‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 119 sur 228 · SI · texte numérisé non relu

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le premier volume il détruit le matérialisme, et dans le second il justifie la religion e! traite de la Divinité , des preuves de son existence , de ses attributs , de la manière dont elle influe sur le bonheur des liommes, etc. Dans sa Réponse aux Conseils raisonnables , il réfute les sopliismes ot les sarcasmes de V^oltaire. En 1780 [larut son Traité historique et dogmatique de la vraie religion , avec la réfutation des erreurs qui lui ont été opposées dans les différents siècles, Paris, 12 vol. in-12*, Besançon et Paris, 1820, 8 vol. in-8" : ouvrage plein de choses, riche en observations de tous les genres ; histoire , physique , géographie, politique, morale, philosophie, érudition sacrée , tout se réunit sons la ['lume du savant, éloquent et judicieux auteur, pour faire un tableau simple par son objet principal , quoique inhniment composé par la diversité do ses rapports et la multitude des parties qui concourent à former ce précieux ensemble. En 1788 et années suiv., il publia son Dictionnaire théologique , 3 vol. in-i", faisant partie de l'Encyclopédie mélhodique, souvent réimprimé, not imment à Besançon, 1830, 8 vol. in-8", avec des notes de M. Gousset. On retrouve en général, dansleDictionnairede théologie de Bergier, la vaste érudition, la logique rigoureuse, le slyle coulant, rapide, aisé de ses autres productions; maisçk et là, ainsi que dans l'ouvrage précédent , un peu tro[) d'indulgence ou de coiuiilaisance envers les gens d'une secte qui ne dédaignait point ses talenls , une espèce d'éganls pour des erreurs accréditées et de composition avec quelques préjugés dominants. « Je crois quelquefois, a dit un critique , entendre la religion qu'il a si savamment défendue , lui dir.' avec un ton de tendresse et de plainte : Tu quoque, Brute! » Des hommes respectables ont témoigné leurs regrets sur son association à une tourlie d'écrivailleurs , que le chef luimême appelait « une race détestable de travailleurs , qui ne sachant rien , et qui se piquant de savoir tout , cherchèrent à se distinguer par une universalité désespérante , se jetèrent sur tout, brouillèrent tout , gâtèrent tout , mettant leur énorme faucille dans la moisson des autres. » 11 est certain que celte association a infiniment contribué à répandre un ouvrage pernicieux, vas'.e magasin d'erreurs de tous genres, dont ks lecteurs chrétiens avaient la plus grande aversion, et qui depuis qu'il fut décoré du nom d'un auteur si sage et si religieux , trouva place dans les- bibliothèques les [ilus scrupuleusement composées. Mais cette démarche imiirudente, où sou zèle peut hii avoir fait illusion, n'empêchera pas qu'il ne soit considéré à juste titre pour un des plus zélés apologistes modernes du cliristianisme. Ce (jui distingue particulièrement l'abbé Bergier, ce qui fait le caractère exclusif de ses ouvrages parmi les apologies de la religion, c'est une logique d'une précision et d'une vigueur étonnantes, qui, se montrant dans une seule et même matière solis des formes al)Solument différentes, attaque le sophisme

en tant de manières à la fois, le frappe si rudement sur les endroits oii sa résistance paraissait la mieux assurée , que la victoire se décide toujours par cette lumière pleine et brillante qui ne laisse subsister aucun nuage de l'erreur. Je ne sais s'il est possible d'avoir plus de connaissances en tant de genres divers, mais particulièrement dans l'histoire, la théologie, la critique, et surtout dans cette immensité de brochures et de compdations de toutes les espèces, qje les Encelades de C3 siècle ont entassées comme des monts, pour abattre, si ce triste exploit pouvait être l'ouvrage des mortels, le trône de l'Eternel. Personno ne connaît et ne confond mieux les ruses et 1 s détours de ces esprits faux et tortueux, ces petits artifices que le mensonge emploie avec un an qui lui est honteusement propre, ces fruits odieux de la mauvaise foi , ces tours de malice noire , cette impiété maligne, comme parle l'Ecriture, qui dirige les attaques de l'ennemi contre le lieu saint [Quanta malignatus est inimicus in Sancto ! Psal . Lxxin) . Tout cela s'évanouit comme une fumée devant les regards de l'éternelle et invii. cible vérité, présentée avec ses traits naturels jiar cet homme de zèle et de génie [Ad nihilum deductus est inconspcctu ejus malignus. l?s. XIV]. C'est surtout dans ce geiue d'argument qu'on appelli- rétorsion, que Bergier ( xcelle, c'est par lui ordinairement qu'il consomme son triomphe. A peine a-t-il repoussé les attaques des adversaires du christianisme , cju'il les attaque lui-même avec leuis propres armes, tournées contre eux avec une célérité et une adrejse qui étonnent le lecteur, et que, mettant pour ainsi dire la religion hors de l'arène, il y place le philosopiiisme et l'accable de mille traits. Nous ne parlerons pas de son Traité sui l'origine des dieux du paganisme, ouv.age où l'on ne trouve ni sa logique, ni la marche judicieuse de sa vaste érudition : il le réfudi i eu quelque sorle lui-même par l'éloge qu'il fait plusieurs fois de l'Histoire des temps fabuleux, dont le résultat lui était tout à fait contraire. «Ilétait,dit ra;ibéBarruel,dupelitnombre de ceux qui pouvaient le juger; mais je puis assurer que je n'ai point vu d'admirateur pK.s sincère et plus éclairé de cette estimable production de M. du Rocher, que l'abbé Bergier lui-môme : il la louait , la iirécouisait partout, et disait hautement que le système de la fable expliquée par l'histoire, était mieux prouvé que le sien, et m'éritait la pi éfér^nce à tout égard. «Quel témoignage et quelle nouvelle preuve en faveur de l'immortelle et unique Histoire des temps fabuleux 1 Cela n'empêcha pas que Court de Cebelin ne fût enthousiasmé de l'ouvrage de Bergier et ne regar ifU en toute pitié celui de Guérin du Roeher, parce que l'empirique docteur, mort au baquet de Mesmer, était aveuglé par un creux système de son invention, qu il croyait [touvoir étayer de quelques idées de Bergier, tandis que Bergier, ne cherchant que la vérit('', était aussi charmé de la trouver chez un autre que chez lui-même. On doit encore à l'abbé Bergier : Quelle est la source de toute

