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sans qu'il s'y attendît. Le cardinal de Richelieu l'ayant nommé à une abbaye du diocèse de Soissons , il ne voulut pas l'accepter. Quelle apparence, écrivit-il à ce cardinal, (/«e fôte (e pain de la bouche des pauvres de Soissons pour le donner à ceux de Paris ? Le cardinal le pressant de lui demander une gr;ke quelconiiue : « Monse'gneur, dit Bernard, je prie votre Emiiience d'ordonner que l'on mette de meilleures planclies au tombereau dans lequel je conduis les criminels au lieu du supplice, afm que la crainte de tomber dans la rue ne les empêche pas de se recommander à Dieu avec attention. » Il prêchait souvent plusieurs fois la semaine, et ses discours produisaient des fruits admirables, quoiqu'il parlât sans préparation. Il mourut en odeur de sainteté, le 23 mars IGil, et fut enterré dans l'église de l'hôpital de la Charité. La cour et le clergé de France ont souvent sollicité sa braitication. C'est Bernard qui a établi le séminaire des Trente-Trois à Paris, ainsi nommé des 33 années de la vie de J.-C. Sa Vie a été écrite par Legaull're , par le P. Giry, minime, par le P. Lempereur, jésuite, etc.
BERNARD (Jacques) naquit à Nions en Dauiihiné, l'an 1658, d'un ministre protestant. Il exerça successiveraeiît le ministère en France, à Genève, à Lausanne, à Tergow et à Leyde, où il professa la jihilosophie. Il prêchait et parlait avec foice, mais sans pureté de style, ei se servait souvent des expressions les plus basses. Devenu journalislo eu 1G'J9, il continua Les Nouvelles de la République des Lettres, |iar Bayle, depuis 1693 jusqu'en 1710, et de[)uis 1716 jusqu'en 1718, année de sa mort. On a encore de lui une partie du 20' et la suite jusqu'au 25* volume de la Bibliothèque vniverselte de Le Clerc. Un Supplément au Moréri, Amsterdam, 1710, 2 vol. in-fol. C'est une augmentation du supplément imprimé à Paris en 171!i-. Cet ouvrage de Bernard n'est qu'un recueil de bévues énormes; et c'est avec raison qu'on a dit dans le tome 15' de l'Histoire critique de la République des Lettres, que « la littérature, l'antiquité, l'érudition, la critique, étaient )jour Bernard un pays inconnu, et (ju'il n'avait pas même de goût pour les belies-hittres. » M. de Saas a prouvé ces assertions par des exemples lûuUipliés, tirés de la seule lettre A. L'Excellence de la religion chrétienne, 2 vol. in-8°, 1714, remplie d'injures contre les catholiques, de même que son Traité de la tolérance. Goude, 1689, où il exhorte les souverains de permettre à tous les sectaires, déistes, idolâtres, mahométans , socinicns , etc., de s'établir dans leurs Etats; et les avertit en mômetemjiS de ne point accorder la même liberté à une société d'athées , ni à une église le [lapisies. Le Traité de la repentance tardive, Amst., 1712, in-8°. Un Recueil de traités de paix, La Haye, 1700, 4 vol. in-fol., etc. Tout ce q:ra fait Bernard est mal écrit, son style ne vaut pas mieux (|ue sa logique, et son jugement est aussi faible que son érudition est bornée. i^ BERNARD, d'Arras, religieux capucin, a
laissé les ouvrages suivants : Le grand Commandement dr la loi, ou le Devoir principal de l'homme envers le prochain, 173i, in-12; L'ordre de l'Eglise, ou la primauté et la subordination ecclésiastique selon saint Thomas, 1735 in-12, supprimé par arrêt du 28 juillet 17.34-, à cause des dis[iutes alors agitées h ce sujet ; Ministère de l'absolution, Paris, 1740, in-12; le Code des paroisses, 1742, 2 vol. in-12; les Ecarts des théologiens d'Auxerre sur la pénitence et l'eucharistie, 1748, in-4''; le Ministère primitif de la pénitence, enseigné dans toute l'Eglise gallicane , 1752, in-12. Il paraît que, dans les dernières années de sa vie, Fontenelle voyait beaucoup ce religieux et se préparait dans son entretien à ses derniers moments.
BERNARD (le P. J.-B.), chanoine régulier de Sainte-Geneviève, né à Paris en 1710, mort le :>3 avril 1772. On lui doit: Disco^lrs sur l'obligation de prier pour les rois, Paris, 1769, in-8°; les Oraisons funèbres (lu duc d Orléans, de H^'iiri de Bourbon, prince de Cou'lé; nn Panégyrique de saint Louis, Paris, 1756, in-12, et quelques pièces de |)oésics.
BERNARD, dit de Pavie, parce qu'il était né dans celte ville, fut un célèbre canoniste du xn' siècle, à qui quelques jurisconsultes donnent le nom de CmcA, et u'autres celui de Balbi. Il étudia avec éclat dans les écoles de Rome et de Bologne, et enseigna luimême le droit canonique. Son mérite le fit avancer rapidement d ns les dignités ecclésiastiques, et vers la lin de l'année 1191 il succéda sur le siège de Faenza à l'évêque Jean, mort devant Ptolémais. En 1198, il fut élu évêquo de Pavie; il s'appliqua surtout à faire lleurir les bonnes études dans son diocèse, et mourut dans cette ville le 18 décembre 1213. On a de lui une Vie de saint Lanfranc, son prédécesseur, publiée dans ï'italia sacra, et, avec des notes, dans]csAclasanctorum,au23 juin. Mais ce qui l'a fait principalement connaître, c'est sa collection de Décrétales, imprimée en 1567, à Ilerda (Lérida), par les soins du savant Ant. Augustin. Ou lui doit en outre un Commentaire ou glose sur les Déerétales, intitulé : Summa super capitula extravagantium, dont La Porte du Theil a donné l'analyse, d'après la copie de la bibliothèque du roi, dans les Notices des manuscrits, VI, 49, avec une Vie de l'auteur. Bernard avait aussi composé des Commentaires sur l'Ecclésiaste et sur le Cantique des cantiques, qui sont en manuscrit dans la bibliotlièque royale de Turin.
BERNARD (le P. Jean), dominicain, né en 1553 k Linicourt près de Bapaume, mort en 1620, til profession à Douai, et consacra quarante aimées de sa vie à la prédication. Il écrivit quelques opuscules ascétiques à jieu près oubliés. Toutefois l"S curieux recherch:'nt encore le Fouet divin des jureurs, parjureurs et blasphémateurs du très-saint nom de Dieu, etc., extrait de divers auteurs dignes de foi. Douai, 1618, pet. in-12d 'SS^. p.
