BIN
part relatives aux opinions scolastiques.
BILLY (Nicolas-Antoine-Labbey de), prôtri' et littérateur, lié en 1753, h Vesoul, d'une l'amille honorable, avait débuté par la carrière des armes; il crut quf le barreau convenait mieux à ses dispositions, et il se fit recevoir avocat. Enfin il se décida à embrasser rétat ecclésiastique, et? après des études faites au séminaire de Saint-Sulpice, il alla recevoir les ordres sacrés à Besançon. La Luzerne, évèque de Langres, le nomma son grand vicaire, et, en 1786, il eut l'honneur de prêcher à Versailles devant la famille royale. La révolution ayant éclaté, il refusa le serment , et alla rejoindre l'évêque de Langres à Lintz, et plus tard il fut chargé de l'éducation des enfants du comte d'Aubusson de La Feuillade, ministre plénipotentiaire de Napoléon près de la reine d'Etrurie. Dès qu'il lui fut permis de revoir sa patrie, il se hâta d'y rentrer, rapportant avec lui les nombreux trésors littéraires qu'il avait recueillis dans ses voyages. En 1809, il fut nommé professeur d'histoire à la faculté de Besançon; mais l'état de sa santé l'obligea bientôt de se faire suppléer. Il mourut à Besançon le 21 mai 182.5, à 72 ans. il .-ivait formé une bibliothèque curieuse qu'il avait d'abord léguée à l'université; mais il revint sur sa donation, et cette belle collection a été dispersée. On a de l'abbé de Billy, outre une édition de l'histoire de P. d'Aubusson, augmentée de Notices sur quelques-uns des personna.zes de cette maison : Histoire de Vuniversité du comté de Bourgogne et des différents sujets qui Vont honorée, Besançon, 1811, 2 vol. in-4" : un troisième volume devait donner la biographie des professeurs, mais il n'a point paru; Sermons, iliid., 1817, in-8° : ces sermons sont écrits avec élégance, mais ils ne s'élèvent point au-dessus de la hgne commune ; enfin le recueil de l'académie de Besançon renferme plusieurs de ses Discours.
BILOTTA (Octave), jurisconsulte et avocat à Naples, mort vers le milieu du xvn" siècle, a laissé : Discorso istorico circa Inpatria diS. Gennajo martire, Rome, 1636, in-folio , oîi il soutient que Bénévent était la patrie de saint Janvier; Vita BartliolomœiCamerarii, imprimée avecl'ouvrage deceCamérarius, intitulé: Feudales repetitiones, Naples, 1645, in-folio.
BILSON (Thomas), évoque de Worcestcr, l'un des écrivains les plus clairs et les plus élégants de son temps, fut chargé conjointement avec Miles Smith, de la révision de la traduction de la Bible en anglais, faite sous le règne de Jacques I". Il fut l'un des plus ardents champions de l'Eglise anglicane , et mourut en 1616. Il a laissé quelques ouvrages. Le plus célèbre de tous est celui qu'il publia en 1604, sous ce titre : Tableau (les souffrances de Jésus-Christ pour la rédemption du genre humain, et de sa descente aux enfers pour notre délivrance, Londres, in-fiilio. Ce fut Bilsou qui prêcha à Westminster, en 1603, devant le roi Jacques et la reine, le jour de leur couronnement, un sermon qui fut imprimé lu même année.
BINER'(JosEpn), jésuite allemand, mort vers l'an 1778, a donné un'ouvrage excellent, intitulé : Apparatus erudilionis ad jurisprudentiam prcesertim ecclesiasticam, partes XIll. La cinquième édition eu a été faite à Augshourg., 1766-1767, en 7 vol. in-4°.Ce sont des annales pleines de recherches et de faits qu'on ne trouve pas ailleurs , au moins rassemblés comme dans cet ouvrage.
