‹ Dictionnaire de bibliographie catholique, présentant l'indication et les titres complets de tous les ouvrages qui ont été publiés dans les trois langues grecque, latine et française, depuis la naissance du christianisme, en tous pays, mais principalement en France, pour et sur le catholicisme, avec les divers renseignements bibliographiques qui peuvent en donner l'idée la plus complèteChapitre 62 sur 137 · DICTIONNAIRE COR K · texte numérisé non relu

DICTIONNAIRE COR K

CORROZET fGiixB»).— Lîbrsire.édileurel littérateur français, né en 1510, mort en 1568. GrAce à son livre des AntiquHée de Pmris^ il est très-apprécié des nombreux amateursde la topographie parisienne; mais ce livre, souvent réimprimé, n'était pas encore parfaitemenb connu avant les Recherches d»

M. Bonardot qui, après avoir insérée m égard une suite d'articles dans le Bulletin de r Alliance des Arts (décembre 1845, etc.), a revu et perfectionné ce travail dont il a Dsil une brochure publiée en 1848.

L'édition originale de la Fleur desanlimiitex, singularitez el excellesices de Parti, forme un volume de 8 et 63 feuillets, en petit format. Il se trouve paMîi par-là qocl-

Jues vers assez mauvais. Corrozet avait pen e scrupules à fendroit de la rime. S*aKit-il de faire rimer 1106/0 avec ConetaminopU, il écrit tout simplement Constaniinoble.JksU gré ses plagiats et ses absurdités, ce livre est intéressant en considération de lanaïvelé du style et des détails qu'il fournit de visu sur les événements historiques et t0|)0graphiquesdel626àl532.

Une réimpression datée de 1532, chez Galiot du Pré, est très-rare. M. Bonardot n'a pu la découvrir dans aucune des bibliothèques publiques de Paris; les éditions de 1533 et de 153& citées par divers bibliographes ont de même échappé à ses regards. 11 a été plus heureux pour celles de 1535 et 15^3 (sur lesquelles M. J. Pîchon a publié un article dans le Bulletin du bibliopkilt^ décembre 1845) et 1550 qui est à la bibliothèque Impériale; elle offre un texte rajeani et bien plus étendu que celle de 1532. Il existe aussi une édition;sansdate (vers 1551). La dernière qu'ait revue Tauieur, 1561, est un tout autre ouvrage que le voluine primitif, tant il y a eu de corrections et d'additions. Après la mort de Corrozet, le libraire N. Bonfons donna plusieurs éditions des Antiquitex de Paris: Rabel et J. Dubreuil continuèrent cet ouvrage, mais il détint étranger à la rédaction de Corrozet.

Doué d'une grande activité, Corrozet a traduit, compile ou versifié bien des volumes dont le Manuel du libraire, U I, p. 780, donne la liste. 11 en est auxquels il n*a pas mis son nom, mais on le reconnaît tantôt à un acrostiche qui révèle com plaisamment le mystère de cette paternité littéraire, tantôt è la devise Plus que moine qu'avait adoptée cet auteur. Ses volumes, en leénéral de petit format (ce n*est pas aujo\jrd hui un défaut), sont d*autant plus recherchés gu'ils sont presque toujours ornés de très-jolies gravures en bois. 11 en est qui sontdevenus fort difficiles à trouver. Une édition (la troisième) de VHécatomgraphie^ Paris, 15i8, s*e5t payée 51 fr. 50, vente Nodier en tsU, et le même exemplaire s'est revendu 120 fr. vente , Duplessis. La Fleur des Sentences^ 15tô, 50 fr. vente Cosle. La devise de Corroxet avait la forme d'un mauvais rébus: un coeur (cor)^ et au milieu une rosette; ce genre de pointes paraissait alors fort ingénieux.

DE BIBLIOLOGIE.

COS

STER ou KOSTER (Laurent). -^ Célè-

fpographe que les Hollaudais regardent

de rinrenleur de l'imprimerie; ils ren-

à sa mémoire une sorte de culte. En

on éleva à Harlem une statue, on a des médailles en son honneur, et on ra des fêtes séculaires, La maison où I pu croire qu'il avait fait sa demeure, a objet d'une sorte de cultejusqu'en 1818, e où elle s'est écroulée. Les Pajrs-Bas ivec raison, recherché tout ce qui pouconcourir à leur gloire; ils ont fait de question une affaire de vanité patrio- •

liquous rapidement sur quelle base se sut leurs prétentions, ivant le récit consigné dans l'ouvrage Jrianus Junius, Laureut Coster, deHarà l'âge de plus de 60 ans, dans ses proides au bois qui avoisine celte ville, ut ridée de tailler quelques lettres en f avec de Técorce de hêtre {faginos cor^ ; il en tirades empreintes, et encoupar un premier succès, il fit unegrande tité de ces lettres de bois ou d'érorce, lesquelles il imprima d'abord quelques s pour l'instruction de sa famille, enun livre hollandais, puis le livre à gras devenu célèbre sous le titre de Specuhumanœ salvalionis^ plusieurs Donai rammaires) et quelques autres ouvrages.

Ite imprimerie fut dévalisée, pendant nuit de Noël, par un ouvrier du nom ean Fust ou Faust, selon les uns, et fleisch, frère atné de Gulenberg, sees autres, lequel s'enfuit à Mayence, où,

1U2, il imprima avec les appareils ; un Doctrinale et une autre pièce de peu iges. Ce récitpeu vraisemblable a été I ob- } discussions très-vives : jusqu'à ces deri temps, une voix presque unanime (si ce en Hollande), rejetait parmi les fables étails concernant les travaux de Coster.

)pinion d*un juge parfaitement compé- M. A.-F. Didot, est, nous le croj^ons, que partagent les gens impartiaux.

