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BxVNCHI (Séraphin), dominicain de Florence, et docteur en théologie, vint d'abord en France pour faire ses études ; il y revint, envoyé par Ferdinand 1", grand duc de Toscane, pour prendre des informations sur les troubles funestes qui désolaient alors ce pays. Banchi étant à Lyon en 1593, Pierre Barrière, jeune homme de 27 ans, fanatinue imbécille, lui communiqua le dessein qu il avait d'assassiner Henri IV. Ce dominicain en donna avis à Brancaléon, gentilhomme de la reine douairière, qui, a\ant été trouver le roi à Melun, rencontra Barrière prêt à commettre son garricide. Le roi récompensa le zèle du dommicain en le nommant à l'évêché d'Angoulème ; mais il s'en démit en 1608, pour vivre en simple religieux dans le couvent de St-Jacques de Paris, oiiil mourut après 1622. On a de lui quelques ouvrages dans lesquels il se justifie d'avoir abusé de la confession de Pierre Barrière, qui ne s'était pas confessé : Histoire prodigieuse du parricide de Barrière, 1594, in-8°, 40 p. ; Apologie contre les jugements téméraires deceux qui ont pensé conserver la religion catholique, en faisant assassiner le très-chrétien roi de France, Paris, 1596, in-8°; le Rosaire spirituel de la sacrée Vierge Marie, etc., Paris, 1610, in-12.
BANDELLO ou BANDELLl ( Vincent ), général de l'ordre de Saint-Dominique en 1501, mourut en 1506, âgé de 71 ans, après avoir composé quelques ouvrages, entre autres, De conceptione Jesu Christi, Bologne, 1481, in-4°, fort rare, réimprimé depuis, in- 12 ; De veritate Conceptionis Beatœ Mariœ, Milan, 1475, in-4°. Dans l'un et dans l'autre, Bandello attaque la Conception immaculée de la sainte Vierge.
BANDINUS, un des plus anciens théologiens scolastiques. Ses ouvrages ont été imprimés à Vienne en 1519, in-fol.; h Louvain, en 1555 et 1557, in-8°. La conformité de Bandions avec Pierre Lombard a fait agiter la question : Si Lombard était plagiaire de Bandinus, ou si celui-ci avait copié l'autre ; un manuscrit du xiii' siècle, conservé lians l'abbaye d'Ober-Altaich, a résolu cette question en faveur de tous les deux. Bandinus n'a prétendu qu'abréger l'ouvrage de Lombard, et ne doit pas être considéré comme plagiaire. 11 porte en titre : Abreviatio magistri Bandini de libro Sacramentorum magistri Pétri Parisiensis episcopi, fideliter acla. 11 se trouve cependant encore des critiques persuadés que Bandinus est antérieur à Pierre Lombard.
BANDURl (dom Anselme], bénédictin, né à Raguse en Dalmatie, d'une famille noble, l'an 1670, vint en France en 1702, et mourut en 1743, à 73 ans. On a dit de lui -.Imperium Orientale, sive Antiquitates Conslantinopolitanœ, Paris, 1711, 2 vol. in-fol., lig., ouvrage savant et vainement attaqué par l'apostat Casimir Oudin. Banduri lui réjiondit de manière à le couvrir de confusion, dans la préface de l'ouvrage suivant : Nwtdsmala Imperatorum Romanorum a Trajano Decio ad Paleogos Augustos, Paris, 1718, 2 vol. in-ful. On y joint le Supplément, publié par Jérôme Taûiui à Rome, 1791, 1 vol. in-fol. Banduri
DlQT. DE BlOGKAPBlE HELIG. I.
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a fait précéder cet ouvrage du Catalogue de tous les auteurs qui ont traité lie la numismatique. Il avait annoncé une édition des OEuvres de saint Nicéphore ; il avait aussi ]iromis de publier successivement le Commentaire de Théodore de Mopsueste sur les douze petits prophètes, le Commentaire de PhilondeCarpathos sur le Cantique des cantiques, celui d'Hésychius sur les Psaumes, et divers Opuscules des Pères grecs : mais sa mauvaise santé rem|)êcha de mettre au jour ces divers travaux, dont quelques-uns étaient terminés.
BANÈS (Dominique), né à Valladolid, en 1527, fit ses études k Salamanque, et entra dans l'ordre des Frères prêcheurs. Les savants dominicains MelchiorCano, Didace de Chaves et .Pierre Sotomayor lui enseignèrent la théologie, et après qu'il eut prononcé ses vœux il professa lui-même cette science , pendant plus de 32 ans,à Avila, oi!i il fut pendant huit ans le confesseur de sainte Thérèse, à Alcala de Hénarès, k Valladolid et k Salamanque. Il mourut le 1" novembre 1604 k Médina del Campo. On a de Banès : De Genrratione et corruptione, sive in Aristotelis eos lihros commentaria et quœstiones, Salamanque, 1585, in-fol.; Cologne, 1614, in-4'' ; Relectio de merito et augmenlo charitatis, Salamanque, 1590, iii-8° ; In Aristotelis dialecticam ; Institutiones minoris dialccticœ, hoc est summiikp, Cologne, 1618, in-8° ; Commentaria scholastica in primam partem Summœ S. Thomœ, necnon in secundam secundœ, Salamanque, 1584-1594; Venise, 1602, 3 vol. in-fol. ; Douai, 1614-1616, 2 vol. in-fol. Il n'avait pas l'art, dit Feller, d'écrire avec précision et avec goût. On le regarde comme le père de la fameuse prédéterminationphysique, syslèmc fort accrédité chez les dominicainspour allier la liberté de l'homme avec la gnlce et la prescience de Dieu. BANGIUSou RANG (Pierre), né à Helsinburg en Suède, l'an 1633, fut professeur do théologie k l'université d'Abo, puis évêque de Wiborg, et mourut en 1696. Lorsqu'il professait la théologie, il lit soutenir des thèses qui l'engagèrent dans une querelle très-animée avec Miltopœus, professeur de philosophie, et qui occasionnèrent un schisme dans l'université d'Abo. On a de Bangius plusieurs ouvrages en latin, parmi lesquels on distingue son Commentaire sur l'Epitre aux Hébreux, et son Histoire ecclésiastique. Ce dernier ouvrage, qui parut en 1675, contient des idées singulières. On y lit entre autres que Adam demeura quelque temps en Suède, et fut le premier évêque de ce pays. — Le Danemark a [iroduit quelques savants du nom de Bang, qui ont écrit surles langueset sur la théologie. BARAC, juge des Hébreux, gouverna ce peupleavec le secoursdeDébora, vainquit Sisara vers l'an 1285 avant Jésus-Christ, et délivra par-lk Israël de la servitude de Jabin, roi des Chananéens.
BAR.\DAT (seint), solitaire du diocèse de Cyr, dont Théodoret lait mention, vivait dans une espèce de cage, ouverte de toutes paris, de sorte qu'il était exposé k toutes les intempéries de l'air : ses vêtements étaient faits
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Je peaux de bêtes sauvages. La singularitt' de cette pénitence le fit soujDçonner d'ostentation et d'orgueil ; mais la promptitude avec laquelle il obéit au patriarche d'Antioche, qui lui ordonnait de quitter sa demeure, prouve qu'il n'y tenait pas par des motifs humains. Voy. saint Patkice, saint Siméon Stylite, saint Dominique Loricat.
BAUALDl (l'abbé Joseph), naquit k Modèiie, le 1" novembre 1778, et entra fort jeune au séminaire de cette ville. Cet établissement i'ut fermé en août 1798 jiar suite des événements politiques, mais Baraldi n'en resta pas moins lidéle à sa sainte vocation. L'Italie ayant vu l'anni'e suivante les Français s'éloigner, il put recevoir le sous-diaconat le 21 dL'cembre 1799, el la prêtrise le 20 septembre 1801. Plus tard il fut nommé archiprètre de la cathédrale, et il sut concilier l'accomplissement des nombreuses obligations de son ministère avec son ardent am.our de l'étude. La révokition de Modène l'obligea, en 1831, do se retirer en Toscane ; il revint dans sa patrie, lors du retour du duc. Grégoire XVI le nomma prélat de sa mfdson et protonotaire apostolique, puis le tribunal héraldique de Modène l'inscrivit par acclamation au livre d'or des nobles Modénais ; mais il ne survécut pas longtemps à ces honneurs. Il mourut à Modène le 30 mars 1832. Second bibliothécaire dans la belle bibliothèque d'Est depuis 1808, il fut nommé, en 1820, professeur de morale à l'université, et on lui confia i\ cette époque la chaire nouvellement rétablie de droit canonique. 11 était membre de plusieurs académies d ItaHe, notamment de l'académie latine de Rome. Baraldi a laissé plusieurs écrits. Dans sa jeunesse il traduisit Le comte de Yalmont, de t'abbé Gérard ; la Législation primitive, de Bonald ; les Méditations d'Hervey, et com-
Îiosa un petit Abrégé de l'histoire de Modène. 1 composa encore des Lettres politiques à un ami, et un Essai de réfutation de Dwpuis ; mais son plus important ouvrage, ce sont les M(fmoires de religion, de morale et de littérature, qu'il commença à faire paraître en 1822, et oii il avait pour collaborateurs MM. Blanchi, Parenti, Fabriani el Cavedoni. Ces Mémoires renferment des Lloges, des récits, des morceaux de critique, et plus de quarante Notices sur des évêques, des écrivains et des personnes pieuses ; ces Notices sont rédigées avec beaucoup d'exactiiude et de goilt. Jl a laissé en manuscrit dos Dissertations sur la populî'tion de l'AraérKiuo, sur le style de l'i'lcriture, sur les objections de la chimie et de la philosophie contre l'immatérialité de l'ilme, sur le rapport de la loi do Moïse avec la religion chrétienne; de plus, des Ai^'uioires sur VAfrica christiana, de Morcelli, sur la persécutiou contre les jésuites, sur la révolution de France, sur le schisme d'Utrechi, §ur Fra-Paolo, sur le congrès d'Kms, etc. Les Mémoires de nligion ont été continués par les collaboialeurs de l'abbé Baraldi.
BAUA.NOWSKl, ou BARANOVIUS ( Al- BEHTj, évéquo polonais du xvi* siècle, fut nommé oour occuper ;,le siège do Przemisl
par Sigismond II, qui le considérait beaucoupj ^et qu'il accompagna dans un voyage à Revcl. ""l devint ensuite évoque de Wladislas,et plus tard, dans un fjge avancé, archevêque de Gnesne. Baranowski mourut en 1G15, lais- . sant plusieurs ouvrages, notamment : Constitutiones synodi diœcesanœ Vladislaviensis, an. 11)07 celebrntœ, Cracoviœ, 1607; Concilium provinciale regni Poloniœ, an. 1607 celebrortum, ibid., 1611 ; Synodus diœcesana Gnesnensis habita an. 1612, ibid., 1612.
