‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 103 sur 228 · BAG · texte numérisé non relu

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jjinvier 18i'», p.irle carclinnl Pransoni, dans l'église de Saint-drégoire-Ie-Grand, au mont Celius, celle même éççlise d'oùfaint Au^usUn élail autrefois parli pour aller porter aux Anglo-Saxons la lumière de l'Kvangile. Le xèle qu'il avait apporté jusque-là dans les diverses fonctions dont il avait été chargé, sembla redoubler encore quand il se vil au milieu de son nombreux troupeau. Partout il faisait entendre sa voix apostolique à des assemblées composées de fidèles et de protestants, cl il obtint de nombreuses conversions. Après dix-huit mois de travaux et de soins assidus, Mgr Ba^gs avait niis le district occidental dans l'état le plus llorissaiit, et il se préparait à faire un voyage à Rome pour les affaires de son diocèse, lorsqu'une altaquL- de paralysie mit ses jours en péril. 11 tourna dès lors toutes ses pensées vers le ciel, et il mourut saintement le 16 octobre

BAGNATI, jésuite, né en 1651 à Naples, où il mourut en 1727, laissant une grande réputation de sainteté, se consacra principalement à la prédication. On a de lui : des Sermons, des Panégyriques, l'Art de bien penser, VAme dans lu solitude, etc.

BAGNl (Jean-François), d'une famille distinguée de Florence, naquit en 1563. Les papes Clément \ III, Grégoire XV et Urbain VllI, l'employèrent dans plusieurs affaires importantes. Il fut fait cardinal, et mourut en 1641, regretté de tous les gens de lettres dont il avait été le protecteur. Naudé fut son bibliothécaire.

BAGOT (Jean), jésuite, né à Rennes en 1590, enseigna successivement la philosophie et la théologie, fut censeur des livres à Rome, ensuite supérieur de la maison profcssn à Paris, où il mourut le 22 août 1664. On a de lui : un ouvrage \nUlu\é Apologeticus fidci,2 vol. iii--fol., Paris, 1643, livre savant, m;iis diffus ; Defensio juris episcopalis , Paris, ItioS, in-8'; Rome, 1659, in-8° ; en français, 1639, in-8\ Ce livre fut déféré à l'assemblée du clergé de 1653 , pour quelques propositions qui blessaient les principes admis en Franci; sur la hiérarchie et l'administration du sacrement de pénitence. L'assemblée dressa des articles sur ces propositions ; mais la publication en fut arré;ce. L'auteur avait donné des explications qui parurent suffisantes.

BAGOT (madame A.-M.-A.), première abbesse du nouveau monastèrede Jouarre, née vers 1788, se«distingua dès son enfance par une piété très-vive, et se destina à la carrière religieuse. Elle reçut le nom de Sainle-Symphrose, et fit profession dans la célèbre communauté de Pridines. dirigée par madame de Bavoz. En 1837, elle devint l'instrument de la Providence pour tirer de ses ruines l'asile sacré des Bénédictines de Jouarre, qui fut rouvert par Mgr. Gallard, alors évoque de Me;iu\. Après avoir constamment donné l'exemple de la plus haute vertu, madame Bagol mourut le 28 août 1840. Elle a laissé en manuscrit une Vie de madame Thérèse, de Bavoz, diti- en relii/ion Saur Sainte- Placide, restauratrice de l'ordre de Saint-Benoit en

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France, fondatrice des mona!>tères de Pradines près lînanne.de la f!ochette-Citire, près Lyon, et de Jouarre, diocèse de Mcaux, et première abbesse de Pradines.

BAGSHAW (Christophe), né dans la province de Derby, fit ses études à l'université d'Oxford, et fut, en 1579, principal du collège de Glocester-Hall. En 1582, il quitta ses bénéfices et ses places pour se faire catholique. Etant passé sur le continent, il fit un court séjour en France, se rendit à Rome où il étudia la théologie dans le collège anglais, prit le bonnet dedocteurdans une université d'Italie, et revint en Angleterre en qualité de missionnaire. Il fut arrêté et enfermé au château de Wishich, avec plusieurs autres qui y étaient détenus pour la même cause. Ayant été mis en liberté, il fut chargé par le clergé d'aller suivre à Rome l'affaire de l'éiablissenient d'un archiprêtre', qui divisait l'église catholique d'Angleterre. {Voyez BLACKWELL.)Peude temps après il allj^ se fixer à Paris, où il mourut vers 1626. Bagshaw savait parfaitement le grec, cl était habile controversiste. Dans la dispute entre les réguliers et les séculiers au sujet de l'archiprélre, il prit parti pour les derniers, comme le lémoignenl les ouvrages suivanlsc Jielatio compendius(t lurbarum quas jesuitœ angli una <umG. Blackwello archipresbytero^ etc., concivere, Rouen, 1601, in-4'', sous le nom de Jean Mush; Véritable relation de Im faction qui a commencé à Wishich, par leP: Edmond, jésuite, in 15!)3,clc., Rome, 1601; Réponse à certains points d'un libelle appelé une apologie de la subordination en Angleterre, Paris, 1603. in-8'.

