‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 104 sur 228 · BAK · texte numérisé non relu

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là son meillpur ouvrasse. On a rpcueilli ses OEuvres en 1C9G, in-i , à Cologne, c'esl-àdire en Hollande. Quesnel cl le P. Gerberon en furent les éilileurs. Ce recueil fui condamné à Rome le 8 mai 11)97. — Son neveu, Jacques Iîaks, aussi docteur de Louvain, el président du colléjîe de Savoie, mort en 16t4, a laissé un Traité de l'Eurharistie, imprimé en celle ville, IGO.o, in-8% dédié à saint François de Sales, et un Catéchisme, in-folio , Cologne, 1620. Il a fait aussi l'éloge funèbre de son oncle, où il assure que le défiinl lui a apparu dans un étal de gloire. Voyez l'Histoire (In baïanisme , par le P. Ducbesne.

BAIZÉ (Noel-Philippe), prèlre de la congrégation de la Doctrine chrétienne, né à Paris le 28 octobre 1672, dirigea d'abord le collège de Vitry-le-Fra;iç:'.is, el y enseigna la théologie en 1697. 11 mourut à Paris le 24- janvier 1746, dans la maison de Saint- Charles, rue des Fossés-Saint-Victor, où il dirigeait la bibliothèque qucMiron, docteur de la maison de Navarre, avail laissée aux Pères de la Doctrine chrétienne, à condition que leur bibliothèque serait ouverte au public cerlains jours de la semaine, il avait fait l'ouverture do cette bibliothèque le 2i novembre 1718 par un discours latin aussi élégant que solide, que sa modestie l'empôcha de livrer à l'impression. Les savants, el en particulier l'abbé Bignon, bibliothécaire du roi, ont beaucoup loué l'ordre et l'exactitude du catalogue (]Q'il lit de la bibliothèque de Saint-Charles. On n'a d'écrits imprimés du P. liaizé que l'éloge du P. Le Sémelier, inséré dans le Mercure de juillet 1725, des statuts el factunis concernant les affaires de sa congrégation, quelques articles dans le Supplément de Moréri sur les grands hommes qu'elle a produits, et une Histoire abrégée de cette même congrégation cl de ses généraux dans le tome VII du Gnliia chrislinna. Le Catalogne dont nous avons parlé, et qui se compose de 22 volumes in-folio, est à la bibliotiièque de l'Arsenal; mais il y manque le second volume de la table.

B.\KER (David), savant bénédictin anglais, était né dans l'hérésie protestante en 1375, à Abergavenni, dans la province de Montmouih. Son père était juge de l'amirauté et intendant de lord Abergavenni. Après avoir fait ses premières études à Oxford, il vint à Londres, où il étudia le droit au collège du Temple. 11 abjura ses erreurs, se rendit en Italie el entra dans l'ordre de Sainl-Benoît. Baker fut un de ceux qui contribuèrenl le plus à former la congrégation anglicane des bénédictins. Toute sa vie fui partagée entre la pratique des devoirs de son étal, soit comme religieux, soit comme missionnaire, car ses supérieurs l'avaient renvoyé à Londres avec celle qualité, et la recherche des monuments sur l'histoire ecclésiastique, principalement sur celle de son ordre. Les recueils volumineux qu'il avail faiis,tanl sur la vie contemplative (jue sur l'hisloire de son pays ont beaucoup servi à Ueyner et à Cressy,ài'un pour son, 4/>os(o<<i; des bénédic-

tins, a l'antre pour son Histoire de VEglise. Les bénédictines anglaises de Cambrai, dont il avait été l'aumônier pendant neuf ans, conservaient neuf volumes in-folio de ses manuscrits. Baker mourut à Londres en 16il. 11 avail aussi composé deux volumes sur les lois d'Angleterre, qui périrent dans le pillage des chapelles catholiques de Londres, lors de la révolution de 1688. Ses Traite'.* spirituels, au nombre de quarante, furent attaqués comme contenant des principes de quiélisme; mais une assemblée des bénédict'ns anglais, tenue en 163.3, admit son apologie et approuva sa doctrine.

BAKER (Al'gustin), bénédictin anglais, employé, comme le précédent, dans les missions d'Angleterre, vivait vers l'an 1620. 11 avail enseigné au collège du Temple. Il fut aussi professeur dans sa congrégation et y forma de zélés disciples, du nombre desquels était dom Philippe Douvel, mis à mort en 16i6, pour avoir travaillé à ramener des Anglais à la religion catholique.

BAKER (Thomas), antiquaire anglais, né à Crook dans le comié de Durliam, le li septembre 1656, étudia à Cambridge, et étant entré dans les ordres, fut reçu membre du collège de S.iint-Jean à Cambridge en 1679. Le refus qu'il Gt de prêter serment de fidélité au roi Georges I" entraîna la perle de cette place, en 1717; néanmoins il continua de résider dans le collège, el il y mourut le 5 juillet 1740. à 8i ans. Le plus important de ses ouvrages a pour litre : RéjUxions sur la science, où l'on démontre son insuffisance dans toutes ses branches, et l'utilité et la né' cessité d'tine révélation, publié sans nonn d'auteur, 1699, in-8°, dont on a fait plusieurs réimpressions, et qui a été traduit en français par Berger, sous ce titre : Traité de rincertitude des sciences, 1714, in-t2. Baker, qui avait une connaissance approfondie des antiquités anglaises, avail conçu le plan d'une Histoire de l'université de Cambridge, et les collections qu'il fil à cette intention consistant en 39 volumes in-folio, et 3 volumes in-i", ont été conservées dans la bibliothèque de cette université el dans le musée britannique. La bibliothèque Bodjéienne possède aussi deux volumes manuscrits de ses Lettres à Hearne. — Feller a confondu cet auteur avec un autre Thomas Baker, auteur de La clef géométrique, ou la Porte des équations ouvertes, etc., el n'a fait de ces deux écrivains qu'un seul personnage.