BARANZANO (Redemptus), religieux barnabite, no aux environs de Verceil dans le Piémont, en 1590, professeur de philosophie et de mathématiques à Anneci, vint à Paris où'il se distingua comme philosophe et comme prédicateur. C'est un des proniiers qui eut le courage d'abandonner Aiistote. II mourut à Montargis en 1622. Nous avons de lui : Campus phUosophicus, in-8° ; Uranoscopia, seu universa doctrina de cœlo, 1617, in-4* ; De iiovis opinionibus physicis, in-S".
BARATIEll (Jean-Philippe ), enfanl célèbre et génie précoce, né le 19 janvier 1721, à Schwabach, dans le margraviat d'Anspach, mort âgé de 19 ans k Hall, le 5 septembre 1740, dans de grands sentiments de piété, parlait , dès l'âge de quatre ans, dit-on, le latin avec son père, le français avec sa mère, et allemand avec la servante de la maison ; à six ans, il possédait le grec, et à sejit ans il savait jjar cœur tous les psaumes en hébreu. Deux ans après, il donnait un Dictionnaire hébreu des mots les plus difficiles. Il avait appris les mathématiques et l'astronomie en moins de trois mois, et au bout de quinze mois il avait soutenu une thèse sur le droit nublic. En môme temps il avait embrassé l'architecture, la littérature ancienne et moderne, les médailles, les inscriptions, le déchiffrement des hiéroglyphes, les antiquités grecques, romaines et orientales. En 1738, il envoya à l'académie des sciences de Paris, un travail sur le moyen de découvrir les longitudes, avec trois autres propositions, une sur les réfractions, une autre sur l'obliquité de l'écliptique, et la troisième sur la meilleure forme des tables astronomiques. Lo jeune Baratier n'avait eu. d'autre maître que son père. Parmi ses productions nous citerons : Disquisitio chronologicade successions antiquissimaRomanorum pontipcum, Utrecht, 1740, in-'i.».
BARAZE (Cyprien), jésuite, célèbre missionnaire des Moxes, peuples alors presque inconnus de rAmt'ri(iue mi^ridionale, vers le 13' degré de latitude. Ce zélé religieux, se faisant tout à tous, rendit toutes .sortes de ser icnsà ces sauvages pour les gagner à Jésus-Christ ; il conunença par les rassembler en so' iété, leur apprit k laire do la toile, et à exercer les arts les plus nécessaires à la vie; et, pour pourvoir ji leur subsistance, il eptroiirit le voyage de Sainte-Croix de la Sierra, d'où il amena, aidé de quelques ladicn.s, deux cents vaches et taureaux, il b.1tit une église, et, en civilisant celte nation, il lui ens(;i^ua la science du salut. Ses Iravaux apostoliques no se Jjyrnèreut pas à ces
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peuples, il en chercha d'autres inconnus ; il on trouva de si barbares qu'ils poursuivaient les hommes, comme on poursuit les bô'es Tauvesàl.i cliasse : il parvint à les adoucir et à les soumettre au joug de Jésus-Christ. Avançant dans les terres par des travaux et des fatigues incroyables, en faisant toujours quelques conquêtes pour la leligion, il trouva des sauvages qui se jetèrent sur lui, le percèrent de coups et lui fendirent la t^te, le 16 septembre 1702, après plus de 27 ans de travaux apostoliques, et dans la 61' année de son âge: il avait baptisé lui seul jilus de 40,000 idolâtres. !'o//. la relation de la vie et de la mort de ce missionnaire dans les Lettres édijianlcs, tom. VIII, nouv. édit. et t. \. anc. édit.
BARBEAU DE LA BRUYÈRE f Jean-Loi îs), né à Paris, le 29 juin 1710, mort d'une attaque d'apople\ie le 20 novembre 1781, com- Ëosa, pendant un séjour de 15 ans qu'il fît en ollande, une Vie de M. François de Paris, diacre, 1731, in-i2 de 80 pages. « Nous re- 4« marquerons, dit M. Beuchot, qu'il n'e^ i< fait aucune mention de ce livre danslanou- « velle édition de la Bililiotltc(jue historique * de la France. » 11 travailla pendant de longues années avec Buache le géographe, et il publia une Mappemonde historique, en 1750. Cette mappemonde olfre un tableau chronologique très-ing''nieux, dans lequel on voit d'un coup d'œil toutes les révolutions de chaque Etat, et la situation politique de tous les Etats contemporains, à une époque quelconq^iie, depuis les temps historiques lesplus anciens jusqu'à l'année de sa publication. Barbeau de La Bruyère donna de nouvelles éditions des Tablettes chronologiques de Lenglet-Dufresnoy, de la Méthode pour étudier la géographie par le môme (avec Drouet), h' edit., 1768, 10 vol. in-12; de la Géographie moderne, de Nicole de La Croix, 1774, 2 vol. în-12. Il eut aussi beaucoup de part aux deux
[)remiers volume^ de la nouvelle édition de a Bibliothi'que historique de la France. BARBERl (Philippe , dominicain de Syra- ' cu<e, inquisiteur en Sicile et dans les îles de Malte et de Gozo, est autour d'un Recueil d'observations sur les endroits de l'Ecriture sainte, que saint Atigustin et saint Jérôme ont expliqués dijl'ércininent ; et de quelques autres ouvrages, dont le plus intéressant est I/e animorum immortalilate. Tous ses ouvrages ont été imprimés en 1500. Il vivait après le milieu du xv' siècle.
BARBEYRAC (Jean), neveu de Charles qui se lit une certaine réputation comme médecin, et fils d'un ministre calviniste deBéziers, né dans celte ville en 167i, fut nommé à la chaire de droit et d'histoire de Lausanne en 1710, et ensuite à celle de droit public et privé à Groningue en 1717. Il traduisit et 1 commenta le traité du Droit de la nature et I des gens: celui des Devoirs de l'homme et du citogen, par Pufeudorf ; et l'ou\rage de (îrotius sur les Droits de la guerre et de la paix. Les notes dont il a enrichi ces traitis seraient [ aussi estimées que la traduction, si l'on y re- ' marquait moins de prévention contre la religion cutliolique. Ou ne l'ait pas moiu$ de cas
de la version ou Traité latin de Cumberland sur tes lois naturelles, avec des notes, 1744., in-4°; ouvra'^e excellent, mais qui demande d'être médité. Il a aussi traduit plusieurs s^riunns de Tillotson, et a donné au public différents ouvrages de son propre fonds. Les principaux sont : l'Histoire des anciens Traités qui sont répandus dans les auteurs grecs et latins jusqu'à Charlemagne,in-fol.,2'part., 17.'^J•, le Traité du jeu, en 3 vol. in-8°; le Traité de la morale des Pères, in-4°, l'728, contre dom Cellier, qui avait refuté ce que Barbeyrac en avait dit dans sa préface sur Piifendorf. Il s'élevait dans sa préface, avec trop peu de m'nagement, contre les allégories que saint Augustin et d'autres Pères ont trouvées dans l'Ecriture. (Fo?/. saintGnÉGoiRE le Grand). Il n'e.st pns plus circonspect dans la défense qu'il en entreprit. Il y laisse paraître un si grand mépris pour les docteurs de l'Eglise, il parle avec tant de dédain de leur éloquence et de leur dialectique, que tout critique sensé en est révolté : dom Cellier le r 'fula pleinement dans son Histoire générale des auteurs sacrés. Il a encore été réfuté post. rieurement par le protestant anglais William Reewes. 11 mourut vers l'année 1747. Son style manque de grâce el de pureté, sa critique de justesse et d'équité. Son antipathie contre les Pères venait de ce qu'il les trouvait partout opposés aux dogmes des nouvelles sectes. Daillé, également embarrassé de cette opposition, a tâché aussi d'affaiblir leur autorité ; mais il y a rais plus de modération et de décence. La manière dont Barbeyrac a parlé d'Abraham, et d'autres hommes illustres, célébrés dans l'Ecriture sainte pour leurs vertus et leur foi, montre qu'il était [)Iutot déiste que protestant, et autant ennemi de toute religion que de la religion catholique.
BARBO (Pai'l), théologien et philosophe aristotélicien du x\' siècle, né à Soncinodans le Crémonais, entra fort jeune dans l'ordre des Dominicains, et professa la philosophie pendant plusieurs années à Milan, àFerrare, a Sienne, à Bologne. Il fut élu prieur des dominicains de Crémone, et mourut en 14%.
Il laissait les ouvrages suivants : Elegantissima expositio in artem vetercm Arislolelis, cum quœstionibus, Venise, 1499 ; Quœstiones metaphysicœ, super divina sapientia Aristotelis, Venise, 1505, in-fol., réimprimé à Venise, à Lyon, etc. ; plusieurs autres ouvrages ou éditions d'ouvrages, entre autres une édition estimée des Opuscules de saint Thomas, Milan, 1488, in-fol.
BAKBOSA { Em.ma>cel), avocat du roi de Portugal, mort en eu 1638, à 90 ans, est autour du traité De potestate episcopi, et de quelques autres livres.
BARBOSA ( Algustin ), fils du précédent, égala son père dans la connaissance du droit civil et caiioni |ue. Philippe IV lui donna l'évèché d'Ugenlo, dans la terre d'Otrante, en 1648. L mourut i n 1649, à 59 ans. Nous avons de lui : De of/ic-io episcopi. On croit que Barbosa ne lit que corriger ce livre. On ajoute que son domestique lui apoorta du poiss
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dans une feuille de papier manuscrit, que Barbosa courut tout de suite au oiarché pour acheter les cahiers d'où on avait tiré cette feuille, et que ce manuscrit contenait le livre : De officio episcopi ; le Répertoire du droit civil et canonique : Remissiones doctorum supervaria loca concilii Tridentini, etc. L'inquisition de Rome a trouvé dans ces deux ouvrages des endroits qui les ont fait mettre à l'Index. Ses ouvrages sont trèsnombreux; ils ont été souvent imprimi''S en France, en Italie, en Espagne, dans les Pays- Bas, et recueillis à Lyon, sous le titre de Opéra om/aa, 1716 et suiv., IG tomes in-fol.
BARBOSA ( dom ViNCE?tT), religieux théatin, né à Redondo en 16C3, mort à Lisbonne en 1711, a composé sur l'ile de Bornéo un ouvrage d'autant plus intéressant que les écrits sur cette île sont très-rares. Il est intitulé : Résumé des relations envoyéesau roi Pierre II, de la nouvelle mission établie à Bornéo, Lisbonne, 1692, in-V*. C'étaient les théatins, ses confrères, qui avaient entrepris de propager le christianisme à Bornéo. — Un autre Barbosa ( Antoine ), jésuite missionnaire portugais dans la Lochinchine, composa un Dictionnaire de la langue de ce pays, qui fut publié dans le Diclionarium linguœ annamiticœ, donni' parle P. de Rhodes, à Rome, en 1651. BARCLAY ((iUillaome), naquit en 15i3 à Aberdeen en Ecosse. N'ayant pu s'avancer à la cour, il vint en France, et alla étudier à Bourges sous Cujas. Le P. Edmond Hay, jésuite, le fit nommer professeur en droit dans l'université de Pont-à-Mousson. Le duc de Lorraine lui donna une charge de conseiller d'Etat et de maître des requêtes ; mais ayant été desservi auprès de ce prince par les jésuites, à ce que dit Bayle, il repassa en Angleterre. Le roi Jacques 1" lui ht des offres considérables, à condition qu'il embrasserait la religion anglicane. Barclay préféra revenir en France l'an ICOi. Il eut une chaire de professeur de droitdansl'universitéd'Angers, ety mourut l'année d'après. Son traitéZ>e potestate papœ, Pont-à-Mousson, 1010, in-8", trad. en irançais, ibid. 1611; Cologne, 1688, in-8°; et celui De reçno et regali polestate, Paris, 1600,in-'i-% dédié à Henri IV, hrent beau- ^ coup de bruit dans le temps.
