L. Ouvrages relatifs an Wurtemberg
Ouvrages.
La bibliothèque s*accrott de près de 2,000 volumes par an ; un fonds de 9,000 florins est affecté à ses acquisitions. Le prêt au dehors s'exerce avec activité en faveur des professeurs et des étudiants de TUniversité.
Nous connaissons un travail sur les livres qui remontent aux origines de Timprimerie, et qui existent dans cette bibliothèque ; il est de J.-D. Reuss : Description (en allemand) des livres publiés de liBS à 1477, qui se trouvent dans la bibliothèque de V Université de Tubinquct Tubingue, 1780, in-8.
Une des bibliolhèaues les pins importantes de rAllemagn(?est celle de Wolfenbuttel, dans Je duché de Brunswick. Elle doit son origine au duc Auguste le Jeune, qui, en 1604, commença à rassembler des livres dans son château dHitzacker. En 1636, cette collection fut transportée h Brunswick, et en 1644, elle fut dirigée sur Wolfenbuttel, où, en 1743, un édifice spécial fut construit pour la recevoir. Elle s'es« accrue au point de posséder aujourd'hui plus de 200,000 volumes et 10,000 manuscrits.
Le collège Carolin à Brunswick et le Gymnase ont aussi des collections d'une certaine importance.
une notice de M. Helbig, insérée dans le Bulletin du bibliophile belge, t. VII, p. 358, renferme des détails étendus sur la bibliothèque de Darmstadt.
Toutes les branches des connaissances humaines sont noblement représentées dans cette collection; la classe de l'histoire dans toute son étendue et la législation des peuples anciens et modernes sont surtout fort riches.
Les littératures des diverses nations y ont une large place, et peu de bibliothèques en Espagne sont assurément aussi riches en anciennes productions littéraires do leur pays.
Les manuscrits de la bibliothèque de la
cathédrale de Cologne, au nombre de 207, ont passé dans la bibliothèque de Darmstadt. Ils sont l'objet d'un procès que le gouvernement prussien a intenté à celui de Hesse- Darmstadt, procès qui dure depuis des années et ne parait pas près de linir. Un savant jésuite, llatzheim, avait publié en 1752 un catalogue de ces manuscrits.
Parmi les livres imprimés que possède la bibliothèque dont nous parlons, on peutsi-
fnaler la Biblia Pauperum; le Psautier de 457 ; le Catholicon de 1460 ; la Bible de 1462; un fort bel exemplaire du VocabiUarium ex aiio, imprimé avec les caractères de Gutembergà Ettvil en 1469 ;le TheuerdanckdeYem-^ pereurMaximilien, édition originale sur vélin; Quelques romans de chevalerie en français; aiverses éditions du Romancero espagnol; une collection curieuse de livres et ae pam-
Îhlets, concernant la révolution de Liège en 788 ; une grande partie d'entre eux, en langue allemande, est fort rare et à peine connue. Placée dans le château des grands-ducsi la bibliothèque est ouverte tous les jours (sauf les dimanches), de neuf heures à midi» de deux h quatre.
Un des conservateurs, M. Walther, a» dans un opuscule publié h Darmstadt en 1849 (Einige Cimelten der Hofbibliothek. ..J bit connaître les principales raretés que renferme cette belle collection.
La bibliothèque d'Oldenbourff, peu visitée par les étrangers, est digne d attention.
En 1790, le duc d'Oldenbourg, Pierre-Frédéric, acheta pour la somme de 24,000 éciis la bibliothèque du docteur Brander de Hanovre ; elle était composée de près de 82,0M volumes, et il fut stipulé que le vendeur s\îii réservait l'usufruit ; il mourut l'année suivante. Le duc se donna beaucoup de peine ponr enrichir sa bibliothèque ; il acheta, en 1792, la collection du pasteur Nieuman, riche en ouvrages sur Oldenbourg, et plus tard il fit l'acquisition des livres de droit qu'avait rassemblésà Kiel le savant Trendelenburg (4,010 volumes). En 1811, il fallut recourir h une vente simulée, afin de mettre la bibliothèque à l'abri des séquestres qui la menaçaient. Li ruse réussit, et lorsque, après la chute de l'empire français, le duc rentra dans ses Etats, il retrouva ses collections intactes, et put continuer à donner ses soins à leur accroissement. En 1819, il conclut un arran-
fem'ent avec la Société de lecture jttridiqus tablieàOldenbourg, pour se charger, è moitié {)rix, des ouvrages qu'elle aurait achetés et ait circuler; il assigna à la bibliothèque le produit de quelques publications officielles et administratives (y4nnuatre, recueil dTordonnâmes, etc.), et il acheta au docteur Granbcrgsa bibliothèque, composée de 5,912 volumes.
