CHAPITRE XL — Bibliothèques publiques dans lb
MIDI ni:: L*£uU(il>B.
§ L — Espagne,
L'auteur d'un fort bon Guide (en anglais) du voyageur en Espagne^ M. Ford, remarque que dans la Péninsule, les livres ont toujours été rares et chers. Lorsaa'il y a peu d'acheteurs, l'éditeur est forcé ae tenir à un prix élevé ce qu'il n\e\ au jour. Les bibliothèques publiques en Espagne sont peu nombreuses et peu importantes. Celles qu'on a formées dans quelques villes de province proviennent surtout des couvents supprimés.
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et ne renferment presque aucun ouvrage moderne. Les catalogues manquent ou sont fort imparfaits.
La Biblioteca Real de Madrid remonte au règne de Philippe V; elle est oiaintenant logée dans rhôtel de la famille Alcanicer, sur lapiaza del Oriente. Elle est d'un accès très-facile, du moins quant aux imprimés, et trois salles sont consacrées à la lecture. Le service de rétablissement est fort bien organisé. On y compte environ 200,000 volumes imprimés (d'importants ouvrages modernes manquent), et 2.000 à 3,000 manuscrits, parmi lesquels il y en a de précieux en grec, en latin , en arabe , ainsi que des productions remarquables en langue espagnole restées inédites.
Il n'existe, en fait de catalogue imprimé, que celui des manuscrits grecs, rédigé en latm par J. Iriarte , et dont le premier volume in-folio a vu le jour à Madrid, en 1769. La suite n'a jamais paru.
Il existe aussi a Madrid une autre bibliothèque importante , celle de la Couronne, mais elle est, selon H. Ford, en désordre et délaissée. On y conserve beaucoup de papiers d'une haute importance pour l'histoire, entre autres des correspondances diplomatiques qui jetteraientdu jour sur beaucoup d'événements peu connus.
On indique comme ayant de l'importance les collections appartenant à quelques grands seigneurs, notamment au duc de Medina-Cœli et au duc de l'Infantado.
Des diverses bibliothèques disséminées en Espagne, la plus célèbre et la plus ancienne est celle du fameux monastère de l'Escurial. Elle est surtout riche en fait de manuscrits.
Un mémoire sur cette bibliothèque, lu en novembre 1853 à l'Académie de Belgique, a été reproduit, en grande partie, dansiAlhe^ ncBum français, n" du 14 janvier 1854.
Une incendie dévora, en 1671, un grand nombre de volumes, et notamment une forte
Kartie des manuscrits arabes qui formaient i bibliothèque de l'empereur de Maroc, la- } pelle avait été embarquée sur un navire qui ut capturé.
En 1672, selon un écrivain contemporain, la bibliothèque de l'Escurial possédait 4,300 manuscrits dont 67 hébreux, 567 grecs, 1,824 arabes, 1,820 en latin et en langues vulgaires. En 1808, les livres de l'Escurial furent transportés à Madrid et déposés au couvent de la Trinité. Ils y restèrent entassés jusqu'à 1814; ils revinrent alors à leur ancien dépôt, mais quelques-uns (et ce n'étaient pas les moins précieux) avaient disparu; parmi ceux qui se sont retrouvés ainsi bien loin de leur asile primitif, on peut signaler le recueil d'anciennes poésies espagnoles, appelé le Cancionero de Baena qui a figuré à la vente des collections du fameux bibliophile Heber, où il Ait acheté par la bibliothèque impériale de Paris.
11 est juste d'observer cependant qu'onavait exagéré les pertes faites par l'Escurial ; la chose fut démontrée par le récolement commencé en 1838, d'après l'ordre du gouverne-
ment, par les deux bibliothécaires 6. Sanchex et J. Quevedo, qui firent connaître en 1841 le résultat do leurs travaux.
Ces savants constatèrent qu'il manquait 1,034 ouvrages formant 1,573 volumes imprimés; 52 manuscrits arabes parmi ceux qu'avait décrits Castro; 12 manuscrits grecs et 16 Codices dans les autres langues.
Ils complétèrent les catalogues imprimés ou manuscrits qui existaient déjà.
