CHAPITRE X.^ Bibliothèques d'Italie
Dans l'aperçu nécessairement fort rapide que nous aonnerons des grands déoôts litté-
raires d une contrée si riche en ce genre, nous indiciuerons les diverses cités italSnnes sans nous préoccuper des divisions territoriales entre divei*s Etats (48) ; nous commen-' cerons par Turin.
Turin. — La riche bibliothèque de ITInîversité provient principalement de l'ancienne collection des livres et des manuscrits des ducs de Savoie, commencée dès le milieu du XV* siècle; cette bibliothèque compte au delà de 112,000 volumes. Parmi les manuscrits, 70 sont hébreux, 370 grecs, 1,200 latins, environ 220 italiens et 120 français.
Les Palimpsestes des fragments inédits des oraisons de Cicéron pour Scaurus et Tullius et contre Clodius , publiés par M. Peyron, proviennent, comme ceux de l'Ambrosienne, du monastère de Saint-Colomban de Bobbio; le texte est recouvert par celui d'un traité de saint Augustin. Sous la nouvelle écriture, qui parait du xu* siècle, on distingue les deux colonnes de l'ancien manuscrit, regardé par M. Peyron comme étant du m' ou du iv* siècle.
Le manuscrit latin de Sedulius du Tn* siècle, l'un des plus anciens de la bibliothèque de Turin, contient son Paschale carmen en vers hexamètres.
Le célèbre manuscrit de Vlmitationt dit le manuscrit d'Arone, sur lequel délibéra un congrès de savants assemblés en 1687 à Saint-Germain des Prés , et auquel ils n'avaient pas reconnu moins de trois cents ans d'antiquité, ne paraît point, de l'avis des juges les plus compétents, remonter au delà de Ja un du XV' siècle.
Parmi les manuscrits français on distingue une Histoire de Troie, traduite de Guide deUe Colonne avec des miniatures singulières (une d'elles représente un évèque, accompagné de prêtres et de moines, célébrant les ftinérailles d'Hector). Les manuscrits de Seyssel, un des premiers auteurs français qui aient écrit avec pureté, renferment des parties iné* dites ; une copie de sa traduction d'Appien en deux volumes, a de très-belles miniatures, et sa Grande monarchie de Franet^ adressée à François I", offre une sorte de manuel de l'art de régner digne d'attention.
Parmi les imprimés, on distingue le singulier ouvrage de Jacques de Théramo, Scelestissimi Sathanœ litigationis contra gtnus humanum liber, Lyon, 1473 (volume regardé comme le premier imprimé dans, cette ville), et le Ptolémée mis en vers ita-
(48) On troove des détails sur les dépôts de livres et de documents en Italie dans Fouvrage d'un savant allemand, F. Blume, qui parcourut toute la PMnsule, 8*occupant surtout de recherches sur les éorits relatifs à la jurisprudence ancienne et do moyen âge (voir son lier lioitcam, 5 vd. in-8. Halle, ltt5-l8Sè). Les Archives de ta Société pour VkkMn muiêanê de CAltemagne, publiées à Hanovre, eoBllennent (année 1825, p. 337 et 575) deai Mémoiret , Tun du même savant, Faotre de Daierio, sur le même sujet. Le premier volume de Vlter Italkum, publié en allemand malgré ce titre latin, coneeroe le nord de riialie, le second regarde la Toscane et Tltalie centrale, le troiiiéme
est consacré à Rome, le quatrième aux Deux-Sîel* les. Le cinquième volume renferme différents catalogues de manuscrits. Nous en reparlerons à rartlcle Manuscrits,
Le Voyage littértûre de deux religieux bénééUcUns (D. Martène et D. Durand), Pans, i 71 7 et f7t4, z vol. in-4, mérite encore d'être consulté alntlmie le Musœum Itaticum de Mabillon, 1687 ou ITSi, 2 vol. in-4.
N'oublions pas un curieux mémoire de M. C«i^ zon, intitulé Notes on JtaUan Ubraries et inséré, en 1855, dans les Mélanges {Miscetianies) de la Mf-^ IMblon societg de Londres, recueil tiré à on Jiombre extrêmement restreint.
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liens par François Bcrlinghieri, et publié en 1487; c'est Jo premier ouvra^^e où se trouvent des cartes gravées sur métal.
Jos. Pasini, aidé de Kivatella et de Besta, a publié en 1749, en 2 volumes in-folio, le Catalogus codicum mss. bibliothecœ Taurinen" sis Athenœi; cet ouvrage où les erreurs sont nombreuses n'est point estimé. Deux des papyrus grecs du Musée égyptien (il y en a treize en tout) ont été édités et expliqués par M. Amédée Peyron, qui leur a consacré deux mémoires insérés dans le Recueil de l'Académie de Turin (tom. XXXI et XXXII, 1826 et 1827). M. Letronne a rendu compte de ce travail dans le Journal des Savants, octobre 1827, p. 614-622, et février 1828, p. 102-111. M. Peyron avait déià publié sur une collection entrée à la bibïiotnèque de Turin un volume intéressant : Notitia librorummanu typisque dcscriptorumqui^donanU abbate Thoma Valpergo Calusio, illati sunl in bibliothecam regii Taurinensis Athenœi; bibiiographica et critica descriptione t7/t4stravitf et anecdotapassiminseruit A. Peyron. Lipsiœ, 1822, in-l. On peut consulter sur cette publication un article deM.Victor Cousin dans le Journal des Savants, avril 1823; elle se divise en quatre parties : 1° manuscrits ; ir éditions du xv* siècle ; 3* livres imprimés rabbiniques ; 4° livres imprimés en diverses langues depuis le xvr siècle. Les manuscrits grecs sont au nombre de cjuatre et de peu d'importance, maisilsfournissent à M. Peyron, ainsi que diverses éditions grecques, l'occasion d'indiquer des variantes d'après d'autres manuscrits conservés en Italie ou de faire connaître des fragments inédits.
Cènes. — La bibliothèque de l'Université de Gênes, formée principalement de l'ancien fonds de la bibïiotnèque des Jésuites et des Carmes, compte 45,000 volumes. Parmi les manuscrits qui sont en petit nombre est un
Î>uinte'Curce, traduit en français par Vasque e Lucène, avec des miniatures représentant les actions d'Alexandre.
La bibliothèque Berio, présent d un particulier k la ville, compte 15,000 volumes et 1500 manuscrits , ces derniers relatifs principalement à l'histoire de Gênes.
M. Léon de Laborde, dans un travail étendu et remarquable sur V Union de Part et de Vindustrie (il îaA partie des publications du
fouvernement relatives à l' exposition de 855j, donne des détails intéressants sur une bibliothèque établie à Gênes et offrant un caractère d'utilité pratique dont il serait difficile de trouver ailleurs un exemple aussi frappant.
« Vers 1750 vivait à Gênes un homme de bien, Paul -Jérôme -François Franzoni. 11 ' dévoua sa vie à l'éducation des apprentis . pauvres, au bien-être des ouvriers. Il avait vu, dans une longue et bienfaisante carrière, que le peuple va au cabaret parce c[u'il ne peut pas aller ailleurs, et lit de mauvais livres parce qu'on ne lui en donne pas de bons. En mourant , en 1778, il légua sa bibliothèque (10,000 ouvrages usuels) à ses amis les ouvriers, consacrant è cette œuvre pie, et sa
maison pour la loger et sa fortune pour en assurer le rude service tel quMl l'entendait. Voici son règlement : nul prêt de Mvres au dehors ; place pour tous les lecteurs qui se présentent ; ouverture de la bibliothèque au point du iour, c'est-à-dire à cinq heures du matin en été, à six heures en hiver ; fermeture à minuit; pas de vacances; pas de clôture un seul jour de l'année.
