CHAPITRE YIII.— Bibliothèques des Pats-Bas
§ I. — Hollande,
La bibliothèque publi(|ue d'Amsterdam est riche en livres anciens, surtout dans la classe de la théologie, mais les ouvrages modernes sont rares. Il n'y a en tout que 4,000 volumes environ et 88 manuscrits, selon les rapports sur les bibliothèques publiques adressés au ministère anglais. Un catalogue avait été publié en 1796 ; un autre plus récent a été rédigé par le conservateur P.-A. Tiele.
L'Académie des sciences d'Amsterdam possède une bibliothèque bien plus nombreuse QUB celle de la Ville. Elle est surtout bien fournie en ce qui concerne l'histoire des Pays-Bas et les travaux des sociétés savantes; la littérature orientale est aussi assez bien pourvue.
La bibliothèque de l'Université de Leyde est signalée comme la plus remarquable de celles que possède la Hollande. Elle reçut de bonne heure les collections de Holmann etdeVossius. Joseph Scaliger lui donna 208 manuscrits orientaux : la famille Riemersmann lui fil donation de 16,000 florins. Parmi les imprimés on trouve les Justiniani Instilutiones, 1468, et V Apulée de la môme date, tous deux sur vélin ; on possède aussi un exemplaire de la Bible imprimée en hollandais et en russe par ordre de Pierre le Grand (Amsterdam, 1721, 5 vol. in-fol.), et devenue trèsrare, la plupart des eiemolaires ayant péri en mer.
La bibliothèque royale è La Haye est importante; elle contient des manuscrits cuneux et une importante collection d'incunables, lesquels ont été l'objet d'un travail spécial, sur lequel nous reviendrons dans un autre article.
La bibliothèque de La Haye ne remonte pas au delà d'un demi-siècle, mais elle comprend les livres qui appartinrent aux stathouders, la bibliothèque des états généraux et qufîlques collections particulières. On remarque aujourd'hui une réunion de 700 volumes environ, imprimés par les EIzéviers, et près de 1,500 volumes antérieurs à 1500 (un tiers d'entre eux mis au jour en Hollande).
Une collection fort curieuse de pamphlets relatifs à l'histoire de Hollande, est appelée
célèbre, M. Wrstergaard, a publié, en 1846. le catalogue des Codicei orientales bibliothccœ regiœ Uau^ niœ^ in-4, cl il avait mis au jour un iravaii sur les Codices Indiei bibliothecœ UnivenUatit, Une Des^ eriplion des manuscriu français du moyen âge conservés à la bibliothèque royale, est sôrlic,cn 1844, de \à plume de M. Âbrabaiiis.
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DICTIONNATRE
Bibliothfca Duncantana^ du nom de Tancien propriétaire. On montre aux voyageurs anglais une Bible qui a appartenu au roi Guillaume III, et qui porte de la main de la reine Marie une ligne attestant que ce volume fut donné au couple royal lors du couronnement.
Parmi les manuscrits, qui sont au nombre de près de 2,000, on distingue un bel Evangdliaire du x' siècle, qui appartenail jadis à l'abbaye d'Egraont, une longue suite de manuscrits liturgiques ou de dévotion, avec de superbes miniatures, et des recueils curieux pour la littérature et Thistoire de la France. On trouvera des détails étendus à cet égard et des citations intéressantes dans un ouvrage de M. A. Jubina), Lettres à M. le comte Salvandy, sur la bibliothèque Royale de La Haye, 1846, in-8.
La bibliothèque d'Utrecht remonte à la fin du XVI* siècle. £n 1581, un ordre du conseil municipal ordonna la réunion des livres des couvents. Lorsque VAthénée fut, en 1636, converti en une Université, la collection de livres acquit plus d'importance.
Il existe des catalogues imprimés en 1670, en 1718 et en 1834-35. Ce dernier, rédigé par ordre alphabétique, remplit deux volumes in-folio. Le nombredes imprimés cstde80,000 volumes environ ; celui des manuscrits de 860 ; il y a un eatalo^e manuscrit de ces derniers, redise avec som. Ces Codices n'offrent pas d'ailleurs, en général, un grand intérêt ; la plupart se rattachent aux études universitaires, ou à rhistoire ecclésiastique de la IIol- . lande. On distingue une copie des Evangiles en grec, qui remonte au ix* siècle et qui est connue sous le nom de Codex Borelianus, et un Psautier latin, encore plus ancien et orné de dessins curieux.