BINET (Etienxe^ jésuite, né à Dijon en 1569 , mort à Paris le 4 juillet 1639, fut successivement recteur des principales maisons de son ordre en France. Il est auteur de plusieurs ouvrages e>tim;;bles parmi lesquels on distingue : Essai sur les merveilles de la nature, Rouen, 1620, in-4°. Ce livre eut plus de vingt éditions dans l'espace d'un sièicle : il le publia sous le nom de René François, par allusion à celui de Binet {Bis natus) ; Abrégé des Vies des principaux fondateurs des religions de l'Eglise, représentés dans le chœur de l'abbaye de Saint-Lambert de Liesse en ILaynault, Anvers. 163't, in- 4°, fig., traduit en latin, et imprimé plusieurs fois dans les deux langues ; un Traité sur le salut d'Origène ; un autre traité pour savoir si chacun peut se sauver en sa religion. Pascal donne une place à Binet dans ses Provinciales, et relève cette proposition de son livre de la marque de ta prédestination : « Qu'im- « porte où nous entrions dans le paradis, « moyennant que nous y entrions ? soit de « bond ou de volée, que nous en chaut-il, « pourvuquenous prenionslavilledegloire?»
BINET (François-Isidore), capucin, né à Niort en 1620, fut successivement provincial de la province de Touraine et gardien du couvent de Poitiers. Il se distingua dans la prédication, et parcourut les provinces voisines du Poitou, s'efforçant de ramener les chrétiens séparés de J'Eglise romaine. C'est dans ce but qu'il composa l'ouvrage intitulé : Le Missionnaire controversiste , ou Cours entier de controverses, Poitiers, 1686, et anlîées suivantes, dont il s'est fait plusieurs éditions. Binet mourut sur la fin du xvii' siècle à Poitiers.
BINET (Isidore), neveu du précédent, fut deux fois provincial dans le même ordre. Plusieurs évêques le chargèrent de prêcher le carême etl'avent, et il alla à Rome comme prédicateur du chapitre général de son ordre. Binet avait écrit la relation de son voyage en Italie, rcais avant de mourir il fil brûlerie manuscrit. Desloges, qui l'avait lu, dit qu'il contenait des choses excellentes. L'auteur y relevait principalement les erreurs et les fausses allégations de Misson et de Jouneau. Né à Niort en 1693, il mourut à Poitiers en 1774.
BINET (Benjamin), auteur qui vivait dans le xvii' siècle, et dont la vie est peu connue, écrivit une Histoire des dieux et des démons du paganisme , D'ift , 1696, in-12, que l'on joint au livre de Ba!thaz..r Bekkcr, intitulé : Le monde enchanté, dont il est une critique, la seule qui ait été faite en notre langue.
BINGHAAI (Joseph), savant anglais dont nous avons un ouvrage sous ce titre : Origi-
Tirs cccléftinslif/ues, en anglais, Londres, 1708- 22, 8 vol. in-8'; ibid., 1726, 2 vol. in-fol. II a i^té traduit en latin. Hall, 172V, et ann-'cs suivantes, 11 tomes en 6 vol. m-'r. Cet ouvi-aiçe est plein de rerherches , mais aussi plein do préjugés et de mauvaise critique contre les dogmes, la liturgie et la dis(i{)line de l'Eglise catholique. Comme on avait déjà répondu îi la plupart de ses critiques, et (prellos sont d'ailleurs de la plus mince considération, il est diflicile de ne pas soupçonner l'auteur de queh^ue mauvaise foi. 11 mourut le 17 aoAt 1723. On a encore de lui qucliiues autres ouvr;iges en anglais : Apuloi/lr dis Rp'formés de France, in-8° ; Pratique de l't'ijlUe dans le sacrement de Baptême, 1712 ; Sermons sur la miêéricorde de Dieu envers les pénitents.
BINI (SÉVERo), Binius, chanoine de Cologne, mort le \h février 16V1, donna une édition des conciles en h vol. in-fol.; puis en 1618, une autre en 9 vol. et une 3' en 16.'i8, 10 vol.Ellea été elïacée entièrement par ci'lles qui ont paru après. Voxj. Labbe.
