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DE BIBLIOLOGIE.
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l'histoire de TAmérique. Cette partie de la bibliothèque présentait une réunion trèsconsidérable d'anciens voyages dans tous les pays du monde et beaucoup de vieux ouvrages en espagnol.
Dans le département des belles-lettres, la section de la linguistique parait la mieux pourvue; elle possédait 21,000 volumes y compris les meilleurs ouvrages sur l'Eg^'pte et les langues de l'Orient (la plupart rares et d[un prix élevé) ; cent quatre langues ou dialectes étaient représentes par leurs grammaires ou dictionnaires. La littérature grec- 3ue et romaine comptait 3100 volumes; celle e ritalie 1761 ; de la France 3101 ; di». l'Espagne et du Portugal 673 ; de la Hollande 156; de TÂllema^ne environ 1400; de la Scandinavie 809. Le nombre des ouvrages en langues hongroise et slave était de 41. La littératureanglaise était représentée par 3400 volumes, dont 300 avaient rapport à Shakespeare.
Le département des polygraphes comptait 5000 volumes.
Ces acquisitions furent faites sous la direction du ikhliothécaire Cogswell qui fit deux voyages en Europe pour visiter les villes où le commerce de la librairie est le plus actif et oui inaugura lui-môme la bibliothèque de la meilleure manière possible en offrant 5000 volumes recueillis à ses frais et relatifs à toutes les branches des sciences humaines.
D'autres bienfaiteurs suivirent cet exemple et M. W. Âstor, (ils du fondateur de celte belle institution, fit don de 12,500 dollars destinés à former une collection technologique complète réunissant des livres sur chaque branche de l'industrie et des sciences mécanioues.
En lo58, les revenus de l'établissement étaient de 2473 livres sterling (61,825 francs) et les frais d'entretien ou d'administration de 1132. Restait une somme de 33,525 fr. applicables en acquisitions de livres ou en reliures.
Indépendamment des bibliothèques des Etats et des villes, quelques établissements d'instruction publique possèdent aux Etats- Unis des collections importantes.
Le collège Harvard fut fondé en 1632 à Cambridge dans le Blassacbusetts ; il doit son nom k un citoyen qui lui légua la moitié de sa fortune et les livres en petit nombre qu'il possédait. La collection s'accrut et elle avait acquis quelque importance en 1764 lorsqu'elle fut détruite par un incendie. Ce désastre fut bientôt réparé : 3000 livres sterling furent votées ou recueillies par souscription afin de rebfllîr l'édifice. Des envois de livres, des dons
Eécuniaires vinrent de différents côtés, et la ibîiotbëque se reforma rapidement. De riches Américains se plurent à l'enricbir. En 1818 Israël Thomdike de Boston lui fit don de la collection géographique du professeur Ebeling, achetée à Hambourg; il s'y trouvait 10,000 cartes et 3200 volumes relatifs, en grande partie, à rAmérique. En 1823, Samuel ElUotde Boston acheta et donna la collection
américaine de Wardcn. En 1846, sir Thomas Grenville, dont nous aurons occasion de reparler, légua & VUartard Collège 100 livres sterling pour être employées en achats de livres.
Le local devenait insufiisant, mais en 1837 on put le rebâtir et l'agrandir par suite du magnifique legs d'un jurisconsulte, Christophe Core , qui laissa au collège sa fortune, laquelle, après le payement de quelques rentes viagères, ne fut pas au-dessous de 20,000 livres sterling.
En 1841, la bibliothèque fut transportée dans le nouveau local ; les livres atteignirent alors le chiffre de 38,000 volumes. En 1842, trente-quatre citoyens de Boston donnant un exemple de générosité remarquable, souscrivirent entre eux une somme de 4000 livres sleHing afin de combler les lacunes- qu'on remarquait dans la partie des sciences. De 1842 à 1850, 12,000 volumes furent achetés au moyen de ces ressources. D'autres dons eurent'iieu, et d'après un document publié, en 1855, la bibliothèque du collège Harvard était divisée en quatre sections : 1** Bibliothèque publique, 61,000 volumes, plus de 25,000 opuscules (manuscrits peu nombreux et sans importance); 2^ bibliothèque de droit, 14,000 volumes bien choisis; 3"* bibliothèque théologique, 3000 à 4000 volumes (belle collection d'éditions de l'Ecriture sainte et des Pères); 4** bibliothèque médicale, 1300 volumes.
