‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 116 sur 228 · HEN · texte numérisé non relu

HEN

la prophétie de Jacob mourant, en. faisant allusion à la conversion de ce grand hotûine, et aux fruits de son apostolat : Briyamin lupus rapax même comedet prœdàm, et vespere dividet spolia (Gen. xli-s.).

BENJAMCN (saint), diacre, fut arrêté par les ordres de Vavarane, fils et succîesseur d'isdegerde, roi de. Perse, un des plus cruels persécuteurs des chrétiens. Un an après sa détention, l'ambassadeur des Romains, qui vint en Perse, demam la son élargissement : iMui fut accordé, î\ condition que Benjamin uuistruirait aucun mage dans h reli;.^iorL chrétienne. L'ambassadeur promit aa roi que sa volonté serait exécutée, dans la persuasion où il était que le diaerene le dédira'it pas. U se trompa. Benjamin , qui se regardait comme un ministre de l'Evangile, déclara (ju'il ne retiendrait jamaisia vérité captive, etqu'iliie s'attirerait point la condamnation de ceMche serviteur qui avait enfoui son talent. M continua donc de répandre de toutes parts la liuuière de la loi. Le roi, en ayant été informé, le lit saisir, et entreprit de l'elfrayer par des menaces ; mais Benjamin fut inébranlable, et déconcerta le prince par une ifuestion dont l'application était sensible. «Quelle idée, ditil, aurie/.-vous d'un de vos sujets qui, renonçant à la fidélité qu'il vous doit, se range: ait du côté de vos ennemis? » Le tyran transporté de fureur, après lui avoir fait souflfrir des tourments atroces , le condamna à être empalé, l'an k^k. Le M'artyrologe romain le nomme le 31 mars.

BENJAMIN, rabbin, naquit à Tudela dans la Navarre, et mourut en 1173. Il parcourut toutes les synagogues du mimde, pour connaître les mœurs et les cérémonies de chacune. Il donna une Relation de ses voyages en hébreu, imprimée à Constantinople en 1543, in-8°. Renaud t regirde cette édition comme la moins fautive, et prétend que les relations de ce rabbin sont véritables; mais il se trompe grossièrement. La Relation de Benjamin est d'aut.int plus susjtecte, qu'elle fourmille de fautes géographiques, de contes visiblement, fabuleux, et de bévues absurdes sur les objets les mieux connus. Ces peu-

Slades de juifs indépendants, qu'il place dans es contrées ti-ès-éloignées pour en éviter la vérification, sont autant de lictions qui tendf^nt à donner le démenti aux prophéties relatives au Messie et h l'ét tfulurdesjuils.Nous avons des Voyages de Benjamin, les versions latines d'.Xrias Montanus, Anvers, 1575; et deflonslantin riMn|ier(mr,Leyd('. 1633, in-:3'f. Jean-Philippe Baiati(,'r en a pu!)lié, en 173'i-, une tra luction t'ranrai>e, en 2 vol. in-8".

BENNRT (f iioMASj, né àSalisbury en 107:i, et mort h Londres en 1728, pa'-^e pour un bon théologien et un savant interprète de l'P^criture sainte, dans la coramuninn anglicane ; mais les savants des autres i)ays n'en jugent pas de môme. On a de lui beaucoup (l'écrits do controvi'rse contre h^s non-conformistes, les quakers ot les Catholiques. Les pnncipaux sont: Un Traité du schis>r\r, 1702, in-8°, et li'S écrits faits jiour la déf(«nse do ce traité ; Réfatulion du quakérisinc, 1705, in-

8°; Histoire abrégée de l'usage public des Formulaires de prières, 1708, in-8" ; Discours sur les })rières publiques ou communes , imprimé la même année ; Les Droits du Clergé et de VEglise chrétienne, Londres , 1711 , in-S" ; Essai sur les 39 articles arrêtés en 1363, et revus en iïili, Londres, 17(55; Grammaire hébraïque, 1728, in-8°. On lui attribue encore plusieurs autres ouvrages.

BENNON (saint), archevêque de Meissen, en Allemagne, mort en 1107, fut canonisé eu 1523 ; ce qui donna lieu à Luther d'exercer sa bile dans un écrit intitulé : InNouvelle idole de Meissen, réfuté par Jér. Emser.

BENOIST ( Pierre-Guillaume-François ) , curé d'une des paroisses de Honfleur et chanoine honoraire de Bayeux , naquit ;i Honfleur en 1759. Il s'est fait connaître par une traduction d'un ouvrage anglais qui traite de tous les points de la morale chrétienne , et qui a pour titre : Cali'chisme pratique en 52 leçons pour tons les dimanches de l année, a/vec un supplément pour les différents états ,

I vol. in-12 de 500 pages. Il s'en est fait sis éditions dont la dernière était revêtue de l'approbation de trois archevêques et d'un évoque. L'abbé Benoist mourut le 10- mai 1835.

BENOIT ou BENOIST (saint) , naijuit en 480 au territoire de Norcia, dans le duché de Spolète. Il fut élevé à Rome dès sa jdus tendre jeunesse, et s'y distingua jiar son esprit et sa vertu. A l'âge de seize ans il se retira du monde où sa naissance lui promettait de grands avantages. Une caverne fttfreuse dans le désert de Sublac, à iO milles de Rome, fut sa première demeure : il y resta caché pendant trois ans. Ses austérités et ses vertus l'ayant rendu célèbre, une foule de gens de tout âge se rendit auprès de lui.