Les volumes qui entrèrent à la bibliothèque de l'Escurial, lors de son origine, se distmguent par l'élégance de la reliure et la dorure des tranches; sur les deux plats de la couverture, ils portent un gril, emblème du martyre de saint Laurent. Les titres sont écrits en grandes lettres capitales sur la tranche des volumes, et, par opposition à ce qui se pratique habituellement, les livres sont rangés dans les armoires qui les contiennent de façon que ce n'est pas Je dos mais la tranche qui est visible.
II existe dans les diverses provinces de l'Espagne un assez grand nombre de bibliothèques, mais elles sont, en général, fortar^ riérées. Le dernier document authentique que nous ayons pu nous procurer h leur égard remonte à 1835; les plus importantes collections mentionnées sont celles de Tolède (30,000 volumes imprimés), de Salamanque (24,000 et 1,500 manuscrits), de l'UniTereité de Santiago à la Corogne (17,300 volumes et 41 manuscrits), de Yalladolid (13,250 volumes). Malaga, Murcie, Lugo, Oviedo, Palma et quelques autres villes possèdent des collections à cAté desquelles on peut signaler celle de l'Institut Asturien et celle de la Junta del commercio à la Corogne; ces diverses collections varient de 3,000 à 10,000 volumes.
La bibliothèque colombienne à Seville était jadis considférable, mais elle a eu beaucoup à souffrir de l'incurie dont elle a été l'objet; les insectes y ont exercé impunément de graves dégflts. Toutefois elle possède encore près de 18,000 volumes, parmi lesquels on distingue quelques livres ayant appartenu à Colomb et le manuscrit d'un ouvrage qu'il entreprit dans le but de démontrer que la découverte du nouveau monde était annoncée dans l'Ecriture sainte.
A Barcelone on conserve la bibliothèque de la couronne d'Aragon ; c'est surtout une collection d'archives ; à Alcala de Henarez, la bibliothèque de l'Université , fondée en 1499, parle célèbre cardinal Ximenez, a reçu les livres que ce prélat illustre lui légua, mais ils ont été, nous le croyons» dispersés eu grande partie et transportés à Madrid. Il serait fort à désirer gu'un ami des livres entreprît, dans la Péninsule, un voyage bibliof graphique, qu'il examinât soigneusementtous es dépots littéraires, qu'il s'enquîl de ce que sont devenues les bibliothèques, les archives des couvents supprimés. Ces recherches au raient certainement pour l'histoire des résultats importants.
§ 11. —Portugal.
Lisbonne possède diverses bibliotbèquest
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DE BIBLIOLOGIE.
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mais jusqu'ici les ressources qu'elles peuvent offrir èrétudesontdemcurées assez peu connues.La bib]iothèc|ue uationalefut créée par un décret du 29 février 1796 ; elle est à présent gouvernée par des règlements établis en 1836 avec la sanction royale, et elle fut considérablement augmentée en 1841 par les dépouilles des couvents supprimés. Le bibliothécaire en chef, don José Feliciano de Castilho Barreto, a fait, dans un travail publié en 1844 {Relatorio a cerca do Bibliotheca nacional), un tableau déplorable du chaos dans lequel étaient tombés les amas de livres provenant des monastères lorsqu'ils lui furent remis. En 1850, d'après les renseignements contenus dans les reports des agents anglais, la bibliothèque nationale comprenait 84,073 volumes et 8,075 manuscr ts.
La bibliothèque de l'Académie royale remonte à 1779; elle reçut, en 1834, la collection des Jésuites et fut ouverte au public. Elle possède 50,000 volumes imprimés.
Les reports qui nous servent de guide assignent à la bibliothèque d'Oporto 48,000 volumes et 1,222 manuscrits; à celle de Coïmbre 52,000 imprimés et 900 manuscrits ; à celle d'Evora 25,000 imprimés et 1,800 manuscrits.
CHilPlTRE XIL — Bibliothèques publiques en Turquie et en Grèce.
Des bibliothèques sont, à Constantinople, ouvertes aux étudiants ; on en compte trentecinq à quarante, et chacune d'elles possède 1,000 à 2,500 volumes, presque tous manuscrits arabes, persans et turcs. Quelques-unes passent pour posséder des débris de l'antiquité classique, mais on ne sait rien de positif à cet égard.