« J'ai pris connaissance, au moyen d un catalogue régulier, de la composition de cette collection ; c'était bien ce qu'il fallait : des livres usuels, des manuels, des encyclopédies, des traités de tous les arts, des livres d'histoire et de voyage. Je sus de l'employé de service que l'association formée pour l'entretien de la bibliothèque, et entretenue aux frais de la fondation , se compose d'un chef élu, seul chargé de l'administration, et d'un certain nombre de membres qui se succèdent les uns aux autres et à tour de rôle depuis le matin jusc^u'au soir. On me dit en outre que la bibliothèque était visitée principalement le soir et le matin, le dimanche et les iours de fête. Aux autres jours, aux autres neures, elle voit arriver des ouvriers sans ouvrage ou convalescents, les gens désœuvrés ou les érudits i^ui, pendant la fermeture des autres collections, ont recours à celle-là. Je m'informai si le service n'était pas trop fatigant, on y était fait ; si l'on observait le règlement dans toute sa rigueur, il n'y était jamais dérogé; enfin s'il existait un fonds d'acquisition, on compte sur les dons et on ne compte pas en vain, puisque la bibliothèque possède aujourd'hui près de 22,000 volumes. C'est donc une fondation utile, féconde, qui fon^ tionne depuis près d'un siècle à Gênes et qui devrait avoir des imitateurs partout. »
Milan, — La célèbre bibliothèque Ambrosienne possède entre autres trésors un Virgilt ayant apj^artcnu à Pétrarque avec huit lienes de la main de ce grand poëte ; un Josephe en latin sur papyrus (vi* siècle); divers palimpsestes dans lesquels le savant cardinal Mai a retrouvé sous une copie des vers de Sédulius, les plaidoyers de Cicéron pour Scaurus, Tullius et Flaccus, et sous une transcription des Actes du concile de Cbalcédoine, les Lettres de Marc-Aurèle et de Fronton.
Un manuscrit incomplet de VIliade en lettres onciales, renferme soixante-dix miniatures que Mgr Maï a reproduites; elles ont cette sorte de fidélité naïve qui annonce leur haute antiauité.
Les rechercnes à l'Ambrosicnne sont fort difficiles. Son illustre fondateur , le cardinal Frédéric Borromeo, a eu la singulière idée d'interdire la formation d*an catalogue. On est réduit à un simulacre d'inventaire qui est véritablement une espèce de chiffre; les auteurs y sont portés à leurs prénoms; il est bien difficile de s'orienter au milieu d*une multitude de Jean, de Jacques et de Pierre ; pour trouver Pétrarque, il but chercher François. Afin d'accroître encore le mystère, on ne lit aucun titre sur le dos
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DE BIBLIOLOGIE.
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vres; l'aspect de ces volumes sans nom, rant les murs de Tiramense salle, a c|uelcbose de redoutable. On a de la peine à guer la conduite du cardinal Borromeo; it recueilli, recherché à grands frais des ^ et des manuscrits dans toute TEurope, sque dans TOrient ; il avait nommé des its pour les éclaircir et les publier ; il attaché à TAmbrosiennc une superbe imerie qui n'existe plus, et il cachait ement une partie de ces découvertes.
ie reste à l'Ambrosienne des manuscrits ico-mathématiques de Léona rd do Vinci, 1 seul et énorme volume, dit le Codice Itco, contenant des machines, des fii, des caricatures, des notes diverses, ettres sont trac^^es de droite à gauche, manière des Orientaux, et ne peuvent lues qu'au miroir. On évalue à 80,000 aes imprimés et à 5500 manuscrits ce possède l'Ambrosienne (49). En 1836, iffre de 100,000 volumes fut indiqué i façon semi-oflScielle, mais on le croit !ré.
bibliothèque de Brera est principaleformée de l'ancienne bibliothèque des tes, de celles de quelques maisons reises supprimées en 1797, d'une partie ivres de Haller, du comte Firmian, et petite, mais précieuse collection léguée î cardinal Durini. Elle n'a qu*un millier lanuscrits, parmi lesquels les fameux de chœur de la Chartreuse de Pavie ; mes les bibliothèques d'Italie, nulle n'est au courant pour les livres de science, oire naturelle et les voyages. Le grand ire des lecteurs qui la fréquentent est lutre analogie entre Milan et Paris, et leurrait presque, en traversant la grande
S amie de superbes rayons, se croire è othèque de la rue de Richelieu. Ce t possédait, en 1847, 108,971 volumes et liflier de manuscrits. Dans le cours des dernières années, la moyenne des ennouvelles avait été de 2,180 volumes n.
an compte plusieurs bibliothèques parères remarquables ; telles sont celles ani (qui offre une belle collection e), Ritta, Archinto, Trivulzio. Cette ère compte plus de 30,000 volumes et I manuscrits une notice sur son compte nséréedans les Annaleg encyclopédiques^ ées par MiUin (1817, tome Vl), mais is une partie de cette collection a passé une autre branche de la famille Tri- 0. On distingue une série importante ïiennes et précieuses éditions de Dante, }ccace et de Pétrarque ; et entre autres iscrits un livre d'Heures à l'usage du i Haximilien, fils de Louis le More, avec lelles vignettes de Léonard de Vinci.
otioonons aussi huit madrigaux et dix ats autographes du Tasse, publiés pour
) Voir Tonvrage de P. P. Bosclia : De origine en Ambrotianœ Èlemidecas^ Mediolani, iti7â, réimprimé dans le IX' volume du Theiaurm aeviaa. U existe deux autres écrits plus au-
la première fois à Venise en 1827 ; un traite d'architecture d'Averalino ou Filarete, habile artiste florentin ; un traité inédit de musique composé par le prêtre Florentio, dédié au carduial Ascagne Sforce, manuscrit charmant au frontispice duauel Léonard de Vinci est représenté tenant a la main une lyre, espèce de grosse mandoline renversée et instrument de son invention.
Pacte. — L'ancienne bibliothèque de Pavie, formée par les Slorce et spécialement par le duc Galeas, selon les conseils de Pétrarciue, fut successivement dépouillée par Louis Xll en 1499 et par le maréchal de Lautrec en 1524 ; elle a fourni à la bibliothèque impériale à Paris de précieuses éditions du xv* siècle. La bibliolnèque actuelle de l'Université fut créée par le comte Firmian ; elle a reçu la plus grande partie de la bibliothèaue du savant Haller. Destinée aux besoins ae l'en* seignement, elle n'a guère d'anciens manuscrits, et malgré ses 50,000 volumes , elle compte peu de livres rares. Sa collection des mémoires des Sociétés savantes et Académies est la plus nombreuse et la plus complète qu'il y ait en Ilalie
Passons a Vérone.
Vérone.— Là bibliothèque de la ville est d environ 10,000 volumes; ouverte en 1802, elle n a ni manuscrits, ni raretés; elle le cède beau* coup, sous le rapport de l'intérêt scientifique, à la bibliothèque du Chapitre, accrue et presque fondée vers le milieu du ix' siècle par le célèbre archidiacre Pacifico. Ce fut dans cette bibliothèque qu'aux regards enchantés de Pétrarque apparurent pour la première fois les Lettres familières de Cicéron dont le manuscrit et la copie de sa main sont à la Laiirentienne de Florence; que Mgr Mai exhuma ses Anciens interprèles ae- Virgile, imprimés à Milan ; que 1 historien Niebuhr découvrit les commentaires des Institutes de Gaïus, h peine indiqués jusqu'alors et publiés depuis à Berlin.
La bibliothèque du Chapitre a souffert lors des guerres de la fin du siècle dernier; plusieurs manuscrits précieux et des volumes rares ont disparu. Aujourd'hui on y compte environ 1,600 manuscrits grecs et latins; il en est qui remontent au iv et au V siècle.
Modène^ — La bibliothèque est Tancienno et fameuse bibliothèque de la maison d'Esté dont elle a conservé le nom (Biblioteca Estense); elle fut transportée à Modène, lorsque César d'Esté s'y retira après avoir été dépouillé du duché de Fcrrare. U parait que, dans sa translation précipitée, la bibliothèque fit des pertes irréparables; elle fut négligée par les trois ou quatre premiers successeurs du prince déplacé.
Ce ne fut qu à la fin du xvii* ou au commencement du xviii' siècle qu'elle fut mise en ordre et enrichie de livres imprimés et de manuscrits par les soins des ducs Fran-
ciens: Monumenta BibL Ambroê. , par Oppicelli*. 1618, et Oralio de mu (ructuque librorum mblioUu Ambroê»t par Van der Putten» Leyde» 1625.