On peut signaler aussi les bibliothèques (lu collège Yale (30,000 volumes), du colléoe Columbia à New- York (16,000 volumes), de runiversité de Brown à Providence (26,000 volumes), du collège Dartmouth, New-Hampshire (21,000 volumes). Le collège de la Caroline du Sud et celui de la Vir^nie ont 82,000 volumes chacun ; le séminaire théologique d'Andover en possède 24,000, et celui de New-York 18,000 environ. En général, ces collections doivent beaucoup à des dons par* ticuliers, et sous ce rapport, ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le montrer, les Américains se distinguent de la façon la plus louable et se montrent fort supérieurs a ce qu'on voit en Europe.
Nous ne pouvons oublier la Smilkionian Institution dont le siège est à Washington. Cet établissement, fondé par un Anglais trèsriche qui lui a légué sa fortune, est consacré au progrès des sciences ; il a publié d'importants travaux qu'il distribue avec libéralité aux sociétés savantes et aux bibliothèques publiques des diverses parties du monde ; il possède lui-môme des collections d'histoire naturelle et une bibliothèque qui acquiert constamment des richesses nouvelles. Un rapport annuel expose en détail les accroissements que ne cessent d'acquérir ces diverses collections.
Le rapport daté de 1839 fait connattre les progrès de la bibliothèque ; un système d'échange suivi avec zèle procure de bons ouvrages, et l'on s'attache à réunir, autant uc possible, une série complète des travaux os sociétés savantes éparses sur la surface
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DICnONNAIRE
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du Klobe. En 1858, il a été reçu 723 volumes, 1693 brochures ou livraisons et 122 cartes. Un catalogue de cette collection est sous presse. L'importance qu'attache l'Institut Smithsonien aux actes des académies lui a fait désirer qu'une table générale des mémoires et notices répandus dans les volumes de ce
Senre fût hvré au monde savant. A cet égard es propositions ont été faites par un savant de Berlin, le docteur JuUus Friedlander. Une note qu'il a transmise à l'Institut est insérée dans le Rapport en question. Cet érudit demande cinq ans et une subvention de 25,000 dollars pour rédiger et publier un répertoire complet de ce qui regarde les sciences naturelles et mathématiques. Il est à désirer que ce travail s'effectue.
§ IL -^ Autres bibliothèques américaines.
On sait que les sciences et les lettres sont
B)u cultivées dans rAmériaue du Sud et au «'xique; les bibliothèques au Pérou, duChili^ des Etats de la Plata , sont sans importance , celle de Rio-Janeiro offre plus de richesses. On trouve à la Havane une collection qui n'est pàs sans mérite, et le Canada, subissant à la fois l'influence de l'Angleterre et celle de l'Union, a réuni à Québec et à Montréal des collections assez considérables, mais ce n'est
3ue dans un ouvrage spécial qu'il convienrait d'examiner avec quelque détail ce qui concerne ces bibliothèques peu connues en Europe.