Parmi les volumes imprimés, on trouve un très-beau volume imprimé sur penu vélin à Paris, par WolfgangHopyl en 1515, Missate Trajecteme cotnplectis mùUis missis votivis nunqtuim antea impressis : il n*est pas indiqué dans le catalogue spécial, que l'infatigable bibliographe Van Praet a dressé des ouvrages imprimés sur vélin, et c'est une preuve que cet exemplaire est unique.
L'ancienne bibliothèque de la ville deDeIft a été négligée, et il n*en reste que des débris. La bibliothèque de Franecker était riche en ouvrages hébreux, lorsque dans la première moitié du xvii* siècle, les éludes oibliuues étaient, dans cette ville, l'objet des etlorts de divers professeurs, mais elle a été éparpillée. Une partie des livres qu'elle renfermait a été transportée à Leeuwarde en Frise, pour y former une bibliothèque provinciale.
La petite ville de Zutphen, dans le comté de Gueldres, contient une collection peu nombreuse, appartenant à Téglise du lieu, et qui se distingue par la circonstance que les livres sont encore enchaînés, comme ils Tétaient il y a plusieurs siècles.
Arnheim possède une collection ancienne qui a été récemment augmentée, et Deventer renferme une bibliothèque remarquable par le nombre des ouvrages, d'ailleurs très- rares,
sortis des presses de Paffroed qui, de 1490 à 1510, exerça l'art typographique dans cetts ville.
L'Université de Groningue possède une bibliothèque considérable; G. Laosmers en publia, en 1669, le catalogue in-folio; un supplément accompagné d*une notice des manuscrits panit en 1722; enQn, en 1834, un nouveau catalogue rédigé dans l'ordre alphabétique par J.-R. van Eerde, a été mis au jour en un volume in-folio.
Les bibliothèques de Harlem, de Leeuwarde et de Franecker, ont également des catalogues imprimés, mais ils remontent à 150 ou 200 ans. La collection de la ville à Harlem est assez riche en incunables et en ouvrages sur l'origine de l'imprimerie, mais elle le cède en importance à la bibliothèque de Vlnsiitut de Teyler ^ riche au point de vue de l'histoire naturelle et des travaux des sociétés savantes.
N'oublions pas Maestricht ; on trouve des renseignements détaillés sur l'histoire de la bibliothèque de celte ville, dans le Bulletin du bibliophile belge^ t. VIH, p. 36 ; les bases en furent posées en 1662; la collection s'agrandit peu à peu, grâce è des dons, h des achats faits par ordre du conseil municipal. Lors du siège de 1794, une bombe pénétra dans la salle, et rexplosion occasionna des dégâts si considérables quil fiillul feroer l'établissement. Après avoir traversé des temftt orageux qui la soumirent à bien des vicissitudes, la bibliothèaue de la ville fut, en 1817, transportée à l'hôtel municipal. Elle jouit d'un modique subside annuel de 200 florins, employé aux achats de livres ; elle est ouverte au public trois fois par semaine, durant qualre heures. Elle contient 16,000 volumes environ , provenant en grande partie des couvents supprimés ; les éditions du xv* siècle sont assez nombreuses; les manuscrits sont peu de chose.
§ IL^Belgique,
La bibliothèque de Bruxelles est d'une grande importance.
Dès le xn' siècle, les comtes de Flandre avaient formé une réunion de manuscrits, que les ducs de Bourgogne enrichirent d'une façon remarquable. Dispersée en partie vers le milieu du xv' siècle, cette collection vit une grande partie des écrits qui la com-
F osaient, prendre la route de Paris ou de Allemagne. Il en reste cependant encore une quantité assez considérable, qui forme ce qu on nomme la Bibliothèque de Bout' gogne. La Sema Santander a retracé l'histoire de cette collection, dont il fut le conservateur de 1795 è 1812.
ChaHes Van Hulthem succéda à La Sema et resta en place jusqu'en 1826. En 1827, la bibliothèque de Bourgogne, jointe à celle de Bruxelles, fut détlnitivement ouverte au
Eublic; ladministration en fut confiée kun ibliographe zélé, M. Silvain Van de Weyer, qui est depuis entré dans la carrière diplomatique, et est devenu représentant de la Belgique à Londres. Un polygraphe fécondi
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DE BIBLI0L06IE.