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DIGTIONNAIRE
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(ois II et François IIL Elle shonore d*avoir eu pour conservateurs Muratori, un colosse d'érudition et de persévérance au travail, etTiraboschi,dont V Histoire littéraire dlta^ lie est une production judicieuse, utile, mais diffuse.
La bibliothèque de Modène compte 90,000 volumes et 3,000 manuscrits. On y remarque un Evangile grec que Montl'aucon attribue au vm' siècle ; les Mitcellanea de Théodore Studite, ms. grec du xrv* siècle, non imprimé; de nombreuses miniatures sur divers manuscrits exécutées par l'habile Florentin Attavante, un des quatre.artistes que le roi de Hongrie, Mathias Corvin, entretenait à Florence ; deux superbes volumes de la Bible couverts à chaque page de riches et élégantes miniatures dues au pinceau de François dei Rossi et deXhadée Crivelli. Un manuscrit des Lettres de saint Jérôme, exécuté Tan 1157, aux frais des dames de Modène, dont les noms se lisent à la suite du manuscrit, atteste le goût de la littérature religieuse à cette époque.
Une Cosmographie de Ptolémée, en latin, avec des cartes dessinées avec beaucoup de soin par un Allemand, Nicolas Hahn, dans le XIV' siècle, est curieuse sous le rapport de l'état des sciences géographiques à cette époque.
Le manuscrit non imprimé de VHistoire générale de Flavio Biondo, écrivain de la fin du xiY* siècle, est une des (premières histoires universelles. Un recueil des poésies des troubadours contenant 1,47^ pièces est d'un grand intérêt pour la vieille littérature française. Un manuscrit inédit de Laudicio, poêle du XV* siècle, De captivitate ducis Jacobi tragœdia, est un des premiers essais dramatiques de la Renaissance. Le sujet est la captivité et la mort du célèbre général Jacques Piccianino.
Les manuscrits du Tasse sont nombreux ; ses poésies lyriques ont été imprimées; ses lettres ont été en partie publiées ou signalées dans la Vie de ce grand poète, écrite parSerassi (Rome, 1785, 2 vol. in-4; seconde édition, 1790, 2 vol. in-4). 11 en est qui sont restées inédites, mais elles n'offrent pas assez d'intérêt pour être mises au jour.
Entre autres articles remarquables dans la série des imprimés, on distingue un exem*
flaire de la Bible de Venise (Nicolas Jenson, 476) sur vélin d'une finesse et d'un éclat supérieur à ce qu'on voit habituellement de nos jours. Un jttoroce, sur vélin, de la précieuse édition d'Aide, 1501, est charmant. La collection des Aide, grossie par de récentes acquisitions, est à peu près complète.
Padoue. — La bibliothèque de l'Université a 75,000 volumes environnes manuscrits ont été envoyés au dépôt de Saint-Marc à Venise : sa destination étant purement universitaire. La bibliothèque du Chapitre n'est que d'environ 4,000 volumes, mais elle contient de vieux et de beaux manuscrits et des éditions rares du xv* siècle. Le plus ancien manuscrit est un Sacramentarium du xi' siècle, dune belle conservation; le plus ancien
livre imprimé est le Bationale de Guillaume Durand (Mayence, 1459). Des manuscrits de la bibliothèque de Pétrarque qui fut chanoine du chapitre, ont commencé cette bibliothèr que ; le portrait de ce grand poète est dans la collection de l'Université; il fut un des plus intrépides lecteurs connus et mourut dans sa bibliothèque, assis, la tête courbée sur un livre.
Venise mérite une attention spéciale.
Venise.— Là bibliothèque Saint-Marc est installée dans la salle du grand conseil. Ses livres sont sans doute les plus magnifiquement logés qu'il y ait au monde ; mais la gran<^eur et la beauté des peintures qui les environnent, les statues antiques placées au milieu de la salle leur font tort, et ils ne paraissent plus qu'accessoires. Pétrarque a véritablement posé les premiers fondements de la bibliothèque de Saint-Marc, ainsi qu'il le dit lui-même dans la lettre sur la donation de manuscrits qu'il fit à Venise. Il n'existe maintenant à Samt- Marc qu'un très-petit nombre de manuscrits provenant du fonds de Pétrarque: ils furent, ait-on, oubliés dans une petite pièce voisine des quatre, chevaux de bronze, où ils se détériorèrent. C'est à tort, ainsi que l'a démontré un docte littérateur (Ginguené), qu'il a été reproché aux Vénitiens d'avoir laissé périr la bibliothèque de Pétrarque : il n'avait donné (^ue quelques ouvrages. A sa mort, postérieure de douze ans à la donation , Pétraroue laissa, en effet, une très-précieuse bibliothèque, mais qui fut dispersée, ainsi que le prouvent les manuscrits conservés à la Vaticane,à la Laurentienne, à l'Ambrosienne, à la bibliothèque du Roi; il n'en parvint pas un seul à Venise. L'homme dont la libéralité littéraire respire, éclate encore à Saint-Marc, parmi tant d'autres donateurs, tels que les Grimani et les Contarini, est le cardmal Bessarion. Dans sa lettre datée de Viterbe, le 30 avril 1468, où il annonce au doge et au sénat le
I)résent qu'il fait de ses manuscrits, respire 'enthousiasme d'un bibliophile; l'illustre prélat s'exprime en ces termes :
a Dès mon plus jeune âge, j'ai mis tous mes soins, tous mes etforts, tout mon zèle, à rassembler des livres sur les diverses sciences. J'en transcrivis, dans ma jeunesse, plusieurs de ma propre main, et j'employai a en acheter le peu d'argent qu une vie économe et frugale me permit d'y consacrer. Il me semblait qu'il n'existait pas un monde plus utile et un trésor plus précieux. Les livres, en effet, contiennent et nous offrent les paroles des sages, les exemples de l'antiquité; ils vivent, conversent, parlent avec nous; ils nous instruisent, nous consolent, et mettent sous nos yeux et rendent comme présents les objets les plus éloignés. Telle est leur puissance, leur dignité, leur majesté, que, s'ils n'existaient point, nous serions tous ignorants et barbares; il ne resterait aucune trace, aucun souvenir du passé; nous n'aurions aucune connaissance des choses divines ou humaines, et les noms des hommes seraient ensevelis avec leurs corps dans la tombe. »
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présent de Bessarion n'a pas été sldrile : is plus (Je trois siècles, les savants de >pe entière viennent consulter ses malts; les érudits de la France n'y ont pas |ué, depuis Amyot jusqu'à Villoison et )usin. La bibliothèque Saint-Marc posde nombreux manuscrits inédits de Bcs- 1 et de son maître Géuiiste Pléthon, le du platonisme en Europe.
Ire autres trésors de cette collection, on le VEvangéliaire, qui compte près de ans; le célèbre manuscrit des lois lomîs, dit de Trévise; un manuscrit de î'ouide Marianus Capella, De nuptiis, avec ves et brillantes miniatures (Tun artiste ilin du XV siècle, Attavanic; un trèsmanuscrit du XV* siècle de Touvrage édeciu Benoit Rini ou Uinio de Padoue, Impitcibus, avec 432 plantes peintes .ndré Amadio, artiste vénitien, qui n'est [ resté au-dessous de la grâce et de l'éclat uiceau de Redouté. Citons aussi douze s autographes du Tasse, intéressantes, parle, dans quelques-unes, de la comion de laJérwalem; le manuscrit autole du Pastor fido de Guarini, très-corrigé, ;é d'augmentations et de passages supis; le manuscrit des curieux traités de enuto Celliai sur l'Orfévrerie et la Sculp-
"mi les imprimés, on admire le superbe plaire, sur peau vélin, de V Homère de nce, U88, repris en 1815 à la bibliole de Paris, et magnifimiement relié aux s de rempire français ; le bel exemplaire Slin de la Rhétorimie de Guillaume Fichet, imée à Paris en 1471 ; il fut envoyé par )ur au cardinal Bessarion.
bibliothèque Saint-Marc possède aussi Donumeut de cosmographie des plus ux : la mappemonde dressée en 1460 ^ra-Mauro, religieux des Camaldules do -Michel, à Murano; le cap de Bonnerance y est indiqué, et rAirique ne s'ée pas beaucoup , par sa forme générale , elle qu'elle a réellement. Cette mappele a d'ailleurs été l'objet de travaux insants dus à un autre docte Camaldulo du 8 couvent, le cardinal Zurla.