BARCLAY (Jean), flis de Guillaume et d'une demoiselle de la maison de Malleville, naquit à Pont-ii-Mousson en lo82. Les jésuites, chez lesquels il lit ses études, voulurent l'agréger îi leur société, mais il aima mieux suivre son jière en Angleterre. Un |)0('me latin, intitulé Euphormion. qu'il publia sur le couronnement du roi Jacques I", le mit en faveur auprès de ce prince. Ciuillaunie son père, craignant que le séjour d'Anglf3terre n'ébranlât la religion de son lils, le ramena en France. Le jeune Barclay, l'ayant perdu quelque temps après, re|)assa h Londres, où Jacques I" lui donna des ('ni[)lois considérabes. Il y lit imprimer la suite de son Euphormion, satire latine en 2 livres, dans laquelle l'auteur déploie l'érudition et la morale. Les meilleures éditions de ce livre sont celles d'Elzévir, 1627, in-12, etdeLeydo, 1674, iu-
8", cum notis variorum. Il a été traduit en français par l'abbé Drouet de Maupertuis, Anvers, 1711, 3 vol. in-12. Il publia vers le même temps le traité de son père. De polestate papœ. Comme cet ouvrage, ainsi que celui sur la Puissance des rois, par le môme auteur, attaquait les sentiments de plusieurs théologiens, Bellarmin y répondit. Barclay lui répliqua, dans un écrit intitulé Pietns, in-i°. Jean Eudémon, jésuite, répondit pour Bellarmin, mais avec peu de succès. Il accusa Barclay d'hérésie ; mais celui-ci prouva dans une Apologie qu'il avait toujours été bon catholique, dans la cour d'Angleterre môme. Ennuyé de demeurer en Angleterre, il repassa on France, et de là il alla à Rome, sous le pontificat de Paul V. Il y mourut dans l'aisance en 1621, la môme année que son adversaire Bellarmin. Barclay était d'une mélancolie qui le rendait singulier, passant tout le matin dans son cabinet, sans voir personne, et le soir cultivant son jardin. On a de lui, outre les ouvrages dont nous venons de parler, Parœnesis ad.Sectarios, Rome, 1617 ; Barclay, qui n'était pas théologien, n'y réussit pas trop bien ; Argenis, Leyde, 1630, in-12, et cum notis variorum, i66i et 1669,2 vol. in-S": roman mêlé de prose et de vers, traduit par l'abbé Josse, chanoine de Chartres, 1732, 3 vol. in-12, et beaucoup mieux par M. Savin, Paris, 1776, 2 vol. 111-8". Cet ouvrage offre de l'étendue dans le plan, de la noblesse et de la variété dans les caractères, de la vivacité dans les images; il est plus digne d'être lu que son Euphormion. Le style tient de celui de Pétrone, de Lucain et d'Apulée. C'est un tableau de-^ vices et des révolutions des cours. La générosité franche, héroïque et sans détours, y est en contraste avec la fourberie habile et la marche artificieuse. Trois livres de poésies, in-l", inférieures à sa prose; onytrouvede l'entlure etduphéhus. Iconani' tnorum, Londres, 1612, in-8°. ouvrage qui réussit, quoiqu'il n'y ait pas assez de prot(jndeur. BARCLAY (Robeht), né à Edimbourg, en 16i8, d'une famille illustre, fut élevé à Paris, sous les yeux d'un do ses oncles, président du collège écossais de cette ville. Il retourna en Ecosse avec son père, qu'il perdit peu de temps après, en 1664. Les quakers avaient répandu leurs erreurs dans ce royaume {Voy. Fox, Georges) : Barclay se laissa séduire par ces fanatiques, et publia plusieurs ouvrages pour leur défense. Non content de les servir par ses écrits, il passa en Hollande et en Allemagne, pour y faire des prosélytes. Après avoir essuyé bien des fatigues, il revint, l'an 1690, mourir en Ecosse, dans sa 42' année. Les historiens de sa socle le peignent comme un homme do bien, su()portant le travail et la peine avec plaisir, d'une humeur gaie et d'un caractère constant. Ce qu'il y a do certain, c'est que ses mœurs étaient régulières, et qu'il joignait à beaucoup d'érudition un esprit méthodique, des vues sagos, et autant de modération que peut en avoir un enthousiaste. On a de lui plusieurs ouvrages dans lescjuelsil réduit le qiiakérisme en système. Los principaux sont : Cali'chisinc ou
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Confession de foi dressée et approuvée dans l'assemblée générale des patriarches et des apôtres, sous la puissance de Jésus-Christ lui-môme. 11 serait trop long d'analyser les principaux dogmes exposés |(ians ce livre. Nous nous bornerons aux points les plus importants de la morale des quakers. Il n'est pas permis, suivant eux, à un chrétien, 1° de donner aux hommes des titres flatteurs , eomme votre Sainteté, votre Eminence, votre Excellence, votre Grandeur, votre Seigneurie, etc. ; ni de se servir de ces discours flatteurs appelés communément compliments ; 2' de se mettre à genoux, ou de se prosterner euxmêmes devant aucun homme, ou de courber le corps, ou de découvrir la tète devant eux ; 3» d'user de superfluités dans ses vêtements comme de gance au chapeau et de boutons aux manches ; h° de se servir de jeux, de passe-temps, de divertissements, ou de comédies, sous prétexte d'amusements nécessaires ; 5° de jurer, non-seulement dans les discours ordinaires, mais même en jugement devant le magistrat ; 6° de faire la guerre, ou de combattre dans aucun cas. Tlieologiœ verœ christianœ apologia, Amsterdam , 1676, in-i", Basnage de Beauval et le P. Nicéron disent qu'avant Gérard Croese, personne n'a donné un détail des dogmes des quakers. Ils se trompent, puisque cet ouvrage singulier, fait par un membre de cette secte, les fait connaître parfaitement. Il a été traduit en
filusieurs langues, et particulièrement en rançais, Londres, 1702, in-S». L'épître dédicatoire à Charles II contient, non des compliments mercenaires et de basses adulations, mais des vérités hardies et des conseils justes. « Tu as goûté (dit-il à Charles, à la tin « de cette épître ) de la douceur et de l'amer- « tume, de la prospérité et des plus grands « malheurs. Tuas été chassé du pays oii tu « règnes; tuas senti le poids de l'oppression, « et tu dois savoir combien l'oppresseur est « détestable devant Dieu et devant les hom- « mes. Que si, après tant d'épreuves et de « bénédictions, ton cœur s'endurcissait, et « oubliait le Dieu qui s'est souvenu de toi « dans tes disgrâces, ton crime en serait plus « grand et ta condamnation plus terrible. Au « lieu donc d'écouter les flatteurs de ta cour, « écoute la voix de ta conscience, qui ne te « flattera jamais. Je suis ton fidèle ami et su- «.jet. » Epistola ad legatos Noviomagi congressos, 1678, in-4°.
BARCOCHEBAS (c'est-à-dire, fils de l'Etoile), brigand fanatique , se disait l'étoile prédite par Balaam, application que le docteur Akiba ne fit point difficulté de ratifier. Voyez Akiba. Les Juifs, toujours prêts à cabaler, et qui, selon la parole de Jésus-Christ, devaient être les dupes de plusieurs faux messies [voyez André), le crurent la lumière céleste, le vrai Messie, et se soulevèrent, dans l'espérance que ce scélérat serait leur libérateur. Le nouveau prophète prit plusieurs forteresses, et massacra lieaucoup de R(juiains et de chrétiens. L'emjiereur Adrien envoya, contre ces furieux, Julius Sévérus, gouverneur de la Grande-Bretagne. Ce gé-
néral les ayant resserrés dans la ville de Bitter, s'en rendit maître après 3 ans de siège. Cette guerre finit par la mort de Barcochebas et de ses sectateurs, et par le massacre de 580 mille Juifs, sans compterceux qui périrent defaim oude maladie, l'an 13i de Jésus-Christ. Bossuei, àanssonExplicationde l'Apocalypse, prouve, par les rapprochements les plus satisfaisants et un groupede traits historiques saisisavecjustesse, que Barcochebas est YEtoile dontilest parlé dans le chap. 8 de cette sublime prophétie de saint Jean, et qui attira l'entière ruine des Juifs. « Cette étiJle, dit-il, est le faux messie Barcochebas, la seule cause du malheur que saint Jean vient de d''crire. Le nom y convient, puisque le mot de Cochebas signifie Etoile ; mais la chose y convient encore mieux, comme il paraît par l'histoire. Barcochebas se vantait d'être un astre descendu du ciel pour le secours de sa nation.» BARCOS (Martin de), né à Bayonne, était neveu par sa mère du fameux abbé de Saint- Cyran, qui lui donna pour maître Jansénius, évoque d'Ypres, alors professeur de théologie h Louvain. Il le tira ensuite de cette université pour lui confier l'éducation du fils d'Arnauld d'Andilly. Le secrétaire de l'abbô de Saint-Cyran étant mort, son neveu alla jirendre sa place auprès de son oncle. Après sa mort, la reine-mère donna, en 16i4, sou' abbaye de Saint-Cyran à Barcos, qui la rétablit "et la réforma. Le roi, informé que Id nouvel abbé dogmatisait, lui envoya un ordre qui l'exilait à Boulogne. L'abbé de Barcos aima mieux se cacher que de se rendre à l'endroit de son exil. Il revint ensuite dans son abbaye, et y mourut en 1678, âgé de 78 ans. Ses liaisons avec Saint-Cyran et avec le docteur Antoine Arnauld, lui firent jouer un rôle dans les disputes du jansénisme. Il enfanta plusieurs ouvrages, qui ne lui ont guère survécu. Les principaux sont: /a Grandeur de V Enlise romaine, établie sur l'autorité de saint Pierre et de saint Paul, in-i"; Traité de l'autorité de saint Pierre et de saint Paul, qui réside dans le pape, successeur de ces deux apôtres, I6'i6,m-'i-''; Eclaircissements de quelques objections que l'on a formées contre la grandeur de l'Eglise romaine, IG'*G, in-i°.Ces 3 gros vol. furent composés par l'abbé de Barcos, pour défendre cette proposition, insérée par lui dans la préface de la Fréquente communion, et censurée par la Sorbonne : saint Pierre et saint Paul sont deux chefs de l'Eglise romaine, qui n'en font qu'un; proposition qui, prise même grammaticalement, est d'une fausseté évidente ; où trouvera-t-on que deux chefs n'en font qu'un? et qui tend d'ailleurs à détruire la primauté de saint Pierre, le grand fondement de l'union catholique, contre lequel toutes les sectes viennent échouer. L'abbé de Barcos avait assc. de courage pour se soumettre aux règles de la plus austère pénitence, mais non assez de docilité pour rétracter une erreur. Une Censure du Prœdestinatianismus du P. Sirmond ; De la Foi, de l'Espérance et de la Charité, 2 vol. in-12; Exposition de la foi de l'Eglise romaine touchant la grâce et la prédestination.