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autorité? Paris, ll'SO, in-8° ; Observations sur (r ilirnrr , P.u'is, 1790, iii-8". — En 1833 , on a 6v\'A^ h l'abbé ncrgicr un monument d.-iiis r('',^lise (le Flauf^ehonche : c'est un marbre fort simple et tel qu'il convrnait à l'égird du prêtre érudit dont la modestie égalait le savoir.—M.. Migne a publié en ISVO, V vol. in-V, une nouv. édition du Dictionnaire (le tliéofoqie dnqmatiiiue, liturgique, cahonic/iie et di.<;ciplinàire , de Uergicr, mis en rapport a\t!C les proi^n's «les sriences. Elle offre tout ee qui se trouve dans les éditions précédentes, aven des annotations et des articles nouveaux sur les doctrines et les erreurs qui se sont produites depuis 80 ans; ces additions ont accru d'un tiers rouvrai;;o original. L'éditeur l'a l'ait suivie d'un JJirtiouiuiire de théologie morale, [lar M. l'ablié Pierrot, auteur des notes et articles ajoutés à l'œuvre dé I5ergier. Ce Dicfionnaire, complément nécessaire du premiei', présente un exposé com|)let de la niiinilo évangélique et une règle de conduite jiour les jjrincipales circonstances de ]a vie civile et religieuse. 11 est suivi du l*inn méthodique de la théologie, laissé inédit par Rergier, et d'une Histoire abrégée de la théologie depuis l'origine du monde jusqu'à nos jours. Chaqi:e volume de ces deux Dictionnaires se termine par un:- table méthotlique et alphabétique (les matières.

BERINr.'rO>; Joseph), historien et lit'érateur anglais, né d;ins le comté de Sbrop, d'une famille catholique, vers 17G0, fut envoyé, dèsl'j^gedell ans, en France, au collège de Saint-Omer, destiiié principalement aux étrangers qui se vouaient au sacerdoce. Après avoir ret.u les saints ordres à Douai, il exerça, pendant vingt ans, en France, les fonctions sacerdij^ales , qu'il continua de remplir ensuite dans sa patrie. 11 l'ut nonnné, en 18li, curédeliucklaïul, près d Oxford, oiï il mourut en 1820. Beringtoil manifesta souvent des opinions que ses supérieurs regardaient comme fort douteuses, sinon comme hétérodoxes. !?es principaux ouvrages sont: Vie d'Ahailard et d'IJéloise , 178», in-i° ; 178", 2 vol. in-S". L'auteur s'y doiuie la tAchc diflicile d(,' justifier Abailard , et ne craint pas d'attaquer saint Bi'rnard ; De l'état et de la conduite des catholiques anglais depuis la réforme, 17'.;2 ; cet écrit niunlie qui' les catholiques anglais se sont toujours distingués |)a rieur soumission aux lois elhv.n amourdela paix. On y trouve une stati.stiqur du callioii(i>meen .Xn^lcterre ; liéflixions adressées au Révérend l'ère Jean llaruLius, 17^0 , où sont blAmés le culte des imag"?., !,• célibat ccdésiaslique, l'usage du laliii dans la liluruie ; flistuire du règne <le llmri II et de ses /?/.«, 1790, in-V" : l'auteur "j'y montre favorable aux albigeois, et y attaque diverses ins- Ijiulions religieuses.' lui li8lD .il y eut .'i Londres l't dans toute l'Angleterre cttlholi- (|ue di; giaml déliats entre les vicaires aposl(ili(jues l'I un comité foiim'- à Lmidro^ ; Heringloiiy prit pari : il fut ceiisun'' pai' les évè(pies dans leur synode du 2V ayiH 17»2. Méiiiiilre de Grégoire /*'ii<:»;ii, a^enl du papo (n Angloleire, i;n Ki.'J'i, It).!.') el lO.'di, in-8 .

