‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 129 sur 228 · BOC C · texte numérisé non relu

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Phiiostrate : Anima mundi, ou Histoire des opinions des anciens, touchant l'état (lésâmes après la mort, Londres, 1679, m-S° ; La grande Diane des Ephésiens, ou l'Origine de l'idolâtrie, avec l'institution politique des sacrifices du paganisme, 1680, in-8° ; Jan ua scicntiarum, ou Introduction abrégée à la géographie, la chronologie, la politique, l'histoire, la philosophie et toutes sortesde belles-lettres, Londres, 1684, in-8Ml est le principal auteur du livreintitulé Lesoracles de la raison, Londres, 169.3, in-8', réimprimé en 1695, avec plusieurs autres pièces, sous le titre d'OEuvres diverses de Charles Blount écuijer. Charles Gildon , éditeur de ces différentes pièces, réfula depuis les opinions pyrrhoniennes qu'elles renferment, par un livre qu'il publia à Londres en 1705, sous ce titre : Manueldes déistes, ou Recherches raison7iables sur la religion chrétienne; Religio laici , Londres, 1683, in-12.

BLU.MBERG (Chrétien Gotthelf), théologien lulhérien, naquit à Ophausen, dans le Querfurt, l'an 1664, étudia à Leipzig et à léna, fut aumônier du régiment flamand de l'armée du Rhin en 1689, et se trouva au sii'i^e de Mayence. Il mourut h Zwickau, en 1735, laissant un grand nombre d'ouvrages, dont voici les [irincipaux : Exercitium anti- Bossuetium de mysterio in corona papali ; Fundamrntu linguœ copticœ, 1710; Linguœ arabica' institutiones : Dictionarium hebraicum intcgritatl suœ reddituin ; une Bible complète avec des remarques ; Dictionarium linguœ copticœ, resté manuscrit; Grammatica turcica.

BOARETTI (l'alihé François) , litti^rateur, né en 1748 dans un village près de Padoue, fut professeur d'éloquence sacrée de 1785 à 1795 au gymnase ecclésiastique de Venise. La suppression de cette chaire lui causa un si profond chagrin, qu'il essuya une attaque d'apoplexie. Le sénat s'empressa de lui confirmer son traitement par un décret que les démocrates respectèrent; mais Boaretti ne fit plus que languir, et il mourut h Venise le 15 mai 1799. Outre des thèses de p' lilosojjhie, des traductions en vers italiens de l'Iliade d'Homère, et de tragédies grecques, nous citerons de lui une traduction estimée des Psaumes de David, Venise, 1788, 2 vol. in-8°; Doctrine des Pères Grecs relativement aux circonstances dans lesquelles se trouve VEglisc du xviii* siècle, d'après les textes originaux , ibid. , 1791, 2 vol. 111-8°; VEcclésiasteûe Salomon trad. en prose, ibid., 1792 , in-8* ; le Livre de la Sagesse, ib., 1792, in-8°, précédé d'une Dissertation où Boaretti réfute les principes énoncés par l'abbé Nicolas Spedalieri, dans son livre -.De' diritti del'uomo, sur l'origine de la souveraineté, les droits des princes et les devoirs des sujets.

BOGHARD (Claude-Marie), ancien grandvicaire du diocèse de Lyon, naquit en 1759 à Ménestruel, paroisse de Poncin (Ain), et fut d'abord chanoine théologal à Séez. Lorsque la révolution eut éclaté, Bochard se retira à Poncin, dans sa famille. En 1794, le conventionnel Albitte fit incarcérer la plupart des .prêtres du département. Bochard réussit à