Le successeur de ce prince bibliophile, le duc Auguste-Paul, marcha sur les mêmes traces; il fit des acquisitions considérables, organisa un système d'échanges pour les doubles , se rendit possesseur de la bibliothèque du professeur de théologie, Boe-
DE BTBLI0L06IE.
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très-riche sous le rapport de Texégèse ue.
Hbliothèque d*Olclenbourg contient, ditn ce moment 66,000 volumes environ; volumes renferment une collection de le 20,000 opuscules de jurisprudence, ivenu annuel est de 3,386 écus; de celte e, 1,800 écus sont atlectés à des achats, blic est admis tous les jours, et les livres frétés, moyennant de sages règlements, cunables sont nombreux dans cette coln, et son conservateur, le docteur Merzen a fait le sujet d'un catalogue spécial, i en 1850 et en 18ô2, dans le Serapeum tipzig. Des détails un peu arriérés, il ai, sur la bibliothèque d*OIdp.nbourg, se 3nt dans l'ouvrage de L.-W.-Ch. von 1 : Bibliographische Unterhaltungen^ B. 1795, in-8.
nous dirigeant vers le nord de l'Aline, nous trouverons, dans le duché de îin, la bibliothèque de TUniversilé de fondée en 16tl5, et qui est arrivée à der plus de 85,000 volumes. On n'en s que 15,000 à la bibliothèque du gymd'Altona : l'extrême proximité de cette ivec Hambourg remédie à cette f)énu- ^ autres collections se trouvent à Wismar Neu-Strelitz.
bibliothèaue royale de Hanovre fut fonvers 1660 par le duc Jean-Frédéric.
ut successivement augmentée par d'im* ntes acquisitions, notamment en 17 16, achat de la bibliothèque et des manusde Leibnitz. La corresfiondance de cet 16 célèbre est très-considérable, et elle jà dcmné lieu à diverses publications.
fiUii Epistolœ adJ, À.Schmid, ex auto»
ïiê edidit G. Veesenmeyer, Norimbergœ, in-8; Commerça epiitoUci Leibnitiani a «pecimtna, edidit J. H. Feder, Hano- 1805, in-8.
croit que la bibliothèque de VCnivere Bostock fut fondée en 1552, énoque [uelle le duc Jean-Albert de MecKleml acheta à Francfort une collection de ;. Elle resta toutefois sans importance l'à la fin du xwii* siècle, époque oii Fut incorporée avec la collection de
0 volumes environ, que les princes de' lembourg avaient donnés à 1 Université letzow, établissement qui dura peu. En
, un orientaliste laborieux, le professeur
sen, légua à la bibliothèque sa collec-
qui fut d'abord conservée à part, mais
1 incorpora dans la suite, commencement de 1844, la bibliothè-
parait avoir contenu 45,000 volumes, *e qu'augmenta sensiblement l'acqui- I, faite le 20 janvier de cette année, de ortante collection formée par le docteur imorer, et riche surtout pour l'histoire )ur la jurisprudence du Mecklembourg.
collection fut placée dans un local culier, et, conformément aux intentions onateur, le catalogue en a été imprimé. rivons è Stralsund ; la bibliothèque muale de cette ville date de 1709, époque Ue reçut la collection peu nombreuse,
mais précieuse, du chambellan Henningdève, lequel légua aussi une rente pour son entretien. En 1716, cette bibliothèque, qui con tenait alors 4,363 volumes, fut ouverte au
Eublic. Dix ans après, elle s'accrut sensilement, grâce au zèle du syndic J.-E. Charisius, qui v consacra en \m an 5,000 écus; le nombre des ouvr/^ges fut ainsi porté à 6,599, sans parler de 3,000 opuscules. Dans le course du XVIII' siècle, on reçut la collection du comte Othon von Lowen (2,300 volumes), les livres appartenant à la Société anglaise (réunion d amateurs formée, vers 1750, pour cultiver la langue ^t la littérature de l'Angleterre), et quelques petites bibliothèaues appartenant à des églises. De nos jours, les bibliothèques des docteurs Mohnike et Bencke, consacrées spécialement aux livres d'hymnes, à l'histoire de la Scandinavie et à celle de la Poméranie, ont donné de l'importance à la bibliothèque de Stralsund; elle compte 25,000 volumes environ, et jouit d'une allocation annuelle destinée à des achats.