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▼ait du zèle, de rinlelligence et du samaîs qui a trop écrit et qui a écrit trop H. le baron de Reiffenberg, Tadministra int plusieurs années, bibliothèque de la ville de Bruxelles )rmée dans l'origine, avec les livres inant des Jésuites; elle eut à souffrir à lue des troubles révolutionnaires; bien ouvrages précieux disparurent, mais s, des accroissements considérables l'ont e à un rang fort distingué.
3 s*est enrichie de la bibliothèque Van em, qui fut achetée en 1837, en bloc, e gouvernement, pour la somme de
00 fr.y et jointe à celle de la ville. Van em avait laissé 29,350 ouvrages impriormant 63,000 volumes environ, et 1,016 scrits. Il existe un catalogue imprimé plte grande collection; il a été rédigé If. Voisin, et foripe six volumes in-8, es en 1836 (45).
ourd'hui la bibliothèoue municipale de illes renferme 210,000 volumes imprienviron et 6,000 manuscrits. On vante ;on confortable qui a présidé à l'instal-
1 de la salle de lecture.
dotation de la bibliothèque est de Ofr., dont 26,680 fr. pour le personnel,
fr. pour frais d'administration et ma- , 30,000 fr. pour achats et reliures.
1852, d'importantes acquisitions furent
è la vente des livres du feu roi Louis- )pe;.de grands ouvrages oui restèrent lu-dessous des prix signafés dans les
de bibliographie faisant autorité, furent Stés à des conditions avantageuses. On ocura la Chalcographie du Musée du re, 79 tomes en 80 volumes in-folio, les :ées de Redouté, d'importants recueils irtes marines, de belles publications sur rts, notamment VArchitettura antica de nina, Roma^ 1840-46, 6 vol. in-fol., des ^s pitloresaues, des livres précieux sur )ire naturelle.
> proi^rès de la bibliothèque de Bruxelles i ailleurs chaque année l'objet de rap-
officiels, qui sont insérés dans les jour-
de Bruxelles, et que le Bulletin du fphile belge a souvent reproduits. Ajoutons donnant un bon exemple iort digne de er des imitateurs, l'infatigable M. de mbergavait entrepris, en 1840, la publi- 1 d'un Annuaire de la bibliothèque de Iffique, volume in-12 de 250 à 300 pages
lia paru dix années; on y trouve de ireux renseignements utiles pour l'his* jittéraire et la bibliographie (46).
mtons quelques détails a ce que nous I déjà dit de la bibliothèque de Bourgoelle a été l'objet d'un muuioirc histori-
I Diaprés M. de RciiTenberg, ce catalogue est t avec beaucoup de négligence. Le Manuel du 'ê est moins sévère, quoiqu'il représeiilc le 1 de M. Voisin comme n*élant pas exempt lurs. Il pense d'ailleurs que cette bibliothèque tlait pas à beaucoup près ce qu'elle a clé . La classe de Thisloire des Pays-Bas qui ocle 4* volume en entier élait la seulo partie UMDMi curieuse.
nue de son conservateur, La Sema 5>antander (1809, 206 pages), et Vlnventaire des manuscrits qu'elle renferme a été publié par ordre du gouvernement belge, en 1840, in-folio. L'ancien nom de cette bibliothèque venait de ce qu'elle avait été augmentée et enrichie par les souverains des Pays-Bas de la maison de. Bourgogne, et particulièrement par les soins de Philippe le Bon, mais elle remontait aux anciens comtes de Flandre, qui régnaient au xn* siècle, et qui lurent les protecteurs des lettres. Chrétien de Troyes, un des poètes les plus en renom à celte époque, dédia au comte Philippe, mort en 1194, deux longues épopées, le Roman de Percerai et le Roman du Saint'Gréal; à la mort du dernier de ces comtes survenue en 1383, tous ses domaines passèrent à son gendre Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Ce prince augmenta la collection de livres qui lui vint par héritage. Le duc Philippe le Bon n'épargna rien pour accroître sa bibliothèque ; David Aubert, dans le prologue de sa Chronique de Naples, écrite en 1443, dit que son ouvrage a été transcrit pour être placé « dans la librairie du duc, et nonobstant que ce soit le prince sur tous autres garny de la plus riche et noble librairie du monde, si est il moult enclin et désirant de chascun jour laccroistre comme il fait pour quoy il a iournellement et en diverses contrées grands clercs, orateurs, translateurs et escripvains à ses propres gages occupez. »
Malgré les pertes causées par les incendies,
Ear les spoliations résultant de la guerre, la ibiiothèque de Bourgogne possède encore un grand nombre de somptueux manuscrits sur vélin, copiés ou traduits par ordre du duc Philippe. On y remarque divers romans do chevalerie {Girard de Roussillon, Jason et Médée^ lépreux Uercules], plusieurs ouvrages de Martin Franc, de Georges Chastelain, de Christine de Pisan, etc. La bibliothèque des ducs de Brabant, celle des comtes de Namur vinrent se joindre à la collection de Bourgogne, (lue Charles le Téméraire augmenta, malgré la brièveté de son règne, agité par des troul)lcs et des guerres continuelles.