II bâtit jusqu'à douze monastères. Ses succès excitèrent 1 envie. Il quitta C(;tte retraite et vint à Cassin, petite ville sur le | eucliant d'une haute montagne. Les paysans de ce lieu étaient idolâtres: à la voix de Benoit, ils devinrent chrétiens. Leur temple, consa-^ cré à Apollon, fut changé en église. On y' vit hienh)! s'élever un monastère, devenu le berceau de l'ordre bénédictin. Son nom se répauiHt dans toute l'Europe. Totila, roi des Goths , passant dans la Clampanie, voulut le voir ; et pour éprouver s'il avait le ilon de jirophétie, cimime on l' disait, il lui envoya un de ses olficiers , nommé Higgon , qu'il avait fait revêtir de ses habits royaux, et au (piel il avait donné, pour l'accoiupigner, trois di'S principaux seigneurs de sa cour avec un nombreux cortège. Le saint , (jui était i)Our lors assis, ne l'eut pas phitiM apei-çu qu'il lui (Tia : Quittez , mon /ils , l'habit fue vous portez ; il n'est pus â mus. Uiggon» saisi de er.nnle et confus d'avoir voulu jouer co grand hiMiime, se j'Ma à ses pieds, avec tous ceux qui l'ai-eompagiiaient. Lorscju'il lui do retour, il raconta au ii)i ce qui lui était ar rivé. Totila vint alors visiter Iui-m6inele srrvitcur de Dieu. Dès qu'il le vil, il se pPOstcrna par terre et y resta |U->qn'à le que Heiioii l'eillivlevé. Il fut bien plus étonné quand le -.aint lui parla de la sorte : r Vous faites

BEN

BEN

« beaucoup de mal , et je prévois que vous « en ferez encore davantage'. Voi^s prendrez « Rome; vous passerez la ïiier, et régnerez « neuf ans ; mais vous inouirez dans la di- « xième atinéè , et serez rite au triliunal du «■ juste Juge , poi(r fui rendre compte de « toutes vos œuvres. >■ Tontes les parties de cette' prédiction furent vérifiées par l'événement. Totila, qtif en aVait été effrayé, se recommanda aux pri(>fes du satint , et fut moins cruel. Ayant pris peu do temps api'ès là ville de Napies , tl trait i les prisonlii^rs avec une humanité qu'on ne devait pstS iMikxàfe d'un baPBftre. Benoît ttioUrdt l'àntléie suivante, en 5Ï3, suivant le P. Matnllôu, et quelques anWées pi cl s tan l,*ui vaut 'i'aufres. Sa règle a été adnptéé presque | ar touS ICS cénoliités d'Oééidint. Sa Vie a été écrite pfér saint Gré;.<6il-e le Grand dans le second Iiv^e de ses Dialogues. Paul Diacre , moine du Munt-Cassin, en a parlé aussi fort amplement dans VHistoire des Lombards. Son oi dre a été , sans conti^edit, ina des plus étendus, des pli/s illustres , des plus fiches. ïl fut Jongfi^mps, <M un écrivain rél^'-bre , un asile ouvert a loUs ceux qui Voilai ftt fuir Ws oppressions dii gouvernement goth et vandale. Le peu dé èoimaissanc^s qui l'estaient chez les baWjfli'es fut perpétuié dans' les cluîtrés. Les bénédictins franscrivir. iit beaucoup d'auteufs sacrés et prof'mcs. Nous It'Ur devons eh' partie les plus précieiis- restes de l'antiquité, ainsi que beaucoup d'intentions modefnes. On a reproché à cet ordre célèbre ses grandes richesses ; mais on n^ fait pas attention que c'est en défrichant avec" beaucoup (te jieineS des forêts incultes et des terres in^ates, qu'ils se les sont procurées. Telle ville, qui est aujoufd'hiti ftofissante, n'(-<ait autrefois ([il'un rochei' riù, oii un terrain eu friche devenu fertile s^ius ttes mains saintes et laborieuses. « pè quoi, dSt un cri- « tique judicieux et équiiable, aiirlsiènt vécu « des troupes dé solitaires , s""ifs n'avaient #« pas été Ws-laborieux 7 On ne leur don- « nad ni des terres cultivées, ni lies colons « pour les faire valoir, puisqu'ils s6 pléfçaiént « tous dans des déserts. ^Iais les censeurs « de M vie monastique demandt;nt iioumjuoi « renoncer aus affaires de la société , pour « aller i)asser sa vie dans la solitude...'? Poui*- « quoi....? Pour se soustraire au brigandage « des tyrans et des guerriers qui ravageaient « tout , gui cependant respectaient encore « Fes moines, dont la vie les étonnait et dont « les vertus leur imposaient. » Qu.nit aux richesses qu'ils possédaient, et qui étaient le fruit de le«f travail et de leur sage et' judicieuse économie , quel usage en faisaient^ ils ■? On peut bien dire qu'ils ne les avaieut que pour les répandre ; cfuc solires et économes pour ce qui les regardait, ils n'étaient magnifiques que lorsqu'il s"agi>sait d'orner la uiaison de Dieu, tl'cnrich'ir des bibliothèques, de concourirà desétablissementsafiles, de pi.rter des secours auï pauvres et au* alïl gés. Cette observation pouvait s'étendre h' tous les religieux (|ui avaient conservé l'esprit de leur état. L'ordre de saint Benoît

a produit une multitude de grands hommes dans tous- les genres , sans que pour cela il soit v^ai de dire qu'il a eu dans sou sein 40 papes , 200 cardinaux , 90 patriarches , 1,600 archevêques, 4,600 évoques, k empereurs , 12 impéfatrices , 4 ï-eines , et 3,600 saints canonisés. Ce détail , puisé dans la chronique de l'ordre *' saint Benoît, ne iieut partir que iïiin Zèle outré et maladroit. C'est ne savoir pas louer qUe d'aV ir fecours à l'exagération. Dom Bastide , bénédictin de Saint-Maur , fâché de ce que Mabillon , sou confrère , avait retranché quelques saints dans le grand Recueil des Actes des saints de l'ordre de saint Benoît , présenta contre l^j une requête au chapitie générai de 1677; mais ceux qui composaient cette assenililée n'y eurent aiiéunégard. (Yoy. Cajëtan, Constantin.) Depuis l'an 90ÎT, l'ordre de saint Benoit s'est divisé en plusieurs branches. C'est de là que sunt sortis les camalduies , les cisterciens, les gilbertins, les sylvestrins, les moines de Fontevrault. Toutes ces observances ne sont que des réformes de l'onlre de saint Benoît, qui ont ajouté quelques constitutions particulières à la règle j)rimitive. On compté parmi les bénédictins plusieurs congrégaliolls, telles que celles de Cluny, de Sainte-Justine, de Savtghy, de Tiron , de B rsfeld , de Saint - Maur, etc. La rè;^le de saint Benrdt a été imprimée plusieurs fois , et notamnieht en 1734, en 2 vol. in-4% avec les coraaieijf aires de dom Calmet; dom Mége a écrit sa Vie en 1 vol. in-4°.