BINSFELD (Pierre), chanoine, évoque titulaire d'Azote t su iïragant de Trêves, a, rès a voir . édifié l'Eglise par la régularité de ses mœurs, par son zèle et ses travaux, mourut h Trêves en 1606. 11 a composé Enchiridion Theologiœ pastoralis, Douai , 1667, ouvrage pm recherché aujourd'hui, parce qu'il en a paru de meilleurs de|iuissur cette matière; Commentarius de Simnnia, Trêves, 1605, in-12, estimé; Tractatus de confessionilms maleficorum et sai/arum, Cologne, 1623, ouvrage entrepris dans un temps où l'on parlait beaucoup de sorciers; il n'y manque point de crili(pie pour un siècle où l'on était trop créduh' sur les maléfices ; mais il n'y en aurait pas assez aujourd'hui que l'on est pe.t-ôlre trop incrédule sur cette matière (V. Brun (le), etc.); un traité des Tentations, plein d'avis sages, utiles et consolants, fruit de l'expérience et de l'étude des cœurs
BIltOAT (Jacques), né à Bordeaux, entra dans la crjmpagnie de Jésus, et passa ensuite d.ins l'ordre de Cluny. Son lalent pour la chaire lui ht lui*' répidalion étendue. 11 devint prii'ur de Beussan, conseiller et prédicateur du roi, et mourut vers l'an l(î(i6. Nous avons de lui des Sermons et des pani<(/i/riques en plusieurs vohimes in-8°. Ces sermons ont sans doute vieilli pour la forme et pour le st le, mais on y trouve de l'érudition et de la solidité.
BISHOP (Guillaume) , évèque de Clialcédr'i ne, m /)fuV//(i/s»«/îrfr/)Hm, et vicaire apostolique en An^^letcre. ur, en lo53, à Br.iyles, dans le couiti- de Warwii-k, [lassa au séminaire anglais de Hrjms, puis à celui (h- Rome. Revenant en Anglclerro pour y travailler aux mission';, il fut, comme i)rèlre catholiijue, arrêté h Douvres et mis en prison. Ayant recouvré sa lilicrié, il se len dt Ji Taris et pr.itita de l'occasion jwur p isser docteur en théoliigie. Revenu eu Angleterre une seconde (dis, il jiut y exercer les fonctions du mini*tèie. Le serment d alli'gfjuice ayant éti'- pxi^é dos catholiques aires la couspiialion des
poudres, Bishop, bien que d'avis qu'on )iouvait le prêter, s'en abstint par respect pour le pape, qui l'avait proscrit. Ce ne fut qu'eu 1623, loisquil avait atteint l'âge de 70 ans, qu'il fut revêtu de la dignité de vicdre apostoli(iue. Le saint-siége y joignit le titre d'évè(]uedeChalcédoiiie,et il fut sacré à Paris le k juin de la même année. Jl s'occupa aussitôt de l'organisation de l'Eglise catholique, se créa un chapitre, nr»mma di s grands-vicaires, des archidiacres, des doyens ruraux, qui se répandirent dans toutes l's prnvinces (le l'Anglelerre. A peine eut-il le temps d'achever ce grand ouvrage, étant mort le 16 avril 162V. On a de lui : Défense de l'honneur du roi, et de son titre au royaume d'Angleterre; Protestation de loyauté par treize ecclésiastiques, la dernière année du règne d'Elisai!(r</(, écrit qui valut aux catholiques quelque libcité dans l'exercice de leur religion ; une édition de l'ouvrage du docteur Pitts, de il- Instribus Angliœ Scriptoribus; divers écrits de ciintroverse.
