mmud. sous les dates de 1807,
lkl3 et 1826.
Engoihifue. — L'ancienne traduction d'UI* filas a été mise au iour, avec une introduction, jles notes et un glossaire, par MM. de Cabelemz et Loebe; AlUnbourg, 1836-46, 2. vol. M'.
En letti^e. — L'édition de 1689 est fort rare, une inondation ayant détruit k Riga, où elle avait été imprimée, une grande partie des 1,500 exemplaires qu'on avait tirés.
En esthonien, — Il y a des éditions de Riga, 1776; Saint-Pétersbourg, 1822; Tartus. 1847, in.8«.
En langue slave. — L'édition imprimée à Ostrow en 1581 est très-rare. Un fac-similé du caractère se trouve dans l'ouvrage de Falkenstein que nous avons déjà cité. L'exem-
Elai.'e du duc de Sussex a passé dans la Âliotheca Grenvilliana.
L'édition de Moscou, 1751 , 3 vol. in-fol. en russe et en hollandais, est très-rare en France» Des réimpressions nombreuses sont mentionnées dans le Trésor de M. Oraesse qui signale aussi une traduction en dialecte slaveserbe, sans lieu, 1804, 5 vol. in-8.
En wend ou illyrien. — Wittemberg, 1584, m tom., 1 vol. in-fol. Edition très-rare; un exempl., 6 1. st. 13 sh., vente Hawtrev, en 1853. Une traduction nouvelle a paru à Lobawm (Laybach) en 1782-1800, 10 vol. in-12, sous le titre de Biblia slavo-eamiolica.
En valaque. — L'édition de Bucharest, 1688, in-fol., imprimée en caractères russes, est rare; mais il existe des réimpressions données en 1795, in-fol., et à Saint-Pétersbourg, 1819, in-8-.
En langue des Grisons, — On peut consulfer au sujet de diverses éditions le Trésor de M. Graesse, 1. 1, p. 400. Deux traductions eo des dialectes un peu différents ont vu le jour, l'une à Coire et à Bâle, 1812-1815, 2 vol. in-8% l'autre à Coire, 1818-20, in.4*.
Bibles en allebiand.
Les bibliographes ne sont pas d'accord sur la première Bible qui ait été imprimée en allemand. Les uns croient que ce titro appartient à l'édition sans lieu ni date, exécutée à Strasbourg par Henri Eggesteyn, vers 1466 : c'est celle que Hain, dans son jReperiorium des éditions du xv* siècle, décnt la première : mais d'autres auteurs, notamment dteigenbcrger (Ueber die zwey dltesten deut" schen Dibètn), Munich, 1787, se prononcent pour le volume également absque nota, mais où l'on reconnaît les caractères de Mentelin de Strasbourg. Quoi qu'il en soit, un exempLairo do la Bible d'Ëguesleyn s'est adjugé à Londres, en 1853, k la vente Uawtrey à un prix équivalant à 600 fr. environ, et Falkenstein en donne un fac-similé.
Au si^et de l'édition de Mentelin oui s'est
gayée 360 florins en Allemagne, à la vente uisch, consulter Dibdin, Bibliogr. Decam. t. ni, p. 287. L'édition donnée à Nuremberg par Koburger,1483, est ornée de 150 figures sur bois. C'est la neuvième des Bibles allemandes. Un exemplaire a été payé 151 flr. à la vente Bearzi. Des éditions attribuées aux presses de Koburger avec les dates de 1484 et 1488 n existent pas.
La quatorzième et dermère édition de U
BTB
récemment acquis un bel exemplaire (^tfrl. GrenviUiana).vn autre a été payé lil hv. st. h la vente Dunn Cardner.
Des Bibles anglaises imprimées à Londres en 1549, 1550, 1553 et 1562, sont aussi des volumes très-difficiles h trouver. (Voy. la Bibl, Grenvilliana), p. 77.) On dit qu'on ne connaît que quatre exemplaires de l'édition de 1553 et autant de celle de 1562.
Quelques Bibles protestantes anglaises présentent des singularités qui leur ont valu une certaine célébrité dans le monde des bibliophiles, et qui les ont parfois fait monter à des prix élevés. La Bible imprimée à Londres chez Richard Jugse en 1568, in -fol., est désignée par les bibliographes britanniques sous le sobriquet de Leda Bible^ parce que, ffrâce à une singulière inadvertance, une lettre ornée en tête de TEpltre aux Hébreux représente la scandaleuse fiction mythologique de Leda.
L'édition de Cambridge, 1653, in-24, en très-petits caractères, porte au chapitre vi, verset 9 de la première Epître aux Corinthiens, la négation not qui défigure le sens. La Bible de 1539, dont nous avons signalé la rareté, porte dans l'intitulé du chap. xxxix de la Genèse^ les mots la femme de Pharaon au lieu de la femme de Putiphar^ et cette erreur a été reproduite dans un grand nombre de réimpressions.
La Bible imprimée à Belfast, 1716, in-8, la première en langue anglaise qui ait été exécutée en Irlande, est connue par la faute d'impression dans un verset dlsaie. Au lieu de sin no more, ne péchex pluSf on a mis : sin on more^ ce qui semble dire : contU nuex à pécher de plus en plus.
La magnifique Bible, publiée h Oxford en 1717, en 3 vol. in-fol., est signalée par le sobriquet de Tinegar Bible (la Bible du vinaigre). Dans l'intitulé du chap. xx de saint Luc, on a imprimé : the parabte of the vine^ gar (la parabole du vinaigre), au heu de : the parable of the vineyard (la parabole de la vigiie).
Dans l'édition de Londres, 1802, 10 vol. jn-8, on a supprimé la division en versets dans les livres historiques.
On prétend que l'édition de 1806, in-4, ne contient qu'une seule faute d'impression.
Disons maintenant quelques mots de diverses Bibles imprimées dans différents dialectes des Trois-Royaumes britanniques.
La Bible en langue écossaise, imprimée à Edimbourg, 1579, in-fol., est un volume des plus rares. Un exemplaire est chez lord Spencer, et Dibdin écrivait en 1820 que ce livre manquait dans les deux dépôts les plus riches de l'Angleterre : le Musée britannique , et la Bodieyenne, à Oxford. Peutrétre y est-il entré depuis.
La Bible irlandaise imprimée à Londres en 1685, in-i"* (seconde édition, 1690), est rem-
{)lie de fautes, qui proviennent, les unes du ait des traducteurs, les autres de l'ignorance des imprimeurs.
Le Nouveau Testament traduit en gaelic d'Albany, el dont le Manuel indique une
édition publiée en 1813, a été réimprimé à Glascow en 1828, in-12. Consulter, au sujet des diverses éditions en gaelic, la Bibliotktc^ seoto-celtica de J. Reid, Glascow, 1832, in-8. A l'égard de la première Bible en langue ffalloise, imprimée en 1588, in-fol., foy. David Clément, Bibliothèque curieuse^ t. iV, p. 13, et Timperley, Encyclopœdia of literary anee-^ dotes, p. 407. Un grand nombre de réim-
Bressions sont indiquées dans le Trésor de '., Graesse; les deux dernières portent la date de 1843-48, et de 1846.
BIBLES EN LANGUES DE L'AMiRIQUB.
Elles sont très-peu nombreuses. Les «raductions de l'Ecriture sainte dans les langues ' américaines se réduisent à des portions isolées. L'édition en dialecte de la Virginie imprimée à Cambridge (New-America), 1661-63, en trois parties in-4, est extrêmement rare, et nous n en connaissons aucune adjudication en France. On trouve à son égara de longs détails dans la Vie du traducteur , J. Eliot, écrite par Convers France, et insérée dans l American Biography de Spark, t. V, p. 216.
BIBLIOGRAPHE. — Nous n'avons pas besoin de définir ce nom ; on comprend qu'il désigne les études du savant qui décrit , qui apprécie les livres, qui en constate l'existence.
Les travaux bibliographiques présentent souvent de grandes diliicultés d'exécution, et il est aussi rare de les traiter d'une manière supérieure que facile et ordinaire d'y rester médiocre. C'est se tromper complètement que de borner les obligations du bibliographe k la seule connaissance du matériel des livres et de leurs éditions , science bibliopolique qui lui est nécessaire, il est vrai, mais qui n'est
3ue la moindre partie de ce qu'il est obligé e savoir. Il lui faut une lecture immense , un grand fonds de connaisances acquises dans les diverses parties delà littérature. A chaque
Eas il bronchera et ne pourra jamais être un on guide si, à l'intelhgence lusqu'à un certain point approfondie des langues classiques, il nejomt au moins celle des principales langues vivantes de l'Europe, et s*ii n'a cherché è se rendre familiers les nombreux chefs-d'œuvre dont elles s'enorgueillissent à juste tiire. Pourtravailler utilement en biblio-
f graphie, il faut encore être doué d'une quaité plus solide que brillante, el sans laquelle l'historien des livres comme l'historien des nations risquera toujours de cheminer d'en» reurs en erreurs, l'esprit de critique, que ne donne point, mais que perfectionne l'étude, et qui, du vague et de I obscurité des faits el des narrations, sait faire sortir la vérité, déduire de iudicieuses conséquences el guelguefois changer en certitude les plus fugitives inductions. Quelque bien préparé que Ton soit et quelques soins que ion apporte à la composition d'un ouvrage bibliographicjue, il est presque impossible de ne pas laisser dans une première publication une multitude d'erreurs, de lacunes, de suppositions. Heureux celui dont le livre aura pu devenir assez nécessaire pour que le besoin de léim» pressions successives laisse à l'auteur la
BIB
DE BIBUOLOGIB.
BIB
S d'en faire graduellement disparaître ches et les imperfections 1 Mais cette fortune est rare en bibliographie, qualités qu*eiigeait Nodier d'un bibliod vraiment digne de ce nom sont uom- 3s, et il est bien peu d*hommes qui nt se flatter de les réunir toutes :
5 bibliographe ne peut pas se passer tudes les plus fortes de l'homme de i et du philosophe. Comme le premier, t posséder les langues classiques an- ;s et modernes, c'est-à-dire celles qui )nné des modèles dans tous les genres els l'esprit humain s'est appliqué. Il ne t se dispenser d*en avoir au moins une re générale pour éviter les mauvaises Lions, les confusions d'homonymes, les ibrables fautes contre la netteté, la ion et la graqjmaire, où tombe à tout int le cataloguiste routinier. Comme le d, il doit embrasser l'œuvre de la penins toutes ses applications et dans tou$ ogres, imposer à toutes nos connaissdes noms, des attributions, des limianger dans leurs subdivisions dans un judicieux tous les faits qui s'y rapporde manière à diriger partout le lecteur le l'égarer jamais.
r, les faits du bibliographe, ce sont les ; et si une méthode est nécessaire quelart dans la classification de nos idées, ;t nécessaire è plus forte raison dans la ication des livres par lesquels toutes ées sont représentées bien ou mal.