La bibliothèque de Gottingue fut fondée en 1734, à la même époque (jue cette Université destinée à devenir bientôt fameuse» et que le roi d'Angleterre, Georges II, soutint avec énergie. Grâce à une administration intelligente et à un zèle persévérant, cette bibliothèque est devenue une des plus importantes ae l'Allemagne. Elle compte près de 350,000 volumes imprimés et 3,000 manuscrits, et il en est peu qui soient de nature à rendre plus de services, en raison de l'utilité et du bon choix des ouvrages qu'elle renferme.
Le célèbre philologue Heyne hii a rendu les plus grands services. En 1763, il fut chargé de son administration, et il s'y dévoua avec ardeur. Elle possédait déjà 50 h 60,000 volumes ; il n'éparsna rien pendant un demisiècle pour l'enrichir; il visa h Tutilité plutôt 3\xk l'éclat, et s'attacha à avoir des livres emandés par les hommes d'étude plutôt que des raretés ou des ouvrages de luxe : à sa mort, survenue en 1812, il avait élevé la collection à 200,000 volumes environ.
Heyne eut pour successeur Reuss, et ensuite Beneck, l'un et l'autre administrateurs capables et dévoués. Diverses bibliothèques particulières, parmi lesquelles celle de l'historien Heeren mérite d'être signalée, sont venues se fondre dans cette vaste réunion.
On suit encore, pour le catalogue, le système adopté par Heyne ; il entraîne du travail, mais il se recommande par sa clarté. Il existe de fait quatre catalogues. Tout ouvraçe entré est enregistré dans un journal ou son titre est indiqué succinctement avec la date de l'entrée. Un Catalogue des acquisitions est établi chaque année; il forme quatre volumes, consacrés, l'un à la théologie, l'autre à' la jurisprudence, un troisième aux sciences historiques, un dernier enfin aux autres branches des connaissances humaines.
Ces divers catalogues sont plus spécialement affectés à l'usage des employés de la bibliothèque; deux autres sont pour les lecteurs. L'un est un répertoire alphabétique oà
chaque ouvrage figure au nom de son auteur, s*il est indiqué ou connu, ou bien ie premier mot du titre est enregistré si l'auteur est ignoré. EnPin, ie Hvre est porté à un catalogue systématique, d*aprës le sujet dont il traite.
Grâce à ces catalogues toujours tenus à jour arec beaucoup de régularité, on sait à Vinstant si tel ouvrage de tel auteur se trouve dans la bibliothèciue, et Ton peut connaître aussi quels sont les livres que la bibliothèque possède sur tel ou tel sujet.
La bibliothèque de la ville de Francfort est installée dans un édifice élégant qui donne sur la rivière. Elle renferme 80,000 volumes et un millier de manuscrits. Il n'a pas été publié de catalogue depuis 1728, mais il existe (le bons catalogues manuscrits. Le crédit annuel, porté au budget de la ville, est de 5,200 florins.
La fondation de cette bibliothèque remonte à Tan 1484, date où un legs fut fait par Louis de Marbourg. A Tépoque de la réforme, les livres des couvents supprimés et ceui du chapitre de la cathédrale furent saisis. La bibliothèque est riche surtout en fait d'ouvrages relatifs à l'histoire d'Allemagne. Le bâtiment où elle est logée est t^ité pour ses bonnesdispositions. Le Serapeum en a publié un plan en 1849. Un catalogue en latin, rédigé par ordre alphabétique et partagé en dix sections, a été mis au jour par J.-J. Lucius, en 1728, in-4. Il est trop arriéré pour pouvoir être utile.