I son ÉtHÙtur Fart typographique^ puen 1852, cet imprimeur si judicieux et strnit regarde le récit de Junius, à la poète et ciironiqueur, comme bien peu 8 de foi; il observe que ce n'est que vingt'huii ans après la date assignée la mort de Coster qu'il est pour la pree fois fait mention de ce personnage et m imprimerie. M. Didot pense cepenqne des impressions xyiogra[)hiques, lèmeque quelques petits volumes exéi au moyen de caractères fondus dans natières en argile, ont, selon toute apnée» été exécutés en Hollande, avant nberg, mais c'est à ce dernier que ret Tbonneur d'avoir le premier fait usage pressetypographique.

iiquons les ouvrages les plus sérieux et plus approfondis qui aient été écrits veur des droits de Coster; ce sont les ine$ typographieœ de Meerman, La ^p 1765|2 vol. in-<^; la Dissertation (en

hollandais) de Koning sur Vorigine de la découverte et te perfectionnement de Vimprimtne, Harlem, 1816 (il y en a une traduction française, Utrecht, 1820, in-8); lesJIf^motres (en hollandais) du même auleur sur l'Histoire de l'imprimerie^ Harlem, 1818- 1823, 3 vol. in-8; les Eclaircissements de A. de Vries sur l'origine de Cimprimerie (traduits en hollandais par N<:ordzick, La Haye, 184^, in-8.

Ottley dans ses Recherches (Inquiry) sur Vorigine de la gravure, Londres, 1816, se prononce en faveur de Harlem.

Un bibliographe laborieux, Ebert, quoiqu'il fût Allemand, n'a pas hésité h reconnaître la priorité des droits de Coster. « Le type gothique, dit-il, fut dès sa première apparition et dans sa forme primitive différent de celui usité en Allemagne. Il est ordinairement d'une épaisseur disproportionnée; il préfère les angles al^us et saillants en pointe ;*il enjolive les initiales au moyi*n de traits déliés parallèles ou perpendiculaires, il termine les lettres par un trait échancré. Toutes ces particularités sont des signes caractéristiques impossibles à méconnaître dans les manuscrits exécutés en Hollande jusqu'à la fin du xv* siècle. Le type 'hollandais apparaît donc dès l'origine comme une imitation fidèle de l'écriture dans cette contrée, dès l'invention de l'imprimerie; il est purement national, et, cela étant, il ne pouvait manquer d'être inventé et mis en œuvre dans ce pays et par un indi|^ène.» M. Renouard a combattu avec vivacité les prétentions de la Hollande dans une note insérée au Catalogue de la bibliothèque d'un amateur (1819, t. II, p. 152), et reproduite avec quelaues additions à la fin du second volume des Annales de Vimprimerie des Estienne. En revanche Coster a trouvé des défenseurs habiles; M Léon de Laborde, qui a fait une étude attentive des originesde la typographie, a tâché de prouver, dans YArttste (1839, t. IV, p. 114) que Costeravait inventé 1 imprimerie proprement dite, vers 1423, tout en continuant, après cette découverte, à faire usage de planches de bois. M. Falkenstein a discuté en détail dans son fftWotre (eu allemand) de Vimprimerie (Lei^vzick, 18M)), p. 73-90, ce qui concerne les débats de priorité entre Harlem et Mayence.

Deux nouveaux avocats français sont ré- «cemment venus plaider la cause de la Hollande.

Un bibliographe parfaitement au fait de ce r]ui concerne les origines de la typographie, H. Auguste Bernard, a discuté en détail cette question de priorité, dans son savant ouvrage fur les Origines et les débutsde Vimprimerie (1855, 2 vol., in-8). Adoptant le récit de Junius, il conjecture que Coster, né dans une famille bourgeoise de Harlem, et qui devaitson nom h une chargede sacristain qu'elle possédait héréditairement, se consacra, au commencement du xv* siècle, è la nrofession d'imprimeur en xylographie, c'està-dire en planches gravées sur bois. Frappé

COS

de rimperfection des procédés grossiers alors en usage, il chercha les moyens d*économi^r lesfrais de gravure de ses caractères. Après avoir débuté par graver sur bois des lettres isolées, il réussit, après bien des tAtonnements, à fondre des caractères en métal» dans le sable ; il substitua au frotton dont il s*était servi jus(|u*alors, la presse en usage dans d'autres professions. 11 fit pour la première fois emploi de ces caractères mobiles dans une édition du Spéculum qu'il avait commencée au moyen de planches xylographiques, de sorte que cette édition présente le singulier mélange de pages en caractères fixes et en caractères mobiles. Dans les éditions suivantes Coster remplaça les textes lylographiques par des caractères mobiles, mais il continua à imprimer les gravures à Taide du frotton^ de sorte que le livre n'était imprimé que d'un seul côté. Passant ensuite à l'exécution de livres d'un usage habituel, Coster s'occupa du Donat^ grammaire latine dont les écoles faisaient alors une grande consommation. Comme il n'y avait pas de gravures dans cet opuscule, il put être imprimé des deux côtés. On connaît divers fragments de ces Donat; lus caractères, le mode d'impression sont fort

Îrossiers. On attribue aussi à Coster un \orarium dont MM. Enschedo, libraires à La Haye, possèdent les huit seules pages dont Texistence soit connue, et une édition en quatre feuillets des Distiques de Caton; c'est dans la bibliothèque de lord Spenser qu'elle se trouve.

M. Bernard ne regarde pas d'ailleurs le vol commis au préjudice de Coster comme

f)arfaitement constaté, mais du momentque 'ouvrier infidèle avait été initié aux procédés découverts par son patron, il n'avait pas besoin de dérober des instruments, il suffisait qu*il mtt en pratique Tart qu'il avait appris. Une circonstance, qui a jeté bien des ténèbres sur les travaux de Co>ter, c'est que celui-ci garda soigneusement le secret a l'égard de ses inventions ; nul ne les connut de son vivant, si ce n'est les mercenaires qu'il était forcé d'employer. 11 ne paraît pas avoir soupçonné la portée du rôle que devait jouer Timprimene; il n'eut pas le moindre souci de la gloire qu'il pouvaitacquérir; il ne s*occupa que des bénéfices

3u'il pouvait retirer de son industrie. Ses iscipfes observèrent son impénétrable réserve; on ne sait rien à leur égard

Nous renvoyons d'ailleurs à l'ouvrage de M.Bernard pour une exposition détaillée des arguments qu'on peut faire valoir en faveur de Coster.