Sous la régence de Marguerite d'Autriche, tante de Charles-Quint, princesse animée d'un vif amour pour les lettres, la bibliothèque dont il est Question ici, s'augmenta notablement. Après la mort de la ducnesse, les livres qui formaient sa propriété particulière, furent ajoutés à la collection de Bourgogne. On les reconnaît très-facilement, car les armes de la princesse sont gravées et collées dans l'inténeur de la couverture de tous les livres qui lui ont appartenu.
M. La Serna Santander donne les tilres de
(46) Comme échantillon, nous indiquons les nriucipales notices contenues dans le volume de i845; Coup d'œil sur la bibliothèque Rovale ; Notices et extraits des manuscrits de la bibliothèque Royale (chansons historiques du xv* et du xvr siècle ; légende de Rarlaam «t de Joscphat, etc.); Mémoires pour servir à Thistoiredes lettres» des sciences ei des arts en Belgique; notice sur le marquis de Forlia d'Urbau , mélanges bibliographiques, etc.
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vingl-sii manuscrits divers, la plupart sur véliD, provenaut de Marguerite d'Autriche; on y oislingue la Dame Macabre^ l'ouvrage de Boccace Des clercs femmes^ le Mirouer des Darnes^ la Cité des Dames par Christine de Pisan, le Livre des Basses danses, manuscrit renfermant les danses notées en musique qu'on dansait alors à la cour.
Marguerite d'Autriche mourut en 1530; Charles-Quint, accablé d'affaires et de soucis, chargea sa sœur Marie d'Autriche du gouvernement de la Belgique; cette princesse avait, de son côté, rassemblé pour son usage personnel des livres qui lurent réunis après sa mort à la bibliothèaue de Bourgogne, mais ils ne portaient pas cle marque distincte.
Philippe II quittant, après la paix de Cateau- Cambresis, pour se rendre en Espagne, la Belgique qu'il avait gouvernée jusqu'alors, ordonna de « ramasser tous les livres qui esloient dans ses pays de par deçà et en faire une belle librairye en tel lieu qu'il ordonne roit afîn que lui et ses successeurs y puissent prendre passetems à lire estui livres. »
En vertu des ordres de ce monarque, les livres disséminés dans les diverses maisons royales de Malines, de Marimont, de Vucren, furent tous portés à Bruxelles. Les troubles qui agitèrent les Pays-Bas firent perdre de vue la bibliothèque, et amenèrent, à ce ')u'il parait, la disparition de plusieurs ouvrages précieux.
En 1594, l'archiduc Ernest décida qu'il ne serait accordé nul privilège pour l'impression d'ouvrages nouveaux, sans la promesse et l'obligation préalable de la part de l'imprimeur, d'en délivrer un exemplaire, bien relié en cuir, au garde-joyau, pour la bibliothèque.
En 1595, le comte de Fuentes, qui avait remplacé l'archiduc Ernest, ût une ordonnance nouvelle, enjoignant à tout imprimeur de fournir pour la bibliothèque de l'Escurial, des exemplaires reliés de tous les ouvrages nouveaux.
En 1614, un inventaire officiel fut dressé; il constata la présence de 611 volumes manuscrits sur vélin, 191 sur papier et 750 imprimés.
