‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 131 sur 228 · B(EL · texte numérisé non relu

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tes extases, genre d'imposture qui lui procurait des sectateurs parmi les imbéciles. On a de lui plusieurs ouvrages, qu'on peut placer avec les rêves des autres enthousiastes, entre autres le livre intitulé VAurore naissante, qu'il composa en 1612 ; elle n'est rien moins que lumineuse.

BOEHMEK (Juste-Henising), né à Hanovre en 1674-, fut chancelierde l'universitéde Halle et doyen de la faculté de droit. On a de lui un corps de Droit avec des variantes, des notes, etc.. Halle, 1747. Boehmer, protestant modéré, plus juste envers les catholiques que la plupart des auteurs de sa communion dédia son ouvrage à Benoît XIV, qui le reçut avec bonté. Jus ecclesiasticum Protestantium, k vol., 1737, où il donne jilus d'essor aux préjugés de sa secte, et où l'on trouve ces petits artifices que l'esprit de parti ne manque jamais de mettre en usage, quand il en trouve l'occasion favorable; /wA'/jarocAi'a/e m-h°. Le cardinal Gerdil a éciit contre lui et réfuté quelques-uns de ses principes. Boehmer est mort en 1749.

BOEHMER (Georges-Louis), fds du précédent , professeur en droit canonique et féodal à Gottingue, où il fut doyen et conseiller de cour, naquit à Halle en 1715, et mourut dans cette ville en 1797. Ses principaux ouvrages sont : Principiajuris canonici, Gottingue, 1762, in-8°, réimprimés quatre fois : la dernière édition est de il8^;Principia juris feudalis, ibid., 116^, réimprimés cinq fois, la dernière en 1795, in-S" ; Observationes jurisfeudaliSfihid., 1764, in-8", 1784; Observationes juris canonici, ibid., 1767, in-8° ; Electajuris civilis, tome I, ibid., 1767, in-8"; t. II, 1777; t. III, 1778 ; Electajuris feudalis , 2 vol. Lemgo, 1795, in-4% etc.

BOESCHENSTEIN (Jean ), savant juif, né en Autriche, en 1471, un des restaurateurs de la langue hébraïque en Allemagne, après Reuchlin, l'enseigna à Augsbuurg et à Wittenberg. Ses meilleurs ouvrages sont une Grammaire hébraïque, Augsbouig, 1514 ; ses corrections et additions au Rudiment hébreu du rabbin Mosche Kimchi, ibid., 1520; sa version allemande et latine des Psaumes de la pénitence, d'après le texte hébreu, ibid.,

BOEUF (Jean Le), né à Auxerre en 1687, fut associa à l'académie des inscriptions et belles-lettres de Paris en 1750, et mourut en 1760. On a de lui plusieurs ouvrages. Les plus connus sont : Recueil de divers écrits servant à l'éclaircissement de l'histoire de France, 2 vol. in-12, 1738; Dissertations sur l'histoire ecclésiastique et civile de Paris, suivies de plusieurs éclaircissements sur l'histoire de France, 3 vol. in-12; Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique, 1741, in- 8°. Il le dédia à Viniimiile, archevêque de Paris, qui l'avait employé à la composition du chant du nouveau bréviaire et du nouveau missel de son église ; Mémoires sur l'Histoire d Auxerre, 2 vOl. iii-4°, 1743; Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, en 15 vol. in-12. Plusienrs Dissertations répandues dans les journaux, et dans les Mé-

moires de l'académie, dont il était membre. On lui doit aussi beaucoup de pièces originales qu'il a déterrées, et qu'il a communiquées à différents savants. L'abbé Le Bœuf était un prodige d'érudition. Elle éclate dans tous ses ouvrages, mais elle y est souvent mal digérée. Il ne cessa, jusqu'au dernier de ses jours, de faire les recherclics les plus laborieuses. Il entreprit plusieurs voyages pour aller examiner, jlans diverses provinces de France, les monuments de l'antiquité.