! travail scrupuleux gu'exige la distribues articlesd'une Bibliographie bien faite, nerait cependant beaucoup moins de iltés si les livres étaient généralement lommés, mais il n'y a rien dont la pluies auteurs se soucient moins que de titude et de la clarté de leur titre, i c'est une rude besogne d'enre^strcr ns livres sous leurs séries systématiques, 3t une bien plus dure encore de les lire. l toutefois s y résoudre sous peine de ^r dans les erreurs les plus grossières et ire tomber avec soi le troupeau servile )pistes. »
gnot, dans son Dictionnaire de frtfrliofait rénumération des qualités que doit * un bibliographe accompli, qualités si reuses et si solides quil est certain seul homme ne saurait les réunir loue Bure, dans le huitième volume de la ^grapkie instructive^ a placé un discours z science de la bibliographie et sur les 'S d*un bibliographe qui mérite d'être Ité. Reproduisons aussi ce qu'on lit à gard dans un ouvrase bien rarement t aigourd'hui : la Biotiotheca Bulsiana, lye, 1733, 4vol.in-8*).
n eo sit multijuga materiairum libroèe notitia, ut saltem potiores eligat et 'ot : fida et sedula apud exteras genUs ratio f ut eos ar cessât; summa patientia^ re venalis cxspectel : peculium semper f^s et paratum, ne fiquando occurrunt, H occasio intercidat; prudens denique argentique contemptus , u$ pecuniis
DiCTIOSVN. DE BXBUeXLOGIE
sponte careat quœ in bibliothecam forman» dam et nutriendam sunt insumendœ. Si forte vir litteratus eo felicitatis pervenit ut talem thesaurum coacervaverit ^ nec solus illo inridius fruatar^ sedusum cum eruditis qui vigilias siuis utilitati publicœ devoverunt, libéra^ liter communicet , » etc.
Nous pourrions facilement dresser ici une longue hste de bibliographes justement estimés; nous mentionnerons, en nous en tenant aux morts : Maittaire, Denis, De Bure, Panzer, Mercier de Sainl-Lcger, Eberl, Renouard et bien d'autres; mais ces noms reviendront dans d'autres articles de ce Dictionnaire : nous nous contenterons de dire quelque^ mots d'un de ces écrivains qui, è certains égards, se sépare de ce grou[)e de travailleurs paisibles par l'originalité de son caractère.
On ne saurait oublier, parmi les bibliogrn-
Ëhes, l'abbé Rive, mort en Provence en 1794. îomme instruit mais atrabilaire, il publia h Aix, sous la rubrique de Londres, en 1789, on 2 vol. in-8, un ouvrage curieux intitulé : la Chanse aux bibliographes et antiquaires mal avisés^ par un des élèves que Vabbé Rive a laissés à Paris. Ce prétendu élève était l'abbé lui-môme. Il a voulu relever des erreurs, ce qui e-^t toujours faille, mais il est lui-même tombé dans des méprises fort graves.
Plusieurs autres ouvrages relatifs a la science des livres sont sortis de la plume do ce polygraphe fécond ; nous signalerons TJ^"*sai sur l'art de vérifier Vàge des miniatures^ in-fol.; les Etrennes aux joueurs de cartes^ 1780,in-12 (opuscule dont il va des exemplaires sur vélin et qui a clé réimprimé dans le tome X de la Collection des dissertations pour servir à r histoire de France^ publiée par M. Leber); les Notices sur deux ma» nuscrxts de la bibliothèque du duc de la Fa/liire.
L'abbé Rive, prit lui-même la peine do faire imprimer une Chronique littéraire de ses ouvrages imprimés et manuscrits y Eleuthéropolis (Aix), an second du nouveau siècle français (1791), in-8°, volume devenu rare. Ajoutons qu'on trouve au catalogue Bignon (1849), n" 2246, une liste de 34 ouvrages ou opuscules de l'abbé Rive.
BIBLIOGRAPHIE (Ouvrages sur la). — Les livres de bibliographie sont tellement nombreux qu'il ne saurait être question de les énumérer ici. Ce qui existe de plus important en ce genre est signalé dans la table méthodique (jui forme, le 5* volume de l'excellent Manuel du libraire de M. J. Ch. Brunet, et nous n'avons point à reproduire celle liste.
Nous nous bornerons, en laissant de côté des ouvrages trop arriérés aigourd'hui pour être fort utiles, a signaler quelques-uns de ceux qu'on consulte encore avec fruit.
Et d'abord se présente la Bibliographie instructive de Guillaume De Bure, Paris, 1763- 68; 7 vol. in-8". Malgré des erreurs et trof> de prolixité, cet ouvrage, tombé aujourd'hui à fort bas prix, est utile pour divers livres qui ne sont décrits que là avec autant de détails. (Foy.le Jfanue/, t. II, p. 33.) M. Renouard,
BIB
BIB
assez sévère pour De Bure, juge que ses connaissances en littérature n allaient pas assez au delà des titres et des dates. {Çat. d*un amateur, 1. 1, p. 35.)
On joint è la Bibliographie instructive, le Catalogue deGaignat, 1769, 2 vol. in-8% dont nous reparlerons, et une Table den livres anonymes, par Née de la Rochelle. A la vente Leblond,,en 1812, il s*est trouvé un exemplaire avec des notes manuscrites d*un amateur instruit. Magné de Marolles; il fui adjugé pour 100 fr.
Le libraire Osmont mit au jour, en 1768, 2 vol. in-8\ un Dictionnaire typographique des livres rares ; c*est une compilation bien inférieure k Touvra^e de De Bure, bien que le savant Mercierde Sainl-Légerrait appuyée du secours de ses conseils; on y trouve cependant (ainsi que le fait observer M. Nodier) deux avantages : une certaine richesse dans la classe de la littérature italienne (Osmont avait souvent et fructueusement visité la collection spéciale de Floniel), et renonciation de la valeur des livres. Les prix indiqués de la sorte sont presque toujours arbitraires, mais ils offrent du moins malièi-e à des rapprochements qui indiquent quelle révolution s'est opérée dans le goût des amateurs. Osmont évalue, par exemple, à 6 et à 8 fr. le Rabelais de 1663 et le Racine de 1678 qui rentrent dans la catégorie des éditions elzéviriennes. De beaux exemplaires se payeraient certainement aujourd'hui 100 rr. et peut-être bien davantage, si les marges étaient entières.
Le Dictionnaire de Duclos, plus connu sous le nom de Cailleau, 1790, 3 vol. in-8% a le mérite d'ôlre enrichi d'un 4* volume, rédigé par M. J. Ch. Brunetqui, en 1802, débuta ainsi dans une science qu'il devait parcourir »i longtero[)S et avec tant d'éclat. Quant aux trois premiei*s volumes , comme le remarque M. Nodier, a ce n'est qu'un choix fait sans critique et sans goât dans les catalogues, et les fautes innombrables d^impression qui le déshonorent, en rendent l'usage extrêmement suspect. Il eut cependant un grand succès parce que l'accroissement des découvertes bibliographiques et celui des produits de l'imprimerie le rendaient doublement nécessaire; sans approcher beaucoup plus de la perfection possible, l'ouvrage de Fournîer i»st un travail estimable. L'élégance de sou exécution d'ailleurs assez correcte et la commodité de son format portatif, lui condCrvent encore quelque prix.o
Les divers ouvrages de M. Peignot (Dietionnaire de bibliologie, 1803, 3vol.;/>/crtonnaire des livres condamnés, 1806,2 vol.; i/onuel du bibliophile^ ou Traité du choix des livres, 1823, 2 vol. in-8% etc.J ne sont pas sans mérite; ils attestent du zèle, de la patience dans les recherches, raa>s ils sont nécessairement fort arriérés, d'autant plus aue l'auteur écrivait en province, qu il ne parlait guère des livres rares que sur ouï-dire et sans les avoir vus. Son érudition de seconde main était puisée dans les bibliographes français et latins; les ouvrages en langues étran-
gères paraissent être restés inconnus au littérateur dijonnais.
On peut se dispenser de consulter la Bibliographie instructive, ou Notice de gnelquet livres rares, singuliers et difficiles à trouver, 1 par Los Rios,Lyon, 1777, in-8"; 207 pages et ' 639 numéros. A chaque article sont jointes des notes bibliographiques qui n'apprennent rien de bien nouveau. La théologie peut revendiquer 34 numéros seulement.
On trouvera plus de proût dans quelques ouvrages consacrés à la connaissance des Ii« vres rares et qui, fort arriérés sans doute aujourd'hui, méritent toutefois d'être ouverts de temps à autre.
Le Catalogue librorum rariorum de Vogl, dont il existe cinq éditions successivement revues et augmentées (1732, 1737, 1748,1752 et 1793) ; cette dernière est bien préférable aui autres. Dibdin qualifie cet ouvrage d'à- . musant; Jon est libre de ne pas ratifier cette épitbète, mais il est juste de reconnaître quil y a d'utiles renseignements dans les pages de Vogt; elles remportent sur les travaux de Reyer , Memoria historico-critica librorum rariorum. Dresde, 1734, in-8.