BENOIT fsiint), abb' d'Aniane, dans le diocèse dfl Montpellier, était fiis d'Aigulfe , comte de Maguefnhe. Après avoir servi avec distinction dalis la maison et dans les armées de Pépin et' de Charlemagne , il s'enferma dans un monastère, dont il devint abbé ; 0 se retira ensuite dans une terre de son patrimoine , oCi il fonda l'abbaye d'Aniane. Ses réformes et son zèle lui firent un nom dans f^ France; Louis h' Débonnaire l'établit chef et siîpérieur général' de tous les monastères de son empire. Benoît mourut l'an 821. Il fut en Fraince et en Allemaghe ce que saint Benoît avait été eu ftalie : donnant des leçons et des exemples, labourant et moissonnant avec ses ftëtes. On a de lui Codex Regutarum, atec une Concoixle des iftègles, qui monti'o ce que la règle dé«saint Benoit a" de commun avec celles des autres fondateurs. Sa Vie, écrite parArdon Smaragdus,se trouve à la tète de la Concorde des règles du rnèuie Siint Benoît , ({ue dom Hugues Menard fit imprimer avec des notes eu 1638, in-4".

BENOIT BiSCOP (saint.), né dans le Northumberland en Angleterre, l'an 628!, d'une famille dislinguée; après avoir porté les armes , entra dàilïs l'ordre de Saint-Benoît , et fit son noviciat dansde célèbre monastère de Lérins en Provence. De retour dans sa pati-ie , il travailla avec zèle âti progrès de I.a religion : il y établit le cîiint grégorien et foules les cérémonies romaines, persualé qTie la mère église devait servir de règle et de modèle à toutes les autres. ïf mourut en 703, ai)rès avoir fait quatre l'ois le vovage do

BEN

BEN

Rome. Le vénérable Bède a écrit sa Vie et une homélie pour le jour de sa fête.

BENOIT I", surnommé Bonose, successeur de Jean III dans la chaire de saint Pierre , en 5T'i. , consola Rome allligée par deux fléaux, la famine et les Lombards, qui venaient d'envahir l'Italie. Il mourut le 30 juillet 578, après avoir tenu le saint-siége pendant i ans et deux mois. Pelage II lui succéda.

BENOIT II (saint), prtHre de l'église de Rome, pape en 684, après Léon II. Constantin Pogonat respecta lant sa vertu, qu'il ]ierrait au clergé d'élire les papes, sans l'intervention de l'exarque nu de l'empereur. Il mourut en 683, n'ayant occupé la chaire pontificale que dix mois et 12 jours.

BENOIT III, Romain, pape malgré lui en 855, après Léon IV, endura sans murmurer les mauvais traitements de l'antipape An;istase. U mourut en 838. On a de lui deux Lettres, une à Hiucmar, archevêque de Reiius, et l'autre aux évoques du royaume de Charles le Chauve, contre Hubert, diacre, accusé de grands crimes. Tous les auteurs du temps en parlent comme d'un homme simple, humble et animé d'une véritable piété. Nicolas I" lui succéda. C'est entre Léon W et Benoit III que d'anciens chroniqueurs et quelques protestants modernes placent la prétendue papesse Jeanne , sous le nom do Jean VIII {Voy. ce dernier nom et Léon IV). C'était, à les en croire, une fille déguisée en garçon , qui , étant parvenue à la tiare , s'avisa d'accouciier en habits pontillraux dans uueproccssionauColisée de Rome. Cette fable, racontée comme une vérité par 70 auteurs orthodoxes, entre lesquels il y a plusieurs religieux et des saints canonisés, n'est plus aujourd'hui adoptée de personne. Les calvinistes l'ont opjosée longtemjis aux catholigues ; mais à présent ils rougissent de la citer. Bayle et Blon iel leur ont ùté tous les moyens de la maintenir. Il est démontré que Benoit III succéda immédiatement à Léon IV, et que le siège ne fut vacant que quatre jours. Il est certain encore ((ue du temps de Hugues de Fleury, qui florissait sous le règne de Louis le Gros , mort l'an 1137, la fable de la pajiesse n'était pas encore inventée ; car voici ce qu'il d t des pa|)es qui ont .siégé immédiatement après la mort de Louis le Débonnaire , à laquelh; tinit sa Cliponiqu ■ , imi)rimi''(' ii Munster en 1(J38, wi-V-.In RomaiiavcroCathcdrainvmonito papœ (ircgorio IV, Scrgius 11 successit , cl Sirqio Lco IV, il Leoni Benedictm III, et lirncdiclo Nicolau.i I. Il est vrd que quelques manuscrits des Vies des Papes d'Auast.ise le liiblidtliéiaire, qui vivait avant et après eetle é|iotpie , et par conséquent plus ancien d'environ 2.50 ans (jue Hugues , ra[ipoitent celte prétendue histoire; mais si l'on ,\ l'ait attention, l'iiilerixilatiou est manifeste : car .\nast.ise , parlant de l'élection de Bruoit III , dit expressiiient (ju'elle se lit d'.ibord après la mort de Léon : Léo quidem iihi hue luce suliliiictiis iirœsitl oceuhutt; nio.r oiimis elenis tslius Kiimditœ itroleclœ sedis , iiiiirrrsiqiie liriiri's, noirlusfjue senalus nr fto/iiilits enn-

gregati sunt Divinitus igitur œthereo tune

luminc inflammati, uno ronsensu, unoque cum conamine Benedictum , pro tantis quihus pollehat sanis operibus , pontificem promulgaverunt eligere. Et dans la Vie de Nicolas f ': Leone seilicet papa defuncto, Benedictus , mirœ beatitudinis vir et sacratissimus pontifex, superno protectus auxilio , Romanw prœponitur sedi {Anasl. Biblioth. , Hist. de Vitis Rom. pont., édit. du Louvre, 1649, in-fol. , p. 200 et 208). Martin le Polonais, qui vivait plus de quatre siècles ajirès lui , est regardé par la plupart des auteurs comme le premier qui ait accrédité cette fable ; mais on peut assurer qu'elle est encore plus récente que la Chronique de Martin. No'is avons sous les yeux un beau manuscrit en parchemin de cet auteur , écrit de son temps , dans lequel .ce passage est ajoulé en marge par une main beaucoup plus récente. Fabricius, quoique protestant , insinue ( Bibl. med. et infiin. latinit., t. V, p. ';2) qu'il manque dans les manuscrits les plus anciens.