BAKER ( Richard ), historien anglais qui s'est aussi occupé de matières religieuses, naquit vers 1368, à Sissingherst, dans le comté de Kent, et était pelit-Dls de sir John Baker, chancelier de l'échiquier sous Henri V'III. Ses éludes à Oxford étant achevées, il voyagea dans toute l'Europe pour s'instruire, fut créé après son retour dans son pays en 1603 chevalier par Jacques I", puis, en 1020, il fut nommé grand shérif du comté dOsford. Ses dernières années se passèrent en prison, parce qu'il s'était imprudemment porté caution pour des dettes con- Iraclées par la famille de sa femme. C'est eo

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prison qu u composa ses ouvrages, et il y uiourut le 18 février 1643. Ses principaux ouvrages sont : une Chronique des rois d'Anglelerre depuis l'époque du gouvernement des Romains jitsqu'à la mort du roi Jacques, IGil, plusieurs fois réimprimée, et qui a rcru plus lard une Continuation ; Méditations et 'recherches sur l'Oraison domiincale, Londres, 1037 et IGVO, in-'i.° ; Méditations et recherclies sur les sept Psaumes de la Pénitence, Londres, 1639, in-V"; Apologie des laïques qui écrii'ent sur la théologie, Londres, 16'i 1 ; Theatrum redivivum, ou le Théâtre vengé, eu réponse à VHistriu-maslrix de Pryniie, Londres, 1662, in-8"; Thentrum triumphans, ou Essai sur les ouvrages de théâtre^ Londres,

BALAAM, prophète, mais prévaricateur et infidèle : selon d'autres, faux proplièle, jongleur et magicien , (ils de Beor ou Bosor, était, selon la plus commune opinion, de Pelhor ou Patliura sur rKuphratc; il suivit les ambassadeurs de Balac, roi des IMoabiles, qui l'avait envoyé chercher pour maudire le peuple d'Israël. Un ange l'arrêta au milieu du chemin, tenant une épée nue. L'ânesse sur laquelle il était monté ne voulut plus avancer, parla miraculeusement pour condamner la cruauté de son maître qui l'assommait, et l'ange ordonna à Balaam de ne dire que ce que Dieu lui meilrait dans la bouche. Les incrédules oui fait des railleries insipides sur le langage de celte brute, qui n'est cependant pas bien d facile à expliquer. Celui qui donne le mouvement à toule la nature, l'imprima pour un instant à l'organe d'un animal, comme il eût pu l'imprimer à quelque être inanimé. On ne voit pas pourquoi il serait plus indigne de Dieu de faire parler nu animal, que de faire entendre une voix en l'air ou de se servir d'un autre signe pour intimer ses volontés. « Je ne sais, dit un auteur, si ceux qui ont « plaisanté sur ce langage d'un animal, ont « réfléchi que nous faisons parler tous les « jours les pies et les merles : ils croient « sans doute la divine puissance moins effi- « race que nos leçons. » L'apôtre saint Pierre remarque que Dieu choisit ce moyen d'avertir Balaam, comme le plus propre à faire rentrer en lui-même ce prophète aveugle et insensé, confondu par l'organe d'une brute. Correptionem habuil suœ vesaniœ; suhjugalemutiim animal, voce hominisloquens, prohihnit prophelœ insipienliam, Il Petr. ii. Si ce furieux n'eu parut point effrayé c'est que sa colère lui ôta l'usage i\c la réllexion. Ceux qui le fout magicien, disent qu'apprivoisé avec les opérations de l'art qu'il profes'iait, il regarda d'abord cet événemeut comme l'effet de quelque puissance maligne évoquée par ses adversaires. Quoi qu'il en soil, Balaam étant arrivé chez Balac, ne pronotiça sur les Hébreux que des bénédictions, au lieu de malédictions que celui-ci avait demandées. Il prédit qu'il sortirait une étoile d* Jacob et un rejeton d'Israël, etc. Le roi, trompé dans son allenle, renvoyait le devin sans présents, lorsque cet homme avare lui

conseilla d'engager les Israélites dans i idolâtrie et l'impudicité, l'assurant qu'alors, abandonné des secours de Dieu, ils deviendraient la proie de leurs ennemis. Ce conseil ne fut que trop suivi. Les filles Moabiles invitèrent les Hébreux aux l'êtes de Beelphegor, où, livrés à tous les crimes, ils abandonnèrent Dieu et en furent abandonnés. Dieu ordonna à Moï'se d'en tirer vengeance; les Israélites prévaricateurs furent mis à mort par leurs propres frères qui étaient demeurés fidèles, et Balaam fut enveloppé dans le carnage que l'on Ht des Madianites, qui avaient été plus ardents que les Moabites à corrompre les Hébieux. Les savants ont pris occasion de l'histoire de Balaam de traiter une question, qui est de savoir si Dieu peut se servir de personnages vicieux, même des infidèles et des idolâtres, pour prédire l'avenir. Plusieurs exemples allégués dans l'Ecriture sainte, prouvent que Dieu l'a fait par d'autres que par Balaam. Le' prophète Alichée (c. m) accuse quelques-uns de ses confrères de prophétiser pour do l'argeiil; il ne dit pas néanmoins que c'étaient de faux prophètes. Dans le livre de Daniel (c. ii), nous voyous que Dieu envoie un songe prophétique à Nabuchodonosor, priuce idolâtre, quoiqu'il connût le vrai Dieu. Jésus-Christ (Maith. vil) dit qu'au jour du jugement il réprouvera des hommes qui se vanteront d'avoir prophétisé et fait des miracles en son nom. Saint Jean [c. xi) nous apprend que Caïphe, en qualité de pontife, prophétisa queJésus-Christ mourrait non-seulement pour sa nation, mais pour rassembler les enfants de Dieu, prédiction qu'il fit probablement sans le vouloir, et sans eu comprendre le sens.

BALAC, le même dont on a parlé dans l'article précédent, fut tué par les Israélites, l'an l't61 avant Jésus-Christ.

BALADAN ou BALAD, ou MERODic-BAtADAN, roi ou gouverneur de.Babylone, est, selon Ussérius et quelques autres critiques, le même que Béicsis ou Nabonassar, dont il est parlé dans l'Ecriture. Mais cette opinion, et toutes les autres qu'on forme sur ce prince ne sont fondées que sur des conjectures. Voy. BiiLÉsis et Namonassau.

B.VLP.AM (Nicolas), de Lucques, ministre de l'église italienne à Cenéve, publia eu ilalien, dans celte ville, une Vie du marquis Galeazzo Caracciolo, dans laquelle on voit un rare et singulier exemple de persévérance dans la piété et dans ta vraie religion, Genève, loKI , in-16. Cet ouvrage, traduit en latin, la'J6, in-8 , et en anglais, par W. Crashaw, in-'^', l'avait ele aussi en français par A incenl Minulol, et parut en cette dernière langue, à (ienève, en 1587. l'année même de la mort de Balbani.