Frevtag vient ensuite, et Ton peut encore consulter ses Analectalitteraria de libris rorioribus. Leipzig, 1750, 2 vol. in-8; et son Apparatus litterarius. Dans le premier ouvrage, les livres dont il est question sont classés dans Tordre alphabétique; dans k second ils sont rangés dans un autre ordre, mais il y a une table alphabétique. Jndiauoos aussi le Florilegium historico-criticum tibr^ rum rariorum: la troisième édition est de 1763; le but de l'auteur était de parier l'ouvrages rares que Vogt n avait pas mentionnés. On ne doit pas rechercher la Bibliotheca librorum rariorum universalis de J.-J. Bauer, libraire à Nuremberg, 1770, 2 vol. in-8, avec un supplément en 3 vol., 1774-1791. Cet ouvrage, mal imprimé comme la plupart des éditîoDS allemandes de cette époque, doit cependant figurer dans une réunion un peu nombreuse d'ouvrages sur la bibliographie, mais nous convenons que les livres de ce genre sont bien arides, et peu de personnes partageront sans doute Tenthousiasme un peu exagéré de M. Ch. Nodier (jui , dans ses Mélanges extraits d*une petite bibliothèque (p. oj, s'exprime en ces termes :
(( Quelles délices impossibles à faire comprendre à celui qui ne les a pas goûtées, n*ai-je pas puisé dans vos pages si naïvement instructives, si aimablement doctes, si pleines [ d'excellentes choses de peu d'importance, ingénieux Beyer et laborieux Freytagî »
M. Renouard nous semble avoir été plus dans le vrai lorsqu'il écrit : « Parmi les livres rares, il en est un très-grand nombre qui n'en sont ni plus intéressants, ni plus à recliercher, et Ton nej)eut disconvenir que les savants ouvrages de Beyer, Wogt (lisez Vogt}, Freylag et Gerdes ne soient au moins pour les trois quarts composés de notices sur des raretés de cette espèce. Il faut néanmoins et les ouvrir et les parcourir, parce que. dans cette ennuyeuse science, il v a encore du bon
BTB
DE BIBLIOLOGIE.
BIB
ndre. » Quant à la Bibliotheca librorum rum de Stnive, 1719, in-4 , elle est comment oubliée.
elques anciens ouvrages français relatifs science des livres ne sauraient nous [>per dans celte énumération.
Bibliothèque curieuse et' instructive sur 'S ouvrages anciens et modernes^ par le îneslrier, est remplie de documents infants. « Jamais, selon M. Leber (catalon"* 6493) les deux épithëtes mises sur le et dont il est si facile d'abuser, n'ont été exactement appliquées (11).»
Bibliographical Dictionnary^ Liverpool, 1806, 6 vol. in-12, auquel on joint en 2 ,n-12, le Bibliographical Miscellany, est compilation arriérée et rédigée par un [ne assez peu instruit, Adam Clarke. Ce y a de mieux dans cet ouvrage est une rtation sur les Bibles polyglottes qui a nprimée à part en 180â à uu petit nom- Texemplaires.
;nalons aussi comme des raretés qui n'insenl d'ailleurs que lesamisdesvieuxlivres lis, les Bibliographical Memoranda^ de y, Bristof, 1816, in-4, et les Bibliogra^ il Miscellanies de Ph. Bliss., Oxford, , in-4. Ces deux ouvrages n'ont également é lieu qu'à un tirage restreint. Un grand 3re de renseignements sur d'anciens ouïs peu connus sur le continent, sont dignes dans deux publications qu'un amariche eX opulent, sir Egerton Bridges, mit 3ur avec 1 aide de divers philologues : le sh Bibliographer, 1820, 4 vol. in-8, et la ura litteraria, 1823, 4 vol. aussi in-8. I Allemand, L. M. Briigemaon, eut l'idée ; singulière de rédiger en anglais et de imprimer à Stettin, 1797-1801, 2 vol.
, un catalogue raisonné des éditions oCi ictions d'auteurs anciens publiées dans :ande-Bretagne. Cet ouvrage, qu'on dit exact, est aiyourd'hui oublié.
)st en France qu'on trouve le meilleur âge bibliographi(|ue qui ait jamais paru. tanuel du libraire de M. Brunet, porté, sa 4* édition (1840-1^2), à 5 gros volumes, mt on annonce une réimpression augtée et mise à jour, n*a pas besoin de nos 3s; sa réputation est faite, et partout cet âge si connu est l'oracle de la bibliogra- . M. Libri lui a consacré un article dans le nal des Savants^ septembre 1844; il fait irquer que sans cesse augmenté et peronné à chaque édition, le travail de runet est devenu le Code bibliographique^ nonde savant. Malgré les immenses reches de l'auteur, il est cependant imposqu'un livre de ce genre soit complet, âutdonc point s'étonnersi quelques ou- 3s fort rares ne sont pas signalés au Ma^
) Le Jésuite G. F. Meneslrier fut un des polyles leH plus instruits, les plus laborieux de lue de Louis XIV. Tous les ouvrages qu'il a s sout vivement recherches et avec raison, oyons aux très-bonnes Recherches uur la vie et vrages du P. Menestrier, par P. Allut, Lyon, in-8, volume imprimé avec beaucoup de cl à regard duquel on peut consulter le But*
nuel. On n'v trouve, par exemple, aucun des ouvrages de Salomon de Caus, ingénieur du xvH* siècle, dont les écrits ont été l'objet de vifs débats entre les savants anglais et français au sujet de l'invention de la machine à vapeur. La première édition des Raisons des forces mouvantes de cet illustre architecte est un livre excessivement rare qui manque dans les plus riches bibliothèques et dont on a même nié l'existence. Le Prodromode Varie maestra, publié par le P. Lana en 167Ô, in-fol., et où l'on trouve la flgure et la description d'un aérostat, aurait mérité une mention ainsi que i* Invention nouvelle en Algèbre ^ par Albert Gérard, Amsterdam, 1629, in-4: opuscule très-rare où se trouvent des théorèmes relatifs à la résolution des équations et attribués communément à Newton. Il en est de même des Spiritus nitro-aerei operationes in micro* cosmo, par L.M. Barbieri, Bologne, 1680 ; cet ouvrage dont on ne connaît que six exemplaires et qui est de la plus grande importance {»our l'histoire de la chimie, a été imprimé h mola en 1828. Les ouvrages du mathématicien Desargues offrent un exemple bien rare. Imprimés vers le milieu du xvir siècle, ils ont complètement disparu, et l'on ne connaît aujourd'hui aucun exemplaire des éditions originales. A la vérité on sait que plusieurs des idées de Desargues ont été reproduites par Bossi dans quelques ouvrages que le Manuel ne cite pas non f ' is. ,
M. Libri signale aussi comme un des desi'-. derata du Manuel ^ un écrit scientiûque de Dante, imprimé deux fois dans le xvi! siècle et
Bublié de nouveau en 1843 à Livourne par [. Torri, avec des notes bibliographiques fort curieuses. Cet écrit avait échappé à presque tous les bibliographes, et il paraît au'on ne connaît que deux exemplaires de
1 édition originale,un chez lemarquisTrivulzio» et un que possédait M. Libri.
L'oj)uscule en question est en latin; il a pour titre : Qtuestio fLorulenta ac peftUilis de duobus elementis aquœ et terrœ.
A un immense intervalle après le Manuel du libraire il faut ranger le Dictionnaire 6tbliographique ou Nouveau Manuel du Libraire et de i'iima^eur, par P. (Psaume), Pam, 1824, 2voLin-8.
Ce livre est devenu peu commun; lauteur était un homme assez instruit, mais qui avait lemalheur de professerjun scepticisme chagrin et hostile. Il périt assassine par ses deux gendres.
L'introduction de ce Dictionnaire remplit 264 pages; c'est une compilation bien faite et qui peut tenir lieu, jusqu à un certain point, d'un grand nombre de volumes. Le surplus n'est guère qu'une contrefaçon faiblement déguisée du Manuel de M. Brunet ; Psaume y
letin du bibliophile belge, t. iVII, p. 448. Cette Notice signale plusieurs ouvrages inédits, et 144 imprimés. M. Leber, que nous venons de citert s'était proposé de placer dans sa bibliotltéque toutes les productions de cet inùitigable crudit. Mais, malgré tous ses efforts, plusieurs ont/ conslammeat échappé & ses recherches.
BIB
DICnONNAlRE
BIB
a> mis du sien une foule de nutu'.es acerbes et ijiAlveillantes. L ouvrage, tel qu'il est imprimé, contient bon nombre de ces malices souvent inconvenaniPS, mais le manuscrit en renfermait bien davantase. I) fallut beaucoup retrancher, et une fois Touvrage imprimé, le libraire Gosselin, acquéreur de l'édition entière, fut obligé u ., emer les cartons d'une main prodigue pour en rendre la publication possible.
1^ Revue encyclopédique^ t. XXI, p. 440, critique nettement quelques-uns des défauts de ce Dictionnaire inrorreclement imprimé, et très-peu impartial. Elle reproche aussi à M. Psaume des complaisances mal déguisées pour les livres de certains libraires; il n*est pas adroit de venir, à plusieurs reprises, s'extasier sur la magnificence d'exécution de la Yie politique et militaire de Napoléon, lorsqu'ilest notoire que c'est un des livres de luxe le plus négligemment exécuté. Il est pareilroènt fâcheux de rencontrer sept colonnes employées à la réimpression d'un prospectus d'une Description des Arts et Métiers dont probablement on ne verra jamais autre chobe que ce même prospectus.
En fait d'ouvrages étrangers d'une importance réelle il faut citer la Ètbliotheca Britannica^ or gênerai index of british und foreign Iterature, par Robert Walt. (Edinburgh.l^^i, 4 vol. in4.) Watt était un médecin écossais; né en 1774, il mourut en 1819; il était fils li un cultivateur, et ne s'était élevé qu'à force du zèle pour l'étude. Le plan de la Bibliotheca Britannica était nouveau. Dans la première Irartie, une liste alphabétii(ue de près de quai-anie mille auteurs, avec l'indication de leurs ouvrages, des éditions, des principaux mémoires insérés dans des recueils; de courtes notices biographiques et des appréciations critiques ajoutent au mérite de cette espèce de dictionnaire biographique. Dans la seconde partie, tous les titres des ouvrages signalés dans la première et un grand nombre d'anonymessontclassésalphabétiquement d'après Tordre des principales matières. L'ardeur avec laquelle Watt se livra au long et pénible travail qu'il avait entrepris abrégea sa vie.
Nous trouvons encore en Angleterre l'ouvrage do Lowndes, The bibliographical Manuul of english literature^ 1834, 4 vol. in-8. « Ouvrage utile qui manquait à l'Angleterre, mais il a besoin d'être amélioré, surtout dans la partie dt-.s beaux livres modernes qui nous a paru fort négligée. » Ainsi s'exprime le savant auteur du Manuel du libraire.
Une nouvelle édition a vu le jour en 1857 et dans les années suivantes; mais, quoiqu'elle soit indiquée comme revue, corrigée et augmentée, surtout dans les premières livraisons, elle n'otlre guère, au fond, que ce que ren- («irmait la premièie. Les ouvrages modernes dont Lowndes ne s'était fias occu()é, doivent é>re renvo.yés dans un supplément qui n'a piis encore paru.