BENOIT IV, Romain , élevé au pontificat après Jean iX, au mois de décembre 900 , sage dans un temps de corruption, et père des pauvres, mourut au commencement d'octobre 903, a^-rès avoir siégé trois ans et environ deux mois. Il avait couronné empereur de Rome Louis III , dit l'Aveugle, que le cruel Bérenger traita si indignement dans la suite.

BENOIT V, souverain pontife après la mort de Jean XII en 96':^ , durant le schisme de Léon VIII. Les Romains , qui l'avaient élu , et qui avaient piomis de le défendre contre l'antipape et l'empereur, furent contraints de l'abandonner à Othon, qui le conduisit à Hambourg < u Allemagne , où il mourut en 963. Son corps fut ramené à Kome. C'était u.. pontife savant et vertueux , dune douceur et d'une patie.-ice égales à ses malheurs.

BENOIT VI, Romain, fut élevé sur la chaire de saint Pierre en 972, après Jean XIII. Boniface, surnommé Franeon , cardinal-diacre, le fit étrangler l'an 97't, dans la prison où il avait été renfermé par Crescentius, et se mit, en sa place sur le siège pontifical.

BENOIT VU, évèque de Suiri en Toscane, succéda , en 975, sur le siège |iontifical , à Domnus 11. Il mourut le 10 juillet 983, après avoir donné l'exemple de toutes les vertus [)astorales, et gouverné sagement l'Eglise dans lies tem|is mallieuieux.

BENOIT VIII , évèque de Porto , succéda .\ Sergius IV en 1012. La tyraniiie de l'anlipajie Grégoire l'obligea dafler en Allemagne, pour implo; er le secoiirs de l'empereur Henri II. Ce prince le lit lenirer <i Rome, et vint s'y faire couronner avec Cunégoiule son épouse. Le moi:ie dlaber rapporte (jue Benoit donna h Henri une pomme d'or enrichie de deux cercles de pierreries croisés, et surmontés d'une croix u'nr. La pomme ri'préscntail le monde; l.i croix, la religion; et les jierrerics, les vertus. Kn 1(H6 , les Sarrasins, venus |)ar mer en Italie, lucnacèrenl les domaines dupajie. Benoit, à la tète <j s troupes animéo p.ir sa | rcsence et par le désir de défendre l'Eiflise . les attaqua el

BEW

BEN

les mit eu fuite. Il battit aussi les Grecs qui étaient venus ravager la Pouilb>. Ce pontife politique et guerrier mourut en Uy2k, après avoir gouverné l'Eglise environ douze ans. Il tint un concile à Pavie , où il [)ul)lia huit décrets. Il a écrit diverses Epîlres qui nous sont presque toutes inconnues , si nous exceptons celles qu'il éci ivit en faveur du monastère du Mont-Cassin.

BENOIT IX, successeur de Jean XIX, monta sur le trône pontifical k l'âge de douze ans , en 1033. Son père Alberic , comte de Tusculum, le lui avait procuré à prix d'or. Le peuple romain, lassé de ses infamies, le chassa de Rome. 11 y rentra (|uelque temjis après. Désespérant de s'y maintenii', il vendit le pontificat comme il lavait aciieté. Il reprit la tiare pour la troisième fois ; mais au bout de quelques mois il y renonça pour toujours. Il mourut dans le monastère de la Grotte-Ferrée, en 1054-, oii il s'était retiré pour pleurer ses débauches et ses crimes. Durant ce pontificat scandaleux, l'Eglise jouit de la paix, et le respect que l'univers chrétien portait au siège de Pierre ne souffrit aucune atteinte. « Il est remarquable, dit un histo- « lien, que sous (juclques pontifes vicieux, « ou ineptes, il n'y ait eu ni troubles ni « hérésie, et que l'Eglise ait joui d'une tran- « quillité qu'elle n'cul ( oint sous les pontifes « les plus sagos. Dieu veillait alors parlicu- « lièrement sur son ouvrage, et suppléait en « quelque sorte aux soins et aux qualités de « celui auquel il était confié. » Voy. Alexandre VI, JlCAN XII.

BENOIT X, nommé Jean, fils de Gui Mincius, et évèque de Véllétri , mis sur le siège de Rome le 30 mars 1058, par une faction puissante , fut chassé quelques mois a rès par les Romains, qui élurent Nicolas II. Il mourut le 18 janvier 1049. Il est communément considéré comme antipape ; mais puisque son nom est ri sté dans la liste des poi;tifes, il faut que l'illégalité de son élection n'ait ])as été généralement reconnue; et comme il mourut quelques mois après , et que par là Nicolas II resta dans la paisible et légale possession du siège , rien n'empêche qu'on ne les regarde tous les deux pour vrais papes.

BENOIT XI (Nie !las-Bocasin), général de l'ordre des frères prêcheurs, flls d'un berger, ou selon d'autres , d'un greffier de Trévise , fut fait pape en 1303 , après Bonifare VIII. Il annula les bulh^s de son prédécesseur contre Philippe le Bel , et rétablit les Colonne. Il fut em|)oisonné en 1304 par quelques cardinaux mécontents, si l'on en croit les bruits qui coururent alors. Benoît XI était sage et mo 1ère. On raconte que sa mère i tant venue le voir avec des habits superbes, il ne voulut jamais la recevoir qu'elle n'eût repris les hai)its de son premier état. Il a commenté (jueiques livres de l'Ecriture sainte, et a été béatifié en 1733.