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in-S* ou in-1-2. Il avait travaillé au Petrits Aurcliuf avec son oncle. Voy. SAi>T-r.TRA\.
BARDANI ^le P. Alexandre, de Tordre des Frères prêcheurs, mort le 11 juillet 183a, plus que septuagénaire, se distingua dans sou ordre par son savoir et sa pieté, et montra dans les temps les plus fk-heux lui attachement inviolable ans maximes et à l'honneur du saint-siége. Pie VU le nomma, en 1819, secrétaire de llndex, place que le P.B3rd;uii remplit pendant douze années avec beaucoup de zèle. Il fut en outre chargé de plusieurs missions importantes. On a de lui plusieurs ouvrages siu* les matières ecclésiastiques et littéraires.
BARDESANES. hérétique du ii' siècle, sectateui' de Valentin. se dégoûta ensuite d'une partie des erreurs de son maître, et écrivit même pour les réfuter ; mais il en garda toujours quelques-unes. 11 niait la résurrection des m'Tts, et avait répandu ses erreurs à Edesse. par le moyen de certains vers que le peuple avait appris à chanter. Saint Ephrem, pour remédier au mal. fit apprendre auï habitants de la ville et de la campagne d'autres vers qu'il avait composés, et qui contenaient la doctrine catho ique. Si l'on en croit saint Au.;ustin,Bardes,ines défendait le fatalisme: mais il parait par Eusèbe qu'au contraire il combattait cette erreur : peut-être la défendit-il d'abord et la réfuta-t-il ensuite. Ses disciples portèrent le nom de Bardesaniies.
BARDOU (Iea?«\ curé de Rill.v-aux-Oies, près d'.\tti^ny en Champagne, naquit à Torcy, près de Srdan, en 17-29. 11 s'est lait connaître par les ouvrages suivants : Histoire de Laurent ilarcel. ou l'Observateur sans préjugés, Lille (Bouillo-.r . 1770, 1vol. in-1-2 : réimprimé en 1779 et en 17S1. De la gaieté et des détails agréables tirent lire cet otivrage que déparaient ijuelques bouffonneries ; ses .«supérieurs ecclésiastiques lui en ayant fait des reproches, il voulut atténuer soii fort, eu publiant : Esprit des apologistes f/r la religion chrétienne. Buuilion. 1776. 3 vol. in-12; Les Amusements d'un philosophe solitaire. Bouillon. 1783, 3 vol. in-S°. 11 a laissé en outre quelques ouvrage> manuscrits : Le Prince cosmopolite , V Histoire de Fulbert Ansart, etc., <|ui sont du même genre que Laurent Marcel.
BAREAU BE GIRAC, évêque de Rennes.
Voyez GiràC.
BARGETON, avocat du parlement de Paris, né à Lzés vers 1675, avait la conliance du duc du .Maine, et se vit par \b impliqué dans la conspiration du prince de Cellamare. On le mit à la Bastille. Il en sortit le 11 mai 1719. Le contrôleur g-néral des lirianies >iachault, ayant formé le desein d'assujettir le ckrgé à rimpôl du -20', le cliarg' a d • dresser un .Slémoirc a ce sujet. Delà les Lellres connues sous le nom de i» repugnate, pane qu'elles avaient pour épigrapîie ce passngi* lie Sénèque : Ne rejiugnalr vcstro bono. l-.lli.s pa urcnt sous la c.;.te supposée de Londres, 17o'J, 1 vol. in-r2; <t furent supnrimies par un arrêt du conseil du 1" juin de la môme
année. Il y en eut une deuxième édition sous la rubrique d'Amsterdam, où se trouve l'arrêt du conseil. L'évêque de Grenoble Caulct, et Duranthon. docteur de Sorbonne, y répondirent. Bargeton, mort <1gé d'environ 75 ans, avant que l'ouvrage parût, ne put leur réplique-.
BARI>G (Damel-EvbardS né en 1690, à 1 Oberg dans î'Hildesheim, mort en 1753, était fils d'un ecclésiastique et étudia d'abord la théologie. II s'appliqua ensuite à la médecine : mais il abandonna cette étude pour se livrer à celle de l'histoire littéraire. Ses connaissances bibliographiques lui valurent, en 1719. la place de sous-bibliothécaire royal à Hanovre. Baring s'occujva aussi de l'histoire de la diplomatie, qui lui a fourni la matière de son principal ouvrage : Clavis diplomatica, specimina veterum scriplurarum tradens, Hanovre . 1737, in-i°; 2' édit., augmentée d'une Bibli' thèque dos auteurs qui ont écrit sur la diplomatique, ibid., 17oV, -1 vol. in-V. Il écrivit aussi un Essai sur l'histoire ecclésiastique et littéraire du Hanovre, 17i8, in -S'.
BARLAA^f (saint^, né dans un village près d'Antioche, fut occupé dans son enfonce aux travaux de la vie cliampêtre ; mais il les sanctifiait par la pratique des venus les plus héroicfues. et se préparait ainsi à recevoir la couronne du martyre. Il n'avait d'autres connaissances que celle des maximes de l'Evangile, ce qui ne l'empêcha pas de confondre Torgueil et la cruauté des maîtres du monde. Le . èle avec lequel il confessait le nom de Jt sus-Christ, le fit ai-rêter [lar les paiens. 11 fut r. nfermé dans les prisons d'Antioche od il re>'a longtemps. Ayant été conduit devant le juge, celu -ci le railla sur son e\tériiur et son langage rustique ; mais il tut étonné de sa gran'deur d'me et de son inébranlalde constance. Après divers tourments, Barlaam fut lire de la prison , et placé devant un autel ofi étaient des charbons allumés pour brûler l'encens destin au sacrifice. On lui étendit la main sur le feu, après lavoir couverte d'encens et de charbons embrasés ; on imagina t que la dou'eur lui ferait secouer la main, et que l'encens venant à fomUer dans le feu qui était sur l'aufi-l. on pourrait dire qu'il avait sacrifié. Le giiiéreuï clrétieu.qui craignait de donner le moindre scandale, s laissa brOler la main sans Nou'oir la reinuei. A la vue d'un tel courage, les raillorius des paieus se changèrent en admiration. Barlaam mourut peu de temps après cette victoire : on croit que ce fut sous Dioclélien. Vouez les panégyriques de saint Barlaam, par sanit Basile, tome II, p. 138, et par saint Ch ysostomc. tome II, p. 081; les .\ctesgrecsdu saintdonnés nar Lami> -ciu^. tome VIII, p. -277, cl dont le I'. Baltus a pulilié une traductiou latine t( Dijon en 17-20, in-1-2. Voy. aussi une boDi lie de Si'vère , patriarche ij'.Vnlioche, qui se trouve «lans un manuscrit chaldaïqn.'. et ipii est cili epar Josepli Assemani, fii6/iothn/ur orientale, tome IV, p. 371.
BARLAAM, ermite, dont l'histoire, conjointement avec celle de Josajihal, fils d'un
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roi des Indes, a été écrite par saint JeajiDaniascène ; au moins porte-t-elle son nom, quoique les manuscrits lattribuênt à différents auteurs. On ne croit jas que cette Ajjstoire soit vraie dans sa totalité , quoiquon ne puisse dire qu'elle soit absolument fausse. Voici le jugement quen porte Huet: « C'est « un roman, mais siiritutl ; il traite de la- « mour, mais c'est de l'amour divin : l'on y « voit b -aucoup de sang réjandu : mais c'est a du sang des martyrs... Non que je veuille <t soutenir que tout en soit supposé : il y au- « rait de la témérité à désavouer qu'il y ait « jamais eu de Barlaam ni de Josaphat. Le c témoignage du martyroluge romain, qui les « met au nombre des saints, ne permet pas « d'en douter... Cet ouvrage, soit ; our la mate nière dont il est écrit, soit pour l'agrément « de son invention, s nt jour la piété, a été « si fort goûté des chrétiens d'Egypte, qu'il « a été traduit en langue copte, et qu'il est a aujourd'hui assez commun dans leurs iji- « bliothèques. » De l'origine des romans, p. 87, Paris, 16&0.
BARLAAM, moine grec de l'ordre de Saint- Basile, né à Séminara dans la Calabre , se distingua auxiv'siècle par son savoir dans la théologie, la philosophie, les mati.ématiques et l'astronomie. Etant passé en Orient ; our y apprendre la lan-ue grecque . il s'acquit les bonnes grâces d'An ir.iiiic le Jeune, empereur de Constfintinople, qui le fit ab^é de Saint-Sauveur. Ce piince. en i339. l'envoya en Occident pour propose- la réunion de l'Eglise grecque avec la latine, et surtout pour implorer le secours des princes chrétiens contre les mahométans. Ses Lettres à ce sujet sont imprimées à Ingolstadt, 160i. in-i". Barlaam, de letour en Orient, eut de vives disputes avec Palamas , moine célèbre du mont Athos : c'était le chef d'une secte de quiétistes, qui, en appuyant leur barbe sur la poitrine, et fixant leus re.ards vers le nombril, croyaient voir la lumière éclatante qui parut aux apôtres sur le Tliabor. Ces visionnaires soutenaient qu'elle était incn ée. Barlaam s'éleva contre eux de vive voix et psr écrit; mais ayant été condamné par les sectateujsde ces contemplatifs, il abandonna l'Orient pour repasser en Occident. Etant à Constantinople. il avait écrit contre les latins ; Kidis il reconnut sa faute et écrivit ortemeut contre le schisme : ce qui a donnée lieu à quelques auteurs de distinguer deux Barlaam. Ontiouve dans Canisius les Traites de Barlaam pour prouver la procession du Sain;iEsprit et la piimauté de l'Eglise de Rome. Il obtint l'évéché de Géraci, transféré aujourd'hui à Locri, par le crédit de Pétra que, à qui. dans le temps de son ambassade à Avignon, il avait montré un peu de grec. Barlaam mourut dans cet évèclié ve:s 13+8.