Serapeum^ n" 8 de 1858, renferme un !e de M. Neigebau sur les bibliothèques 3nise. Il y est question des bibliothèques -Marc, de l'Institut vénitien, do TA thédu Séminaire du patriarche, du Lycée de e-Catherine , de l'Académie des Beauxdes Frères-Mineurs; et le n** 14 renferme licle sur la collection d'un savant biblioiie vénitien, le chevalier Cigogna (colleccomposée surtout d'ouvrages relatifs à oire de Venise). Le n** 15 est relatif à la )thëque de Padoue; le n° 22, h celle des dtaristes, à Venise; le n° 23, à la biblio- 16 Municipale de Viccnce et à celles de le. Dans le n** 24, il s'ai^it de quelques :>thàques de Milan. Dans le n^ 9 de 1859,
)0n connaît deux onvragps un peu anciens» vrai, qui sont utiles pour Télude dos progrès Im^rentiitimê, Voir 11. Kriistins,. Catahgits bi^
on trouve des renseignements sur les bibliothèques de Trévise; et dans le n* 12, sur cella de 1 Université de Parie.
Ferrare.— La bibliolhècrue de cette ville ne date que de 1646 ; mais telle a été l'importance et le choix des collections dont elle s'est successivement enrichie, qu'elle occupe un rang fort distingué sous le rapport des manuscrits et des raretés. Elle compte environ 80,000 volumes et un millier de manuscrits. Le local est beau et la conservation des volumes parfaite. La collection des écrits et opuscules des auteurs ferrarais est à peu près complète. Là sont les fragments manuscrits de quelques chants du Roland de l'Arioste, très-corrigés; d'autres manuscrits des comédies et des satires de ce poète offrent bien moins de traces de révision; son fauteuil et son écritoire sont conservés à la bibliothèque.
Un manuscrit de la Jérusalem délivrée, corrigé de la main du Tasse pendant sa captivité, est fort digne d'attention. On remarque des suppressions nombreuses; des pages entières consécutives sont rayées.
Dix-huit volumes "grand in-folio, qui ont appartenu au couvent des Chartreux , et qui servaient aux Offices di\ins, sont ornés do brillantes miniatures.
La bibliothèque de Ferrare possède jusçaà cinquante-deux éditions du koland furieux (plusieurs extrêmement rares), et un grand nombre d'éditions du xv* siècle. Ferrare fut alors un foyer important d'activité typogra- ])hique; plus de cent ouvrages divers y furent publiés ae 1470 à 1500, par neuf imprimeurs, chiffre fort au-dessus ne celui qui subsiste aujourd'hui. En fait d'ouvrages modernes, la bibliothèque dont il s'agit est bien arriérée^ Une notice à son égard, écrite par le comte Cicognara, se trouve dans le Giornale Acade-^ mtco, t. LI, p. 174.
Florence. — La bibliothèque Laurentienne
F>assa longtemps pour une des plus riches de Europe. En 1571 , Côrae du Medicis chargea Vasari de terminer l'édifice, commencé par Michel-Ange, qui devait la recevoir. Le vestibule, l'escalier sont d'un goût maigre et bizarre; les vitraux, coloriés sur les dessins de Jean d'Udine, élève de Raphaël, et d'une extrême élégance, répandent un jour mystérieux qui invite à l'étude. Suivant un usage antique, les manuscrits sont posés h plat sur des pupitres, auxquels ils tiennent par une petite chaîne : ils furent ainsi disposés par. les deux premiers bibliothécaires de la Laurentienne, Baccio Valori et Jean Rondinelli. Les bancs misdevant et entre les quatre-vingthuit pupitres (plutei) , ipour les travailleurs, qui n y sont pas trop h l'aise, l'aspect sévère (le ces gros volumes enchaînés, tout annonce les mœurs littéraires d'un autre âge.
La Laurentienne,qui n'a que des raanuscrils, en compte environ 7000 (50j. Le catalogue des manuscrits grecs, latins et italiens, rédigé par Bandini, et publié en 1764-03 (11 vol. iu-fol.)»
bliothecœMediceœquœasaervatur Florentiœ, Amslerdain, 1641, iii-8, et Bibliotheca Medicea a sta. lirgulo a ian Sylvcrio reicripta et cclcbrata , 1673, iii-8..
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DICTIONXAmE
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est un chef-d'œuvre de méthode, d'exactitude et de critique. Les catalogues des manuscrits orientaux et hébreux ont été publiés par Assemani et Biscioni.
Les plus célèbres manuscrits sont :
Le Virgile du iV ou du v* siècle, le plus ancien des manuscrits de Virgile; c'est un in-4 d'une conservation admirable , auquel il ne manque que les premières pages, retrouvées à la Vaticane par Mgr Mai.
Les Pandectes, prises, dit-on, parles Pisans au siège d'Amalfi, en 1135, et transportées à Florence en 1406, lorsque Pise fut conquise. Ce précieux manuscrit, d'un caractère assez fort et très-lisible, remonte au vi* ou au vu* siècle. U a été longtemps Tobjet d'une sorte de culte : il n'était, à l'époque de la république florentine, montré qu'avec une permission spéciale de la Seigneurie, et à la lueur de flambeaux. Aujourd'hui, un des volumes est exDOsé ouvert sous un v«Tre.
Deux manuscrits de Tacite. Le premier serait de Tan 395, si l'on s'en rapportait à la note qui le termine, mais dans laquelle on ne voit aujourd'hui qu'une copie faite sur un original plus ancien. Des érudits ont cru pouvoir uxer au vi* siècle l'Age de ce précieux codex; d'autres ne le font pas remonter au delà du xi*. Le second manuscrit est celui de Corbie, qui le premier a fait connaître les cinq livres qui commencent les Annales, C'est une des plus brillantes conquêtes littéraires de Léon X; ce pontife donna une gratiQcation de 500 seqmns (somme alors très-forte) au receveur apostolique Angelo Arcimbodi , qui avait eu le bonheur de découvrir ce trésor au fond de la Westphalie.
Parmi les manuscrits grecs, on remarque celui du romancier Longus, devenu célèbre par le passage inédit qu'y découvrit Paul-Louis Courier, et que recouvrit une tache d'encre.
La bibliothèque Riccardi est devenue propriété de la ville, et publique, depuis 1811. Elle compte 24,000 volumes et 3,500 manuscrits. Fondée en 1558 par Ricardo-Romulo Riccardi, elle s'est notablement accrue par la donation d'un autre Riccardi, le chanoine Gabriel , mort sous-doyen de la cathédrale en 1789, et dont la collection comptait 1,800 manuscrits. Les éditions du xv siècle sont assez nombreuses. On remarque les très-rares Bibles de Rome, 1471 et 1472; VHalieuticon d'Oppien, 1478; une Bible de Venise, 1492, avec des notes autographes de Jérôme Savonarole.
Le manuscrit de Vflistoire naturelle de Pline, du ix' ou x* siècle, est le plus ancien qui existe; malheureusement, il est fort mutilé. Un Virgile du xV siècle est orné d'élégantes figures d'une parfaite conservation. Divers manuscrits offrent des poésies des troubadours. On trouve aussi des lettres nombreuses et inédiles de Pogge; un manuscrit autographe de Machiavel, offrant les sommaires de son Histoire de Florence; une Apologie autographe de Savonarole, par Pic de la Mirandole; un Traité de la main de Galilée, sur Varchitecture militaire,
C]ette bibliothèque était composée de 3,590
manuscrits, de 620 incunables et de 18,257 volumes divers, lorsqu'elle fut, en 1811, mise en vente en bloc. L'empereur Napoléon 1" la fit acheter pour le compte du gouvernement, et la mit à l'usage du public. Un Inventaire imprimé à Florence en 1810, in-4, et dressé en vue de la vente, donne les titres fort abrégés ; toutefois le travail, ayant été fait par des hommes instruits, est encore assez satisfaisant. C'est d'ailleurs le seul qui existe, Lami ne s'étant occupé que des manuscrits.