BENOIT XII , appelé Jacques de Nouveau, surnommé Fo «rnùr, peut-être parce que, (l:;.-on, son père était jjoulanger (c«' qui paraît néaiuûoins très-incertain j, naquit à Sa-

verdun , au comté de Foix. Il était docteur de Paris, cardinal-prêtre du titre de Saint- Prisque. On l'appelait le Cardinal Blanc, parce qu'il avait été religieux deCîteaux, et qu'il en portait l'habit. Il fut élu unanimement l'an 1.334, après Jean XXII. Comme sa naissance n'était pas bien illustre , les cardinaux furent tous surpris de ce choix unanime, et le nouveau pape lui-même autant que les autres : Vous avez choisi un âne, leur dit-il II était profond dans la théologie et la jurisprudence. Il laissa subsister les anathômes de son prédécesseur contre Louis de Bavière , et excommunia les Fratricelli. Il publia une bulle pour la réforme de l'ordre de Cîteaux , voulant que les abbés ne fussent habillés que de brun et de blanc, et n'eussent point avec eux des damoiseaux , c'est-à-dire de jeunes gentilshommes qu'ils avaient à leur suite comme les autres seigneurs. Il révoqua toutes les commandes données par ses prédécesseurs, excepté celles des cardinaux et des patriarches , et toutes les expectatives dont Jean XXII avait surchargé les coUateurs dts bénéfices. S'il remédia aux maux que l'avidité de Jean XXII avait causés dans l'Eglise, il ne négligea pas non i)lus de réparer le scandale qu'avait occasion!,é son opinion sur la vision béatiiique. Il définit que les âmes des bienheureux sont dans le paradis, avant la réunion à leur corps et le jugement général, et quelles voient Dieu face à face. Ce saint pape mourut en 1342 à Avignon, où il jeta les fondements d'un palais quisubsisteencore.il iiensait(pic lespnpesdevaient être comme Metchisédech, sans connaître leurs parents. On a de lui quelques ouvrages. BENOIT XIII, né à Rome en 1649, de la famille illustre des Ursins, prit, en 1667, l'habit de saint Dominique à Venise, fut cardinal en 1672 , archevêque de Manfredonia , l>uis de Césène , ensuite de Bénévent , enfin pape en 1724, le 29 mai, après Innocent XII. Il assendîla un concile à Rome l'année d'après pour confirmer la bulle inigenitus. On lit dans le Dictionnaire de Ladvocat qu'il approuva la doctrine des thomislessur la grâce et la prédestination; mais le bref ne dit autre chose , sinon que l'école des thomistes se glorifie avec une ardeur louable , /aada6î/j studio gloriatur , d'enseigner une doctrine transmise par saint Augustin et saint Thomas, conforme à la parole de Dieu, aux conciles, etc. : se suam doctrinam ab Augustino et Thoma accepisse , eam verho Dci , summorum pontificum et conciliorum decretis et patrum dictis consonam esse. Benoît mourut le 21 février 1730. Sa mémoire est en bénédiction à Rome , qu'il édifia par ses exemples , et qu'il soulagea par ses bienfaits. Sa bouté pour le peuple parut en toute occasion, et il ne perdit aucun moyen de diminuer le ])oids des subsides. Sortant un jour de Rome, il aperçut qu'un pa. san payait avec chagrin un droit d'entrée; il voulut savoir quel était ce droit, et, non content d'en exemptif le paysan, il le supprima tout à fait, en avouant qu'on n'avait pas tort de s'en plaindre. Tout ses décrets ne respirent

que la religion, «a pic'iô et le bon ordre. Sa Vie a ('té écrite pw Aiexandr.- de Bor^ia , archevêque de Ferme, en latin, Rome, 17il, in -4°. On a de Benoit XHI des Homélies sur l'Exode, qu'il avait prononcées étant arclievôquede Bénévent, Rome, 1724,2 vol. in-V°. il y fut ajouté, en t7ii5, un 3' volume, lequel est d'iui dominicain qu« le pai « avait ctiargé de complet* r Touvrage.'lilémontXIl lui succéda. BE'NOIT, antipape, appelé Pierre 4e Lune, s'adonna d'abopd k la jurisprudence civile et canonique. Il quitt.i cette étude pour porter les armes , la reprit ensuite , et enseigna le droit dans l'univefsité de Montpellier. Grégoire XI le fit cardinal, et Clément VII, légat en Espagne , sa patrie. Après la mort de ce poniife , les cardinaux d'Avignon élurent Pierre de Lune pour lui succéder, en 1394. Il prit le nom d« Benoit XIM. Le cardinal avant son élection avait promisde Se démettre, si on l'exigeait, pour mettre fin an sclilsme ; mais le pape oublia ea promesse. Il amusa i>endant (fuelque temps Charles VI, le clergé de France, l'université de Paris, et divers princes de l'Europe , et finit par déclarer ([u'il n'en 'Voui.it rien ftdre. Les rois dont il s'était joué résolurent de l'obliger par force à céder la tiare. Charles VI le fit enfermer dans Avignon. Benoît trouva le moyen de s'écha;îper, et se retira à Cb/iteaii- Renard. Cet inflexililc Aragonais fut déclaré schismatique aux conciles de Pise et de Constance , et comme te. déposé de J^ papauté. C'est de lui que Gcrson dit , dans le style de son temps , qiiil n'y avait que V'éclipse de cette lune fatale qui pût donner la paix à l'Eglise... Benoît , iuiath/'matisé par les Pères d- s deux conciles, les analhémaiisa à son tour. Il se retira dans une petite ville du loyanme l'e Valence, nommée Peniscoiu, et de ce trou il lançait ses foudres sur toute la terre. 11 mouiut eu H2'i., dans son obstination , à l'âge de 90 ans. 11 obligea deux cardinaux qui lui restaient à élire Gilles Mngnos, Aragonais, chanoine de Barcelone, qui se dit pape sous le nom de Clément VIll. BP]NOrr XIV, pape, successeur de Clément XII, naquit à Bologne en 1()73, de l'illustre famille de Lambcrtini. AprQS s'être distingué dans ses études, il fut fait successivement ch.inoiric de la basilique de Saint- Pierre, consulteiir du saint ofl^icc, volant do la signature de ^rftce, promoteur de la l^ii, avocat consistorial, secrétaire de la congrégation du concile, canoniste de la sacrée pénitencerie, arcbev6(iue titulaire de Tliéodosie en \~1\, enfin cardinal en 1728. CJément XII li' nomma h l'a clicyéclié de Bologne en 1731. Après la mort de ce ponlilcen 1740, Lumbortini eut 'tivoix |iouriiii, et fut élu pa|)e sous le nom de Bcnoîl XIV. (Jlia- (]ue année de son pontificat a été marauéo par quelque bulle pour r/former des anus, nu p<iur nitruduire des usages utiles, tl avait cultivé les lettres avant de monter sur lo Iri'ine pfiiililical ; il les protégea dès qu'il y fut monté. 11 loiidfl des acaiiémies à Rome; il envoya de> gratillcitions h celle de Bologne ; orna Koiue de i)lusieurs monuments;