Signalons un opuscule de 24 feuillets, petit in-4, curieux et devenu très-rare; il a pour titre : BibUothecœ sive antiquitates urbis Cimstantinopolitanœ (curante J. Hartangio), Argentorati, 1578, in-4. Les bibliographes n'en parlent pas ; nous ne le trouvons signalé que oans Peignot, qui lui consacre deux lignes. Après quelques notices sur des antiquités vient une liste d'ouvrages, principalement manuscrits, que l'auteur signale comme conservés à Constantinople, mais il ne dit point comment il en a eu connaissance. On remaiv
9ue, pag. 10, vingt-quatre comédies entières 8 Ménandre. Un exemplaire de ce livret fut payé 1 1. st. 11 sh. à la vente Roxburghe.
Les bibliothèques musulmanes à Constantinople ont été fondées, les unes par des sultans, d'autres par des visirs ou des pachas, d'autres par de simples particuliers amis des lettres, m. Lebarbier en a compté 45. La plupart sont annexées à des collèges ou à des mosquées qui en dépendent. Les Chrétiens, surtout les Chrétiens étrangers à Tempire, y pénètrent diiEcilement. 11 serait utile de se procurer leurs catalogues, car lorsqu'on a le titre exact d'un de ces livres composés en Orient» on en trouve en géâérai la description dans une excellente compilation bibliographique rédigée vers le milieu du xtu* siècle par un Turc, nommé Hadji-Khalfa; le titre
est accompagné du nom de l'auteur, de répoque où il a vécu et de l'indication du sujet du livre. Un savant allemand, M. Fluegel, a fait imprimer à Leipzig, 1836-1852, 6 vol. in-4, une édition accompagnée d'une traduction latine de cet utile répertoire.
En 1846, M. de Slanc, chargé d'une mission par le ministre de rinstruclion publique, parvmt à faire prendre copie des catalogues de treize bibliothèques de Constantinople. Ces catalogues furent déposés à la bibliotnèque de la rue de Richelieu. Ils ont été imprimés à Leipzig comme suite au Dictionnaire bibliographique dlladji Khalfa. Rédigés par des gens du pays, ils sont d'ailleurs loin de répondre à ce "que la critique exigerait chez nous. Souvent les litres y sont énoncés d'une manière incomplète; quelquefois ils manquent, et on lit seulement : ouvrage d*un tel; ce qui n'apprend pas grand'chose, surtout s'il s'agit d'un auteur qui a composé plusieurs ouvrages. Néanmoins ces inventaires sont d'un grand prix; ils révèlent l'existence d'ouvrages peu connus; d'autres livres indiqués ailleurs d'une façon défectueuse se présentent avec un caractère plus précis; enfin, du moment qu'où sait que tel ouvrage existe dans tel dépôt, on peut en faire faire une copie.
On a également reçu à Paris, il y a quelques années, copie du catalogue de la bibliothèque placée dans la grande moscjuée de Tunis, et en 1852, l'Académie impénale des sciences de Saint-Pétersbourg en a fait faire une transcription.
L'ouvrage de l'abbé Toderini, sur la littérature des Turcs, dont il existe une traduction française, 1789, 3 vol. in-8, contient des détails sur les bibliothèaues qui se trouvent dans les domaines du Sultan.
On n'a cessé d'avoir l'espoir de découvrir dans quelque dépôt jalousement conservé
f)ar les Turcs, de précieux monuments de a littérature grecaue. Les diplomates, les savants, les amis des lettres, se sont livrés depuis des siècles à ces investigations qui n'ont amené aucun des résultats qu'on se flattait d'obtenir. Il ne faut pas toutefois se décourager; quoiqu'on ait plusieurs fois répété que la bibliothèque du Sultan ne renfermait que des ouvrages orientaux, et qu'il ne s'j trouve point de manuscrits gœcs ou latins, il est permis de partager l'opinion du savant Tischendorf, qui regarde comme probable qu'il y existe de précieux manuscrits qui y furent déposés loi-s de la chute de l'empu^ grec, et qui reposent depuis des siècles dans un sommeil qui n'a jamais été troublé.
Lorsque lord Elgin fut nommé ambassadeur en Turquie, en 1799, le gouvernement anglais chargea un savant helléniste, le docteur J.-D. Carlyle, de l'accompagner afin de faire des recherches dans les bibliothèques du Levant. Le docteur rendit compte de ses investigations dans diverses lettres; les pins intéressantes font partie de l'ouvrage de M. Walpole : Memoirs relating to european and asiatic Turkey.