BALlîL'S ou BAl.BI ^Pieiiki :), savant philogogue du XV siècle, sur ()ui l'on n'a que des renseignements vagues el même contradictoires. Nous dirons sculemeiit (|uc, né à Venise ou à Pise, il était en l'riSau nomlTie des disciples que la répulaliou de ^ iclorin

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de Fellre attirait à Manloue de toutes les parties de l'Kurope. 11 fut nommé vers 1460 évêiiue de Tropea dans la Calabre ultéricdic, et c'est dans cette ville qu'il termina, le 22 mars 1V62, sa Iraduciion latine de la Théologie de Proclus, dont il offrit la dédicac<; au mi de Naples, Ferdinand I". Balbus mourut à Koiiie le 9 septembre 14.79, à l'âge de SO ans, suivant Papadapoli. Mais, dit M. Weiss, tout fait conjecturer que Balbus mourut dans sa ville cpiscopale avant J4G9. Outre une traduction de Vlntroduclion à la philofophie de PInlon, par Alcinoùs, Irr.duclion que celle de Marsile Ficin a fait oublier, on a encore de Balbus les traductions des ouvrages suivants : Dialogue de saint drégoire de Nysse sur l'immortalilé de l'âme; Vie de saint Maciin; Sermon de saint (îrégoire de Naziaiize sur l'amour de la pauvreté; celui de saint Jean Chrysoslome sur l'aumône; celui de saint Basile sur In prière; et enfin divers Opuscules de saint Maxime. La bibliothèque du Vatican possède aussi quelques opuscules de Balbus, suivant le P. de Montfaucoii.

BALDASSARI (Mgr P.), un des chapelains secrets du pape, né vers l'an 17C5, mort à Home le i* octobre 18i5, est auteur d'une imporlanle Relation des adversités et des souffrances du pape Pie VI, pendant les trois dernières années do son pontificat.

BALDÉllIC ou BAUDKY, évéque de Noyon, qu'on a cru être l'auteur de la Chronique des éiéques d'Arras et de Cambrai ; mais elle est de Baudry, chanoine et chantre do l'église de Térouane. Voyez Baidrv. — Un autre Bal- DERic, évéque de Dol, dans le même siècle, écrivit une Histoire des Croisades, qu'on trouve dans le Gesla Dei per Francos, Ifill, in-fol. On a aussi de lui la Vie de Robert d'Arbrissel, IQkl, in-8°. File a été traduite en français, 1647, in-8'. On croit qu'il mourut en 1131.

BALDETïI (Marc- Antoine), savant hébraïsanl, né à Kome le 19 novembre 1663, mort le 4 décembre 1749, fut nommé par le pape Clément XI gardien des cimetières de Home, et chanoine de Sainle-.Marie au delà du Tibre. On a de lui des Observations sur les cimetières des saints martyrs et des anciens chrétiens de Rome, Borne, 1720, in-S".

BALDIIÈDE (Siiint), vulgairement appelé saint Raudré, succéda immédiatement à saint Mungo, sur le siège épiscopal de Glascow. Il fonda plusieurs n onastères en ii^i^e, et mourut vers l'an 608, dans la province de Laudon. Ses reliques étaient anciennement vénérées avec beaucoup de dévotion dans un grand nombre d'églises d'Kcosse.

BALDL'IN ou BAUDOIN (Fkkukric), né à Dresde en 15"o, luthérien, professeur de théologie à Willenberg, commenta les Epîtrcs de saint Paul et plusieurs autres livres de la Bible, et mourut dans celte ville en 1C27.

BALDUIN BITHOVIUS (Martin), nalif du Tillage de liilhove, dans le terroire de Boisle- Duc, premier évéque d'Ypres, assista au concile de Trente en 1562, et présida à celui

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deMalinesen 1570. en l'aosence du cardinal de Granvelle. Il tint un synode à Ypres, en 1577, dont il publia les onlonnances, ut mourut de la peste à Saint-Omer, le 9 octobre 1583. Nous avons de lui un Manuale Pastorum. On regrette son Commentaire sur le Maître des Sentences, qui n'a pas été imprimé.

B.VLDWIX, surnommé Devonius, rooine de Cîteaux, archevêque de Cantorbéry, suivit le roi Richiird I" dans son expéiiilion de la Terre-Sainte, et \ mourut vers 1191. On

a de lui : De corpore et sanguine Domini ;

De Sacramento (dtaris, etc., trailés imprimés dans la Ribliothè</ue cistercienne.

BALÉF ou BALKUS (Jean), prêtre anglais, disciple de NA iclef, préiha les erreurs de son maître, et y en ajouta de nouvelles. 11 excitait à la sédition, en citant l'Evangile. Ilcomparait les magistrats et la noblesse à l'ivraie, qu'il fallait arracher, de peur qu'elle n'étouffât le bon grain : enseignant au peuple de commencer cette bonne œuvre par les plus consid'erables d'entre eux. Ses sectateurs, suivant trop fidèlement les leçons de leur chef, massacrèrent le chancelier, le grandtrésorier, et réduisirent le roi à leur proposer une amnistie. Balée, leur apôtre, fut enfin pris et exécuté en 1381.

BALÉE (Robert), carme anglais, mort en loOo, a donné les Annales de son ordre et la Vie de sainl Simon Stock.

BALÉE (Jean), Baleus, né en 1493, à Covie en Angleterre, quitta l'ordre des carmes et la religion catholique pour la secte des calvinistes et afin de se marier. Edouard IV le nomma évéque d'Osseri ou Kilkenni en Irlande ; mais sous le règne de .Marie il fut obligé de prendre la fuite. 11 revint sous Elisabeth, et il fut pourvu d'une prébende dans la cathédrale de Cantorbéry. Il y mourut en 1563. C'était un génie turbulent et frivole. On a de lui Treize centuries des hommes illustres de la Grande-Bretagne, Bâie, 1537, in-folio, copiées du livre de Jean Leland sur la même matière ; un traité sur les vies des papes, Leyilc, 1613, in-8"; un autre. intitule : Acta Romanorum Ponlificum ; et plusieurs comédies da. s lesquelles il jouait les religieux, les c.Tiîioliques et les sainls. Tous ces ouv:' , :,uul marqués au coin du dernier eiiv ■ ;:ent. Il déchire les papes, les évêt,., . ! les prêtres d'une manière si odieuse, qu'oiio dut déplaire aux gens sensés même de sa communion. Cependant Elisabeth fut sa prolertrice.