M. Ch. Facile, bibliothécaire et archiviste de Lille, s'est efforcé de démontrer la légitimitédcs prétentions de laHollandedansune longue préface mise en tôte du Catalogue de la bibliothèque de Lille (Théologie, 1859).

Les droits de Laurent Janszoon Coster lui ont paru établis par un examen attentif du Spéculum humanœ salvationis^ en hollandais,

3ue possède la bibliothèque en question. Il Jaculeavec soin les témoignages de Junius

et de quelques autres; il réfute les assertions des bibliographes allemands qm se sont prononcés en fav.eur de Havence; il se livre è une étude approfondie de deux des monuments priraiiifs de l'imprimerie bollandaise : 1* le Donatuspropuerulis dont \\j a trojs éditions ; l'une de 27 ligues à la page: on n'en connaît qu'un seul exemplaire complet, celui que M. Van Westreenena légoéà la bibliothèque de La Haye; quelques fragments sont à Harlem et à La Haye; d'autres à la bibliothèque Impériale à Paris : Vaa Praet les a décrits dans son Catalogue ia livres imprimés sur vélin^ t. IV. De deux autres éditions de 28 et de 50 lignes» il ne reste que des fragments.

2* Le Spéculum humanœ salvationiSf composé vers 132<h par un écrivain qui, dans un esprit d'humilité, a gardé l'aucnyme. On (*n connaît quatre éditions, deux en hollandais, deux en latin ; elles sont de format petit infolio. La première édition hollandaise, dout la bibliothèque de Lille possède un exemplaire, est formée de h cahiers : un feuillet manque; chaque page est divisée en deux colonnes ; au-dessus de chaque colonne est une vignette gravée au trait sur l)oi$ et im« primée au frotton avec l'indicatioa xylographique en langue latine du sujet représenté. On ne connaît que deux autres exemplaires, tous deux à Harlem dans des dépôts public», et incomplets.

La seconde édition hollandaise se oom* pose de 62 feuillets. On en connaît une dizaine d*exemplaires presque tous eo Hollande. La première écntion latine est aussi de 64 feuillets; la bibliothèque Impériale en possède deux exemplaires, l'un est complet, l'autre auquel manque le premier feoiliet (blanc) fut trouvé il y adeux siècles environ, sur le quai de la Tournelle, par le docteur Chevillier, bibliothécaire de la Sortxinoe, et acheté pour une bagatelle (on ne fait plus aujourd'hui de semblables trouvailles.) De la bibliothèque de la Sorbonue, ce précieut volume a passé dans l'immense dépôt de li rue Richeheu.

La seconde édition latine est conforme k la première, sauf en ce qui concerne les feuillets xylographiques, tout le reste est en caractères mobiles. Le Caractère, le papier, le mode d'impression sont semblables à l'autre édition. Elles diffèrent cependant par les planches fixes qui se trouvent dans l'une et non pas dans Taulre, et par le telle mobile où Fournier {DeTOrigine det^mpri' merie, p. 161) a signalé un grand nombre de variantes queMeermana reproduites dans ses Origines typographicœ^ t. I, p. 124. On ne connaît que cinq exemplaires de celte édition, et deux seulement sont complels;ce sont ceux de la bibliothèque impériale de Vienne et du palais Pitti à Florence; ceux qui sont incomplets sont celui de la bibliothèaue de Hanovre, de l'Hôtel-de-Ville de Harlem et de la bibliothèque Royale de Bruxelles; ce dernier, auquel il manquedoq feuillets, appartenait à Van Hultbeiro (it est décrit dans son Catalogue, 1. 1, p. 19j.

éos

DE DIDUQLOaiE.

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dépil do l'opinion de Daunou, d'Hoi- !n CI de quelques hiblioçraphes favosè la cau»ede Mayence, n. Pacilosou-

2ue les éditions latines du Spéculum imprimées on Hollande. Les caraclè- B ressemblent point à ceux des livres :onnus (loar avoir été eiécutés sur les i du Rhin« et le filigrane du papier de litions prouve qu*il est de fabrique bra- »nue. Mous renvoyons d'ailleurs à la 30 du catalogue de Lille pour d*amples s qui ne sauraient tl*ouver place ici.

is devons une mention succincte «ut s ouvrages attribués à Costerpar quelpartisaus zélés de ce bourgeois de Harmais quiy de fait, doivent plutôt, lors ) qu*on les regarderait comme produc*^

de cette ville, èlre attribués aux hés ou aux tyiiogrophes de Técole du

Laurent :

m$ Ditîîeha. Opuscule de 4 feuillets. Vn 1. sur vélin est uéiritcn détail dans \nBibiiO' Spenuriana^ I. lY, p. 474, mais divers biblio* s regardent ce Uvrei comme imprimé en je, vers 1470.

'allensis PaeeeU moralei. (Cesl une traduc» Ekope. La Ubliolhèqae de La Haye et M. En- , à Harlem, en possédeni des eîemplaires. Il Duve également un dans la Bihttoiheca Çr^iir, et à son égard on peut lire, pag. 00, nne orieusede n. Oitley.)i

ivîci de Roma Sinaularia in cauds trimiuali* L Enscbède est I hearenx possesseur du seul \. complet qai soit connu. M. A. Bernard Ta ivec soin dans son Voyage typoarttpfàco-ar' ine en AHemague el en Belgique.) elmiisileSaliceio, De ialuie eorpoAi. Un exem- M trouve à la bibliothèque Impériale (f 1 1)» rftmRb M. Ettsebède en a on exemplaire, aunrdia» De Sa/iétu ùrorum iUuêtrium.

divers ouvrages peu connus, auraient I d*étre Tobjet d*un examen attentif.