Dans le grand-duché de Bade, on rencontre l'importante bibliothèque d'Heidelberg, dont l'histoire est assez curieuse. Fondée dès 1386 par l'électeur palatin Rupert U, elle s'augmenta rapidement, et fut, en 1443, placée dans un édifice construit pour la recevoir. Les livres des couvents supprimés à l'époque de la réformation , vinrent lui procurer des renforts nombreux, et telle fut son étendue
au'un érudit célèbre, Joseph Scaliger, la éclara au-dessus de la bibliothèque du Vatican. Mais lorsque Tilly s'empara d'Heidelberg en 1622, cette riche collection fut offerte au pape Grégoire XV par le duc de Bavière ; tous les manuscrits et on grand nombre d'imprimés furent transportés à Rome et placés au Vatican. Une bibliothèque nouvelle fut formée, mais elle souffrit beaucoup des ravages que, vers la fin du xvii* siècle, les Français exercèrent dans le Palatinat. Peu de temps après, l'électeur Jean-Guillaume acheta les collections du savant Grœvius, et fonda à Heidelberg une troisième bibliothèque qui s'accrut considérablement. Après la chute de l'empire, en 1815, une partie des manuscrits qui étaient à Rome, depuis près de deux siècles, furent restitués à Heidelberg où l'on compte auiourd'hui plus de 100,000 volumes et un millier de manuscrits.
La biblidthèque de Fribourg fondée au xiv* siècle s'est enrichie d'une façon notable en recevant la collection que possédait le monastère de Sainl-Blaise dans la Forêt-Noire. On l'évalue aujourd'hui à plus de 80,000 volumes, et c'est aussi à peu près le chiffre
de la bibliothèque de Carlsruhe» créée par le margrave Charles Frédéric» et ouverte en
Le lycée de Manheira possède une collection de 20,000 volumes environ.
La Bavièi*e possède un grand nombre de bibliothèques importantes. La bibliothèoue royale et centrale de Munich est une des plus remarquables de l'Allemagne. Elle fut fondée par le duc Albert V, qui réunit aux livres qu'il avait fait acheter en Italie diverses collections considérables. Au xvii* siècle, le duc Maximilien se préoccu()a avec zèle de l'agraodir; il fit l'acquisition des livres du saram Muller, et il l'enrichit de tous les ouvrages oui firent partie du butin acquis à la Bavière autant la guerre de Trente ans.
Sous le règne du roi MaximilienJoseph, c'est-à-dire vers le commencement du siècle actuel, la bibliothèque de Munich acquit une importance extraordinaire; des collections de couvents supprimés, celles de divers établissements ecclésiastiques lui furent réunies; d'autres collections importantes formées par divers savants (Cobres, Schreber, Lippert, von Mollsche) furent acquises et vinrent se fondre avec elle. On évalue maintenant son avoir à 700,000 volumes tout au moins, et à 17,000 manuscrits. £lle est particulièrement riche en incunables et en monuments de la typographie primitive.rrout récemment elle a fait l'emplette des collections de M. Etienne Quatremère ; nous en reparlerons.
Depuis 1784, la bibliothèque de Munich était dans le collège des Jésuites ; mais le local étant devenu insuffisant, le roi Louis a fait bâtir un édifice nouveau pour la recevoir.
Les manuscrits de ce vaste dépôt sont au nombre de 22,000; parmi eux se trouvent quelques superbes manuscrits bibliques du VIII* et du IX* siècle, un Evangéliaire et un Missel, (lue l'empereur Henri II donna k la cathédrale deBamberg, vers l'an 1000 (ce dernier volume, orné de miniatures, est revêtu d'un couvercle décoré de sculptures d'ivoire); on cite aussi une très-belle copie des sept psaumes de la Pénitence, avec des notes de musique, écrites par Roland de Lassus. Les manuscrits hébreux sont très^précieux et nombreux; sous ce rapport, la DibliclhèquA de Munich ne le cède point a celle de Leyde et d'Oxford, puisqu'elle possède 313 eodicei, quelques-uns d'entre eux contenant quinze ou vinçt ouvrages différents. La base de cette collection provient de l'achat aue fit le duc de Bavière, Albert V, des livres ae J.-A, Widmannstad, orientaliste du xvi* siècle.
Lorsqu'au commencement de ce siècle» les volumes provenant des bibliothèques des couvents, arrivèrent en masse, le conservateur en chef, baron d'Aretin, pour dresser un catalogue, adopta des mesures qui ne réussirent que médiocrement. Il trouva sans peine des travailleurs qui s'engagèrent à lever des titres à un prix des plus minimes pour chaque carte. Ils fournirent 150 à 200 cartes par jour, mais elles étaient pleines d'erreurs» ou incomplè-
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tes, et celte masse de manuscrits n'a pu être utilisée (33).