BERNARD (dom), dit de Varennes, |i(mtêtre parce qu'il serait né dans le village de ce nom, naquit sur la lin du xvu' siècle. (1 lit profession chez les théatins qui ne possé-
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daient qu'une seule maison en France, celle île Paris, et fut élevé à la dignité de supérieur; mais il se démit bientôt de cet emploi, alin de s'a|)pliquor [lus librement Ji l'élude. Le maréchal de Catinat l'avait choisi pour son confesseur. Doin Bernard mourut vers 1730, laissant: Vie de saint Gaétan, fondateur des clercs réguliers, Paris, 1698, in- 12; Traité de la reconnaissance chrétienne, in-1-2, cité dans les Mémoires de Trévoux, armée 1718, comme un bon livre de théologie; Maximes pour la conduite du prince Michel, roi de Bulgarie, traduites du grec en vers français, Paris, imprimerie royale, 1718, in-4% de 45 pages : c'est la traduction d'une épitre de Photius au prince Michel; elle a été réimprimée dans le volume suivant:
Odes morales sur plusieurs vérités de ta religion, avec des cantiques, des psaumes et des maximes sur la conduite d'un roi. Par s, 17:^2, in-12; Histoire de Constantin le Grand, premier empereur chrétien, bid., 1728, iii-i°. « Cet ouvrage, fruit d'un travail consciencieux, dit M. Weiss, n'est pis aussi connu qu'il mériterait de l'être. Lapréf;ice,dans laquelle l'auteur discute plusie ;rs faits importants du règne de Constantin, mérite surlout d'être lue. »
BERNARD DE GIRMONT (dora), ancien abhé du Pnrt-du-SaluI, abbaye de Trappistes près de L val, naquit ea Lorraine, le 26 juin 1758, d'une famdle noble, et lit profession dans l'abbiyo de Morimont, ordre de Saint-Benoît, au diocèse de Langres. Chassé de son monastère par la révolution, il entra dans un ordre plus au^tère, et se joignit en 1798 aux trappistes qui s'étaient établis à Darsf.dd en Vt esiphalie. Leur m lison prospéra d'abord et fut érigée en abbaye en 1808; mais les décrets du gouvernement impérial en troublé ent bientôt la paix. Dom Bernard, qui avait été envoyé en France, fut quelque temps à la tète de la petite comuninauté formée'dans la forôt de Senart, et qui ne put se soutenir dans ces temps dilliciles. Il se reli.a c'ie/. un ami qu'il avait connu dans l'émigration.Chargé parson supérieur, en 1814, do fonder un monastère dans ce pays, il trouva uans la générosité de cet ami tous les secours matériels qu'il pouvait désirer, et il ac eta un ancien prieuré de Génovétains, appelé le Port-Rinj,e .rd, et, di.'puis, Porl-du- Saiut. Les 'i'ra pistes prirent pos>ession de leur noiivi'au mon isière h; 21 février 1815. Dom Beiuar.J en fut le |iremier sujiérieur : il n'a\ait encore auprès de lui (pie (luatre Pères et ilixconvers, mais le nombre do ces religieux s'accrut promplemenl. Col e maison fut plus tard érigée en a ibaye, cl dom Bem.ird fotélu abbé Jusqu'en 1811, onavait o!)seivé .1 Daisfeld des ausliT {'■% plus grandes que celles des anciens ^rappi^tes; miis C'i"fiirm'''mi'nt à l'avis de |ilusieurs personnages gr.ivos fjui conseillaient de s'en tenir aux ob'Çrvanci's déjh si s(''vères, prescrites parla r(';formederab.jô do Rancé, Pie Vil, par un reserit du lOoctobre 1818, adressé à dom Bernard, autorisa les religii'iix du Porl-dubalul à bo borner aux. règles de l'abbé do
Rancé, comme plus compatibles avec la faiblesse humaine. Dom Bernard contribua beaucoup à l'érection du monastère de Sainte- Catherine à l'extrémité d'un faubourg de Laval; cet établissement est dirigé depuis 1816 par la mère M rie-Elisabeth (Piette, de Liège), qui avait fait ses vœux à Darsfeld. En 1827, ci'tte maison ayant été érigée en abbaye régulière, la supérieure fut élue abbesse et reçut la bénédiction abbati.de des mains du P. B' rnard , le 24 août. Les religieuses de Sainte-Catherine sont du môme ordre que les Trappistes, et pratiquent une règle adaptée à leur sexe. Dom Bern ird avait donné sa démission depuis quelques années lorsqu'il mourut subitement au mois d'août 1834.
BERNARDIN (saint), naquit en 1380, à Massa-Carrara, d'une famille distinguée.
Ajirès ses études de philosophie, il entra dans la confrérie de rhô[iital de la Scala, à Sienne. Son courage et sa charité éclatèrent peiidaiit la rontagion de 1400. Deux ans après il prit l'habit de Saint-François, réforma l'étroite observance, et fonda près d 3 300 monastères. Son l-'umilité lui lit refuser les évôchés de Sienne, de Fer. are et d'Urbin. Il fut envoyé pour Être gardien du couvent de B.thléem. Les besoins de l'Europe le rappelèrent bientôt. Les dissensions des Guelplies 1 1 des Gibelins ne trouvèrent pas depac licaleurplus ingénieux ni plus heureux. L'empereur Sigismoiid eut pour lui le plus grand respect, et voulut qu'il assislAt à son sacre. Après une vie remplie de travaux et de vertus, il mourut à Aquila, en 1444. Nicolas V le mit au nombre des saints en 1450, c'est-à-dire, six ans après. Son corps, renfermé dans une double cliAsse, dont l'une est d'argent et l'autre de crist.'d, se garde chez les Franciscains d'Aquila. Le P. Jean de La Haye donna, en 1036 une édition de ses ouvrages en 2 vol. in-fol. On y trouve des sermons (que quelques criti |ucs prétendent n'être pas de lui], des Traités de spiritualité, oes Commentaires sur l'Apocalypse, la Me du saint et les divers éloges iiuil a mérités. On en a donné une nou\eLe édition à Venise en 1745.
BERNARDIN (le bienheureux;, de Feltri, de l'ordre des Frères .Mineurs, persuada aux habitants de Pailoue d'établir un mont-dejtiété pour s'aU'iancliir des usures que les juils exerçaient en piètant à 20 (wurcenl par année. Cet établissement est de l'année 1491. Les règlements de ce mont-de-iiiélé furent réformés et perléctionnés en 1520. Le fondateur éiait un homme égalt;uient illustre j)ar sa science l't |>ar s,i jiiété. Une simplicité aimable lui g.ignait les cœurs. Il j)rô • cliail avec anplaudissement, et dirigeait de même. On a longtemps disputé si les montsde-piété n'él.iieiil nas sujets au reproche d'usure, à cause de res|ièce d'intérêt (pi't)!! y paye; mais il est évident que ce n'est qu'uno l.ixe légère, nécessaire au maintien de l'élablissement (jui , bien administré , no peut être ([ue île l,i plu^ giande utilité. Un 'les plus beaux d'Italie est (elui do Ferraro, fondé eu 1761, dont l'iuscrijitiou exprima
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parfaitement la destination et le but charitable :
Pauperibus sublevandis, Servaiidisqiie d positis.
BERNARDIN de Péquigny (Bernardinus a Piconio), capucin, né à Picquigny en 1633, mort à Paris en 1709, a donné un bon Coi7i- \ mcntaire sur les Evangiles, in-fol. en latin, et une Triple explication aussi en latin, des Epîtres de saint Paul, qui mérila les élo};es du pape Clément XI, Paris, 1703, in-folio. La traduction française, 1714, 4 vol. in-12, n'est pas recherchée.
BERNARDIN de Carpentras (le Père), capucin, naquit en 1649 dans cette ville d'une famille distinguée, sous le nom d'André. Sa piété et son érudiiion lui firent un nom dans son ordre. Il enseigna successivement la philosophie et la théologie, et mourufà Orange, en 1714. Nous avons de lui un ouvrage de philosophie, intitulé Antiqua priscornm homimim philosophia , imprimé à L3"on en 1694. L'auteur assure dans sa préface qu'il a secoué lejoug de l'école pour ne jurer sur la fiarole d'aucun maître. Sa physique est assez boime pour le temps, et il y est, à certains égards, inventeur.
