‹ Dictionnaire de bibliographie catholique, présentant l'indication et les titres complets de tous les ouvrages qui ont été publiés dans les trois langues grecque, latine et française, depuis la naissance du christianisme, en tous pays, mais principalement en France, pour et sur le catholicisme, avec les divers renseignements bibliographiques qui peuvent en donner l'idée la plus complèteChapitre 18 sur 137 · CHAPITRE IL — Bibliothèques du uoyen agb · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL — Bibliothèques du uoyen agb

Saint Louis établit une bibliothèçiue h la Sainte- Chapelle; il la rendit accessible aux savants , aux professeurs , aux étudiants môme ; elle fut très-utile à Vincent de Beauvais, et on aurait lieu de croire qu'elle était très-riche, si Ton pouvait supposer qu*elle contînt tous les livres cités, extraits, copiés par cet auteur dans les guatre parties de sa compilation encyclopédique. Mais Vincent avait visité plusieurs autres dépôts de manuscrits, particulièrement celui de Saint- Martin de Tournay. La bibliothèque de saint Louis est en France, peui-ôlre en Europe, le premier exemple d'une bibliothèque publinue ; ce n'est pourtant pas le germe de la bibliothèque Royale ; car saint Louis, par son testament, décomposa cette collection modique, en la repartissant entre les Franciscains, l'abbaye de Royaumont et les Jacobins tant de Paris que de Compiègne. On ne découvre aucun dépôt semblable sous Philippe III, et il n'est pas certain que celui qu'avait commencé Philippe IV se «»oit conservé après sa mort. Du reste, les autres .princes chrétiens n'en possédaient encore aucun dont l'histoire fasse mention. C'était toujours dans les monastères que s'entretenaient et s'enrichissaient des bibliothèques proprement dites. 11 reste des traces multipliées du zèle qui régnait à cet égard. Nous nous bornerons à citer les Dommicains de Toulouse, qui se construisirent une librairie qu'ils ouvraient aux autres ecclésiastiques île celle ville, tant séculiers que réguliers. Les soins è prendre pour reiitreticu et l'aug-

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DE BIBLIOLOGIE.

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inentation de ces dépôts sont prescrits dans les actes des chapitres que les religieux de cet ordre tinrent à Paris en 1239, è Toulouse en 1268. Le xm' siècle offre un grand nombre d'exemi»les de legs faits par des prélats ou d'autres personnes, legs qui attestent que beaucoup d'hommes lettrés avaient des bibliothèques parliculières. Le nécrologe de Sainte-Geneviève indique en détail les Bibles, les psautiers, les ouvrages Ihéologiques , les traités de médecine, et spécialement ceux d'Avicenne, donnés à cette abbaye dans le cours de ce siècle par labbé Odon, par des chanoines réguliers et par d'autres bienfaiteurs. On aperçoit dès ces mômes temps l'origine de la bibliothèque de la Sorbonne. Le P. Echard a publié une notice des legs qui. avant 1301, avaient successivement contribué à la former. Le catalogue des mille volumes qui la composaient fut rédigé en 1292. On a conservé celui que , trois ou quatre ans auparavant, les religieux du Val-des- Ecoliers avaientfait de leurs propres livres, dont le nombre était de trois cents.

Au xiV siècle, Charles V plaça dans une tour du Louvre une bibliothèque, dont le catalogue, rédigé par Gilles Mallet, présente neuf cents articles environ. Les faits relatifs h cet établissement sont relatés dans une dissertation de Boivin, Mémoires de VAcadé- . mie des Inscriptions, t. 1, et dans YEssai sur la Bihliothè(me du Roi, par Le Prince.

A Texeeption d'un Tite-Live, d'un Valère Maxime, d'un Lucain, d'un Boèce, des versions latines d'Euclide et de Ptolemée, tous les articles du catalogue de 1373 sont des ouvrages composés ou traduits en langue vulgaire.

Quelques mots sur les collections de livres que possédaient de célèbres maisons religieuses fourniront un spécimen de ce qu'on peut dire à l'égard des bibliothèques du moyen Âge.