ItUMES. — Le Manuel du libraire in^ dans sa table méthodique, t. V, p. 208, let grand nombre d*ouvrages sur les nés, publiés en diverses langues. Les en ce genre sont aujourd'hui recher* on exige des artistes une fidélité riuse k cet égard) et lesanachronismes sont permis des mat très célèbres neçe*-

()I us tolérés aujourd'hui. Paul Véronèse lé en Vénitiens du xvi* siècle les res des Noce$ de Cana; Guerchin a aux soldats de Priam Tuniformc des >s de la garde du pape; Rembrandt a li en Bollandais les ^rsonnages qu'il t dans des compositions bibliques ; aujourd'hui on no saurait plus suivre emple.

s mentionneroos d'abord qoelquesou« ( récents relatifs aux costumes» ce sera nplémeot à la table du Manuel.

! oirliss tênUÉênî Ut nûîf^npretentêtkm ée$ éet femmm éeê éiuneê pariiee dn tnende eiiêê ê'kMêUnt « preunt, Paris» B; Mont- Mi, in-4.

ler, Jrmehien de% thriiîlîcken MUteialun^

irt, 1851, in4, lli livraisftns.

nre du toelnme et de FnmenkItmenI en Kw*

DlCTIONX. DR BiBUOLOatK,

rope. et degarlê qui en dépendent, par F. Serc, Parti, f852, 50 livraisons in -4.

Deêignt of modem coêiume^ b) IL Moscs , London, in-4« id planches.

Léon de Rosny, Cottumôgraphie (rancai$e, 1855.

Fairholt, Cott'ume in iÇngland, (rom ihe cariit%i period to the xix centurg ; \n-%, 1848. (Mua de 6U0 gravures sur bois.)

J. Sobiesky i^lbet*g et C.-Ji Stuard, the Coêtumeê of the Qane, l^ondres» f 85i, gr. in-fol.,. trcabelle publication.

La Mode Strasbourg, sans date P. Dietcriin ddineavil, M. Haillcr sculpsit. in -12, 15 planches.

Modes de ia ville d'Augshourg aux «icpous de J. G. Mm, in-8, 56plaiiciies.

Cisiumee du Mexique, dessinés par Linati, Bntx^l' les, 18i8, in-4.

Belno, Bindoo costume^ Londres, 1851, in-fol.

Oh trouve au catalogue Lebern^* l'»08-t<b35 nue série d'ouvrages sur les costumes.

Mentionnons à présent quelques livras anciens de la classe de ceux qui nous oitu- [>ent>iyoutantà leurs titres quelques indications bibliographiques.

Becueil de la diversité des habits^ Paris, ÏU^, in-8, figures sur bois. (Parmi ces ooslonies on voii figurer de prétendus hommes marins). Après s*él.c imyé de 50 à 60 fr. et même M k. dans quelques ventes faites à Paris, ce volume a été adjngô à 150 fr. en 1866, vente Veinant.

F. Bertelllus« Dhersamm nnfionmn kakitn^ Pata* vii, 1589; fiiire édition, 1591, avec ani>seroud« fi une troisième partie, datées de 1594 e; de 1506. (M est très-rare de rencontrer les trois parties rénnies | elles ont été payées 435 fr. à la vente C. R. en 18f»7.| On trouve des détails éiendus sur ce remoil recherché dans le Catalogue des livres d'art de M. Goddé (1850, n. 1374) et dans le Manuel de ta* matent d'eelampes de M. Leblanc, U I, p. 308.

Veeellio (G.), Degli abiti anticM et moderni, Venise, i590; seconde édition, 4508. (Voinme précieux dont les dessins ont été en partie» mais à tort, à ce qn"\{ partit» attribués au Tiuen.)

Des exemplaires de la première édition se sont payés liO et 150 fr. aux ventes Libri et G. IL ; on ^ donné 161 fr. et 181 fr. (ventes Essiina et G., <iM^' 1860), poor des exemplaires delà seconde.

Parmi les graveurs du xvn' siède oa r<*cberche beaucoup les œuvres d'Abrabain Bosse né en 1619, mort vers IttTO. Mus sa pointe, les dames de la cour» les cavaliers ornés de dentelles prennent un air de di« gnité tout à fait remarquable. li n'atteint pa» d*ailleurs au mérite de Callot; son dessin est gracieux.mais peu hardi; il y a dans sesflgures un type monotone» Son Jardin de lanoble$$e firançetise se paye aujourd'hui fort cher, ainsi qu'un recueil de IS figures de modes in^v dessinées etgravées vers iOMpar Daniel Rabel et n*ayant d'autre titré que dfx vers encadrés dans leur frontispice t^»\é; noua citerons les quatre premiers :

Voici comment Ton s'aeconunodc Tant à b ville qu'à la coer :

Les mignonnes do temps uni eoart N*ont antre siiin qn'estre a la mode*

Pierre de Jodde grava en Hollande vers la même épaquedes costumes recherchés au • jourd*hui.

L'Allemand HoUar, <\iiV % %^tVwvV\xv*%>îW

cos

COS

en Angleterre, a gravé avec beaucoup d'esprit et de Gnesse des costumes de femmes ; une de ses planches, reproduites dans le Trésor de la curiosité de M Charles Blanc, montre une ladv avec les lourds et graves vêlements que I usage proscrivait vers 16^0 (110).

Un artiste qui vivait ^ la fin du règne de Louis XIV, Gillot, a gravé des Costumes de théâtre. Rien n*égale la finesse d'exécution, Tesprit dans la pose, la recherche dans les attributs de ces petits modèles qu'il grava lorsqu'il était chef des décorations et costumes de l'Académie royale de musique.