BAURDT (Chari ES Frédéric), théologien protestant né à Bischoffswcrda, dans la Haute- Saxe, en 1741, d'un ministre, acheva ses études dans l'université de Leipzig, où son père était professeur. On lui confia l'emploi de catéchiste à Leipzig, en 1762, et quelques années après il fut nommé substitut de son père et professeur extraordinaire de philosophie biblique. 11 ne manquait ni du savoir, ni du talent nécessaires pour remplir ces places ; mais, dès ses premiers écrils, et notamment dans celui qu'il publia en 1763, à l'âge de 22 ans, sous ce litre : Le vrai Chrétien dans la solitude, il manifesta une tournure d'esprit qui le portail aux nonveauléa et aux opinions singulières. A ces torts, il joignit celui de donner prise sur ses mœurs, et une aventure scandaleuse l'obligea de quitter Leipzig. Il passa à Erfurt, où on le nomma professeur d'antiquités bibliques, et alla prendre le bonnet de docteur à Erlangen. L'université de Willenberg , qui prit connaissance de ses principes, le condamna comme hérétique. Dès lors il erra de pays en pa\s, et se fit recevoir franc-iiaçon en Angleterre. Il avouait, au reste, avoir jierdu entièrement, dans la société des incrédules, les principes religieux dont il avait été imbu. Pendant son absence, on oblint conire lui un décret im|)érial qui le suspciidail de toutes fonctions ecclésiaslinues, jusqu'à ce qu'il eût rélraclé pubUqueinvnl ses tireurs . 11

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aima mieux se retirer en Prusse, et alla s'ét.ibiir à Halle, où il ouvrit une école d'athéisme. Soit inconstance naturelle, soit que son école ne lui oITrît que de trop uiodiiiues moyens de sut)sistaiice, il ima;;iiia d'établir une auberge dans une campagne à portée de la ville. Elle fut bientôt fréquentée par de nombreux disciples qu'atliraienl la curiosité et l'fillrait d'une doctrine qui favorisait les pas-ions. A\ant eu l'imprudence de ridiculiser l'édit de religion du roi de Prusse dans une comédie, et publié un plan d'association assez semblable à celle des illuminés, on le condamna à la prison. Il r<'Vinl ensuite dans son auberge de Halle, où il mourut le 24 avril 1792. Né avec d'heureuses dispositions, écrivant avec facilité et élégance, parlant d'une manière séduisante, et prêchant, dit-on, avec beaucoup d'arl, il ternit toutes ses belles qualités par de mauvaises mœurs et une étrange bizarrerie d'esprit. Ses principaux ouvrages sont : Recueil de sermons sur tes vérités fondavientnles de la religion, Leipzig, 176'i-, in-8° ; Essai d'un système de dogmatique biblique, 2 vol. in-8", Gotha et iirftirt, 17G9-1770 ; Idées pour servir à l' explication et à la défense de la doclriiiede notre Eglise, Riga, 1771, in-8°; Appetidice à cet ouvrage, 1773. in-8° ; Considérations sur la religion, pour les lecteurs pensants. Halle, in-8° ; Les nouvelles révélations île Dieu, en lettres et en récits, ï vol. in-8", Riga, 1773-1774-; Apologie de la raison, appuyée sur les principes de l'Ecriture, Zulliihau, 1781, in-8° ; Exposé complet des dogmes de la religion fondé sur la doctrine pure et sans mélange de Jéstts, Rcrlin, 1787, in-8° ; De la liberté de la presse et de ses limites, Zullichau, 1797, in-8"; Histoire de sa vie, de ses opinions, et de ses destinées, écrite par lui-même à Magdebourg, pendant sa déteution, 4- vol. in-8° ; fi(6//othèque de théologie universelle, Millau, 1774- 1775, 4 vol. in-8% etc. Le but de ces nombreux écrits est de saperions les fondements de la révélation, et d'éiablir un déisme pur où les miracles sont rcjetés, et qui n'a pour appui que la seule raison.