Les divers écrits de Dibdin (parmi lesquels
il en est de somptueux) seront signalés 'ians la notice que nous consacrerons à ce biblif»graphe plein de zèle mais parfois faible au point de vue de la critique.
L'ouvrage de Darling : Cyelopœdia bibUo- > graphica, Londres, 1854, forme un épais volume in-8de 1664 p. Divers journaux en ont fait l'éloge (12).
L'Allemagne, si laborieuse et où les livres se multiplient avec une abondance extrême, ne pouvait manquer d'enfanter de uouibreut ouvrages de bibliographie. Un des plus remarquables est VAllgemeines Bikher^-Lexicon d'Ebert (Leipzig, 1821-1830), 2 vol. in-4. En dépit de diverses erreurs, cet ouvrage renferme de nombreux renseignements et doit être consulté sur des portions de la bibliographie peu connues en France. Il en a été publié une traduction anglaise, Oxford, 1838, 4 vol. in-8; mais elle parait n'avoir fias eu grand succès.
C'est en français qu'un autre Allemand, aussi laborieux que le nlus infatigable des Bénédictins et auteur d un Cour» (en aileniand) d* Histoire littéraire universelle^ a entrepris la publication d'un vaste répertoire bibliographique mis, autant que possible, au courant de l'état artuel des choses. Cet ouvrage, dont la publication a commencé k Dresde en 1851, remplit aujourd'hui 7 livraisons; la dernière , qui commence Je second volume, s'étend jusqu'au mot Cérémo' nies. Voici le litre de ce livre :
Trésor des livres rares el précieux, ou Nouveai Dictioimairi't bibliograpliiqiie conienant plus àe cent mille articles d ouvrages rares, curieux H recliercliéH, avec les signes connus pour diglingaer les éiliiions originales des conlreraçons qui en ont été faites, drs noies sur la rareté el le mérite des livres ciuis, sur les prix que ces livresoiit alleinU dans les ventes les plus fameuses el qu'ils conservent encore dans les magasins des bouquinistes lei plus renonniésdeTEurope, parJ.-C.'Th. Gmeste.
Voici en quels termes l'auteur annonça son projet :
« L'ouvrage bibliographique que nous offrons au publie doit combler une lacune devenue chaque jour plus sensible. Il s'est écoulé
une trentaine d'annéesdepuisqu'Ebert a publié son Dictionnaire biblioaraphique calqué sur le célèbre Manuel du libraire^ de M. Brunet, ' et il y (T bientôt treize ans que ce dernier ouvrage a paru. Le Dictionnaire d'Ebert est aujourd'hui suranné, et il faut recourir au Manuel quand on veut obtenir des renseigne» menis sur les livres r/ircs el précieux; ce dernier ouvrage, excellent pour l'ancienne littéraiure française, sulfis.ini et assez complet [)Our l'italien et l'espagnol, laisse beaucoup à désirer pour Tangliiis et les langues orientales ; il se montre Irès-insullisant pour les langues sinve et gennanique. »
Parmi le ti*ès-grand nombre d'ouvrages qui touchent en passant à la sdeme biblio- ^raplii(|ue, nous mentionnerons les Curiosi» tiesof literature, par Disraeli, Pam, 18311,
(liMMi fr*a«!Cord4* il n'prcsenlcrr.'*n)ine manquant le Libranj Mnnnal ronlaining a catalogue raitoHtié , ék- piiiu ci cuunuc uUruul ùtë iaulcs uouibrcUbt» oj upwurds vf 1:2000 wcriu*
BIB
DE BIBLIOLOGIE.
BIB
in-S ; cet ouvrage qui avait déjà eu pluéditioDS en Ané^çleterre et dont il existe *aduciion française peu estimée aiijourcontient divers chapitres intitulés : -^ 4hique$ ; Bibliomanie ; Detttrtiction des : Origine de Vimprimerie; Errata; Jîes livres: Petits livres: Auteurs qui ont leurs libraires: Un bibliognoste. — Dés igneroents assez curieux sont répandus ce livre, mais on n'y trouve rien qui rencontre déjà dans des livres connus ; jne réunion bien arrangée de faits reis de divers côtés; ce n'e!>t pas le résul- I recherches nouvelles.
LioGRAPHiEs spéciALBS. — Ou comprcud reste toujours et inévitablement bien cunes dans une bibliographie générale, ur arriver à rendre de vrais services au Heur qui veut étudier à fond une branles connaissances liumaines, les biblioies spéciales sont nécessaires ; elles no ient être trop détaillées , trop com- .; les détails minutieux qui seraient déi ailleurs sont là très-utiles, ir se faire une idée de ce que peut deune bibliographie spéciale , il suffit Brver que Touvrage de Rudolphi,£nrom historia, publié en 1810, renferme un des vers intestinaux (une des portions oins étudiées de l'histoire naturelle, ou médecine), une Bibliotheca entozoolo^ |ui contient 629 articles; elle aurait pu oir dès lors quelques additions et, s 1810, elle se prête naturellement à pplément assez considérable.
Peignot a publié en 1811 un Répertoire biographies spéciales qui peut être conavec fruit, mais qui subit le sort auquel condamnés tous les ouvrages de ce ; il n'est plus depuis longtemps au nîde la scitince, et chaque jour il s'en ie davantage.
Manuel de bibliographie qui fait partie collection Ror«l (1857, 3 vol. in-18) déjà et qui a été rédigé par MM. F. Denis, iQon et de Martonne, contient à lasuite de le nom de pays, de chaque science, de te homme célèbre, l'indication des raeilouvrages à consulter. C'est un bon et jx travail. S'il y a des lacunes, elles sont ;ables.
ers ouvrages plus circonscrits se lK)rà citer ce qui concerne telle ou telle he des connaissances humaines. On citer comme devant faire partie d'une îtion de bibliographies spéciales :
Bibliographia zoolo^ix et geologise d*Âgassiz icklaiid ; — te Uichonnaire de rEconomle |ue (Paris, Guiliaumin) ; •— la Bibliographie lie de Blaze ; — la Bibliothèque des voyages icberde la Bi€barderie((bien arriérée aujour- ; — le Medicinisches SchriCsieiler lexicon de ^n ; — les Notices of Aritbmetical books de n ; — le Traité des sources bibiiographiloililaires, par De la Barre Duparcq; — la Kedia biblio}çr.iphica (théologie) deDarling; nanuel des éliiJiants en droit de Dupin ; — liotheca magica de Graessc ; — le Litteratur ^ri«»gswissenschari^n (sciences militaires) de 1 lioycr; — la RihUoi^raphie astronomique
deLalaade, 18(^5, in-4;-- la Bibliotbeoi sacra de Lelong ; -^ la Hibliotheca juridica de Lipeniat (pour les livres anciens); — le Guide diplonali-
3ue de Martens; — la Literatureof polttical economy e Mac-Culloch ; — la Bibliotheca hislorica de Meusel ; — la Bibliotheca niathematica de Murhard ; — le Bibliotheca hihlica d'Orme ; — - la Bibliographie blogr&phiqne d'OEttinger; — la Bibliographie entmnoloçique de Percheron; — la Utteratura inedica digcsta de Plouquet ; — la Biographisch-litterarisches Handwôrterbucb znr Geschichte der exacten Wisscnschartcn de Poggendorf (Dictionnaire manuel biographique et littéraire pour Tbisloire des sciences exactes); — le Thésaurus litteratur»! boianic?e omnium gcntium, de Pritzel; — THandbuch der mathematischen Literatur de Rogg; — THandbuch der jurliitichen und staatswissenschaftlicben Litteratur de Schlotter (Manacl de la littérature du droit et desscienees politiques); — le Catalogus Biblioihecae medicae de Roy ; — la Bibliothèque asiatique et africaine de M. Ternaux- Compans ; — la Bibliotheca iheologica selecta de Walch, et sa Bibliotheca patristica ; — niandbnch der theologischen Literatur (Manuel de la littérature théologique) de Winer ; — la Deulschlands Mllitair- Literatur (littérature militaire d*Allemagne) de von Witzleben ;-<-le Geschichte und Literatur der Staatswissenschaft (Histoire et littérature , c'est-à-dire Bibliographie) des sciences politiques), par Mubl.
Il est indispensable de })0sséder, pour la connaissance des livres hébreux et orientaux, les ouvrages de Barlolocci et de Wolf, ceux d*Adelun^, de Funk, de Gildemeister, d'Herbelot, de Fiijgel.
Viennent ensuite les dictionnaires bibliO' graphiques, et surtout la Biographie universelle, enirepiise en 1811 par les frères Michaud et qui, en 1855, accompagnée d'un supplément considérable, n'est pas encoro terminée, quoiqu'elle compte déjà 80 volumes; la Nouvelle Biographie générale, publiée par MM. Diiiot, sous la direction de M. Hoefer (elle est arrivée en ce moment à son 31* volume).
L'Angleterre est assez riche en productions de ce genre ; on peut citer les Dictionnaires d'Allen (3* édition, 1857) d*App)eton (1856), de Chambers (1835), de Chalmers (1812-17). La Société pour la diffusion des connaissances utiles avait entrepris la publication d'un dictionnaire biographique qui était rédigé avec beaucoup de soin et de développement, mais dont il n'a paru que trois volumes in-8, lesquels ne contiennent qu'une portion de la lettre A. On aura reconnu sans doute que l'ouvrage était entrepris clans des proiK)rtions trop vastes. En Allemagne on rencontre le Gelehrten Lexicon de Joecher, avec ses continuations par Adelung et Rotermund (1750-1819), et l'I/niversallexicon de Zedler, Taste répertoire où l'on trouve toutes choses, et notamment beaucoup de notions biographiques.
Nous avons .dit, que la table méthodique jointe à Texcellent Manuel du libraire de M. Brunet indique un grand nombre d'ouvra* ges ayant trait soit à la bibliographie générale, soit à celle qui se rapporte à quelque branche particulière des connaissances humaines. On peut toutefois faire quelques additions à celte liste. En voici divers exemptes :
BTB
BIB
. Dictioiinaiire iinitersel (en allemand) de tittératare ihéologique et d*hUtoire religieuse, par Danz, Uipzig, iSi^.
Thésaurus littérature theologiae académie» par Tbelle. Leipzig, 1840.
Bibliographie der Kirchenvâter und Kircbenlehrer, par Goldwitzer, Landshut, 1828 (ouvrage qui 8*élend jusqu*au xiii* siècle).