BISSACHÈRE (Pierre-Jacques LEMO^MER DE La), missionnaire, né vers 17Gi à Bourgueil eu Touraine, exerça d'abord les fonctions du saint uiinistère [lendant trois ans, puis après avoir passé (pielque temps au séminau-e des .Missi ns étrangères , il partit pour les Indes orientales , au mois d'avril 1790, avec trois autres missionnaires , sur \m vaisseau de la compagnie des Indes. Ce ne fut qu'au piix des [ilus grands dangers qu'il lui fut dojiné d'évangéliser le Tong- King, où des persécutions fréquentes obligeaient les apôtres de la croix de se tenir souvent cachés. Le monarque du pays se montra plus favorable en 1802; aumoisd'aoïU de la même année il admit à son audience et accueillit avec beaucoup de distinction l'évêque de Castorie, et La B ssachère qui lui avrtit été adjoint. 11 paraît même (]ue ce dernier fut élevé au ranj; de mandarin, et (pie des Tongkinois fun ni attachés k son service personnel. La Bissachère quitta le Tong-King en 18.)7 pour revenir en Europe, et il arriva eu Angleleri'e lians le cnuranl de 18;)8.11 avait alors lrès-i)eude moyens d'existence, et des personnes (lui sàvai. ni qu'il avait rapporté de curieux (iicuinenls sur* le Tong-lving et la Coetunchine, lui lonseilli'»-. rent d'en tirer parti. Sur l'observation que lit le modeste missioun.iire ipiil avait per.lu l'habitude d'é(Tir(' eu fian(;ais, on l'engagea à conliiT ses notes et ses matériaux à M. de Miinthyon, retiré comme l> i en Angh terre. Malheureusemint le bon prêtre ne songea pas même h stipuler des conventions, et tout le l'ruil (|u'd retira de la puhl. cation (le l'ouvrage, (jiit eut i.n grand suicês, se borna î» six exemplaires ijue \!. deMonlhuin eut la générosité de lui lennitre, en retenant pour lui seid le prix intégral (pi'il avait reçu de l'édileiir. Aussi échappa-l-il jiliis lard h Ln Bis-achère, lorsqu on vanlait devant -lui les libéralités posthumes do Monlhuiii, do le Cdiiipirer dans son langage un peu cru aux eiH ieii.s (pii 11 • font (lu lih n qii'.ipres leur mort. Ajoutons que M. de Muntlijruu aiùla
aux documents du missionnaire des faits suspects et inexacts, puisés à d'autres sources, et des réflexions philosophiques qui ne s'accord.iient nullement avec les sentiments religieux du prêtre. La Bissachère revint en France au mois de juillet 1817, et rentra au séminaire des Missions étrangères , où il mourut le 1" mars 1830. L'ouvrage dont nous avons parlé était intitulé: Exposé statistique (lu Tong-King, de la Cochinchiiic, du Canwogc,elc.,sur la relation de La Bissarhèrr, Londres, 1811, 2 vol. in-8°. Une autre éd tion fut donnée à Pflris sous ce titre: Etat actuel du Tong-King, delà Cochinchine, et des royaumes de Camboge , Laos et Lac-Tho , par M. La Bissachère, missionnaire qui arésidé dixhuit ans dans ces contrées, traduit d'après les relations oi'iginales de ce voyageur.
KISSE (Thomas), pré licateur célèbre de l'Angletene, obtint par lecréilitde son frère, qui fut évêque de Saint-David, puis d'Héréfurd, la chancellerie d'Héiéfo d, que la retraite de Jian Harvey, qui ndusait de prêter le serment jacobite, laissa vacante en 1716. Il fut aussi ptébendier dans la cathédrale, recteur de Crudley et de Weston, chapelain ordinaire du roi, et mouruHe22 avril 17.'}1. Outre quelques poëmes latins, imprimés à Londres, en 1716, sous le titre de Latina carmina , on a de Thomas Hisse : un grand nombre de sermons qui ont été imprimés, deux entre autres sur la musiiue, 1727, 1729; la Défense de lépiscopat, 1711 ; l'Usage du monde chrétien, 1717; deux discouis prononcé', l'un à l'occasion de l'ouverture d'un:^ église, sht le mérite et l'utilité des fondations de ce genre, en 1712; l'autre lors de l'ouverture d'une école de charité en 1725. En 1731, huit sermons de Bisse turent imprimés en un volume. Du reste, Bowyer a donné la liste complète de ses productions dans ses Anecdoctes littéraires du xviii" siècle, tom. I", pages 120-121.