Feu M. de Reiffenbei^, conservateur de la bibliothèque de Bruxelles, et polygraphe infatigable, a, dans la relation d'un voyage en Aliemagne, donné une description intéressante de la bibliothèque de Munich , gigantesque édifice élevé par un architecte célèbre, H. Gaertner. On a choisi le slyie des palais italiens du moyen âge, st.vle un peu massif, mais plein de uignité et très-convenable à un dépôt scieutitique. La façade a 520 pieds de long; ses deux étages, de 85 pieds de hauteur, s'élèvent au-dessus du rez-de-chaussée, solidement voûté et destiné aux archives; 72 fenêtres, trois grands portails formés en demi-cercle, un large double escalier avec des statues colossales, un couronnement djchromatique , ornent cette façade. Elle est entièrement en briques ; la brique, habituée à tromper les yeux, y joue à merveille la pierre de taille et en a presi]ue la solidité, grftce au ciment de chaux hydraulique dont elle est recouverte. Au dedans, la décoration est riante; le bkueLleblanc, couleurs royales, v dominent.
Parcourir les soixante-trois salles où s'étaleront les livres est un véritable voyage; pour l'abréger le plus possible, pour rendre le service prompt et facile en dépit de Tcspace, M. Lichtenthaler, directeur de la bibliothè-
3ue, bien que contrarié quelquefois par les ispositions de l'architecture, a imaginé les dispositions les plus ingénieuses : communications, galeries, couloirs, rayons, buffets, tables, tout a été calculé avec un soin infini; tout a sa raison, sa mesure.
Ce beau monument, entièrement terminé, aura coûté 1,200,000 florins. Les Etats trouvèrent la somme un peu foile , et se seraient contentés d'une seuie aile; mais on leur fit comprendre que plus de 800,000 volumes imprimés, une masse énorme de dissertations et de brochures, et des milliers de manuscrits, ne pouvaient s'empiler comme dans un magasin.
Parmi les manuscrits les plus précieux, on peut citer le Codex S. Emmerani ou le Codex aureuâ^ écrit à Saint- Denis, près Paris, par deux frères moines, à Téponue de Charles le Chauve. L'empereur Arnoul le donna h l'abbé de Saint-Emmeran de Ifalisbonne. Il contient les Evangiles et un portrait de Charles le Chauve. La reliure est en lames d'or ornées de pierres précieuses. Il existe sur ce codex une dissertation spéciale de P.-C. Sanll, imprimée à Ratisbonne en 1786.
Les Evangéliaires abondent. Il y en a un
écrit au v' siècle par un copiste appelé Valenanus. Le Breviarium Alarici, avec des notes tironiennes , remonte è la même époque. Un Ëvangéliaire du ix* siècle est sur parchemin pourpre, avec des lettres d'or et d'argent.
Les livres d'église provenant de la cathédrale de Ramberg se distinguent par la richesse de leurs couvertures en ivoire sculpté ou chargé d'orfèvrerie. Une traduction latine de Dioscoride, en écriture lombarde et ornée de figures de plantes, appartient au thi* siècle.
Parmi les mss. ^cs, on remarque des Evangiles du vni' siècle, un Psautier et un Thucydide du xi*.
En passant aux monuments typographiques, on a devant soi des ouvrages xylogra- Î biques d'une rareté extrême : le Psautier de 457, le Kationale de 1459, la Bible de 1462, livres qui, pour Je matériel de l'exécution, sont supérieurs à beaucoup de productions modernes, et qui montrent que Vart, à son berceau , avait atteint une perfection remarquable.
N'oublions pas un livre de prières en grands et beaux caractères, sur les marges duquel Albert Durer a jeté une proftision de figures charmantes; le tout dessiné à la plume, vers 1515, a été récemment reproduit par la lithographie.
Indiquons aussi, au sujet de la bibliothèque de Munich , une notice curieuse de M. Vallet de Viriviiie, dans ÏAthenœum français (1" décembre 1855).