BIBLIOTHEQUES spéciales. — On donne ce nom à celles qui sont formées dans le but de réunir en aussi grande quantité que possible les ouvrages relatifs à tel ou tel objet, vers lequel se portent les prédilections ou les études d'un amateur ou d'un érudit. De pareilles collections permettent seules, en présencedu nombre croissant des livres, d'arriver à quelque chose de complet. Laissons à cet égard la parole à M. Nodier : nul n'a mieux que lui parlé de tout ce qui concerne les livres :
« Si l'on observe que ce genre de collections peut s'approprier à toutes les études de l'homme, et que c'est de la réunion seulement d'un nombre immense de bibliothèques spéciales qu'on obtiendrait une bibliothèque générale bien complète et bien ordonnée, on condescendra un peu è cette innocente monomanie. Je ne crois pas cependant qu'il soit possiblede former au complet la bibliothèque spéciale la plus restreinte, la plus exiguë; je mettrais le bibliophile et le savant le plus expert au déQ de réunir sans exception tous Içs livres que la presse a produits sur la plus vaine science dont l'esprit humain se soit avisé. »
En fait de bibliothèques spéciales formées >ar des amateurs opulents, M. Nodier indique H merveilleuse bibliothèque dramatique de M. de Soleinne : « Monument incomparable d'une patience assidue et d'une vaste instruction qui ferait honneur au Musée des rois. » Il mentionne dans les bibliographies spéciales, celle des Croisades à la suite de VUistoire de M. Michaud, et la Bibliothèque de droit,
également parfaite en son genre, mie M .Dupin
aîné a savamment développée à la suite des
Lettres de Camus sur la'profession d'avocat.
Il ne faut pas oublier certaines bibliogra-
fhies spéciales étrangères à notre époque ou notre langue, mais qui relèvent plutôt de la bibliographie d'amateur, que de la bibliographie de profession, quoiqu'elles ne lui aient pas nui, telles que la Bibliothèque dramatique de la Vallière (1758, 3 vol.) ; les NovfUieri de Borromeo (1805, in-8); les Textes de la Crusca de Gamba (nous en avons parlé) , et les Epopées romanesques de}Ae\ii (1838, in-8), livres plus ou moins importants dans leur espèce et les deux derniers excellents.
« Le catalogue bien fait d'une bibliothèque spéciale peut être un livre indispensable. C'est un travail qui exige beaucoup d'exactitude et beaucoup de méthode, c'est-à-dire de la conscience et du jugement. »
« L'amateur de livres classiques de l'antiquité ne peut se passer des catalogues de Mailtaire, deRewiczky et d'Askew, celui des voyages du catalogue de Courtanvaux, celui de la botanique du catalogue de Lhéritier. Quand on ne possède pas la bibliothèque immense, incomplète et cependant presque inexplorable du P. Lelong, on ne saurait se dispenser, pour pénétrer dans le dédale de l'histoire de France, de consulter les catalogues de Lancelot et de Secousse. La philologie orientale a un excellent Manuel dans le catalogue de Langlès, chef-d'œuvre d'ordre et de méthode dont quelques erreurs inévitables ne diminuent pas le mérite. >.
Depuis que M. Nodier traçait ces lignes (et elles étaient provoquées par le catalogue de la bibliothèque de M. Lerouge, vendue en 1835 et composée d'une foule d'ouvrages relatifs à la franc-maçonnerie), de nouvelles publications ont eu lieu, et elles ont mis au jour les richesses de quelquesbibliothèques spéciales. Le catalogue de la bibliothèque de M. Leber a fait connaître une réunion trèsimportante d'écrits relatifs à l'histoire de France. Le catalogue de M. Silvestre de Sacy (1845-47, 3 vol. in-8) a laissé bien loin derrière lui celui de Langlès sous le rapport de ce qui concerne l'Orient. La bibliotnèque de M.BoissonadepDur la littérature grecque,celles de Raoul-Rochette et de Letronne pour la théologie, celle de Jussieu pour la botaniaue, fournissent de très-utiles inventaires, d'importantes collections spéciales. Le catalogue de la collection dramatique de M. do Soleinne (1843-46, 5 vol. in-8), et celui de M. Huzard (chasse et science vétérinaire, 1846, 3 vol. in-8) sont des répertoires précieux en leur genre.
On peut aussi citer comme bibliothèques spéciales celle d'un Anglais, le docteur James Douglas, qui s'était efforcé, vers le milieu du siècle dernier, de réunir toutes les éditions d'Horace ; il en possédait plus de 450.