La bibliothèaue Marucelli, la moins ancienne des bibliothèques publiaues de Florence, est de l'année 1751; elle peut être regardée comme une dépendance ce la Laurentienne, dont elle est voisine, et qui est soumise à la même administration. 5>on fondateur, dont elle porte le nom , fut un prélat vertueux et lettre, qui, de son vivant, avait mis ses livres & la disposition des savants dénués de fortune. Il semble, après sa mort, avoir voulu leur conserver la même destination, d'après l'inscription touchante de la Marucelliana : Publicœ et maximœ pauperwn utilitati. On regrette qu'elle ne soit ouverte gue trois jours par semaine, sans compter les jours de clAture, si nombreux dans les bibliothèques d'Italie. Elle a 45,000 volumes, selon M. Valéry (33,475 volumes imprimés et 1,375 manuscrits, au dire de M. Edwards). Les manuscrits sont plutôt historiques et diplomatiq\ies que littéraires. Un d'eux est composé
f)ar Marucelli lui-même; il se comnose, sous e titre de Mare magnum, de Hz volutnies in-folio. C'est un index général de toutes les matières traitées dans les ouvrages qui avaient passé sous les yeux de cet infatigable travailleur, et ce vasli» répertoire pourrait être utile comme moyen de recherches.
La Bibliotheca Palatina, ou bibliothèque particulière des grands-ducs, est installée au palais Pitti; elle ne date que de 1815, l'ancienne bibliothèque des Pitti ayant été répartie, par le duc Léopold, entre les diverses collections publiques de Florence. La collection Poggiali et celle du comte Reviczky servirent de base c^ l'établissement nouveau. M. Valéry évalue à 80,000 volumes et 1,500 manuscrits ce qu'elle renferme. Composée avec soin et enrichie avec zèle par des achats importants, cette bibliothèque est une de celles de rilalie qui offrent le plus de ressources. Parmi ses trésors, on distingue des manuscrits de Machiavel et de Galilée, les correspondances de ces hommes célèbres, et des volumes annotés par ce dernier.
La Palatina n'est pas ouverte indistinctement au public; mais les travailleurs séiîeui y trouvent un accès facile.
La Bibliotheca Magliabecchiana est dans le même bâtiment que la galerie degli Vffisi: elle doit son nom et sa fondation a un in£itigable poly graphe, Magliabccclii.
D'après les documents publiés en Angle* terre, et datés de 1850, la Magliabecchiana possède 140,000 volumes imprimés et 10,000 manuscrits. On v remarque des trésors bibliographiques du premier ordre, tels que la Bible de Mayence de 14G2, sur vélin, ainsi
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que rédition originale d*Homire, 1488; VAn^ thologie grecque et V Apollonius imprioués &n 1494 et en 1496 Tous ces livres sont des exemplaires de dé. icace présentés à Pierre de Medicis, ainsi qu*un exemplaire, également sur vélin, de la traduction faite pat Acciaioli, et imprimée en 1496, de THistoire de Florence par Léonard d'Ârezzo {Leonardug Areiinuê).
La copie des Lettres familières de Cicéron d'aprësun manuscrit découvert par Pétrarque dans la bibliothèque du chapitre de Vérone, et la copie des Lettres à Atticus prouvent le culte que le grand poëte avait voué k Torateur romaine Ces copies sont d'ailleurs remarquables sous le rajpport calligraphique. Dn Horace du xii' siècle porte des notes autographes de Pétrarque, mais elles ne paraissent pas offrir de l'intérêt. Un manuscrit fort défectueux ren* ferme plusieurs lettres latines de la main de Pétrarque.
Un Térenee contenant quelques pa^es de la main de Politien avait été , selon Tinscription qu'il y a mise , collationné par lui à Venise sur l'ancien et célèbre manuscrit de Bembo passé à la Yaticaoe. L'impéritie du relieur a en partie mutilé ces notes.
On peut citer aussi de^ vers des troubadours, des ouvrages inédits de Marsile Ficin, divers manuscrits d'AlGeri qui attestent avec quelle persévérance il travaillait et remaniait ses productions.
Un grand nombre de manuscrits de la Laurentienne sont ornés de miniatures intéressantes. Un Evangéliaire syriaque offre vingt^six miniatures qui, après plus de douze siècles, sont d'une merveilleuse conservation. Une Bible latine est de la moitié du vi' siècle. Un Evangéliaire à lettres d'or avec des figures également surfond d'or était autrefois à la cathédrale de Trébizonde. Un Missel provenant de l'ancien couvent des Anges offre des peintures de l'exécution la plus fraîche, la plus soi- Î;née, et provoqua l'admiration de Léon X orsqu'après son élection il vint h Florence.
La Laurentienne a reçu comme appendice la précieuse collection des éditions onginales des classiques grecs et latins, formée par le chevalier Ange d'Ëlci et dont nous aurons l'occasion de reparler, lorsqu'à l'article Cata- LOGUB nous si^alerons celui de cette importante réunion qui se compose de 1207 volumes.
L'histoire de la laurentienne offre une longue succession de troubles et de mauvaise fortune ; après la mort de son fondateur , Laurent le Magnifique , elle fut en partie
fillée. La Seigneurie de Florence , en proie des embarras financiers, vendit ce qui restait auxDominicainsde Saint-Marc qui possédaient déjeune collectionimportante; maisèi'époque où Savonarole exerçait dans la capitale de la Toscane un pouvoir absolu, beaucoup d'ouvrages furent détruits. Les Dominicains, se trouvant gênés à leur tour, vendirent en 1508 leur bibliothèque au pape Léon X qui la fit transporter à Rome. Son successeur. Clément VU, la restitua à Florence. En 1571, le grand-duc Côme 1" la rendît publique.
Pistoie. — La bibliothèque de Pistoieest as* ^ sez belle; elle conserve les manuscrits du chanoine Sozomène, compagnon de Bruni Aretino et dePoggedans les fouilles érudites du monastère de Saint-Gall d'où il exhuma et où il transcrivit le commentaire d'Asconius Pedianus sur quelques harangues de Cicéron, copie qui se trouve parmi ces mêmes manuscrits. La première édition de la Croce racquistata^ d'un poëte né à Pistoie, François Bracciolini, porte ses correctionsautographosqui servirent piiur la réimpression.
Lacques, — La bibliothèque , de fondation récente, compte plus de 25,000 volumes et quelques raretés, le duc étant amateur de livres. Un Evangéliaire gi^c, qui parait du i' siècle, a des miniatures d'un bon style, étonnantes pour cette époque. Un manuscrit autographe du Tasse contient diverses pièces de vers latins. On remarque aussi un bel exemplaire des Trionfi de Pétrarque, le premier livre imprimé à Lucques, en 1477.
Sienne. —La bibliothèque de Sienne compte 50,000 volumes et 5 à 6000 manuscrits. Le plus ancien est un Evangéliaire grec qui remonte à huit ou neuf siècles. Les caractères sont beaux, les figures assez laides, mais très-bien coloriées et dorées ; une magnifique reliure recouvre ce précieux volume qui avait appartenu à la chapelle impériale de Constantinople, et qui, apporté à Venise lors de la chute de l'empire grec , fut acheté par des agents du grand hôpital de Sienne. Un manuscrit des lettres écrites sous la dictée de sainte Catherine de Sienne mérite d'être consulté.
Quelques manuscrits liturgiques offrent des miniatures intéressantes sous le rapport de l'art. Des lettres autographes de Métastase ont été en partie publiées.
Césène. — La bibliothèque de Césène a peu d'importance sous le rapport des imprimés, mais elle contient un grand nombre de manuscrits qui ont été l'objet d'un travail fort étendu deMuccioli : Catalogue codicum fttft/tothecœ Cœsenatis.CdèSQTHB, 1781, 2 vol. in-foL
Nous voici arrivés à Rome. Arrêtons-nousy un moment.