BERNET (le cardinal Joseph), archevêque d'Aix, naquit à Saint-Flour, le 4 septembre 1770, d'une bonne famille bourgeoise, et après avoir commencé si's études dans sa ville natale, vint les continuer au sminaire de Saint-Sulpice. La mesure révolutionnaire qui ferma le séminaire en 1792 fut pour lui une rude épreuve, car il était sans ressource, et dans une maladie qu'il fit alors, son unique asile fut l'hôpital. Lorsque ses forces se furent rétablies, il exerça les fonctions d'instituteur à Paris d'abord, puis à Sceaux, et il put traverser ainsi, sans être trop inquiété, les trois années les plus orageuses de la révolution. Il n'était encore que tonsuré. En 1795, il s'adressa aux grands vicaires de son diocèse, et leur demanda les lettres dimissoriales dont il avait besoin pour recevoir dans l'occasion tous les ordres. M. de Rochebrune, qui exerçait en secret les fonctions de vicaire général, sachant les jiérils que courrait le jeune postulant, les refusa d'abord; mais il dut cédera des instances réitérées, et l'abbé Bernet reçut la prêtrise, avec deux autres diacres d'Alençon, dans une maison privée, le 4 novembre de la même année. Lorsque les temps devinrent un peu meilleurs, l'autorité eccli'siastique de Paris envoya l'abbé Bernet rétablir le culte catholique dans lu paroisse d'Antony. Malgré l'opposition violente du chef de ia municipalité dont la mort qui suivit de près fut regardée, à cause des circonstances dont elle fut accompagnée, comme un châtiment du ciel, l'église fut rendue aux fidèles, et l'abbé Bernet y exerça le saint ministère pendant deux ans. En 1797, le refus qu'il fit du serment de haine à la royauté 1 obligea de fuir; une voiture qu'il t)rit au hasard le mena à Orléans, et il fonda dans cette ville une maison d'éducation qui prospéra rapidement. Le culte ayant été déllniti-
Vement rétabli par le concordat de 1802, l'abbé Bernet reprit les fonctions du sacerdoce. Mgr Bernier, évêque d'Orléans, le nomma vicaire de la paroisse de Saint-Paterne, et il conserva ce poste pendant quatorze ans. Les autorités d'Orléans le chargèrent, dans une circonstance solennelle, de prononcer l'éloge de Jeanne d'Arc, qui fut imprimé. Une circonstance qui n'est pas sans intérêt, c'est que, pendant que l'abbé Bernet était vicaire à Orléans, l'empereur nomma à l'évêché de cette ville M. Radlon, qui fut aussi plus tard archevêque d'Aix. Après a restauration, l'abbé Bernet devint premier aumônier de la maison royale de Saint-Denis, mais il ne taida pas à donner sa démission. Louis XVIII le nomma alors chanoine honor lire, puis chanoine titulaire. Au bout d'un an, il fut appelé à la cure de Saint-Vincent-de-Paul par Mj;r de Quélen; en 1827 il fut élevé sur le siège épiscopalde La Rochelle; enfin, en 1835, il remplaça M. Raillon à l'archevêché d'Aix, et c'est"dans le consistoire du 19 janvier 18'i-6 qu'il fut préconisé cardinal. Atteint, pendant laie visite pastorale qu'il faisait dans son diocèse, d'une maladie dont il comprit dès le premier moment la gravitf^, il revint à Ai\, oii il succomba le dimanche 5 juillet de la même année.
BERNIER (le P. François), dominicain, né à Pont-sur-Yonne vers 1580, fit profession à Sens, et se fit recevoir docteur en Sorbonne. Il devint prieur de la maison de son ordre à Nevers. On a de lui un petit ouvrage, qui est rare et recherché; il a pour titre : De hominum prima ratione vivendi. Sens, 1610, in-12 de x\xii-202 pages. L'auteur examine la manière de vivre des premiers hommes, ainsi que les causes de la longévité qui leur est attribuée par les livres saints, et il trouve que cette longévité est due principalement a leur sobriété.
BERNIER ( Etienne-Alexandre-Jean-Baptiste-Marie), évêque d'Orléans, né à Daon, était avant la révolution curé de Saint-Laud d'Angers, et re'usa de prêter serment à la constitution civile du clergé. Il parvint néanmoins à éviter la dé/iortation, et dès que la guerre de la Vendée eut éclaté au mois do mars 1793, il se rendit à l'armée, où il exerça les fonctions de son ministère, et fut un dés membres les plus marquants du conseil supérieur des armées catlioliques it royales. Après les déroutes du Mans et de Savenay, il se tint caché, et ne reparut à l'armée qu'en 1794 ; il contribua beaucoup alors à réorganiser le parti royaliste. Stofflet ne fai.-ait rien, dit-on, sans le consulter; c'était lui qui rédigeait les proclamations, qui correspondait avec les émigrés et les puissances étrangères; ce fut lui aussi qui négocia la paix. Il conserva encore de l'influence sous d'Autichamp; mais en 1799, lorsque les Vendéens reprirent les aimes, il ne joua pas un rôle aussi marquant ; il contribua cependant à la pacification opérée par le général Hédouville, et eut de fréquentes conférences avec le premier consul. Il fut encore du nombre des plénipoten-
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linirps ohnrgés do traiter du ronrordal, et après sa signature il fut ('■levé au siège d'Or- It^ans et sacré év<^que par le cardinal Caprara au commencement d avril 1802. Il ni'inrut dans son diocèse le 1" oclobre 180C, ilgé de 42 ans. Les paroles et la musique du Réveil des Vendéens sont, dit-on, de lui.
BERNIf:iU:S-LOUVI(îN Y ( Jean de ), trésorier de Franco à Caen, où il était né en 1602 d'une famille très-ancienne de Normandie, mort dans la môme ville le 3 mai 1659, .sans jamais avoir été marié, sanctifia sa carrirro par la pratique constante de la plus haute fiii'té, et l'exercice dos plus rares vertus. Il avait établi à Caen une société d'hommes pieux qui vivaie t ensemble, formant une espèce de communauté, unie par les liens de la ferveur et de l'oraison; c'est ce qu'on appelait VHermitaqe ; des ecclésiasli({ues et des lai(|ues y étaient réunis. Bcrnières dirigeait cotte société, et était le conseil de beaucoup de personnes pieuses. Il contribua à l'éiablissement d'hôpitaux, de séminaires, de couvents, et h la fon latinn de l'Eglise du Canada. On a do lui : l'Intérieur chrétien, petit in-12; le Chrétien intérieur, ou la Conformité inférieure que doivent avoir tous les chrétiens avec Jésus-Christ, 1660, 2 vol. in-12; OEuvres spirituelles, 1G70, in-8% en deux parties. C'est le P. d'Arg'^ntan qui fut le premier éditeur du Chrétien intérieur; une autre édition en parut à Pamiers, en 1781, 2 vol. in-12, avec une nouvelle distribution des matières. Les Œuvres spirituelles ont été aussi réimprimées. Cet ouvrage et le Chrétien intérieur furent mis h l'index pour quelques expn'Ssions qu\ semblaient favoriser le quiétisrne, mais 1 éditeur de Pamiers annonce (|u'il a corrigé les expressions qui [touvaiont paraître répréhensibles. On a encore Pensées de M. de Bernii'res-Louvigntj, ou Sentiments du Chrétien intérieur sur les principaux mi/stères de lu foi pour les plus e/randes fêtes de l'année, Paris, 1670, in-12 de 76 pages. Bcrnièrrs avait laissé m manuscrit des Méditations pour ceuûc qui commencent à tendre à laprrfection ; la Vie de la foi et de la grâce; de l'Oraison et de ses degrés; Les plus fâcheuses difficultés dont la vie mystique est combattue, et tes moyens de les surmonter; sa Vie écrite par luimême.