Une collection du môme genre mais moins considérable, la Bibliotheca Uoratiana de J. W.Neuhaus, est entrée dans la bibliothèque de la ville de Leipzig, ainsi que \q. collection cicéronienne formée par le savant Er-
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DE BIBLIOLOGIE.
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. Le catalogue de la première a élé publié le titre de Syllabuê editionum Q. Hointerpretationum , versionum. Leip- 775, in-8. (Dans le catalogue de la bibliole Walckenaër. Paris^ 1857, dont nous *leroas, lUarticles (n* 1091 à 1205) conlient Horace.)
duc de Wurtemberg, mort au commennt de ce siècle, avait voulu rassembler s les éditions de la Bible en quelque 16 que ce fût (5!2), et il était parvenu à . T dans son château plusieurs milliers de nés. Le catalogue en a été publié par Toaliste Adier (Altona, 1787, in-4).
elques littérateurs, sans s'astreindre à bibliothèques où ne peuvent être admis des ouvrages d'un genre spécial, ont de réunir toutes les éditions d'un auteur i été de leur part l'objet de travaux conables, et tous Içs ouvrages relatifs à cet ir. C'est ainsi que le catalogue de l'iminte bibliothèijue de M. Walckenaër une réunion tort importante d'éditions race, de la Bruyère et de la Fontaine.
médecin établi h Paris, M. le docteur Q, a formé une bibIiotliè({ue spéciale curieuse au sujet de Montaigne, la pere et les écrits de l'auteur des Essais i été le but de ses études les plus perséiles.
os le genre de collections gui nous oc- , il faut mentionner la bibliothèque mi- 3 formée parle duc de Gênes (frère du ctuel deSardaigne). Ce prince, mort en , avait voulu réunir tous les ouvrages rtants relatifs à l'art de la guerre ; sa )tbèque ne compte pas moins de 11,000 Des; elle est aujourd'hui la propriété du u duc, le prince Thomas, encore en bas- La veuve du duc est la tille du roi de , Jean, littérateur distingué et biblioï fervent. Elle a le projet de rendre pule cette collection ; en attendant elfe en i6é la garde et la direction à un militaire uit , Mariano d'A^ala, officier napoliqui fut en 1848 mmistre de la guerre en ane, et qui s'est fait connaître par divers âges estimés (Navoli militare , 1847; lografia mililare Italiana antica e mo* a, 1854).
itre autres ouvrages antérieurs à l'an , CD remarque, dans la bibliothèque du le Gênes: Joscnhus, De bello iudaico, , une Lettre de l'évêque Rodfrigo di io au cardinal Bessarion sur la conquête igrepont (sans date, mais probablement 471), l'ouvrée de Lorenzo da Spirito, } marie ^ De la vita e gesti de lo CQpitano li Pieinino. Vicenza, 1470. Mentionnons la Sfortiade en latin, 1 470 et sa traducitalienne, 1490; un Quinte-Curce, publié lise en 1M4 ; une relation latine du siège hodes, avec des Ggures en bois, impriè Ulm , chez Jean Reger : le Poëme de flucano. De arte militari in terza rima, 5e, 1493 : deux ouvrages du P. Monti,
imprimés à Milan en lettres gothiques par Scinozeler, méritent aussi d'être cités parmi les vieilles raretés typographiques, Exercù tiorum et artis militaris collectanea^ et De «in* gulari certamine.
Les ouvrages publiés depuis 1500 sont classés méthodiquement dans les divisions suivantes : stratégie et tactique; artillerie; génie; marine; législation; administration; e(|uitation et art vétérinaire ; médecine militaire; bibliographie militaire; dictionnaires; histoire militaire.
Les livres relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire sont en grand nombre ainsi que ceux qui concernent les guerres dont, a diverses reprises, l'Italie a été le théâtre. Toutes les langues, tous les pays ont fourni leur contingent.