BAILK (Jean-Guillaume), ecclésiastique luthérien, né en lG'r7 à Nuremberg, fut membre de plusieurs académies allemandes, recteur et professeur de théologie à l'université de Halle en Saxe, et y mourut en 1G94. Il est auteur d'un Co»i/)enrf«um tlieologicum, cl de quelques autres écrits, parmi lesquels on cite: De aqua lustrali pontificioriim, 1G92, in— V"^'; Cullalio doctrinœ quackerorum et protestantium, lliDi, in-4-". — Un autre Baikr (Jean-(iuillaume), professeur de physique, puis de théologie, à Allorf, né en 1(175, mort en 1720, est auteur d'un petit ouvrasse intitule : Oleum fac'iem cxhilnrnns, Altoifii, 170G, in-4-. H a présidé à deux dissertations ou thèses inaugurales, l'une sur deux grands animaux dont parle l'Lcriture sainte, dans dans le livre de Job : Dissirialio de Uehemotli et de Levinllian, Eiplms et liahvna e Job XL, XLI. liespond. G. Steidi. Slieber, Allorlii, 1708, in-4 ; l'autre, sur les fossiles, qu'il regarde comme des monuments du déluge uni-

versel : Dissertatio de fossililnis dilnvii,un%versalis monumcntis. Uespond. G. Christoph. Eichler, Aitorfii, 1722, in-4°. il a aussi donné un Compendium Ac théologie.

BAIL (Loois), docteur de Sorbonne, et sous-pénitencier de Paris, né à Abbeville, et auteur de plusieurs ouvrages dont quelques-uns sont estimés : YExamen des confesseurs, livre inexact, 3 vol. iu-12 ; une £tbliothèque des Prédicateurs, en latin, sous ce litre : Sapientia foris prœdicans, où il donne en abrégé la vie des plus célèbres prédicateurs, et montre dans quel genre ils ont excellé ; Sumiua Conciliorum, Paris, 1672, 2 vol. in- fol. ; De beneficio crucis, Paris, 1C53, in-8% où il combat viclorieusement les erreurs de Jansénius ; Philosophie affective, 1G57, in-12. 11 mourut à Paris en 1GG9. H avait été curé de Montmartre.

BAILKY (Louis), évêque de Baugor, prédic;iteur du roi Jacques Sluart, est connu parmi les protestants d'Angleterre, par un livre intitulé Pratique de piété, — Son fils Thomas, après avoir fait de bonnes études à Cambridge, devint sous-doyen de Well.

11 se retira à Oxford pendant la guerre civile, et y reçut le bonnet de docteur en théologie. Zéié partisan de la cause royale, il suivit Charles 1" à larmée. Il était au château de Kagland lorsque ce malheureux prince y fut reçu par le marquis de Worcesler, après la bataille de Naseby, en 1G46, et il fut chargé de dresser les articles de la capitulation de ce château. Il voyagea ensuite en Flandre et en France, et l'étude approfondie qu'il eut occasion de faire de la religion catholique le détermina à l'embrasser. Il composa, sous le prolectoral , contre les plans elles systèmes des rétmblicains, des pamphlets sous le titre de liibliolheca regia, qui firent beaucoup de sensation. Emprisonné pour cette cause à Newgate, il n'en continua pas moins de faire rire le public aux dépens des révolutionnaires. Thomas, éianl parvenu à s'évader, se rendit en Italie, où il s'allacha au cardinal Ottoboni, nonce à Ferrare, et mourut dans celle ville, peu de temps avant le rétablissement de Charles II, laissant une grande réputation d'esprit et de savoir. On cilc encore de lui : Ccrlamcn religiosum ou Conférence entre le roi Charles l" et le marquis de Worcesler, Londres, 1G49, in-8° ; La fleur des murailles, espèce de roman, entremêlé de traits piquants sur les affaires publiques. Le titre tait allusion aux murs de sa prison, car il composa cet ouvrage pendant sa détention à N en gale; La Charte royale accordée sous les rois, par Dieu lui-mémr, lG'i9 ; La fin des controverses entre les religions calhnhque et protestante, Duu.'ii, lGo4, in-'r ; La Vie e/ la mort de Jean Fisher, évéque de Rochesler, Londres, lG3o, in-8'; Défi du docteur Bailey, qui se trouve à la fin du catéchisme de Tulierville.