BERNIS Trançois-Joachim de Pierres de), comte de Lyon, cardinal et archevêque d'Albi, de l'académie française, naciuit le 22 mai 1715 h Saint-.Marcel dV rArdèclie, d'une famille noble < t ancienne, mai< (leu rii lie. Il fut destiin', ilés son enfance, h l'.tat i-cclé- Siaslique, 1 1 fut d'abord nummé chanoine do Brlouuc, puis chanoine comte de Lyon. En 1735 il se rendit h Paris, l'ne ligun' lièineuse, des manié; es phines de gr.lce et de piditosse, un caractère aimable et enjoué, le talent de faire des vers faciles et agréables, le firent rechercher dos nu illeures sociélés. Cependant il re-^lii I luMiurs aimées >,mis rien obtenir. Lo 'Mrdinnl de Fleury, îi qui sn conduite dis.iipée avait déplu, lui d'claia uu'd n'obtiendrait de son vivant auiun bénénce; on prétend qu'il Fui répondit en fusant une
prof .ndo révérence. Monseigneur, j'attendrai. D'autres disent que colto réponse fut faite h l'évoque de .Mirepoix, Boyer, qui avait alors la feuille des bénéfices. Quoi qu'il en soit, il ne se présenta à la cour qu'après la mort du cardinal, et il oblint par la protection de M"" de Pnin, a iour lambissade de Venise, où il se ht aimer et estimer. De retour à ■Versailles il l'ut reçu h la cour avec les marques de la plus grande considération. Louis XV le nomma mond)re du conseil, et le chargea de l'importante m'-gocialion qui avaii pour but de formor U[ie alliance'entre la Fiance et r.\uti iche. Quoique ce ne filt point son avis, il entreprit celle négociation, et il eut la gloire do projioser et défaire admettre le seul jilan qui pouvait conveinr dans cette circonstance. Les plus grandes faveurs furent la récomiionso de cette opération; l'abbé de Beriiis fut nominé au ministère des affaires étrangères, et le roi domanda pour lui le chapeau de cardinal. Cependant les suites funestes de l'alliance avec l'Autriche se firent bientôt sentir, et malgré la répugnance qu'il avait montrée h conclure ce traité, on lui en imputa tous les désastres, et il fut exilé en 1758, parce que, dit-on, il voulait conclure la paix contre l'opinion de M'" do Pompadourqui voulait la con'inuatioii delà guerre. Sa disgr.ice, qui |)rouve qu'il était plus attaché à son |iays qu'à la faveur, dura jusqu'en I76'i; il fut rq-ipei-J et nommé archevêque d'Albi. L'habileté qu'il déploya dans le conclave de 1769 le fit nomme;- ambas.sa leur do France auprès de la cour do Rmue pdur travailler à l'extinction des Jésuites, qu'il désapprouvait dans le fond du ceur. Après le conclave il joignit h son titre d'aïubas-adeur celui de protecteur des églises do France. En 1791, les tantes de Louis XM ayant quitté la Franco, il les reout chez lui avec tous les honneurs (lys à leur rang. Awinl refusé le sorni'nt, il fui dépouillé de son anhevéché ot do ses abba.'. es, et perdit '»00,000 francs de rente. Se trouvant presque dan^ le déiiûniPiit, lechi'valierd'Aarascdlicila nourlui et obtint une forle pension do la cour d'Esiiagiie. Il mourut ù Rome le 2 novembre 179i, généraleiiient cliéri oi regrollé des Humains et des étrangers (jui admiraient sa douieur, sa générosité et .sa |iolilosse noble otiacile. Des poésies légères qu'il avait faites dan> sa jeunesse avaient coinmencé ^a réputati(Ui, et lui avaient mérité, on ne sait-lnm pouniuoi, rhoniieur d'être admis à 1 acadéiiiie Irauçaise, car elli-s sont assez médiocres, luimême n'aimait jias i|u'on lui en parlAt ; elles llaitaioiit peu son amour-propre (omiiie |>o«'le, et no lui paraissaient jias exemptes do reproche, conime évècpn- d prince de l'Eglise. Ces poé.sies lon.sisleiit daiis (lueUjues épltrcs , mojlié sérieuses . moitié badines, luôlocs d'airiTialions, de négligences et dcquel- <)UON jolis vers. Oinanla beaucoup autrefois \ l'piire aux dieux Péitntes, cU' est cepeildanl aussi incorrecte ipi'inégalo, ci remplie lie mauvais vers. La ver.silicalion c*l un peu ineiiloure d;in.s lu» Quatre parties du jour, qu'il ne fallait pas appeler un poëiuo; ce sont
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<^ualre morceaux qui n'ont entre eux aucune liaison , et qui offiont des taljleaux plus ou moins agréables |iour le fond, mais plutôt enluminés que coloriés. Son petit poëme, intitulé Les quatre saisons, est encore une suite de lieux communs de poésie descriptive qui ne sont pas sans quelque mérite d'expres- 'gion ; mais il y a dans les images plus d'abondance que de choix, et plus de luxe que de richesse. 11 prodigue trop les Heurs, et no les varie pas assez : c'est pour cela que Voltaire l'appelait Babct la bouquetière. Après sa mort on a publié un loome ])lus analogue à son état, intitulé : La religion vengée, trèsbelle édition, Parme, Bodoiji,1795, in-8% in- 4° et iu-f;)l. Le style n'est pas sans noblesse ni sans quelques lieaux vers, surtout de pensées ; mais il est pauvre de poésie, monotone, négligé, et le raisonnement y est porté jusqu'à l'argumentalion niétai)liysi(jue. Il ne peut qu'édilier les amis de la religion ; mais il n'alarmera jamais ses ennemis. Il est bien inférieur à celui de Racine le fils sur le même sujet. Ses Œuvres complètes ont été publiées par Didot l'aillé, 1797, in-8°. On a im- ]irimé en 1790 sa Corresitondance avec Paris du Veriiey, et en 1799 celle avec A'oltaiie, de ])uisl761 jusqu'en 1777. Cette correspondance fait honneur à son esprit, mais on est étonné qu'il ait conservé une liaison épistolaire nussi suivie avec un homme dont l'esprit était aussi opposé à son ca^aclère.
BERNON, noble Bourguignon, fut le premier abbé de Cluny, et le réformateur de plusieurs aulres monastères. Sdiit Hugues, moine de Saint-Martin d'Autun, maison alnrs très-régulière , travailla avec lui à rétablir Li discipline monastii|ue. Bernon donna sa démission en 92G, et prirtagea les alibayes qu'il gouvernait, entre Vidon son parent, et Odon s. m disciple. Ce dernier a été iiro^irement le premier fondateur de l'ord e de Cluny. Il mourut en 927, après avoir fait un Testament que nous avons encore.
BERNOU (le Père), missionnaire français, mort à Nimes au commencement du xvir siècle, est auteur des ouvrages suivants : la Condmlf à V Eternel; Manuel de l'écolier chrétien; Jeuxhistoriques sur T Ancien Testament; Cantiques des familles chrétiennes ; Paraboles de l'Evangile mises en vers français, avec un Abrégé de la Yie de Jésus-Christ.
BEROALI) ou BEROALDE (Matthieu), mort en 1584, se fit connaître par un ouvrage intitulé : Chronicon sacrœ Scripturœ auctoritate constitutum, Genève, 1575, in-fol. Il embrassa la réformation avec Jules Scaliger et d'autres savants, fut arrêté à Coutances, à cause de ses opinions, et condamné à être brûlé. 11 fut assez heureux pour échapper au supplice. En 1574, il se retira à Genève, y fut ministre, et y occupa une chaire de phiosophie. Il était né à Saint-Denis, près Paris.