BISSEL (le P. Je.\\), jésuite, né à Babenhausen en Souabe en 1601, professa la rhétorique et la jihilosophie dans jdusieurs colh'Kes de son ordre, et après s'être distingué comme prédicateur dans les principales ciiaires d'Allemagne durant l'espace de trente années, se remit à enseigner. 11 avait aussi la r'''putation d'un bonpoëto. Il mourut vers 1678, laissaut divers ouvrages et opuscules dont les princiriaux sont : Lcaria, Ing^lstadt, 1636, in-16; réimpr. en 17G6. Sous le nom dicarie, l'auteur désigne le Haut-Palatinat ; il indique aussi sous des noms supposés les divers personnages dont il parle dans cet ouvrage, qui contient, avec la desniption de cette province, le récit des événements dont elli- avait été le thi^Atre ; Vernalia seu de laudihus vrris, Ingolstadt, 1638, in-16; Municli, Ki'iO ; Dcliciœ wstalis , ibid., 16V4, in-lC : ce recueil d'élégies fait suite au précédent; Argonauticon Aniericanorum, sive historiée periculorum Pétri de Victoria ac sociorum ejus, lihri XV, Mun cli, 16i7, in-12; Amsterdam, 16. îS, in-12: c'est une t:ad. de l'ouvrage espaguiil de Pierre de'Victoria, qui se lit jésuite au Pérou ; IHustrium ab orbe condito
ruinarum Décades LV, Amberg et Dillingen, 1656-166'*, 9 part. in-8° ; 2" édition, Dillingen, 1679 : c'est une description des dérèglements des nations païennes ; Pattestina, seii terrœ sanctœ topothesis cum tabellis chronographicis, Ambf'rg, 1659, in-8° ; lleipublicœ Romanœ vcteris ortus et interilus, Dillingen, 166'i-, in-S" ; Antiquitatum Evangelicarum veteris Testamenti libri très , cuni testimoniis et observationibus : accedit Dactyliotheca Scnecœa, Amberg, 1.C68, in-12: c'est un recueil de vers ; Mcdulla historica, ibid., 1675, 5 vol. in- 8% recueil de pièces historicjues relatives à l'histoire des 21 premières années du xvu' siècle.
BISSETT (Guillaume), pamphlétaire religieux qui se signala au commenceuient du xviii" siècle. 11 était recteur de Whislon, dans le comté de Northampton, et frère aine de l'église collégiale (^t de l'hôpital de Sainte- Catherine-près-la-Tour. Il avait publié , en 1704, sous le titre du Franc Anglais, un sermon suivi bientôt de deux autres, intitul 's : L'Anglais plus franc encore, dans lesquels il défendait l'ancienne constitution et la religionanglicane, menacées, selon lui, par la tendance du gouvernement. En 1710, il publia à Londres : Le bon Averti, ou Essai récent du gouvernement français en Angleterre , oii il s'etfdrçait de démontrer que les doctrines arbitraires de la monarchie française étaient inconciliables avec une constitution légale et l'initiative des droits, et que , quel jue dispen<lieuse que fût la délivranc'' d'un pays opprimé [ ar un joug de fer, jamais l'événement qui le brisait ne pouvait être pavé trop cher. Peu de temps après parut le Moderne fanatique, en trois parties successives, 1710, 1711 et 1714, oîi il attaquait vivement le docteur Saclieverell. Le docteur King lui répondit par une Apologie de c docteur, dans laquelle il n'épargnait pas non plus les personnalités contre Bisse'.v. Cette i^uerre de libelles dura encore quelque temps; la lin du règne d'Anne mit enfin un terme à toutes ces (juerellos, qui ne se bornèrent pas à des jiamphlets, puisque, s'il faut en croire Bisselt, il courut risque trois fois d'être assassiné.