On compte vingt et une éditions latines des Commentaires de César, neuf traductions italiennes et quatorze traductions françaises y compris celle de Robert Gaguin , 1485.
Comme ouvrages peu communs, on peut citer le livre de Math. Eskinger : De leone Bel^ gico, Cologne, 1585 , et la somptueuse édition des OEuvres de Montecuccoli, publiée à Milan en 1807, parUgo Fascnlo» 3 vol. in-folio, dont il n'a été tiré que 170 exemplaires.
Une nombreuse collection de cartes fait partie de cette bibliothèque; on y distingue la grande carte d'Angleterre eu plus de cent feuilles.
D'ailleurs les collections militaires spéciales ne sont point rares en Italie ;. la ville de Naples seule en possède six ; celle du corps des ingénieurs, celle de la marine, riche de 14,000 volumes; celle de l'hospice militaire, celle de l'Ecole militaire^ et enfm celle de l'Institut topo^aphique militaire qui na compte pas moins de 20,000 volumes.
En Angleterre il a été formé diverses bibliothèques spéciates relatives surtout à l'histoire particulière de telle ou telle contrée, de telle ou telle ville. La Bibliotheca Hibernica^ Dublin, 1823 (in-8 tiré à 40 exempl. seulement), offre une importante réunion d'ouvrages sur l'Irlande recueillis par Robert Peel. En fait de ces collections topographiques, le catalogue de !a bibliothèque lyonnaise de M. Coste est, nous le croyons, ce qu'il y a de plus complet; nous en reparierons à l'article Catalogue.
BIBLIOTHÈQUES ayant appartenu a des
PERSONNAGES CÉLÈBRES , ET DONT IL N'eXISTE
point de catalogue. — Le goût de plus en plus vif pour les livres que recommande quelque particularité intéressante, pour ceux (jui ont lait partie d'une collection illustre,. un qu'on s'est attaché depuis quelques années avec un soin tout particulier à rechercher, à découvrir,ii décrire les volumes qui ont appartenu à des souverains, à des écrivains de premier ordre, dont les collectionsont été dispersées sans qu'il on subsistai un inventaire. Des invosligalions patientes permcUraieiit de faire un relevé assez étendu
f Une duchesse de Brunswick avait conçu un la collection qu'elle avait fornicc remplit un io-l . seuiblablc, cl le catalogue eu alleinaud de de 188 pages imprimé k Brunswick eu i75â.
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d'oorrages ayant appartenu à François [*% à 3enri II, à Henri Iil, à Anne d'Autriche, et h d'autres rois ou reines; il s*en présente parfois dans de riches catalogues : mais sans aborder ici ce sujet sur lequel nous pourro;is revenir, nous nous contenterons de recomposer, de notre mieux, les bibliothèques de trois des plus grands écrivains dont s'enorgueillit la littérature française.
Parlons d'abord de Michel de Montaigne.
L'auteur des Essais a pris la peine de décrire (livre m, ch. 3) sa « Librairie où tous ses livres estoient rengez sur des pulpitres à cinq degrez et où il passoil la pluspart des iours de sa vie et la pluspart des neures du iour. »
L'habitude au'il avait prise de mettre sa signature sur le frontispice de ses volumes fait reconnaître les ouvrages qui lui ont ap-
Sartenu et qu'il serait autrement impossible 6 distinguer.
Un bibliophile zélé que nous avons déjà nommé et qui a fait de la personne et des écrits de l'auteur des Essais le but d'études aussi persévérantes que fructueuses, M. le docteur Payen, s'est attaché à signaler (et, lorsque la chose était possible, à acquérir) tous les volumes ayant la signature de Montaigne. (Voir Documents inédits ou peu connus sur Montaigne , 1847, p. 33-40, et les Nouveaux documents jVavis, 1850, p. 51.)