BOGUET (Henri), grand juge de la terre de Saint-Claude, qui vivait au xvi' siècle, naquit Ji Pierrecourt, près de Gray en Franche-Comté, et mourut le 23 février 1619. Il avait été nommé, en 1618, consei 1er au parlement de Dôle; mais son admission dans cette compagnie éprouva des difficultés assez graves, et il fallut qu'un ordre du prince exigeât l'enregistrement de ses lettres de nomination.Onassure que lechagrinqu'ileiiressenlit hâta samort. On a de Boguet : Discours des sorciers, tiré de quelques procès, avec une Instruction pour un juge en fait de sorcellerie, Paris, 1603, in-8'; Lyon, 1602, in-8° ; ibid. , 1607 ou 1608 et 1610, in-8°; Rouen, 1606, in-12 : cet écrit était autrefois recherché; Les actions de la rie et de la mort de saint Claude, Lyon, 1609, in-8% et 1627, in-12 ; In consuctudines générales comitatus Rurgundiœ ohservationes, Lyon, 1604, in-4° ; Besançon, 1725, in-4°: cet ouvrage, encore estimé, est le premier qui ait été publié sur la coutume de Franche-Comté.

BOHUSZ (Xavier), savant polonais, né le 1" janvier 1746 en Lilhuanie, fut placé, après avoir terminé ses études, dans la maison du célèbre Antoine Tyzenhauz, surnommé le Colliert de la Pologne. Il voyagea ensuite dans presque toutes les parties ne l'Europe, et il écriv.t trois énormes volumes des observations recueillies dans ses voyages. Il écrivit aussi, dans trois autres volumes, l'histoire de la coniédération de Bar ; mais ces deux ouvrages, avec plusieurs autres, tombèrent au mois d'avril 1794 entre les mains des Ru-ses, qui passent pour les avoir ai éantis. Lui-même tomba en leur pouvoirà Wilna, et il fut envoyé en Sibérie. Rentré d.ms sa patrie après une longue captivité, Bohusz fut nommé juge de paix du premier arrondissement de ^'arsovie, et membre de la société royale des amis des sciences de cette ville. Il mourut à Varsovie, en 1825. On a beaucoup vanté ses Recherches sur les antiquités de l'histoire et de la languelithuanienne, publiées en 1808, réimprimées en 1828. Il avait fait paraître un a tre ouvrage intitulé : Le philosophe sans religion, Wilna, 1786.

BOILE.\U ( Jacques ), frère du célèbre satirique, docteur de Sorbonne, doyen et grandvicaire de Sens, pendant plus de 20 ans, ensuite chanoine de la Sainte-Chapelle en 1694, naquit à Paris en 1635 et y mourut eu 1716, doycnd'tlge delà faculté de théologie. Il avait, comme son frère, l'esprit porté à la satire et à la plaisanterie. Despréaux disait de lui, que « s'il n'avait été docteur de Sorbonne, il auffiit été docteur de la comédie italienne. »

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Sea ouvr;iges roulent sur des matières singulières, qu'il rend encore plus pi(iuantos par un style dur et mordant, et par mille traits curieux. 11 les écrivait toujours en latin , de crainte, disait-il assez mal k propos, que lesévéqucs ne les censurassent. Les principaux sont : De antiqiK) jtire presbytcrornm in regimine ecclesiastico, 1078, in-S", sous le nom supposé de Claude Fonteius ; De antifjuis çt majoribus cpisfoponim caiisis, 1678, m-'v ; Le traité de llatraïune. De corpore et snn(/uine flomi/u, avec dos notes, 171-2, in-12, doiit il avait donné une version française en 1686, in-12 ; De sanguine corporis Christi post resurrrctionem, 1681, in-8", contre le ministre Alix ; Ilistoria confessionis auriculariœ, 1683, in-8°; MarceUi Ancyrani disquisilioms de residentia canonicoriim, avec un traité. De tactibus impudicis prohibendis, P ris, 166o, in-8' ; Histnria FlageUantium, contre l'usage des disciplines volontaires, traité historiipie, Paris, in-12, 1700, tra luit en français, 1701, in-12, ouvrage dans lequel il y a des détails qu'on eût soulferts h peine dans un livre de chirurgie. Ducerceau et Thiers le critiquèrent avec raison. On en publia une tra luction encore plus indéceute que l'original ; mais l'abbé Granet l'a réformée en la réimprimint en 1732. Disquisitio historica de re vesliaria hominis sacri, vitnm communem more civili traducentis, 1704, in- 12, traité fait pour prouver qu'il n'est jias moins défendu aux ecclésiastiques de porter des habits tro[) longs que trop courts; De re bnieficiaria, 1710, in-8' ; Traité des einpâcliements du mariage, Cologne (Sens), 1691, in-12 ; l'auteur, pour de bonnes raisons, a déguisé le lieud'impressiDU : il y mit bien des choses fausses ou hasardées, ("pu sont réfutées h l'article Launoy. De librorum c.irca res théologiens approhatione, 1708, in-16. Ou a recueilli ses bons mots et ses singularités. Dans le temps des disputes excitées au suj^'t des cérémonies chinoises, il prononçaun discours en Sorbonne, dans lequel il dit, « que l'éloge des Chinois avait éhranlé son cerveau chrétien. » 11 faut convenir que ce cerveau était souvent ébranlé, et ipi'il ne fallait pas môme des causes bien fortes pour produire cet effet. JacijuesBoileau était p irtisan du richérisme 'Voy. Kir.HER),ce qui parait surlout dans le traité Deanliquo jure presbylerorum. Dans Vllistoria conffssionis aariculariœ, il étaljlit des paradoxes r(''vi)ltaiits, tels (juo cette projiosition : '( .^laintenant que l'Iîlglise « est sur son déclin, et(iu"elle vieillit, il ar- « rive rarement ([ue les mauvaises pensées « soient des péchés mortels. » Après de telles assertions, on ne doit pas ètresurjiris de la morale qui se trouve dans sou Histoire des Flagellants et le traité De tactibus impudicis. i)n'i\ •iii-d bien à de tels docteurs d'alliclier le rigorisme I