La célèbre abbaye de Corbie (Corbeia nova)^ fondée vers 820, répandit la foi et l'instruction dans une grande partie de l'Allemagne. Le vieux cnroniqueur Dithmar l'appelle la mire des communautés voisines, l'ornement de la patrie et la merveille de toute la Germanie. D'illustres apôtres en sortirent et civilisèrent des nations barbares; mais nous avons ici à nous occuper de sa bibliothèque. Il en est fait mention dans les Annales antiqui Corbeienses que Leibnitz a imprimées dans le second volume des Scriptores rerum Brunsvicensium; on constate que de nombreux bienfaiteurs se plaisaient a l'enrichir. A la lin du XI* siècle, l'abbé Marcherart stipula que chacjue novice, en faisant sa profession, Jonnerait un livre {ut quivis nomtius in die professionis suœ etiam librum donaret Bibliothecœ utilem et alicujus pretii),

(25) Ces brefs ont été imprimés pour la première fois dans le Dictionnaire historiaue de Bayle. Le Pape dit que les cinq livres de Tacite avaient éié dérobés à la bibliotliéque de Corbie (ftir/o substracti Imssenl), ei qu*après avoir passé dans bien des inains, ils sont venus dans les siennes (fer muUas manus ad nostras tandem pervenissent); il envoie en

On possède un catalogue d<3 la bibliotbè-

aue de cette abbaye telle qu'elle était à la (in u XI* ou au coninicncenient du xii* siècle. Cet inventaire, après avoir figuré dans les collections de De Thou, de Vanden Putten et de Meerman, a passé dans le cabinet de sir Thomas Phillips, qui l'a fait imprimer à petit nombre; M. Edwards l'a inséré dans ses Memoirs of libraries , t. I, p. 239 ; il est rangé par ordre alphabétique, et il signale 326 ouvrages divers, plus, viginti et qu€Uuor libri sine titulis. Les Pères de l'Eglise en forment la majeure partie ; saint Augustin y figure pour trente-neuf ouvrages différents, saint Ambroise pour huit.

Ce catalogue est remarquable à la fois pour ce qu'il contient et pour ce qu'on n'v trouve pas. Une partie de la réputation fittéraire de l'abbaye de Corbie repose sur l'assertion souvent répétée que ce fut dans ce monastère qu'Angelo Arciraboldi (plus lard archevêque de Milan) découvrit les cinq premiers livres des Annales de Tacite et les apporta au pape Léon X. Le catalogue dont nous parlons ne fait mention d'aucun Tacite, mais en présence des brefs du Pape Léon X, adressés à l'archevêque de Mayence, Albert, deux ans après la publication des Annales faite par Philippe Béroalde, breCs destinés à engager d'autres communautés religieuses à rechercher si , comme celle de Corbie, elles ne posséderaient uas des manuscrits de Tacite qu'elles céderaient ou du moins qu'elles prêteraient au Pape , afin que les récits de l'illustre historien fussent mis au jour ; en présence, disons-nous» de ces pièces officielles (25), on ne peut douter (jue ce ne fût de Corbie que provint cet inestimable manuscrit. On a mis, il est vrai, quelqiies arguments en avant pour prouver que aétait de Tabbaye de Fulde qu'il sortait. La bibliothèque de Corbie souffrit beaucoup à l'époque de la Réforme ; un assez grand nomore de manuscrits en sortirent et passèrent à Wolfenbuttel ; elle conservait cependant une certaine importance, lors(]ue,

f)ar suite de la sécularisation des monastères, e roi de Westphalie en fit, en 1811, don à l'Université de Marbourg. Un catalogue dressé vers la fin du siècle dernier, énumerait 109 volumes différents, contenant 400 à 500 ouvrages; vingt-cinq de ces manuscrits seulement sont entrés dans la bibliothèque de Marbourg. Le reste a été dispersé. Renvoyons pour plus amples détails au Serapeum, t. lll, p. 99-110, et à l'ouvrage déjè cité de M. Edwards, 1. 1, p. 250-259.

L'abbave de Reichenau , située dans une lie du Rnin et qui remonte à Tan 724, commença de bonne heure à avoir une bibliothèque; on possède quatre catalogues différents dressés dans le cours du ix' siècle. Le

échange aux religieux de Corbie un volume de Tacite correctumet impressumac etiamnon inordinatê ligatum, et il ajoute: Et ut cognoscerent ex ea sub" stractione potius esse commodum quant incommodum ortum, mihimus eisdem pro ccclesia monasterii corum indulgentiam perpétuant.

xV siècle : les ouvrages i*elalifs à Thisloire (l'Angleterre sont assez nombreux, et parmi les composilions historiques, nous remarquons Laus Francorum, Panio Francorum 8€eundum Flandrenses, Gesla Alexandri Ifo- ^t (six exemplaires). Les romans ou poèmes de chevalerie sont de môme en cerlain nombre, et tous en français ; on y trouve Milles et Amyt, les Ditz des sept sages, les Quatre fils Aymon, Lancelot, Perceval le Gallois^ le roi Arthur, etc.