UAll.LET (Ani»ii:N). né en IG'tO à la Neuville, vilkigc près de lie. luvais, d'une famille obscure, fil ses premières éludes dans un couvent de Cordelicrs voisin de sa patrie.

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Il étudia ensuite au collège de la ville de Beauvais, et y régenta les humanités. Quelque temps après il fut fait prêtre et curé, mais il (luilla sa cure, pour se livrer tout entier à l'étude. Lamoignon, ii qui il fut recommandé par Hermant, le fit son bi lio- Ihccaire. Il mourut chez ce magistrat en 170(), à râg(! de 57 ans. Toute sa vie fut remplie par la lecture ou pir la composition. On a de lui plusieurs écrits, dont les principaux sont : JiKjemmls des savants sur les principaux ouvtckjcs des auteurs, qui parut en 9 vol. in-12, en 1685 et 1C86. Il y a de très-bonnes règles de critique dans le premier volume ; mais l'auteur ne les suit pas toujours. Les 3 volumes suivants roulent sur les imprimeurs, les auteurs de dictionnaires, les traducteurs franç.iis et latins. Il publia rnsuite 5 vol. sur les poètes. Ménage, qu'il avait critiqué assez vivement, lui opposa VAnti-Baillet en 2 vol. in-12, à La Haye. Si l'on en croit l'auteur des Trois siècles, le tort n'était pas do côté de Baillet. « Cette compilation, dit ce critique, lui attira beaucoup d'ennemis, comme s'il n'était pas permis d'appréiier les productions des auteurs, quand ils les soumettent au jugement du public par la voie de l'impression. Ménage surtout fut offensé de la liberté, ou, pour mieux dire, de la justice avec laquelle il s'était expliqué à son sujet; mais les lecteurs furent du parti de Baillet, et seront toujours de celui de quiconque, sans humeur et sans partialité, fera connaître les défauts de chaque écrivain, sans lui rien dérober de la gloire qu'il mérite pour ce qu'il a composé de bon. » Baillet répliqua à ."\Iénage par les Anli ou les Satires personnelles. Les Auteurs déguisés, les Enfants devenus célèbres, furent publiés à peu près dans le même temps. La Monnoie a rassemblé tous ces différents morceaux dans son édition des Jugements, Paris, 1722, 7 vol. in-4% Amsterdam, 1725, 17 vol. in-12. L'éditeur a revu, corrigé et augmenté cet ouvrage, inexact dans beaucoup d'endroits, quoique plein partout d'une érudition profonde. Les critiques que Baillet essuya, l'empêchèrent de continuer ses Jugements. Nous n'eu avons que la première partie, et le pre mier article de la seconde. Il en avait promis six, qu'il laissa en manuscrit. De la dévotion de la sainte Vierge, et du culte qui lui est dû, in-12. Ce livre excita quelque rumeur dans sa naissance : il y désapprouve bien des pratiques que l'Hlglise semble autoriser on du moins tolérer ; mais comme il peut y avoir dans celte matière, comme dans toute autre, des abus et des excès, l'ouvrage de Bailiet était à bien des égards propre à les corriger ou à les prévenir. On l'a peut-être jugé un peu trop sévèrement, sans doute par la crainte que d'une extrémité il n'entrainât dans une autre. Lu Vie de Descartes, in— 'i-°, pleine de recherches minutieuses. Il en publia un abrégé, in-12, où il y avait moins de ces bagatelles savantes qu'il avait entassées dans le grand ouvrage. Les Vies des saints, eni vol. iu-folio,

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10 vol. in-V, ou 17 voi. in-8% un pour chaque mois, deux pour les fêtes mobiles, un pour la chronologie des saints, un pour la topographie, un pour les saints de l'Ancien Testament. Ce livre, écrit d'un style inégal, diffus et peu correct, mécontenta les dévots, et déplut à quelques égards à plusieurs savants, qui trouvèrent que Baillet avait poussé trop loin la guerre (ju'ii faisait aux Légendes. Les Bollaiulisles l'appellent un critique outré {htjpercriticus] ; et l'on ne peut disconvenir que plusieurs de ses observations n'aient un air de raffinement qui tient do la chicane. Les Vies de Riclier ; de Godefroi Hermant ; de saint Etienne de Grammont, chacune in-12; Vllistoire des démêlés du pape Boniface VIII avec Philippe le Bel, roi de France, in-12, savante et curieuse. \.& Catalogue, en 32 vol. iii-fol., de la bibliothèque coniiée à ses sciins : il n'a jamais été imprimé. Relation curieuse et nouvelle de Moscocie, iu-12, Paris, 1G98 ; Histoire de Hollande, depuis la trêve de 1C09, où finit Grolius, jusqu'à la paix de Nimègue, sous le nom de La Neuville, en k vol. in-12, 1693 ; De la conduite des dmes, 1695.