Dans une lettre datée du 3 iuillet 1800« le docteur s'exprime ainsi : « J'ai été informé que
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copte on quatre volnincs, et un Nouveau tament en copte et en arabe.
Un iésuite missionnaire en Egypte, le P. Sicard, rendait compte, dans une lettre qui fait partie des Lettres édifiantes^ de la venue, en 1715, dans les monastères du désert, d'un savant Maronite, délégué par la Propagande, Joseph Assemani ; le motif de son voyage était de faire la recherche des vieux manuscrits arabes et coptes, et de les acheter à quelque prix que ce fût, pour enrichir la bibliothèque du Vatican.* Je 1 accompagnai dans les monastères du désert de Saint- Macaire. Nous trouvâmes un grand nombre de livres très-rares. Il prit ceux qui lui convenaient. Après cette première recherche, il partit pour la Syrie. Quelques mois après, il revint au Caire, et nous nous rendîmes aux couvents de la Thébaïde.
« Au monastère de Saint-Antoine, nous trouvâmes trois coffres pleins de manuscrits; c'est tout ce qui avait pu échapper des pillages des monastères en différents temps ; nous les feuilletâmes les uns après les autres; les manuscrite ne contenaient pour la plupart que des prières et des homélies en langue copte et arabe. L*abbé Assemani ne trouva que trois ou quatre manuscrits dignes du Vatican. Il les acheta du supérieur à Tinsu des moines. »
Plusieurs des souverains qui ont régné sur les rives du Nil ont montre pour les livres «un goât éclairé et plein de zèle. Les califes avaient formé au Caire une magnifique collection de manuscrits richement relies et qui remplissaient quarante salles, mais en Tan 1080, les troupes se soulevèrent parce q[u'on ne leur payait pas leur solde ; la bibliothèque fut pillée ; un grand nombre d'ouvrages furent déchirés, détruits, jetés dans le Nii, ou vendus à vil prix et dispersés.
Une bibliothèque très-considérable existait à Tripoli en Syrie ; 100 copistes y étaient attachés et travaillaient sans relâche ; on y Pouvait des milliers d'exemplaires du Coran et de commentaires sur ce livre. En 1109, cette collection fut livrée aux flammes, lorsque les croisés s'emparèrent de Tripoli.
COâPITRE XIV. — Bibliothèques ex Amériqie.
5 î. — Etats-Unis.
La première bibliothèque fondée par voie do souscription aux Etats-Unis fut celle de Philadelphie dont Franklin fut le créateur en 1731 ; il se réunit à quelques amis, et la collection d(»nt ils jetèrent ainsi le germe se développa graduellement. Plusieurs personne* se firent un plaisir de lui donner ou de lui léguer des collections importantes. Des achats heureux furent accomplis, et cette bibliothèque qui ne possédait, il y a soixantedix ans, que 5000 volumes, en compte maintenant plus de 60,000. Elle est ouverte au public qui peut consulter tous les ouvrages qu'elle renlferme; le prêt au dehors n'a lieu qu'en faveur des souscripteurs.
C'est aussi à Philadelphie que se trouve la bibliothèque de la Société philosophique amé^
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ricàine; cet établissement littéraire, créé en 1742, possède plus de 20,000 volumes.
La Dibliothèque de Redwoooi, ë Newporl (Rhode-Island), doit son nom à son fondateur, Abraham Redwood, qui en 1737 flt don «le 500 1. st. pour acheter a Londres des ouvrages importants. Cette collection, remarquable par son ancienneté, ne compte guère au delà de 5000 volumes.
La bibliothèque de la Société de New-York date de 1754 ; une souscription ouverte parmi quelques amis des lettres lui servit de base. Durant la guerre de l'indépendance, elle eut à souffrir des dilapidations dont elle fut l'objet. En 1795, elle ne contenait eneoreque 5000 volumes. En 1847, elle fut transportée dans un nouveau local, et elle était amvée k 27,000 volumes ; enfin en 1856, elle fut installée dans un édifice construit pour la recevoir et elle n'avait pas moins de 40,000 Tulumes.
Vers 1750, des habitants deCharlestown organisèrent une bibliothèque qui devint bientôt considérable, mais qui fut presque entièrement détruite par un incendie en 1778. En 1792 on songea à réparer cette perte, et en 1811 on avait déjà rassemblé 7000 volumes; aujourd'hui on en possède plus dé S4,000.
