‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 136 sur 228 · BOB · texte numérisé non relu

BOB

Castres pour y travailler à la conversion des protestants, et en ramena plusieurs par ses exliortations et sa charité. La plus grande partie de son patrimoine fut employée à soulager des familles ruinées par les guerres, à racheter des captifs, à fonder une maison de tilles repenties. Sa Vie a été publiée par le P. Possin, jésuite, Paris, 1639, in-8°.

BORGIA ou BORJA (François), prince de Squillace dans le royaume deNaples, fils de Jean Borgia, comte de Ficalho, descendait par sa mère des rois d'Aragon. 11 fut gentilhomme de la chambre do Philippe lïl, qui le nomma vice-roi du Pérou, en 161i. Le piince Borgia contribua, jiar ses talents et son aménité, à la civilisation de cette belle province du Nouveau Monde ; et après la mort de Philipjje III, il revint en Espagne et se délassa des travaux d'une longue administration, par la culture des lettres et de la poésie. 11 n'excella dans aucun genre; mais il dut à ses liaisons avec les frères Argeiisola, le goût de la bonne littérature et l'éloignement de l'affectation et de la boursoullure qui commençaient à dominer chez ses compatriotes. Ontrouvedansles ouvrages du prince Borgia une simplicité gracieuse, autant que peut le comporter le génie espagnol ; et sans lui donner le titre de Prince (les poètes que lui décernèrent les flatteurs, on ne saurait lui refuser une ])lace honorable parmi les bons littérateurs de son temps. On distingue ses Eloges, ses Elégies et surtout ses romances lyriques. Il a laissé encore , Napoles recuprranda par el rey don Alonso, poëme hislorique, S.uagosse, 1631, m-k°; Omsiones y meilitutioiifs de la vida de Jesu Christo , Bruxelles, 1601, m-k". Le prince Borgia mourut dans un ;1ge avancé et dans de grands sentiments de piété le 26 septembre 1638. Il avait toute sa vie montré un sincère attachem 'iit pour la religion. — Alexandre Borgia, d'abord évè(iue de Nocera, |)uis archevêque dePermo, et de la même famille, naquit à Velletri en 1682, et mourut le li février 176V. Ou a de lui : Vila di son Gcraldo, Velletri, 161)8, in-8"; htoria délia cliirsa e città di Yellrtri, in i/iiattro Uhri, Noicia, 1723, in-V'; Con<itiai/i iiroiinciaU-Finnaniim, ann. 1726, Fi'rmo, 1727, iu-V; Vie du pape lienoH XIll, Home, 17V1, en latin; des Lettres recueillies par Muraturi; d's Ifoiitélies, et autres ouvrages dont on peut voir le driail dans Calalani, De ecclesia Fcrmuiia, Fermo, 1782.

BOUtJlA (lvnE>M:), car.iinal, neveu d'Alexandre Borgia ;irchevè(juede Fermo, nacpiit le 3 déc. 1731 à Velletri el lut élevé auprès do son onde qui, di^couvrant en lui les plus heureuses dis|iosilion>^, s'ap|ili([ua à les cullivcr. Le jeune Borgia manifesta de bonne h'-urini goilt très-vif pour l'étude des antiijuités et y lit de si ra|)ides progrès, (ju'il l'ut reçu !\ 19 ans m Mnbre de l'acinlémie Ktrus(pH'' de <l(jrloii(;. Ilaciiuit (tu piii île temps une colli.'itioi très-riche d'objets piiM-jcuv en médailles, manuscrits et monuments antiques, dont il forma, dans son pal ds do Viilelri , lo nnisée le plus iirécieux peut-être qdc j.unais particulier ait possédé. S'élaut lixé à Uonio,