BERQUIN (Locis), gentilhomme artéMcn du XVI' siècle, fut accusé de donner dans les opinions de Lutiier, qui se répandaient alors, et dénoncé au parlement de Paris. Ce tribunal ordonna que diverses propositions extraites de ses écrits seraient communiquées
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à \n faculté de théologie pour avoir son avis. Celle-ci les censura en 1523. On saisit sa bibliothèque : on y trouva le livre De abroganda tnissa, divers écrits de Luiher et de Mélanchthon. Le parlement fit jeter au feu les ouvrages de Berquin, et le condamna à une abjuration publique ; le coupable ne voulant point obéir, fut comlamné à garder la prison de l'oflicialité. François I", qui aimait beaucoup Berquin, le fit sortir de sa prison ; mais ce fanatique persistant toujours dans son erreur, ses juges le condamnèrent au feu La sentence fut exécutée en place de Grève, le 12 avril 1529. 11 avait traduit plusieurs ouvrages d'Erasme, dans lesquels il avait. glissé ses erreurs.
BERR DE TURRIQUE (IsAAC ), Israélite né à Nancy, se ht connaître au commencement de la révolution d' 1789 en soutenant la cause de ses coreligionnaires. 11 parut à la barre de l'assemblée constituante pour y parler sur cette matière, et publia plus euis écrits sur l'organisation du culte Israélite. Berr se retira ensuite dans sa propriété de Turrique près Nancy, dont une ordonnance royale l'autorisa à joindre le nom au sien, et il y mourut, âgé de 85 ans, au mois de novembre 1828.
BERRIER (Louis), prieur de Perray en Bourgogne, était fils d'un conseiller d'Etat; lui-même était déjà conseiller au parlement de Paris, lorsque, touché du désir de se perfectionner dans la vie religieuse, il renonça aux places et aux honneurs pour se retirer dans son prieuré, où il fonda la réforme, après en avoir conféré avec l'abbé de Rancé. C'est eïi 1G98 qie Louis Berrier prit l'habit religieux. Sa communauté devint très-nombreuse en peu de temjis. Il vivait encore en 1734. Voi/. l'Histoire des ordres monastiques d'Hélyot, tome VI.
BERRIMAN (Guillaume), savant théologien anglican, né le 24 septembre 1688, étudia au collège d'Oricel à Oxford, fut recteur de Saint-André en 1722, puis membre du collège d'Eton en 1727. Il mourut le 5 février 1750. Il se distingua dans In polémique sacrée et dans la prédication, et on a de lui un assez grand nombre de sermons; nous mentionnerons ceux qu'il prononça pour la rédrmption des captifs en 1721; contre la barbarie de ceux qui méprisent la religion, et sur le traitement qui leur est di'i, en 1722; sur l'autorité d-u pouvoir civil en matière de religion, où le prédicateur soutient que c'est un devoir jiour l'autorité d'user des moyens qui peuvent faire fleurir la religion. Outre ses sermons imprimi s à part, l'auteur lit encore paraître : Huit sermons sur le texte de lady Moyer, 1725; Sermons sur le texte de Boyle , 1733, 2 vol., auxquels il faut joindre un sermon unique, à titre d'appendice, sur l'obligation d'éviter la conversation des infidèles et des hérétiques; un troisième volume de Sermons sur les textes de Boyle. On publia après la mort de Berriman trois autres volumes de sermons, intitulés : Doctrines et devoirs du christianisme, etc. Les deux premiers, qui contiennent 40 sermons, païuieut eu
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1750; le troisième, qui en renferme 19, parut en 1763.
BERRL'YER (Puilippi), archev. de Bourges depuis l'an 1236 jusqu'à l'an 12G0, ('•poque où il mourut en odeur de sainteti''. Do Nangis lui attribue plusieurs miracles. On trouve le détail di' ses t'-niiiientcs vertus dans les auteurs du Gallia Cliristiana nova, tom. II, p. 67. Don Martène a publié sa Vie, écrite par un auteur contemporain, Anecd. tome III, page 1927.
BERRUYER (Joseph-Isaac), né en 1681, d'une famille noble de Rouen, juit l'habit de jésuite et l'honora par ses talents. A|irès avo r prolessé longtemps les humanités, il se retira à la maison professe de Paris, et y mourut I n 1758. Il était connu depuis 1720, par son Histoire du Peuple de Dieu, tirée des *ew/5/irre5«ni?i(s,réini[)riuiéeavecdes corrections en 173.3, en 8 vol. in-V, et en 0 vol in- 12. Cette Histoire lit beaucoup de bruit dés le moment de sa naissance. Le texte sacré y est re- \êlu de toutes les couleurs des romans modernes. Bi rruyerse promettait oue son Histoire paraîtrait un ouvrage neuf. Elle le parut elTectivcuient i)ar les fleurs d'une imagination qui veut briller partout, dans les endroits même oix les livres saints ont le plus de simplicité. Le rhéteur fait parler Moïse aux Hébreux dans les déserts de l'Arabie, comme parleraient de raffinés i)oliliques dans le xviii" siècle. La prolixité du style fatigue autant que les vains ornements dont il est chargé. Cependa t son Histoire, mêlée de traits singuliers et brillants, éfrite avec chaleur et avec élégance, tissue avec art, semée de réflexions très-judicieuses, est une preuve non équi'oque qu'il élait né avec beaucoup d'esprit, et un esprit facile. Rome le cen'-ura en 1734. et en 1757. La seconde partie parut lunfilrni[is ajirès la première, en 175 ', 4 vol. in-V", et 8 vol. in-12. Elle lui ressemble pour le plan : mais elle lui est, îi quelques égards, inférieure pour les gnlces, l'élégance et la chaleur du style. Benoît XIV la condamna par un bref du 17 février 1758, et Clément Xlll par un autre bref du 2 décembre suivant. (>e bref condaii.ne en même temps la Troisinnc partie de l'Histoire du Peuple de Dieu, ou Paraphrase littérale des Epitres des Apôtres, en 2 vol. in-i° et 5 vol. in-12. Cetie dernière partie est rcuqilic, conmie le*; autres , d'idées singulières et condimnables. L'auteur les avait puisées à l'école de son confrère Harluum, nomme très-érudit, mais d'un jugement faible; éciivain paradoxal, s'il en fut jamais. « La prinri| aie de ses • rrcurs, dit i:n théologien profund, est d'avoir séparé l'humanité de Jésu>-Cl.rist do sa divinité ; en cunsidéranl cette humanité du S uveur directement et en elle-même, in se directe, in recto ; en prétendant (lu'en ellcnii nie et directement elle devait être adorée : ce qui est ex|ire^sémenl cnntr.iire au concde d'Kphèse, nnalh. 8 ; roiitrnire nu fameux discours par où Théudole, anhevêijue d'Ancyrc, prouva dans ce même ((uicile qu on ï\i: peut jins diviser, mémo par la pensée, l'humajiilé du Christ de la divinité, pour en