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Ces mémoii'es, jnsqu'alors ir'édits, étaient traduits de l'italien; Examen dis événements appelés miraculeux, tels qu'ils sont rapportés dans des lettres d'Italie, Î796. L'auteur ^ conteste les miracles Joui il rêprociie à Pie YId'èti'e l'inventeur, et parle avec dérision de ceux du B. Joseph Labre : Milner .•«; chargea de lui réiiondre ; tssai sur les écoles du dimanche, où il dernande la réforme du catéchisme ; tiistoire littéraire du moyen âge, ouvrage traduit en français par A.-.NL- H. Boulaid, et publié par lui en sejit parties difTéientes, savoir : 1° tiistoire littéraire des huit premiers siècles de l'ère chrétienne, depuis Auguste jusqu'à Cltarlemaqne, Paris, 181 V. in- 8* ; 2° — des i\' et x' siècles, lg2G, in-S" ; 3° — des xr et xii' siècles, lb'18, iu-8° ; 4" — du XIII' siècle, iÉii, in-8° ; 5° — du xi>' et de ta moitié du \v' siècle, 18^2,, iii-8° ; 6° — des Grecs, IKiS ; 7" — dés Arabes ou des Sarrasins, 1823. Cet ouvrage manque souvent de méthode, et toujours de hautes vues el de profondeur ; le tableau qu'il présente est loin d'ailleurs d'être complet.

BliUKI-LEY ou BERKLAY (Georges), né à Kilcrin, en Irlande, le 12 mars 168'*, fut doyen de Derry, et ensuite évèque de Cloyne ou Méatli en 17*33. Il commença à être connu eu France jiar le livre intitulé : Alciphron ou le petit philosophe, cnl Dialogues, contenant une apologie de la religion ctirétienne contre ceux qu'on nomiiie esjiritsforts. Cet écrit parut en français l'an. 173i, à Paris, 2 vol. iii-12. On y trouve, comme dans tous les autres ouvraj^ei de l'auteur, des opinions singulières. Les objections contre les vérités f'ondameutales de l.i religion y sont poussées avec une fore ■ cajKdjle de faire illusion ; et l'on a besoin de méditer les réponses jiour tau seulir la solidité. La Tiiéoric de la vision', i\\\\ termine l'ouvrage, est fort estimée. Ses Dialogues entre IIijlus et PhilonoUs , traduits eu liançais par l'abbé de Cua, 1751, iii-12, lireul du lnuit. Il y soutint qu'il n'y a que des es|irits et poiHl de corps, et appuyait ce l'aradoxe particulièrement sur ce sophisme : <■ Lo même objfl. vu <> par un verre, me |>arait (]uatre fois plus « grand qu'à I œil et (pialretoib plus petit iiinr '< un autre verre. Or un objet ne peut avoir " 10, V et un pieij. Ma vue ii<' mapi/rend doue « rien de l'étendue de cet objet, ol je puis « croire (juil na pas détendue. » Vobaire a entrepris 1,1 léfutatioii de e(,' sophisme d'une manière à faire lri<uii|)her Berkeley. M. Berg:er a été plus heureux. (Voyez, la Suite de lApnl. de la Hel. ui[.Corpt). On » encwre de lui un Traité sur l'éuu de yondrou, qu'on lit avec plaisir, iiia^n- la si'i lieiUHse du M^el, et qui vail mieux que loiilis ses «péciilalious uiéla|>li.>sicpi('s. CaDl\v(l mi a donné une bonne traduction en fiança vi, in-i2. Le st\le de Berkeley est uiélliddKme, ôlégiiili't ci.dr. Cul l'ciivain • ^l nioil le lijanvier 1753.

bi:uki:li:v ou bI':kklav iCi .m.h.s , m- h

Londie>. en 1733, el ne ri en l7'.io. élail Hl» du célèbre évèquu do Clu.vne, ol duvinl chnnoine de CanloiiiiTy. Il se lit un nom comme préiiicjilfur, et l'on cile pariiculièremeiil

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le sermon C(n'i\ prononça pour Fanniversairc de la mort lie Charles î" en 1785, dont le Stijpl était : Les dangers des innovations violentes dans l'Etat, quelque spécieux qu'en soit le prétexte, démontrés par l'exemple des règnes des deux premiers Stuarts. h fut imprimé pour la sixième fois en 17%.

BERMUDEZ (Jean) , patriarche d'Ethiopie, né en Portugal, passa en Abyssinie avec la qualité <le médecin, et trouva moyen de s'insinuer dans la laveur d'Emmanuel, roi des Abyssins, qui l'envoya en Portugal et à Rome, pour y demander des secours contre les Maures. Pour y réussir plus facilement, il lui avait conft'ré les titres d'ambassadeur et de [latriarChe d'Etliiopie. Bermudez, qui n'était que séculier, se lit ordonner prêtre, et fut bien accueilli par le pape Paul 111, qui le sacra patriarche eri 13.38. Il fut également bien reçu par Jean IH, roi de Portugal, qui ordonna au vice-roi des Indes d'envoyer des secours au roi d'Abyssinie. De retour dans celte contrée, le roi étant mort, et le parti des Maures ayant prévalu, il fut arrêté, et né parvint qu'avec peine à s'échapper. De là il revint à Lisi)onne , où il mourut vers 1375. Il a laissé sur l'Abyssinieune Relation écrite d'un style simple et digne de foi, qu'il dédia à Séiiastien, roi de Portugal.