BARLET ou BARLETTA (Gabriel^, religieux dominicain liuiv siècle, se fit un si grand nom par ses sermons, qu'on disait, par" manière de proverbe : Nescitprœdicare, qui nescit Barletare. Cependant ses sermons, tels qu'ils ont été donnés au public, sont si ridicules et si burlesques, 1«- sacré est si indi-
gnemeot mêlé avec le profane, la bigarrure enfin dans tous les sens est si révoltante, que les savants doutent avec raison si le prédicateur dominieain a pu débiter en chaire tant de sottises : et 0 est apparent, comme l'a écrit Léandre Alberti, qu'un mauvais harangueur aura publié ses sermons sous le nom de Barletta pour le-ir donner de la vogue. On en a fait plus de vingt éditions, avec .^es remarques par D. iNieolas Hugues Ménard. Les protestants qui. au défaut de bonnes raisons, croient bien défendre leur cause, en racontant quelques sottises des catholiques, n'ont pas manqué d'appelé.- à leur secours !es sermons de Barlet. Heuri-Etieuue, surtout, a cru que cette découverte était un trésor pour son parti. Ce dominicain mourut vers l'an liTO. Les uns disent que le nom de Barletta lui est venu de Barletta, ville du loyaume de Naples, où il était né. d'autres disent que c'était le nom de sa famille, et ou'il est né à Aquino.
BARLOW (Thomas), théologien anglais, né en 1607 à Langhill dans leWestmoreland, étudia à l'université d'Oxford, où il fut nommé professeur de métaphysique en 1635.
Nommé en 1652 conservateur de la bibliothèque bodléienne, il prit le bonnet de docteur en 1660, et fut ap; elé presque aussitôt à occuper une chaire de théologie. En 1661 il devint archidiacre d'Oxford, et en 1675 évèque de Lincoln. Bailow vivait dans un temps de révolution, et tit de son mieux pour y trouver ses avantages. E servit Cromwell quand U fut à ia t'te du gouveinemeut. s'attacha a Charles II à la restauration, fut bien avec Jacques II, lorsque ce prince succéda à son frère, et reconnut Guillaume in, lorsqu'il eut détrôné son ^eau-père. Il n'est pas trop facile de concilier ces variatious avec le calvinisme rigide dont Barlow faisait proiession. C'était un giand défenseur de la doctrine d'Arisîote. Il passait pou; savant et casuiste très-habile. Barlow mourut en 1691, à 85 ans. On a de lui : De la tolérance en matit're de religion, 1660 : YOrigine des sinécures, 1676: Principes et doctrine de la cour de Rome sur l'excommunication et la déposition des rois : ce traité fut traduit en français par de Rosemond, 1679, in-8*; Cas de conscience résolus par Barlow, et publiés après sa mort, 1691, in-S' ; Exdcitationcs aliquot metaphysiccp de Deo, publiées à Oxford, à la suite de la Métaphysique de Scheibler, et réimprimées en 1658, in-i" : ce sont les leçons publiques que Barlow faisait à l'université.
BARLOW Edoiakd. prêtre catholicpie anglais, dont le véritable nom était Booth, faisait dans sa patrie les fonctions de.ml^^lOl!naire au péril de sa vie. C'est ce qui lavait engagé à changer de nom. On recherchait alors soigneusement les prêtres catholi<jues, et quand ils étaient découverts, on ne les épargnait pas. 11 fut assezl.euieux pom- échapper à la persécution. 11 est connu par un Traité de ITucharistif. 3 vol. in-V. Il mourut ve. s ia tin de l'année 1716.
BARLOWE (William), rehgieux augustin d« xvi° siècle, né dans le comté d'Essex, fut
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élevé dans un couvent des augustins de Saint-David, dans ce même comté, et y ayant été reçu moine, fut envoyé par ses supérieurs à l'université d"Oxford, oii il prit le bonnet de docteur en théologie. Nommé prieur d'un chapitre de son ordre, il fut en cette qualité envoyé en ambassade en Ecosse, en 1535. Lorsque Henri VIII supprima les monastères, Barlowe fut un des premiers à se soumettre à cette mesure, et obtint par celte conduite la faveur de Henri VIII qui le nomma sucessivement évêque de Saint-Asaph, de Saint- David, et de Bath et Wells. Il avait d'abord embrassé le protestantisme ; mais soit qu'il craignît d'avoir déplu au roi qui , en se séparant de l'Eglise romaine , en avait retenu les dogmes, soit qu'il éprouvât des remords, on a conservé une de ses lettres à Henri VIII, où il se déclare bon catholique, et reconnaît que tout ce qu'il a dit et écrit jusqu'alors contre la messe, le purgatoire, le pape et le clergé, n'est qu'un tissu d'erreurs et d'infamies dont il demande pardon. Mais Barlowe redevint I)rotestant sous Edouard VI. Il fut dépouillé de son évôché et emjirisonné sous la reine Marie. Ayant pu s'écliapper, il se retira en Allemagne , et revint sous Elisabeth, qui le nomma à l'évéché de Ghichester. Il s était marié, et il mourut dans son évôché en 1568, l.nssant onze enfants, dont cinq fdies, qui toutes épousèrent des évèques. Ses principaux ouvrages sont : Enterrement de la messe ; Homélies chrétiennes ; Traité de cosmographie ; Ascension des moines et religieux , représentée avec des figures. II a eu part k un livre intitulé : Divine et pieuse institution d'un chrétien, appelé communément en Angleterre le Livre de l'évéque, Londres, 1.537.
BARNABE (saint), de la tribu de Lévi, naquit dans l'île de Chypre. Ayant goi'ité la doctrine de Jésus-Christ, il vendit une terre et en donna le jirix aux ajiôtres. Il fut envoyé à Antioche pour affermir les nouveaux disciples. Il alla ensuite à Tarse en Cilicie, pour amener saint Paul à Antioctie, où ils furent déclarés tous deux Apôtres des Gentils. Ils annoncèrent l'Evangile ensemble en divers lieux, jusqu'à ce qu'il alla en Chypre, avec saint Marc, où les Juifs de Salamine le lapidèrent, suivant la plus commune opinion.
Nous avons une Lettre sous le nom d'' cet apôtre, puliliéc en 16i5, in-4.", par dom Luc d Acliery. Tillemont ne croit pas que cette Lettre soit de saint Barnabe; mais ses raisons ne paraissent pas convaincantes. Le savant Lardner est d'un avis contraire, et soutient qu'elle est de lui. Saint Clément d'Alexandrie , Origène, Eusèbe , saint Jérôme, l'ont citée sous le nom de saint Barnabe. Bergier [Encyclop. Méthod.) n'jioiid aux raisons (ju'on oppose à son authenticité. (]ette Lettre se trouve encore (;ii grec et en latin, dans le Recueil des Pères apostoliques de Colelier, réimprimé à Amsterdam, en 1724-, par les soins de Le Clerc.
BAKNES (Robert), chapelain d'Henri VIII, fut envoyé en Allemagne par ce monarque en 1533 nour conférer avec les théologiens
protestants de Wittenberg , relativement à l'affaire de son divorce. Il parvint à entraîner en partie les opinions de ces théologiens, et prit sur lui de supprimer celles.de leurs conclusions qui n'étaient pas favorables aux vues du roi. Cette conduite lui concilia la faveur de son maître, qui le chargea de négocier son mariage avec Anne de Clèves ; le roi se repentit ensuite de cette union et conserva un ressentiment profond contre celui qui en avait été l'instrument. En 15i0, l'évoque Gardiner s'étant élevé en chaire contre les opinions de Luther, Barnes s'attacha à le réfuter dans un sermon composé sur le même texte, où il n'é[)nrgnait ni les p^ersonnalités, ni les invectives les plus triviales, jusqu'à plaisanter sur le nom de Gardiner, qui, en anglais, signifie jardinier. Il lui fut enjoint de se rétracter; il obéit, mais d'une manière si ambiguë que cela ne fit qu'aigrir davantage ses ennemis. Barnes fut conduit à la tour de Londres par ordre du roi, puis condamné à périr dans les flammes. Son supplice eut lieu le 30 juillet 15i0. Il a laissé deux ouvrages : un Traité contenant sa profession de foi, en dix-neuf thèses, publié d'abord en latin, avec une préface de Poméranus, réimprimé en allemand à Nuremberg, en 1531 ; Vitœ Romunorum pontificum, publié en latin à "Wittenberg, avec une préface de Luther, en 1536; Baie, 1568, in-8°.
BARNES (Jean), né en Angleterre, se fit bénédictin à Douai, se retira ensuite à Paris, vers l'an 162i, pour éviter les poursuites de l'inquisition ; mais ayant écrit avec peu de ménagement sur des matières délicates, il fut mené à Rome en 1626, et mis dans la prison de ce tribunal. Il y mourut 30 ans après. On a de lui un Traité contre les équivoques, en latin, imprimé en 1625, in-8°, traduit la même année en français ; et un autre intitulé Catholico-Romanus pacificus, (|ui fut cause de ses disgrâces : on le trouve dans le Fasciculus rerum expetendarum et fugicndarum d"Ortwinus Gratins ; Examen tropœorum congregationis prœtensœ anglicanir , ordinis Sancti Bencdictl, Reims, 1622, in-8°; une Traduction de l'espagnol, du Combat sjiirituel.
BARON (Vincent), dominicain du diocèse de Rieux, est auteur d'une r/iÉ'o/ooiVmora/É', en latin, Paris, 1666, 5 vol. in-8". Il mourut en 167't,à l'iîgo de 70 ans, après avoir oicupé la place de provincial et celle de détinitcur général au chapitre de 1656. Sa théologie n'a guère eu de cours que parmi ses confrères.
BARON (François), né à Marseille en 1620, consul de France à Alep, rétablit le commerce du Levant, presque entièrement ruiné. Le grand Cclbert, instruit des grands avantages (|u'il avait procurés à Alep et dans toutes ses dé|)endances, voulant également favoriser le cominene des Indes orientales, l'envoya à Surate en 1671, et pendant 12 ans d'administration, il lit fleurir le commerce lie Fiance, et le til res|i('cler ik's étrangers. Il y iiKiurut en 1683, dans de grands sentiniiiits (le religion, honoré comme un modèle de droituie et de bienfaisance, par les gentils même cl les mahouiélans quj prient sur
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son tombeau. C'est de lui que Nicole tenait toutes les pièces justificatives de la doi-trino des Eglises syriennes sur l'eucharistie, dont il a enrichi la Perpétuité de la Foi.
BARON ouBARO (Piehre), théologien protestant, né à Etampes dans le xvi' siècle, fut obligé de quitter l.i France i^our cause de religion, et se retira en Angleterre. L'université de Cambridge l'admit parmi ses membres, et le nomma à une chaire de théologie. On professait à la rigueur dans cette université les principes de Calvin sur la justification. Baron ayant paru s'en écarler, et tendre au pélagianisme, fut privé de sa chaire. Si l'on en croit Bayln, il repassa en France ; mais cet auteur se trompe. Selon Watkins, il mourut à Londres au commencement du xvii* siècle. On a do lui : Pneleetiones 39 in Jonam, Londres, 1575, in-l" ; Summa trium sententiantm de prœdestinatione ; De prœstantia et dignitate divinœ legis.
