S.'IO
ble ot nnturcl. On a publié ; Esprit chi U. p. Avt'illon, pour passer sainleiwnl l'Aven t, le Carême, la Pealerôte, la Fêlc-Dii'u et rAssomplion, nrcceilé d'une Notice sur sa Vie, par J.-F.-H. Oudoul, in-18.
AVHiLF/.)T (B\iuii;). Voij. Acarie.
AViîEWT fsainl), moine bénédictin du nionaslère de SainICrépin dnns le H;iin;iul, né en 1060 îiu diocèse de Tournai, fui ordonné prêtre par IJurciiard, évèque de Cambrai, avec un pouvoir particulier d'aiiminislrer dans sa cellule les sacrements de pénitonce et d'eucharistie ; pouvoir qui lui fut confirmé par l'aschal 11 et Innocent 11. Cependant il renvoyait les pénitents à leurs évêques, à moins qu'ils n'eussent (|uolqne répu;,'naiice à se confesser à eux. Il disait tons les jours deux Messes, unepour les vivants, et l'autre pour les morts, et pratiquait de très-i^randcs austérités : son abstinence surtout passait pour une cs|)éce de prodige. Il mourut le jour de l'àquoi de l'an IIVO. S.i Xie a été écrite aussitôt après sa mort par l'archidiicre Robert, qui l'avait connu beaucoup. Elle a été publiée par Surius et Bollandus.
AYGULriî (saint), ou AYKIJL, vulgairement saint AOUST, archevêque de Bourges, vers l'an 820, mourut le 22 mai 8ï0. Théoduiphe, évèque d Orléans, lui donne de grands éloges et le litre de patri ircbe, dans la 42' Kpître du k' liv. de ses poésie-. On bâtit sur son tombeau une église qui porte encore son nom, et qui est une paroisse de l'archiprétré de Chàleanroux.
AYLK ou AGILE (saint), lils d'Agnoald, l'un des principaux seigneurs de la cour de Childebert II, roi d'Ausirasie, fut élevé dans l'abbave de Luxeuil, où il embrassa la vie monastique. Sa piété et son zèle le firent choisir pour aller prêcher rEvan.;ile aux infidèles de delà des Vosges, jusqu'en 15avière. A son retour, il fut élu ahi)é de Uebais, où il mourut en 950. Sa Vie, écrite par un anonyme, a été i>a!)lire par .Mabilion.
AY.MAIÎ. y ni/. V'ALr.EMONT.
AY.MER IJÉ LA CHEVALERIE ( Hev-
«iCTTEj, fondatrice et première supérieure d'une pieuse congrégation, naquit le 27 août 17()7 , dans un château de la provincedu Poitou. Reçue' clianoinesse dans l'ordre de Malte à 11 ans, elle entrait dans sa vingt-troisième année quand la révolution éclata. Elmjirisonnée pendant la terreur et condamnée à mort pour avoir caché un prêtre ddn> sa maison, elle parvint à (Cliapp. r au supplice et sortit de prison après la mort de Robespierre. Des le.nmes pieuses s'étaient associées à. Poitiers pour travailler aux bonnes œuvres, sans cependant quitter leur position dans le monde ; madame Aymi-r entra d mis celte société au mois de mai 17i)5. Deux ans après elle conçut le projet d'une réunion de dames i|ui mènerairnt la vie commnne. (Jnoiqne bien jeune encre, <lli. fut clioiMe en juillel I7il8 pour «.upéri. nre. Le 17 octobre 1800, la réuni .n des Dame- fut auloris e par les grands vicaires lU- Poitiers, qui confirmèrent l'elccii,)!! de madame Ajmer. Elle se pro-
posa d'établir dans son inslitu', l'adoration perpéluelle et la dévotion aux cœurs de Jésus et de Marie ; di là le nom de la nouvelle associaii mi. Madame Aymci- résolut aus^i de se livrer <à l'instruction de la jeuness(î. Tout en dirigeant l'éducation des jeunes personnes di> la clas-.e aisée, elle ins misait gratuitement 1<îs jeunes filles pauvres. Plusieurs maison'; furent succe<siven)ent fondées par elle, et après la Restauration elle sollicita l'approbation du souverain pontife. Un décret d'a|)i)robalion lui fut accordé le 10 janvier 1817, et !<■ 17 novembre suivant le nouvel institut fut solennellement confirmé par une bulle. Déjà seize établissements témoignaienl des progrès de la congrégation, lorsque madame Aymer éprouva une atta(]ue d'apoplexie, suivie d'une paraly-ie du côté droit Elle mourut le 23 novembre 183i. Elle était nièce de Mgr. Chabot, ancien èvêque de Saint-Claude, qui, lorsqu'il fut nommé en 1802, évèque de Monde, s'empressa d'invitiT iicnrietle Aymer à venir fonder une succursale dans cette ville, et cette maison, coiume toutes les autres établies par elle, prospéra rapidement.