BERNABEU (don Antoine), archidiacre de Muiviedro , dignité dépendante de l'église métropolitaine de Valence, avait été deux fois député aux Cortès, et fut ensuite enfer^ mé dans un couvent de capucins, pour s'être montré tio|) favorable à l'insurrection : il en sortit et se retira en Ang eterre. Son archevêque, don Simon Lopez, l« déclara excommunié dans une lettre qu'il écrivit au docteur Poynter, vicaire catholique de Londres. Bernabou mourut dans cette ville le 8 novembre 1825, muni d*s derniers secours de la religion, qu'il reyut avec une vive piété, et fut enterré dans le cimetière catholique de Saint-Pancrace. Il avait traduit et publié en ( sptniiol l'ouvrage de M. Locoz, archev.de Besançon, qui apour butd'edémontrer la divinité de Jésus-Christ ; il avait en outre publié un livre sur la régénération de son pays et la suppression de l'inquisition.

BERNARD de Menthon (saint), né dans un château de ce nom en Genevois près d'Annecy, au mois do juin 923, d'une des plus illustres maisons de Savoie, montra dès son enfiuce hea.icoup de goût pour les lettres et la v. rtu. Il se consacra , nialgié ses parents, à l'état ecclésiastique. Poursédéro- .\)er à leiu'S sol'iéitaiions, il se retira à Aoste en Piémont, 1 1 y reçut les ordres sacrés. Nommé archiaiacre de cette église, il fit des missions dans les montagnes voisines. Les habitants de ces déserts sauvages, attachés à d'anciennes su'pfrstitions, conservaient encoredes monumenlsdu paganisme. B.rnard, auiméd'un s'aijil zèle, les renversa. Sou cœur, non moins compatissant que son esprit était éclairé, fui vivement touché des maux que les

{)èlerins allemands et français avaient àsoufrir, eu allant à Rome iiour rendre leur pieux hommage aux tombeaux des saints Apôtres.

Il fonda pour eux deux hôpitaux, tous deux dans les Alpes ; l'un sur le Mont-Joïen, nommé aussi Mont-Jou {Mons Joris), montagne ainsi appelée parce qu'il y avait un temple de Jupiter qu'il lit abattre ; l'autre sur la colonne Joienne, ou Columna Jovis. aiu^i nommée à cause d'une colonne de Jupiter qui fut pareillement renversée. Ces deux hôpitaux, dits de son nom le grand et le petit Satntliernnrd, furent desservis avec autant d'&xactilude que de générosité par des chano, nés régul ers de Saint-Augustin. Bernard' fut leur premier prévôt, c'est le nom qu'il donnaient à leur supérieur. Le saint, ii>ndateur ayant assuré des secours aux pèlerins, alla porter la lumière de la fui aux iieuples de Lombardie qui sont au levant du Moat-Joïen. 11 en convertit un grand nombi e, et apiès les avoir arrachés aux ténèbres del'idolAtrie, il passa à Rome, où il oMint la confirmation de son institut. Les privilèges que le pape lui accorda ont été renouvelés par Jean XXII, -carlin V, Jean XXIII, Eugène IV, etc. Saint Bernard, de retour en Lombardie, cultiva les fruits du christianisme qu'il y avait fait naître, et mourut à Novare le 28 mai 10u8, âgé de 85 aus. Ses vertus éminentes et ses miracles le firent canoniser l'année suivante. Les sectaires et les philosophes s'accordaient à laire l'éloge de cet homme zélé et charitable, ainsi que de ses disciples, qui ont conservé res()ril primitif de leur iujtilut, et exei-ceut encore envers les voyageurs une charité aussi constante que ùésintéressée. « Quelques-uns « de ces sublimes solitaires, dit un voyageur « témoin de leurs travaux, graviraient les « pyramides de granit qui bordent le che- <f triin, pour découvrir un convoi dans la dé- « tresse, et pour répondre au cri de secours; « d'autres frayaient le sentier enseveli soi4s « la neige fraîchement tombée, au risque de « se jierdre eux-mêmes dans les précipices, '( tous bravant le froid, les avalanciies, le « danger de s'égarer, presque aveuglés par « les tourbillons de neige, et prêtant une « oreille attentive au moindre bruit (jui leur « rappelait la voix humaine. Leur lut: épidi- « té égale leur vigilance. Aucun malheureux « ne les appelle inutilement ; ils le raniment « agortisant de froid et de terreur; ils le >( transportent sur leurs bras, tandis que « leu.s pieds glissent sur la glace ou s'cnfon- « Cent dans les neiges : la nuit et le jour « voilà leur ministère; leur sollicitude veille « sur l'humanité dans ces lieux maudits de « la nature, où ils présentent le spectacle « habituel d'un héroïsm'e qui ne sera jamais « chanté par nos flatteurs. De grands chieris « s'ont les compagnons intelligents des cour- « sesd«leurs maîtres ; ces dogues bienfaisants •( vont à la piste des mallieureux ; ils devan- « cent les guides, et le sont cux-rBêmes : à « la voix de ces auxiliaires le voyageur « transi reprend de l'espérance ; il suit leurs « vestiges toujours sûrs : lorsque les ch .tes « déneige aussi ]iromptes que l'éclair englou- « tissent un passager, les dogues de Satuit- K BernaM te défeitMlYrônf sous l'abfeuti ; ils y « conduisent les religieux qui retirent le ca^