BARON (Bonaventlre), moine franciscain, naquit à Clonmel, dans le comté de Tipperary en Irlande au commencement du xvn' siècle. Son nom véritable était Feitz-Gérald. Son oncle maternel, Luc Wadding, annaliste et historien de son ordre, prit soin de son éducation, et l'envoya à Rome pour s'y perfectionner. Cost à Rome qu'il fit profession. 11 écrivait en latin avec autant de facilité que d'élégance, et il publia, dans cette langue, en prose et en vers, divers ouvrages dont les principaux sont : Metra tnisceuanea, Rome, 16i5, in-2!i- ; Opuscula varia , Wurtzbourg, 1666, h vol. in-folio, dont le quatrième parut en 1688 à Lyon; Theolngia, 6 vol., Paris, 1776. Baron était devenu aveugle lorsqu'il mourut h Rome, en 1696, dans un ;1ge très-avancé.
BARONIUS (César), naciuit en 1538 à Sora, ville épiscopale du royaume de Naplos. Les troubles de ce pays l'obligèrent de suivre son çère à Rome, en 1557. Samt Philippe de Néri, iondaleur de l'Oraloire d'Italie, l'agrégea à sa congrégation , et s'étant démis de sa place de supérieur général, il la lui fit donner. Il fut ensuite confesseur de Clément VIII, qui le fit cardinal en 1596, et bibliothécaire du Vatican. Dans le conclave ou Léon XI fut élu, Baronius eut ()lus de trente voix pour lui. Son mérite aurait dû les réunir toutes, mais les Espagnols lui donnèrent l'exclusion. Il mourut en 1607. Ses Annales ecclesiastici, dejiuis Jésus-Christ jusqu'en 1598, sont une grande preuve de sa capacité et de son amour pour le travail. Elles parurent en 12 vol. in-l'ol., 1593 et années suivantes. Son but dans cet ouvrage, commencé dès l'âge de 30 ans, fut d'opposer à la compilation indigeste des centuriateurs de Magdebourg, un livre de môme nature, dans lequel l'Eglise catliolique serait vengée des imi)utalions dont la chargeaient ces hérétiques. L'exécution, quoique en général heureuse, ne ré[)ond pas toujours au zèle de l'auteur. Baronius ne savait qu'imparfaitement le giec, et sa critique n'était pas toujours assez sévère. De là ses méprises dans l'histoire des Grecs, et les faits apocryplies qu'il adopte. 11 y a de la clarté et de l'ordre dans son style, mais ni pureté, ni élé-
gance. Le P. Pagi, cordelier, Isaac Casaubon, lo cardinal Noris. Tillemont, etc., ont relevé bien des fautes de cet annaliste. On a réuni la plupart des remarques de ces savants dans une édition donnée à Lucques en 1733 et années suivantes, formant 28 vol. in-fol. On ne peut nier, en la parcourant, que Baronius ne se soit souvent trompé; mais quand on entre le jiremier dans une carrière immense et très-épineuse, il est paidonnable de faire dis taux pas. On a encore de ce savant cardinal des Notes sur le Martyrologe romain, pleines d'érudition et d'une critique fort au-dessus de son temps. On joint ordinairement à ses Annales, la Continuation, par Rainaldi, Rome, 1646 et suiv., 10 vol. in-fol.; l'abrégé du même, Rome, 1667, in-fol.; la Continuation de Laderchi, Rome, 1728,3 vol. in-fol.; la Critique de Pagi, k\o\. in-fol., 1705; et Apparatus, Lucques, 1740, in-fol. La Continuation de Sponde, 3 vol. infol., n'est pas estimée, ni ceiledeBzoviusen 9 vol. On a traduit en français l'Abrégé de Baronius qu'a donné Sponde, 2 vol. in-fol., et la Conlinuation de Sponde, en 3 vol. in-fol.
BARRADAS (Sébastien) , jésuite de Lisbonne, né en I6'r2, prêcha avec tant do succès qu'on lui donna le titre d'Apôtre du Portugal. Il mourut en odeur de sainteté, l'an 1615. Ses ouvrages, imprimés à Anvers, 1617, et à Cologne en 1628, sont en k vol. in-fol., parmi lesquels on distingue son Itinerarium filiorum Israël ex Jigypto in Terrant rcpromissionis , imprimé séparément k Paris, 1620, in-fol. Sa Concordance des Evangiles est aussi très-cslimée ; elle est méthodique, claire, solide, pleine d'onction et bien écrite en latin; l'explication du sens littéral y est suivie d'excellentes réflexions morales.
BARRAL (l'abbé Pierre), né à Grenoble, alla de bonne heure à Paris, où il se chargea de quelques éducations, et mourut le 21 juillet 1772. « Pour tenir à quelque chose (dit « dom Chaudon) il s'était fait janséniste ; et « il était un de ceux qui |iarlaient et qui écri- « valent avec le plus de violence contre les «ennemis de Port-Royal. Il développa ses sen « tinientsdans son Dictionnaire historique. Util téraire et critique des hommes célèbres, 1759, « 6 vol. in-8. L'enthousiasme et l'animosité, « ces deux passions si ridiculesdans un homme «de lettres, si dangereuses dans un historien, « ont dirigé l'auteur et l'ont égaré. Les éloges « les plus outrés et h s injures les plus atroces « se [Tésentent tour à tour à sa plume. Dans « les articles des ennemis de la bulle, il em- « ploie toutes les hyperboles des oraisons fu- «nèbres.On a dit avec quelque raison que ce «livre était \q martyrologe du jansénisme fait « par un convulsion7iaire. » On peut voir une critique détaillée de ce Dictionnaire dans lavertissement du Dictionnaire historique de l'abb '■ Ladvocat, édition de Paris, 176i. A cette critique où régnent l'honnêteté et la modération, l'abbé La Ivocat a joint une lista des fautes ou bévues de toute espèce, dont fourmille le Dictionnaire de l'abbé Barrai. Cette liste est suivie d'une autre qui indique les articles des hommes illustres omis dans
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cet ouvrage. On a encore de lui : Scvigniana, 175(!, in-12. C'est un recueil de pensées tirées des Lettres de M"" do Sévigné , avec des notes calomnieuses. Dirtionnnirc portatif de la Bible, Paris, 1779, 2 vol. in-12, coai- ])i!ntion superficielle ])leine .de fautes de tous les genres, qui ne donnera certainement pas une idée juste des livres saints. On dirait que l'auteur s'est attaché de préférence aux traits qui, d;ins un état isolé; s.ms ensemble, peuvent alimenter l'esprit de dérision et de satire. Un théologien apiielle ce Dictionnaire, le persiflage de l'Histoire sainte. « Gémissons « ajoute-t-il, de ce que des ouvrages de cette « nature, dont l'objet présente tant d'attraits <f à la piété et au zèle, sortent si souvent des « mains de gens départi qui ne peuvent que K disserter ou narrer d'une manière froide « et aride, pour lesquels l'onction, le langage « de conviction et de senLiment sont des cho- « ses étrangères et ignorées, et qui n'ont « d'ardeur et d'industrie qi'C pour les marot- « tes de secte. » Dictionnaire des Antiquités romaines, 1766, 3 vol. in-S". C'est un alMégé du Dictionnaire de Pitiscus, qui est estimé.
B.VURAL (Vincent), religieux, né à Nice dans le xvi° siècle, fit piofe^sion à l'abbaye de Lérins le 12 mars 1577, fut reçu docteur en théologie, et devint nibé titulaire. Il mourut à Palerme en Sicile, au monastère de Saint-Benoît. Il s'est fait connaître par un ouvrage intitulé : Chronoloijia sanctorum et aliorum virorum illiistrium ae alibatum saci'œ insulœ Lerincnsis,e[c., sumptihus P. Rigaud, Lyon, 1613, in-4-°. « Barrai, dans sa Chronologie, s'est proposé de réimir, comme en un seul faisceau, dit un critique, toutes les richesses littéraiics qui se rattachent à Lérins. Son livre nous offre donc la Vie de saint Honorât, les OEuvres de Salvien,le Comtnonitoire de Vincent, etc., quelques ]nèces de vers, des hymnes et des notices intéressantes. Tout cela, il faut le dire, n'est pas trèsbien réparti; il y a confusion, embarras des matières ; les textes, pour l'ordinaire, mancpient de pureté. Mais, en somme, la Chronologie de Barrai peut être fmt utile à ceux qui s'occupent d'antiipiités ecclésiastiques, et l'on y trouve des documents que l'on chercherait vainement ailleurs. »
BABRAL (Louis Matthias, comte de), archevêque de Tours, docteur de la maison de Navarre, né à Crcnoble le 2G avril 17V6, fil ses études théologiciucsàSaint-Sulpicc et suivit les cours de la Sorbonne. Le cardinal de Liiynes l'emmena h Rome h l'époque du cou- ( lave qui s'ouvrit après la mort de Clément \ m, et il son retour en France le noui ma grand archidiacre de son diocèse, lui 1782, l'abbé Bairal fut fait abbé du Mas-d'Asile, au diocèse de ltir>ux, et la province de Sens le créa, en en 17H!j, agent général du clergé. Ce fut pour lui une occasion de déployer des conn,iissanees étendues et un talent très-rare. En 1789, son oiiele, évèipie de Troyes, le lit noninier son coadjuleur, et l'année suivante il se di'mit de son é.èelié en sa faveur. En 1791 il refusa le serment h la constitution ('ivile du cleriji'' , et .se relira en Suisse auprès de