«L'édifice est grandiose; il se composera deux étages. La salle de lecture, assez exiguë, occupe un emplacement à peu près central; le reste se répartit en une suite de salles carrées, qui se répètent et se commandent, au nombre de soixante-dix-sept; elles communiquent entre elles par des galeries et par des escaliers multipliés. Les mesures ont été calculées de telle sorte que les livres se trouvent partout à portée de main d'homme, ))rogrès à noter sur un barbare système d'échelles. »
Les livres de la bibliothèque de Munich sont répartis en douze classes; chacune a un nombre très-variable de sous-classes : il y en a trois pour la philosophie, quarante pour l'histoire. Toutes les désignalions sont en . latin : Historia univer salis; Mappœ; Gallica revolutiOf etc.
Parmi les plus précieux trésors de la bibliothèque de Munich, on remarque un hvre de prières exécuté en 1514 pour l'em-
(33) Parmi les ouvrages relatifs à la bibliolhèiiae de Munich, on peut citer ÏEssai historique et littéraire (en allemand) de G. Sieigenberger sur Corigiue et le développement de la hmiothèque électorah de Munich, 1784, in-4; TOrfllto prononcée eu 1790, le jour de Touverture de la biblioibéque par son directeur G.-S. de Roccalini ; les Bemerkungem„. Observations de Olh. Frank sur les manuscrits orientaux conservés à la bibliothèque de MuiikA, Munich, 4814. in-8. Un ralalogue étendu des mannscrils grecs a ëié public par ign. Ilardi,. .lfo- ' ^ i j8Qi-t^ 5 lomea in 4.
Un bibliographe zélc que nous venons de nommer, J. Ghr. von Ârelin, a analysé beaucoup de livres rares et de manuscrits de la bibliolhèaue de Munich dans ses Bcytraeqe zur Ceschichte and litte* ratur, Munich. 1805-1807, \) vol. iii-8. Observons aussi que et tte bibliothèque a reçu la collection du naturaliste Cobres, collection riche eu ouvrages (un peu vieillis, il est vrai) sur Thistoire naturelle, et à regard desquels on trouve des détails intéressants dans les Dehciœ Cobresianœ, Aug. Vindcl. 178^, 2 vol. in-S.
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pereur Maximilien. C'est un in-4 où l'on •dmire de page en page une cinquantaine de dessins originaux exécutés au trait, en encres ou liqueurs verte, bleue ou jaune, mais toujours monochromes ou en camaïeu; ils attestent une hardiesse et une fermeté de main prodigieuses. Une partie du livre est de la main d*Albert Durer; les derniers feuillets sont de Lucas Cranach. L'exemplaire de la bibliothèque de Munich est incomplet; on n'en connaît que deux qui soient complets : l'un est au Musée britannique, l'autre fait partie de la belle collection typographique de M. Â.-J. Didot. Ce savant a inséré iaûs YAthenœum du 8 décembre une notice intéressante sur ce beau volume ; il parait qu'il ne fut tiré qu à dix exemplaires. Les caractères sont d'un gothique très-élégant, parfaitement gravés, et n'ont , à ce qu'on prétend , jamais servi ailleurs. Afin d'imiter l'écriture, certaines lettres, au haut et au bas des pages, forment des traits figurant les jeux de la plum'e, mais employés avec sobriété, tandis qu'ils le sont avec profusion dans le Teurdannckh, autre ouvrage imprimé par ordre de Maximilien, et dont nous parlons ailleurs.
L'ancienne et célèbre cité d'Augsbourg, jadis ville impériale et libre, aujourd'hui incorporée à la Bavière, possède une bibliothèque qui a, comme tant d'autres, pour origine les couvents de la ville et des environs, abandonnés ou supprimés au xvr siècle. Ils furent réunis dans le monastère des Dominicains; en 1562, la ville fit bâtir, pour les recevoir, un local où ils sont encore.
En 1545, on fit l'achat, moyennant 800 ducats, de 126 ouvrages grecs, manuscrits rassemblés par Antoine Ëparchus, évèque de Coreyre; en 1614, un legs important eut lieu, celui'dela bibliothèque de Marc Welser, contenant 2000 volumes. Avant de rendre ce service à la ville d'Augsbourg, Welser avait voulu faire connaître les trésors qu'elle possédait en fait de manuscrits; il avait établi une imprimerie pour en publier les catalo-
§ues, et déjà il avait fait paraître celui qu'avait ressé Uoeschel des codices grœci. Mais la mort vint arrêter l'exécution de ce projet.