Dans les sciences nous pouvons citer :
La Bibliotheca historica naturalis de W. Engelmann, Leipzig, 1836, in-8 (elle part de Tan 700).
La Bibliographie systématique, par Gboulant (en allemand) de Tllisloire de Ja médecine et des sciences naturelles. 1842.
La Bibliographie forestière et cynégétique de G. 0. Laurop, Francfort, 18i4.
La Bibliographie du jeu des échecs, par OEttiuger, Leipzig, 1844.
Le Bulletin du bibliophile, 1838, p. 373, annonçait en manuscrit une Bibliographie ecAt^tttenne, composée par F. AHie}', ancien magistrat. Ce travail fort étendujndiquait 750 ouvrages différents. Observons en passant qu'il y a d*autres ouvrages publiés sur le môme sujet. Sans parler des necherches qui se trouvent dans le Magasin enq/elopédique, 1806, 1, 48, et dans les Annales encyclopédiques, octobre 1817, t. V, p. 314, on peut signaler la Utteratur des Schechspiels , jpar A. Schmid^ Vienne, 1847, in-8, et le Phihdorian magasine of chess, publié par Walker, et gui a mis au jour en lo38 une Bibliographie des liicbecs.
La Bibliographia malhematica de Beughem, Amsterdam, 1688, in-12, est à présent (ans intérêt. On possède mieux dans la Bibliotheca mathematiea de Murhard, Leipzig, 1797, et surtout dans la Utteralur der Mathematik, de J. -S. Ersch, Amsterdam, 1813, in-8.
Indiquons ai^ssi :
La Bibliographie russe de SopikoflT, Saint^PétersbourOi 18i3-âl (ouvrage estimable, mais aujourd'hui devenu forcément bien vieilli). — L*Exposition delà littérature musicale, par Beck« Làpzig, 1836 et 1839. — La Littérature des Grammaires et des Dictionnaires, par Vater, Berlin, 1827, 2* édition. (Important répertoire de ce qui concerne la science des langues.)
La Bibliotheca rabbinica de Bartolocci (Borne, 1680-91, 5 vol. in-fol.) contient des citations extraites d'un grand nombre d'ouvrages de docteurs juifs, et ces extraits sont souvent remarquables par la singularité des idées qu'ils expriment. Lr Bibliotheca hebrœa de Wolf, Bamburgi, 1715-1733, 4 vol. in-4, est une vraie encyclopédie judaïque, où se trouve une liste complète aes écrivains qui ontfait usnge de Thébreu et un grand nombre de fragments inédits et importants (voir le catalogue Silvestre de Sacy, t. I, p. 26). Mais sous le rapport de retendue des recherches et de Texactitude, ces deux ouvrages ont été effacés par la Bibliotheca judaica de Furst, Leipzig, 1859, 3 vol. in-8
Signalonsdivers ouvrages relatifs à la bibliographie spéciale de tel ou tel pays.
La Bibliotheca Hispana vêtus et nova, do Nicolas Antonio, Madrid, 1783-86, 4 vol. in-fol., est un vaste répertoire d'ouvrages
composés par des Espagnols et presqne fort oubliés aujourdhui; Tordre suiv l'auteur (celui des prénoms des écriv est,dans la Bibliotheca nova qui va de 1 1684, d'ailleurs bien fait pour rebuteriez intrépides travailleurs.
Depuis quelque temps TEspagne so l'engourdissement où elle était restée la science des livres. Quelques volumes Bibliotheca espanola (Madrid, 1826 et dont nous aurons occasion de parler ferment de bons travaux bibliograph Nous citerons, entre autres, rinlrodt mise en tète de VEpistolario espanol Catalogo razonado qui, rédigé par D. F et Gayangos , est entête du volunae inl Libros de caballerias, 1857.
Le Portugal, assez pauvre en général i vaux d'érudition, peut citer avec quelqi
fueil la Bibliotheca Lusitana, de Mac isbonne, 1741-1759, 4 vol. in-fol. €€ vrage dont le prix est élevé et qu'il esl cile de se procurer , même en Por* mentionne plus de 7000 écrivains. Le é volume renferme sept tables fort bien j On trouve des extraits de cette Biblii dans le Journal étranger, juin 1757.
Bibliothèque américaine, ou Catalogue de vraçcs relnufs à l'Amérique qui ont paru i sa uécouverte jusqu'à Tan HOO, par HemJ naux, Pam, 1857, in-8, 191 pages.
Les articles énumérés dans ce cata sont au nombre de 1153. La France pris peu de part à la découverte et à la nisation du nouveau monde, presque 1 ces relations sont écrites en langues i gères. Celles qui ont été traduites, l'or avec tant de négligence qu*il est très-dii de reconnaître roriginal, et ces volume! devenus très-rares.
Le premier ouvrage que signale M.
naux est Ja lettre de Colomb, I>e insulisi supra Gangem nuper inventis, datée de et imprimée i Rome. Viennent ensuit très-rares opuscules d'Améric Vespuce lettres de Cortès, quelques recueils de ^ ges, en latin et en allemand, devenus < excessive rareté.
On aurait pu désirer que les titres ouvrages fussent accompagnés de notes détaillées; on pourrait aussi meniic quelques ouvrages qui ne figurent pas cette liste; d^autres sont indiqués en anonymes, et cependant leurs auteurs connus : par exemple, le volume imprii Londres en 1644 : A short discoverù oj coast and continent of America, in^l^ ^ William Castell.
Il existe quelcjues autres ouvrages re h la bibliographie américaine ; le patriot local aux Etats-Unis, le goût très-pron( de divers bibliophiles européens pour anciens livres de ce genre ont fait si divers répertoires que M. Graesse a enr< très dans son Trésor, 1. 1, p. M7. En les géant dans l'ordre chronologique on Iroi Bibliothecœ Americanœ Primordia (par V quç Kennelt). Ce livre, en anglais, ma
BIB
DE BIBLIOLOGIE.
BIB
litre, est devenu rare, et il se paye cher à Ires.—Bibliotheea Americana, a Chronoal Catalogite ofbookt upon America.par orner, Londres, 1789, in-4. — Catalogue oks relating to America, par Rich, Loiu , 1832, in-8; s'arrête à Tannée 1700. — otheca americana, par T. B. Warden, r. 1840, in-8 (peu complet).
Trubner a publié à Londres, en 1858, un Bibliogmphical Guide to American \ture. On y trouve la liste des livrés imés aux Etals-Unis de 1817 à 1857. Le )gue rédigé en français par P. Troemel I Bibliothèque américaine, ou Collection ores précieux sur l'Amérique (de 1507 à I, en vente chez Brockhaus ^ Leipzig, e aussi d'être consulté.
lîothèque asiatîoue et africaine, ou Catalog^ie ivrages relatifs à TÂsIe elà T.^inque qui ont lepuisla découverlede rimprimerie jusqu'en Pans, 1844, in-8.; 279 p. et 2805 numéros.
catalogue succinct, rédigé par M. Ter- •Compans, comprend fort peu de notes, ois premiers ouvrages mentionnés sont n^e allemande ; la relation du séjour hildberger en Turquie et en Palestine , vers 1437), le voyaçe de Marco Polo, nberg, 1477, et celui de Ludolphe de m, 1477, in-4.
iograpbie japonaise, par Léon Pages, Parisp in-8*
catalogue commence avec les voyages irco Polo ; il indique un grand nombre ations écrites par les anciens missioni; il signale les articles relatifs au Japon 1rs dans divers recueils, tels que le al asiatique, le Bulletin de la Société fographie , etc. Indépendamment des ;es imprimés, l'auteur a également Dnné les manuscrits épars dans diverses Ihèques, et qui sont venus h sa connais-^
s le vaste domaine de la bibliographie ne, on peut signaler la Libreria de Doni, plusieurs fois réimpriméede 1550 t, et fort recherchée des amateurs, surcause des figures sur bois qui Tacignent et qui sont d'un vrai mérite, autres portraits d'écrivains célèbres, ^tinguera comme très-bien faits ceux ioste et de Bembo. La bibliographie des s chevaleresques, celle de la musique npriraée à cette époque, méritent une on spéciale. L'édition de 1558 est beauplus complète ({ue celle de 1550, et r, donnant une lisle d'ouvrages inédits, ;ette occasion pour annoncer beaucoup es qui n'ont jamais existé et dont les euls sont une satire. (Fo^^. le Catalogue na, t. V, p. 275, et Catalogue Libri,
iblioteca italiana de Haym a obtenu trs éditions; elle est encore utile quoiuvent peu exacte. L'édition de Milan, î, 4 vol. in-8, est assez bonne; celle i dans la même ville. 1803, 4 vol. in-8,. >as estimée.
On fait grand cas de la Biblioteca délia eloauenza itnlianadeJ. Fontanini, Venise 1753, 2 vol. in-4, surtout à cause des noies du savant Aposlolo Zeno qui l'acconipagnent.
Ce c|ui concerne la biographie et la bibliographie des auteurs italiens est traité très eu détail dans l'ouvrage du comte Mazzuchelli: GliScrittori d'Italia; mais ce travail entrepris dans des proportions hors de rapport avec les forces d'un seul homme, n'a point été terminé. Les deux volumes in-folio, publiés à Brescia, en 1753-63, ne contiennent que les lettres A et B.
Les traductions d'auteurs anciens qu'on a fait passer jusqu'au milieu du siècle dernier dans la langue italienne, ont été l'objet d'un long travail de Pàitoni : Biblioteca degli scritfort antichi greci e latini volgarizzali , 1766, 5 vol. in-fc.
Il existe deux autres ouvrages du même genre, moins étendus, mais l'un a été rédigé par un érudit judicieux [Traduttori italiani, 0 sin nolizia de* volgarizzamenti d*antichi scrittori latini e greci, par S. Maffei, 1720); l'autre est plus moderne, mais il ne s'occupe
3ue des auteurs grecs [Degli scrittori greci, elle italiane versione délie loro opère, par P. Frederici,1828, in-8'). Presque en même temps que l'ouvrage de Paitoni, il paraissait à Milan en 1767, 5 vol. in-4", une Biblioteca degli volgarizzatori 9 par F. Argelali.
Un bibliograpne instruit et fécond. Gamba, a conservé aux Testi di lingua, c'est-à-dire aux auteurs regardés comme classiques en Italie, un excellent catalogue raisonné, sous le titre de Série ; ce travail a reparu avec des additions de plus en plus considérables en 1828, et en 1839.