La bibliothèque de Salem, dans le Massachusetts, créée en 1760, était bien peu nombreuse lorsqu'elle se trouva soudain augmentée par la prise d'un navire sur lequel un chimiste anglais, Kirwan, avait embarqué une collection de livres auxquels il voulait faire traverser le canal dlrlande. Les capteurs cédèrent à bon marché des dépouilles dont ils faisaient peu de cas. La bibliothèque de Salem, ainsi enrichie, a continué de s'aerandir ; elle possède aujourd'hui plus de 13,000 volumes.
La bibliothèque fondée en 1765, également
I)ar souscription, compte plus de oOOO voumes. Celle de la Société historique de Nevh York , créée vers le commencement de ce siècle, possède près de 18,000 volumes parmi lesquels se rencontrent, comme de raison^ un grand nombre d'ouvrages importants relatifs à rhistoire de l'Amérique au Nord.
La bibliothèque de VAthenamm de Boston brille au milieu des collections de ce genre aux Etats-Unis. Fondée en 1806, elle a déjà réuni près de 60,000 volumes logés dans un édifice élégant et bien distribué. La construction du bâtiment et Tacquisition des livres ont entraîné une dépense de 54,000 liv. st. (plus de 1,350,000 francs), et cette somme a été réunie tranquillement et sans bruit par voie de souscriptions ou de donations. Cette bibliothèque est riche en fait d'ouvraçes sur l'histoire naturelle et en travaux des diverses sociétés savantes. On y trouve une partie de la bibliothèque qui avait appartenu à Washington. Elle fut achetée au moyen d'une souscription ouverte parmi quelques habitants de Boston et offerte à l'i^/if mnim. Elle comprend environ 4500 volumes et un millier de brochures; 350 volumes portent la signature de l'illustre général ; quelques-uns ent des notes de sa main ; un volume porte sou
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était arrivé sous ce rapport; toute beauté; des peintures t d'une exécution aamirable; urne derint la propriété de 1825, à la vente des livres ste, il fut adjugé au prix
Hvsore qui lutta avec tant re les Anglais, Tippoo-Saeb, Ihèque fort intéressante qui t de conquête, la propriété it britannique, et dont le ca-
par Ch. Stewart, forme un s au jour à Londres en 1809.
cle de rëre chrétienne, on
des traces de l'existence de lèques, et il est d'ailleurs il y ait de vastes collections ^et empire où les volumes Dreux. Dv'S publications giiié encouragées par le gou-
CereurKhien-Long décréta, licaiion d'une anthologie aire Trésors, composée des intéressants sur toutes les onnaissances humaines. £n îinq ans après la formation m), il avait paru soixantesix cent vingt-sept volumes ion, qui se continue et qui e, que lorsque cent soixante mrom été imprimés, ^kes dans la Relation de son les Birmans, nous apprend le kioiU ou monastère, il y livres, et il fut étonné de ;eux qui se trouvent dans la aie, dont les grandes caisses s de »cent volumes :
it classés par ordre, et le concoure était écrit en lettres ivercle. Le bibliothécaire en nous -montra de très-belles s planches d'ivoire minces, rient ornés de fleurs d'or, traueoup de netteté. Je vis pluincien palli, langue sacrée des irait dans le plus grand ordre, des livres sur divers suiets, Dent sur la théologie. L his- 3, la médecine» la peinture, snnent aussi leur place. Les en distribués et numérotés ; les sont remplies avec autant Des qui furent soumises à 1, il est probable que sa e a une bibliothèque plus 'aucun potentat, depuis les le, jusqu'aux frontières de la
>lissements scientifiques eui dans rinde, possèdent des *ù, à côté des manuscrits du nt des ouvrages scientiQques irope; nous nous contentenner 1" ÏAsiatic society of ilie, à Calculti , un journal rouvent souvent, à côté de )tes sur tout ce qui concerne
;ONN. DE BiBUOLOGlK.
rinde, des détails sur la situation de la bibliothèque; 2* la Société de Madras et celle de Bombay : leurs bibliothèques ont encore peu d'importance.
{ IL — Afrique,
On compte bien peu de bibliothèques dans cette partie du monde, encore livrée à la barbarie. On croit que des collections assez importantes de manuscrits arabes subsistent à Méquinez et à Fez, mais Tintérieur du Maroc est, on le sait, fermé aux Européens. Les bibliothèques du Caire sont dans le genre de celles de Constantinople, mais moins im-
[)ort^ntes.Quelques monastères égyptien sont ongtemps possédé de précieuses col lections de manuscrits, (qu'ils n'ont pas conservées.
