‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 139 sur 228 · BOC · texte numérisé non relu

BOC

rature, de'^ons articles sur les livres qui paraissaient, des réfutations très-piquantes des écrits des constitutionnels, et des morceaux pleins de chaleur en faveur de la religion et contre l'incrédulité. Dans les intervalles oii les Annales étaient suspendues , M. de Boulogne fournissait volontiers des articles à la Quotidienne , à la Gazette de France , h la France littéraire , et surtout au Journal des Débats, qui alors soutenait les bonnes doctrines. Les articles qu'il a fournis à ce dernier jO'U'nal ont éW- reei:eillis dans le Spectateur français mi \\\' siècle, publié |iar Fabrv, de 1805 à 1812, en 12 vol. in-8°. M. de Boulogne profita du rétablissement du culte pour reiutinter dans la chaire. La maturité de son talent imprima encore plus de force et d'énergie à tout ce qui sortit alors de sa plume. On distingue particulièrement ses sermons sur la charité chrétienne, celui sur l'excellence de la morale chrétienne, plusieurs fois répété dans la capitale , le panégyrique de saint Vinc'iit de Paul, composé depuis 1789, le sermon sur la Providence , celui sur la Vérité, et quelijues autres. Il était resté sans emploi lors du concordat ; l'évêque de Versailles lui donna un canonicat dans sa cathédrale, et le nomma ensuite grand-vicaire. L'empereur, qui cherchait à s'entourer d'hommes à grande réputation, le choisit pour un de ses chap^ lains L'abbé de Bou- ]o,-jne, à qui il en coûtait de s'attacher à ce monarqje , dont il avait ju^:ié la politique, voulait refuser ce litre ; mais un ami (.lont il respectait la sagesse et les lumières l'entraîna par ses conseils. Au mois de mars 1807, un décret , daté du camp d'Osterode , le nomma évoque d'Accpii et aumônier. Il refusa le premier titre , en observant que son ignoraïue d' la langue italienne le mettrait dans limpossibil té de se l'aire entendre , et priverait son troupeau de ïes instruclions. Bona|iarle agréa ses raisi ns. La même année, M. de la Tonr-du-Pin, évoque de Troyes, étant mort, il fut appelé à lui succéder, et pré'conisé h Rome (ians le consistoire du il juillet de l'année suivante. Il est à remanjuer ipie déjà Rome élait envahie, que le j) ipe élait en butte à une iicrsécution ouverte, et que ce fut le tiernier évêque français dont l'institution ne soulfrit pas de ditliculié. Boulogne fut sacré dans la chapede des Tuileries, le 2 février 1800, par 1 ■ cardinal Fesih , assisté des deux évèques de Versailf s et de dand. Vn des premiers actes du nouveau |)rélat fut une lettre [lastorale, en date du 20 mars, qui a été imprimée, et où l'on remarque un morceau trèséloquent sur l'indillérence religieuse de no- Ire sièile. sur l'aiMOur de l'imléiiendance, cet'e UKinie des .systèmes, tr.ste fruit dos en>eigneuients de la philosophie et des hall tudcs de la révolution. Peu de temps ajirès, il entreprit la visite de son diorèse ; il donna la conliiniation dans |ilusicurs >illes, cl jiartout il adressait qn(d(|ues mois d'édiliealion aux lidèle>. <tn lui a re;irci(';é les élogi'S (pi'ii a donni'S ii IJoiia;iarle ,'i riiceasioii ilo victoires cl autres évéocuiouls puliliqucs ;

rîoi'