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a flavre, ou portent, s'il en est encore temps, « (les secours à ce malheureux. » Cet estimable institut avait autrefois plusieurs maisons, et des biens considérables on ditrôrcntes pnivinces, et surtout en Savoie. En conséquence d'une difliculté survenue entre les Suisses et les ducs de Savoie, pour la nomination du prévùt, le pa[ie Benoit XII doinia, en 1752, une bulle qui accordait aux religieux la liberté de se choisir un prévôt ; mais ils furent en même leiups dépouillés de tous les biens qu'ils possédaient en Savoie, et qui furent transférés à l'ordre hospitalier de Saint-Maurice et de Saint-Lazare.

BERNARD de Thibinge annonça, vers la fin du X' siècle , que la fin du monde était prochaine. Il portait un babil d'ermite, et menait une vie austère. Il .jeta l'alarme dans tous les esprits ; et une écli|ise de soleil étant arrivée dans ce temps-là, beaucoup de monde alla se cacher dans des creux de rocher, dans des antres et des cavernes. Le retour de la lumière ne calma pas les esprits. 11 fallut que Gerberge, femme de Louis d'Outremer, engageât les théologiens à éclaircir cette matière. Us décidèrent que rien ne prouvai! la fin prochaine du monde, et que, selon toute aiiparence, le temps de l'antechrist était encore éloigné ; le monde subsista, et les rêveries de l'ermite Bernard se dissipèrent.

BERNARD (saint), né en 1091, dans le village de Fontaine en Bourgogne, d'une famille noble , se fit moine a l'âge de 22 ans à Cîteaux, avec 30 de ses compagnons. Son éloquence énergique et touchante leur avait persuailé de renoncer au monde. Clairvaux avant été fundé en 1115, Bernai d, qui)i(iu';'i peine sorti du noviciat . en fut nommé le premier abbé. Cette maison, devenue si 0|ndente par une suite du travail de ses premiers religieux, était si pauvre alors, que les moines disaient souvent leur potage de feuilles de hêtre, et mêlaient dans leur pain de l'orge , du millet et de la vesce. Le nom de Bernard se répandit biiiilôt partout. 11 ■• utjustm'àTOO noviees. Le pn()e Eugène III, des cardinaux, une fuule d'evêques, furent tirés de sou monastère. On s'adressait h lui de toute l'Europe. En 1128, on le cliargea de dresser une règle pour les temiiliers , connue le seul lionnne capable de la leur donner. En ll-'iO, un concile assemblé h la ré(piisilion de Louis le (Jros , s'en rajipirta à lui pour examiner lequel d'Innocent II o.i d'Anaclel , élus tous les deux jiapes, était lu |onlil'' légitime. Bernard se déclara pour Innocent, et toute l'assemblée y souscrivit. Ouelque temps ajirès il fut envoyé à Milan avec deux cardinauv , jmur réconcilier cette église (jui s'était jetée dans le |)arti de ranti|)ape Anaclet. La fimb; fui si grande ii sa porte tout le temps (ju'il ri'sta (iuns cetti' ville , que son leiupéraineiil délieat ne pouvant résislei aux erupres- •jcinenls du [leiipli! , il fut obligé du ne se montrer nlus ou aux fenêtres, et do donner de lli sa bénéiliclion aux .'wilatiais. On voulut en vain l'eni^ager îi ac('epter < et archevêché ; il «ima mieux retourner en France. 11