BALESDENS (Jean), mcmbie de l'académie française, né à Paris vers la fin du XVI' siècle*, devint protonotaire apostoli.iue et titulaire du prieuré de Saint-Germain d'AIluye. Il eut le titre d'auinonier honoraire du roi. Comme il était secrétaire du chancelier Séguier, protecteur de l'acadcniii! française, celte compagnie fit à ce tnagistrat la gracieuseté de lui dem.inder lequel des deux candidats lui serait ie plus agréable, de Corneille ou de Balesdens, qui se présentaient pour le fauteuil que la muri de Àlaynard laissait vacant. Balesdens écrivit à l'académie pour la

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prior de faire attention à son peu de mérite et à l'éminente supériorité de son concurrent. Corneille l'ut nommé, et Halesdeiis succéda dcuK nns après à iMaleville. Il mourut à Paris, le 27 octobre 1(575. Il avait écrit quelques ouvrantes, mais le plus souvent il s'él.iit borné aux fonctions d'éditeur, \oici les litres de plusieurs des ouvrai;es auxquels il a attaché son nom : Le miroir des pénitents, traduit de l'italien, 1(514, in-12; Fables d'Esope, traduites en français, avec des maximes morales et politiques pour l'inslruction du roi, ICM, in-S"; Exercice spirituel, IGVà, iu-i2. B.ilesdens a donné comme éditeur : Cliarliludium logicœ (jeu de caries topique), seu logica memorativa, R. pntris Thomie Murner, cnm notis, etc. ; Rudinifnta coynilioiiis Dei et sui, Pétri Segiiierii prœsictis infulati; F.logia clarorum virurum Papiri Massonis, etc., Paris, 1C38, 2 vol. in-8' -.Gregorii Tiironensis opéra pia, cnm Vitis PP. sui temporis, 2 vol. ; Actes du transport du Diiupliiné à la cnuronn.^ de France ; Leitres de sainte Catherine de Sienne, avec sa Vie, l(5ii; Traité de l'eau- de-vie, par Jean Brouault, médecin iln roi, etc.

BALC.UY (Jean), théologien, né à Shef- ■^eld, dans le romié d'York, en 1686, se distin:;ua dans la coniroverse bangorienne, oà s'agitait avec beaucoup de chfjleur la question de l'autorité de l'Eglise. H écrivit aussi contre Shafisbury et Tyndal, apologistes publics du déisme. On a de lui : Lettres à un déiste sur la beauté et l'excellence des vertus morales, elc, 1726, in-8°; Fon lement de la vertu morale, et recherche île l'origine de nos idées sur In vertu, 1728; Contre- recherches sur les perfections morales de Dieu, particulièrement en ce gui se rapporte à la création cl à la providence, 17.'Î0 ; Fssai sur lu rédemption, 1741 ; des Sermms, que les Anglais mettent au nombre des meilleurs qu'ils aient eus. Halguy mourut le 21 septembre 1748, âgé de ().'i ans.

BALINGHEM (le P. Antoim: de), écrivain ascétique et prédicateur de la compagnie de Jésus, né en 1571, à Saint-Omer, fu( un religieux plein de savoir cl d" piélé. Il mourut à Lille le 24 janvier 1630, laissant un grand nombre d'écrits parmi lesquels on cile : Les Plaisirs spirituels con'reijuarrés aux sensuels du Quaresmeprenant, Douai, 1627, in-12, rare ; Les après-d'mers et propos de tablecontre l'excès au boire et an manger pour vivre longuement, Lille. Kilo, pet. in-8'; Znnpœdia, sive morum a lirutis partita institutio, ordine alphabelico , tum virtutum. tum vitiorum : ce livre singulier peut avoir donné au P. Leroy l'iilée de celui qu'il a intitulé : /.« vertu ensei /ne'e par les oiseaux, Lié;;e, Kio.'), i\\-S° ; Scriptura sacra in locos communes tnorum et excmplorum digesta, ouvrage trèsutile aux ecclésiastiques en générai, mais surtout aux piédic.ileiirs ; il s'en est fait plusieurs éditions : on cite relie de Trévoux, 1705, in-fi)lio. .M. Morel, ch.inoiiie théologal de Paris, en a beaucoup prolili- ptiur sou livre intitulé : Le Prédicateur, l'.iris, Poussic!guc-Husand, 1837, 1 vol. in-12.

BALL (Jean), théologien pnrilain, né en 1585à Cassinglon dans le comté d'Oxford, fil ses études à l'université de ce nom, et ayant pris les ordres, fut à la fois pasteur cl maître d'école dans un petit village du StafTordshire. Jean Bail mourut en 1640, âgé de 55 ans. On a de lui : Traité concernant les fondements principaux de la religion chrétienne, très-répandu, qui avait eu avant 1632 quatorze éditions, et qui fut même tr.iduit en langue turque; Traité sur la foi, 1631 et 1637, in-4°; Le pouvoir de la piété, Londres, 1657, in-folio ; Traité de la méditation théologique, Londres, 1660, in-12.

BALLKRINI (Pierre et Jérôme), frères, nés à Vérone, le premier en I6ï)8, le second en 1702, étaient tous deux prêtres et tressa van ts, surtout dans l'hisloire ecclésiastique. Unis par un goût commun pour les mêmes éludes , autant que par les liens du sang, ils étudiaient le plus souvent en société, et se partageaient le travail suivant leur talent particulier. Les matières purement Ihéologiques et canoi\iques étaient du ressort de Pierre : les points d'histoire et de critique étaient la tâche de Jérôme. Pierre mourut eu 1764 ; Jérôme lui survécut plusieurs années. Outre quelques bons ouvrages , on doit à leurs soins des éditions estimées de la Somme théologique de saint Anlonin, et de celle de saint Uaimond de Pegnafort ; des OEuvres de saint Léon le (iranJ; de celles de (lilbert, évoque de N'éront'; une édition complète de tous les ouvrages du cardinal Norisv avec des notes, des dissertations, etc., imprimés à Vérone en 1732, 4 vol. in-fol. ; un petit traité intitulé : Méthode d'étudier, tirée des oitvrages de saint Augustin, traduite de l'italien par l'abbé Nicolle de La Croix, Paris, 1760, in-12; une \'\e du cardinal Noris.

BALLKSTKK (Louis), jésuite, né à Valence enseigna dans sa société la théologie et l'hébreu avec distinction, et mourut dans sa patrie l'an 1614, après avoir publié deux ouvrages savants qui sont : Onomatographia, seu descriptio numinum tarii et pereyrini idiomalis quœ in vulgata edilione Bibliurum occurrunt, Lyon-, 1617; Hierologia, seu de sacro sermone, lib. IV, 1617.

BALLlil' (François), écrivain ascétique et sermonaire , né en 1702, à Paris , d'une famille honorable , étant devenu curé de Gif près Versailles, s'appliqua ii la composition d'ouvrages pieux. 11 fut souvent appelé à prêcher d.ins les principales chaires de l'arii, et il le fit avec beaucoup de succès. La reine, épouse de Louis XV, lui donna le titre de son prédicateur ordinaire. L'excès de ses fatigues ayant altéré sa santé naturellement délicate, l'abbé Balbl résigna sa cure avant l'âge de ilO ans. Il s'occupa dans ses dernières années soit de la rédaction de nouveaux ouvrages, soit de la révision des .iiuiciis, et mourut vers 1762. Ou a de lui : Traité de la dévolinn d la sainte Vierge, Paris, IT.'IO, in-12; i\oi(velles instructions pour te J ululé, ibid., 17.")l, iii-12; Instructions sur la pénitence du carême, ibid., 175't, in-12; Exposition de la doctrine de rEqlise romaine , contenue dans

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les articles de la profession de foi dressée par le pape Pie IV, ibiil., 175(i, in-12; Prône sur les cummandements de Dieu , ibiil., 1757, 5 vol. iii-12; Prônes sur les évangiles de toute l'année, ibid., 1758, 8 vol. in-12, Irôs-estiuiés ; Panégyriques des saints, ibid., 1758, 4 vol. in-12; De la décadence et de la consécration d'une église, trad. du Pontifical romain, ibid., 1759, in-8"; Histoire des temples païens, des juifs et des chrétiens, ibid., 1760, in-12 ; ce n'est point un ouvrage d'érudition, comme le litre pourrait le faire croire; Vie de la sœur Françoise Bony , fille de charité, etc., ibid., 1761, in-12.