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s'(^cbapper de sa prison de Saiiit-Ramberf, et passa en Suisse, où il resta jiisqu'h ce que des tem]3s plus calmes lui permirent de revoir sa patrie. En 179(), il avait fait paraître les Dialogues chrétiens, ouvrage destiné à ramener à la religion un jeune homme qui s'en était écarté. L'ouvrage, qui n'était d'abord que d'un volume, fut augmenté d'un second en 1802. Le premier volume s'occupe des jireuves ; c'est surtout la i)ratique de la religion et les sacrements qui forment l'objet du second. En 1805, l'ouvrage eut encore une suite, dans laquelle il est donné un règlement de vie, et les devoirs du chrétien sont ex|iosés ; il fut publié sous ce titre : Jutes chrétien, ou Dialogues sur les pj-incipes et les plus essentielles pratiques (lu chrétien, à Vusage des gens du monde. La ^° édition en a paru en 1815,3 vol. in-8°. Appelé à la cure de Bourg en Bresse à l'époque du Concordat de 1802, Bochard fut nommé , quelques années après , grand-vicaire de Lyon par le cardinal Fesch. On sait que ce cardinal fut habituellement absent de son diocèse, sous l'empire, parce que d'autres foiictions le retenaient à Paris; sous la restauration , parce qu'il ne put résider en France La capacité et l'activité de Boohard lui acquirent une grande influence : il imprima un nouvel élan aux institutions religieuses, et organisa dans l'ancien local des chartreux une maison de missionnaires. Après la restauration du gouvernement royal, l'autorité civile refusait de reconnaître l'archevêque de Lyon, qui de son côté persistait à refuser sa démission. Le titulaire continua de gouverner le diocèse ])ar ses grands vicaires jusqu'en 182'i., époque où M. de Pins, é\êque de Limoges, fut nommé administrateur de Lyon , sous le titre d"archevè([uo d'Amasie. Une assez vive agitation se manifesta dans le diocèse, et de part et d'autre on lança plusieurs écrits. L'abbé Bochard prit part à ces discussions, et soutint vivement les droits de l'ancien titulaire. Les bulles du pajie miient lin à cotte alfaire, et Bocliard se retira à Méuestruel, où il mourut le 22 juin 18.'l'i.. Outre le Jules chrétien, on a de lui : un Manuel à l'usage des séminaires, Lyon, 1815, in-8'. Dans un Appendice, l'auteur donne un afierçu des études qui se faisaient àlaSorbonne; une Logique française ; des lixtrnils à V usage des classes d éloquence sacrée, 18 i3, 2 vol. in-S" : le Manuel et les /extraits sont sans nom d'auteur; Cinquirme âge de /7s"r//('sc, extrait d'une Dissertation sur les sept âges selon l'Apocalypse, 1820, in-8 . L'auteur avait counnencé cet ouvrage en Suisse en ITitV, et (in lui conseilla d'en dilférer la )iublic,ition. 11 ap|)liquait le cinquième ;^ge à la philosophie et ii la révolution. Plusieurs écrits .suf les alfaires du dioièsc do Lyon, tels tpie le Solitaire, l'Iîrviilr: du Itlione, etc., lui ont élé allriliués à tort. B()(;HAin' (Suhki. , unnislrc prolestant, iia(iuit il Bouen l'an 150:», (l'inie fannlle tiistinguée. 11 lit paraître beaucoup do dispositions pour li;s langues : il apprit avec une éj^çale facilité l'hébreu, le syriaipie, le chaldéeii, l'aiabe, rctliiopicn, etc. Christine, reine 4e Suède, iiui souhaitait de le voir, l'eiijfatjoa

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en 1652 h faire le voyà»e de Stockliolm; Rochait y reçut tous les témoignages d'estime que méritait son érudition. De retour à Caen, ville oii il était ministre, il y mourut subitement en disputant contre Huet, dans l'académie de cette ville, en 1667, à l'âge de 68 ans, ^i avec la réputation d'un savant consommé dans tous les genres d'érudition. Ses principaux ouvrages sont son Phaleg et son Canaan, livre dans lequel il jette de grandes lumières sur la géograjîhie sacrée ; mais plein d'éty mologies chimériques etd'oiigine* imaginaires. On en a une édition de Caen sous le titre da Geographia sacra, 16'»'6, in-fol. ; une de Francfort, \n-'y", 169V, et dans la collection de ses OEuvres, Amsterdam, 1792, 3 vol. in-fol., où cette géogra|)hie est augmentée de plusieurs dissertations curieuses et utiles. L'édition de Leyde, 1712, est réellement la même que celle d'Amsterdam , mais décorée d'un nouveau frontispice. Son Hierozoicon, ou Histoire des animaux de l'Ecriture, est une collection de tout ce que les savants ont dit sur cette matière; un Traité des minéraux, des plantes, des pierreries dont la Bible fait mention ; on y trouve le même fonds d'érudition que dans les précédents ; un Traité du Paradis terrestre,eic. Ces deux derniers écrits sont perdus, à quelques fragments près, dont on a enrichi l'édition de ses œuvres. On a encore de ce savant une Dissertation h la tète de la traduction de l'Enéide de Segrais, dans laquelle il soutient qu'Enée ne vint jamais en Italie. Denis d'Halicarnasse cite plusieurs auteurs qui assurent la mémo cljoso.