N'oublions pas J.-M.,Moreau, artiste fécond et spirituel ; on lui doit des estampes où revit toute la société française de l'époque de Louis XIV; elles sontdilliciles à réunir^ parce qu'elles sont recherchées dans l'Europe entière. Un volume in-folio qu'il a décoré * de 36 gravures : Monument du costume physique et moral de la fin du xviir siêclef Neuwied, 1789. est h présent énormément cher.

Vers la fin du règne de Louis XIV, Jean Bonnard assisté d'autres graveurs produisit une très-grande quantité de costumes et de scènes de moeurs aristocratiques. Des amateurs se • sont attachés h rénmr ces planches. Nous lisons dans V Histoire de h gravure en Frmnee par M. Bonardot que M. >érÔme Pichon possède un recueil de idW^Bonnards.

A la vente Armand Hcrtin on a payé 1S55 fr. une réunion de 767 planches gravées par Bonnardet plusieurs autres artistes du temps: Louis XIV et sa famille y figuraient pour 107 planches. Hommes et femmes de lacour 175 planches. Princes et princesses étrangères, 98 planches. Dames et femmes de qualité, 132 planches. Hommesdeuualité, 60 planches. Acteurs et costumes de th(^âtre, 67 planches. Professions et métiersr 63 planches, etc.

Les grandes pièces gravéea vers 1686 paf Jean de Saint- Jean et représentanrt des costumes, sont de même très-recherchées.

Les anciens iournaux de modes, précieux ipourrhistoiredes costumes, sont aujourd'hui devenus rares. 11 est difiicîle de se procurer le Magasin des modes nouvelles, françaises ^t anglaises^ 1787 ; le Journal de la mode et du goût par Lebrun, 1790 à 1792, 3 vol. in-8; Itt Messager des Dames^ Paris, 1797 ; la Galerie des modes et costumes français, 1799, in-fol.; le Cabinet desmode^ 1785-86, 3 vol. in-8;le Tableau du g4)ût et des modes de Paris^an VI, 2 vol. in-8t, etc. Le Journal des Dames et des modes, entrepris en 1797 par M. de la Mosangère, et qui se continue encore n'offre pasiiéquemmentses 63 volumes réunis. Les Journaux de mode»publié$ en

(110) Le Manuel du libraire indique de cet artiste, Ornalui muUebris anglicanuiy in-8, %i planches, et \cTheaîrum mulierum, 1 G i5.^i8 planches. A la vente llanrott, un bel exemplaire du premier de tes ouvrages fut adjugé 4 guinées. A la vente David ^ Paris, en 1859, OU costumes gravés par llollar se sont payés 200 fr. M. Leblanc, dans son Manuel de Itamatiur d'estampes, t. Il, p. 57i-579, indique

Angleterre, en Allemagne, etc., mériteraient aussi d'être rassemblés comme fournissantles matrTÎaux d'une histoire coaiplète du costume.

Une publication importante eiéentéestec soin a pour i\ire : Costumes hinoriquesda xir, xiir, XIV* et XV* siècles tirés des mom" ments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés par Paul Mercurx, avec un texte historique et descriptif par Camilie Bonnard, nouvelle édition, 8t<c uneintrodttctron par Charles Blanc,1860,in4. 11 n*a paru encore que qudaoes livraison.^ de ce recueil colorié avec goôt et très-digne de Qgurerdanstoute biblioinèque artistique; nous reproduisons quelque»- unes des considérations qu'on lit dans la préface:

« Le costume est quelque chose de plus que Thabillement du corps; Î1 est aussi le vêtement des idées. A la maQière dont les nations ^'habillent, on peut reconnaître leur opinion sur les grands principes qui régis- .senl les sociétés, leurs lois positives. Eolrr la démocratie aux Etats-Unisde nosjourset la féodalité du moyen içe, il D*jra pas plu» de différence qu'il en existe entre le costuino des seigneurs d'autrefois el le froc rigide qo» revêt tous lescitoyensdesEiats-Unis depuis le président jusqu'au paurre nourri |iar It paroisse. Aussi pour qui sait voir, la physionomie morale a un peuple se révèle dans ses habits tout aussi bien que dans sa littérature et dans le caractère de ses monumenlf. C'est, du reste,, ce qu'exprime fort bien le mot co^/ume qui signi dé en italien Tensemble des usages,des mœurs et des coutumes d'un» nation, y compris ses vêtements, ses meubles, ses armes et tous les accessoires de sa vic.r. Il est remarquable que partout le caractère des époques se reflète ioMoédiitemenl dans les costumes, et cette loi se vérifie surtout dans notre histoire de France. Cba-

aue règne imprime son cachet sur la forme es vêtements de la nation. Sous Françoisl*' par exemple et sous les Talois, on s'habille pour les tournois et le bal; le costume est leste, élégant, cavalier. Au commencement duxvn* siècle, il devint plus digne et plus lourd sous l'influence de IjSspagne qui était aussi enflée dans ses habits que dans sa littérature et son langage. Sous Louis XIV, tout est classé, préparé, rangé selon les lois d*ufle étiquette de plus en plus sévère. La toilette est régulière comme le commerce et la litté* rature, et le costume delà bourgeoisie fut soumis à des ordonnances sévères qui pour n'être inscrites nulle part, n*en étaienipit moins observées.

« Nous ne parlons pas ici du costume des femmes; celui-là n'a aucune ioQpurtaace

64 1 pièces de c<^8 graveurs, c La pomte babile et es délicieux artiste s'est amusée il grouper plasiciirt fins ensemble tout Tattiiail féminiB. il est à regftuer que le catalogue de son œuvre, décrit et cbsté pt Sotzmann, ne soit pas encore pulilié. > (Lte de It Borde : Le Palaii MazarinK Nmis eoonaissoai ta ouvrage de G. Partliey : Kunes FerjwtcJlaMi est HoUarschen Kupfentiche, Ikriin, IS55, iB*8.