AYMpN (.Iean). Voi/. Renauoot.
AYNÈS (François-David), né à Lyon, consacra toute sa vie à l'éducation de la jeunesse, ou à composer des livres à leur usage. II fut quelque temps principal du collège de Villefranche, ensuite il revint à Lyon, où il publia successivement plusieurs ouvrages élémentaires jusqu'en 1811, où des agents de police vinrent se saisir-iie si p rsonne et de ses papiers, parmi lesquels se Irouvaiint un petit livre du Clfinin de la Croix, nu Tite-Live latin, et un livre de comptes, en grande partie en p ipier blanc. On lui laissa les deux derniers ; mais on lui enleva le Chemin de la Croix, qui lui eût été le plus utile, dit-il, dans la solitude de son cachot où on le tenait au secret. Pour se distraire cependant, il entrefirit la traduction des narrations de Tite-Live, mais il lai fallait de l'encre ; il en lit aiec du marc de café et la suie de son poêle. Quant au papier, il en trouva dans les leuiilels de son aijenda. Il était accusé d'avoir fait imprimer la correspondance du pape avec le gouvernement français, ainsi que le manifeste de la nation cspagnob; à l'Europe, cl so.ipconné d'avoir contribué à faire connaître en France la biille d'excommunication du pape Pie VU Contre l'empereur Napoléon. Sur ces soupçons el sur la simple déclaration d'un libraire étranger qui avoua qu'il lui avait envo\éla correspondance du jiape, il avait été enlevé à ^a lamille et conduit à Paris dans la [irison de la Force, d'tni il ne sortit qu'après onze mois de la détention la plus rigoureuse, quoiiju'il n'y eût aucune preuve maleri. Ile contre lui, el qu'il eût des aniiâ puissants ijoi s intéressaient à son elar.;^issement. Encore ne pul-il recouvrer entièreinenl la liberté. Il Lit exile à Avignon, où il éleva une maison d'éducation el ne rentra d.iiis sa patrie qu'après la Restauration. Le pape lui envoya à cette époque sou portrail
Sû7 AZA AZl^ 3^8
comme une marque de son eslime. A l'cpo- Ire les Philistins avec une armée de 300
quf même des ccnt-jours, il perdit l'usyge mille hoinmes, et ieriii)orl;i de grands avan-
de la p.irole lanl il fut eiTrayé des évéïie- l.iges sur eu\. Il vainipiil eiisuiie les Ara-
niciils qui se prépaiaieul. Il csl mort à l.i lies cl les Airuiioiiili-s. Il (itabillri- les murs
(i; (!e déceniltie 1827 à l'iige de Gl ans. On de Gcili, de Jiimiiie et d'Azul. Ses vicioies
lui doit : Nouveau DiclioniMii e universel lui eiirièrcnt le cœur; il voulut olîrir de
de géofjraphie ancienne et moderne, Ljoii, l'encens sur l'autel des parfums el s'allri-
iSlh, 3 vol. in-8°; Grammaire latine de huer les l'onclioiis des prélres, cnfiiiits d'Aa
LhomonI, disposée dans un ordre plus ron- ron. Il fui lout à coup couvert de lèp e.
foime aux principes delà langue française, Celle maladie l'obliuea de renoncer aux
1(5' édilioM, L)on et Paris, 1827 ; Grmnmaire fondions de la royauté-, et de deineurer hors
franç<iise de Lhomond, texwe \>.\\ \^\ù\'i. [k' de la ville jusqu'à sa mort; il pleura son
c<lilion, Lyon, 1828; Grammaire française, péclié e( mourut l'an 759 avant Jcsus-Cliiist.