BOCHEL ou BDUCHEL (Lurent) , avocat au parlement de Paris , mort dans un ;1gû avancé en 1629, était de Crépi en Aalois. On a de lui plusieurs ouvrages pleins d'érudition : Les décrets de CUglise gallicane, Paris, 1609, in-fol.; Bibliothèque du droit français, Paris, 1671,3 vol. in-fol.; Bibliothèque canonique, Paris, 1689, 2 vol. in-fol. Ces ouvrages sont dirigés ])ar les bons principes, et bien éloignés des fausses maximes qui depuis se sont nitroduites dans le droit civil et canonique; Coutume de Sentis, 1703, in-V"; Curiosités où sont contenues les résolutions de plusieurs belles questions touchant la ciéation au monde, jusqu'au jugement, in-12.

BOCgLlLLOT (LAZAKi:-ANDRK),né h Avallon le 1" avril 16V9, do parents obscurs, suivit en 1670 Noinlol, ambassadeur à Constantinople. Revenu en Franco, ii se fil recevoir avocat il Bourges, et se livra avec une égale ardeur au plaisir et îi l'étude, l'ne sorte de maladie de langueur cl une retraite de quolquos miiis d.uis une maison de ciiaitreuxîc ramenèrent à de nieillciiis sentiments. Ayant embrassé l'étal ecclésiastique, il fut curé deChâtelux, et ensuite chanoine d'Avallon. Il v mourut d'apoidexie le 22 so|pleiiil)re 1728, dans sa (piade-vinglième année. Il avait vécu que que lem|is à Port Uoyal , où il s'était exercé dans la littérature et l'étude de la religion. On a de lui : des llomélirs ou lustriictioiis familières sur les Cuuunandvments de JUru (1 dr riùjlisc, sur les Sacrements, sur le Symbole des Apôtres, sur l'Oraison dominicale,

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snr tea Fêtes de quelques srtlnls, etc., Paris, 1G88 et suiv., dans le format iti-12. Bocquillot en fit présent aux imprimeurs, et il fixa liiimème le prix de chaque exemplaire, afin que les pauvres pu'^sent se les procurer ; un Traité sur la liturgie, in-8°, imprimé à Paris en 1701 : livre savant, curieux et intéressant pour les amateurs des antiquités ecclésiastiques; Nouvelle histoire du chevalier Baynrd, in-12, qu'il publia en 1702, à Paris, sous le nom do Prierir de Lonval ; des Lettres, in-12, et d'autres Dissertations, une entre autres sur les tombeaux de Quarrée, villaqe de Bourgogne, Lyon, il^lï, in-8°. Voij. sa Vie, par M. Letors, lieutenant civil et criminel d'Avallon, 17Vo, in-12.

BODE (CoRisTornE-AuGUSTE) , professeur de langues orienta' es et de ph losophie dans l'université de Hehustadt, naquit à AVernigerode en 1722. Il reçut les leçons des deux Michaélis père et fils, professeurs à Hall, qui lui enseignèrent les langues orientales et la nhi'ologie sacrée, et alla étudier à Leipzig l'arabe, le syriaque, le chaldéen, le samaritain, l'éthiopien, et l'hébreu des rabbins. Au bout de dix-huit mois de séjour dans cette ville, il revint à HalUoili il soutint, en 174-7, pour le doctorat en philosophie, sous la présidence de Michaélis le père , une thèse De priinœva linguri' Hehrœœ antiquilate. Après y avoir donné , pendant deux ans , des cours publics qui furent très-suivis, il alla professer à Helmstadt, où il n'eut pas moins de succès. Il mourut d'apoplexie le 7 mars 1796. Ses principales productions sont : La Traduction éthiopienne de saint Matthieii , comparée avec le texte grec, etc.. Hall, 1748, in-4% avec une préface par Michaélis, qui contient des vues générales sur la traduction éthiopienne du Nouveau Testament; La traduction persane de saint Matthieu, mise en latin, etc., Helmstaflt, 17.%, in-4°; La traduction persane de saint Marc, etc.; La traduction persane de saint I^uc , etc., 1751, in-4-° ; La traduction persane de saint Jean , etc., avec des con:iidérations sur Vanalogie du persan et de Vallemand , 1751 , in-4° ; La traduction arabe de saint Marc, mise en latin, etc., Lemgow , 1752 , in-4° ; Le Notireau Testament éthiopien, traduit en latin, etc., 2 vol. in-4°, iBruttSWick, 175'î-1755; Fragments de l' Ancien Testament éthiopien, et autres opuscules éthiopiens Iradtiits en latin, etc., Wolfenbuttel , 1755, in-4°; Traduction des deux premiers chapitres de saint Matthieu, du turc en latin, aTBc une préface criticjue sur l'histoire et l'utilité de la langue turque, Brème, 175f); Traduction des quatre premiers chapitres du même évangéliste, de Varménien en latin, avec des considérations générales sur la langue arménienne, Hall, 1756; Pseudo-critica Millio- Bcngeliana, etc. , Hall , 1767, in-S" : ouvrage que ceux qui s'occupent de la critique des livres saints liront avec fruit.