BISSON (Louis -Chakles) , évêque de Baveux, né, en 1742, d'un père laboureur, fut d'abord curé de Saint-Louet, arriindissement de Saint -Lô, et prêta le serment exigé par l'assemblée constituante. Il devint ensuite grand vicaire de l'évêque constitutionnel deCoutances, et fut enfermé dans une maison d'airèt pour avoir refusé .e remettre ses lettres de prêtrise. En 179911 fut nonnné évêque de Bayeux, et assista au concile national de 1801. La même année, il donna sa démission d'après la demande du pape, et il fut nommé chanoine honoraire de Baveux.
Il est mort le 28 février 1820. On a de lui : Almanach historicjue, ecclésiastique et politique du diocèse de Coutances, pour les années 1770 à 1776, oii l'on trouve des reelierches curieuses sur les antiquités civiles et ecclésiastiques de ce diocèse ; Instructions sur le jubilé, Caeu, 1802, m-a" ; Annuaire du Calva-
BIZ
BLA
dosponrl803 et 180fi-,Caen, in-iS; Mal Hâtions sur les vérités fondamentales de la relifjion, Cnen, 1807, in-12, sous le voile de ranoriynie ; Blémoire sur les ehatifiements t/ue la mer a apportés sur le littoral du lirparlrinent du Calvados, ouvrage qui a reniitoilé le prix lie l'académie de Caeii, et qui se trouve dans le secondvolumedes Mémoires de cette société, publié en 1816. On a encore de lui quelques brochures en faveur des prôlres assermentés. Il a laissé en outre plusieurs rnanusi^rits, entre autres un Dietionnaire biographique des trois départements de la Manche, du Calvados et de l'Orne , fruit des recherches de sa vie entière, et renfermant les articles de plus de SI X cents auteurs normands, la pluparti n édits. BISSY (le cardinal de). Voy. Thiard.
BIVAR (François de), religieux de Tordre de Cîleaux,nt' à Madrid au xvi' siècle, occupa successivement plusieurs chaires de philosophie et de théologie dans son ordre, et fut envoyé à Rome en qualité de procureur général. On a de lui : des Vies de saints; un Traité des hommes illustres de l'ordre de Ci- Icaux ; un Traité de l'incarnation ; un Commentaire sur la philosophie d'Aristote; un autre Commentaire sur la chronologie de Flavius Lucius Dexter. Bivar mourut à Madrid en 1G36.
BIVERO ou BlYER (Pierre ue), jésuite, né à Madrid en 1572, professa la rhétorique, la philosophie et la théologie dans divers collèges de son ordre, et fut envoyé, en 1616, à Bruxelles , pour y remplir les fonctions de prédicateur des infants Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas. Aprèsla mort de ces princes il revint en Es|).ign(',etfutnonHiiérec- . teurducollégcdcM.nliiil. Indi'pendanuiicritde jilusieurs sermons cspagnolscioiivrages ascétiques en latin, Bivero a composé les ouvrages suivants , qui sont encore recherchés il cause des gravures : Emblcmata in psalmum Miserere, in-8". Le P.Southwell nous ap[)rend que le texte de cet ouvrage est gravé; Siicrum sanctuarium Crucis et patientiœ crucilixorum et cructgerorum, emblematicis imaginibus ornatum, Anvers, 16.3'»^, \n-h" ; Sacrum oratorium piarum imaginum immaculatœ Mariœ, etc. Ars nova bene virrndi et moriendi saeris piarum imaginum emblemalibiis figurala et illuslrata, ib., UV.Vi, in-'i-" : ouvrage qui doit se joindre au précédent. Bivero mourut à Madrid le 2(i avril 1C.Ï6.