BALLEUK (le Père), cordelier, vivait dans le milieu du xviii' siècle. Il professa la théologie, et fut provincial de son ordre. On a de lui : Li religion révélée, défendue contre les ennemis qui l'ont attaquée, 1757, 4 vol. in-12, ouvrage très-estiiuable et qui mériterail d'être plus connu.

BALLI ou BALLO (Joseph), docteur sicilien, naquit à Palernie le 29 juillet 1567. Son père, baron de Calaltuvi, le destinai! à la carrière des armes ; mais sa vocation ecclésiastique l'emporta. Il renonça a la baronie, s'appliqua tout entier à l'étude des sciences ecclésiastiques , des nialhémaliques et de l'astronomie, et voya);ea en Espagne, où il se fit recevoir docteur en théologie. Après être revenu en Sicile, il alla à Bari , dans le roy;iume de Naples , et fut chanoine de cette cathédrale. En 1635, il se rendit à Padoue , et y mourut dans un second voyage qu'il y Gt, le 2 novembre 1640. H avait publié plusieurs ouvrages, dont voici lus plus importants : De fecundilale Dei circa productiones ad extra, Padoue, 1635, in-4°; Demonstratio de molu corporum naturali, Padoue, 1635, in-4 . Il lit aussi imprimera Padoue, lors de son dernier voyage dans cette ville, un ouvrage théologique qu'il avait médité pendant trente ans , et sur lequel il avait soutenu des controverses avec des théologiens romains et siciliens-, il a pour litre : Resolutio de modo evidenter possibili Iranssubstanllalionis panis et vini , tn sacrosanctum Domini Jesu corpus et sanguinem , clc, Padoue, 1640, in-4".

BALLON (Louise-Blanche-Thérèse Per- RUCARD de), fondatrice des bernardines réformées, naquit d'une famille noble, au château de Vanchi en Savoie, en 1591. Placée, dès l'âge de sept ans , au monastère de Sainte- Catherine sur Annecy , dont l'abbessc était sa parente, elle y fit profession à 16 ans. En 1622, elle entreprit la réforme à Kumilly, sous lu direction de saint François du Sales, son parent , et les nouvelles réformées prirent le nom de Sœurs de la Providence , quoiqu'on leur ait souvent aussi donné celui de Religieuses bernardines réformées. Grenoble, Saint-Jean-de-Maurienne, Vienne , Lyon , Marseille, Toulon, d'autres villes encore, reçurent cette reforme. En 1628, la mère de Ballon oblint du pnpe Urbain Vlll un bref pour soustraire son ordre à la juridiction de l'iiblié de Citeau&, et le soumettre au& ordinaires des lieux. Les coastilutions qu'elle rédigea

furent approuvées en 1631 à Rome. Quelques années après , la mère de Pinçonas, qu'elle avait envoyée à Paris , en ayant fait imprimer d'autres, qui offraient des différences assez grandes avec les premières , il y eut quelques démêlés à ce sujet, ei des maisons de l'ordre se prononcèrent soit pour l'une, soit [)our l'autre : c'est ainsi que les religieuses de Runiilly déposèrent la mère de Ballon de la supériorité, tandis que son autorité fut reconnue par les sœurs de Marseille. L'évêquo de (îenève la ra[)pela en Savoie, où elle multiplia ses fondations, et elle mourut en odeur de sainteté à Seyssel, le 14 décembre 1668. Ses C^-ntivres de piété , précédées de sa Vie, ont été publiées parle P. Grossi, de l'Oratoire , 1700, in-8°.

BALLVET (Emmanuel), religieux carme déchaussé , né en 1700 à.Marnay en Franche- Comté , fut évêque et consul de France à Babylone (liaghdad). On a de lui une Lettre, en latin et en fr/inçais , Home, 1754, dans laquelle il rendait compte au pape Benoit XIV, de Sa mission àBabylone; elle renferme des détails curieux sur les mœurs et les coutumes des peuplesdu Levant. Ballyet avait parcouru en observateur une partie de l'Asie : le journal de ses voyages se trouvait dans la bibliothèque du duc d'Orléans, et d'Anville en a extrait la Description d'un monument de sculpture, découvert dans une montagne. Un des neveux de Ballyet a fait imprimer le catalogue d'un médaillier précieuv qu'il avait lormé. 11 mourut, en 1773, de la peste, à Baglidad. — Son frère, le P. Symiihorien Ball\ et , était supérieur-général du son ordre lorsqu'il mourut.

BALMÈS (l'abbé Jacques), né le 28 août 1810 à Vich , petite ville de Catalogne , était fils d'un artisan pauvre , mais pieux el laborieux. 11 fil ses études au séminaire de celte ville, cl, dés l'âge de quatorze ans, il obtint un petit bénéfice dont lu revenu , quoique fort mince , lui aida à terminer son éducation. En 1826, son évêque lai accorda une demibourse au collège de San-Carlos dans l'université du Cervera, où il passa sept années, à l'expiration desquelles il reçut le sacerdoce. Il s'appliqua encore pendant deux années à étendre el fortifier sou instruction , tout ea donnant des conférences à titre de professeur suppléant. Ueçu docteur en 1835, il retourna dans sa ville natale, où il obtint en 1837 une chaire qu'on y venait de fonder pour l'enseignement des sciences exactes. Mais les études et les méditations continuelles auxquelles il s'appliquait nu l'empêchaient pas d'accomplir avec la plus grande régularité toutes les pratiques de la piété la plus scrupuleuse. Sur ces entrefaites, un journal de Madrid ayant offert un prix pour le meilleur mémoire sur le célibat ecclésiastique, l'abbé Balmès se présenta dans la lice, et fut vainqueur. \'ers le même temps le parti d'Espartero ayant réclamé pour récompense de ses succès contre le parti de don Carlos la spoliation du l'Eglise, il publia ses Observations sociales, politiques et économiques sur les biens du clergé, avril 1840, qui firent une ^raade