A la fin du siècle dernier, quelques voyageurs, tels (^ue Brown et le général Andreossy visitèrent les couvents du di^sert. Brown dit que le supérieur d'nn de ces monastères lui assura qu'il y avait 800 volumes; Andreossy signale ces collections comme ne consistant qu'en ouvrages ascétiques en copte ou avec une traduction marginale en araoe.
Vingt-s^)pt ans plus tard, un riche seigneur anglais, lord Prudhoe (aujourd'hui duc de Northumberland), parcourut l'Egypte; il se rendit au couvent de El Baromens, où il trouva une douzaine de moines qui soutinrent d'abord n'avoir d'autres n)anuscrits que ceux qui étaient dans leur église, mais le lendemain, quelques petits cadeaux les rendirent plus traitables et lord Prudhoe put acheter quelques manuscrits. Il fit aussi quelques acquisitions au couvent de Sainte-Marie Deipara, où il trouva la bibliothèque (ou plutôt les manuscrits éparpillés et formant un amas de feuillets amoncelés) dans une cave, où l'on ne pouvait descendre qu'eu soulevant une trappe.
En 1837, un autre Anglais, M. Curzon, visita les monastères d'Egypte, et il obtint des moines du couvent de Sainte-Marie la cession d'un grand nombre de manuscrits, qu'il livra au Musée britannique. Un orientaliste, M. Tattam, vint un peu plus tard de l'Angleterre, et acheva d'acquérir ce qui restait. Ces Codices syriaques transportés à Londres (et nous en avons déjà dit quelques Bfiots) ont fourni matière à nuelques publications, qui ont fait connaître aes textes restés ignores jusqu'ici, de quelques Pères de l'Eglise. Nous aurons l'occasion de mentionner ailleurs ces travaux.
D'autres Européens avaient été précédemment bien moins heureux dans les tentatives qu'ils avaient faites.
Vers 1680, un savant anglais, Robert Huntington, visita les monastères de r£g>'pte; il s'efforça inutilement d'obtenir une traduction syriaque des Kpitres de saint Ignace, dont l'existence est aujourd'hui bien connue. Les moines se souciaient peu de leurs livres, mais ne voulaient pas les montrer. Huniington visita trois couvents ; il signale un Ancien Testament en caractères eslranghelo, deux volumes de saint Chrysostome en copte et en arabe ; un Lectionnairê
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établie k Boston en 1826 n*est pas encore fort considérable, car ellje ne dépasse pas 10.000 volumes, mais elle possède des ouvrages précieux (ceux d'Andubon sur les oiseaux d'Amérique, de Botta sur les monuments de Ninive, d'Hamilton sur les antiuuités, etc.) ; elle renferme aussi les registres Jies délibérations de la cour générale de la province, allant de 1629 à 1777.
Les autres bibliothèques des Etats de l'U* nion sont encore dans I enfance et de création récente. Celle du Marvland date de 1827 et
Sossède près de 15,000 volumes. Celle du [issouri fut détruite par un incendie en 1837, huit ans après sa fondation ; elle a été réorganisée et compte 6000 volumes environ. Celle de la Virginie remonte & l'an 1828 (15,000 volumes), et celledu Kentucky à l'an 1834 ifl2,000 volumes). Le Maine commença en 1836 à former sa bibliothèque qui est à présent de 16,000 volumes.
Indépendamment des bibliothèques des Etats, il faut citer celles des villes eréées et entretenues au moyen des ressources municipales. Ce n'est qu'en 1848 que de semblables institutions surgirent aux Etats-Unis, et ce Ait Boston qui donna l'exemple. Le corps législatif autonsa la dépense de 5000 dollars par an pour l'entretien de l'établissement ; quelques particuliers se piquèrent d'honneur pour fiiire preuve de générosité ; quelquesuns donnèrent des collections importantes ; M. Joshua Buxter offrit la somme énorme de 50,000 dollars (265,000 francs) pour servir à des achats de livres ; cette somme fut emplotée à l'achat d'une rente qui mit & la disposition de la ville 600 I. st. (15,000 fr.) de revenu annuel. M. J. Philipps fit don de 2000 1. st. qui reçurent un semblable emploi.