il fut distingué par Benoît XIV, qui le nomma gouverneur de Bénévent. Il montra dans le cours de son administration une sagesse supérieure, et sut préserver le |)ays confié à ses soins de la disette qui, en 1761, alUigea l'Italie. En 1770, il fut nommé par h' pape Clément XVI, secrétaire de la propagande, et il s'acquitta de cette place avec un zèle toujours actif. Son penchant autant que son devoir lui firent consacrer tous ses soins à étendre les missions et à les faire fleurir. Les vertus et le méiite de Borgia étaient dignes de la pourpre. Elle lui fut accordée par Pie VI, qui le promut au cardinalat en 1789. L'ins|iectiou des enfants trouvés lui fut confiée, et ces établissements si utiles par euxmêmes le devinrent davantage |)ar la sage réforme, et les maisons de travail (jui fuient établies. En 1797, le torrent révolutionnaire commençait à gagner jusque dans Rome ; le souverain pontife ne crut pouvoir confier le gouvernement de cette vUle en de meilleures mains qu'en celles du cardinal Borgia. 11 lui remit la dictature de sa capitale , en lui adjoignant deux autres cardinaux. En eilet, il parvint par sa fermeté, sa sagesse et sa prudence, à prendre un tel ascendant sur les esprits, que Rome conserva sa tranquillité et ne fut souillée d'aucun crime jusqu'au 13 février 1798, époque oii l'arrivée de l'armée française exalta le parti populaire qui se constitua en république, l.e cardinal arrêté d'abord, ne fid remis en bberté qu'avec ordre de sortir des Etats romains. 11 se retira à Libourne et ensuite à A'enise et à Padoue, où il employa ses loisirs à réumr les gens de lettres, et à s'occuper des missions. Il organisa par l'autorisation <le Pie VI une nouvelle propagande, et parvint à envoyer en peu de mois 13 nouveaux apôtres de la foi aux extrémités du mumle. Lu 1800, d rentra à Rome à l'exaltation du [lape Pie \ll, et succéda au cardinal Zelada dans la charge de recteur du collège romain. Lorsque le pajte vint en France en 180i, il le suivit malgré son grand âge et la rigueur de la saison. Son projet était d'y rétablir des missions ; niais une nudadie grave l'arrêta h Lyon et il y mourut le 23 novembre 180i, laissant après lui des regrets que méritaient son zèle [lour la religion, ses vertus, ses talents el l'affabilité de son caractère. Nous avons déjà parlé de ses connaissances comme antiquaire; il est en outre auteur de plusieurs ouvrages de cri(i(pie et d'érudition peu connus hors de l'Italie. Les priiiei|iaux sont : jMiinumeiito di papa (iioranni \\J, Ri^me, 17.'iO; llrvre isloria deW anlica vit là di Tadiiiu iiitr l'mhria, ele.. Boiue, 1731, in-8"; Isloria délia viltù di Ititievi nta, Boiuc, 1763, ."{ vol. in-V"; Valicana eoiifrssio li. l'elri, chroiiologiris lestiinuniis illuslrata, 1776, iii-i"; Unie isloria ilil doininio leiii]ii>rale drtla sede (iposlolira iielle due Sieilie, 1788. Le |ière Paulin de Saint-Barthideiiii a donné uu abr<'gé <le sa vie en hitin , sous le litre de Ythe .ij/iiopsis Slrpliaiti Horgitr, ilonie, 1803, n-i". On e ; trouve un extrait dans le .^LlgaslIl en- CM lo|)édiquo.

fi:.7

BOR

WR

HORGO (le P. Charles), jésuite, né à Vi- (iMiri! l'u 1731, mort en 1794, professa les belles-lettres dans divers collèges de l'Institut. Il occupait la chaire de théologie à Modène lorsque la société fut supprimée. Les mathématiques et les diverses branches de l'histoire naturelle furent le princi|)al objet des études auxquelles il ne cessa de se livrer, ce qui ne l'empêchait pas de prendre une part très-active aux disputes religieuses de son temps. Outre quelques 0j)uscules ascétiques, on a du P. Borgo : Analyse et examen raisonné de la défense, et de la fortification des places, Venise, 1777, in-i", en italien : cet ouvrage lui fit décerner par le grand Frédéric, à qui il le dédia, un brevet de lieutenant-colonel honoiaiie du génie; Orazione in Iode di sanf Ignazio de Lojola, detta in Reggio, l'anno 1780, 3^ édition, Turin, 1787, in-S" : ce panégyrique est trèsestimé des Itahens, et l'on cite comme un vrai modèle d'éloquence laprosofiopée dans laquelle l'auteur introduit la société devant le trône de Clément XIY ; Memoriacattoiica : cet ouvrage, condamné par la cour de Rome, a été leproduit dans les Aneddoti interessanti di storia e di critica sulla memoria cattolica, 1787, in-8°, lourde compilation qui a été attribuée au P. Borgo, mais sans aucun fondi^ment; Lettere ad un prelato romano, 1789, in-S" : ces lettres, au nombre de deux, sont diri-;ées, l'une contre le synode de Pistoie, l'autre contre les annalistes de Florence.