M. de Belloy, depuis archevêque de Paris. Il passa ensuite en Angleterre, revint en France en 1801, et donna le serment qu'exigeait le premier consul, en recommandant aux prêtres de son diocèse la même docilité. Il se démit même de son évôché pour rendre plus facile l'accomplissement du Concordat, et acheva ainsi de se concilier la bienveillance du premier consul qui le chargea du soin de gagner à la nouvelle constitution les prêtres du diocèse de Poitiers. M. de Barrai fut ensuite nommé à l'évèché de Meaux, et devint, à la créât on de l'empire, aimiùiiier de la princesse Caroline, puis de rimpératrice Joséphine. Le cardinal de Boisgelin, archevêque de Tours, étant mort au mois d'août 18U4., l'abbé Banal fut nommé pour le remplacer, et préconisé dans le consistoire tenu le 1" février 1805, pendant le séjour du papie îi Paris. Lorsque des divisions éclatèrent eiitie la cour de Rome et le gouvernement impérial, outre la lettre commune écrite au souverain pontife par 19 évêques réunis à Paris, pour lui exprimer leurs inquiétudes et lui adresser leu s voeux, quelques prélats lui en adressèrent de particulières, et M. de Barrai lui en écrivit deux, l'une le 18 septembre 18l8, l'autre le 4 août 1809. Mais avant que la dernière eût pu parvenir, les Etats Bomains furent envahis, et le pape fut transféré à Savone.puis à Fontainebleau. L'archevêque de Tours fut chargé de toutes les négociations de l'empereur avec le iiajie, et Napoléon le nomma sénateur, puis comte de l'empire, et enfin, en 1813, grand'croix de l'ordre de la Béunion. Le trône impérial était déjà renversé lorsque M. de Barrai pr iionça, le 2 juin 1814, l'oraison funèbre de Joséphine. Louis XVIII l'appela peu de jours a; rèsK la chambre des {)airs. Durant les cent jours l'archevêque fit encore |iartic de cette même chambre, et il ofiicia h la messe qui fut célébrée au Champ-de-Mai le 2 juin 1815. Néanmoins il refusa de signer l'acte addiiionnel. Après l;j seconde rentrée du roi, une ordonnance royale du 21 juillet 1815 le déclara démissionnaire. M. de Barrai, après avoir publié un mémoire justificatif de sa conduite, s'occu])ait exclusivement de radminislratioa de son diocèse, lorsque, le 7 judiel de l'année suivante, il fut emporté par une attaque d'apoplexie. On a de lui : Lettre à M. C. Butler, dans laquelle il déclare qu'on i>eut prêter le serment de liberté et d'égalité ; Sentiment de M. l't'ri'qite de Troyes, rdsidant ù Londres, sur la légitimité et la fidélité, en réponse à un écrit intitulé : Véritable élut de la question di la promesse de fidélitéà la constitution demandée aux prêtres, Paris. 1800; Fragments relatifs à l'histoire ecclési(L<ilique du iix' siècle, Paris, 181'», in-8". Cet ouvrage renferme des mémoires sur ses négociations avec le pape en 1810 et 1812, et (luelques autres écriU du même genre ; Disciiurs prononcé par l'archi réqup de Tours aux obsèques de Sn Majesté l'impératrice Joséphine : Défense des libertés de l'I'.ghsc gallicane et de l'Assemblée du clergé de France en Î(i82, m/ Réfutation de plusieurs ouvrages publiés en Angleterre sur
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l'infaillibilité du pape, 1817, in-i" de alpages. BARRE (Louis-François-Joseph de La), de l'académie des inscriptions, naquit à Tournai en 1688, et mourut à Paris en 1733, après avoir publié plusieurs ouvrages : Imperium orientale, en 2 vol. in-fol., conjointement avec dom Banduri, qu'il avait pris pour son second ; un Recueil de médailles des empereurs, depuis Dèce jusqu'au dernier Paléologue , autre ouvrage auquel dora Banduri eut beaucoup de part; une nouvelle édition du Spicilége de dom d'Acheri, 17-23,3 vol. in-fol. : le 1" renierme les traités dogmatiques, moraux et polémique» ; le 2% les morceaux qui appartiennent à l'histoire ecclésiastique ; et le 3% ceux qui regardent l'histoire profane. On doit cet ordre à l'éditeur, de même que la corrrection de bien des fautes et beaucoup de nouvelles ];:èces.Une édition du Z>JC«;o)iHaiVe de Moreri, 1725; un volume in-i° de Mémoires pour servir k l'Histoire de France et à celle de Bourgogne, connu sous le nom de Journal de Charles VI, 1730. Ces Mémoires ont été recueillis par dom des Salles, bénédictin, et publiés jiar de La Barre. Une édition du Secrétaire de la cour et du Secrétaire du cabinet, 2 vol. in-12, qui prouve que La Barre avait plus d'érudiiion que de goût. Le discernement qu'il avait acquis pour les vieux manuscrits ne lui servait pas pour les ouvrages modernes.
BARRE (Joseph), chanoine régulier de Sainte-Geneviève, chancelier de l'université de Paris, mort dans cette ville, à 72 ans, le 23 juin 1764, entra jeune dans la congrégation, et y ût de grands progrès dans la piété ainsi que dans les sciences ecclésiastiques et profanes. Ses principaux ouvrages sont : Yindiciœ Ubrorum deutero-canonicorum Veteris Testamenti, 1730, in-12, où il y a beaucoup d'érudition; Histoire générale d'Allemagne, 178i,ll vol. in-'i-°. Cette histoire est pleine de recherches; mais on lui a reproché d'être inexacte et d'une p.irtialilé qui ne peut que déjilaire aux étrangers; Vie du maréchal Fabert, 1752, 2 vol. in-12; Examen des défauts théologiques , Amsterdam, 174i, 2 vol. ui-12. Le P. Barre enrichit de notes l'édition des OEuvres de Bernard Van-Espen, donnée avec l'abbé de BelJegarde, 1753, k vol. in-fol. 11 avait fait paraître eu L755 le prospectus d'une Histoire des lois et des tribunaux de justice, qui n'a pas été achevée.
BARRÉ (Nicolas), religieux minime, né à Amiens en 1621, entreprit de créer des espèces de séminaires pour former des maîtres et des maîtresses d'i cole. Un premier établissement eut heu à Rouen en 1666, et un second à Paris, dans la paroisse de Saint-Jean eu Grève, d'où il fut transporté sur la ])arois.se de Saint-Sulpice. 11 fut le fonuateur des écoles chréliemies et charitables duSahit- Bufaut Jésus, et c'est de lui que la congrégation des dames de Saint-Maur tire son origine. On a de lui des Lettres spirituelles , Bouen, 1697, in-12, à la tète desquehes on trouve un abri'gé de sa vie.
BAURÈS (l'abbé), né en 1767 à Blesle en Auvergne, se déclina de bonne heure à l'état
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ecclésiastique, et entra dans la maison des Rohcriins à Paris. It venait d'être nomuié maiire des conférences au grand sera naire quand les établissements de ce genre furent fermés. Barrés, revenu dans son pays, passa le temps de la terreur dans les obscures fonctions de l'enseignement. A l'époque de r('tablissement des préfectures, il fut nomnn'' secrétaire général de la préfecture de la Haute- Loire , et il conserva cette place jusqu'en 1815. H se fit considérer dans ses fondions administratives; et, en 1811, il reçut la croix d'iionneur, en récompense de sa conduite lors de la première invasion Néanmoins il se reprochait souvent de n'avoir pas suivi sa première vocation. Il voulut rentrer au séminaire; et pour accomjilir son dessein, il choisit le diocèse de Bordeaux. Fait prêtre au bout de deux ans par Mgr d'Aviau-du-Boisde-Sanzay, Barrés fut nommé vicaire de Saint- Michel, l'une des paroisses les plus im[iortantes de la ville métropolitaine. 11 devint peu de temps après professeur à la faculté de théolo.,ie, et, en 1819, grand vicaire. Il conserva ces fonctions jusqu'à sa mort , arrivée le 29 avril 1836, à 71 ans. Il a laissé un Eloge de M. d'Aviau et un Eloge de M. de Cheverus, qui ont été publiés dans des mandements, l'un du 30 juillet 1826, l'autre du 31 juillet 1836; et une Oraison funibre de M. de Cheverus, par lui prononcée aux obsèques de ce prélat.
BARRI ou BARRY (Paul de) , provincial des jésuites de la province de Lyon, mort à Avignon en 1661, à l'âge de 74 ans, étant né en 1587, publia plusieurs ouvrages de piété, où il y a plus de bonne morale que de bon goût ; mais c'était le goût de son temps. La plupart furent traduits en latin, en italien et en allemand. C'était l'usage alors de donner aux hvres des titres singuliers, et le P. Barri l'a scrupuleusement suivi. Ses divers ouvrages sont intitulés : Les saints accords de Philagie avec le Fils de Dieu... La riche alliance de Philagie avec les saints du paradis... La Pédagogie céleste... Vinstruction de Philagie pour vivre à la mode des saints... Les cent illustres de la maison de Dieu... Les deux illustres amants de la mère de Dieu... Vheureux trépas des cent serviteurs de la mère de Dieu... Le paradis ouvert à Philagie par cent dévotions à la mère de Dieu, aisées à pratiquer aux jours de fêtes et octaves... Le Pensez-y bien. Ce dernier et quelques autres ont été réimprimés avec les corrections nécessaires faites au style suranné. Peut-être qu'on eût bien fait d'y changer aussi quelques exfiressions outrées et quelques passages que des théologiens jujiicieu-x ont trouvé n'être pas trop d'aii'ord avec une dévotion solide.
BARIUN (Jean), grand chantre de la cathédrale de Nantes, et l'un des vicaires généraux du diocèse, était de la fami'le des Barrin de la Gallissonnière , qui a fourni des officiers distingués à la marine française. Barrin avait traduit en vers les EpUres et les Elégies d'Ovide, Paris, Î6T6; La Haye, 1692 et 1701, in-i2. lin réparation de cette erreur de sa jeunesse, il composa la Vie de la bienheureuse Françoise d'Amboise, lemme du duc
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de Bretagne, Pierre II, Rennes, 1704., in-12.
BARUINGTON (John-Sih tk), fils d'un marchand anglais, naquit en 1G78 à Théobald, dans le comté de Hertford, se fit connaître par divers écrits politiques et religieux, dont idusieurs en faveur des |)rotestants sépar(''S de l'Eglise d'Angleterre. Il fut chargé, par la reine Anne, de ui'gociations relatives au projet de la réunion de l'Ecosse à l'Angleterre. Ses services dans cette occasion furent r '■com|)ensés, en 1708, par la place de commissaire des douanes, qu'il perdit sous le ministère suivant. Un parent éloigné l'ayant institué son héritier, il prit son nom et ses armes. Nommé membre du parlement à l'avènement de Georges I", il fut, en 1723, expulsé de la c''ambre des communes, à l'occasion de la malheureuse affaire de la loterie d'Harburgh, dont il était sous-gouverneur. Suivant l'opinion publique, Barrington ne méritait pas cette flétrissure, que l'on regardait comme un effet de la haine du ministre Wal|)ole. Barrington mourut en 1734, dans une terre du comté de Berks. Ses principaux ouvrages sont : Essai .sur l'intérêt de V Angleterre relativement aux protestants non conformistes, 1701 et 1703, h\-k° ; Les Droits des protestants non conformistes, 1705, in-'i-°; Miscellanea sacra, 1725, 2 vol. in-8° ; 1770, 3 vol. in-8% avec des additions considérables ; Essai sur les diverses dispensations de Dieu sur le genre humain, dans l'ordre oii elles se trouvent dans la Bible, ou Si/stême abrège' de la religion naturelle et révélée, 1725, in-8°.