B01LEAU( Cbarles), abbé de Beaulieu, «<e l'académie française, s'a ionna de bonne heure ô la chaire. Il prêcha devant LoiiiwXtV qui i-épandit sur lui ses bieid'aits. Cet uraleur lié ;\ Beauvais mourut en l'OV. Il e.st conim par des Homélies et des Scrinone sur les

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; Evangiles du carême, qui ont été donnés au 'public après sa mort par Richard, en 2 vol. in-12, à Paris, chez Louis Cuérin, 1712. On a encore de lui d -s Panégyriques, iii-4° et in-12, qu'on entendit avec plaisir dans le temps, mais qu'on ne lit plus guère.

BOILEAU ( Jean-Jacques ), chanoine de l'église Saint-Honoré à Paris, était né en 1649 au diocèse d'Agen, ilans lequel il posséda une cure. La délicatesse de sa coipplexion l'ayant obligé de la quitter, il se rendit à Paris oii il joua un rôle dans les disputes et les négociations relatives au jansénisme, auquel il se montra favorable. Le cardinal de Noailles lui donna des témoignages de son estime. 11 mourut en 1735, à 86 ans. On a de lui des Lettres sur différents sujets de morale et de piété, 2 vol. in-12; La Vie de madame la duchesse de Liancourt, et celle de madame Combé, institutrice di) la maison du Bon-Pasteur, Paris, 1700, in-12. Tous ces ouvrages, écrits d'un st. le trop oratoire, annoncent unfonds d'esprit et de bonne morale, mais quelquefois un peu de p.évention.

BO S ( Jea\ du), Joannesà Bosco, né h Paris, fut d'abord célestin ; mais ayant obtenu la permission de sortir di cloître, il prit le parti des aines, et s'y distingua tellement, que Henri III ne l'appelait que Vempereur des moines. Après l'extinction de la Ligue, il rentra dins son ordre, devint préJic-iteur ordinaire d'Henri IV, et méiita la bienveillance du cardinal Olivier, qui lui permit de porter son nom et s 'S arine-, et lui procura l'abbaye de Beaulieu en Argonne. Ap:ès la mort d'H nri IV, il se déchaîna dans ses sermons contre les jésuites , qu'il accusa d'en être les auteurs ; m lis étant allé à Home en 1612, il fut regardé comme une tète dérangée ou comme un liommç dangereux, et renfermé dans le chiteau Saint-.\iige, où il m.iurut en 162 j. Il lit imprimer Bibliotheca Floriacensis, L> on, 16;)5, in-8'. Ce sont de petits traités d'anciens auteurs ecclésiastiques, tirés des manuscrits de la iiibliothèque du mona-^tère de Fleuri-sur-Loire. La 3' [lartie seubîineiit contient quelijues o|iuscules de l'auteur. Le Portrait royal d'Henri IV (c'est son Oraison lunèore), liilO, in-S" ; celle du canliiial Olivier, son bienfaiteur, Rome, 1610, in-4", et des Lettres.