BORIE (Pierre Dumoulin), né le 20 février 1808 à Cor, village du département de la Corrèze, montra, dès ses plus jeunes années, la plus tendre dévotion à la sainte Vierge. Il (it ses premières études au collège de Beaulieu, les termina au grand séminaire de Tulle, et se rendit ensuite au séminaire des missions étrangères à Paris. Il lui manquait encore seize mois pour avoir l'âge de la prêtrise, lorsqu'on apprit qu'un vaisseau deVait faire voile pour la Chine. Une dispense fut demandée à Rome, et le 21 novembre 1830, fête de la Présentation, il fut ordonné prêtre à B.ueux. Dix jours ai)rès , il quittait la France, et il toucha à Macao le 15 juillet 1831 ; enlin le lèi mai 1832, il arriva, après avoir bravé mille périls, au Tong-Kuig, c'està-dire sur le tiiéàtre de sa mission apostoli- ([ue, après lequel il soupirait depuis si longtemps. Trois ou quatre mois d'étutle de la langue annamite lui suffirent pour pouvoir entendre les confessions et prêcher. Il commença par évangéliser les provinces de Nghè-An et de Bo-Chinh ; mais la persécution, qui s'aggravait chaque jour, vint arrêter l'élan de son zèle, et il dut. prendre d'autant plus de précautions pour se soustraire aux recherches des mandarins, que sa haute stature le faisait plus facilement reconnaître. Néanmoins il fut trahi et jeté dans une prison. Sur ces entrefaites, il reçut la nouvelle de ;sou élection à l'évêché d'Acanthe, comme îsucie-seur de Mgr Havar.l. Il montra dans ses diverses comparutions devant les mandarins la plus inébranlable feimeté, et sou

généreux courage semblait grandir h raison même de la violence des tourments qu'on lui faisait subir. Enfin il fut condamné à avoir la tête tranchée. Deux prêtres annamites lui furent associés dans son sacrifice, qui s'accomplit le 2i novembre 1838.

BORRÉE (MAR^I^), ou Cellarius, né en Suède, avait d'abord adopté les erreurs des anabaptistes, mais il les abjura et professa ensuite la théolo.-;ie à BAle. Il mourut de la peste à Bàle, en 15i)i, âgé de 65 ans. On a de Martin Borrée : des Commentaires sur Aristote et sur l'Ecriture sainte; Liber de opcribus Dei ; De veteris et novi hominis ortu et naturû : De ortu, natura, usu, atque discriiitine JuhiUeorum , quos Deus instituit; Cosinoijraphiœ , Astronomiœ et Geographiœ EIcmenta; etc.

BORREL (Jean), connu sous le nom de Buteo, chanoine régulier de Saint-Antoine, se distingua de son temps dans les sciences abstraites. Il naquit à Charpeyen Dauphiné, l'an 1492, et mourut à Cénar, bourg voisin de Romans, en 1572. Il donna en 1554 à Ljon, in-4°, le Recueil de ses ouvrages géométriques. On y trouve d'excellentes Dissertations, où l'auteur unit la solidité du jugement à l'exactitude de la géométrie, entre autres une Dissertation sur l'arche de Noé, très-estimée des savants. 11 y déiuonlre que la capacité de ce vaisseau était parfaitement proportionnelle à son objet. Jean Pelletier a trouvé quelques difficultés dans son plan d'architecture, qu'il a fait disparaître par le moyen des changements qu'il propose. Kirclier, Lami, Cuiuberland, Budée, Wilkins se sont exercés sur le môme sujet. Quelques incrédules qui n'ont pu opposer rien de solide à leur géométrie, se sont bornés à la tourner eu ridicule. C'est leur dernière ressource. Mais quoique les divers systèmes sur la structure de l'arche ne soient que des conjectures, elles démontrent cependant que les commentateurs qui ont travaillé àétlaircir la narration des Livres saints, ont eu en général plus de capacité, de lumières, d'érudition, de jugement que ceux qui font profession de mépriser les anciens monuments, sans [louvoir en donner aucune raison.