3' cdiliou iu-12 ; (luelques autres ouvrages II fut enterré dans lesdiampsoù étaient
élémenl;iires ; Narrations choisies deshisloi- les tombeaux des riii>, mais dans un endroit
res de Tite-Live, aicc le texle en rcç/ard sui- séparé, parce qu'il élait lépreux. Jo-èphe
vies d'une dissertation sur le passage du dit (pie lors lUe Azarias entreprit U'oinir
Rhône par Ann bal, Lyon, 1822, 2 vol. iii-12. l'encens dan^ le temple, on sentil un grand
Jl a donné de plus une éililiou du Bréviaire tremblement de (erre, e( que le (emple s'é-
roîJifîin, '•■ volumes ; du Grf(rfi(p/ cl de l'yln/j- tant ouvert par le liaul, un rayon de lu-
phonaire romain, nvloX. i'V iii-l2. L'autorité niière l'rappa le front du r^i, et i|u'aus.<itôt
ecclésiasiiqne lui avait accordé sa confi.ince il tut couvert de lèpre, il ajoule (|ue le Irein
entière Mour les amélioralious à faire dans blement de terre fut si violent, iju'une par-
lous les ouvrages de liturgie ue l'église de lie de la montagne, (|ui est à l'oci iilenl de
Lyon. C'est lui qui a fait les meilleures lr,i- Jéru-^aiom, se deiaclia et roula l'étendue de
(ludions des liymnes el des proses. Il avait quatre sta les, et que par là les jardins du
aussi publié, aprè? I avoir relonlue, la Mé- roi lurent endommagés par les terres qui y
thode du plain-cliant par La Feuillée, 1S2G, furent amonce'ées.
gros vol. iii-12. AZAUIAS, fils .l'Obed, prophète, fut en-
AZADK (saint), eunuque de Sapor IL roi voyé par le Seigneur au-devant d'Asa roi de
de Perse, fut une des victimes de la ci uclle Jula, (jui venait de remporter une victoire
persécution contre les chrédens, ordonnée signalée sur Zara, roi de Chus. Il l'exhorta
par ce prime en 3iJ. Ce lyran ignorait à demeurer ferme dans le culte du vrai
que Azade était chrétien , ou bien il ne Oieu. Le discours du proplièti! (il tant d'im-
croyail pas qu'on oserait commenc r l'exé- pression sur le roi, qu'il li' exterminer tout
culion de son édit par les gens de son palais, ce ijui restait d'idoles dans ses Liais.//
11 fui si vivemeni louchéde la mort d'Azade, Parai, xv.
qu'il estimait pour sa fidélité et sa vertu, AZAItlAS, capitaine juif, à qui la garde
qu'il publia un autre édit, par lequel il res- de Jérusalem fut confiée, avec un autre ca-
Ireignail la persécution aux évèques, aux pit.iine nommé Joseph , par Judis Maclia-
prétrcs, aux moines et aux religieuses. Il y bée. Ces deux officiers ayant appris l'heu-
eul en celle occasion une multitude innom- renx succès des armes de Judas, voulurent
brable de martyrs de lout sexe el de tout aussi rendre leur nmu célèbre, en allant
âge, dont on iH' sait pas les noms Sozoméiie combattre les ennemis ; m.iis ils furent bien
en compte seize mille ; mais un ancien écri- trompés dans leur .illenle , car ils lurent
vain persan eu fait monter le nombre jus- vaincus par Goigias près d(! Janiuia, et per-
qu'à deux cent mille. Oo ne cessa de mas- dirent deux mille hoojines pour avoir com-
sacrcr les chrétiens depuis la sixième heure battu sans ordre et sans rel esprit qui donne
du vendredi saint, jusqu'au dimanclie de la la vic;oire sur les ennemi-; de Dieu : aussi
Peiitec(ile. « La croix, dit saint Maruthas, l'Kcriture sainle nous dit-elle qu'ils n'étaient
qui a écrit l'histoire de celle pcrséculion, pas du nombre de ceux par les mains des-
germa sur le bord des ruisseaux de sang, quels le Seigneur voulait opérer le salut
La vue de ce signe salutaire fil tressaillir de d'Israël : //>.?«' non erant de semine virorum
joie la sainte iroupcdes fidèles; elle les rem- pcr r/uas salus factn eH in Israël. I Mach. v.