BAILLET (Pall-Fi-i.ix- Joseph), ancien curé de Saint-Séverin, à Paris, était né dans le diocèse de Troyes. .Après avoir souscrit le formulaire, il rétracta cet acte de soumission, et aima mieux déposer les fonctions du sacerdoce que renoncer aux erreurs du jansénisme. Sous la révolution, il défendit la constitution civile du clergé par deux écrits intitulés : Légitimité du sermcn' cit'jque, in-8° ; La Légitimité du serment cicique justifiée d'erreur, mars 1791. L'abbé Baillet assista aux deux couciles de 1797 et de 1801, et fui nommé curé constitutionnel de Sainl-Etienne-du-.Monl. Portails le fit nommer à la cure de Saint-Séverin, à l'époque du Concordat, et il vit se grouper autour de lui les jansénistes, lui 1820, il dut donner sa démission, ayant refusé la rétractation de ses anciennes erreurs à l'archevêque -Mgr de Périgord. L'abbé Baillet mourut le 9 novembre 1831 sur la paroisse de Saint-Gervais. Il fit dans ce suprême moment une profession générale de soumission à l'Eglise, et les derniers sacrements lui furent administrés.

BAILLY (Louis) , bachelier de Sorbonne, chanoine de la cathédrale de Dijon, et professeur de théologie dans la même ville pendant 25 ans, naquit à Bligny près de Bcaone en 1730. Appelé en 1703 à Dijon pour y remplir une des chaires de théologie occupées auparavant par les jésuites, il y jouit d'une grande considération, et l'évêque, Mgr d'Apchon, le nomma promoteur général du diocèse, en même temps qu'il lui confia la direction du collège. La révolution l'ayant contraint à s'expatrier, il se retira en Suisse, où il resta jusqu'à l'époque du Concordat. 11 se fixa à Beaune, et refusa le litre de grand vicaire, afin de se consacrer ^ tout entier au ser\ice des pauvres en qualité de desservant de l'hospice de Beaune. L'abbé Bailly mourut en 1608. On a de lui :

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TractalHS de vera religione, ad usum seininariorum. 2 vol. in-8° ; Ti actntus de EccUsin, 1771, 1776, 2 vol. in- 8°. Ces doux Traités généralement estimés, laissent cepcnilant à désirer pour le fond et pour la forme. On y désirerait plus d'ordre et de niéthole, surtout dans le Traité de la Religion qui est bien inférieur au Traité de l'Eglise. Theilogia dogmalica et mornlis, premièie édition, 1789, 8 vol. in-8° : la sixième est de Lyon, 1820. Cotte théologie est un livre élémentaire adopté dans un grand nombre de séminaires. Bailly en donna une édition en 180'j, adaptée aux circonstances et aux usages introduits par le nouveau Code et It; Concordat. On trouve en général dans cet ouvrage toutes les questions importantes, mais traitées superficiellement, et présupposant les explications et les développements du professeur. Il y a d'assez bons traités, mais presque tous manquent de méthode. £<■« principes de la foi catholique, publiés en Suisse, et dont l'édition fut épuisée eu quel- (|iics mois. On a encore de ce théologien un Traité de Vimmortalilé de l'âme ou Essai sur l'excellence de l'homme, Dijon, 1781, in-12. I5A1NES (KoDolphk) fut évoque de Convontri et de Lichifleld en Aniijleterre, du temps de la reine Marie, .iprès avoir été professeur de langue hébraïque à Paris.