BORRl (Christophe), jésuite et missionnaire, né à Milan, sur la tin du xvi' siècle, fut un des premiers qui pénétra dans la Cochinchine, ori il habita cinq années. On a de lui une Relation, en italien, qu'il [adjlia à Rome, en 1631, in-8'', et qui fut traduite la même année en français par le P. Antoine de La Croix, Rennes, petit in-8°, puis en plusieurs autres languis. On en trouve aussi la traduction anglaise dans le second volume de la Collection des voyages de Churchill , qui y ajouta une deuxième partie. On ne doit pas oublier que la relation de Borri est la première que l'on ait sur la Cochinchine. La première partie concerne la géographie et î'histoire i aturelle de la contrée; la seconde rent'irme le récit des succès de la prédication de l'Evangile. Le P. Bniri, revenu en Europe, enseigna les mathématiques dans les collèges de Coimbre et de Lisboune, el

BOR

BOR

G-îiO

crut avoir trouvé un procédé utile à la navigation par le moyen de l'aiguille aimantée. On a conjecturé que p(»ut-êtreil s'agissait de la détermination dos lon,^itudes. Il fut mandé à la cour de Madrid pour y exposer sa découverte : mais ses supérieurs, le soupçonnant de tramer quelque projet nuisible à l'institut, l'appelèrent à Rome. Ilneput sejustilier, et il fut exclu de la compagnie. Le P. Borri mourut peu de temps après, le 24. mai

BORRI (Joseph-François), né à Milan le 4 mai 1627, enthousiaste, cliimisfe, hérésiarque et prophète, s'attacha d'abord à la cour de Rome ; mais ayant ensuite déclamé contre elle, et rempli la ville du bruit de ses révélations, il fut obligé delà quitter. Retiré à Milan, sa patrie, il contrefit l'inspiré, dans la vue, dit-on, de s'en rendre le maître par les mains de ceux auxquels il communiquait son enthousiasme. Il commençait par exigerd'eux le vœu de pauvreté, et pour le Idur faire mieux exécuter, il leur enlevait leur argent; il leur faisait jurer ensuite de contribuer, autant qu'il serait en eux, à li propagation du règne de Dieu , qui devait b entôt s'étendre par tout le monde réduit à une seule bergerie, par les armes d'une milice dont il devait être le général et l'apùtre. Ses desseins ayant été découverts, il prit la fuite; l'inquisition lui lit son procès, et l'abandonna à la justice séculière, qui le condamna, comme hérétique, à perdre la vie, ce qu'il méritait d'ailleurs comme séditieux et perturbateur du repos ])ublic : son efiigie fut brûlée avec ses écrits k Rome en 1660. Borri se réfugia à Strasbourg, et de là k Amsterdam, où il ]irit le titre modeste de Médecin imiversel. Une banqueroute] l'ayant chassé de la Hollande, il pa'^sa k Hambourg, où la reine Christine perdit beaucoup d'argent k lui faire chercher la pierre philosophale. Le roi de Danemark imita Christine, et ne réussit pas mieux. Borri se sauva en Hongrie. Le nonce du pape, qui était alors k la cour de Vienne, le réclama. L'empereur le rendit, mais avec parole du pape de ne point le faire mourii'. Conduit k Rome, il y fut condamné k f.iire amende honorable et k une pr;si)n perpétuelle. Il mourut eu 1695, k 68 ans, au chAteau Saint-Ange, dins lequel il avait été Iransféi'é k la ])rière du duc d'Estrées, qu'il avait guéri d'iaie maladie désespérée. On a de lui de mauvais ouvrages sur l'alchimie. Son livie intitulé : La Cliiave del Cabinetto, Culf)gne, 1681, in-12, est rare et se vend cher. (]e n'est autre chose qu'un recueil de dix lettres , r|u'on suppose avoir été écrites par Borri k divers |)rinces de l'Lurope. L'épître injurieuse (jui les précède et qin est adressée k l'auteur, prouve (pi'elles lur(tnt |)ubliéi's sans sa participation. Ses instructions |)ol li(jues au roi tie Danemark se trouvent k la lin du même volume. Elles avaient été d'abord imprimées séparément.