plit d'un nouveau courage qu'ils inspiré- AZARIAS de Uulieis, rabliin d'Italie, au-
renl aux autres. Enivres des eaux fécondes leur d'un livre hébreu intitulé : La lumière
du divin amour, ils enfantèrent une race des yeu.r, imprim.- à Maiiloue en 1.57'i, un
spirituelle digne de leur succéder. » Asse- vol. iu-fd., dans lequel il discute plusieurs
njani a publié les actes de saint Azade et points d'hi^toire et de critique. Les livres
d'autres martyrs persans, durant celte per- des ihretieiis qu'il connaissaii beaucoup y
séculion , daps le premier tome des Jlc^a se 1 souvent ciiés, et l'on y trouve une his-
mart. Orient. toiie de la version des Septante, d'après
AZALL , frère de Joab, était si léger à la celle d'Anslée.
course, qu'on lecomparailauxchevreuil9.il AZAItlVS. Voy. Ana\ias.
fut lue par Abner vers l'an 1053 avant Je- AZK (Le rahu.n), compila le Talmud de
sus-Christ. Babylone, l'an oOO ou 600 , suivant le P.
AZAIUAS ou Os'AS, monta sur le trône de Morin.
Juda après le meurtre de son père Amasias, AZEVKD) (Ignace), jésuite, naquit à
l'an «10 avant Jésus-Chrisl. 11 marcha cou- Porto en 1527. Nommé à l'âge de 2G ana
BAÂ
BAA
recteur du collège de Saint-Anloine, à Lisbonne, puis recleiir des jésuites de Brague, il s'embarqua quelque lemps après pour le Brésil, où il se livra sans relâche à la conversion des infulèles. De retour à Lisbonne, il sentit se réveiller tout son z(Me pour la propagation de la loi, cl fut choisi pour être chef d'uno troupe de :]9 missionnaires qui s'en)barquèrenl en 1570 pour la conversion des sauvages du Brésil. Souri, corsaire de Dieppe, s'étant rendu maître du navire qui les portait, les immola tous aux mânes de Calvin, dont il avait embrassé les dogmes. L'élégant auteur du Thmtrum crudelitalis fait observer que les hérétiques, non contents d'une criminelle indifférence à l'égard de l'instruction des barbares, empêchaient encore, par des cruautés atroces, les catholiques de leur porter les lumières de la foi.
Flnclusqiw sacfo scelcraln cniore,
Inlicit, exicrnis Cliristinii ut procnl arreal aris ; Scilicct ni gcnio quœ vefiligit î;)sri ne(ando, Per cicdes udimal populis ca doua rtiiiolia.
Le Père de Beauvais, jésuite, a écrit la Vie du P. Ignace Azéccdo.ihisloire de son martyre et lie celui de ses ircnlr-nnif compagnons, ilk'*, iii-12. Ou y voit le décret du pape Binoît XIV. du 21 septembre li't2, qui prépara Irur béatification. — H ne faut pas le confondre avec Louis Azkvedo, autre jésuite portugais, qui prêcha avec succès l'Evangile en Ethiopie, et mourut eu iG3i, âgé de 61 ans. 11 a traduit en languie éthiopienne le Nouveau Testament et un catéchisme.
AZOH (Ji:a\), jésuite espagnol, professeur à Alcala et à Borne, mourut dans cette dernière ville en 1G03. Il laissa des Insiiiutions morales et d'autres ouvrages. Ces institutions jouissaient du suffrage de Bossuel, qui en recommande la lecture dans ses statuts synodaux. Clément VIII en a autorisé l'impression par un bref rapporté au commencement du premier volume. On en a fait différentes éditions à Uomc, à ^'enisc, à Cologne, à Lyon, etc.