BOU

on les a même insérés dans un recueil, mais on a évité d'y citer des morceaux pleins de vérité, auxquels les éloges servaient en quelque sorte de passeport. On trouve dans ses uiandements des réflexions courageuses. Ainsi, dans celui du 1" juin 1809, le i>rélat, s'adressant à Dieu, s'exprime en ces termes sur Napoléon : « Dites-lui tout ce que les « hommes ne peuvent pas lui dire; donnez- « lui de surmonter toutes les passions comme «il surmonte tous les dangers; t'aites-lui « comprendre que la sagesse vaut mieux que « la force , et que celui qui se dompte lui- « même vaut mieux que celui qui preml des « villes. » M. l'évoque de Trojes ne se montra pas plus timide dans le discours qu'il prononça lors de l'ouverture du concile de 1811, où il parla d^ Yinfluence de la religion catholique sur l'ordre social et sur le bonheur des empires, (le discours le perdit dans l'esprit de l'empereur; mais l'S évoques lui doiinôreut un témoignage de conliance en le nommant un i!es quatre secrétaires du concile , et en le choisissant , quelques jours après, pour faire partie de la commission chargée de répondre au message de Bonaparte. Cdle ci déclara que le concile était incompétent |)our prononcer su' l'institution des évoques sans l'intervention du pape. Bonaparte, irrité , cassa le concile, et lit arrêter, dans la nuit du 10 au 11 juillet, lesévêqucs de Troyes , de Gand et de Tournay , qu'il fit conduire à Vincennes, et mettre au secret le plus rigoureux. {Voyez Broglik.) A la fin de novembre , on leur demanda s6jiarément leur démission et une promesse par écrit de ne se point mêler des affaires de leurs diocèses. A ces conditions ils sortirent du donjrin de Vincennes, et furent envoyés en (iillérents lieux d'exil. M. de Boulogne l'ut relégué à Falaise, où il devait rester en surveillance. Cette démission , signée dans une jirisou, devint une source de trouble dans son diocèse. Deux ecclésia tiques furent envoyés successivement à Fontainebleau pour consulter le pape et les cardinaux, et la réponse fut que les droits de M. de Boulogne étaient entiers, et que le chapitre n'avait aucune juri.iiction. Un troisième ecclésiastique fut envoyé à Falaise |)oui' consulter le prélat, qui déclara que, dans la situation rigoureuse où il se trouvait , il ne pouvait rien répondre. Alors l'abJjé Aivisenet , chanoine et grandvicaii e do Troyes , publia sa rétractation , et di''(-lara qu'il ne reconnaissait point les pouvoirs (lu cliapitr ■.Cettedémarched'unhomme si pieux et si lévéré ht une grande sensation, et plusieurs chanoines se déclarèrent pour M. de Boulogne. Le gouvernemeiit, pour faire cesser cette opposition, deminda au prélat une nouvelle démission, et, sur son refus, il fui reconduit àVincennes le 27 novembre 181.3, deux ans après en être soiti. Bonaparte avait nommé à sa place M. do Cussy, et une partie du chapitre l'avait reconnu; ma s les événements del814rendirent son évêclié à l'abbé de Bovddgne. Louis XVllI le choisit (tour jirèclier devant lui le jour de la Pe,;tecàte, et le 29 avril le pape le chargea d'une mis-

sion spéciale auprès du roi pour des points (jui intéressaient la religion. Peu après, une commission d'évêques et d'ecclésiastiques fui nommée pour s'occuper des affaires de l'Eglise, et il fut choisi pour en faire pa; tie. C'est à ses reirésenlations que l'on doit, entre autres , l'ordonnance du 5 octobre qui affranchissait les petits séminaires du joug de l'université. De retour dans son diocèse , il y fut reçu avec de vifs témoignages de joie; cependant les Iraces des premières divisions ne s'effacèrent que quelques années après. Il avait rédigé une ordonnance relativement à ses droits, et dans laquidle il prononçait la nudité des actes du chapitre; mais il s'abstint par prudence et par modération de la mettre au jour. Le 12 janvier 1815, il reçut une invitation pour prêcher à Saint- Denis , le 21 janvier, l'oraison funèbre de Louis XVI ; et malgré l'extrême brièveté du temps qu'il eut pour se préparer, ïl se trouva en état de lire son discours à Louis XVJII , qni ne pouvait se rendre à la cérémonie, deux jours avant celui où il devait le [)rononcer. Le prince lui eu témoigna à plusieurs reprises sa satisfaction. L'abbé de Boulogne l'ut encore obligé de quitter son troupea 1 lorsque Napoléon revint de l'iie d'Elbe en France. Il se retira à Vaugirard, près Paris, où il vécut retiré et ignoré jusqu'à la seconde restauration. Alors il donna un mandement pour ordonner des prières pub iques à l'occasion de l'ouverture des chambres, mandement qui fut inséré eu entier, |)ar ordre du roi, dans \q Moniteur. Le jour de rEjuphanie, il prêclia dans sa cathédrale un discours devenu célèbre, sous ce ti re : La France veut son Dieu , la France veut son roi. Ce discours , qui est regardé comme un des meilleurs qu'il ait prinoncés, fut réi)été h Paris dans l'églisi; de Saint-Thoinas-d'Aquiii et à l'Assomption. En avril 1B16, il publia une Instruction pastorale sur l'amour et la fidélité' que nous devons au roi, et sur le rétablissement de la'retigion catholique en France. Depuis le concordat, le séminaire de Troyes était placé dans un local étroit et insuffisant , tandis que l'ancien séminaire servait de caserne. Il écrivit à ce sujet une leitre respectueuse, mais fo;te et pressante, à Louis X , UI , qui ordonna de restituer les bâtiments occu[iés par les militaires. Lors du concordat de 1817 , il fut nommé à l'archevêché de Vienne ; mais les circonstances rendirent cotte translation sans etfet. Le concordat éprouva beaucoup de tlifiicultés dans son exécution ; M. de B'inliigne adhéra à la suspension du rétablissement de ce siège, et depuis il y renonça fo mellenieul.Le roi le nomma pair doF anco par ordonnance «lu 31 octobre 182-2. Il assistait régulièrement aux séances de la chambre, et prononça un discours dans la discussion sur les délits dans les églises, qui excita les plaintes de quelques pairs ; mais Lo'jis XViII en accepta l'hommage des mains de son auteur. Il voulait jiailer aussi dans la discussion sur les communautés religieuses ; la discussion ayant été fermée plus tô(

BOU

Page 1