‹ Dictionnaire de bibliographie catholique, présentant l'indication et les titres complets de tous les ouvrages qui ont été publiés dans les trois langues grecque, latine et française, depuis la naissance du christianisme, en tous pays, mais principalement en France, pour et sur le catholicisme, avec les divers renseignements bibliographiques qui peuvent en donner l'idée la plus complèteChapitre 68 sur 137 · EW · texte numérisé non relu

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lions, un tableau complet de toutes l<;s sciences chinoises, depuis Tastronomie jusqu'àrhisloire naturelle dos poissons, des crustacôes et des insectes.

Les Musulmans possèdent un important recueil bibliograpliique, celui dllac|ji Khatfa, rédigé vers le milieu du xvn' siècle. Né à Gonstantinople, et mort en 1658, cet auteur se livra aux études les plus étendues et les plus variées; son Dictionnaire est le premier et le dernier ouvrage de ce genre qui ait été fait pour les littératures réunies des Arabes, des Persans et des Turcs. 11 était d'autant plus naturel de les réunir que pour toutes trois on se sert de l'alphabet arabe.

L'utilité pratique de ce recueil fait qu'il se trouve dans toutes les bibliotiièques de rOrient. Il a été de bonne heure connu en Europe. D'Hcrbelot s'en est servi pour sa Bi^ bliothèque orientale, et un interprète du gouvernement français, Petit de la "Croix, en prépara une traduction française, dont le manuscrit se conserve à la bibliothèauc Impériale.

Un des plus savants orientalistes de notre époque, M. G. Fluegel, a entrepris et mené à bonne tin une édition complète avec traduction latine, notes et tables, àuLexicon 616/10- ?Taphicum et encyclopedicum dont nous parons. On peut consulter, sur cette publication d'une grande importance , te Journal askttique, 5- série, t. XIV, 1859, p. 240-258. M. Fluegel ne s'est pas borné à la tAche d'une simple édition ; il a cherché à entourer son texte de tous les éclaircissements qui pouvaient en faciliter la lecture et en complét<îr le sens. La dernière partie du sixième volume et tout le septième, qui se compose de plus de 1200 pages, consistent en documents originaux, en notes et en index. Les notes iiuliijuent une émdition des plus étendues et renlerinent une foule de renseignements utiles.

EPREUVE. — Nous n'avons pas besoin de dire que ce mot désigne dans le langage typographique le premier tirage que subit une fornje après sa composition, mais comme nous n'avons pas h nous occuper ici de l'imprimerie au point de vue technique, nous ne dirons rien ni du bon à tirer, ni de la tierce. Nous n'envisagerons l'épreuve qu'au point de vue littéraire.

Il est de fait que Vépreuve est extrômement favorable au travail de celui qui se relit après quelque interruption, et qui veut arriver à une satisfaction complète pour la netteté du sens, pour la pureté du langage, f)Our la justesse de Teipression. « Aussi lisible qu'un livre, elle n*en demeure pas moins maniable et taillable à merci. Elle met si bien en relief tout ce qui est suspect, tout ce qui pourrait se cacher sous l'ombre d'une écriture cursive et mal formée I En vérité, quand on pense

(125) Ceci prouve que M. de Reiffeiiberg s*est trompé lorsque , dans le Dictionnaire de la conver^ sation et de la lecture, il a dil qu'Henri Esliennel" avait introduit les errata. Nous indiquerons, d'après le même auteur , deux circonstances que nous n'avons point vérifiées et qui auraient besoin de rétre : en 1608, le cardinal Bellarmin Tutobliffc de publier en qualre-vingt-liuit pages Terrala de

({ue les anciens n*oni pas eu Tëpreuve pour corriger leurs œuvres, on leur sait encore plus de gré de la perfection qu'ils ont atteiote. > LiTTRÉ, Journal d^$ Savante 9 1859, p. 12.)

Des négligencesqui ne choquent pointdans il composition, et qui passent inaperçues lorsqu'on relit un manuscrit, frappent avec force le regard lorsque rimprimerie les a filées. Aussi des auteurs célèbres ont -ils eu ITobitude de ne jeter sur le papier que le premier jet de leur pensée et de lui donner tout son développement sur la feuille imprimée. Ainsi agissaient Madame de Staël et Chateaubriand. Le romancier Balzac portait à l'eicès ce système. Les épreuves qu'on lui remettait ne sortaient de ses mains que bouleversées de fond en comble, criblées d'additions, de suppressions, de modiQcations, inondées de ntures et de renvois. On rapportait une impression nouvellequ'il corrigeait encoregraodement, et cela cinq ou six fois de suite. Ces procédés sont cruellement dispendieux, et dans une notice sur un archéologue distingué, M. de Clarac, qui était possédé duœ manie semblable, M. Alfred Haury cite des exemples curieux du prix énorme auquel revinrent, parsuitedeceschangements, quelques feuilles de rZ7ts(otre de l'an chez let aneienL