honora de ses lettres divers savants, les encouragea, les récompensa ; abolit divers impôts, supprima le paiiier timbré, remit .4e tabac dans le commerce, é\ se distingua par un grand d('sintér€ssement. En MkS, il fît déterrer le fameux obélisque llornire, dont parle Pline (Hist. nnl., ch. 9,10 et 11 ), qui servait de méridienne pour marquer les ombres du soleil à midi, en divers temps do l'année, et par conséquent les différentes longueurs des jours qui dépendent de la longueur des ombres. Le mauvais état où se trouvait cet obélisque ne permit pas de l'élever dans sa hauteur qui était de 67 j>ieds. 11 était rompu en 9 endroits. Ces morceaux précieux furent placés dans 'une cour qui est derrière S. Lorenzoin Lurina, et sur te lieu oft l'obélisque avait été découvert on mit une inscription qui consacre la mémoire de cette opération intéressante. On y lit entre autres choses ; ■Obclisepin hierfiglyphiçis notis eleganter inscriptum, ex siralo iar^de regulisque ex are incisis rtd deprehendendas solis timbras, dierwnque ac noclium magiiitudinem, in Campo Marfîo errctum, acSolidicatum, temporisel bai^arnrmn injuria confractunijacenlemque terra, ac œdificiis obrutum, magna imprnsa ac artificio eruit, publicoque rei Ulteraria hono, propinquum in hortuin lrcmsl%ilit. Il mourut en 1758, et eut pour successf iir Clément XIII. Les ou^ rages de Benoît XIV sont en l'Ovcl. in-fol. Les 5 premiers ne traitent que d'efeéatificationet canonisation des saints. La matière y est épuisée, et on en a donné un abrégé en français l'an 1751), in-12. Le 6° contient 'es actes des saints <|u'il a canonisés. Les deux tomes suivante renfermerrtde$ suppléments et des j-emarques sur les yoHimes précédents. Le 9' est un traité du sacrifice de la messe. Le 10' traite des fêles instituées en l'honneur de Jésus-Christ et de la sainte Vierge. Le 11° renform-e îes instructions et les mandements qu'il avait donnés avant d'être pape. Lç 12° est un traiié sur le synode; c'est le plus répandu des ouvrages de ce pontife, et un des meilleurs livres (pi'oii ail ;ur la discipline dei'Eglise, et surtout une excellente réfutation des nouveautés entrejuises dans ces derniers tenqis i),ir ([uciques prélats inquiets ou courtisans. Les 4 derniers sont un recueil île ses brefs et de ses bulles. L'on remarquedans tous ses écrits une vaste éi-ndition et une profonde connaissance du droit civil et canonique, de l'hisloire sneri'e et profane. On a encnre de lui une édition ilwMnrttjrologe àc {'yvv^tnyv XIH.et (pielques autres ouvrages. A son intronisation , il eut un projet <|ui ne réussit noinl : c'était de faires gner un corps de ddClriiieoft, sans parler de Bauis, de Jansénius et il • Ouesin I, telle vérité serait prescrite, et lellr erreur coiid, mnéc. il crnyait(jnc parce moyen lejansénismc s'anéantirait sans rési-lafïce i mais il est plus qu'apparent que la secte, voyant ses errcuis ré()rouvées, n'aurait pas j^é pl|is docile j)oiu' vo'.r éi'argni.-i- les noms de ses fondateurs. Benoît ne larda pas à en (Me convaincu parles nouveaux tidub'es (pi'ellc excita en Frai4;e; ot, dans un bref aux évoques

BEN

BEN

(le ce royaume, il décida qu'il fallait refuser

les saorenieiats à quiconque serait rocoiïnu apposant à la constiiution L'i\i(jenUas. La mo-

dératioH, l'ëquité, l'esfirit de paix, ont été l'âniedesongouverHemcnt.Siiri pontiticat fut heureux et généralement respecté. Oo a cru néanmoins que son humeur accommoda-nte avait quelquefois trop accordé à la complaisance ou à des considérations passagères, ^t que la facilité de son caractère l'avait einpôcné de se raidir contre des systèmes naissants, dont ses successeurs ont vu mûrir les fruits amers. M. do Caraccioli a donné sa Vie, Paris, 1783, lvol.in-12 ; elle est intéressante, mais mal digérée, et contient quelques faits Irasardés. Voici comment Benoît XIV, dans une letl4'e au cardinal de Tencin, jugeait la p'ijlosophie française du xvni" siècJe. « Je gémis do ce qm^la France se remplit de beaax esprits qui affectent l'iBcrédulité, tandis que ses plus grands gémes furent autrefois souiivis a la a^eligion. Je gémis de ce au'on prend la honte même. pour la gloire, esrailleries lioui'des arguments, de ce qu'on regarde enfin ce siècle comme éclairé, parf.'e qu'il eit plus audacieux. En donnant à la terre ce qu'on ôte au ciel, à la nature ce que l'on soustrait à Dieu, on form« un chaos qu'il est impossible de ilébrouLller. L'homme n'est plus lui-même si on l'isole d'im créateur, et le terme de son existence doit faire le supplice de sa vie. Vos auteurs ont vu ({u'ils ne pouvaient pi étendre à des réputations aussi brillantes que les anciens, et ils ont dit dans leurs cœurs : Ouvrons-nous un chemin à travers les paradoxes, et nous étonnerons paf la singularité. La nation aimable, mais légère, les a crus sur parole, d'autant mieux qu'on se |)laît à ne plus rien approfondir, ftt l'on a crié de toutes paris : A'oilk nos oracles et nos dieux : ils permettent tout,«xcepté l'assassinat et le vol : rien de plus commode, ilf lat les écouter. Qnand les passions jjortent la bannière, on est sûr de voir une nombreuse procession. »