Rome.^ La première origine de la Vaticane, la plus ancienne bibliothèque de l'Europe, remonte au pape saint Hilaire qui rassembla quelques manuscrits dans son palais de Saint- Jean de Latran en 465. Cette collection fut transférée au Vatican par Nicolas V. Elle s'enrichit d'un grand nombre de volumes provenant de Constantinople, lors de la prise de cette ville parles Musulmans; mais lors du sac de Rome, en 1 527 , elle eut beaucoup à souffrir. Le beau local actuel, de l'architecture de Fontana, est dû à Sixte-Quint qui le fit construire en une année. Léon X fit rechercher au loin et copier des manuscrits. La Vaticane reçut successivement la bibliothèque de l'électeur palatin prise à Heidelberg pendant la guerre de Trente ans ; des ducs d'Urbin , de la reine Christine, du marquis Capponi, de la maison f Ottoboni. On évalue à près de 30,000 le nom<à bre des manuscrits qu'elle possède, cinq mille grecs, quinze mille latins, quatre mille orientaux. Tous les codices anténeurs au ix* siècle.
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et les plus beaux de ceux ornés de miniatures furent, au nombre de 500, apportés à Paris en 1797. Mais la plupart ont été rendus en 1815.
Signalons les manuscrits les plus précieux :
Le Virgile, exécuté vers le v* siècle , avec cinquante miniatures, monument très-curieux de la peinture à cette époque. Quelques détails, par la simplicité, le naturel, la clarté et même une certaine dignité, rappellent des temps meilleurs. La plupart de ces compositions, incorrectes, sans clair-obscur ni perspective, rendent toutefois avec beaucoup de justesse les divers sujets.
Le Térence, delà 6n du vin' siècle ou du commencement du ix% paraît une copie d'un original plus ancien. Les figures animées, expressives, sont encore plus barbares que celles du Virgile, Ces deux ornements de la Valicane faisaient partie de la bibliothèque du cardinal Bembo, a'otlL ils passèrent dans celle des ducs d'Urbin.
Un manuscrit palimpseste, qu'on a attribué au III* siècle, provenant, comme ceux de Milan, du monastère do Saint-Colomban de Bobbio, a fourni au traité de la République de Cicéron de nouveaux fragments couveirts depuis huit ou dix siècles par le texte du commentaire de saint Augustin sur les psaumes. Un précieux manuscrit autographe des Rimes de Pétrarque montre avec quel soin ce grand poëte travaillait ses vers.
La magnifique Bible latine des ducsd'Urbin, deux grands volumes in-fol., omésde figures, d'arabesques, de paysages, est un monument de l'art qui a paru digne du Perugin ou des meilleurs peintres ses contemporains. Une Bible hébraïque ayant appartenu aux mêmes ducs forme un volume si lourd qu'il faut deux hommes pour le transporter.
Un rouleau mutilé de 32 pieds, en beau parchemin, couvert de miniatures représentant une partie de l'histoire de Josué et ornant un manuscrit grec du vii' ou du viu* siècle, est l'une des plus singulières curiosités de la Vaticane.
Le Ménologe grec commandé par l'empereur Basile, orné de 430 riches et brillantes miniatures qui représentent des martyres de saints et de saintes^de l'Eglise grecque, avec des vues d'églises, de monastères, de basiliques, est un curieux et complet monument de la peinture froide et pompeuse de Técole byzantine à la fin du x* siècle.
On admire la composition et la richesse des miniatures et des ornements du Bréviaire du roi de Hongrie Mathias Corvin ; il paraît avoir été exécuté à Florence vers la fin du xv* siècle.
Une Vie de Frédéric, duc d'Urbin, offre de belles miniatures de la main de Clovio, célèbre peintre en ce genre.
Un curieux calendrier mexicain se démonte et devient d'une longueur extraordinaire. Il n'est point sur peau humaine comme les deux affreux manuscrits des bibliothèques de Dresde et de Vienne dont le premier offre aussi un calendrier et qui ont été publiés par M. de Humboldt.
Un Plutarque, provenant de la bibliothèque de Christine, a des notes manuscrites de Gro-
tius. Une copie en grec des Actes des Apôtrei, écrite en lettres d'or, fut offerte au pape Innocent VIII par une reine de Cbjrpre.
Une copie manuscrite du Tratté des sept Sacrements, envoyée au pape Léon X, par Henri VIII, roi d'Angleterre, avant qu'il ne se fût séparé de l'Eglise, est très-soignée. Un des trois exemplaires sur vélin de cet ouvrage est aussi à la Valicane.
Une ébauche des trois premiers chants du la Jérusalem délivrée écrits par le Tasse à l'âge de dix-neuf ans, offre un intérêt tout spécial. Des 116 octaves que contient ce manuscrit, plusieurs ont été conservées dans le poëme tel qu'il a été publié.
Un Martyrologe et plusieurs livres de liturgie sont ornés de miniatures très-soignées et très-curieuses.
Quelques imprimés sur vélin de la Vaticane sont au nombre des trésors bibliographiques du premier rang ; nous citerons la Polyglotte d'Alcala 1518, 6 vol. in-fol. Nous signalons aussi la Bible grecque d'Âlde, 1518; un des trois exemplaires des Epitres de saint Jérôme, li68; un des trois exemplaires de l'édition princeps d'AuIu-Gelte, 1469; la belle Bible arabe, Rome, 1671.
Nous avons dit que la bibliothèque d'ouvrages d'art formée par le comte uicognara, auteur d'une Histoire de la sculpture et d'autres ouvrages justement estimés, a été achetée par le pape Léon X et réunie à la Vaticane; le catalogue publié à Pise, en 1821, signalait 4,800 articles environ, mais depuis son mapression, la collection avait reçu des additions intéressantes.
Voici en quels termes M. Edwards décrit la bibliothèque dont nous parions :
a Ce superbe édifice se compose de trois divisions ou compartiments, indépendamment du vestibule, de lantichambre, de la double galerie et de la grande salle. Le vestibule contient des ouvrages chinois relatifs à la géographie et à la chronologie, ainsi que deux colonnes qui portent des inscriptions antiques. L'antichambre est occupée par deux gardes de la bibliothèque et par des secrétaires ou interprètes, ordinairement au nombre de sept, qui parlent les principales langues de 1 Europe et assistent les visiteurs étrangers. C'est dans cet appartement que sont aussi admises les personnes occupées à traduire des textes hébreux, arabes, syriaques, grecs et latins; il est ouvert tous les jours, excepté le dimanche, le jeudi et les jours de fête, fort nombreux à Rome. En quittant l'antichambre, on entre dans une double galerie de chaque côté de laquelle sont rangés les manuscrits grecs et latins de l'ancienne collection papale. A l'extrémité s'ouvre une autre galerie, beaucoup plus longue, appelée la grande salle; à droite sont les collections de manuscrits dites Palatine et d'Urbin; ensuite les imprimés, et à gauche s'étendent successivement les manuscrits orientaux, ceux de la reine Christine (dont Montfaucon a inséré un catalogue dans sa Bibliotheca (ibliothecarum manuscriptortim], ceux d'Ottoboni, ceux légués par le marquis Capponi» et
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DE BIBLI0L06IE.
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: (a riche collection d'ouvraees relatifs ^eaux-arts, au nombre de 5,000 environ, ée par le comte Cicognara et achetée j>av ipe Léon XII. Ces salles, ces galeries ornées de peintures dues à des maîtres »res.
Les livres sont placés dans des armoires ées, de sorte que l'œil du visiteur n*aperpas ces longues rangées de volumes qui ent à lui dans d'autres grands dépôts.
1 y a une grande divergence dans les -es mis en avant par divers auteurs pour Imer Tavoir de la bibliothèc(ue du vati- Dn voyageur intelligent qui a séjourné emps a Rome, sir George Uead, indique Ô imprimés et 23,580 manuscrits. D*un côté, H. Curzon, dans ses Notes on lia- Itfrramf , déjà citées, indique 100,000 nés imprimés et 36,000 manuscrits. Le >ori officiel publié par le gouvernement lis porte 100,000 volumes imprimés et 0 manuscrits. H. Valerv, en 1840, parle 80,000 volumes et de 24,000 manu- ;; 3,000 orientaux, 5,000 grecs, 16,000 latl italiens (ces derniers en petit nombre). inestes circonstances ont été, depuis une ae d'années, un obstacle au développede cette belle collection. En 1855, le srain Pontife a cependant acheté la bilèque du cardinal Maï. »
ouvrage le plus étendu sur la bibliole qui nous occupe est celui qui est in- : La Biblioteca Yaticana. Délia tua oriftno al presenie^ per Dominico Zanelli.