JSRRA TA .—Le premier ftrato qui soitcoDim se trouve sur un Juvénal imprimé à Venise avec les notes de Merula par Gabrielis Petrus; dans ce livre Terrata occupe deux pages entières (125),

Les anciens imprimeurs, ceux de Paris surtout, paraissent avoir donné de grands soins •à la correction do leurs livres. Une édition de Virgile exécutée en 1498, in-4, par Gering et Remboldt, est accompagnée d'une nièce de vers latins composés i)ar un ami de l'éditeur et qui alTirme qu il n'y a pas une seule faute en ce volume. C'est là une assertion téméraire sans doute et que personne ne sera tenté de vérifier, mais le lait est que le livre mérite la qualification qui lui est donnée : opus tersissime impressum.

Une autre épigramme en quatre vers jointe au Corpus juris canonici, égflilenient imprimé par Remboldt, attribue également a ce

impression

étaient corrigées à la main avant que le \im ne fût mis en circulation. Un bibliographe anglais, Tiniperley, cite un ouvrage impnoé en 1534 où Ton avait eu recours à ce ODOde de correction. On reconnut bientôt qu*il entraînait trop de temps; d'ailleurs, grâce èfignorance et à l'incurie d'une foule de typographes, les fautes se multiplièrent outre mesure, et la nécessité de les signaler aneDi Tusage des errata placés à la Gn des volumes.

i œuvres. Le dominicain F. Caccia fil impnnKr 1G78, in-4, une liste des Taules qui s*eUieM

ses

en ^uio, in-4, une iisie aes lauies qof glissées dans une édition de la Somme de aiit Thomas ; elle occupait cent onze paces. — Ceirï y a de plus certain, c'est que la Bibliotkeem anàkê de Schnurrer, iuiprimce a llaUe en 1811, a t\\p un errata de 9 pages.

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DE BIBLIOLOGIE

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Michel Fernus avant public à Rome, en 1495, le manuscrit d Antoine Campanus , évoque deTerano, cts'étant aperçu de la quantité de fautes qui, malgré tous ses soins, s'étaient glissées dans cette édition, intitula ainsi un erraia île quatre pages : Vis ex stiUto demenSf idemque ex démente insanus fieri ? Libroé Bomœ primus imprime, Corruptorum recognitio.

Là première édition des œuvres de Pic de la Mirandole, donnée à Strasbourg, en 1507, in-f*, renferme un errata de quinze pages. Je ne me souviens pas, dit Clicvillier, en avoir vu un plus fort pour un seul volume assez petit»

L ouvrage de J. B. Egnatius : de ExempUs illustrium virorum Venetœ civitatis (Venise, Nicolas Tridentinus, 1554, in-4), otfreau dernier feuillet un errata précédé de ce compliment à Timprimeur : «Ea est impressorum incuria, ut omnibus eorum erratis tollendis sexcentiArgi vix sufficerejit , » etc., Dans la plirase qui continue ce reproche d'incorrection, le mot obscurius est écrit obscuruis.

Ce n*e$t pas d'ailleurs le seul exemple d*un Feproche d incorrection formulé d'une manière incorrecte. Fr. Foppcns de Bruxelles a S lacé à la fin da la préface de sa Bibliotheca 'elgiea quatre vers relatifs aux fautes d'im- I>ression, dont il est si rare dii trouver un voume exempt :

Quis liber a mendis liber? vii ullus in orbe.

Seniper habenl niendas dévia prela suas.

Quas ergo inveiiies hic niendas. candide lector,

Emenda, et mendis disce cavere luis.

Frosper Marchand rap{)orte ces deux premiers vers dans sou Dictionnaire historique ; mais ils y sont imprimés avec une incorrection flagrante :

Qnis Liber a Mendis liber? Vix ullus in oibc, Scnipcr habel Meudas dévia Prela suas.

A la fin du premier vers il y a une virgule au iieu d'un point. Dans le second vers, on trouve le solécisme d'un verbe au singulier avec un substantif au pluriel, et, de plus, le second vers qui est un i)entamètre, n'a pas été rentré comme il devait l'être. H est presque superflu de faire remarquer que cinq lettres capitales sont mal employées.

ERREURS DE CLASSEMENT — Bien des catalogues offrent des méprises étranges dans la place donnée à un livre qui se trouve colloque dans une section toute différente de celle que lui assigne le sujet dont il traite.