JiOHJUJMf'iE (saint Cn.viu.K.s), naquit le 2 orloJMM! l.S:{8 ilaiis le ch.lleau d'Aiouc sur lea bords du lac Majeur, daus lu Milanais,

du comte Gibert Borromée et de Marguerite de Médicis. Charles s'adonna de bonne heure à la retraite et aux lettres. Son oncle maternel. Pie IV, l'appela auprès de lui, le fit cardinal et archevêque de M lan. Charles n'avait alors que 22 ans. Il c nduisit les affaires de l'Eglise comme un homme qui l'aurait gouvernée pendant longtemps; il forma une académie composée d'ecclésiastiques et de séculiers, (|ue son exemple et ses libéralités animaient k l'étude et à la vertu. Le jeune cardinal, au milieu d'une cour fastueuse, se laissa entraîner au torrent, se donna des appartements, des meidjles et des éiuipages magnifiques. Sa table était servie somptueusement, sa maison ne désemplissait point de gentilshommes et de gens de lettres. Son oncle, charmé de cette magnificence, lui donna de quoi la soutenir. On le vit dans ])eu de temps grandpénitencier de Rome, archiprôtre de Sainte- Marie-Majeure, professeur de plusieurs couronnes et de divers ordres religieux et militaires, légat de Bologne, de la Romagne et de la Marche d'Ancône. C'était dans ce temiis-lk que se tenait le concile de Trente. On parlait beaucoup de la réformation du clergé. Charl.'s, après l'avoir conseillée aux autres, l'exécuta sur lui-même. Il réforma tout d'un coup jusqu'k 80 domestiques de marque, quitta la soie dans ses habits, s'imposa chaque semaine un jeûne au pain et k l'eau. Il se prescrivit bientôt des choses plus importantes. Il tint des conciles pour confirmer les décrets de celui de Trente, terminé en partie par ses soins. Il fit de sa maison un séminaire d'évôques; il établit des collèges, des communautés, renouvela son clergé et les monastères ; forma des asiles pour les jtauvres et les orphelins, pour les filles exposées k se perdre, ou qui voulaient revenir k Dieu a|>rès s'être égaréi-s. Mais de tous ces établissements, celui qai produisit les fruits les plus (irécieux et les plus éten lus, ce furent les séminaires épiscopaux, dont 1 s règlemcnls servirent de modèle k tous ceux qui furent fondés dans la suite, et dont l'Eglisii tira de si grands avantages que, lors(pu\ l'empereur Josepli II entreprit de détruire dans ses Etats la religion catholiiiue, il ne crut pouvoir employer k ce dessein un moyen plus sûr que de les abolir, en les remplaçant par un(^ école profane et hétérodoxe, sous le nom de séminaire ijénéral, (pu- les eatlioliijues ap[ielèrenl Sourclle Jiahj/loiic. Le zèle de Charles cncliaiila les gens de bien et irrita les méchants. L'ordr'c des humiliés qu'il voulut réformer, excita conire lui un trère Farina, meuibre détestable de cette congrégation, i (2e malheu- « ieux,dil un auteur ipu a écrit la^■iede saint « Charles avec autant d'exactitude ipu' d'iu- « lérêt, se posta k IVutréc de la cliapclli' du « jialais nrchiépisco'|ial, le 2(i oclohre I56!l, « dans le temps où le saint faisait la i>rièrc du « soir avec sa m uson. On chanlail alors une « antienne, et on était k ces mots : Non lur- (I hctur cor rrslritin. iici/ur fonnidcl. Le pré- « lat était alors k genoux devant l'autel. L'as- « sassin, éloigné seulement de cin(i k six

BOR

BOS

« pas , (ire sur lui un couji d"arquebuse « chargée à lialle. Au bruit de Tinstiuraent (( meurtrier, le cliant cesse, et la cousterna- X lion devient générale. Charles, sans chan- « ger de place, fait signe à tous de se remette Ire à genoux, et finit sa prière avec autant « de tranquillité que s'il ne fût rien aràvé. « Le saint, qui se croit bli'ssé uiorlellement, « lève les mains et les yeux au ciel, pour « ollYir à Dieu le sacrifice de sa vie ; mais « s'étanl levé après la prière , il trouva que « la balle qu'on lui avait tirée dans le dos, « était tombée à ses pieds, après avoir noirci « son rochet. » Charles demanda la grAce de son meurtrier, qui fut ] uni de mort, ainsi que Irois autres religieux ses complices, sans qu'il eût pu les soustraire à un supplice si justement mérité. Le pape prononça la dissolution de l'ordre enter, dont les biens furent emplo\ es par le saint aixhevèquo à fonder des collèges, des hôpitaux, à réparer des é- lises, des couvents et à décorer sa cathédrale avec une magnificence digne de son zèle et de sa piété. Ces contradictions n'affaiblirent point l'ardeur du saint archevêque. Il vsita les extrémités abandonnées de son diocèse, abolit les excès du carnaval, distribua le pain de la parole à son peuide, et s'en montra le pasteur et le père. Dans les ravages que fit une peste cruelle, il assista les pauvres par ses ecclésiastiques et par lui-même ; vendit ses meubles pour snulager les malades, et désarma la Divinité par des ))rocessions, auxquelles il assista pieds nus et la corde au cou. Il finit saintem; nt sa carrière en lo8i, à 4-7 ans. On a de lui un très-grand nombre d'ouvrages sur des matières dogmatiques et morales, imprimés en 3 vol.