Un sujet tout spécial est traité dans l'ouvrage de S. Ciampi : Bibliografia critica délie antiche corrispondenze delV ïtalia colla Bussia, colla Polonia ed altre parti seplentrionali, Florence, 1834, 2 vol. in-8'»; U Biblioteca georgica de Lastri, Florence 1787, ne s'occupe que des ouvrages relatifs à l'agriculture.
Citons auàsi la Bibliografia délia Dalmazia e del Monténégro, Saggio di 6. Valentinelli, Zagabria ( AgramJ, 1856, in-B", vu et 339 pages. C'est un catalogue très-bien fait de tous les écrits publiés en toutes langues et dans tous les pays sur la Dalmatie et le Montenegfo, depuis 1500 jusqu'en 1855.CecataIogue s'étend même aux articles des journaux.
En fait de bibliographie se rapportant à des objets très-spéciaux, nous mentionnerons la Bibliographie seismique.
Ce travail de M. Alexis Perrey, professeur à la Faculté des sciences de Dijon et connu par ses savantes recherches sur les tremblements de terre, indique tous les ouvrages relatifs aux tremblements de terre, aux volcans et aux autres objets analogues. Cet inventaire, qui atteste les investigations les
Elus persévérantes, est rangé par ordre alphaétique, des noms d'auteurs. Il contient près de 1700 articles; malheureusement M. Ferrey a été^ par suite des limites qui lui étaient
•î BIB DICTIONNAIRE
imposées, forcé de retrancher toute remarque et toute annotation.
Les Lettres sur la profession d'avocat par Camus offrent une bibliographie intéressante des ouvrages de jurisprudence; la 4' édition augmentée et revue par M. Dupin afné, 1818, 2 vol. in-8% est un fort bon travail ; le titre IX est consacré au Droit canonique ou ecclésiastique ; il occupe les numéros 1C37 à 2040; les litres des ouvrages sont accompagnés d'indications bibliographiques que recommande leur exactitude. A la lin du premier volume on trouve une notice de 87 pagfîs, écrite par M. Dupin aîné et consacrée à quelques anciens livres de droit; il y est question des Assises de Jérusalem, des Lois anglo* normandes, publiées parflouanl, dasEtablissements de saint Louis, etc. Une section est consacrée h quelques livres singuliers, tels que Je Processus Satanœ contra D. Virginem eoram judice Jesu, attribué à Barthole, ou Processus Luciferi contra Jesum coram judice Saiomone, composé par Jacques deTheraiiio. et au Psalterium juste Utigantium.
Un bibliographe laborieux, M. Œtlinger,a inséré dans le Bulletin du bibliophile belge (fom. XllI, p. 107) une liste de 110 ouvrages différents formant ce qu'il appelle la Bibliographie du suicide, f^ plupart de ces écrits sont en latin ou en allemand. Parmi ceux
3ui sont écrits en langue française et classés ans l'ordre alphabétique des noms des auteurs, *^ous signalerons :
BIB
qui se rapportent aux études des diverses Dranches des sciences ecclésiastiques.
Iji bibliographie des ordres religieux a
été le sujet de nombreux ouvrages; nous
n avons pas besoin de rappeler ceux de Zi^
gelbauer, de dom Fran<;ois, de Le Cerf de
dom Tassin sur les Bénédictins, ceux d'AlU.
njurra et de Quétis sur les Dominicains, de
villiers de Saint-Etienne sur les Carmes à
Ziegelbauer sur les Camfldules, deVernzi
sur les Théatins, de Ribadeneira et de fr
bal ero sur les Jésuites, etc. Tous ces ouvrases
et bien d autres sont indiqués dans le ]fe
txonnaire de bibliographie catholique Nous
dirons seulement qu'on trouve dans le Sen
peum publié à Leipzig (1854. n- 4L de longs
détails sur les Annales Minorum de WaddÎK 1
(lelom. XXIi in-folio a paruà Naples en 1857" f
ouvrage rempli de renseignements bibliosn-
phiques. et dont Tauteur a aussi comwsé
un in-foho IBome, 1750} sur les Scripim
ordims Minorum, livre refondu et fort a»
plilié par le P. J.-F. de Saint-Anloine diK
n^n -iQ ''q '''? ^niversa francUcana, Madrid. 17J0-.J2, 3 vol. lo-fol.
Xln autre volume, publié en langue anglaise, I oirro aussi le modèle d une bibliogSpte ' spéciale fort exacte et fort soignée •
Buonafedc, Histoire crilique du suicide, traduit de ntalien. Pans, iSiO.
Ccllig îA), Du suicide. Mémoire couronné par I Académie de Besançon, Besançon, 4858.
Guillon (M. N. S), Entretien sur le suicide. Paru, an IX ; 1809, 1855.
Hauraniie (J. pu \erf^er de), Question royale Cl ses décisions, Paris, 1609.
La question disculée en ce dernier traité qui a fait du bruit, et que les bibliophilies recherchent encore, est d'examiner en quelle extrémité, le sujet pourrait être obligé de conserver la vie du prince aux dépens de la scienne. Cet ouvrage provoqua un \if débat lors de son apparition ; ilindique 34 circonstances dans lesquelles on pourrait se tuer s;ins crime. C'est un jeu d'esprit, une plaisanterie de rhéteur. Voy. Barbier, Dictionnatre des anonymes ; du Roure , A nalectabi- Olion, t. II, p. 133; Sainte-Beuve, Port-Boml t. I, p. 290. ^ *
Les livres imprimés en Angleterre aux frais de riches amateurs et non destinés au commerce sont assez nombreux pour avoir fourni matière à un gros volume de J. Martin: Btbliographical catalogue of books privatelv Printed, Londres 1834, in.8^ Une seconde édition augmentée a paru en 185i.. {Voy, des extraits empruntés à la première édition dans
Terminons cet aperçu nécessairement trop rapide en disant quelques mots d'ouvrages
^H»lii,gra|»hicaland hisloricalEssayon Uiedild Imoks aiid pamphlets relating lo New NeiberiiW .nid 10 ihedulch Wesl-ïndia Company, and^bTdi l Mî maps. cbarls, etc., compiled froin the dslcb public and privaie libraries and chiefly from tht collection of Fr. Muller, Amsterdaml i«5.^ cinq parties, 10-4.; la sixième n'a pas paru.
nJ^'r"*^'^ ?'"'''^?^' parH.-B. Ludewig,tfi ^ •^^ûA..™'^ *^^"^ '<^ commerce et n'a éUi tiré qu h 200 exemplaires. Il ne concerne dÏÏ leurs qu une partie du nouveau monde :
The Literalureof American local-hîsiory abibhographical essay, New-Yor\L, 1856, in-g.
Nous ne devons pas omettre la Biblioihiimt tacrée, grecque-latine, comprenant le iabUou chronologique, biographique et bibliograpkh que des auteurs inspirés et des auteurs eectéstastiques, depuis Moïse jusquà saint Tho-
principaux ouvrages consacrés à la^cience des JivTes, M. Nodier observe avec raison ou une bibliographie universelle, commp. celle de De Bure ou comme le Manuel du libraire quelque utiles et précieux que soient eu ouvrages sous divers rapports, ont cependant des Juconvénients.-.Enibrasser l'ensemble im-
îïî''r??.x**®^.'"''"!' recherchés pour des motifi d utilité, d agrément, de luxe, de capriïï de curiosité d'extravagance, c'est sacri^ aans le passé à toutes les aberrations delà raison humaine, et ne rien faire pour l'aveanir. C est un travail que tous les jours mofliuent, que toutes les annt'es renouvellent et qui. au bout d'un laps de temps sufljMn! pour imprimer une nouvelle impulsion «i
BIB
DE BIBLIOLOGIE.
goût, et pour prêter un nouvel aspect à la littérature et aux sciences, n*A guère plus d*importance qu'un almanacb. Pour satisialre nux désirs toujours renaissants, à l'avidité toujours plus impatiente de Tamateur, il faut que le Manuel de Tamateur en suive toutes les vicissitudes, en prévienne toutes les fantaisies, en assouvisse tous les besoins. La meilleure des bibliographies rédigée d'après ce plan, ne sera donc qu'un vaste recueil de matériaux curieux pour un ouvrage toujours à faire, dont l'édition la plus perfectionnée ne peut jamais ôtre déGnitive, tant qu*on fera des livres.»
M. Nodier montre ensuite de quelle utilité serait une bibliographie spéciale des Classiques anciens. Ce plan dont le cadre est tracé d'avance n'est pas exposé à tomber dans le vague où vont s'ensevelir toutes les bibliographies générales et qu'elles ne sauraient éviter. Les titres des classiques sont renfermés dans un temps accompli et conQrmés I)ar une opinion non équivoque, celle d'une ongue postérité oui a déjà existé pour eux. Si quelque riche découverte, dans des bibliothèques déjà bien explorées, fait découvrir auelqu'une de ces merveilles de l'antiquité ont quatre siècles ont déjà déploré la perte; 5i de nouveaux progrès de la critique font découvrir sur des textes mieux connus des éclaircissements plus satisfaisants; si la typo-
Î;raphie redouble de splendeur pour embellir es chefs-d'œuvre de I esprit humain, le petit nombre d'additions qui deviendront nécessaires par suite de ces heureux événements, se classeront naturellement «nux époques naturelles de réimpression qu'il est permis d'avoir en vue dans les publications d'un livre utile, dont toutes les générations senti*ront de plus en plus la nécessité.
Mais ce travail a encore paru trop étendu, et M. Nodier explique qu'il a dû se contenter de \a Bibliothèque sacrée^ que deux savants italiens avaient jointe à une traduction publiée à Venise en 1793, de la Bibliothique des classiques grecs et latins d'Harwood, ouvrage aujourd'hui arriéré et devenu inutile. L'auteur français ne s'est pas borné à une traduction, il a fait la part de la critique presque nulle dans l'ouvrage italien ; il a voulu « exprimer l'opinion que le goût a déjà exprimée dans les écrits des meilleurs juges, que le temps a mûrie et que des siècles irrécusables ont consacrée. »
Quant à Torc^ro chonologique, M. Nodier l'a conservé parce qu'il lui a semblé admirablement entendu pour faire parcourir à Vesprit dans Vordre successif de leur développement tous Us progrès d une littérature et d*une histoire, et que c'est le seul qui convienne à une bibliographie philosophique dans la saine acception de ce mot.