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sensation jusque chez les hommes d'élat. Il se fixa à Barcelone , où il fit paraître au mois. d'août suivant ses Considérations poli' tiques sur la situation de l'Espagne, qui , en présence des violences qui souillèrent le triomphe d'Esparlero, n'étaient pas seulement un écrit remarquable , mais un acte de courage. Pendant qu'il s'occupait ainsi des hautes questions de l'ordre politique et social, il traduisaitles ^/«rùnes f/e saint François de Sales pour tous les jours de l'année, 1840; il composait une sorte de catéchisme, qui ne tarda pas à se répandre partout où l'on parle espagnol : la Religion mise à la portée des enfants ; et il préparait la publication d'un grand ouvrage philosophique et théologique, destiné à combattre les erreurs propagées par l'inlluence de M. Guizot. C'est ce dernier travail qui produisit son beau livre intitulé : Le protestantisme comparé au catholicisme, traduit en français par M. de Blanche-Uaffin, Paris, 1812,3 vol. in-8": la traduction paraissait ainsi en Franci-, en même temps que le livre original à Barcelone. L'importance de cette œuvre paraîtra plus grande encore si l'on se rappelle rintluence toujours croissante des idées anglaises en Espagne, tant que dura la suprématie d'Esparlero, influence qui donnait chaque jour do nouvelles cliances de succès à la propagande protestante. L'auteur vifU, à celle occasion , à Paris , d'où il fit un court voyage en Angleterre. De retour à Barcelone, il continua d'écrire pour la dé fcnse de la religion dans le recueil catholique La Civilisation, qui prit un rang distingué dans la presse espagnole. Balmès y publia notamment un tableau très-curieux et trèsinslruclif des résultats produits parla vente des biens ecclésiastiques. Il y montrait, par des faits et par des chillres, l'imprudence folle de la mesure révolutionnaire contre laquelle il avait protesté avec tant d'éloquence et d'énergie, à son début dans la carrière de publicisle. Des divergences d'opinions l'ayant décidé à quiiler ce journal , il en entieprit seul un autre, sous ce litre : La Société, où il inséra des Lettres à un sceptique, i\\.\\ furent ensuite publiées sous la forme d'un volume avec ce titre : Carias a tin Esceptico, Barcelone, 1846, in-8". !\Iais la guerre civile désolait encore l'Iïspagne, et Barcelone subit trois bombardements successifs. Balmès se retira ii la campagne, chez un ami , et là il composa un nouvel ouvrage pliilosopliique, El Crilcrio, qui fut imprimé en I8'i5. « L'Es- « pagne, dit M. Blanche, estime ce livre un n des meilleurs que l'auteur ait laissés. C'est « une logique familière, à la portée des « esprits les moins cultivés, et en même « temps digue de l'attention des intelligences « les plus élevées. » Lorsque le pouvoir usurpé d'Esparlero eut enfin été brisé, les hommes modérés qui S'iuhaitairnt <iu*nne transaction s'opér;lt culic le parti de la jeune reine et celui de don Carlos, et qu'un mariage entre celle (irincrsse et le fils aîné de don Cailos rendit la paix i\ l'Kspiigne, conlièrenl à Balraès la rédaction d'un nouveau

journal, qui fut intitulé par lui : El Pensamiento dp la Nacion. Mais on sait que dans les temps de révolution les esprits généreux qui veulent une conciliation sincère et durable rencontrent presque toujours d'insurmontables obstacles dans les ambitions et les rivalités des partis, et il ne fut point donné à Balmès de fermer pourson pays la carrière des révolutions. Du reste, la réconciliation du gouvernement espagnol avec Borne s'est faite à peu près sur les bases qu'indiquait Balmès. Seulement elle s'esi faite tard, de mauvaise grâce, après que des désastres nouveaux et le cours des années eurent aggravé la détresse de l'Eglise dans ce pays. Eu 1845, don Balmès visita de nouveau la France, et l'on dit qu'il ne fut pas étranger à la rédaction du manifeste publié le 23 mai par leOls dedon Cnrlos,dans lequel ce prince, après l'abdication de son père, faisait des concessions aux idées libérales de son temps. Balmès prit part à d'autres négociations délicates , dont l'objet principal était do réunir les deux branches, et de rallier autour de son gouvernement toutes les forces nationales, en rappelant sur le trône, dans la personne du comte de Monlemolin, la lignée masculine de Philippe V ; mais le cabinet des Tuileries avait d'autres vues, et l'adresse de ses agents donna à cetteafl'aire un dénouement différent. Balmès ilès lors se condamna au silence, et le 31 décembre 1846 son El Pensamiento cessa de paraître. Il mourut le 9 juillet 1848 à Vich , après une longue et douloureuse maladie , n'ayant p;is encore 38 ans.

BALSAMON (Théodore), diacre, garde des charlesderéglisedeConslanlinople, et ensuite patriarche d'Antioche pour les Grecs, commenta le Nomocanon de Pholius, Oxford, 1072, in-folio, avec des notes de Beveridge. 11 fil un Jlecueil d'ordonnances ecclésiastiques, Paris, 166{, in-lblio, et Réponses à plusieurs questions dti droit canon, dans lesquelles le patriarche grec s'emporte beaucoup contre l'Eglise latine. Il mourut vers 1214. La Bibliothrque du droit canonique de Juslel, renferme les deux premiers ouvrages ; et le droit grec et rom.iin de Leunclavius (Francfort, 1j96), contient le dernier.

B.VLTHASAIl (AiiuusTi\ de), docteur en droit, né en 1701 à (îreifswald, dans la Poméranie Suédoise, fit des études à léna, et alla s'établir à Wismar, où il obtint bientôt une chaire de droit. Le roi de Suède le choisit pour un des ministres du grand tribunal d'uppel, et son mérite lui fit donner d'autres emplois des plus honorables. Il mourut à Wismar en 1779. Parmi ses nombreux ouvrages on cite |)rincipalemenl : Tableau historique des tribunaux du duché de la Poméranie Suédoise, etc., Cireifswalil, 1733-1737, 2 vol. in-l'ol.; Ajiparalus diplamatico-hislori.. eus, ou Tableau de tontes les lois qui servent à l'hisloirc de la Poméi anie et de iite de Ruqen, etc., tjreilswal'l, 173;»- I73.'i, in fidio; Discottis sur les avantages du temp: présent, S'ius le ruppurl du lier frclionnt ment des sciences, siierialcment de l'étude de l'histoire et du droit, ibid., 1742, ia-lt'; J us ecclesiaslicum pattorale,

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ibid., 1760-i763, 2 vol. in-fol.; des Dissertations sur l'adtiiinislralion civile et religieuse delà Ponicranie. — On a d'un aolre Bai.thv- SAR (Jacques-Henri de), professeur de théologie et surintendant général des églises de la Poniéranie suédoise, au commencement du xviii' siècle : Recueil de faits relatif» à l'histoire eccle'sidstique de la Pomérniiie, Greifswald, 1723-1-25, in-'r; Val ab Eickstaedt epitnme annalium Pomeraniœ, ibid., 1726, in-l"; et quelques écrits théologiques peu importants.