M. Payen avait d'abord fait connaître dixhuit ouvrages ayant appartenu à Montaigne ; l'un d*eux (ÏHistoire de Pologne par Fulstin, dont il est propriétaire), a été payé 211 fr. 50 c. avec les frais, en 1847, è la vente Aimé Martin. En ajoutant les trois ouvrages que Montaigne dit avoir annotés, mais qu'on n'a
Eas retrouvés; en comptant sept volumes à la ibliothèque de la ville de Bordeaux, en inscrivant cinq volumes disséminés de côté et d'autre, M. Payen arrivait en 1850 à un chiffre de trente-deux volumes signés et annotés par Montaigne. Cette liste peut s'étendre aujourd'hui ; trc^s autres volumes existent à la bibliothèque de la ville de Bordeaux (ce qui en porte le nombre à onze, et peut-être ce chiffre n'est-il pas définitif) ; deux volumes se trouvent dans des collections particulières de cette môme ville ; un autre est dans la bibliothèque du grand séminaire, et tout récem^ ment le catalogue de la vente L. R. D. (publié par M. Potier) a indiqué, n"* 542, un Au^ 5omu« (Lyon, 1558), avec la signature du célèbre philosophe. On peut ainsi portera une quarantaine le nombre des volumes signés ou annotés par Montaigne dont l'existence est bien constatée.
Racine avait, tout comme Montaigne, Thabitude de mettre sa signature sur les livres qui lui appartenaient, et il se plaisait sou-
(53) Nous laissons de c6lé divers livres indiqués coiume signés ou annotés par Racine et que nous «vons renconlrés sur les catalogues de MM Potier, Tcchener et autres tibraires. Il existe à la bibliothèque Impériale un carton de Racine où se trouvent divers livres annotes. Us avaient été donnes par Racine le iiis, et ils ont fourni les matériaux (iu volume publié en 1855, par M. le marquis de 1) Rodiefoucauld-Liancourt : Etudes littéraires et
vent à y joindre les notes que lui suggérait l'étude des écrivains de l'antiquité. On coui* prend quel prix s'attache a^jourd'hui à de pareils volumes.
La bibliothèque Impériale possède V Euripide et VAristophane de ce grand poète.
M. Renouard avait un Sophocle et un ÂriS' tophane (n' 1034 et 1048 de la vente en 1853): ils ont été vendus 185 et 425 fr. ; ce dernier avait été acheté en 1791 3 livres 12 sous comme livre avarié (voir le CeUalogue (Ttm amateur^ t. II, p. 21 à), et ce même 'amateur avait possédéune autre édition d'iirts/opAaiif, f Paris, Wechel 15i0), une édition d'Estker 1689, elles Excerpta e tragœdiis reddita ak H, Cfrotio, 1626. Ces trois ouvrages figurent au catalogue de 1818. Il avait aussi un Hésiode, Leyde, qui fut payé 4 liv. st. 12 sh. à une vente faite à Londres.
Un Régnier, 1642, fut adjugé à 320 fr. vente Aimé Martin en 1847, et à la même vente un Démosthènes fut payé 230 fr.
Divers autres catalogues offrent aussi des volumes indiqués commeannotés par Racine, mais nous ne savons si ces désignations sont parfaitement authentiques ; nous nous bornerons ainsi à renvoyer aux catalogues Cramavel, n* 581 ; Sensier, n* 613 ; Lefebvre d'Alleranges, 516 ; Seguier de Saint-Brisson, 706 ; Pont-la-Ville, n" 12; Guillaume, n* 274 et 1609 ; Van Hulthem, n* 992 ; Parison, n*495; G.Dunlessis, n" 1341, etc. (53). Charles Nodier possédait u n Eschyle, 1 552,et un Psau* tier, 1546. Le catalogue J. L. D. (Merlin, 1844 )* offre plusieurs volumes intéressants sous ce rapport, et un exemplaire des Vies de Plularaue, 1517, in-fol., après avoir été proposé à 400 fr. sur un catalogue de MM. De Bure, s'est payé 300 fr. chez Aimé Martin.