BARHOW (IsAAc), naquit à Londres en 1030. 11 lit plusieurs voyages en France, en talie, à Constantiuo|ile. 11 professa ensuite le grec à Cambridge, et quelque temps ajirès la géométrie. Tillotson a donné une édition de ses œuvres en k vol. in-folio, 1683 et 1687. On y trouve des sermons, des ouvrages de mathématiques et des traités de théologie. Il mourut en 1677. Barrow avait beaucoup de génie pour les mathématique-^; il fut le maître de Newton, et il ébamlia le calcul des infiniment petits. Il trouva en 10G6 une méthode de mener les tangentes, qui donna bientôt lieu à ce calcul. Malgré ses succès, il quitta l'étude aride de la géométrie, pour s'attacher à celle (le la religion ; mais y ayant [)orté les jiréjugés de sa coiimmnion, il n'y trouva pas les ressources qu'elle promet à ceux qui cherchent sincèrement la pureté de la foi. Ses ouvrages en ce genre n eurent que peu de succès, el ne font pas toujouis hoimeur au jugement (lu théologien. Il est encore auteur de V Abrégé chronologique, ou Histoire des découvertes faites par les Européens dans les deux Indes, traduit de l'anglais par U. Targe, 12 vol. in-12, Paris, 1766; de V Histoire nouvelle et impartiale d'Angleterre, traduite de l'anglais, Paris, 1771, 15 vol.
BAHUUKL (l'abbé Aici stin), l'un des écrivains (|ui ont combattu avec le jilus de zèle le philosO|ihismo du xvni' siècle, naquit le 2 octobre 17'il .'i Villeneuve-de-Herg en Vivarais, d'une famille hiniorable, et entra dans la société des jésuites, chez, qui il avait fait es études. Ses supérieurs reuvoyèreul au
collège de Toulouse , pour y professer la grammaire latine. Lors de la suppression de l'ordre des jésuites en France, il se réfugia en Autriche , régenta quelque temps dans la Moravie et la Bohême, et fut enfin nommé professeur de rhétorique au collège Thérésien à Vienne. Peu de temps après, il se démit de cette chaire pour se charger de l'éducation d'un jeune seigneur, qu'il accompagna dans un voyage à Rome et dans l'Italie: puis, étant rentré en France en 1774-, eut le titre purement honorifique d'aumônier de la princesse de Conti. Sa fortune était bornée, mais ses désirs l'étaient aussi, et il s'adonna à l'étude, sans rechercher ni places ni bénéfices. Le premier ouvrage qui commença sa réputation est intitulé : Les Helviennes , ou Lettres provinciales philosophiques, il8h-ilH8, 5 volumes in-12, plusieurs fois réimprimées, qu'il écrivit pour montrer la bizarrerie des systèmes philosophiques du jour, l'incohérence qui règne dans les idées de leurs inventeurs et les contradictions de leurs doctrines. Le nom d'Helviennes est pris du mot Helvii, qui est l'ancienne appellation des habitants du ^'ivarais. L'auteur y fait un fréquent emploi de l'ironie, qu'il manie presque toujours avec adresse, et reste toujours clair et intéressant au milieu même des discussions abstraites. L'abbé Barruel travailla au Journal ecclésiastique; et depuis 1788 il le soutint seul jusqu'en juillet 1792, avec un succès toujours croissant. Il jugea bien la révolution dès l'origine, et il en signala l'esprit et la tendance dans des articles écrits avec chaleur et talent. Inaccessible à la crainte, il bravait les insultes et les menaces des écrivains révolutionnaires , et il soutint toujours les droits de l'Eglise avec la même fermeté. Après les événements du mois d'août, il fut obligé de se cacher et de changer plusieurs fois d'asile. Enfin, il trouva le moyen de s'échap[)er et de s'embarquer pour l'Angleterre; il y publia son Histoire du clergé pendant la révolution, Londres, 1794, 2 vol. in-12, qu'il écrivit de mémoire : aussi, lui reproclie-t-on des anecdotes hasardées, des méprises de noms et de dates, qui ont nui au succès de cet ouvrage. Il donna ensuiti' ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, Londres, 1796, 4 vol. in-8", oii il s'attache à prouver qu'il avait existé une triple conspiration qui avait préparé la révolulution, savoir : une conspiration des incrédules, qui avaient travaillé, depuis le milieu du dernier siècle, à renverser le christianisme; une conspiration de partisans de l'indépendance, du républicanisme el de la franc-maçonnerie , qui voulaient renverser le trône ; et enfin, une conspiration d'illuminés, qui, s'ap|Miy,int sur les deux |)remières , avaient résolu le renvcrseiuent de toute religion et de loule autorité. Ou re|)rocha à son ouvrage un peu de dillusion; lui-même il crut devoir remélier à ce défaut en resserrant son travail, (|u'il publia sous ce titre : Abrégé des mémoires sur te jacobinisme , 1800, in-8*. L'alibi' Ja(pMn en donna un autre abri'gé, llandwnrg, 1811 ; P.iris, 1817, 2 vol. iu-12. Barruel rentra eu France eu 1802, et rei^ul 1q
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titre de chanoine honoraire de Paris. Il publia divers écrits en réponse à ceux dans lesquels on l'attaquait, notamment à un livre intitulé : Etat politique et religieux de la France, par l'abbé Blanchard, Londres, 1806, in-8°. L'abbé Barruel fut arrêté en 1811 par ordre du gouvernement impérial , à l'occasion du bref^adressé par le pape au cardinal Maury ; mais il fut promptement rendu à la liberté. En 1815, il se retira dans le Vivarais, où. il se réunit-à quelques anciens confrères. 11 mourut à Paris le 5 octobre 1820, dans sa
3uatre-vingtième année. Outre les ouvrages ont nous avons parlé, on a de lui : Les Eclipses, poëme en six chants, traduit du latin de Boscovich, 1779, in-i°; La Physique réduite en tableaux raisonnes, 1779, in-i°; Du pape et de ses droits religieux à l'occasion du concordat, 1803, 2 vol. in-8°; plusieurs écrits sur les aflaires de l'Eglise, etc. Barruel donna quelques articles ou lettres aux Annales littéraires et morales, qui se publiaient à Paris au commencement de ce siècle, et à l'Ami de la Religion et du Roi, qui lui a consacré une notice détaillée dans son tome XXV; mais c'est à tort qu'on l'a cru auteur de la Collection ecclésiastique, 1791 et 1792, ik vol. in-8°, dont le véritable rédacteur était M. l'abbé Guillon. Il s'était aussi essayé dans la poésie, et on a de lui r.ne Ode sur le glorieux avènement de Louis-Auguste (Louis XVI) au trône, 1774, in-8°.
BARRY (Edouard), théologien anglican, né en 1759, fut d'abord destiné à suivre la même carrière que son père, médecin à Bristol, et prit ses degrés à l'université de Saint- André. Il entra ensuite dans la carrière ecclésiastique, et fut successivement, à Londres, curé de Mary-le-Bone et de Sainl-Léonard, dans Waliiiigford. 11 se distingua surtout comme prédicateur, et mourut le 16 janvier 1822. On a de Barry : Appel amical à une nouvelle espèce de Dissenters , imprimé plusieurs fois. Ces nouveaux dissidents, tout en professant les principes et conservant le culte de l'Eglise établie, avaient cru pouvoir établir dans leurs chaires des prédicateurs non-conformistes; Lettre à M. Cumberland, à l'occasion de sa Lettre à l'évéque de Landnjf, 1783, in-8°; Sermon prêché, le 14- août 1786, devant la compagnie d'assurance britannique, in-4°; Sermon prêché aux criminels condamnés à mort, à Newgate, le 20 avril 1788, in-4'; Douze sermons prêches en diverses circonstances , 1789 , in-8° ; Lettre sur l'usage de boxer, adressée au roi, aux lords et aux communes, 1789.
BARSABAS, surnommé le Juste, un des premiers disciples de Jésus-Christ , après l'ascension du Sauveur , fut présenté avec Mathias pour être mis à la place de Juda. On ne sait rien de particulier fie sa vie ni de sa mort. — Barsabas est aussi le surnom de Jude, autre disciple dont il est parlé dans les Actes, qui fut envoyé avec quelques autres à Antioche, pour y porter la lettre où les apôtres rendaient compte de ce qui avait été décidé dans le concile de Jérusalem.
BARTENSTEIN (Laurent- Adam), né à
Helsbourg le 28 août 1717, devint professeur allemand et recteur au collège de Cobourg en 1743. 11 est mort le 25 février 1796. Il fut chargé de diriger l'éducation des deux comtes d'Anesberg, et il a publié : Religionis christianœ excellentia ex insigniter commendato amoris studio adserenda, Cobourg, 1757, in-4-°; Rudiments simplifiés de la langue grecque, 1778, in-8"; Cur Yirgilius moriens Mneida comburi jusserit, 1772.
BARTHEL (Jean-Gaspard), savant jurisconsulte, né en 1697 de parents obscurs, à Kit/.ingen, dans le pays de Wurtzbourg, étudia chez, les jésuites, et alla compléter son instruction à Rome, oii il eut le bonheur de profiter des leçons du cardinal Lambertini, qui fut depuis Benoît XIV. Revenu à Wurtzbourg en 1727 avec le bonnet de docteur en droit , il fut nommé régent du séminaire et professeur du droit canon à l'université. En 1728, Barthel fut nommé conseiller ecclésiastique de l'évéque ; en 1729, docteur de théologie; en 1738, chanoine bénéficier à Wurtzbourg ; en 1744 , conseiller privé ; en 1754 , doyen des chanoines, et enfin vice-chancelier de l'université. Il mourut à Wurtzbourg le 8 avril 1771. Barthel montra constamment le plus profond respect pour le saint-siége et une haine bien prononcée contre le protestantisme; cependant les mémoires du temps l'accusent d'avoir enseigné les mêmes principes que Oberhausen et Zallwein, et d'avoir préludé aux réformes qu'on établit peu après en Allemagne. Ses principaux ouvrages sont : Historia pacificationum impcrii circa religionem consistais, Wurt/bourg, 1736, in-4°; De jure rcformandi anliquo et novo, ibid., l'744, in-4°; De restituta canonicarum in Germania electionum politia, ibid., 1749, in-4°; Tractatus de eo aaod circa libertatem exercitii religionis ex lege divina et ex lege imperii justum esMbid.,1764, in-4°.
BAKTHÉLEMl (saint), un des douze apôtres, pénétra jusqu'à l'extrémité des Indes, au rapport d'Eusèbe et de plusieurs autres anciens écrivains. Par les Indes, ces auteurs entendent quelquefois, non-seulement l'Arabie et la Perse, mais encore l'Inde proprement dite. En etfet, ils parlent des Brahmanes de ces pays, fameux dans l'univers pour leur prétendue connaissance de la philosophie, et pour leurs mystères superstitieux. On lit dans Eusèbe, que saint Pantène ayant été dans les Indes, au commencement du in° siècle, pour réfuter les Brahmanes, y trouva des traces de christianisme, et qu'on lui montra une copie de l'Evangile de saint Jlalthieu en hébreu, qu'on lui assura avoir été apportée dans ce pays par saint Barthélemi, quand il y avait planté la foi. Le saint apôtre revint dans les pays situés au nordouest de l'Asie, et rencontra saint Philippe à Hiéropolis en Phrygie. De là il se rendit dans la Lycaonie, où saint Chrysostome assure qu'il instruisit les peuples dans la religion chrétienne. Mais on ignore les noms de la plupart des contrées dans lesquelles il annonça la foi : et en général les détails de sa vie et de ses saintes conquêtes, ainsi
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