BODENSCHATZ (Jean-Chuistophe-Geor- GEs), savant orientaliste, né à Hof le 25 mars 1717, s'appliqua principalement aux antiquités judaïques, et s'aida de cette science pour expliquer les livres sacrés. Il a laissé (en allemand) ■: Constitution -ecclésiastique des

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Juifs modernes, et principalement des Juifs allemands , avec 30 planches , Erlangen , et Cobourg, 1748, 1749, 2 parties in-4°; Explication des livres saints du Nouveau Testament, (Vaprês les antiquités judaïques , Hanovre , 1756,in-8°. 11 s'éSait servi de ses connaissances pour construire le tabemacb^ de Moise et le temple de Salnmon; et l'on voit ces deux morceaux, l'un à Bayrcuth, l'autre à Nuremberg. Bodenschatz mourut le 4- octobre 1797.

BODENSTEIN (André-Rodolphe). Voyez Carlostvdt.

BODIN (Jean), angevin, né l'an 1530, avocat au parlement de Paris, acquit les bonnes grAces du roi Henri lîl. Ce prince lit mettre en prison Michel de La Serre, pour un libelle qu'il avait fait contre Bodin, et lui fit défendre, sous peine de la vie, de le publier. Bocin, ayant jierdu son crédit auprès de Henri, suivit le duc d'Alençon en Angleterre, en 1579 et en 1582. On ensfignait alors publiquement, dans l'université de Cambridge, ses livres De la République, imprimés à Paris en 1576, in-fol., et mis en latin par lui-même , comme le porte le titre de l'édition i!e Cologne de 1603 : Joan. Bodini de Republica lib. VI, «6 ipso in Intinum cofjt-prs?, in-fol. Bodin, dans cet ouvrage, appuie ses ])riiicipes par des exemples tirés des histoires de tous les peuples. L'éruditi n y est amenée avec moins d'art que dans l'Esprit des Lois, auquel on l'a comparé, et qui lui doit peut-être sa naissance. On y trouve beaucoup de choses dangivreuses, fausses et injurieuses au christianisme. Coret, Michel de La Serre, Augier, Ferrier, le P. Possevm et plusieurs autres l'ont réfuté. On a encore de Kii d'autres ouvrages : Methodus ad facilem historiarum cognilionem, Parie, 1556, in-4". Cette méthode n'est rien moins que méthodique, suivant le. savant La Monnois^ A travers l'érudition dont il l'a surchargée, érudition souvent empruntée d'ailleurs, on trouve des ignorances grossières. On y voit le germr? des princijjes exposés dans sa République. Le système des climats, du présid nt de .Mont'sq lieu, a été pris dans ce livre. Colloquium Heptaplomeron de abditis rerum subi mium arcanis, nommé autrement le Naturalisme de Bodin, livre manusci'it, dans lequel il fait plaider la religion naturelle et la religion juive contre la chrétienne. Son aversion pour cette dern ère, qui lui faisait rejeter les dogmes les mieux établis, ne l'empêchait pas d'adopter une foule d'erreu s superstitieuses : son Naturalisme en e^t rempli. L'illustre Huet, dans sa Démonstration Evangélique, a donné des preuves incontestables de l'ignorance et de la mauvaise foi qui régnent dans ce traité deBodin. Jm Démonomanic, ou Traité des sorciers. Pari», 1581, in-4". On y voit que cet homme, si incrédule à l'égard des vérités religieuses, ne doutait cependant pas de l'existence des démons, ni du commerce que des hommes aveuglés et corrompus pouvaient avoir avec eux; il oite même deux exemples pour prouver que le démon s'efforce de persuader qu'il n'y a ni sortilèges, ni sorciers, ni aucun ell'et

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