Du reste cette bibliographie n'est nullement complète et n'a pas la prétention de l'être.. « Le devoir du oibliographe spécial, c'est l'exactitude; le plus ou le rooms est do peu de conséquence en pareil cas, quand
on n'a pas eu le malheur d'omettre ou do né}j;]iger le plus utile ou le meilleur. U y a plus: tel ouvrage qui ne serait pas parfait encore pour les savants, pourrait être chargé déjà de trop d'érudition inutile pour les étudiants, pour les théologiens pratiques, pour les amateurs sans prétentions, pour la plus grande partie des libraires et pour presque tout ce qu'il y a de lecteurs uarmi les gens du monde. C'est pour celte classe immense que nous écrivons, parce qu'elle représente seule à nos yeux l'intérêt des besoins raisonnables et des bonnes éludes. »
BIBLIOMANE. — Définissons ce que signifie exactement ce mot. Un écrivain fécond et instruit, qfli a rendu populaire le nom du bibliophile Jacob, s'est chargé de nous faire savoir ce qu'il fallait penser à cet égard.
<f Le bibliomane , bien différent du bibliographe, ne s'attache qu'à certains livres curieux, rares et chers, qu'il ne connaîtra jamais qu'en dehors, si vous voulez, mais qu'il léçuera un jour à des dépositaires non moins religieux, qui ne dissiperont pas ce trésor. C'est une sorte d'avarice qui s'affiche au Heu de se cacher, et qui tient dans ses mains une sorte de propriété nationale des monuments intellectuels et typographiques, la plupart enlevés à l'oubli et à la destruction. Le bibliomane est le dragon du jardin des Hespérides.
«Il y a des bibliomanes de toute espèce; les fous ne sont pas plus variés, et bien des bibliomanes pourraient compter parmi les fous. L'un ne rêve qu'Elzévirs, et surtout EIzévirs non rognés, dont la marge se mesure au compas; l'autre n'estime des livres que l'habit, et se montre docte en fait de reliure, ne confondant jamais Padeloup et Derome, se pâmant d'aise à lorgner un filet et une nervure; celui-ci naye autant que des chevaux anglais ces Dagalelles imprimées qui n'ont de mérite que leur rareté et leur bêtise; celui-là s'identifie en quelque façon avec un auteur favori, dont il pourchasse les moindres pièces fugitives.
« En général , chaque bibliomane a son genre, sa fantaisie : tel passera cinquante ans à ramasser tout ce qui concerne la révolution, tout ce qui touche aux sciences occultes, les éditions princeps, les pièces de théâtre, les facéties, toute matière spéciale enfin qui puisse faire collection.»
L'académicien Nodier, qui porta au plus haut degré l'amour des livres, se trouvait sur son terrain lorsqu'il retraça « l'innocent bonheur du bibliomane , bonheur qui repose sur des puérilités charmantes, dont il ne faut pas se moquer. Malheur à l'homme au cœur sec qui lui disputerait celte joie, surtout quand il n'en a plus d'autre 1 C'est quelque circonstance singulière, ordinairement matérielle,, qui recommande les livres précieux au ca« price et à l'afi'ection des amateurs : l'antiquité de l'impression, la beauté des caractères, la réputation du typographe, l'ampleur ou le choix du papier, la pureté de la conservetioa
BIB
BIB
des exemplaires, Télégance ou ia somptuosité des reliures.
« La manie joue un grand rôle, sans doute, dans le goût qui préside à la formation des bibliothèques de ce genre , mais uue manie éclairée, quelquefois savante, et toujours conservatrice, à laquelle nous avons l'obligation de posséder les merveilleux monuments de notre vieille littérature. D'ailleurs, une manie n'est pas le signe d'une organisation Tulçaire, quand elle s'attache aux produits de l'intelligence et du génie. C'est une touchante , et noble , et respectable préoccupalion des esprits distingues.
« Pour comprendre le bibliomane, il faut avoir vu le vénérable Boulard longer les quais été comme hiver, gelée ou soleil, analyser d'un coup d'œil l'étalage d'un bouquiniste, et tirer la perle du fumier en homme qui sait la valeur de la perle, puis le soir rentrer dans son vaste sérail de livres pour débarrasser ses poches gonflées de leur butin journalier. »
Nous pourrions citer bien des traits dç bibliomame. tels que des prix excessifs payés pour certains livres très-rares sans doute, mais sans utilité réelle. Ces faits se trouveront signalés dans d'autres portions de ce Dictionnaire.
Un. des bibliomanes les plus fervents du siècle dernier fut un auteur oublié de nos jours, et malheureusement connu un instant par suite de ses opinions irréligieuses. Naigeon fut toute sa vie passionné pour les beaux livres, et il avait rassemblé une bibliothèque de classiques grecs et latins, non pas la plus nombreuse, mais la plus éminemment belle de toutes celles que des particuliers aient formées en France. Il poussait , à cet égard, sa manie à un point excessif. Une ligne de marge, un maroquin un peu plus brillant le faisaient pâlir et frémir d'aise quand le livre lui appartenait , de chagrin et de mécontentement, quand un autre en était l'heureux possesseur. Chez lui, nul n'avait le droit d'ouvrir un livre. Morose et peu accessible, si parfois il vous faisait la ^âce de vous montrer ses raretés littéraires, il tirait les volumes de leur place, les ouvrait lui-même, vous faisait considérer leurs belles marges, l'élégance de leurs reliures, la manière dont ils étaient battus. Si vous vouliez prendre le livre pour le mieux considérer, ou plutôt si, par courtoisie, vous vouliez
1 'oindre quelques témoignages d'admiration i l'enthousiasme de la sienne, il était rare qu'il vous donnât la faculté de palper ces
Ïrécieux joyaux, tant il craignait qu'on ne risât le dos de quelque volume.
Un poète du temps a dit de cet amateur : « Naigeon si renommé pour sa bibliothèque dont, le pied à la main, on sait qu'il fit l'achat. »
Et une note ajoute : « Tout le monde sait que Naigeon n'arrive jamais chez un libraire ou dans une vente de livres que son pied à la main. S'il manque à Texemplaire qu'il déisire acheter un cinquantième de ligne, à la marge d'en haut ou d'en bas, il le rejette
comme indigne d'entrer, dans sft bibliothèque. »
Un aulre amateur dont nous repiH*lerons, Randon de Boisset, avait une bibliothèque double : l'une formée des plus belles éditions, il les respectait au point de ne jamais les ouvrir , il lui suffisait de les avoir et de les montrer; l'autre, formée d'éditions communes qu'il lisait, qu'il prêtait, qu'on maniait tant qu'on voulait.
Parmi les bibliomanes modernes les plus remarquables, il faut distinguer Richard Héber, le particulier qui a possédé le plus de livres et qui, achetant des Dibliothèçiues entières dans des villes où il ne mit jamais le fied, les laissait fermées et intactes ; mais, l'article Catalogue, l'occasion se présenter! de parler avec détail de cet amateur eiceatrique et passionné.
BIBLIOPHILE. — Nous allons retracer d abord, d'après des peintres habiles, le portrait du bibliophile ; nous signalerons ensuite quelques-uns des personnages qui, à diverses époques, se sont fait remarquer pv leur amour pour les livres. Nous n*en motionnerons (railleurs qu'un fort petit nombre, parce qu'il faut nécessairement se borner, sous peine de remplir des pages innombrables, à mentionner quelques exemples, et parce qu'à l'article Catalogue^ nous indiquerons une foule de bibliothèques dont la création atteste chez leurs possesseurs ua goût décidé pour les livres.
Nous empruntons à la Revue européenm un passage c|ui sort de la plume d*un ami des livres qui en a édité un grand nombre et qui, dans les instants de loisir que lui laissait un commerce actif, s'est occupe avec zèle de recherches bibliographiques.
« L'amateur de livres a des iarrçts d*acter, des yeux de lynx. Son regard involontairement inquisiteur voit tout ; sa main distraite touche à tout.
« Il parvient à un âge très-avancé. C'e^t un fait incontestable et tout naturel : le moyen de mourir lorsqu'on laisserait dans sa collection une lacune importante.
« Il y a diverses sortes d'amateurs.
ff L'amateur utile s'attache ordinairement aux objets de prix. Plein de bienveillance, il communique volontiers aux hommes d*étude les trésors qu'il a rassemblés.
« Pour 1 amateur égoïste , posséder est beaucoup, mais priver les autres de ce qu*îl
f)ossède est beaucoup plus encore. Ses colections sont protégées par de triples serrures dont il a toujours perdu la clef.
« Le brocanteur est celui qui* sous le nom d'amateur, fait une rude concurrence aux marchands. Il fréquente habituellement les étalages en plein vent, les boutiques des petits marchands. On le voit dans les ventes; on le rencontre en province et môme à l'étranger. Méfiez-vous de lui. Il vous vendra fort cher des curiosités de pacotille et des doubles défectueux.
« Le connaisseur est habituellement un amateur purement théoric^ue. Il n*a point de collection à lui, mais il connaît à uier-
DE BIBUOLOOIE.
BIB
Teille le fort et le faible des collections d*autrui. 9
Un article inséré au mois de septembre 1859 dans la Revue des Deux-Mondes et sorti de la plume de M. Laboulaye, membre de rinstitut et jurisconsulte habile , renferme des considérations ingénieusement exprimées et qui rentrent dans Tobjet que nous avons en vue :
« De toutes les folies qui peuvent mener un honnête homme à Charenton et même ailleurs, la plus innocente, à mon ^é, c'est la manie des livres. Paris est rempli de graves personnages qui sont entichés de ce vice incurable, toujours prêts à condamner les erreurs d'autrui pour glorifier leur propre faiblesse, et d'autant plus malades qu'ils se croient plus sensés.
« Voyez-vous cette aimable figure qui avance vers nous? C'est le prince des imprimeurs, un éditeur tout dévoué à la science, un philologue excellent, le dernier successeur des Esliennes, mais aujourd'hui ne lui parlez ni d'Aristote, ni de Thucydide; on vend à Londres une collection lylographique; le télégraphe ne lui a pas encore appris s'il a enfin le trésor qu'il convoite depuis tant d'années. Vous connaissez sa riche bibliothèque; il vous a fait admirer le Décor puellarum^ avec la date de 1461, le chefd'œuvre de Nicolas Jenson ; il vous a permis de toucher le Tetcrdannck de 1517, la gloire de Nuremberg ; à force d'argent et de peines, il a réuni les premiers et rudes essais de l'imprimerie naissante ; il vous a montré la Bible des Pauvres, le Donal, les Lettres d'indulgence de Sixte IV, mais il lui manque le Plàneten Buch, sans date, le premier de tous les almanachs. Si on lui enlève aux enchères ces six feuilles de papier noirci qui, vers Tan 1460, charmaient les bonnes gens de Mayence, comment voulez-vous qu'il achève sa grande histoire de l'imprimerie?...