faire un objet de notre adoration ; contraire au cinquième concile général, qui est le second de Constaiitinople, coll. 8, can. 9; contraire enfin aux jjaroles de saint Jean, qui déclare que la division de Jésu5-(;hrisl est réservée a l'antechrist ; et omnis spirilus qui soliil Jesum ex Deo non est, et hic est antichristus. I Joan. iv, 3. » On voit ]»ar cette criti(jue aussi juste (ju'imp.Trtiale, dans quel sens on a pu accuser le P. Berruyer de favoriser le nestorianisme, hérésie dont il était d'ailleurs aussi éloigné dans ses principes que dans la disposition de son cœur. Les Jésuites désavouèrent publiquement le livre do leur confrère, et obtinrent de lui un acte de soumission, lu en Sorbonne en 17oV. Le savant P. Tournemine, son confrère, est un de ceux qui combattirent ses paradoxes avec Id plus de zèle fVoy. son article . Le Père Berthier, aussi jésuite , s'exprima en ces termes: « Il ne se souvint j^as (le Père Ber- « ruyer) qu'il travaillait sur le livre le plus « sim[)le, le jdus noble, le plus divin, le plus a sanctifiant. Il en altéra la simjilicité par rex- « trème abondance de son style, la noblesse « )iar une foule d'images et d'expressions peu « convenables , la divinité par l'alliage do « ses propres conceptions, l'édification par « la méthode très-condamnalile de réduire « quantité de leçons évangéliques aux seuls « Juifs et aux évt'nements qui les concer- 0 nent. » Le parlement de Paris, deux ans après, manda Berruyer pour être entendu sur plusieurs proiiositions de son liistoire. Miiis l'auteur s'étant trouvé malade, la cour envoya un commissaire, à qui l'historien remit une déclaration en forme de rétractation, qui fut déposée au greffe. Toutefois, le parlement, sur le récpiisitoirede Jolyde Fleury, condamna l'ouvrage de Berruyer. Berruyer lit imprimer différentes .\pologies, où, sans cesser de respecter sa condamnation, il justifiait ses inimtiods, et défendait surtout son attachement h la doctrine de l'Eglise catholique; elles ont cependant été mises à l'index. L'abbé Janson, connu par jilusieurs ouvrages où la piété et l'exacte orthodoxie sont unies h l'érudition, a [proposé, en 1789, uno espèce de triage des ouvrages de Berruver. « Quoiqu'h beaucoup d'égards condamnalile, « dil-il, et très-justement condamné, l'ou- « vra;,'e n'est pas répréhensibledans tousses « points. Aussi ce que nous y avons trouvé « en accord avec les sages règli-s. .suit au 0 sujet de l'ordre et de la distribution des a parties dont il est composé, soil au regard « de l'explication du texte, soit par rnjiport « à la diction, nous nous sonunes fait un o devoir de le conserver. Mais aussi tout ce ■ nui nous a paru iip|iosé h la tradition, à la « doi trine des saints Pères, au sentiment des a interprètes les plus suivis, h l'ordre des « temps, h la siiiqilicité et h la décence des 0 expressions, nous nous .sunniies appliqués, 0 autant (pi'il a été en nous, ;i le rectilier. » Yuij. le Journal hislor. et titl., 15 juin 1789, p. l59. — /.'.liirirn Testament a été traduit en allemand parle PèreWeimer.A Luxembourg, on 1753, avec uno approbation du fameux
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Fébronius (tïontheim), où on Ht ces paroles : Pater Derruyer S. J. sacerdos acceptissima atque haclenus intentata mcthodo sacrarum Htterarnm textum non solum perpétua hacce paraphrasi, gallico idiomate concepta intelleclu facilem, lectu vero pergratum reddidit ; alii etiam ejusdem societatis presbyteri utilissimum hoc opus pro pluriiun coimnoditate germanico idiomate donavcritnt ; hinc non possumus non egregiam ittrorumque operam, ab aliisjam probaiam, iterum laudare, et presbyteris hujus archidiœcesis sedulo legendam commendare. — Parmi les éditions rectifiées qui ont été faMes de l'ouvrage de Berruycr, nous devons dis inguer celle qui parut àBesançon chez Gauthier frères, 1828, 10 vol. in-8°. Deux directeurs du séminaire de cette ville s'étaient chargés de la revoir et d'en corriger les erreurs.
BERT (Pierre-Glaude-François), né vers 1768 dans le Nivernais , mort à Paris en septembie 182V, a publié : D'une alliance entre ta France et l'Angleterre, 1790, in-8" ; Des prêtres salariés par la nation, considérés dans leurs rapports avec le gouvernement républicain, 1793, in-8°, brochure dans laquelle est Froclamée l'indépendance de l'Eglise et de Etat.
BERTAIRE (saint), abbé du Mont-Cassin, né au commencement du ix" siècle , était issu des rois de France. L'illustration de son origine lui promettait di' grands avantages, mais il aima mieux travailler à se sanctifier , et il choisit pour sa retraite le Mont-Cassin. Nommé abbé en 8S6, il gouverna cette maison avec beaucoup de sagesse, jusqu'au 22 octobre 884, époque où il fut assassiné par les Sarrasins qui désolaient alors l'Italie par leurs courses. Ils brûlèrent le couvent et tuèrent saint Bertaire sur les marches de l'autel de saint Martin où il faisait sa prière. On a de saint Bertaire des sermons, des homélies et quelques autres ouvrages.
BERTAZOLLI (François), cardinal, né le 1" mai 1754 à Lugo dans la Romagne, étudia dans l'université de Bologne, et devint chanoine de la collégiale de Lugo. Pie VII, étant évêque d'imola , l'employa dans le gouvernement de son diocèse ; lorsqu'il fut pape , il le nomma archevêque d'Ephèse, chanoine de Sainte-Marie-Majeure, et son aumônier secret. Après l'invasion de Rome en 1806, BertazoUi fut forcé de se retirer k Lugo, puis on le déporta en France, où il partagea la captivité de Pie VII. De retour à Rome avec le souverain pontife, il reçut la
Eourpre dans le consistoire du 10 mars 182.3. éon XII le nomma préfet de la congrégation des études et protecteur de l'ordre des Carmes, du collège des Irlandais et de toutes les églises d'Irlande. Il devint évêque de Palestrine en décembre 1828 , reçut aussi des marques de bienveillance de Pie VIII, et mourut subitement le mercredi saint 7 avril
BERTET (Laurent-Dominique), prêtre, né à Avignon le 5 août 1671, fut un des fondateurs de la congrégation des missionnaires
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de Sainte-Garde. Il mourut au mois de mars 1739. On peut consulter pour plus amples détails l'Abrégé de sa Vie, sa Conduite spirituelle, et le Recueil de ses lettres, Avicnon
BERTHELET (Grégoire), bénédictin, né à Berain dans le duché deBar-le-Duc, en 1680, mort l'an 1754, était versé dans les antiquités ecclésiastiques. Il a donné un Traité historique et moral de l'abstinence, en 1731, in-4", et plusieurs autres ouvrages sur les rites, etc. Voyez ilom Calmet, Bibliothèque deLorraine.
BERTHELOT (Jacques-Edmond), né h Nantes le 2 janvier 1772, montra de trèsbonne heure pour l'état ecclésiastique une vocation que la révolution ne put refroidir. Aussi dès que le calme reparut, il entra h Saint-Sulpice. Après avoir été fait prêtre, il professa successivement la philosophie à Nantes et la théologie à Angers, et devint supérieur du séminaire de Limoges. M. Dubourg, évêque de ce diocèse, ayant porté un déc:et, le 18 février 1818, pour condamner les Principes sur la distinction du contrat et du sacrement de mariage, par Tabaraud , sans désigner l'auteur, celui-ci répliqua par une Lettre à M. Dubourg, qu'il rendit publique, et où il garda peu de mesure. Berthelot, alors vicaire général du diocèse, fit paraître des Observations sur le décret de M. l'évéque de Limoges et sur la Lettre de M. Tabaraud, 1818, in-8" de 51 pages. Celui-ci donna à son tour une Réponse, dont la forme et le style déterminèrent Berthelot îi cesser toute discussion. 11 est mort à Limoges, le 17 janvier 1835, laissant divers ouvrages, presque tous inédits. On lui attribue un Catéchisme sur le schisme, publié lors des tentatives de l'abbé Reb, qui depuis a rétracté ses erreurs avec des marques d'un profond repentir; enfin il a fourni quelques-unes des Notices insérées dans les Vies des saints du Limousin.