AZI'lLCl'ElA (iSlMiTiN), surnommé le JN'fniirrc ( ou Nnvarrais), parce qu'il était né dans le royaume qui porte ce nom, til ses études en France, à Caliors et à Toulouse. Devenu pri'lre et chanoine régulier deSainl- Auguslin , il enseigna la jurisprudence à Toulouse, à Salamiinqne et à Coïmbre, et était consulté de toutes parts, comme l'oracle du droit. Son ami Barlhéli-mi (^aranza, dominicain, archevêque de Tolède, ayiiu été mis à l'inquisition à Uomc, .sur des ac-
cusations d'hérésie, Navarre partit à 80 ans pour le défendre. Le pape le fil pénitencier, 11 était d'une santé très-délicate, mangeai! peu, et avait une si grande charité pour les pauvres, qu'il n'en rencontrait jamais sans leur donner l'aumône ; on remarquait que sa mule s'arrêtait lorsqu'elle en voyait venir. Il mourut h Uomc le 21 juin l.oSO, à 93 ans. Le recueil de ses ouvrages a été imprimé en C vol. in-fol. à Lyon, en lo97, et à Venise , 1602. On y trouve plus de savoir que de précision, mais partout d'excellents principes, une raison droite cl saim-. Il était oncle de saint François-Xavier, par sa sœur Marie Azpilcueta, mère du saint. Il voulut accompagner son neveu dans le voyage des Indes, et se consacrer à la conversion des infidèles ; mais ce courage était au-dessus de ses forces. « J'aurais fini là mes jours, ditil dans son Manuel, si Xavier, à cause de mon âge, ne m'eût jugé incapable des fatigues de sa mission, et s'il ne m'eût écrit, en partant, que je me coi'.solasse de son absence par l'espéraûce de nous voir au ciel. »
AZZOLINI (DÉcius) , né â Fermo dans la Marche d'Ancône, le 11 avril 1623, fut nommé cardinal-diacre par Innocent X le 2 mars lOoi. La reine Christine, qui avait lixé son séjour à Bome , eut pour lui des attentions et Tine confiance extraordinaires. Alexandre VII l'avait donné à cette princesse pour régir ses affaires, fort dérangées par ses profusions et le peu d'exactitude; qu'on avait à lui payer ses pensions. D'abord elle fut peu contente de cette précaution, mais elle en comprit ensuite la nécessité et la sagesse. Klle (il d'Azzolini son ami et son héritier; mais il ne jouit que 50 jours de celle succession. Il mourut à Bomc eu 1680, a 67 ans. Avant d'être c;irdinal, il avait été secrétaire des brefs ad principes, el s'était distingué tellement dans cet emploi par sa belle latinité, par la délicatesse et la sublimité de ses pensées, que Innocent X l'appelait V.Uijle. Il publia en italien des Bègleineuis sur la tenue du conclave ; ils furent dans la suite traduits en latin sous ce titre : Apitorismi polilici, quœ in conclavi observanda ha'jeat cardinnlis ponliliciitm arionia ainbiens, hujiisque desidcriis [avens. Opus incomporabile ex ilalico in latimim iransla- Inm a Joacliinio Henifingio , Osnabruck , 1691, in-V°. .Muralori, dans sa Nie du poète François Lemcne, donne à Azzolini le titre d'excellent poète, et une Canzone conservée par Crescimbcni, dans son Ilisluire de la poésie vulgaire, semble justifier cet éloge.
BAASA, fils d'Ahias, usurpa la couronne d'israi'l après avoir tué Nad.ib, fils de Jéroboam, son roi , el exterminé toute la rare de ce prime. Itaasa déclara ensuite la guerre à Asa, roi de Juda, et se livra a toutes sortes de d( ré.;lements. Dieu lui envoya le pro-
phète Jéhu pour le menaocr de ses châtiments s'il ne se corrigeait pas ; mais ce roi ne reiumdit aux re|irothes du prophète qu'en lui donnant la mort. Il mourut lui-même peu de temps après, et Dieu exécuta ses menaces contre la postérité de cet impie, par
OAB
BAC
'e ministère de Zambri , qui en détruisit louto fa race. Ela sou fils lui succéda l'an 930 avant J. -G.
' BABIN (François), né à Angers, d'un avocat , en 1(331 , chanoine , {jrand-vicaire et doyen de la faculté de théologie de tette ville, mort le 19 dcrembre 173'»-, à 8'J ans, enseigna avec célébrité la théologie pendant 20 ans, se distingua par ses iirandes lurnières et ses vertus. 11 fut le rédacteur des 18 premiers volumes de l'édition en gros caractères des Conférences du diocèse d'Angers, ouvrage fort (Siimé et fort répandu. La suite n'est point de lui. Le style de Babin est tel qu'il le faut pour ces sortes d'ouvrages : net , clair, méthodique , et ne sentant point la barbarie de l'école. Les continuateurs ne l'ont pas égale; ils n'ont ni sa netteté ni sa précision. Les Conférences d'Angers renfermaient 28 vol. in-12, que l'on a réduits à 14, petit caractère, et auxquels on a ajouté depuis 5 vol. On en publia une édition en lîi vol. in-12, 1785, qui fut la plus estimée et la seule recherchée ; mais deux éditions faites vers 1829 à Besançon et à Paris, in-8' et in-12, ont rendu cet ouvrage plus commun. Babin publia, en 1679, une Relation de ce qui s'était passé dans l'université d'Angers au sujet du jansénisme. Foy.GoTELiK HE laBlandinière.