BOIS Philippe (îuiBAun, sieur m ^, né cl Poitiers, moinl)re de l'académie française, m litreàdanser, ensuite gouverneurde Louis Jos"ph de Lo raine, duc de (iuise,a traduit beaiicou|i d'ouvrages de saint Augustin el de Cicéron,deux g-iiies forldiirércnts, auii|uels il prête le même style. Il mourut à Paris en 169V, rtgé deC^aiis. Ses traductions sont en richles di^ notes savantes el curieuses. Celles qui accompagnent les Lettres de saint Augustin, lui liireiK f 'iiriiies |)ar Tillemonl. La longue préface qu'il mit i\ la têlo des Sermons du même saint est assez Ijiui écrilo, mais très-mal p nsée, suivant l'abbé Trublel. Le docteur Antoine Arnauid en lit une critique julicieuso.

B()IS(<iii(AHDniJ ), prêtre de l'Oratoire, lu' en 1628 àOrluaui, mort eu 16tHi. compou a la

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prière de Harlai, archevêque de Paris, VHistoire de cette église, 1690, 2 vol. in-fol. Le second ne parut que huit ans après si mort, par les soins du P. de La Ripe et du P. Desmolets de l'Oratoire.

BOIS ( Philippe du ), né au diocèse de Bayeux, docteur de Sorhonne, bibliothécaire de Le Tellier, archevêque de Reims, mourut en 1703. On a de lui : un Catalogue de la bibliothèque confiée à ses soins, 1693, au Louvre, in-fol; une édition de Tibulle, Catulle et Properce, en 2 vol. in-i", ad usum Ddphini, 1685; une édition (les oeuvres théologiques de Maldonat, in-fol., Paris, 1677. L'épître dédicatoire et la préface, dans lesquelles il fait l'éloge des mœurs et de la doctrine de ce jésuite, ne se trouvent pas dans plusieurs exempkiires.

BOIS (Nicolas nu ), né à Marche, dans le pays de Luxembourg, professeur d'Ecriture sainte, et président du collège du roi, à Louvain, s'est distingué par divers ouvrages contre le jansénisme, et a mis autant d'habileté à démas luer l'hypocrisie de cette secte naissante, que de solidité dans la réfutation de ses erreurs. 11 mourut en ItiOO.

BOISGELIN ( Ji:a.\-de-Diel-Haymo>d de CucÉ), d'une famille très-ancienne de Bretagne, naquit à Rennes le 27 février 17.32. 11 fut destiné, dès son enfance à l'état ecclésiastique, et tit ses études avec distinction. La mort d'un frère aîné, guidon des mousquetaires, qui fut tué au combat de Saint-Cast, l'ayant rendu bien jeune encore le chef de sa famille, il abandonna son droit d'ainesse à un autre frère, et suivit li carrière qu'il avait commencée Nommé d'abord grand-vicaire de Pontoise, il passa, en 1765, à l'évôché de Lavaur, et, en 1770, k l'arch vôch'' d'Aix. 11 a laissé dans ce diocèse des souvenirs que 11 révolution n'a point effacés. La Provence lui dut la construction d'un canal qui prit son nom, une maison d'éducation pour les demoiselles pauvres, qui subsiste encore k Lambesc, et plusieurs autres éta- Llissemenls utiles, sans p.irler d'un pont qu'il avait fait b;Uir h Lavaur. « Ce fut par la « sagesse unie à la générosité, dit 31. (le « Bausset dans une notice historique, que « M. de Boisgelin sauva, au commencement « de la révolution, la ville d'Aix des plus « grands malheurs. Dans un moment de di- « sette, les greniers publics avaient été pil- « lés; les excès aux(iucls le peuple s'était li- « vré allaient arrêter les approvisionnements « lorsque l'archevêque se présenta pour cal- « mer le désorde, et mit 1 0,000 francs, à « la disposition des autorités locales pourl'a- « chat des grains. )-■ 11 publia en même temjts mie instruction pastorale, adressée aux curés de son diocèse, et leur recommanda d'inviter le peuple à rapporter aux greniers publics ce qu'il y avait [nUé. La voix de la religion et de la piété fit ce que n'avaient pu faire les lois humaines : lepi'uple obéit à l'invitation de ses pasteurs, et s'assembla en foule dans la métropole, où il exprima de la manière la plus touchante sa reconnaissance pour le prélat qui travaillait si ellicacemeut à adou-

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