BENOIT (Jean), n^ à Verneuil en lis.'}, docteur €n théologie de la maison de Navarre, mourut curé (les Saints-Innocents en 1573; il a fait des notes marginales en latin sur la Bible, Paris, 15il, in-f(jl. On appelle cette Bible de Benedicti ; elle a été souvent réimprimée. Il a fini les Scolies de Jean de Gagnv sur les Evangile* et les Actes des apôtres, 1563, in-8°.

BENOIT (Ke?«é), angevin, doyen de la faculté de théologie de Paris, curé de Saint- Eustache, confesseur do Marie, reine d'Ecosse, et ensuite professeur de théologie au collège de Navarre, fut choisi pour confesseur de Henri le Grand, à la conversion (luquel il avait t)eaucou;) contribué. Il fut nommé d l'évêciié de Troyes; mats sa traduction de la Bible, 15'J6, in-fôl., et 1368, 2 vol. in-'i-°, lui fit refuser les bul'os par le pape. Cette version fut supiirimée par Ja Sorbonn(> en 15!)7, et condamn''e par Grégoire Xlll en 1573. Elle avait luvn de la ressemblance avec celle de (jenève, surtout dans les notes. Le docteur refusa quelque temps d'acquies-

cer à sa condamnation. Il y souscrivit enfin eo it598. Sa mort arriva 10 ans après, k Paris, le 7 mars 1008. On a de lui plusieurs autres ouvrages, des sermons, des catéchismes, des livres de piété, etc.

BENOIT ( le P. Jean), dominicain, né k Clarcassonne en 1632, fit profession k l'âge de 18 ans. Il culti\T»it la littérature et maniait avec une «gale faL-iiité le V(^rs français et le vers latin. -Il («-êcha avec succès dans les principales villes du midi de la France, rési Ja ensuite plusieurs années k Paris, et, rappelé àToulouseparsess.;pér:eurs, y mouriit le 8 mai 17-05, âgé de 73 ans. Ce religieux a laissé quelques pièces de vers en l'honneur de Louis XIV, notamment : Problème de la, victoire et de lapaix,Psiris, 4687, in-i°. Son pi'incipal ouvrag-^ est une Histoire des Albigeois et des Vaudois, Paris, 16i)l, 2 vol. i-n- 12. Le P. Benoit écrivit aussi la Vie de saint Dominique, sous ce titre : Contimmiion de l'histoiredes Albigeois, Toulouse, !C93, in-12.

BENOIT (Elle), ministre réformé, né à Paris l'an 16iO, et réfugié en Hollande après la révocation de l'édit de Nantes, fut pasieur de l'église de Delft, et mourut en 1728. Ona de lui plusieurs écrits esiimés des pr.jtestants : Histoire et apologie de la retraite des pasteurs, 1088, in-12; Histoire de l'édit de Nantes, en Bvol.in-V, Deift, 1683, fjlcine d'exagérations, de calomnies et de ces fausses tournures (jue l'esprit de parti ne manque pas de donner aux relations qu'il inspire. Mélanges de remarques critiques, histvriques, etc.. sur doux dissertations de Toland, 1712, in-S". Benoît, obligé de quitter sa pairie, ne fut pas plus heureux en Hollande. Comme il accordait son «mitié sans jugement et sans choix, il eut de ppétendus amis qui abusèrent de sa fa(îilité. 8'i femme lui donna aussi beaucoup d'oocupïction, suivant ce qw'il en dit dans ses Mémoires manuscrits : Viliis omnibus, gnir conjugi pacem amantigravia esse possunt, irwplicita : avara, pro<;«x, jnrgiosa, inconstans et varia ; indefessa contradicendi Ubidine per aimos qnadraginta spptcm miserum conjugfjn omnibus diris affccit.

BENOIT ( PiERiuî), savant maronite, naquit à Guêtfl, ville de Phénicie, en 1663, d'une famille noble. Dès l'âge de 9 ans il fut envoyé k Rome dans le collège des maronites, où, pendant 13 années consécutives, il s'appliqua avec le plus grand succès aux belleslettres, aux lan.5ues orientales et k la théoio^io. Il retourna ensuite dans son pays, d'où il fut envové k Rome par les maronites d'Anlioohe, en qualité de député de leur ég!ise. Cosme Hl, grand duc de Toscane, l'appela k Florence, le combla de ses grâces, et lui donna la place de professeur d'hébreu k Pise. A l'âge de V'^ans, Benoit se fit jésuite. Au sortir du noviciat. Clément XI le mit au nombre de ceux à qui il avait confié le soin deeorrtger les livres sacrés écrits en grec. Il mourut tm 17?i-2, âgé de près de 80 ans, regretté i);tr les savants, par ses confrères et par es amis. On a de lui les 2 premiers volumes de l'édiliun de samt Ephrem, continuée et achevée par le savant Assemani. Le

liOi

rardinal Quirini qui lui devait la connaissance des langues orientales, et une iiartie de son érudition, l'avait engagé h entreprendre cet ouvrage.

BENOIT GENTIEN, bénédictin de Saint- Denis, parut avec éclat au concile de Constance, et passe pour être l'auteur d'une Histoire anonyme de Charles VI, roi de France, dite du moine (le Saint-Denis.