BALTHASAR (Joseph-Antoine-Félix de), jurisconsulte et historien, né à Luccrnc en 1737, mort dans la même ville en 1810, lit ses études à Lucerne et à Lyon, puis occupa divers emplois honorables dans la magislra- Inre. Il était trésorier de l'Etat lors(jue la révolution éclata en Suisse. La présidence de l'administration municipale de Lucerne lui ayant été déférée, il mit tous ses soins à ramener le calme dans les esprits, et il eut le bonheur d'y réussir. Balthasar s'appli(|ua principalement à l'étude de l'histoire de sa pairie: il avait rassemblé beaucoup de matériaux importants concernant l'histoire de la Suisse, et il enrichit de nombreuses notices la Bihliolhi'qic! suisse de H.iller. Olui de ses ouvrages qui fit le plus de sensation est intitulé : De flelteliorumjiiribits circa -lacra, Zurich, 17C8, traduit en français |)ar Viend, professeur à Lausanne, sous le titre de Librrtés de l'Eglise lielvétitjw, Lausanne, 1770, in-12. Le nonce du pape à Lucerne déféra ce livre à sa cour, et il fut mis à l'index ; l'évcque de Constance demanda qu'il fût supprimé. Balthasar y réclamait pour la Suisse les libertés de l'Eglise gallicane, auxquelles il prétendait que l'usage observé en Suisse était conforme, avançant même que les quatre articles du clergé de France y avaient été adoiites et y étaient reconnus. Parmi ses autres écrits imprimés nous citerons : Défense de Guillaume Tell, 1700, in-8" : l'auteur y soutient la vérité de l'histoire de Guillaume 'lell, contre ceux qui ont cherché à jeter des doutes sur elle ; Musœum virorum Lucernatum faina el merilis illustriuin, Lucerne, 1777, in-ii-''. Balthasar avait aussi écrit une Histoire de la nonciature en Suisse, restée manuscrite.

BALTHASAR ^l'abbé), mort à Chartres en 1801, publia les deux ouvrages suivants: L'Année chrétienne, ou Précis de la vie des saints, Paris, 1789, in-lS; L'ile des philosophes el plusieurs autres nouvellement décou-^ vertes et remarquables dans leurs rapports avec la France actuelle, Chartres, 1790, iD-i2.

BALTHAZAR, dernier roi des Babyloniens, Gis d'Evilmérodach, et pelit-Bls de Ts'abuchodonosor, selon la plus commune et la plus vraisemblable des opinions quoiqu'il soit nommé par Daniel fis de Naliuclmdunosor, car on sait (|ue l'usage de 1 Ecriture est souvent de donner le nom do fiisaux petits-fils. S'étanl s rvi poir boire, lui et ses convives, des vases d'or et d'argent que son aïeul avait enlevés du temple de Jérusalem,

dans un festin qu'il donnait à ses femnies, à ses concubines etaux seigneurs de sa cour, il vit une main qui traçait sur les mur.iilles de la salle ces trois mots: Mané, Thécel, Pharez. Ralth:izar, à cet aspect, fui saisi d'un grand trouble, et fit venir tous les devins et les sages de Babylone pour lui expliquer ce qui venait d'élrc écrit sur la muraille ; mais les mages n'ayant pu le lui expliquer, le roi eut recours à Daniel et lai promit la troisième place dans son royaume; Daniel refusa les présents, et promit néanmoins d'expliquer ces énigmes. Il dit au prince qu'elles signifiaient (jue ses jours étaient écoules ; que ses actions venaient d'être pesées, el que son royaume sérail divisé et deviendrait la proie des .Mèdcs et des Perses. B ilihazar fut tué la même nuit, et Darius le Mède mis sur son trône, l'an 535 avant Jésus-Christ.

BALTCS (Jean-François), né à Metz en 1G67, entra chez les jésuites. Cette société l'estima et l'employ.i. 11 mourut bibliothécaire de Reims en 1713. On a de lui plusieurs ouvrages : la Réponse à l'Histoire des Oracles de Fonlenelle, Strasbourg, 1707 et 1708, in-8°. 11 paraît que le jésuite a profilé de la rélulition deVan-Dale parMaîbius; mais sa Réponse n'en est pas moins victorieuse. Fonleiieile prit le parti du silence, regardant son ouvrage comme une production de sa jeunesse, qu'il convenait d'oublier, et que le P. Ballus avait foudroyée ; il dit même assez plaisamment que le diable avait gagné sa cause. Basnage conseillait à Fonlenelle de répliquer, mais ce dernier se contenta de lui répondre: «Je consens que le diable passe pour prophète puisque Baltus le veut. » Du reste, ii est constant que cette querelle n'intéresse point le christianisme, mais bien la vérité de l'histoire ; on peut même dire en général que le fondement de toutes les histoires se trouve ébranlé, si les preuves de fait, les témoignages multipliés des auteurs contemporains, sages, instruits, judicieux, et à tous égards respectables, pouvaient être anéantis par les spéculadons modernes. Le P. Baltus a donné une suite à cette Réponse, où il donne à ses preuves plus de doveloppemenl et de force. Quant à la possibilité de ces oracles, Yoij. Delrio, Brown Thomas, de Hae\, Maffei Seipion, Méad, Spé, Faits remarquables à l'art. S. Babvlas ; Défense des SS. PP. accusés de platonisme, in-i°, 1711, livre savant, dont M. l'abbé .Morel, chanoine théologal de Paris, a donné, précédée d'une prélace, une nouvelle édition, sous ce titre : Pureté du chrislicmisme, ou Le cltrislianisme n'a rien emprunté à la philosophie païenne, Paris et Lyon, 2 vol. iu-8°, 1838; La Religion chrétienne prouvée par l'accomplissement des prophéties, in-l", 1728, traité moins parfait que celui de M. de Pompigu'in, archevêque de \'ienne, sur la même matière , mais qui est plus ori.jual, et (ju'on peut regarder comme la matière el la préparation de l'autre, etc.; Défense des prophéties de la religion chrétienne, in-12, 3 vol., 1737. Les deux premiers sont contre Hugues

Gro(ias, le troisième contre Richard 'Sinaon.

Jugement des SS. Pèressur la morale de la philosophie païenne, Slrasboufjî, 1719, in-1 . Les Actes de saint Barlaam, traduits du grec en français avec des remarques.