in-fol., en 17i7, à Milan. La bibliothèque du Saint-Sépulcre de cette ville conserve précieusement 31 vol. manuscrits de Lettres du saint prélat. Le clergé de France a fait réimprimer, à ses déiiens, les instructions qu'il avait dressées pour les confesseurs. Ses Acta Ecclesiœ Mediolanensis, Milan, 1399, in-fol., sont recherchés. Paul Vie canonisa en 1010. Le père Touron a écrit sa Vie, 3 vol. in-12, Paris, 1761 : ouvrage écrit d'un style hiche et ditfus, mais exact et édifiant. Celle donnée par (jodi au, Paris, 17V8, 2 vol. in-12, est préférable. Il y en a 'une plus ancienne traduite ' de l'italien, Lyon, 1075, in-l°, mi;e en latin et publiée avec beaucoup de notes. Milan et Augsbourg, 1738, in-fol. On peut consulter encore De Vita et rébus gestis Caroli S. R. E. cardinalis libri septein, Miian, 13J2, et Brescia, 1602, in-i°, et son Panégyrique écrit par l'ahbé Gérard. Voy. Saxi.

BUKRO.MÉE Frédéric), cardinal et archevêque de Milan, héritier de la science et de la piété de Charles, son cousin-germain, naquit à Milan le 18 août 136i, et mourut le 21 décembre 1031, âgé de 68 ans. 11 professa les humanités à Pavie, et fut toujours depuis le piotecieur des gens de lettres; c'est lui qui a fondé la célèbre bibliothèque ambrosienne. Antoine Olgiati auquel elle fut couflée, y rassembla 9 à 10 mille manuscrits, dont un grand nombre d'orientaux qu'il était

allé chercherlui-même en Grèce etailleurs. Le cardinal Borromée avait aussi fomlé à Milan deux académies ; l'une pour les ecclésiastiques, l'autre pour les nobles. On a de lui Sacro colloquia, 1632, 10 vol. in-12; Scrmoncs sydonales ; Meditamcnta litteraria ; liagiomitnenti synodali, .Milan, 1632, 3 vol.in-V; De episcopo concionante, libri 111, Milan , 1632, in-fol.

RORTOLI ou BARTOLI, né à Venise en 1693, théologien , canoniste et évèque de Na/ianze, est auteur d'un écrit surlabolition de l'ordre des jésuites, Florence, 1799. Mazzuchelli en fait mention dans ses Scrittori italiani.

BOS (Lambert), professeur en grec dans l'université de Franeker, né à Workum dans les Pays-Bas en 1070, est connu jiar une édition de la version grecque des Septante, à Franeker, 1709, en 2 vol. in-i", avec des variantes et des prolégomènes. Il mourut en 1717. Il a composé d'autres ouvrages parmi lesquels on distingue Antimiitatum grœcarum, prœcipue alticarum descriptio brevis, Leipzig, 17i9, in-8°, traduite en français par Lagrange, Paris, 1769, in-12; Observationcs in novum Testamentum, 1707, in-8"; in quosdam auctores Grœcos, 1713, in-8', et sa nouvelle éd.tion de la Grammaire grecque de VelUrus, avec des aduitions.

BOSC (Jacques Di), Normand, auteur.de VHonne'te femme, 1032, in-8", et de la Femme héroïque, était cordelier. D'Ablancourt, ami de du Bosc, honora rHonnête femme d'une préface. Le second ouvrage, qui jiarut en 1043, in-i°, n'eut pas la même vogue. Du Bosc, après avoir exercé sa jjlume sur les femmes, se mêla de controverse. Il écrivit contre les solitaires de Port-Royal; mais après quelques escarmouches, il se retira du combat. On ne sait quand il mourut.