DAN

DE BIBLIOLOGJE.

DAN

l'arce qu*il natl des caprices d*iine

qu*il dure moins qu un quartier

s principes d*une société ne sBu-

entièrement exprimés par une

variable quelamodedesfemmes,.

représenter une convenance gé-

lode n*est le plus souvent que le

^une fantaisie individuelle. »

il en question fut publié pour la uis en 1829, mais il excita alors

peu d'attention ; il offre cependant une suite d*autant plus curieuse qu'elle est remplie de nortrails des personnages les plus fameux tires des peintures les plus authentiques.

La première livraison que nous avons sous les yeux offre les images suivantes :

lloniface, doc de Toscane, aa xi* siècle. La comtesse Halliilde.

Noble Vénitien, xni* siècle. (Extrait îles moi^iqnet de la porte de Tégiise Saint-Marc.) Noble Vénitienne» niéine époqira.

)ËS MOtitS. — Les livres qui se ^ la composition que le moyen Age ur représenter la vanité de toutes urs humaines, sont trop nom* trop de prix aux yeux des amar qu'un Dictionnàirt de Biblioe se dispenser d'en parler, vons pas à retracer l'origine et les )rmes, souvent grotesques et irola composition connue sous le n$e des morts ou Dûnse McLcabn.

[ été rapidement et habilement un avant-propos que M. Fortoul puis ministre dd l'Instruction pugnit, en 1842» à une édition dis llolbein.

^oir indiqué en quelques mots 3s Egyptiens, les Grecs, les Etrusi l'idée de retracer Pimage de la teur arrive au moyeu Agci et il er que la danse des morts fut un is que les ordres monastiques mi créés par saint François et par nique, employèrent afin deramerits aux austères vérités du chrislls en firent une protestation conii du siècle, un avertissement de lelle»

ier monument authentique où la morts se montre entièrement forn petit poème en vers espagnols, 1 xiv* siècle par un rabbin espa- »rte le titre de : Danxa central de m que entran todos los estados de alors viennent quelques stances, celles le prédicateur exhorte les ux bonnes œuvres et k la péninort convie ensuite le genre hudause; elle y appelle suc^ssive-

exemplaire de ce traité de Saliceto lues autres livres du même genre {Carreeremata, De saints amnm; Pii seeuntUt ioêos), etc., est porté au caulogue de \n (Londrei, 1859, n. 1197)^ il s'est it. une longue note d'un bloliograpbe eigb Sotheby, accompagne cet article ; erons Ici un extrait :

bibliographes semblent s*accorder pour due cet ouvrage (que quelques-uns été exécuté avec des planches en bois) m Hollande, et les juges les plus com- Mardenl comme étant le pcoduii de ibles à ceux mis en œuvre pour Tim- Oectrinêle que divers auteurs aliribuent oster. I

i traités sont Tobjet d'un examen dé- M Princifia typogrepMcê de M. Leigb

ment toutes les conditions humaines, depuis le par>e jusqu'au laboureur. Chacune des stroçnes où elle réclame une victime est suivie d'une autre dans laquelle la victime se plaint d*è(re enlevée du milieu de ce monde. La dansese poursuit pendant soixan* t&K>nze octaves ; la dernière est une prière quetous les morts étèvent à la fois vers Dieu.

L'auteur de cette composition remarquable se désigne lui-même sous le nom de Habbi Santo Judio de Carrion (Juif originaire ou habitant de Carrion), dans la Vieille -Castille. M. Villemain, dans ses Lefons sur ta littérature du mot/en âge , en a traduit divers passages.

L'origine de la Dan^e Èbicubte^ telle qu'elle fut représentée par des personnages vivants et probablement peinte aussi sur les murs du cimetière des Innocents, k Paris, dès le commencement du xv"" siècle, est discutée par M. Fortoul; mais cette question s'éloigne de notre sujet. Les images dessinées en France furent promptement imitées dans toute l'Europe; la Danse des morts Fut peinte à Bêle, dans le couvent des Dominicains, Ters lUl ; réparées en 1668 et en 1611 , cet peintures forent gravées en 1616 d'une façon peu exacte, par Mathieu Merian ; une copie plus fidèle, faite par Emmanuel Bachel, est conservée à la bibliothèque de Bâie; en 1665, on démolit le mur sur lequel étaient ces peintures ruinées par le temds et qu'une tradition erronée attribuait à Holbein.

Un artiste qui n'était pas dénué de talent, et qui avait étudié en Italie, Nicolas Emmanuel, mort en 1530, peignit è Berne une Danse des morts pour laquelle il s'inspira de celle de BâIe et dont il ne reste aussi que des dessins. Un autre peintre, Meglinger,'

Sotheby (t. I|D. 18t-t87{ facumilepl. xlii; t. 1|l« p. iSl-iSS). On n*a pas découvert d*atttre volume où se retrouve le gros caractère employé pour le Pontenks de AoiHa, caractère d*one forme singulière el ressemblait (mais 11 est plus gros) ï câui employé pour la Bibie Meuuitts ; en même temps, la forme caractéristique de la lettre f fournit la preuve qu'il a été exécuté en Hollande et dans les Rays-Bas.

M. SothelMf conjecture que ee caractère fut le premier essai de Jean, employé de Cosier, lequel senottimait Faustus, selon Junius, et qui se fij|& ensuite à Itayenee eè il pot travailler avec Gutenb^.

On ignore pourquoi le gros caractère employa peur le Peiifemit de Borna n'a plus serti.

L'exemplaire de lord Spenser , comfk^ant les trois IraiMs, est regardé comme unique en Angleterre ; ni le Musée britannique, ni la Mbhotbàque Bodityenno à Oxford ne possède cet livreu.

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traita le même sujet dans une suite tic petits panneaux triangulaires fftisant partie de la'chnrponle d*un pont à Bâie.