Les archiducs Albert et Isabelle, souverains des Pays-Bas durant la première moitié du xvn' siècle, nommèrent pour bibliothécaire un homme instruit et laborieux, Aubert Lemire, chanoine d'Anvers; la guerre et les agitations perpétuelles de l'époque, ûrent d'ailleurs oublier la bibliothèque de Bourgogne. Durant près d'un siècle, on ne parait pas s'en être occupé. La nuit du 3 au 4 février 1731, un incendie détruisit le palais royal, où cette collection était déposée; bien des livres périrent; ceux qui furent sauvés furent portés dans une cave et y restèrent longtemps comme oubliés. En 1746, toutefois, après la prise de Bruxelles par le maréchal de Saxe, des commissaires français firent une visite dans ces souterrains et découvrirent bon nombre de manuscrits précieux. Les uns entrèrent à la bibliothèque Uu roi; d'autres furent gaspillés et vendus.
En 1769, le gouvernement autrichien demanda la restitution de ces volumes ; 80 environ lui furent rendus.
En 1753, le comte de Cobenzel, nommé gooverneur des Pays-Bas, fit retirer les livres de la bibliothèque de Bourgogne, de la cachette où, ils étaient ensevelis, et les fit placer dans une vaste et belle salle. Il nomma pour bibliothécaire l'abbé Wouters qui, plus désireux de remplir les rayons de la salle que d'y
Ï)lacer aes ouvrages importants, achetait daas es ventes publiques des lots de livres sans valeur.
Plus tard les choses marchèrent mieux; en 1776, des acquisitions importantes eurent lieu à la vente de la bibliothèque Verdussen, riche en manuscrits concernant l'histoire de la Belgique.
Après bien des vicissitudes, après avoir subi, en 1791, un déménagement opéré avec une précipitation qui donna lieu à des perles nombreuses, la bibliothèque de Bourgogne dut livrer, en 1794, un grand nombre d'ouvrages précieux aux commissaires français. Ce fut pour elle une faible compensation que de recevoir , par suite de la suppression des maisons religieuses, une foule de livres, la plupart de ueu de valeur. Elle regut cependant de la sorte Quelques manuscrits précieux.
La bibliotnèque de la Chambre des représentants, à Bruxelles, ne doit pas être passée sous silence. Deux petits catalogues avaient été imprimés en 1835 et en 1836: celui mis au jour en 1844 forme un beau volume in-8 de 491 pages. Il est réservé à l'ih sAge des membres de la Chambre, et il renferme 2,839 numéros pour les imprimés, !3 pour les manuscrits. Trois tables, rédigées avec beaucoup de soin, accompagnent ce volume. Nous avons connaissance de deux suppléments publiés en 1847 et en 1851 (21! et 115 pages).
La bibliothèque du prince d'Aremberg renferme un grand nombre d'anciens livres précieux. Douze éditions antérieures k 1500 qu'elle possède ont été l'objet d'une notice de M. C. de B. (Charles de Brou) intitulée : Recherches bibliographiques , imprimée h Bruxelles en 1849.
D'autres cités possèdent en Belgique des collections consiaérables de livres.
La collection du couvent de Baudeloofut le germe de la bibliothèque que possède aujourd'hui rUniversité de Gand. Elle s'enrichit de livres provenant de la même origine; elle obtint plusieurs caisses de livres précieux. provenant de Tabbaye de Saint-Pierre, et qui furent saisis à Amsterdam au moment où ils allaient être embarqués pour l'Angleterre. En 1808, on joignit, à ce qu'on possédait déjà, la belle collection formée par M. Lamraens, un des professeurs de Gand. Elle contenait 14,000 volumes, distraction faite des doubles, et elle fut achetée pour la somme de 32,000 llorins. Les livres étaient dans une belle condition. Le nombre de volumes ap* partenant à l'Université créée en 1817, et à laquelle la bibliothèque de la ville fut cédée, montait en 1837, d'après un recensement
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DE BIBLIOLOGIE.
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irson habile conservateur, M. Voisin, à 5 volumes imprimés et 550 uiaimscrits.
50, le chiffre ofliciel était de G0,130 imis (dont 480 antérieurs à 1500) sans ter les pamphlets. Le nombre dus mails était de 597. M. Voisin a déployé ;oup de zèle pour J'accroissement des liions conBées à ses soins. On lui doit mion d'une grande quantité d'ouvraeîatifs à Tbistoirc politique , civile et lire de la vieille et fameuse cité qui joue grand rôle dans l'ancienne histoire de ndre.