BABINGTOM ( Gervais) , évéque anglais du xvi' siècle , étudia à Gambridge , et fut successivement chapelain de Henri, comte de Pembroke , évéque de Landaff, en lo91, puis évéque d'Exeter et de Worcestcr, et mourut le 17 mai ICIO. Ses œuvres, publiées en 1(J15, in-4-°, réimprimées en 1G37, in-fol., contiennent des Rcmargues sur le Pcntateugue, une Exposition duSymbole, des Commandements de Dieu et de l'Oraison dominicale ; une Conférence entre la faiblesse humaine et la religion, et trois Sermons. Ges ouvrages, écrits dans le style pédantesque du temps, sonl peu estimés au point de vue littéraire. ' BAHINOT (Albert), l'un des premiers disciples de Galvin, était né en Poitou; il habitait Poitiers et y professait le droit dans l'université. Galvin élant venu dans celte ville, en 1336, y sema ses erreurs. Babinot les embrassa. Galvin séduisit aussi quelques autres docteurs de l'université, et plusieurs olliciers du présidial, et Babinot (it la folie de quitter sa chaire, le seul moyen qu'il eût de subsister, pour aller prêcher de ville en ville lu doctrine de son maître. 11 se faisait ajipeler le Bon homme. On le nomma depuis le Ministre, pane que la salle dans laquelle il faisait, à Poitiers, ses leçons de droit , s'appelait la Minislrerie, et « de là est venu, dit Maimbourg, le nom de ministre qu'on donne aux pasteurs prolestants ; étyniologie néanmoins qu'on peut contester. » Babinot, voué à cette vie errante, mourut dans la misère. Pendant longtemps il fut, dilon, oblige de vendre des caques de harengs pour subsister. 11 est auteur d'un ouvrage intitulé la Ctiristiade, recueil d'odes, sonnets et cantiques chrétiens, Poitiers, l.'iCO;le tout infecté du poison des opinions nouvelles.
BAli')LliNUS (saint), ou Bauolein, moine DiCT. VE Biographie relig. ).
de Saint-Golomban, fut le premier abbé de Sainl-Maur-Ies-Fossés, monastère fondé en 638, par Blidé^isile, archidiacre de Paris, à deux lieues de celle ville, dans une péninsule formée par la Marne. Saint B ibolein y fit régner toutes les vertus religieuses qui le rendirent fort célèbre. S'étant joint à saint Fursi de Lagny, il rendit de grands services à tout le diocèse de Paris ; en quoi il fut merveilleusejnent secondé par l'évêque Au- " debert et par saint Lnndri son successeur. Il fonda plusieurs églises et plusieurs hôpitaux. Dans sa vieillessi' il quitta le gouvernement de. son monastère pour passer le reste de ses jours dans la retraite. Il mourut dans le VU' siècle. On l'honore à Paris, le 26 juin.