assista au concile de Sens en 1140, et y fit condamner j)lusieurs |)roposilions d'AI)ailard, théologien bel-esprit, qui se flattait d'être son rival. Eugène III, son disciple, lui donna bientôt une conunission plus importante. Il écrivit à son maître de prêcher la croisade. Cet homme zélé et éloquent persuada d'abord Louis le Jeune, roi de France. Il le pressa d'aller combattre en Asie des barbares qui menaçaient l'Europe de leur enlever les belles provinces (pi'ils avaient envahies , et de secourir des chréliens qui gémissaient sous un joug aussi cruel qu'injuste. Ce projet d'une sage politiq.,e , fruit naturel de la leligion et de la charité, fut combattu un moment par l'abbé SugiT, à raison des circonstances qui semblaient s'op- ])oser au départ du roi ; car ce ministre qui a firme aussi le plan d'une croisade, ne désapprouvait point l'expédiiion en elle-même (Voy. Slger'. Le sentiment de saint Bernard prévalut. Ses conseils étaient îles oracles pour les princes et pour le jieuple. On dressa un échalauil en pleine campagne, à Vézelai en Bourgiigne, sur lequel l'iiumble cénobite parut avec le roi. Il piêcha avec tant do succès que tout le monde voulut être croisé. Quoiqu'il eût fait une grande |)rovisii.n de croix, il fut obligé de mettre son habit en pièces, pour su]tpléer à l'ét' Ile qui manquait. L'enthousiasme que sou élo(juonce inspira fui si véhément, que Bernard écrivit an pape Eugène : Vous avez ordonné, j'ai oliéi : et votre autorité a rendu mon obéissance fructueuse. Les villes et les ciidleaux diriennent désrrts , et l'an voit parldul des leures dont les maria sont vivants. On voulut charger le [irédicateur de la croisade d'en être le chef; mais soit humilité, soit horreur du tumulte des armes, il refusa une di-;nité dangereuse et pénible ip.e 1 ermite Pierre n'avait pas craint n'accepter. De Frajice il passa en .\llemagne, détermina l'empereur Conrad III à ])rendre la croix, et i)roudt, de la part do Dieu, les plus grands succès. On mardi ; de tous les côtés de l'EumiJO vers l'Asie, et on envoie une quenouille et un fuseau îi tous les princes qui refusaient de s'engager dans cette eutreiirise. Saint Bernard, resté en Occident, tandis que tant de guerriers allaient i-herciier la victoire ou la mort en Orient, s'occupa il réfuter !os erreurs de Pierre de Bruys, du moine Raoul, (pii exhnrtaieiit les [leuples, au nom de Dieu , d'aller iiia>sacrer tous les Juifs; îi confondre (idbert de la Forée, Eon de l'Etoile, et les sectateurs d'.Vrnauld de Brescia. Ou l<iuo temps avant .sa mort il pulili.i son .{pidiKjir pour la Croisiiile ipi'il avait prêeliie; oar il >e trouva des ojiril.s |ieu justes ipii voulaient le rendre rosjioiisablo du mauvais succès (pi'elk' avait eu. Saint Beriiaid rejeta ce malheur sur les dérèglements des s l'.dats et des généraux qui la comj'Osaiont. Floury observe ipie la première croisade avait eu nlus de sui ces, quoique les crnisé-s eussent clé aussi peu rtV glés; saint Bernard ne s'iqurcevaU pas, ajoute-l-il, ipi'une preuve qui nesl pas toujours concluante ne lest jamais. .Mais nllo

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réflexion est bien peu digne de ce judicieux historien. De ce que Dieu ne punit pas toujours, s'ensuit-il qu'il ne punit jamais? s'il punissait toujours, il aurait bientôt détruit le genre humain ; s'il ne punissait jamais , la marche de sa providence s'obscurcirait trop à notre égard. Fleury ne pouvait ignorer que les Israélites avaient été quelquefois heureux dans les temps où ils étaient plus coupables que lorsque Dieu les punissait. Son argument est d'ailleurs celui que Fabius Maximus appelait eventus stultorum magister. Quoi qu'il en soit, saint Bernard appuyait son apologie de l'exemnle de Moïse, qui, après avoir tiré d'Egypte les Israélites, ne tit point entrer ces incrédules et ces rebelles dans la terre qu'il leur avait promise. 11 parle ensuite avec beaucoup de modestie des miracles qui avaient autorisé ses prédications et ses promesses. On voit par les relations de ces voyages que les armées des croisés étaient non-seulement comme les autres armées , mais encore pires , et que toutes sortes de vices y régnaient, tant ceux qu'ils avaient apportés de leurs pays que ceux qu'ils avaient pris dans les pays étrangers. Grand nombre d'ecclésiastiques et de moines se croisaient ; quelquL'S-uns poussés d'un véritable zèle, d'autres par l'amour de l'indépendance : tous se croyaient autorisés à porter les armes contre les inlidèles. Ces grandes entreprises ne furent ni bien concertées, ni bien conduites. L'indi Igencejilénière elles grands privilèges que l'on accordait aux croisés attnaient une nifinité de personnes. Ils étaient sous la protection de l'Eglise, è couvert des poursuites de leurs créanciers qui ne pouvaient rien leur demander jusqu'à leur retour. Us étaient déchargés des usures ou intérêts des sommes qu'ils devaient. Il y avait excommunication de plein droit contre quiconque les attaquait en leurs personnes et en leurs biens. Mais comment faire observer une discipline exacte à tous ces croisés, rassemblés de dilférentes nations, et conduits par des chefs indépendants les uns des autres , sans qu'aucun eiit le commandement général ? 11 est vrai que le pape y envoyait un légat. Mais un ecclésiastique était-il capable de contenir de telles troupes? Ce fut cependant ce défaut de disciphne qui aliéna totalement les Grecs elles rendit les plus dangereux ennemis des croisés. On était d'ailleurs si mal instruit de l'état des pays qu'on allait attaquer, que les croisés étaient obligés de prenare des guides sur les lieux, c'est-à-dire de se mettre à la merci de leurs ennemis, qui souvent les égaraient exprès et les faisaient périr sans combat, comme il arriva à la seconde croisade. (Voij. Gode- FROY DE Bouillon, Pierre l'ermite, et VHisloire littéraire de saint Bernard, Pa:is, 1773, pag. 37 et suiv.) Saint Bernard mourut le 20 avril 1153, après avoir fondé ou agrégé à son ordre soixante-douze monastères, en France, en Espagne , dans les Pays-Bas, en Angleterre, en Irlande, en Savoie, en Italie, en Allemagne, en Suède, en Honi-,r:e, en Danemark, etc.; et s'il faut y comprendre les fon-