BENOIT (Michel), jésuite français de la mission de Pékin, né k Autun le 8 octobre 1715, fit son cours de théologie au séminaire de Saint-Sul|iiie de Paris, et entra au novitial des jésuites de Nancy le 18 mars 1737. Il montra d'heureuses dispositions pour les sciences, et elles furent cultivées avec soin. Après avoir étudié à fond les mathématiques, l'astronomie et quelques parties de la physique , il obtint la permission d'entrer dans les missions de la Chine. Ses supérieurs l'eivovèreiit à Paris perfectionner ses connaissances astronomiques, et il arriva à Macao en 174i. L'année suivante on l'appela <v Pékin, où il fut obligé d'établir sa résidence, quoiqu'il eùtprét'érél'emjiloi de missionnaire obscur dans les p.ovinces. A peine fut-il arrivé, que l'empereur Kien-Loug, qui avait vu la représentation d'un jet d'eau dans ui e peinture, en demanda l'explication, et voukit que les missionnaires résidant à Pékin exécutassent une semblable pièce d'hydraulique. Aucun n'eu connaissait la mécanique, et fort embarrassés ils jetèrent les yeux sur le P. Benoit, à qui les procédés de cet ouvrage n'étaient pas plus familiers ; cependant il consentit à s'en charger, et son essai fut couronné du succès. L'eaujaillissante, dont l'art n'était pas encore connu en Chine, excita les applaudissements du monarque et de sa cour. Quelque teuips après ce prince fit bâtir, dans l'enceinte de ses jardins, (juelques palais h l'européenne, et désirant qu'on y prodiguât les constructioi s hydrauliques, il chargea le P. Benoît de leur direction. Ces travaux l'occupèrent i)endant plusieurs années, et il 'lépioya dans l'exécution les plus rares talents. .Malgré ses grandes occupalions, il trouva encore le temps de s'occuper d'astronomie, de physique et de ;;éographie, et il lit connaître à l'empereur Kien-Longles usages du télescope à réilexion, et ceux do la machine pneumatiipic. Pour satisfaire aux questions (lu'il lui faisait souvent sur la géographie, il entreprit de lui dessiner une grande mai)pemonio, où il marqua tous les pays récemment découverts, et où il rétablit la véritable position de beaucoup de lieux d'a{)rôs les nouvelles observations. Il aicomjiagna ce dessin d'un Mémoire dans leijuel il donna les explications nécessaires sur les glohes terrestre et d'Iesto, et où il exposa es .systèmes modernes sur le mouvement de la terre et sui' ceux des planètes. L'empereur satisfait do son travail voulut lui faire graver sur cuivre, quoique ce genre de gravure ne fût pas connu h. la Chine, une nouvelle carte générale de l'empire ipi'il venait de fair'e <lresser. Kii vain le missionnaire lui ro- [irésenla qu'il n'avait aucune connaissance de

cet art, il fallut obéir, et il se vit réduit,comme il l'avoue lui-même, h recourir aux livres d'Europe pour y étudier la manière de graver au burin et h l'eau-forte. Il lui fallut ensuite former des graveurs et imaginer des presses projires à la taille-douce, et accoutumer les imprimeurs en boisàen faire u.sage. L'ouvrage était immense ; cette carte se composait de loi feuilles. Le travail fat suivi sans interruption, et terminé pins promptement que le missionnaire ne s'y était attendu. On parvint aussi h exécuter l'impression, et la carte futprésentée à l'empereur qui donna l'ordre d'en tirer 100 exemplaires. A pei: e cette tâche fut-elle achevée, que le P. Benoît se vit chargé d'un autre tirage d'une l)ien |)lus difficile exécution ; je veux parler des batailles de l'enqjereur Kien-Long, qui avaient été gravées et tirées en France aux frais de Louis XV, et envoyées à la cour de Pékin en 1772. L'empereur, qui avait admiré la perfection de ces gravures, \ oulut que ses ouvriers en tirassent do nouveaux exem|)laires toujours sous la direction du P. Benoit ; mais le travail fii i de re> planches exigeant bien d'autres précautions que le simple trait il fallut inventer une nouvelle presse et comliiner des procédés nouveaux pour perfectionner rim|)ression ; mais les soins, l'activiié, l'esprit fécond en ressources du P. Benoit, suffirent à tout. Ce tirage fut exécuté avec succès ; et sans être aussi beau que celui de Paris, il mérita encoïc l'approbation de l'emjiereur. Ce premier essai de l'impression en taille-douce fut le dernier des travaux du missionnaire ; un coup de sang l'enleva subitement le- 23 octobre 1774. Nous n'avons |>arlé jusqu'ici ue de ses travaux scientifiques; ils ne l'empêchèrent point de se livrer avec ardeur ii tous les exercices de son ministère. H fut pleuré ]iar tous les chrétiens de la capitale, et vivement regretté de l'empereur Kien-L mg, (]ui l'avait constamment honoré delà plus indulgente familiarité. BENOIT, Vincent-Vekmeu), publiciste,né h Dole en 1769, ternrina ses études au séminaire de Saint-Lazare à Paris. La lecture de plusieurs ouvrages philosophiques lui ins- |)ira la ,ilus vive antipathie pour l'état eeclésiasti((ue ; il se cliargea d'une éducation, fut ensuite employé dans di\ erses administrations, et, admis en 1805 dans les bureaux de la secrétairerie d'Etat, il obtint la confiance de M. Maret. Après la bataille de Waterloo, Benoît eut la direition des b:ireaux du gouvernement provist);r(', et il |int soin, en quittant les Tuileries, d'anc-antir toutes les pièces dont la diMouverle aurait jui (Omprnmet- Ire quel([ues personnes. Il se retira ;i (ienève, mais on le remit aux mains de la gendarmerie franeaisc ; il subit une assez, longue détention à Bourg, jiuis fui placé en surveil- I.MK e à Orléans, où les autorités se monlrèrenl bieiivedlantes pour lui et lui obtinrent la permission de reti.urner Ji Paris. Un article violent qu'il inséra, en 1817, dans la ^ililidthihiur /(iji/ori^Ki. contre le eh-rgé calholi que, dnima lien h un proi es. 11 liil einporli' par le choléra le 12 avrd 1832. On a de Be-

Page 1