BOSC (Pierre-Thomi>es du', né à Bayeux en 1623, devint ministre de l'Eglise de Caen, puis de celle de RotiTdam, aj.rès la révocation de l'édit de Nantes. On a de lui 7 vol. de sermons, qyii tiraient leur principal mérite de son action et de sa bonne mine. 11 eut de la réputation dans son parti. Voy. sa Vie par Le Gendre, 1716, in-8°.

BOSC (Claude), né vers 10 V2, et mort en 1713, procureur-général de la cour dis aides, prévôt des marchands et conseiller d'Etat, traduisit du latin en français plusieurs ouvrages d'Erasme et com°posa : Manuel du soldat chrétien, 1711, iu-12; Aspirations à Z^f'ew, 1712, in-12; Traité de l'infinie miséricorde de Dieu, 1712, in-12; Du mépris du monde, 1713, in-12; Le mariage chrétien, 1713, in-12. La lecture de cet écrivain doit se faire avec précaution.

BOSC (1 abbé), né à Apt en 1738, mort le 22 juin 18i0, est auteur des ouvrages suivants : Histoire d'Apt , 1813; Histoire de l'Eglise d'Apt, 1820, in-8° ; Histoire de saint Elzéar et de sainte Delphine, 1821, in-8"; Les Dialogues du livre de Job, mis en vers français, avec (juelques autres poèmes, 1826, in-12.

BOSCHET (le P. Antoine), jésuite, se fit

surtout connaître par la critique de plusieurs ouvra-ics de Baillet, et mourut à la Flèche en 1703. Ou a de lui : Rrflexions sur les jugements des savants, La H^ye (Paris ou Rouen), 1691, in-1-2; Réflexions d'un académicien sur la Vie de Drscartes, 1692, iii-12, oii l'auteur attaijue vivement l'auteur de cette Vie. On attribua ces deux opuscules au P. Letellier, qui avait, comme on sait, un grand talent pour bien écrire; Le parfait missionnaire, ou Vie de Julien Maunvir, Paris, 1697, in-12.

BOSCHIUS (Pierre van den Bossche), bollandisle , né à Bruxelles en 1686 , fut admis chez les jésuites à 19 ans, et professa plus tard les humanités au collège d'Anvers. En 1721, il fut adjoint aux continualeui s du recueil des Acta sanctorum, el il l'enrichit d'un grand nombre de dissertations insérées dans les quatre derniers volumes de juillet, et dans les trois premiers d'août. Sa santé fort mauvaise ne refroidissait point son goût pour l'étude; ses deux dernières années se jiassèrent dans un état contii;uel de souffrance, et il mourut le 2i novembre 1736. Son principal ouvrage, finit d'immenses recherches, est intitulé : Tractatus historicochronologicus de patriarchis Antiochenis tarn Grœcis quam Latinis, imo etjacobitis usquead sedem a Saracenis eversum. Il forme l'introduction au quatrième volume du mois de juillet des .-Ic^a sanctorum, et a été réimprimé séparément à Anvers, 1725, in-i°, et à ■Venise, 174-8, in-folio. Le P. Le Quien, dans son Oriens christianus, a aussi traité le même sujet.

BOSIO (Jacques), Bosius, natif de Milan, et frère servant de l'ordre de Malte. Ce religieux étant retenu à Rome auprès du cardinal Pétrochiiii, son patron, pour les affaires de son ordre, dont il était agent, prolita de ce séjour fiour y composer l'histoire qui porte son nom , sous ce titre : Istoria délia sacra Retigione dell'illustrissima milizia di santo Giovanni Gierosolimitano. Cet ouvrage, qui contient 40 livres, est partagé en 3 vol. in-f'ol., imprimés à Rome en 1621, 1629 et l68i. Quelques bibliographes ont écrit que Rosio avait remis ses Mémoires à deux, cordeliers de laGrand'Manclie appelés en Italie les Grands-Frères , et ([ue ces deux leligieux ont mis son livre dans la forme ({u'd a aujourd'hui. Cet ouvrage est moins recheiclié ]iûur le style, ijuc pour la multitude et la rareté des faits dont il est rempli. Celte histoire va jusqu'il l'an 1571 : elle a été continuée par R.irtliélcmi Pozzo en italien, jusqu'il l'an 1()88, \Cnisi', 1740, 2 vol. in-V°. On a encore de H isio la Corona drl cavalière Gierosolimitano, Home, 1588, in-i"; el le Imagini de ISeali r Sanli délia sacrn religione di santo Giovanni Gierosolimitano, Païenne, l(i.'{:t, Jii-4', i-[ Naples, 165:), in-8". La plupart des hisloiiens nati(jnaux, qui, deiMiis Biisi(j, nul voulu donner IHIsloiro de Mallo en leur langue, n'ont été que ses eopislesou ses abréviateurs.