DlCT. DE BlOGBAPHIB RELIG. I^

dations faites de son temps par les abbayes dépendantes di' Claivaux, o i doit en compter cent soixante et plus. « Il avait été donné « à cet homme extraordinaire, dit un aute u- «célèbre, de dominer les esprits. On lo « voyait, d'un moment à l'autre, passer du « fond lie son désert au milieu des cours, « jamais déplacé , sans titre, sans caractère , « jouissant do cette considi'^ration person- « nelle qui est au-dessus de l'autorité ; sim- « pie moine de Clairvaux, plus puissant que « l'abbé Suger, premier ministre de France; « et conservant sur le pape Eugène III, qui « avait été son disciple , un ascendant qui « les honorait également l'un et l'autre. » Le grand reproche que l'on fait à saint Bernard est de s'être exprimé trop durement au sujet d'Abailard, dans les lettres qu'il écrivit à Rome et aux évèques de France à ce sujet ; mais ce ne fui qu'après le refus que fit Abailard de s'expliquer et de se rétracter. Cette conduite dut persuader au saint abbé que ce novateur était un hérétique obstiné. Mosheim et Brucker disent que saint Bernard n'entendait rien aux subtilités de la dialectique de son adversaire ; mais celui-ci s'entendait-il lui-même? On voit parles ouvrages du premier qu'il était meilleur théologien que son antagoniste, et qu'Abailard aurait pu le prendre pour maître ou pour juge sans se dégrader. Toujours est-il vrai que les soi-disant jihilosophes , qui reprochent à l'abbé de Clairvaux la haine , la jalousie, la violence, l'injustice cont e l'innocence fierséculée, se rendent eux-mêmes coupables de tous ces vices. Lorsque Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, eut donné à Abailard une retraite et l'eut converti , saint Bernard se réconcilia de bonne foi avec lui et ne chercha point à troubler son repos; il n'avait donc point de haine contre lui. Mais aux yeux des incrédules, les hérétiques ont toujours raison, les Pères de l'Eglise ont toujours eu tort. De toutes les éditions que nous avons des ouvrages de saint Bernard, la seule qui soit consultée par les savants est celle de dom Mabillon, 1690, en 2 vol. iu-fJ., réimprimée en 1719. Celle seconde édition est moins estimée que la première. L'une et l'autre sont enrichies de préfaces et de notes. Le 1" volume renferme tous les ouvrages qui appartiennent véritablement à saint Bernard. 11 est divisé en quatre parties : la 1" pour les lettres, la 2'^ pour les traités, la 3* pour les sermons sur différentes matières, la k' pour les sermons sur le Cantique des cantiques. Le 2* volume contient les ouvrages attribués à saint Bernard , et plusieurs pièces curieuses sur sa vie et ses mirac es. Il y aune autre édition du Louvre on 16i2, 6 vol. in-fol. Dom Ant. de Saint- Gabriel, feuil ant, a traduit tout saintBernard en français, Paris, 1678, 13 vol. in-8°. Ses Lettres, au nombre de plus de 400, ont été traduites depuis par Villefore, 1734, in-8°, 2voL; et SOS Sermons choisis , par le même , 1737, in-8'. La vivacité , la noblesse , l'énergie et la douceur caractérisent le style de saint Bernard. U est plein de force, d'onction et d'a-

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gr(''ment. Son imagination féconde lui fournissait sans effort les allf'-gories et les anti , thèses dont ses ouvrages sont semés. Ouoiqut '■. n('" dans le siècle des scolastiques, il n'en prit ni la méthode ni la sécheresse. Erasme, bon juge en matière de style , admirait l'éloquence et lesagromentsde celui de saint Bernard, .lutant que sa vaste et modesleéruditioji. Brrnardus et rhristiane dodus, et sanctc facundus, et pie festivus (Erasm. iu c.ip. 1 Uom.'. Très-postérieur aux siècles des Pères, il est néanmoins considéré comme tenant une place parmi eux (Foi/, te Journal hist. et litt., Vnoùt 1806, p. 178). Les prot' stants , quoique oppi)sés à sa doctrine, lui ont cependant rendu plus de justice que plusieurs des écrivains catholiques de notre siècle. Luther dit , par une espèce d'exagération, qu'il l'emporte sur tous les docteurs de l'Eglise ; Buccr le nomme un homme de Dieu; OEcolampade le loue comme un théologien, dont le jugement était plus exact que celui de tous les écrivains de son temps ; Calvin l'aiipelle un pieux et saint écrivain, par la bouche duquel la vérité ellenièmo semble (larler. « Au milieu des ténèbres, dit Mortou, Bernard brille tcmt à la fois par la lumière de ses exemples et de sa science. » « Plût à Dieu , dit Carleton, parmi beaucoup d'invectives contre le saint , que nous en vissions <iujourdhui plusieurs, et même un , tel qu'il est certain qu'a été Bernard. » Le beau et touchant cantique .Ire, 7)uiris Stella , est de sa composition. Nous avons saVie par Le Maître, Paris, 16'i-9, in-S", et par Villefore , nO't. , in-i". Celle-ci est la meilh'ure. Elle est pn'cédéL' de sou portrait , gravé d'a|)rès un tableau qui fut fait un an avant sa mort. De no-; jouis, M. l'abbé Ualisbonne a putilié une Histoire de saint Kernard en -2 vol. in-8°, avec portrait, qui a eu jdusieurs éditions; et l'on en attend une autre de M. de .Montalembert.