BERTHET (Jean), jésuite, né le 24 février 1622 à Tarascon en Provence, se rendit familières la plupart des langues anciennes et modernes, et enseigna avec distinction dans différents collèges de la société les humanités, la philosophie et la théologie. 11 eut des conférences publiques k Lyon avec des ministres de Genève et de Grenoble. Un ordre du gouvernement le fit renvoyer de l'ordre des jésuites, parce qu'il avait la curiosité ou la faiblesse d'aller consulter la fameuse Voisin. Etant entré chez les bénédictins, il mourut, en 1692, dans leur maison d'Oulx, laissant : Traité de la présence réelle, suivi d'une Concorde de tous les anciens Pères avec les conlroversistes modernes; Traité historique de la charge de grand aumônier de France, où l'on trouve des recherches curieuses; Traité sur la chapelle des ducs de Bourgogne, fondée à Dijon, en 1172 ; — sur celle des rois d'Espagne et de Portugal, fondée en 1515, etc. Berthet s'exerçait aussi sur la poésie, et il composa des pièces de vers latins, français, italiens et provençaux. Son père, qui cultivait la littérature, avait composé divers ouvrages, notamment un Traité sur l'éloquence.
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• BERTHIER (GiiLLAiKE-FnANçois), nô h Issoudun en Berry, lo 7 avril 1704., entra dans la société des Jésuiti^s en 17-22, et s'y distingua par ses vertus et sa scienre. En 17i5, on lui confia la rédaction du Journal de Trévoux, (ju'il dirigea j'is(iu';i la dissolution de sa Compagnie en France, Ji la satisfaction (lu public et des vérit ibles gens do lettres. « Jamais, ilit l'auteur des Trois Siè- « des, ce journ;il n'a été plus intéressant et « plus utile que quand le P. Berthier y a tra- « vaille. Sa pénétration à démêler les pièges « de l'incrédulité, sou courage à les mettre « au grand jour, son habileté à en parer les « coups, lui ont attiré les sarcasmes de ces « esprits forts contre tout, excepté ce qui « blesse leur amour-propre; mais il a fait « voir par ses lumières, autant que par sa « modération, combien il est f.icilc d'être su- « périeurà leurs manèges, à leurs attaques « et à leurs insultes. » Sur la (in de 17(i2, il fut nommé garde de la bibliothèque royale, et adjoint à l'éducation de Louis XVI et de Monsieur ; deux ans après il se consacra à la retraite, et ne s'occupa plus que de l'étude et des exercices de la religion. Il mourut à Bourges le 15 décembre 1782. Le ch^intre de la métropole rendit un hommage public à ses vertus et à ses talents, en lui donnant une sépulture distinguée dans son église. Le clergé de France venait de le gratilier d'une pension à son insu ; sans doute pour le récompenser de sa Continuation de l'Histoire de l'Eglise gallicane, commencée par le P. Longueval. On lui doit les six derniers volumes de cet ouvrage, écrits avec une critique, une modération, une netteté de style et une élégauco peu communes. Tout y est déduit et discuté avec une noble aisance qui, en faisant disparaître la gène du travail, annonce les connaissances les plus étendues et la plume la niiiux exercée. L'abbé de Voisenon lui a irndu ce témoignage, lorsque la Société fut i)roscrite dans le ressort du parlement de Paris : « L'auteur était savant, mo- « deste, point intrigant, bon prêtre et hon- « nètc lionuiie. Le Journal de Trévoux per- « dit eu lui un bon litt rutcur, el Paris un « liomme de bien. 11 n'y a que les encyclo- « pédistes qui gagnent li son exjiulsion un « puissant adversaire de moins. » Après sa mort on a publié les Psnumrs ri haie, (rnduits en français avec d(s Iti'perions et d's notes : le premiir en 8 vol. in-12, Paris, 1785; réimprimé en 1788, en 5 vol., sans noies ; le second, Paris, 17S8, 5 vol. in-l-2;les R<'llexions regardent surtout la morale ; t-liis sont pli'iues d'onction et pénètrent un coMir di-oil. Les notes expliquent le sens littéral «lu texte : l'auteur y étale ui;e érudition peu counnum-.else montre l'égal des |ilusliabilr.s conunentateurs. Comme il possédait parfaileineiit l'hébreu, il entre <lans de savantes discussions, et il aplanit lieaucoiip de difliciiltes, de manière qu'il l'ail irès-l)ieii entendre le sens du texte. Le P. Berthier e>l clair, el surtout précis; ce ipn est la preuve d'un bon esprit. Lo seul reproche qu'on jiuissu lui faire, c'est celui d'être un peu trop
houbiganliste, et d'avoir dans les idées de cet hétiraisant une confiance qu'elles ne méritent pas toujours. Peut-être jugera-t-on aussi ([u'il s'arrête quelquefois trop à des discussions où le doute et l'ignorance valent raieui qu'une décision. On a encore de lui des Réftexions spirituelles en 5 vol. in-12, 1790^ réimprimées en 1811 avec de nombreusescorrections. M. Montjoie a publié, en 1817^ l'éloge ({\i P. Berthier', in-8°.
BEUTHOD rCi.AiDE), bénédictin, né à Riipt en Franche-Comté, le 21 février 1733, fut chargé. par le gouvernement français de faire le dépouillement des archives de Bruxelles et d'en extraire les pièces qui |iou valent servir à répandre plus dî3 jour sur les points contestés de l'histoire de France. 11 s'ao* quitta de cette tAche d'une manière fort honorable; mais il n'eut pas le loisir de faira imjirimer les fruits de son travail. .\près la suppression des jé'suites dans les lltats aulri-r chiens, il fut associé, en 1784, îi la réunioa dessavan's qui fut autorisée par l'empereur à continuer le recueil des Arta sanctorwn, commencé par Bollandus, et il eut part à la publication du 51' volume. Bertliod mourut à Bruxelles le 19 mars 1788. à 55 ans. L'académie de Besançon l'avait plusieurs fois couronné pour des discours ayant trait à divers points de l'histoire de Franche-Comté, et il se proposait de |)ublier une Histoire générale de cette province. Ses manuscrits sont conservés dans les registres de l'acadé^ mie de Besançon, et l'on en trouve les titres dans son Eloge historique que son confrère Grappin inséra dans le second volume des Mémoires de la so(;iélé littéraire de Vesoul.