1, 1857, 122 pages in-12. H. Roland a é un extrait de cet ouvrage dans le leum publié à Leipzig, n* 6 et 7 de 1859. fSût d'ouvrages plus anciens sur cette Btion célèbre, on peut mentionner ceux ipbrius Panvinius et d'Ant. Cicarella indans le recueil de Mader : De Biblio- I, Helmstadt, 1702, 2 vol. in-4. Les écrits iilîo Pansa {Délia libraria Yatieana Ra^ menti. Roma, 1590, in-4), et de Angelo ha iBibliotheca apostolica Yatieana, I» 1591, in-4), méritent d*être consultés ;ard des origines de ce dépôt. On trouve description détaillée de son état actuel l'ouvrage allemand publié à Stutteart }30-34 par divers érudits d'outre-Rnin Plattner, Bunsen, etc.), sous le titre de ipHon de Rome. D'après leur témoi- U le Vatican renferme 24,000 manuscrits on et 50,000 imprimés. slques autres grandes collections de liï Kome ne sauraient être passées sous
bibliothèque du Collège romain dirigé )s Jouîtes est considérable, mais arriequelques volumes ont des notes autoles de la main de la reine de Suède, dne. Les livres et manuscrits de Muret, avait lé^és à son ami et disciple le nci, étaient passés dans cette bibliole» mais il n'en reste qu'une faible partie,
On a pobîië le catalogae des nombreux ou- \ qii*avalt réaDÎs ce cardinal : Index bibliomféhiMttF. Barberinu Rom», 1681, deux vol.
le plus grand nombre étant aujourd'hui à la Yaticane. Le recueil de variantes et de matériaux rassemblés parle P. Lagomanini pour une édition complète de Cicéron qui n'a point paru, formait trente gros volumes in-iolio ; malheureusement deux volumes ont été perdus, parmi lesquels se trouve précisément celui qui expliquait les signes de renvoi et qui rendait possibles les recherches dans ce vaste travail.
La bibliothègue Angelica, au couvent des Ermites de Saint-Augustin, compte environ 85,000 volumes et 3,000 manuscrits. Fondée en 1605 par le P. Ange Rocca, augustin, depuis cardinal, qui lui a donné son nom, elle s'est accrue d'une partie des livres du docte Holstenius qu'il avait légués à son protecteur, le cardinal Barberini (51), et plus tard de la riche bibliothèque du cardinal Passionei. On distingue une traduction syriaque de l'Evangile, de l'an 616; quelques anciens manuscrits de Platon, de Boèce, de Dante ; des manuscrits coptes et chinois inédits du P. Bonjour, missionnaire plein de zèle et d'érudition. Parmi les imprimés, on remarque un exemplaire de la Polyglotte de Walton, avec le passage relatif à Cromwell.
La bibliothègue Casanate, établie au couvent des Dominicains iopra Minerva^ fut fondée par le cardinal de ce nom. Le savant Audifiredi avait entrepris d'en rédiger le catalogue; ce travail, très-eslimé, forme k vol. in-fol. qui ont paru de 1761 à 1786, mais il est resté inachevé et ne dépasse pas la lettre A. Cette bibliothèque est, à Rome, celle qui contient le plus de volumes imprimés , et d'après un document oCBciel, fourni en 1851, elle en possède plus de 200,000.
La bibliotheca Alexandrina ou délia Sapienza, fondée par Alexandre VII, contient environ 80,000 imprimés et 3000 manuscrits. Elle est ouverte le soir au public.
La bibliothèque Corsini, créée par Qément XII, occupe huit salles dans le palais qui porte ce nom; on dit qu'elle possède 60,000 volumes imprimés, 1,300 manuscrits et 6,000 gravures. Elle est riche en documents relatifs à l'histoire politique et littéraire du XTi* et du xvir siècfe.
La bibliothèque des Franciscains ou du couvent d'Ara-Cœli se compose de 40,000 à 50,000 volumes, selon les documents publiés par le gouvernement anglais, quoiqu'elle ait eu h souffrir à l'époque des spoliations de 1797, Observons toutefois que sir Georges Head ne lui assignait, en 1841, que 18,000 volumes.
La bibliothèque Lancisiana, fondée en 1721, et placée à l'hôpital du Saint-Esprit, est indiouée comme possédant 30,000 à 40,000 volumes; la YaWcellana ou bibliothèque de l'Oratoire ne doit pas être oubliée.
On pourrait donc évaluer à 41,000 volumes manuscrits et à 700,000 volumes imprimés ce que contiennent les bibliothèques publiques
in-fol. Un troisième volume était promis, mais il n*a jamais vu le jour. Ce catalogue ne se trouve pas facilement.
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de Rome, mais nous devons convenir que ces chiffres sont un peu vagues.
Bologne. — Passons maintenant à Bologne. La bibliolhèque de l'Université a 80,000 volumes et 4,000 manuscrits. Le local est dû à Benoit XIV qui non-seulement laissa tous ses livres à cette bibliothèque (une moitié, de son vivant, l'autre, après sa mort), mais encore invita le carcfinal Philippe Monti, Bolonais comme lui, à suivre cet exemple. C'est un des mérites de la plupart des bibliothèques d'Italie d'avoir quelque illustre fondateur ou bienfaiteur; I>ambertini respire à la bibliothèque de Bologne comme Bessarion h celle de Saint-Marc. De pareils souvenirs donnent à ces bibliothè-
aues une sorte de caractère, de physionomie, 'intérêt que n'ont point les nombreuses bibliothèques créées ou accrues par la spoliation, la conquête et même par d'honnêtes achats, de bienveillantes souscriptions ou le dépôt légal. On remarque, parmi les imprimes, un Lactance de 1465, un exemplaire de la première et rare édition du livre du roi d'Angleterre, Henri VIII, contre Luther (Assertio septem sacramerUorum^ Londres, 1521) avec la signature Henricus rex. Les manuscrits offrent le précieux Lactance vu par Montfaucon au couvent de Saint-Sauveur ; l'illustre bénédictin regardait ce codex comme étant du vi* ou du vu* siècle; il serait du v* selon un érudit italien, monsignor Gaétan Marini; les quatre Ëvangélistes , ms. arménien du XII' siècle avec de charmantes miniatures : ce petit volume, trouvé dans le monastère de Samt-Ëphrem, près Edesse, avait été donné à Benoît XIV par Abraham Negri, Arménien catholique. Deux cents volumes de notes et manuscrits du naturaliste Aldrovande méritent d'être signalés. Les manuscrits orientaux ont de l'importance ; il y en a 550 en arabe, et l'on remarque parmi eux un superbe Dioscoride et un curieux atlas.
La bibliothèque de Bologne a eu longtemps pour directeur l'abbé Mezzofanti, depuis préfet de la Vaticane et cardinal, célèbre par l'étendue de sa connaissance des diverses langues; il en savait jusqu'à trente-deux. Le dépAt en (question était signalé, en 1852, comme renfermant 105,000 volumes imprimés et 3,000 manuscrits. Il est ouvert au public six jours de la semaine (excepté les jours de fête), pendant onze mois de l'année.
Bologne possède encore la bibliothèque Magnani, devenue bibliothèque communale ; elle occupe une partie du couvent de Saint- Dominique; elle fut léguée par l'ecclésiastique dont elle porte le nom, homme lettré et excellent Bolonais, qui voulut que sa biblio- Ihèc^ue servit à ses jeunes compatriotes et fût particulièrement accessible les jours où les autres bibliothècjues seraient fermées. Une pareille destination est singulièrement utile et secourable avec les éternelles vacances et les jours innombrables de clôture des bibliothèques italiennes. Le local de la bibliothèque Magnani, composé de trois vastes salles et d'autres moins grandes, est superbe ; quoique récente, elle compte déjà 83,800 volumes. Une
somme annuelle de mille écus est allouée par la ville pour acquisitions nouvelles.