B\LUE (Jean La), était d'une famille trèsobscure. Son père était tailleur, suivant es uns, cordonnier, selon d'autres. La plus commune opinion le fait naître au l)ourg d'Angle en Poitou, dans 1 année 1+21. L elail un homme qui à un esprit délie et arli- Bcieux joignait la hardiesse et 1 effronterie qu'il faut pour linlrigue. Il fut attache d abord à Jean Juvénal des Ursins, eyeque de Poitiers; il devint ensuite grand vicaire de l'évcque d'Angers. Jean deMelun, favori de Louis XI, le présenta au roi, qui lui donna la place d'aumônier, la charge d intendant des finances, et ensuite l'évèche d Lvreux, en H6o. Deux ans après, il fut transféré au siège d'Angers, après avoir fait déposer Jean de Beauveau, son bienfaiteur. Le pape Paul H qui ne connaissait pas encore ses mauvaises qualités, l'honora de la pourpre la même année, pour le récompenser de ce qu'il avait fait abolir la Pragmatique- Sanction, que les parlements et les universités conspiraient à conserver. Le crédit qu'il avait sur l'esprit de Louis XI était extrême, r.alue se mêlait de tout, des affaires de l'Eelise, de l'Etal, de la guerre, excepte de celles de son diocèse. On le voyait, en camail et en rochet, à la tête des troupes, les faire déliler devant lui. C'est dans une de ces occasions que le comte de Dammartin dit à Louis XI de lui permettre d'aller ù Evreux faire l'examen des ecclésiastiques, et leur donner les ordres; car toi7«,ajoula-til, l'écêque qui, passant en revue les yens de guerre, semble m'aiituriser à aller faire des prêtres. Quoique ce bon mot couvrît de ridicule le prélat, il ne diminua point la faveur qu'il avait auprès de son maître. Balue n'en fut pas plus reconnaissant : cet homme, né dans la boue, concei la diverses intrigues avec les ducs de Bourgogne et de Berri, contre le prince qui l'en avait lire. Ouelques-un.s de ses lettres furent inlerceptées, et il fut mis en prison. Louis XI dépêcha deux avocats à Rouie, pour demander des commissaires qui lui lissent son procès en Eram e ; miis le pape réponililqu'tui cardinal ne pouvait i'tre jugé qu'en plein consistoire. L;i justice de Luuis XI était devenue plus que suspecte a tiiuie l'Europe. Après onze ans de prison Balue obtint sa liberté en l'i80, à la sollicitation du cardinal de la Uosèrc, légat du pape. 11 alla intriguer à Bome, cl acquit des lionncurs et des biens qu'il ne inerilait pas. Sixle IV l'envova légat a latere en Erancc, l'an l'iSi, etBàlue y fui mieux reçu qu on • ne l'eiil cru ; il paraii que le gros d.' la nation el même le roi Charles ^ 111 ne le croyaient pas fort coupable. Ce légal, de retour a Rome, fut fait évêque d Alhano. puis de l'alestrine, par le pape Innucent MU- H mourut à Ancone, en 1401.

, BALUZE (Etie>m.) , né ù Tulle le 24 dcc

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1630, Cl imprimer, à l'âge de 22 ans.uneCrttinue de la Gnllia Purpurala de Frizon. Il fut invité en ICao de venir à Paris, par de Marca, archevêque de Toulouse, digne d'être le prolecteur de ce savant. Après la mort de cet illustre prélat, Colberl le fit son bibliothécaire. C'est à ses soins que la bibliothèque de ce ministre dut une partie de ses richesses. En 1670, le roi érigea, en sa faveur, une chaire de droit canon.au collège royal. 11 fut ensuite inspecteur du même collège, etohtinl une pension. L'histoire généalogique de la maison d'Auvergne, faite à la prière du cardinal de Bouillon, l'enveloppa dans la disurjice de ce prélat, et lui Gt perdrcses places et ses pensions. Il fut exilé successivement à Rouen, à Tours et à Orléans; et il ne put obtenir son rappel qu'après la paix d'Uirecht. H mourut à Paris en 1718, à 88 ans. Les gens de lettres regrettèrent en lui un savant profonii, el ses amis un homme doux efbienfaisant. 11 ne ressemblait point à ces érudils avares de leurs lumières : il communiquait volontiers les siennes, et aidait ceux qui s'adressaient à lui, de ses conseils el de sa plume. Il était né avec la facililé d'esprit el la mémoire qu'il fallait pour son travail. Peu de savants ont eu une connaissance plus étendue des manuscrils et des livres. Nous avons de lui un grand nombre d'éditions. Les plus importantes sont celles du livre de son bienfaiteur de Marca, De concordia Sacerdotii et Imperii, 170'^, in-folio, avec la vie de l'auteur, un supplément et des notes, où l'on retrouve toute l'érudition de ce prélat ; mais on lui rep-ochc avec raison de n'avoir pas eu égard aux volontés de celui-ci, qui en mourant lui avait recommanda' divers changements à faire dans son ouvrage {Voy. Mabca) ; des Capitulaires des Jtois de France, rangés dans leur ordre, qu'il a augmentes des Collections d'Anscgise et de Benoît, diacre, avec de savantes noies, 2vol. in-fol.. Paris, 1077; des Lèpres du (lapclnuocent 111, en 2 vol. in-folio, 1082; de l'ouvrage de .Marca iiilitulé : Marca llispanicn, c'esl-à- ; dire la Mircbc ou les liriiiles de l'Espagne, 1088, in-l'ul.; des Vies dos jiapes d'Avignon, depuis 1305 jusqu'en 1370, -1 vol. iii-'i-", 1693, mises à Vlndex par un décret du 22 décembre 170). Cette censure n'empêthe pas ciiie Baluze ne soit en général fort respectueux envers le saint-siège; des Yics de Salvien. de Vincent de Lérins, de Loup de Eeirière, d'Agobard , d'Amolon.. de Leidrade. d'un Traité de Elorc, diacre ; de ((uatorze Homélies de saint Césaire d'Arles ; d.s Conciles de la Gaule Narboiinaise, d' Ué;;iMon; de la Correction de Cralien, p.ir Anl.iine .Sgoslino ; de Marins Mercalor, etc. ; sept vol. in-8' de Mélanqes, lti78à 1710; un Supplément aux Cinciles du P. I.ahhe, clc, 10S3, in-fol. ; llistoria Tulclensis, 1717, 2 vol. ia-'r. Lu litin des miles el des pr.laccs qui accomiiagiient ces ouvrages est assez pur ; on y recoiinait partout un lio.nme qui pnssèdc Ihistoire ecclesia8li(iue el prof ine, le droit canon ancien el moderne, cl les Pères d« loiis les siècles.

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