Le 20 mars 1854, jour de son ouverture, la bibliothèaue municipale de Boston possédait près de lz,000 volumes ; le 31 décembre de la môme année, elle en comptait 16,553 ; 6360 provenaient de dons, et le reste d'achnts. Le 1*' janvier 1858, le nombre des volumes était arrivé à 59,970.
A New-York, il se trouva à la même époque un négociant d'une fortune énorme et ami de l'élude qui dota cette ville d'une bibliothèque des plus importantes.
Jean-Jacques Astor, né dans le petit village de Waldorf, près d'Heidelberg, se rendit à Londres très-jeune et sans aucune fortune. A force de persévérance et d'économie, il devînt possesseur d'un petit capital qu'à la guerre de l'Indépendance, il employa à acheter des marchandises propres aux besoins de l'Amérique. Il se rendit à New-York et se livra au commerce des fourrures avec succès. Lorsqu'un traité fut passé pour ouvrir des relations commerciales entre le Canada et l'Union, il ps^sa un marché avec la compagnie anglaise du nord-ouest pour lui fournir des fourrures, et tels furent ses bénéOces qu'À l'expiration d'une douzaine d'années, il put créer !a Compagnie américaine des fourrures et y verser un capital d'un million de dollars. Il voulut fonder une colonie au delà des montagnes Rocheuses, et quoique ce
projet ne réussît pas, il en retira d'amples profits.
Par son testament du 22 aoôt 1839, H. Astor déclara que voulant rendre service à la ville de New-York, et contribuer au progrès des connaissances humaines et du bien général de la société, il léguait 400,000 dollars (2,120,000 francs) applicables à la construction d'une bibliothèque, à l'acquisition de livres, cartes, etc., aux frais de finstallation et de l'entretien; une somme de 45,000 dollars devait être consacrée à l'érection du bâtiment, 120,000 dollars devaient être employés en achats de livres, et le surplus en acquisitions de rentes , afin de maintenir les collections sur un pied très-satisfaisant.
La ville de New-York s'empressa d'accepter ce legs, et un comité composé de littérateurs distingués (le chancelier de l'Etat et le maire de la ville en font de droit partie) fut cliargé de prendre tous les arrangements nécessaires et do présenter chaque année, au mois de janvier, un rapport sur l'état de la bibliothèque.
Conmiencé en 1850, l 'édifice fut terminé en trois ans. Le 1" février 1854 là bibliothèque, contenant 80,000 volumes environ, fut ouverte au public. La grande salle a 100 pieds de long sur 60 de large et peut contenir 100,000 volumes. Les salles de lecture sont susceptibles de réunir 500 personnes. Les frais de construction ne dépasseront pas les 375,000 fr. qu'avait stipulés Je donataire ; les dépenses résultant de l'installation (88,000 fr. environ) furent couvertes f>ar les intérêts qui s'étaient accumulés sur e capital légué.
On s'attacha à former une collection véritablement encyclopédique et embrassant toutes les branches des connaissances humaines. A l'époque de son ouverture, la bibliothèque Astorienne possédait 3752 volumes reJalifs à la théologie ; on y trouvait les meilleures éditions hébraïques et grecques de l'Ecriture sainte, de nombreuses traductions dans les diverses langues de l'Europe et de l'Orient, la plupart des éditions oes Pères publiées par les Bénédictins , les grandes collections des conciles.
La jurisprudence comptait 3107 voiumes, dont la majeure partie regardait le droit moderne de TEurope, et spécialement de l'Angleterre. On avait réservé pour Taverne la section du droit des Etats-Unis.
Pour les sciences mathématiques près de 5060 volumes : la section de l'astronomie était d'une richesse remarquable.
On trouvait pour Thistoire naturelle 4249 volumes, parmi lesquels on remarquait les splendides et coûteux ouvrages de Wallich, aAndubon, de Martini, de Gould,deSibthorp, de Lambei-t, de Chanu. Chimie, physique et arts utiles, plus de, 5000 volumes, et''2000 volumes de mémoires de sociétés savantes; beaux-arts, 2500 volumes^(lcs 50 premiers avaient coûté 2975 dollars); sciences médicales, 1751 volumes.
La classe de Ihistoire ne renferme pas moins de 20,350 voluoies dont 3407 sur