^ers, grande ville do commerce, a été un loyer important d*activité typolique, mais aujourd'hui elle est bien le sous ce rapport, et sa bibliothèque >as une grande importance. Elle fut
parle chanoine Aubert Le Mire, mort 40, et elle s'augmenta bien peu jusqu'à lue de la révolution, où elle reçut les illlesdes couvents. D'après une publi- 1 administrative, elle possédait, au 1'' oc-
1849, 19,l/i^8 volumes faisant près de 0 ouvrages. En 1857, 22,758 volumes.
cadémie royale des beaux-arts d'Anvers de une collection de gravures et de livres Tes.
bon catalogue de la bibliothèque muile a été publié par son conservateur, îrtens, en 2 vol. in-8 (1843 et 1846), forprèsde 1,200 pages. Une autre notice ique contient tous les détails désirables, i est accompagnée d'une réimpression de mvabte opuscule de Le Mire, mis au jour 99 : Primordia bibliothecœ Antuerpianœ, mtaire se compose de 8,762 numéros, y ris 25 manuscrits parmi lesquels tigumSénique du vm* siècle et un Pri«-
lu XI*.
se ne commençai posséderunebibliothèpublique que dans les premières années iir siècle. Trois catalogues, imprimés 32, en 1749 et en 1767, constatent quels t les accroissements successifs et imporde ia bibliothèque. Elle fut presque rement dispersée lors des troubles de la ution. On s'occupa à la créer de nouen utilisant las masses de livres provedes couvents supprimés ; mais ce travail ce qu'il parait, exécuté avec si peu de ]ue plusieurs ouvrages composés de divolumes furent dépareillés , quelques les étant envoyés à la bibliothèque de le, d'autres transférés à celle du sémi- . En 1817, lorsriue l'Université de Liège ndée,la ville céda à ce nouvel établisseles volumes qu'elle possédait; il n'y en MS plus de 7,000.
dépit de ces débuts bien médiocres , iliothèque de Liège est arrivée à un rang onorable; son organisation est indiquée le très^satisfaisante.En 1822, legouverncentra en possession, à la suite d'un long s, delà mqeure partie delà bibliothèque ibbaye d'Everboden, et il remit cette
On ne peut plus faire aucun usage du cae miiiu jour en i659 à la suite de Touvrage
DlCnONN. PB BiBLlOLOGIK.
collection importante à l'Université de Liège. Aujourd'hui on comi)le plus de 66,000 volumes (non compris 30,000 pamphlets et opuscules). Les manuscrits sontau nombre de 430. On signale surtout parmi eux une très-belle Bible sur vélin écrite au xii* siècle dans labbaye de Saint-Tron ; une Vie de NoireSeianeur JésuS'Christ, en prose flamande (c'est le plus ancien texte écrit en ce dialecte que l'on ait encore découvert).
I^ bibliothè(|ue de Louvain n'est pas trèsancienne; un chanoined'Anvers, B«*yeriinck, mort en 1627, légua ses livres à l'Université oCi il avait fait ses études; son exemple fut suivi par un professeur de médecine, Jacques Romain, mais ce ne fut qu'en 1636 que les collections furent organisées d'une façon stable. Corneille Jansénius, dont le non/esl d(»vonu si fameux, et qui était alors professeur h Louvain, montra beaucoup de zèle en cette circonstance. La bibliothèque s'accrut, mais les dernières années du xvui* siècle lui furent fatales. L'ancienne Université fut supprimée, et un grand nombre deses livres les plus précieux allèrent enrichir la bibliothèque centrale de Bruxelles. Une nouvelle collection fut formée lorsque ^Université fut rétablie en 1817. En 18W, on comptait 60,000 volumes imprimés et 302 manuscrits. Nous lisons dans le Bulletin du bibliophile belge (t. VU, p. 299) qu'il n'existe pas de catalogue imprime de la bibliothèque de Louvain. 11 n'v a que des inventaires partiels d'un usage très-difficile. On s'occupe, depuis 1835, de la rédaction d'un catalogue complet, mais ce travail n'est pas terminé (47).