A Strasbourg, h Minden et dans diverses villes de rAIlcmagney on exécuta des peintures du môme genre. La France ne resta pas en arrière : Dijon, Amiens, Rouen el d*aulres cités eurent aussi leurs Danses des morts. Cette idée fut reproduite avec des variantes diverses. A Lésardrieux, en Bretagne, on voit sculptés sur les stalles du chœur des groupes do personnages qui se livrent auxplaisirsdelavie touten lenantdaris leurs mains des têtes de morts.

Dans les représentations faites au cimetière des Innocei^s» on avait sans doute récité des vers contenant les paroles que la Ûort adressait successivement à tous les personnages» et les réponses de ceux-ci. Ces vers, corrigés saas doute^ remaniés, abré* gés, servirent de texte aux éditions de la Danse Macabre, publiées à Paris à la fin du XV* siècle. Guyot Marchaad, lo plus infatigable de ces éditeurs, eut rklée de join- 4re h ses gravures un texte latin, pour les écouler en Allemagi>e; et afm, sans doute, do flatter les nobjles d'outre-Rhin, il donna h son livre, mis au jour en 1^96, une origine tudesqne : Chorea ab^eximio Macabro venibui aletnanicit édita el a Petro De$r$y emendatm; mais comme il n'existe pas la moindre trace ifun écrivain nommé Macabre qui ait composé des vers allemands , il faut voir dans cotte annonce une supercherie innocente.

: Les publications de Guyot Marchand encent le plus grand succès; on reproduisit de toutes parts les Danses des morts ; on en fit des réductions qu'on plaça sur les DMrges 4es livres d'Heures; oe tradarsit ces Heures tn diverses langues ; on les adapta k Tusage d'une foule de villes et de diocèse» différents.

Il survint enfin un artiste, doué d'un grand talent, qui> donna une expression puisai sajite 9UX images qui circulaient de tous côtés. Holbein était né vers la fin du i.v* siècle, on ne sait pas au juste en quelle ville. Après avoir travaillé à Bâie pour des éditeurs, après avoir gravé des frontispices, il se rendit à Londres, oCt il fit les portraits des principaux personnages de la cour de Henri V|U. Il eut unjour le bonheur de «re»- €oqtrer un sujet qui , après avoir beaucoup ^u les hommes du temps passé, touchait encore fortement les contemporains; el, s'en emparant avec feu,, son talent, qui était aussi ûnêlé de qualités anciennes et nouvelles, trouva précisément son développement le l^Ius complet et produisit son œuvre la plus eriginale.

•Soiifl le pftgnede François !•% un libraire diB Lyon eut l'idée de rajeunir les publicalioDS de la Danse Macabre, qui, vers la fin du siècle précédent, avaient fait la fortune des libraires de Paria. En cherchant à les accommoder au goût de son siècle, il écarta l'idée gothique du Branle des morts; il donna a son livre un titre dont les mots étaient choiais dans le vocabulaire classique

et dont les inversions rappelaient la syntaïf des langues anciennes.

Dans son épitre dédicatoirc, il faisait p.irade de ses innovations : Cessent hardyment tes anliquailieurs et amateurs des anciennts images de chercher plus antique antiquité. Après celle dédicace, il mettait dans^onlivre : Diverses tables de mort^ non painctn, mais extraictes de VEscripture saincte, colorées par docteurs ecclésiastiques et ambrayées par philosophes.

« Le volume qui fut ainsi publié en 153S contenait ki sujets gravés sur bois. L'artisic qui les avait composés n'avait conservé de$ anciennes images de la Danse Macabre que l'idée des diverses conditions humainoâ aux prises avec la Mort. IF avait brisé les anneaux de cette ronde gothique qui semblait se dérouler dans l'infini loin de tous les accidents de l'existence terrestre; il montra la Mort pénétrant dans le monde réel,, surprenant les hommes au mîliea de leurs plaisirs et de leurs peines. LÀ où se» prédécesseurs avaient fait 1» peinture de rempire absolu do la Mort, il eemposale tableau du royaume divers et agite do !a vie. Il changea la physionomie des personnages, et peignit des êtres marqués dun caractère prononcé d'individualité. Du reste la part qu Holbein a pu prendre, soit comme graveur^seit comme dessinateur, aux figures de FéditioB lyonnaise de 1538, est un problème insoluble aujourd'hui. Il a élé Fobjet de discussions très-longues qui doivent nous rester étrangères, nous dirons seulement qu'une des figures de laDuckessf réveillée dans son sommeil^ porte une marque Ni formée par un H et par un L réunis maisQu'Holbein »'a jamais employée, et qui est celle d'Hans Lutzemberger, graveur qui était alors è Bâie et auquel Holbein abandonna probablement le soin de graver ses dessins. »

Parmi les preuves accessoires qui Tiennent à l'appui do l'opinion générale sur I attribution à Holbein des dessins de Tédilion de 1538, M. Fortoul signale une Danse des morts dont le style rappelle parfaitement celui des gravures sur bois du volume de Lyon et qu'un ciseleur a gravées, d'après les dessins d'Holbein, sur un fourreau de poignard. II indique aussi un tableau auquel Holbein a, sans contredit, mis la main et où I idée de la mort est re|>r<>duite arec une énergie pleine de pensée. Une jenae fiJle, belle et parée, joue de la guitare, tandis qu un squelette s'agite derrière elle, el quun magicien lui présente un miroir où elle peut voir son image mêlée k celle de la Mort. Au dessus de cette composition traitée avec une grande fermeté de pinceau et de couleur, on \k le distique suivant:

rormosam speeulù le csrnens têspies Urmm A tergo poêitam qum no fi use mUmL

Dans la reproduction des anciennes images lyonnaises, pour lesquelles a été ooBJ' posée la notice de M. Fortoul, les gravures dues 5 M. Schlotlhauer, professeur k Munich, sont d'une exactitude scrupuleuse.