BOSIO Am.um-i, de Milan, agent de l'i'rdre de Malte , neveu du [irécédenl ,

BÔS 64 i

mourut en lCi29. Son recueil intitulé Rama Sotterranea, Rome, 1632, in-fol., renferme la description des tombeaux et é])itaphes des premiers chrétiens qu'on trouve dans les catacombes de cette capitale de la catholicité. 11 passait dans les souterrains quelquefois cinq ou six jours de suite. Un prêtre de l'Oratoire de Rome (le Père Paul Aringiii) traduisit son livre d'italien en latin, en 2 vol. in-fol., 1651. Les amateurs des antiquités ecclésiastiques font grand cas de cette version, plus ample que l'ouvrage. L'un et l'autre manquent quelquefois de critique; mais ils sont très-propres à faire connaître les cérémonies des premiers chrétiens de Rome, et l'histoire de cette capitale. L'ouvrage de Bosio a été depuis augmenté par Bottari et publié en 3 vol. in-ful., 1737-1753, ce qui fait que l'ouvrage primitif est peu recherché aujourd'hui.

BOSQUET (François de), évêque de Lodève, puis de Montpellier, naquit à Naibonne en 1605, et mourut en 1676, avec la réputation d'un des plus savaids hommes de son siècle. Il avait été d'abord juge-ro.\al de sa jiatrie, ensuite de (iuienne, et puis du Languedoc. On a de lui Les Epîtres d'Innocent 111, avec des remarques curieuses ; Les Vies des papes d'Avignon, inS^WS-I, dont Baluze a donné une nouvelle édition, 1693, 2 vol. in-4° ; Uistoria Ecclesiœ Gallicanœ , o J.-C. Evangeiio in Galliis usque ad datam a Conslantino Imp . Ecclesiœ pacem,m-V , 1636. Elle est recherchée. On lit dans son épitaphe : Gregem verbo et exemplo sedulo pavit, largus erga pauperes, iibi parcissimus, omnibus benignus, etc.

BOSQUIER (Philippe), religieux récollet, né à Mons en 1561, s'applicjua beaucoup à la prédication. 11 traduisit aussi quelques ou- Tiages en latin et les enrichit de notes. La plujiart de ses ouvrages, d'auord imprimés séparément, ont été réunis en 3 volumes in fui., h Cologne, 1621. On trouve dans ses Sermons, comme dans presque tous ceux de son temps, des jiassages de l'Ecriture sainte, des Pères, des rabbins, dus conlroversislcs, des poètes, et du presque tous les auteurs grecs et latins. 11 mourut l'an 1636, à 75 ans.

BOSS.VRD ^Clément), chanoine et vicaire général à Grenoble, mort en 1834, avait été ordonné p. être à Rennes, el lut nommé directeur dans le séminaire de Saint-Louis à Paiis, où il resta jusqu'aiirès le 10 août 1792. Il se chargea ensuite d'une éducation particulière en [irovince, puis ilevint directeur du séminaire a Grenoble. En 1816, il installa les religieux de la graii Je Chartreuse ilans leur couvent. On a de lui une intéressante Histoire du serment ù Paris, avec une liste des ecclésiastiques qui l'ont prêté el de ceux qui l'ont refusé, 1791, iii-8"de2ll pages. Il lil réimpriuier en 1822 des Lettres de Schcffmar/irr, iii-12. L'abbé Bossard avait été lié avec le vertueux alibé Caroii.

BOSSl ^le comle Louis ue), savant In.slOrien, né à .Milan le 28 février 1758, d'une famille |iatricienne, mort dans la inèiiio ville le 10 avril 1835, acheva h Paris >e5 éludes de

Page 1