Prosper Marchand, dans son Histoire de Torigine de V imprimerie^ page 209, indique à cet égard de nombreux exemples puisés dans divers catalogues. Les Histoires éthiopiques d'Héliodore qui sont un roman dont le second litre est : Aventures de Théagêne et de Charidée^ sont rangées parmi l'histoire de l'Ethio-

Sie ; un ouvrage irréligieux d'Antoine Collins: Hhcourse of the grounds and Reasons of Christian Religion^ est placé parmi les défenseurs de l'inspiration et de la divinité des Livres saints. Des imprimeurs, tels que Gérard de Lecw et Adrien Moetsens, sont transformés en auteurs; des doges de Venise, Vendramini et Marcello, sont changés en impri-

meurs. Il est facile d'indiquer d*autres faits semblables.

Un opuscule en vers de Pierre Gringore : la Chasse du cerf des cerfs, imprimé en 1510, est relatif aux querelles oui existaient alors entre le roi de France et le Pape. L'allusiou au titre de Servus servorum donné au souverain pontife est très-claire ;mais, en 1841, un libraire de Paris, n'y regardant pas de si près, rangea cet écrit parmi les livres relatifs à la chasse.

L'ouvrage de J. Linck : De stellis marinis, Leipzig, 1733 , in-fol., relalifaux oursins de mer, figure parmi les livres d'astronomie au catalogue Falconnel, qui a cependant été rédigé par un homme instruit.

L'ouvrage de Fr. de Roye , De missis domi* nicis , eorum officio et potestate (Andegari, 1672, in-4), se rattache, sous le rapport historique, h la vieille jurisprudence irançaise ; des rédacteurs de catalogues l'ont pris à plusieurs re[)rises pour un traité sur les Messes du dimanche; le Manuel du libraire observe que cette bévue, quoique signalée dans vingt ouvrages de bibliographie, a été reproduite en 1833 dans le catalogue Dacier, et plus tard dans celui d'Abrial. Nous ajouterons qu'elle figure aussi au catalogue lioissonade (1859, n" 96) ; il est vrai qu'elle est signalée dans une note ajoutée pendant le cours de l'impression.

Nous avons vu un catalogue dans lequel on a rangé parmi les travaux des sociétés savantes les Mémoires de l'Académie de Troyes publiés par Grosley et qui sont un recueil de dissertations enjouées qu'il faut placer dans la classe des facéties.

Une erreur excusable sans doute (car il est impossible à celui qui rédige un catalogue de pnmdre connaissance de tous les volumes

au'il enregistre) a fait ranger dans la section e la Biographie des Artistes les Memoirs of exlraordinary painters, petit volume attribué à Beckford et qui, publie vers 1786, a obtenu plusieurs réimpressions. C'est encore une plaisanterie mais d'un ton sérieux, où se trouve la narration delà vie de peintres ima^naires nés dans diverses contrées. L'originalité decetteproductioiircsultederexagérationavec laquelle l'auteur retrace la minutie d'un peintre hollandais, la fougue désordonnée d'un artiste italien, et les aventures étranges qui caractérisent son existence.

Il faut reconnaître aussi que les titres do certains ouvrages sont parfois de nature à donner une idée très-peu exacte de leur contenu, et que la lecture seule [)ourrait dissiper les incertitudes qui surgissent tout natureU lement. Ne serait-on pas tenté de ranger à l'histoire naturelle des oiseaux le Triomphe du corbeau^ par Antoine Uzier, Nancy, 1619? De fait c'est un livre en l'honneur de la maison de Lorraine; l'auteur s'est proposé d'exposer, comme il le dit lui-même : « les significations des mystères relevés de notre foy, et le triomphe du monarque lorrain remettant par favorable présage, le sceptre de la Judée en l'auguste maison de ses devanciers. » Rien de plus énigmatique aussi que les titres

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des ouvrages orientaux. Nous avons signalé un Dictionnaire persan rédigé sous la direction d^un roi d*Oude et publié à Lucknow sous le titre singulier des Sept Mers. Des livres rabbiniques consacrés à des sujets tliéulogi-

Îues portent au frontispice des mots tels que ^omme de Grenade ^ Rameaux de Palmier , Les deux mains fchaque main partagée en cinq doigts, c'est-à-dire en cinq chapitres) ; il est pénible d'avoir à vérifier ce qu'il y a efifcctivement au-dessous de ces titres métaphoriques. ESTAMPES. — Notre travail étant consacré à la science des livres et aux beaux-arts, nous ne devons nous occuper des estampes qu'en

Cassant; toutefois il ne serait pas convenale de laisser de côté un objet qui se rattache à la décoration des livres et qui a provoqué la publication d'ouvwges estimés, wous renvoyons d'ailleurs à Tarticle Gravures pour divers détails que nous aborderons plus lard; nous nous en tenons à réunir ici quelques faits que nous classons en quatre paragraphes distincts :

§ I. — Collections tTestampes,

Les plus grandes collections qui existent sont celles de la bibliothèque Impériale h Paris, du Musée britannique et de la Bibliothèque de Vienne. Les collections d'Amsterdam, de Dresde et de Berlin, sont aussi citées d'une façon honorable.

Une classification généralement adoptée se compose de douze divisions :

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