BIZET(MAnTiN-JEA>-BAPTisTE),t]iéologien, né jirès de B(jibrr,eii I7V6, entra dans la congréga.ion dus clianoino réguliers di; Saiulc- (leneviève , et l'ut successivement prieur à Heaugency,h (Ih.lteaudun et curé de Nanlouillet. A l'époque de la révolution, il refusa le serment, passa eu .Angleterre, et ne revint en France ipie lorsipie les prêtres y purent exercer ii'ur saint ministère. Après le concordat do 1801, il fut nommé vi<aire de la paroisse de Saiiit-hlticiMie-du-Monl, jiuis curé ajirès la mort de l.cilcrc de Bradin. Il mourut à Paris je 8 juillet 1821, en lé.;\i,fnl aux pauvres une somme de dix mille lianes. On a de Bizet : Discussion épisloluire sur lu religion entre G. W., protestant de l'Eglise an-
glicane et M.-J.-B. B., catholique romain, Paris, 1801, in-12 de 208 pages. Les lettres d mt se compose cet ouvrage sont datées de 1707 : on y examine tons les points de dissidence entre les deux églises.
BLACHE (Antoine), prêtre et docteur en tbéologie, naquit, en 1635, à Grenoble, et embrassa la profession des armes. Une blessure qu'il reçut h l'.-ssaut de Valence et dont les suites furent durables, le détermina à embrasser l'état eccb'siastiquc, et il devint curé de Ruel. On adeBlache plusieurs écrits qui firent beaucoup de bruit, entre autres : une Réfutation de Thérésie de Calvin par la seule doctrine de MM. de la religion prétendue réformée, Paris , 1687 , in-12; Anecdotes ou histoire secrète découvrant les menées sourdes du cardinal de Retz et de ses adhérents pour otcr la vie au, roi et à Mgr le dauphin, par les mêmes moyens dont le cardinal s'était servi pour la faire ôter au cardinal Mazarin. On y voit le sentiment unanime des jésuites sur le parricide des rois, soutenu par le Père Lachaise, qui s'associa par de noires intrigues arec M. de Harlay, archevêque de Paris , pour faire mettre dans un cachot le Mardochée OH roi, afin de lui ôter la liberté d'en donner coiinaissaiice à S. M. ; dédiée à Mgr le duc de Bourgogne, par M. Blache , prêtre, docteur en théologie. C'est un manuscrit de mille pages in-folio, que les commissaires du parlement découvriient en 1763 au collège de Louis-le-Grand. Blache s'était promis de tenir son ouvrage secret; mais des extraits qu'il en fit courir, et une longue lettre qu'il adressa à Madame de Mainlenon, en luienvoyantunplacetau roi, qu'il exhortait ?i bannir les jésuites, confirmèrent l'idée que l'on avait qu'il était atteint do folie : il fut arrêté et enfermé à la Bastille, oii il mourut le 29 janvier 1714. Son fameux manuscrit était complètement oublié, lorsque, le 27 février 1768, le président Hcilland prononça un discours où il en avait inséré plusieurs extraits; les jansénistes depuis cette époque ne se sont pas fait taute de répéter les absurdités manifestes qu'une passion aveugle, dégénérée en niunomanie opiniAtre , avait inspirées à Blache contre un ordre qui n'eilt pas peutêtre soulevé tant d'inimitiés s'il avait rendu moins de services à la religion.
BL.\CKALL (Okfsprinc.), théologien, né à Londres en 165'», fut évèque d'Exeter, et se fil estimer ji.ir sa candeur et sa probité. U mourut dans son évèché en 17 16. Il passe poui- un des bons nrèdicaleurs d'.Vngleterre. Ses Sermons ont été imprimes en 2 vol. in-!bl.
BLACKBUBNE (Françoise théologien anglican, archidiacre de (iiéveland, né à Riciimond, dans !(> conili' d'York en 1705, l'ut un des plus chauds partisans di' la liberté civile et religieuse. Il se lit d'abord connailic p-ir une apologie d'un livre intilidè Recherches libres rt sincèrei sur l'Eglise d'Augleterre, livre auipiel on croit (ju'il eut |iarl, (pioi(|u'il l'ail toujours iiii'. V.w 17!i(), il enlia dans 1.1 controverse qui s'a^ilait alors entre les Ihéologieiis anglicans Mir un élal inliTiiièdiaire, heureux ou malheureux, entre la mort et la résurreclion,