York était en rivalité avec Cantorbéry sous le rapport des richesses littéraires; Alcuin vante, dans un de ses poèmes, l'étendue des ressources qu'il y t rou va pour se livrer à l'élude. L'abbé Biscop , premier directeur de l'abbaye de Wearmouih , n'épargna rien pour réunir un grand nombre de livres. Bède dit qu'il fit cinq fois le voyage de Rome (terrible entï'eprise à cette époque), et que, chaque fois, il rapporta quantité d'ouvrages précieux. Au moment de sa mort , survenue en 690 , il donna des instructions spéciales pour la conservation de la collection qui lui avait coûté tant de ta{i^es.(BibliothecamquamdeRoma nobilissimam utilissimamque advexerat, ad instructionetn Ecclesiœ necessariam sollicite servari integram , nec per incuriam fœdari , ant passim dissipari , prœcepit, Bède.) Son successeur Céolfrid céaa toutefois un volume au roi Alfred , qui , en revanche , lit don au monastère de terres d'une grande étendue. Si c'était un tort , Céolfrid le répara n(H blement; il travailla avec tant d'ardeur k augmenter la bibliothèque, qu'à sa mort il la laissa presque double de ce qu'il! 'avait trou* vée. Malheureusement, vers l'an 867, le monastère fut saccagé par les Danois.

U existe encore un catalogue de la bibliothèque du couvent de Whitby (rédigé vers 11 80) .M. Edwards l'a inséré, t. I, p. 109; les Pères et les Vies des saints en forment la majeure partie. En fait de classiques, on re-' marque Cicero de Amicilia , de Senectute, Homère, JuvénsI, Perse, Prudence, Platon {liber P/a^onû), Sedulus, Stace et hsÉucoliciB (de Virgile peut-être).

Une chronique du monastère de Glastonbury a également conservé l'inventaire des livres que possédait cette communauté en

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1248 ; les écrits bibliques, les classiques sont irombreux ; on y distmgue quelques traités de médecine.

Le couvent de Croyland avait réuni , en 1091, près de 700 volumes grands et petits, qu'un incendie lit disparaître.

Le catalogue de la bibliothèque de Peterborough, dressé à la fin du xiv siècle , a été publié par Gunton dans son Historv of the Church of Peterborough (Londres, 1686 , infolio) , et réimprimé dans le Serapeum. Les codices étaient au nombre de 344; chacun d'eux, suivant l'usage, renfermait divers ouvrages dont les sujets n'étaient pas toiyours iie même nature; ces ouvrages arrivent à un chiffre total de 1695. L'histoire ecclésiastique et les poètes latins sont nombreux. Edwards a dressé, t. I, p. 116, une liste de près de ao ouvrages , que Benoit ; abbé de

PetertK)rough et secrétaire de saint Thoi Becket » avait fait transcrire pour enric la collection de son couvent.

Les catalogues de la bibliothèque du & vent des Bénédictins de Durham ont

[)ubliés parmi les ouvrages qu'a mis au j e Surtees club , une de ces associations bibliophiles nombreuses en Angleterre dont nous parlerons ailleursavecquelque tail. Ces catalogues sont au nombre de st le premier est daté de 1391 , le dernier 1416 ; un d'eux est sans date et parait le ] ancien de tous. Les Pères grecs» dont il n d'ailleurs que des traductions latines , i plus nombreux que de coutume. On remai j)lusieurs copies de la Vulgate. Les aut< latins, les poètes latins du moyen Age : assez nombreux, mais il n'y a pas un fK)ème de chevalerie en langue moderne

Nous avons assez parlé des collect formées par les Bénédictins, il est maintei h propos de dire quelques mots de et qu'au moyen âge d autres ordres relig se plurent à former.

Celles des Franciscains paraissent avoî de l'importance; l'évoque ae Durham, Ricl de Bury, parle, dans son Philobiblon, du que ces moines mettaient à se procurei précieux manuscrits. On sait que les couv de cet ordre, à Londres et à Oxford, avi des collections considérables.

Parmi les bibliothèques formées par Dominicains, on distinguait celle de Si Jean et Saint-Paul à Venise. Montfauco visita en 1698 , et il indique les manus qui fixèrent le plus son attention. Nui remarquons, entre autres codices grecs, Orationes d'Aristide , xi* siècle , Thucyd w siècle, Vies de Plutarque, xir siècle, lybe, Pindare et autres auteurs transcrits César Strategus, qui parait avoir été un scribes qu'employait Laurent de Médicis 1789, ce couvent fut supprimé, et la pçrande partie des manuscrits qu'il conte furent déposés dans la bibliothèque de Si Marc.

On possède un catalogue sans date d bibliothèque du couvent desjCordeliers d nebe.rg en Saxe. En 1558, ce monastère sécularisé, et ses livres déposés à l'école d neberg. Ce catalogue publié par Kdwi t. I, p. 310, contient les titres d'une cinqi taine d'ouvrages. Les poètes latins y fisu avec honneur. U n'y en a aucun dans le talogue des Frères Mineurs d'Orchatz dr en 1541 et conservé à Vienne ; tout y théologie ou droit canon. [Voir Edward 312.)

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