Dans le cours du xvni* siècle, la bibliothèque s'accrut par l'acquisition des livres de médecine des docteurs Schroeckh et Wilsh, par l'achat de diverses collections, par Tad-
i onction des ouvrages qui avaient été conservés i la Chancellerie et au Sénat. Cette période de prospérité fut arrètéelorsque, après la cession à la Bavière de la ville libre d'Augsbourg en 1806, les livres les plus précieux furent transportés à Munich. On estime à plus de 20,000 florins la valeur des ouvrages que perdit la bibliothèaue d'Augsbourg. On laissa aussi tomber en désuétude l'usage établi depuis l'an 1745, et qui imposait à chaque imprimeur d'Augsbourg l'oblisation de faire don d'un exemplaire de tout livre sorti de ses
fresses, usage qui, d'ailleurs, fut rétabli en 829 par l'initiative des libraires et des imprimeurs eux-mêmes.
On chercha cependant à compenser les
pertes éprouvées, et près de 43,000 Tolumes,
t)rovenanldes couvents supprimés, furent, en 811, versés dans la bibliothèque municipale. Les livres des Jésuites, parmi lesquels figurait la collection d'un savant célèbre au il vr siècle, Conrad Peutinger, avait déjà été incorporée. En 1817, en 1835, d'autres bibliothèques de divers couvents furent également réunies. De temps à autre on fit des ventes de doubles, et 1 argent qui en provenait servit à des acquisitions.
Aqjourd'hui la bibliothèque d'Augsbours comprend plus de 100,000 volumes et 400 manuscrits. Le conservateur actuel, 6.-C. Mezger, en a publié l'histoire en 1842, in-8 {Geschichte der Kreiz-und Stadt-Bibliothek in Àugsburg). Un catalogue bien suranné avait été publié par C. Henisch, grâce aux soins de David Hoeschel, en 1600, in-folio. 11 lut suivi d'un autre, rédigé par £Iie Ehinger. 1633, in-folio. Un catalogue des manuscrits
frecs, dû à A. -M. Munçer, avait paru dès 575, in-4. Citons aussi les écrits de H.-A. Mertens : Diatribe I et II de cimeliis bibliothecœ Àugustanœ, Aug. Vind. 1775-76yin-ful.
Augsbourg peut montrer aussi la bibliothèque de l'école de Sainte-Anne, et celle de la cathédrale. Le couvent ae Saint-Ulrich et Sainte- Afre possédait jadis une collection im-
Î>ortante, qui est entrée en grande partie daos a bibliothèque royale de Munich.
La bibliothèque d'Erlangen a de l'importance; elle doit son origine à la générosité du margrave de Bayreutn, Frédéric, qui, en 1743 , fit don à l'université de sa bibliothèaue particulière. La margrAvine Frédérique-âophie-Wiihelmine et d'autres personnes suivirent cet exemple. Plus tard, la bibliothèque du couvent d'Heilbron et celle du margrave Frédéric-Christian, qui était à Neustadt, vinrent s'v ioindre. Enfin, Ërlangen s*est enrichi de la bibliothèque du château d'Anspach et de celle de l'université d'Alldorf : de sorte qu'on y trouve aujourd'hui plus de 100,000 volumes et de 1,000 manuscnts.
L'université de Wurzbourg avait jadis une bibliothèque, qui, conquise par les Suédois durant la guerre de Trente ans, fut transportée à Upsal. Celle que possède aujourabui cette ville a été créée depuis ; l'électeur Jean- Philippe 11 donna, en 1716, à l'université, des collections intéressantes, et plusieurs év6ques se sont occupés avec zèle d'augmenter en ce genre les ressources de Wurzbourg.
L'université de Landshut possède une bibUothèque de 100,000 volumes. D'autres viUes de la Bavière renferment également descoUeolions de livres dignes d'attention. A Bayreuth, on trouve la bibliothèque du Gymnase; à Uof, celle du Collège, fondée en 1591, et qui, vers le milieu du siècle dernier, fut grandement augmentée par le recteur Longolius. A Schweinfurih, une bibliothèque importante se trouve à l'hôtel de ville; une autre au g\uinase. A Œttingen est une bibliothèque fondée en 1619; à Nordlingen, il y en a une autre, que le bourguemestro Guillaume Prozer créa eu 1490. Les petites villes de Rothendiourg,
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DE BIBLÎ0L06IB.
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