BKRTHOLD , prédicateur du xiii' siècle, qui jouit d'une popularité iamiense, à peu près seml)lal)le à celle qui entourait saint Beinaid dans le xii' siècle. Il rassemblait souvent , disent les chroniques el les annales du temps, jusqu'à soixante mille auditeurs autour de lui. Wading, dans les .Inital es Minorum, Womc, 1732, tome IV, s'exprime ainsi: «C'est l'an du Seigneur IsâO « que le frère Beitliold, originaire de Ra- « ti!>boniie, de l'ordre des Frères Prêcheurs, « conmicnce il prêcher. On assure (lue l'on a « vu souvent jusqu'il cent mille lidèles ras- « sembh s pour 1 entendre. » Il est dil «illeurs ([u'nssiégi' par les amliteiirs il prononçait ses discniirs dans les champs el dans les foièls. Berlliold mourut en 1272, et fui euterréà Ratisbonne, dans la maison di' son ordre. Une partie de ses sernnins a été i»ubli'e ]\ l'aris. Panzer (.4rinfi/. /y/>.,lonie VIII, n" 27(i9j cile l'ouvrage suivant : t'niiris licrtholdi Trntonis Jlnrologium derotionis circd vilain Christi, Paris, | .ir Jean (luuruionl, sans date. Ch.-Fned. Kling , savant alleni md, a i>ul)lii' : /icriliold, des Franii-skunrrs dnitsrhr J'riitii/len, clc. ; SrrmoM allcinitniis du franciscain Hcrlhold, clc, Bi- lin, \H-1\. Li prefaro est oe Ni aiider. Ces deux savants ont lassrmbléune intiinté de téiui'ignages et de faits sur ce ceièlipe pnmioaleiir, sur sa vie. Mir l'idiome qu'il eniployail, sur lo8 oiauuscnU où &u IruuYuiil t>u> iormuus,
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etc. L'idiome dans lequel Berthold exprimait ses pensées fortps et liardios, est celui de Minnesinger, antique ilialocte ([iii est k la langue allemande d'aujourd'hui, ce que les chants de nos troubadours sont à la langue française du xis." siècle. On possède aussi de fui des sermons latins, qu'il adressait sans doute aux religieux; mais en.parlant au peuple, il a dû se servir de l'ancien dialecte teuton, alors employé dans les contrées qu'il parcourait. C'est" ainsi que saint Bernard, à ce que l'on pense, a prêché, nonseulement en latin, mais encore dans l'idiome usité en France dans le xii' siècle.
BERTHOLDE, BERNOLDE ou BERNALD, prêtre de Constance dans le xi" siècle, continua la Chronique (VHcrmanniis Contractus, moine de Reichenau, depuis l'an 1054- jus- <iu'en 10G4. 11 y ajouta l'iiistoire de son temps jusqu'à l'année 1066, qu'on croit être celle de sa mort. Cette Chronique se trouve avec les additions dans le premier tome des Anciennes Leçons de Canisius. Il nous reste encore de Bertholde, des Opuscules en faveur de Grésoire VII dont il était grand pariisan, et la vie (VITermamius Contractus en manuscrit, dans l'abbaye de Mûri, en Suisse. BHRTHOLET (Jf.anJ, jésuite, né à Salra dans le duché de Luxembourg, mort à Liège en 1755, est auteur d'une Histoire de l'institution de la Fôte-Dieu, Liège, 17i6, 1 vol. în-k", où l'on désirerait un peu plus de critique ; et d'une Histoire ecclésiastique et civile du duché de Luxembourg et comté de Chiny ; en 8vol. in-4-°, ouvrage prolixe, écrit sans beaucoup de méthode, mais où l'on trouve do r(''rudition et des choses intéressantes. BERTHONIE (Pierre-Thomas La), dominicain, né à Toulon le 7 février 1708, mort dans la même ville le 15 janvier 177i, se livra principalement à la prédication, et combattit avec beaucoup de zèle les athées et les déistes. On a de lui : Œiuvres pour la de'fense de la religion chrétienne contre les incrédules et contre les juifs, 1777, 3 vol. in-12. Le Supplément aux OEuvrcs du P. La Berthonie, 1811, in-12, renferme : 1" la Relation de la conversion et de la mort de Pierre Bouguer, déjà imprimée en 178't. ; 2° Conférence avec un déiste; 3" Examen critique d'un écrit spinosiste sur l'existence de Dieu ; 4° Lettre à une demoiselle nouvellement convertie; 5° Preuves de la divinité du Saint-Esprit.
BERTHOUT (Jacques - Madeleine), supérieur du séminairedu Saint-Esprit, né le 3 mai 1753 à Halcnghem, diocèse de Boulogne, vint étudier à Paiis au séminaire du Saint-Esprit, que son oncle, l'abbé Duflos, dirigeait. Il s'attacha à cette congrégation, et fut destiné, en 1778 , pour la mission de Cayeune. Le navire qui le portait ayant fait naufrage sur la côte d'Afrique , Berthout tomba entre les mains des Maures. Le gouverneur anglais du Sénégal le racheta, et le mit sur un bâtiment qid retournait en Angleterre. Un corsaire français s'empara de ce vaisseau et ramena le missionnaire dans sa |>atrie. Berthout professa alors la théologie à Meaux et k Paris. En 1792, il passa en Angleterre,
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d'où il revint au bout de dix ans pour travailler au rétablissement du séminaire du Saint-Esprit. Le décret du 23 mars 1800 réalisa ses vœux en partie ; mais un décret contraire de 1809 supprima l'œuvre renaissante. Enfin , une ordonnance royale du 3 février 1815 lui rendit l'existence. Berthout parvint plus tard à racheter la maison de la rue des Posles, qui étcfit le berceau de sa congrégation, ainsi que l'ancienne maison de campagne de Gentilly. Il fut enfin autorisé à élever , dans le local de la rue des Postes, un petit séminaire, qui a continué jusqu'à la révolution de 1830. Berthout avait pu envoyer une foule de missionnaires dans les colonies , et il avait reçu jusqu'alors du gouvernement des secours annuels qui lui furent retirés. Néanmoins, il réunit encore des sujets, en 1831, dans sa maison devenue déserte ; mais le choléra ayant éclaté, on lui demanda la plus grande partie du local pour en faire un hôpital militaire. On dit que le chagrin qu'il ressentit, en voyant dépérir l'œuvre de tant de soins, pressa la fin de ce vieillard qui succomba le 10 décembre 1832.
BERTI (Jea\-Laurent), né, le 28 mai 1696, h Serravezza, village de la Toscane, dans le capitanat de Pietra-Santa, entra dans l'ordre des Augiistins. Il fut envoyé à Rome, et devint assistant général d'Italie. Il y fit imprimer son Cours complet de The'oloqie en 8 volumes in-4°, qu'il di''(lia au pane Benoi'tXIV. Comme il y soutint l'impossibilité de pure nature, quelques évèques de France, entre lesquels M. Languet , archevêque de Sens, condamnèrent sa doctrini' ; mais Benoît XlVle déeliargea de l'accusation d'hérésie, et avec raison. Berti ÇiiV Apologie de sa doctrine en 2 vol. in-V. L'empereur François I", grandduc de Toscane , lui donna une chaire de professeur dans Tuiiiversité de Pisc , avec une pension considérable. Ce fut dans cette ville que le P. Berti mourut le 26 mai 1766, après avoir publié une Histoire ecclésiastique, T vol. in-4-°; un Abrégé de la même Histoire, deux tomes en 1 vol. in-8°. Pauvre compilation, sans ordre, sans choix, remplie de minuties , de faussetés , de partialité. Dans les premières éditions , entre autres dans celle de 1748, on trouve, dans la Préface de la 2* partie, une espèce de rétractation de ce qu'il avait dit dans la première , touchant le jansénisme. L'auteur essaye de réparer ses prétendus torts par un verbiage indigne d'un espi'it solide et conséquent. Il exalte jusqir'au ciel les chefs et les promoteurs du parti , et ravale dans la bouc ceux qui l'ont combattu 11 a cru que par ce moyen il tirerait son lU vre de la foule, et qu'il serait préconisé par tous les adeptes de la secte; en quoi il ne s'est pas trompé. « Cherchez-vous de la Téputation , dit un orateur célèbre, attachez vous à qu(dque faction , et après cela ne vous inquiétez de rien. » Berti a encore pu blié des Dissertations , des Dialogues , des Réponses , des Discours académiques , etc. Tous ces ouvrages ont été recueillis dans une édition in-fol., à Venise.
BERTIER (Julien-Jacques), prêtre du dio-