La bibliothèque de Montesquieu est conservée au château de la Brède ; un petit nombre de Tol urnes en sont sortis, on ne sait à quelle époque, et sont venus passer dans les mains d amateurs bordelais ; quelques-uns Sf^ sont dirigés vers Paris. Nous avons eu oceasiou de parcourir un inventaire dressé peu de temps après la mort de l'auteur de Y Esprit des /ou, et nous en avons rendu compte dans un journal qui n'est plus et que nous aurons occasion de citer encore (le Èullelin de V Alliance des Arts, 1845, t. IV, p. 33-36). Ces détails peuvent être regardés comme inédits, nous croyons avoir le droit de les reproduire ici en les abrégeant.
Théologie 291 ouvrages (neuf éditions de la Bible, entre autres la ^t6/ta mojptma, éd. de La Haye, 19 vol. in-folio; onze ôdiiîons du Nouveau Testament en diverses langues; une suite assez considérable de commentateurs et de Pères ; un manuscrit de la Cité de
morales de Racine. (Voir sur cet ouvrage FAfAfnœum français, n** du 17 novembre i85o.) La bibliothèque de Toulouse, riche sous ce rapport, possède une trentaine de volumes de ee genre ; des notes sur les tragiques grecs ont été publiées dans la Nouvelle Revue encyclopédique (octobre 184d, pag. ^74 et su i v. ), et Ton peut consulter sur un Pti»e% conservé dans le même dépét, le Bulletim dm èî* 6/taf»/it/e,1856»pag. 957.
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e saiot Augustin, in-folio sur vélin avec lures.
iiprudence^ 374 ouvrages. inces et arii, 318. Le Platon de Henri me ; deux éditions des Essais de Mon- 1, 1602 et 1659. Les ouvrages relatifs à lecine et aux sciences exactes sont assez rèux. Six éditions (ÏEudide ; trois en trois en latin ; le Diophante de Fermât ; âditions des Con/9u«5d'Apolloniu$,cinq DS de Vitruve, deux éditions de Pline celle imprimée par les Ëizeviers 15), la Fauconnerie de Franchières, une ae quantité de volumes sur la perspecti ve )tique, et môme quelques livres sur les lesoccultes, entreautres un Enchiridion
I Papœ^ réunion d'inepties attribuées à Dtife par un faussaire impudent et où iive une prière que récitait Gharlemagne 'être à Tabri des balles, des boulets et ilats de bombes.
les'LettreSf 267 ouvrages. Le Glossaire
Gange, les Lexiques Qvecs de Pollux, irchius, de Suidas; deux éditions com-
de Cicéron, le Démosthènes de 1504 volume imprimé par les Aide qui se Uà U Brède), V Homère de Bâie, 1583, éditions du ténébreux Lt/copAron, quargile^ quatre Horace, cinq Juvénal, tous es petites éditions données à BAIe ou à
dans la seconde moitié du xvr siècle, ont aucune valeur.
littérature française, assez peu riche , m volume très-^précieux, le Doctrinal ur par Pierre Michault imprimé à Brûliez Ck)lard Hansion (le Manuel n*en siaucune adjudication) ; Ronsard, deux voin-fol.,l6s Tragiques de d'Aubigné. Les s écrivains du xvii* siècle ne sont rcpréquepardesimpressionstrès-communes, l'est Corneille dont nous trouvons fé-
de 1664 en 2 vol. in-foi.qui mérite, 3 rapport du te;Lte , Tattention des bililes et des littérateurs. La part de la tare italienne est faible ; Pétrarque et pl« sont des réimpressions récentes, mais ê9akm délivrée remonte è 1580.