DiN

DE BIBLIÛLOGIE.

avN

; sont accompagnées des quatrains frande la première édition et des vers laqai en offrent la traduction.

Fortoul n*a pas touIu s*occuper des liions auxquelles a donné lieu l*œuvre lt)ein. Les œuvres où est empreint le et de la décadence lui paraissent peu es d'attention et il ne croit pas devoir ter sur Tépoque où la Danse des morts it plus qu*un amusement pour les homdont elle avait autrefois si vivement lé les sentiments et les idées, lus reproduirons comme spécimen les

textes placés à côté do chacune des fis, à savoir : ie passage de TEcriture sainte» atrain frangais et les vers latins.

! Roi. Il est assis à table, la Mort lui d*écliauson et lui verse è boire : on »uve dans cette ima[$e du souverain (jues traiisde la physionomie de Fran-

:tU et rtx hodU êii « tt cra$ morit' nemo enim ex regibui aliud ÂabuU.

Ainsi 9ift*aujaurd*huy il est roy, Demain sera eo Uunbe close :

Or roy aulcun de aoo arroy M'a sceo emporter austre diose.

fenaida fert kodie ngni gtù sceplra tuperbmi Cmima tux UU triuia faia feret, iêqmU emm rtmi nunmas moderalut habenas, H wiera diêcçaem non )nelhra feret,

^viRB. Il est auprès d*nne table, cou- \ de piles, d'argent ; par terre sont des entassés, des coffres à triple serrure.

Mort saisit Tarj^ent à poignées etl'em- N malgré les cris du propriétaire, n/le, /me nocU repetunl animam luam; œ parattip cujuê êrunt ? (Luc. xii, 20*}

Cette ooit la Mort te prendra.

Et demain seras enchâssé.

Hais dy-moy, fol, a qui viendra Le bien qne in as amassé ?

îlnc de node manu rapkt mon trfuis, ware, Inque breti twnba trot ttmmlatm er'n,

Brffo ewm fnoaU lune vUa privatm abihis, Qno botm penemaU aeninulata libi ?

I connaît plusieurs reproductions fai- Mr la gravure en taille-douce, des es« Hi$ d*ilolbein.

première est un in-i^, sans date, avec \ allemand. Les gravures sont au nomde 60. Plusieurs sont des sujets noii- X, mais la plupart se bornent è repro- 3, parfois avec quelques différences, les

des éditions lyonnaises. Cette édition

reproduite en 1613. Il en existe une I datée de Nuremberg» 1647, in-lS, les

sont en latin et en allemand; on rere dans ce volua>e les 60 gravures des DUS précédentes; quelques-unes soni icbées^

^ graveur fort habile, W. Hollar, a i à Teau-forte 30 planches prises soit

les éditions lyonnaises, soit dans la *eiacoQ de Cologne, 1555 ; il a parfois queloues changements. Les bordures encadrent ses estampes ont été gravées les dessins de Diepenbecke, élevé de ms. Les épreuves du premier tirage «s eaux -fortes sont rares et recher-

chées; il existe des tirages pi us récents et d'un bien moindre mérite. £n 1794, les planches tombèrent au pouvoir d*un éditeur anglais, J. Edwards, qui en fit tirer de nombreux exemplaires eu mettant en tète du recueil une notice superficielle et peu exacte sur la Danse des morts.

Six des aravures d*Holbein sont reproduites en taille-douce dans un ouvra^^e imprimé à Venise en 1609: Varie e veri ri^ tratti délia Morte disegnati in immaginif ed espressi in Essempii al peccatore aura di cuore dal Padre C. B, Manni^ délia compagnia de Gieeu. Une partie des figures de la contrefaçon de 1555 se trouve dans un ouvrage imprimé à Laybach en 1682: Theatrum mortis humanœ tripartitum. D'autres font partie d'un ouvrage flamand publié à Anvers en 1698 : De Doodt vermaakert^

Un recueil de 19 gravures à l'eau-forte par Nieuhoff Picard, avec la date de 1720 a pour titre : Imagines mortis. Les dessins sont ceux des éoitions originales avec de faibles variations.

Un médecin allemand, S. Rusting, publia è Nuremberg en 1736 un volume intitulé, SchaU'Phts des Todes (Le théâtre de la mort)^ dans lequel on rencontre 30 gravures; six sont des copies des éditions lyonnaises; les autres leur empruntent ftarfoia des idées; le tout est accompagné de réflexions pieuses et morales fort prolixes. On connaît deux éditions de cet ouvrage avec un texte flamand, joint aux mêmes planches.

Le Triomphe de la Mort^ BAIe, 1780 : tel est le t'tre de la première partie d'une collection des ouvrages d'Holbein gravés et publiés par Chrétien de Mechel, artiste distingué. liCS sujets sont au nombre de 46, avec une explication en français; le frontispice est une œuvre originale et remarquable. Un artiste écossais, David Deuchar, publia à Edimbourg en 1788 sous le titre de The Dances of death through the varions stages of human life^ une collection de 46 eaux-fortes ; 30 sont des copies d'après Hollar ; les autres sont empruntées à la contrefaçon de 1555. Quelques planches présentent des différences. Quoique inférieures aux eaux-fortes de Hollar, celles de Deuchar offrent parfois un mérite distingué.

On a imprimé à Leipzig, 1830, in-12, un poëme de Louis Becnstein intitulé : Der Todtentanx ( la Danse des morts)^ et relatif à la domination de la mort sur la race humaine. Il est accompagné do 48 gravures à l'eau-forte, exécutées avec goOtet habileté par D. Frenzel d'après les éditions Ivonnaises.

On peut d'ailleurs observer que l'artiste qui a fait les dessins d'après lesquels ont été gravés les bois de rancienne Danse des morts, n'a pas toujours en le mérite de l'originalité. La gravure représentant Adambéchant la terre et Eve filant, se trouvait déjà dans onelques éditions des Heures imprimées a Paris par François Hegnault. Irau^

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