La reine Elisabeth le déposséda de son évéclié au commencement de son règne, et il mouriil bientôt après, en lolJO. On a de Baines : Commentaires sur les Proverbes, 1555, in-folio ; Grammaire hébraïque, Paris, 1550, in-4°,

BAIUS ou B \Y (MicnEi. de), naquit à Melin, dans le territoire d'Alh, en 1513. L'empereur Charles Onint le choisit pour professer l'Errilure sainte dans l'université de Louvain, en 1551. Il fut ensuite chancelier de ce corps, conservateur de ses privilèges, et inquisiteur général. L'université fil choix de lui, de concert avec le roi d'Espagne, pour le députer au concile de Trente, ainsi que Hessels, avec leciuel il avait lié une étroite amitié, cimentée par l'analogie de leur manière de penser. Une partie de ses Opiisniles avait déjà été publiée. Dès 1352, Ruard Tapper, Josse Ravestein, Rirhtou, Conner, et d'autres docteurs de Louvain s'élevèrent contre Baïus et Hessels, qui répandaient les premières semences de leurs opinions. En 1500, deux gardiens îles rordeliers de France en déférèrent dix-huit articles à la faculté de théologie de Paris, (lui les condamna par la censure du 27 juin île la même année. lùi 1507 parut la bulle de Pie \ , du premier oclohre, portant ronilamnation ^\^^ soixanle-sciz(' propositions, (ju't'lle censurait m gloho, mais sans nommer Haïus. Le cardinal de Cranvelle, ( h irgé de l'exécution de ce <lccrrl, l'envoya à .Morillon, son vicaire général, qui le présonla à l'université de Louvain le 2'.) décemire l.')(>7. La bulle fut reçue avec resiieci, et lîaïus parut dabord s'y soumettre; m.iis ensuite il écri>il une longue Apologie d.' sa doctrine, qu'il adressa au pape avec une lettre du 8 janvier 150'J.

Pie V, après un mûr examen, confirma, le 13 n)ai suivant, son premier jugement, et écrivit un bref à Haïus pour l'engager à se soumettre sans tergiversation. Baïus, à l'exemple de tous les novateurs, hésita quelque temps, et se soumit enfin, en donnant à Morillon une révocation des propositions condamnées. Ses principales erreurs étaient que , depuis la chute d'Adam, toutes les œuvres (les hommes, faites sans la grâce, sont des péchés; que la liberté, selon l'Ecriture sainte, est la délivrance du [>écbé; qu'elle est compatible avec la nécessité; que les mouvements de cupidité, quoiiiuc involontaires, sont défendus par le précepte, et qu'ils sont un péché dans les baptisés, quand ils sont retombés en état de péché ; que le péché mortel n'est point remis par une contrition parfaite qui renferme le vœu de recevoir le baptême ou ^ab^olulion, si l'on ne les reçoit réellement; qu'on peut mériter la vie éternelle avant d'être justifié, etc. Après la mort de Josse Ravestein, arrivée cq 1570, Baïus et ses disciples remuèrent de nouveau. (Grégoire Xlll, pour mettre fin h ces troubles, donna une bulle le 29 janvier 1579, en confirmation de celle de Pie V, son prédécesseur, et choisit, pour la faire accepter par runi\ersité de Louvain, François Tolet, jésuite, et depuis cardinal. Alors Bffïus rétracta ses propositions, et de vive voix et par un écrit signé de sa main, daté du 24. mars 1380. Dans les huit années suivantes, jusqu'à la mon de Baïus, les contestations se réveillèrent, et ne furent assoupies que par un corps de doctrine dressé par les théologiens de Louvain, et adopté par ceux de Douai. Jacques Janson. professeur do théologie à Louvain, voulut ressusciter les opinions de Baïus, et en chargea le fameux Cornélius Jansénius, son élève, qui, dans son ouvrage intitulé Augustinus, a renouvelé les principes et la plupart des erreurs de Baïus. Quesnel a répété ensuite mol pour mot, dans les lié/lexions morabs, un grand nombre de propositions condamnées par Pie \ et (îrégoire Xlll. Baïus aimait les opinions singulières; car, dans son Traité sur le Péché originel, il s'efforce de prouver que si, entre les hommes, les uns ont des passions plus fortes que les autres, c'est qu'en naissant ils ont partici|ié davantage au péché originel, et l'on peut dire <|ue tout l'ensemble dcsons\slème prouve la singularité de son esprit et de son goùl pour les parailoxes. « Car ce système, comme le reniar(]uo solidement un théologien célèbre, est un cocnposé bizarre de pélagianisme, (luant à Ce qui regarde l'él.it de nature Iqnoccnle, de luthéranisme et de calvinisme pour ce qui concerne l'état de la nature tombée. Quant à l'él.il de nature réi'arée, les sentiments de Raïus sur la justification, l'cfficacitédes sacrements et lemorite des bonnes œuvres, sont directement opposés à la doctrine du concile de Trente; ils ne pouvaient évitir le.^ différenles censures (]n'ils ont cssu.ées. " liaïiis mourut le l(i septembre LiS!). Il fonda uti collège par son testament; c'est

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