toîTA, 306 ouvrages. La classe des voyages ite une assez grande réunion de volumes lutres le AecueildeRamasio; ilfarcoPoitalien, édition de 1559, Mendez Pinto agnol, les Hf/a/ionx de la Mottraye,\Vhebardin, etc. L'histoire des peuples anpeut revendiquer deux éditions de Paur r , deux Hérodote, deux Thucydide, qua- Ante'Curce^ quatre Tite-Live (et unetram française), quatre Florus, irois Sallusiiatre César, quatre Suétone, etc. Dans »ire de France , Grégoire de Tours (deux ns),Monstrelet,Ville-Hardouin,deThou, igné, Commines (trois éditions), les His- Francorum Scriptores de Du Chesne,
II est gnestion des manuscrits laissés par iquieii dansrtrtide queM. Walckenaêr a conà ce Bobliciste : Biographie universelle, K, p. 801*5^. Il dte plusieurs cahiers înii- Moreeaux oui n'ont p« entrer dans ^FAoHt i; il nentionne trois gros volumes de 600 à
en 5 volumes in-fol. Plusieurs bons ouvrage^ sur l'histoire des provinces ; V Histoire de Bretagne, par d'Argentré; de Normandie, par du Moulin ; du Béarn, par de Marca; de Pro" vence, par Noslradamus. Deux ouvrages manuscrits concernant l'histoire diplomatique du xvn* siècle ; Manuscrits du maréchal de Lesdiguières, 2 vol. in-fol, comprenant, le premier, les années 1612-1619, le second les Négociations du ministre du roi en Suède, de 1662 à 1689. Les ouvrages relatifs à Thistoire des pays autres que Ja France sont assez nombreux mais peu importants. L'archéologie revendique le Thésaurus antiquitatumromanarum de Grœvius, 12 vol. in-fol.; la Paléo^ graphie grecque de Montfaucon, le Traité des monnaies de Leblanc. L'histoire littéraire, assez pauvre, montre trois éditions diiférentes de la Bibliothèque de Photius.
En somme, la bibliothèque de Montesqiiieu ofiTre la réunion de tout ce que l'aniiquiié a produit de plus important. Satisfait d'avoir les textes, le publiciste ne se préoccupait point du réunir les éditions les plus estimées sous lo rapport de la critique et des travaux des commentateurs. Rien n'a été donné au luxe ; tous les volumes réunis à la Brède sont des livres de travail, et beaucoup d'entre eux
i sortent les traces du long usage qui en a été ait.
Puisque nous parlons de Montesquieu, ne laissons pas échapper l'occasion de dire ou'un volume des travaux de la Société d* agriculture, sciences et arts d*Agen, publié en 1834, renferme un travail de M. Labat, alors premier avocat-général à la cour royale de cette ville; il est intitulé : Une visite à la Brède. Nous y lisons que la bibliothèque du château se com-
f)Ose d'environ 4,000 volumes ; plusieurs renérment des notes marginales de la main de leur illustre propriétaire. Dans une armoire du salon sont conservés avec soin des papiers autographes. Des cahiers écrits du temps do la jeunesse de Montesquieu renferment des extraits d'histoire, des collections de sentences et de maximes de droit, des abrégés de Bomat et de Pothier. On rencontre aussi un discours sur Cicéron ( a de tous les anciens c'estceluiauquelj'auraislemieux aimé ressembler ») ; l'esquisse d'un ouvrage sur la manière d'apprendre ou d'enseigner la jurisprudence» un petit roman inédit, intitulé Métempsycose, (un pythagoricien raconte les histoires véritables et les transmigrations de son âme et les divers personnages qu'il a remplis sur îa terre)^ des Pensées (M. Labat en cite quelques-unes) et elles ont été reproduites dans une notice de M. Getfroy [Revue des sociétés savantes (/et départements , 2' série, t. II (1859), p. 457), mais nous n'avons pas ici à nous en occuper ; ce serait, malgré l'intérêt qu'offre ce sujet, sortir de notre cadre (54).
700 pages chacun contenant des fragments d*une grande étendue (enlre autres une introduction à rhistoire de LouisXl qui égale ce que Montesquieu a écrit de mieux) et des pensées diverses ; M. Walckenaêr transcrit celle-ci: i Un flatteur est un esclave qui n^cst bon pour aucun maître.» Voir ausbi
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