BERNARD iPtoi-émék, saint), instituteur des olivétains, d'une des premières maisons de Sienne, na()uit in 1-272. Il remplit avec tout le zèla et l'intégrité j'ossible les premières places de sa i)alrie ; mais le danger des honneurs lui lit abandouiici' les dignités. 11 vendit ves biens, endistribua le prix aux pauvres, se retira dans un désert à dix milles de Sienne, et y pratiqua des auslé'rilés incroyables. Quelques personnes s'élanljuintesà lui, le |)ape lui conseilla de choisu- lo genre de vie de <[uelque ordi- • religieux approuvé dans l'Église. Il a(lo|ilal.i règhMlo saint Benoit etl'hahit blanc. (Jiii, (''vèipie d'.\re/./.o,dans lo diocèse duiiuel il était, lonlirma s^n choix, ainsi que ses constitutions, en l.'il'J ; et son ordre, connusous le litre ila Cotigre'gulion de ta Vierge Marie du Munt-Olivel, lut successi- \om<'nt approuvi' par plusieurs |iapes. Le saint fondalour avait l'esprit de piélc- d.ins un degré énunent. Il mourut le 2()uoi1l VikS. La congrégation des olivétains esi nombreux! en Italie ; leur principale maison est celle île Saintc-i'rancoisc à Home, il > a aussi des religieuse- du mèmi ordre.

Ui.RN.XRD (le Bunhuureux , margrave de Bade, lils de Jac'jue.*. île Kude , qu'.ijiéus

Sylvius, depuis pape sous lo nom de Pie II, assure avoir été un des plus .^nges princes de son temps, n.upiit vers H.'}8, et ne tarda pas h donner l'exemple de toutes les vertus chrétii'unes. Il avait été tuincé, du vivant de son iière, à Madeleine, lillo de Charles N'II, roi de France; mais son amour pour la retraite et la chasteté lui lit refuser cette alliance honorable, et il céda même h (iharles, son frère, en l'i55, la partie du margraviat

3ui lui était échue. Il jiarcourut ensuite les itférentes cours des princes de l'Europe, pour les engager à entreprendre une nouvelle croisade contre les Turcs qui venaient de s'emparer de l'empire d'Orient. L'empereur Frédéric IV, qui avait donné en mariage Cathei'ine d'.iutiiche, sa sieur, h (Charles de Bade, frère de Bernaid, mit ce derincr à la tête de l'entreprisse. Bernard se rendit d'abord h la cour de Charles Vil, roi de France, puisa celle de Louis, -duc de Savoie. Il fut très-bien reçu par ces deux princes. 11 partit de Turin au commencf^ment de juillet de l'année liSS, pour aller à Borne trouver le pape Callixte 11. 11 tomba malade en route à iMontiscalier, ville située sur le Pô, près de Turin. On le transporta dans le couvent des Franciscains, où il mourut en odeur de sainteté, le 23 do juillet, et il lut enterré dans la collégiale de Sainle-M^rie <le cette ville. Le pajie Sixte IV nomma, le 2.'{ de décembre de la même année, des onumissaires pour informer sur la vie de Bernard, et les choses merveilleuses qu'on en rapportaif.il choisit de nouveau, le 4 aoitt r»79, les évèques de Turin et de Carfientras pour cnutiimer la procédure. Enlin le même pape publia, en IWl, le décret de la béililicalion du serviteur de Dieu, laquelle fut célébrée du vivant de la mère de BernartI, et d'uni' partie de ses frères. Christoj)he, margrave de Ba<le, lils de Charles, lit frapper, dans les années 1301, 1312. 1513 et 1319, ditlérentM médailles d'or et d'argent, où le bienliem-eut Bernard est re|)résenté en ra^ipie et en cuirasse, la tête environnée d'une auréole, tenant (l'une main l'étendard de Bade, et <le l'autre l'écu de sa maison, avec celte inscription : Beatus Bernardus Marrhio. Clément XH' conlirma la bulle de b alilication. de Sixte \\ , et déclara h' B. Bern u-d patron du margraviat. BERNARD i Ci.aiuk , npiielé eomunniémenl le punvrr Prêtre (m te Père Bernard, naquit à Dijon d'une famille noble, en ISHH. Pierre Le l^aniu-, évêque de Belley, voulut lui |iersiiailer d entr.T dan» l'élal ecclésiastiipic. Bernard lui répondit : n Je suis un c^det (lui n'ai rien ; il n'y a presque point do bi'iielieps en cette province ipii soient à la iiominntioii du roi : pauvre pour pauvre, j'aime uneux être pauvre gentilhomme que pa ivre prèiro. •■ Il ne laissa pourtant pas do suiMc le (diispil (lo l'évêquo de Belu•^. Il vécut quel.|ue lenips en ecelé-'iaîïlKpie mondain; mais Diou rayant loucInS il renonça au monde, nsigna fe seul béiK'lice qu'il ci1t, et se coiisa(;rn à In pauvreté el a;i «servicf des pauvres, il se (l<''|ioiiilla pour eux d'un héritage de près de kW) mille livres qui lui échut

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