Naples. — Il existe dans cette capitale juatre bibliothèques publiques, celle du roi ou Borbonica), 200,000 volumes imprimés et 1,000 manuscrits ; celle de l'Univf3rsité, 25,000 volumes; celle du couvent des prêtres de l'Oratoire de Saint-Philippe de Nc^ri, 18,000 volumes et 60 manuscrits; enfin la Libraria Brancacciana, fondée en 1688 par suite d'un legs du cardinal Carlo Brancaccio, et qui iio$sède 70,000 volumes imprimés et un millier de manuscrits se rapportant surtout à l'histoire napolitaine.
Toutes ces bibliothèques sont ouvertes chacjue jour pendant plusieurs heures, mais les jours de fête on n'y est pas admis, et ces jours de fermeture, l'administration les multiplie sans relâche à ce qu'on assure.
La bibliothèque royale, placée depuis 1804 dans le beau et grand salon du palais des Studj, construit par Fontana, compte 150,000 volumes et environ 3,000 manuscrits. Elle se compose principalement de Tancienne bibliothèque Farnèse transportée de Rome à Naples par Charles IIL de celle des Jésuites, de dirverses bibliothèques de couvents supprimés, etc.; elle s'accroît par des achats annuels discutés dans une commission, et elle reçoit deux exemplaires de tous les ouvrages imprimés dans le royaume des Deux-Siciles. Le catalogue des éditions du xv* siècle a été publié par M. de Licteriis (1828-30, 2 vol. infolio) ; elles sont nombreuses, mats il y en a peu de fort précieuses. On distingue le ^orthoU de 1411, le premier livre imprimée Naples, divers ouvrages publiés dans la même ville en 1475 et 1477, \ Ésope latin et italien de 1485 avec des figures sur bois.
Parmi les manuscrits on remarque surtout le Quintus de Smyrne, écrit en 1311, un des meilleurs de ce poëte ; YAtexandra de Lycophron qui a servi pour l'impression donnée par Aide ; un Nouveau Testament grec q|ui remonte au x* siècle. En fait de manuscrits latins, citons le Pompeius Sextus Ft$tui i demi brûlé qui a servi pour les éditions im-
Î)arfaites de ce philologue; les fragments des ivres sur l'agriculture de Gargilius Hartialis, découverts et publiés par Mgr Mai; le célèbre autographe de saint Thomas d'Aquin contenant Texposition du traité de saint Denis Sur la hiérarchie céleste, autrefois précieusement conservé au couvent de Saint-Dominique, et que l'on y expose encore chaque année k la vénération des fidèles le jour de la fête da saint docteur.
Un recueil de lettres autographes de Paul Manuce et du cardinal Seripandi prouve l'bo* norable empressement de ta cour de Rome à
Publier les livres sacrés et les écrits des ères.
Les lecteurs sont assez nombreux à la bibliothèque de Naples ; on se plaint de ce que la communication des livres n'y est pas tresfacile; une salle est destinée aux pers<mnes aveugles auxquelles on lit moyennant une certaine rétribution. Ce cabinet de lecture offre, dit-on, un singulier aspeci, car leslee*
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DE BIBLIOLOGIE.
n'étant pas tous, à ce qu'il parait, fort s, leurs malheureux auditeurs les font îr aQn de comprendre le sens de la s.
ipendamment des quatre autres biblioes publiques que nous avons signalées, )uve encore à Naples : la bibliothèque lérielle, créée en 1807 avec les livres ouvents supprimés et affectée aujourau ministère de Tintérieur; la bibJioe de la Ville dont l'importante colléelu marquis Taccone, acquise par le rnement, a fait le fond.
15 la bibliothèque du couvent de Saint- »pe de Néri, on peut admirer un trèsmanuscrit des tragédies de Sénèque, es brillantes peintures du Zingaro repré- )t les sujets des pièces.
:1e. -— En Sicile, les bibliothèques sont, qu'il paraît, mieux installées et mieux es que dans le royaume de Naples; le Païenne, appelée Bibliothèque comle ou de l'Université, contient près de ) volumes imprimés.
Jésuites de Falerme possèdent 40,000 les.
bibliothèque de Messine compte, dit-on, ) volumes et celle de Catane 40,000.
îtivement ces quatre dépôts renferment manuscrits. Ii existe des collections (importantes à Girgenti, Syracuse, Ter- Nicosia, Caltagirone et Trapani.
lu. — Terminons par ce qui concerne , possession anglaise par suite des vicisss de la guerre, mais qui, géographique-
Ïirlant, fait partie de l'Italie. On trouve ibliothèque publique de cette lie, à a-Valette, des détails dans un rapport de
de Has-Latrie, sur les archives mal- , inséré dans les Archives des Missions ifiques. (Yoy. t. VI, 1857, p. 30.) onneur d'avoir fondé le premier une ^tbèque publique à Halte appartient à ançais, le bailh Louis Guérin cie Tencin. nnant une somme de 7,000 écus de , valant environ 14,000 livres de France, leta une bibliothèque de 5,670 volumes le cardinal Porto-Carrero avait léguée tous ses biens aux chevaliers de Saint-
de Jérusalem, et qui appartenait au r-général de Tordre. II y réunit 4,000 ses environ qu'il possédait, et il fit don itte collection entière à la communauté, dition qu'elle serait placée et conservée un local ouvert au public.
ifdre de Malte accepta le don et décréta,
le chapitre-général de 1776, la fondai*une bibliothèque publique à Cité-late; l'institution fut dotée d'un crédit al pour son entretien et son accroisse- • Le chapitre décida également oue les t, machines, instruments de matnémas, statues, médailles et objets d'histoire "elle, laissés par les chevaliers de l'ordre, .ent, à leur mort, revenir à l'ordre et réunis à la bibliothèque publique.
. premier fond de 9,700 volumes, prove-
de la générosité du bailli de Tencin, jouta leslivres de la Camérata, ou maison
particulière dans laquelle se retiraient les chevaliers que leur piété portail à se mettre à l'écart pour vivre en commun sous une règle plus rigoureuse; une bibliothèque avait été fondée dans cette maison.
La bibliothèque publique s'accrut aussi de la collection particulière de l'église de Saint-Jean de Jérusalem, aujourd'hui cathédrale de la Valette. Des dons, des acquisitions faites avec soin l'enrichirent. En 1777, lors de la réunion de l'ordre de Saiiit-Antoine devienne à celui de Malte, la bibliothèque de Cité -la- Valette reçut de précieux ouvrages provenant de la communauté supprimée. £n llkl le conseil y joignit les livres donnés en 1688 par le docteur Joseph Zammit à rinfirmerie de l'ordre pour l'usage des professeurs et des étudiants en médecine. En 1780, le docteur Gaetano Bruno légua à la bibliothèque une somme de 8000 écus ou 20,000 fr. pour acquérir les meilleurs ouvrages récemment publiés.
Le grand maître Emmanuel de Rohan, élu en 1775, fil élever entre le palais des grands maîtres et la cathédrale, afin de loger la bibliothèque, le bel édifice qui la renferme aujourd'hui. On donna à la construction des dimensions assez grandes pour réunir dans le même local le musée et les collections d'histoire naturelle (ce qui a été réalisé depuis).
La suppression de l'ordre de Malte et les événements politiques dont l'Ile fut le théâtre ne permirent pas de longtemps d'établir la bibliothèque dans le nouveau local. La translation ne s'opéra qu'en 1811. L'ouverture eut lieu le 4 juin 1812. La bibliothèque possédait alors 30,000 volumes. Aujourd'hui elle n'en a guère au delà de 34,000, formant 17,000 ouvrages répartis à peu près de la façon suivante : ouvrages en langues orientales 300; en langue latine, 3,500 ; en français 7,000 ; en italien 5,000 ; en anglais 600; en espagnol 900; autres langues de l'Europe 100. Il faut y joindre un assez grand nombre de revuesscientiûques et littéraires, la plupart en anglais.
Les manuscrits que possède la bibliothèque sont au nombre do 317, formant 380 volumes,
Blus une vingtaine de manuscrits incomplets; [. de Mas-Latrie en donne la liste. On y remarque un grand nombre de documents historiques sur l'histoire locale, diverses dissertations sur le naufrage de saint Paul, un dictionnaire maltais, italien et latin, par le chanoine Agio, en 4 volumes, des ouvrages de jurisprudence, de marine, de littérature.