BABYLAS (saint), évéque d'Antiocho , fut mis dans les chaînes pour la foi de Jésus- Christ , sous l'empereur Dèce. II mourut dans sa prison, et voulut être enterre avec ses fers. G'était un prélat plein de zèle. On dit qu'il défendit l'entrée de l'église à l'empereur Philippe, qui était monté sur le trône par le meurtre de Gordien, son bienfaiteur et son pupille. Quelques critiques prétendent que l'empereur auquel saint Bahylas défendit l'entrée de l'église, était Dèce; mais cela ne luiraît guère vraisemblable. Il mourut l'an 231 de Jésus-Christ. Gallus César fil transporter les reliques de ce saint à Daphné, faubourg d'Anlioche, afin de mettre par ce dépôt sacré un frein aux superstitions et au libertinage des Grecs. La chose arriva comm!' Gallus César l'avait désiré. L'idole d'Apollon, fameuse par les oracles qu'elle rendait, cessa tout à coup d'y donner des réponses. Julien l'Apostat ordonna dans la suite de reporter les reliques de Babylas dans la ville, afin que la langue de cet oracle se déliât. Il y réussit, mais ce ne fut que pour lui apprendre la vraie cause de ce silence, et immédiatement après, le feu du ciel écrasa celte idole et réduisit le temple en cendres. C'est saint Jean Chrysostome qui nous apprend ce fait dans son discours contre les tîeniils, et dans la k' homélie sur l'éloge de saint Paul. Il dit en avoir été témoin oculaire. Tous les anciens historiens chrétiens en font mention. Ammien Marcellin, quoique païen, n'ose pas en disconvenir(l. xxii). Il y a seulement dans sa relation quelque différence, qui marque plutôt son embarras que l'inexactitude des autres. Libanius, ce sophiste fameux et zélé païen, se plaignait au rafiport de saint Jean Chrysostome , du silence d'Apollon à Daphné: mais il ajoutait que Julien l'avait délivré du voisinage d'un mort, qui l'incommodait. Voy. Baltls.
BACGETTl (Nicolas), né à Florence, entra dans l'ordre de Saint-Bernard, devint abbé de Sainte-Luce, et mourut en 1047, âgé de près de 80 ans. Nous avons de lui : IJislortœ Septimianœ lib. vu , cum tiotis Malaclii'P d Inguimberl , Home, 1721, in-fol. C'est rhistKire du monastère de la Miséricorde de Seitim ), en Toscane, de l'ordre de Gîteaux ; Disserlatio de jure historico.
BACCHIAKIUS , philosoDhe chrétien flo»
BAC
BAC
rissait au iv" siècle. On a de lui une lettre écrite à l'évêque Janarius, louchant l'incontiiieQce d'un moine ; cette lettre est très- Lien écrite, et se trouve dans la Bibliolhèijue des Pères: on v voit autant de prudence que de zèle, autant de sévérité que de charité. Jl y a plusieurs applications heureuses des cérémonies et histoires de l'Ancien Testament. On a encore de Ini une apologie dans 4es AnecdoUi de Muratori. Gennade rapporte que Bacchiarius changeait souvent de demeure, ponr être plus à Dieu et avoir moins d'attache pour ce monde, en réalisant sans cesse la sentence de saint Paul : Non enim habemus hic manentem civitatem. Eph. xiii.
BAGCHILLE, évêque de Corinthe, sur la fin du ir siècle, écrivit un traité touchant la célébration de la fête de Pâques, ensuite de la question qui s'émut de son temps sur ce sujet ; ce fut sous le pontiOcat de saint Victor. Sa lettre était écrite au nom des évéques d'Achaïe; ce qui a fait croire qu'il assembla un synode pour l'éclaircissement de cette controverse.
BACCHINI Cdom Benoît), religieux du Mont-Cassin, né à Sau-Donino, dans le Parmesan, en ICal, se distingua par retendue de ses connaissances dans la théologie, l'histoire ecclésiastique et la littérature. 11 s'adunna aussi à la prédication, et y eut des succès; mais sa santé délicate l'obligea d'y renoncer. Il apprit le grec et l'hébreu , pour s'en aider dans le dessein qu'il avait de se livrer à des recherches scientifiques. Ses principaux ouvrages sont : Giornate de' letterati,9 vol. In-k" ; De sistrorum flijuris uc difl'erenlia... oh sistri romani ef/iyiem coinmunicalani dissertatio , Bologne, 1691, in-4' , et dans les Aniiquités romaines de Grœ\ius, tom. VI; Anonymi dinlogi très : de conslantia, de dùjnilale tuenda , de amore erga rempublicam, Modène , 1091 , in- 12 ; Dell' isloria del monaslero di San Benedcllo di Poli' rone,nelto slato di Mantuva, libri cinque , Modène, 1()96, in-i" ; De ecclesiasticœ Itierarehiœ originibns dissertatio , Modène, 170o, \a-k', ouvrage plein d'érudition, etc. Le marijuis Scipion Matîéi se glorifiait d'être disciple de Baec hini ; mais il surpassa son maître. Bacch ni mourut à Bologne en 1721.