«c La plupart des amateurs s'enferment dans un cercle étroit pour y régner seuls. Les uns, comme Renouard et Butler, ne recherchent que les Aides ; les autres, comme M. Motteley , n'ont qu'une idée, c'est de composer leur bibliothèque avec le catalogue des Elzéviers. Celui-ci n'estime que les incunables, un livre daté de 1500 na déjà plus de prix h ses yeux ; celui-ci ne reçoit chez lui que Shakespeare; un troisième ne connaît que Dante ou Boccace. Autant de curieux, autant de manies...
ff Les bibliophiles sont un peuple jaloux ; trop souvent quand ils ont payé au poids de l'or quelque volume unique ou inconnu, ils l'enferment à double clef, ne le lisent guère, ne le montrent jamais et ne s'en séparent qu'en mourant.
« Ne soyons cependant pas cruels pour ces amateurs qui accueillent ce qu'emporte le temps et qui nous gardent ainsi les reliques du passé ; en faveur des services qu'ils noUs rendent , pardonnons-leur une innocente manie. L'amour des livres, dira-l-on, n'a rien de commun avec Tamour des lettres. Cela n'est vrai que de quelques ignorants qui
d'un livre ne connaissent et n'estiment que la peau; le bibliophile digne de ce nom est celui qui sait choisir également le livre et la reliure. Les anciens trouvaient la vertu même
flus gracieuse quand ils la trouvaient, unie la beauté, et il ne serait pas permis d'aimer mieux la morale et l'éloquence sous une enveloppe élégante 1 Enfants, on nous ùlH admirer Alexandre enfermant VJliade dans la riche cassette de Darius, et plus tard on nous reprochera le luxe d'un Cicér-on en maroquin!»
Les ingénieuses réflexions de M. Laboulaye sont provoquées par le catalogue de M. Lîbri.
11 évite tout ce qui, de près ou de loin, pourrait réveiller de tristes souvenirs, et il ajoute :
Chez M. Libri ce n'est pas sagesse Ha sagesse est une vertu qui ne loge guère chez les bibliophiles), c'est tout simplement qu'une passion plus haute le domine et l'emporte, la passion du rare et du beau dans tous les genres. Il lui faut des Aides, mais en vélin ; des EIzéviers, mais en papier bleu; des Dante» mais en manuscrit. C est là son ambition, c'est là ce qui en fait un connaisseur à part et cependant envié de tous.
ff Au plus fort de la fièvre qui remporte, 'I reste toujours homme de lettres, e*est là son originalité. Tout le plaisir pour lui est dans la découverte. Une fois maître d'un volume précieux, il le décrit, le catalogue et le vend. On dirait qu'il a hâte de remettre en circu-* lalion cette richesse perdue et d'appeler tout le monde à en jouir.
«ffest là ce qui fait le prix des catalogues qu'il publie. Ce n'est pas, comme de coutume, une sèche nomenclature, un nom d'auteur, une date d'impression qui ne disent rien qu'aux adeptes ; ce sont des notes succinctes, mais qui toutes contiennent quelques détails inconnus sur l'auteur, sur l'im- I)rimeur, sur le livre. Ainsi conçu, le eataogue prend place dans l'histoire littéraire; c'est une création originale et qui reste. M. Libri donne l'histoire du volume qu'il a dans la main, car ce volume a un passe.
« Il en est des exemplaires d'un même ouvrage comme des hommes d'une même génération; ils n'ont ni la même vie, ni la même fortune. La foule disparait dans l'ombre ; quelques privilégiés surnagent, et leur nom triomphe du temps. Le grand papier, le vélin, les belles reliures, voilà pour les livres une noblesse de race ; les exemplaires historiques représentent la noblesse acquise; c'est le mérite parvenu. Cette plaquette in-4 que vous rencontrez dans le catalogue de M. Libri, c'est la première édition d'Athalie, corrigée de la main de Racine ; ce maroquin rouge avec des fers dorés, ce sont les Satires de Hoileau, avec un envoi autographe.
« Voici un manuscritde musique, le seul livre connu de la bibliothèque deCromwelK Voilà VOffice de la Vierge Marie, dont se servait Marguerite de Valois. Dans la possession de CCS beaux livres, n'y a-t-il qu'un Blaisir de vanité, une satisfaction puérile? 'est-ce pas, au contraire, un sentiment na-
blfi
DJCTIONNAIRB
BIB
turel qui nous attache à tou ce qui reste de ceui que nous admirons ou que nous 4iimons ?
«Les vrais bibliophiles voient, sentent, devinent ce qu'un œil vulgaire -n'apercevra jamais. Toujours h Taffût, toujours prêts, lien ne leur échappe ; pour eux tout est occasion et succès. Jour et nuit, on étudie ces catalogues allemands, français, italiens, anglais, qui maintenant vont chercher des acheteurs par toute l'Europe. Pour les bibliophi- /es à la suite un' livre n'a de prix qu'autant qu'il en est question dans le Manuel du iioraire. Tout ce que le Manuel n'a pas anobli, n'est qu'une plèbe roturière qu'on ne regarde même pas. Au contraire, c est dans cette poussière dédaignée que s'enfonce le véritable amatnur. Il examine, il compare, il vériGe les dates, il compte les feuilles, il mesure la hauteur des pages. Voici les comédies-ballets qu'a composées Molière, et à côté du Bourgeois gentilhomme^ le Ballet dea fêtes de BacchuSf qui a échappé à tous les éditeurs; voilh, h la date de 1670, deux exemplaires des Pensées de Pascal, qui n'ont pas le môme nombre de pages, par conséquent, deux éditions qui se disputent la priorité. Et alors, entendez-vous ce cri de joie 2ui retentit en longs échos dans le catalog\ie? et Aide inconnu à Renouard, cet incunable inconnu à Panzer, ce roman de chevalerie inconnu à Melzi,cette vieille musique inconnue h Fétis, voilà de ces jouissances qui font oublier toutes les peines... 11 faut, avec M. Libri, que les bibliophiles perdent leurs plus chères illusions; il sait trouver deux ou trois doubles d'ouvrages prétendus uniques. Avec ce terrible chercheur, Texemplaire unique n'est plus qu'une chimère à laquelle il faut renoncer. »
Un académicien, un littérateur ingénieux, qui était passionné pour les beaux livres, et que nous aurons l'occasion de nommer assez souvent dans le cours de notre Dictionnaire, Ch. Nodier, a plusieurs fois retracé les traits de la famille a laquelle il appartenait si bien.
« Le bibliophile, a-t-il dit, occupe le premier rang dans la spirituelle et capricieuse tribu des amateurs de livres, espèce qui se subdivise en nombreuses variétés.
« Le bibliophile est un homme doué de quelque esprit et de quelaue goût qui prend (jlaisir aux œuvres du génie, de l'imagination et du sentiment. Il aime celte muette conversation des grands esprits qui n'exige pas de frais de réciprocité, que l'on commence où l'on veut, que l'on quitte sans impolitesse, qu'on renoue sans se rendre importun ; et de l'amour de cet auteur absent dont TartiQce de l'écriture lui a rendu le ian-
f;age, il est arrivé sans s'en apercevoir à 'amour du symbole matériel qui le représente. 11 aime le livre et il se platt k orner ce qu'il aime. Il se ferait scrupule de laisser le volume précieux qui a comblé son cœur de jouissances si pures sous les tristes livrées de ia misère, quand il peut lui accorder le luxe du tabis et du maix)quin. Sa bibliothè-
que resplendit de dentelles d'or, et par apparence extérieure elle-même, ses 1 sont dignes des regards des consuls, que le souhaitait Virgile.
«c Alexandre était bibliophile. Quand If toire eut placé dans ses mains les r cassettes de Darius, il pouvait y renfe les plus rares trésors de la Perse. Il y d^ les œuvres d'Homère.
« Autrefois les roisétaienl bibliophiles. h leurs soins que nous devons tant de nuscrits inestimables, dont une munific éclairée multipliait les copies. Les b livres de François I" porteront aussi que ses monuments, la renommée de salamandres. Les volumes qui ont appai à Anne d'Autriche, font encore, par chaste et noble élégance, les délices connaisseurs.
« Les grands seigneurs et les gens noi de l'Rtat se conformaient au goût du verain. Il y avait alors autant d'opuh bibliothèques que de familles à écusson:
« Le bibliophile de nos jours ne se tr plus dans ces classes élevées de la soe c'est le savant, le littérateur, l'artiste, l€ tit propriétaire à modiques ressources se désennuie dans le commerce des livr l'insipidité du commerce des hommes qu'un goût déplacé peut-être moins îi cent, console plus ou moins de la Aiu: de nos autres affections. Mais ce n'est lui qui pourra former dlmportantes co tions, et trop heureux, hélas I si ses ; mourants s'arrêtent encore un momeD la sienne, trop heureux s'il laisse ce fi héritage à ses enfants!
« L'opposé du bibliophile, c'est le bîl phobe. Les grands seigneurs de la politi de la banque, les grands hommes d'Etat grands hommes de lettres sont généralui bibliophobes. A l'avis du bibliophobe, ce qui n'est pas brochure est déjà houq le bibliophobe ne tolère sur les tablettes gligées de son cabinet que le papier qui et les pages qui maculent, sauf à se débai ser de ce fatras de chiffons humides, ti stérile de quelques muses att'amées, e les mains du colporteur qui les paye au sous du poids.
« Il est une espèce de bibliophobe au on peut pardonner sa brutale antipathie tre les livres; c'est l'homme sage, senj et peu cultivé, qui lésa pris en horreur | l'abus qu*on en fait et pour le mal q font.
«;Ce qui distingue le bibliophile, c'e!
goût, ce tact ingénieux et délicat qui s plique à tout et qui donne un charme ii primable à la vie. On oserait garantir ha ment qu'un bibliophile est un homme à
f)rès heureux, ou qui sait ce qu'il fau< aire pour l'être.
« Ije bibliophile sait choisir ses livres bibliomane les entasse. Le bibliophile j le livre aux livres après l'avoir soumis à tft les investigations oe ses sens et de sop ii ligence ; le bibliomane entasse les livre uns sur les autres sans ks rcgnnio.r. Li
BIB