HAI^HEIUUS ou Baklr ( Pieuri: ) , né à Gand en 151", entra chez les dominicains en 1:).'18, étudia sous Solo, fut reçu docteur en théologie en IbiS, se distingua comme professeur et comme prédicateur, et nioui ut en 1001, âgé de B'* ans. 11 est auteur d'un ouvrage singulier, intitulé : Jurgium conjuqale centra reformulorum jentcm, lo8"J, in-'t". On a de lui en outre : JnniisKB r^sor^s, Gand, 1506; De chri$liaitœ nnlitiœ disciplina, Louvain , 1562, réim|irimé sous le titre de Spéculum nnlitiœ c/irjsaan(r, Cologne, 1572; des HoTjtélies etc.
15Ai;H0V1US ou BACHOV (Reimkr), né à Cologni' en loVV , unit le négot^c à l'élude de? lettresi, se lit luthérien it te relira à Leipzig. Il s'appliiiua aux langues, à la juris|i.rudcn<c et à la théologie , et composa quelques écrits dans ces duu& derniers gen-
res. 11 fut obligé de quitter Leipzig pour avoir abandonné le luthéranisme et embrassé le calvinisme. Bachovius se retira à HeiJclberg, où il exerça divers emplois II mourut en cette ville en 1614. — 11 eut un fils qui fut professeur en droit à l'université de Heidelberg, et publia quelques ouvrages de jurisprudence.
BACIÎUSIUS ou BACHUISEN (Guillaume), longtemps lié, ainsi que Van-Espen, avec le parti d'Arnauld et de Ouesnel, et revenu ensuite à la docilité que l'on doit aux décisions de l'Eglise, a laissé un traité intéressant sur Van-Fspen , Quesnel et Erkel , intitulé : De Zegcro Uernardo Van-Espen, etc. On voit dans ce traité tout le mal que la nouvelle secte a fait dans la mission de Hollande. Bachusius est mort chanoine de Bruges en 1779.
BACÎO (Henri), jésuite, né à Nancy, en 1009, d'une famille originaire d'Italie, pro- { fessa la rhétorique au collège de Dijon , fut ensuite chargé d'aller prêcher en diverses provinces, et mourut, en 1081 , préfet des classes à l'université de Pont-à-Mousson. On cite du P. Bacio : llluslrissimi ducis Bellegardii laudatio , lOW , in -4°; Elogium Henrici Borbonii II, 1047, deux morceaux oratoires assez médiocres.
BACON (Roger), franciscain anglais, naquit en 1214, à Ilchester-, dans la province de Somerset. Il fut appelé le Docteur admirable, à raison des grands progrès qu'il fit dans l'astronomie, la chimie et les mathématiques. Son général craignant qu'il ne fît un mauvais usage de ses talents, lui défendit d'écrire et le fit enfermer quelque temps après. Mais Bacon dissipa cette inquiétude prématurée, et convainquit ses supérieurs de sa prudence comme de .son orthodoxie. Il proposa, en 1267, la correction du calendrier au pape Clément IV; mais la difliculié de l'ouvrage, qui ne réussit qu'avec beaucoup de peine plusieurs siècles après, empêcha le pape d'acquiescer à ce projet. Bacon tit de grands progrès dans la mécanique. On vit sortir de ses mains des miroirs ardents. Il proposa des idées qui mettaient sur la voie de la découverte des lunettes, des télescopes et des microscopes, mais il ne parait pas qu'il ait connu ces instruments tels qu(; nous les avons aujourd hui. Quelques écrivains ont voulu lui f>iire honneur de l'invention de la poudre à canon. 11 est constant que celle funeste découverte ne' tarda pas à se faire, mais on doute qu'il faille attribuer à Bacon ce nouveau lléau du genre humain. Il connaissait les effets du salpêtre, mais le salpêtre seul ne compose pas la poudre. Quoi qu'il en soit, Bacon méritait le titre li'udinirabte, et son nom peut être mis à côté de ceux de Newiou et de Lcibnilz, surtout si l'on considère le temps où il a vécu , et les grands avantages (|oo les savants plus modiTiu's et plus bruianls ont eus sur lui. Avec nu très-beau génie , il m- put se mettre au-dessus de (|ucl(|Ui-s puérilités de son siècle, car tous les siècles ont les leurs. 11 ii'uccupa de la pierre iihiloso|)hale,