‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 140 sur 228 · ROU · texte numérisé non relu

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qu'il no lo rroyait, il ne put prpndre la parole. I-éon Xlt rnutorisa , en 1825, par un bi'i'f , à porlor lo litre daroliovc^ipio , et h so rovi^tir du palliuui, marque distinclivo îles métropolitains, qu'il avait roçuo en 1817, apr^s sa promotion au si(^se do Vicnu". Il prècln la Cène h la cour en 1S19 ri en 1S23 ; il lit îi Saint-Denis lo discours sur la translation dos reli([ues dos saints martyrs , prononça dans sa calh(''drale l'oraison f 'nèb-o du îluo do Berry, et prêcha pour l'ann-vorsaire de louvcrluro do 1 (église de Sauitofienevièvo en 1823. Enlin, eu mars 1825, il porta la parole tlans une ri^unioti arnu 'lie en commi'inoration des victimes de la i évolution. Il a donné, dans ses donif-res années, plusieurs instructions pastorales , non moins romarqu hlos par le zèle que par le talent. Il on .ivait composé une sur le sacrp, et il allait la livi'rr à l'impression , lorsqu'il fut frappé il'uno atlaq'io d'apoplexie ci-rébralo dans la nuit du 10 au 11 mai 1825. !.e malin, on le trouva sans connaissance. Malgré les elforts dos miMlocins, il no put recouvrer les sons ni la pacle Le curé de Sainl- Sidpico lui administra l'cxtrème-onction , et il rendit le dernier soupir le vendredi , 13 mai, h une heure du matin. Ses rost's furent liépo'^és au mont Valérien , îi cMé de ceux d»» M. de Beauvais. L'auteur de VAnvuaire nécmloqiiiuc |)orta sur le compte de M. d" Boulogne un jugement bien sévère. Il ne faut pas s'en étonner : son attachement h la religion , son courage h la défendre , ses vigoureuses sorties contre l'esprit du siècle, ont di't lui faire beauioui) d'ennemis ; mais ses talents oratoires, la douceur de son caractère, sa bieidaisance |viur les malheureux , sa vie oxemf)laire , le feront touiours regarder par les amis de la religion et des mœurs cumuie un dos plus grands évèques de notre époque. On a recueilli ses ouvrages en 8 vo'. in-8', 1S26 et années suivantes. Les quatre premii'rs volumes , qui sont précédi's d'une notice historique siu' ce prélat, contiennent les Sermotis et Discours inédits; ]i'S.)fnii(lrniriilsf[fnslnirllniispnflnra!rs, suivis de divers mori'eauN oratoires, rormont un vidume , et les Mélanges de religion , do criiirpio et de litiéralure. avec un Préris historique sur l'é'glise c(mstilutionneire, 3 vol. Bonjl'F.r (<lom Mai.tin'. bénédirtin de .''ainl-Maur. n<' en 1*'85 îi .\m ens, mourut il Paris eu 175V. lient ai taux reeueilsdedoni .Moulfaiicon. On ado lui li Collrrtinn ilrn hi.ilnrirns dr Frnnrr. jusqu'au huitième voIhme, l'aris, 177.'<. et suiv., 'ii-folio. Il en n paru 10 depuis sn mort. Il exérula cette entrepris", (| 11' le ministre hP avait ronliée et pour Inquollc il nvnt imo pension sur le trésor ro.al, ;<\or rexarlilude d'un hnmnM> labor'oux. Il avait jilus d'amour pour 1" travail que d'esprit el de disceriienient. C'é'Init d'ailleurs lui religieux animé dp l'cspril de son' Int, cl plein de charité prnules pauvres. — BoiQiKT lPirTre\ son neveu, avorat. mort en 1781, a publié : /,«■ tirait jnihlir dr l'rnnrr, érlairri pur Ira mnnumrnt» ilr I <nilitiiii(r, lonic I", 1756 , in-4' : la suite nn pas paru ;

Notice drs titres (t des textes justificatifs delà possession de vos roisdenommer aux évéch^s et aux (ibboyes de liurse'tnls. 17(i'i-, iu-V"; Lettres ))rorinciales, ou Examen impartial de l'origine, de la conslitulion et des rtfriiluti'ins de la monarchie française, 1772, 2 vol. in-8 . etr. ; Tahirau historique, (jénéuloçiique tt chronologitne drs trois cours souveraines de France, 1772, in 8'; Mémoire historique sur la topographie de Paris, 1772, in-V°.

BOUQIMN (loin ' ii\iii.Ks\ religieux dominicain, né en 1022 h Tarascon, mort en 1698, se distingua pendii ni VO ans coin me pi-i'dicaeur etconimelliéfdo;ien.Onadel'pi:So/i'.«.l7ni'nntis spicndores circn sanctum euchnristiie niysleriwn, Lyoïi, 1077, in-folio; Sirmones npologrliri quihus snnctœ catholicfr ac rnmanœ ecclrsiw fuh s contra noralores defenditur, ibid., 1080, in-folio. Ses sennyns latins étaient conservés dans les archives du couvent de Bui\, en man sirit.

BOUUAY Pvsoiieb), prêtre, né en Touraine en 15Î)V, instiiua une congrégation d'hospitalières, qu il établit à Loches, h Viirzon, h .Vudjoise, et dans plusieurs autres villes. Il s'i tait rendu à Poitiers pour > établir une nouvelle maison, lorsqu'il mourut en 1650. Sa l'/raété impriméeJiParis,17H,in-12. BOUKBON (dvBiuKLi.E de), lillc de Louis I" do Bourl)ou, comte de Monlpen^ier , épousa en IVSV Louis de la Trénjouilb', tué à la bataille de Pavie en 1525 , el elle en eut Charles. comte de Talmont, tué eu 15)5, il la bataille d' Marignan. (îaliiicllo de Bourbon mourut, au mois de décembre 1516, au ch'teau de Tliouars en Poitou. On a de celte pi incesse, dont l'esprit (g.il.iit la vertu : L'instruction des jeunes punllis ; Le temple du S-iint-hsprit: Le voyage du pénitent : Les contemplations de l'âme de'vute sur les nn/sl res de l'Incarnation et de la Passion de Jésus- Christ, et d'autres on rages de piété, qui n'ont pas vu le jour.

BOUBCHIKB (Thomas), cardinal, nrchevô- (jue do Canlorbéry , frère de Henri, comte d'Kssex, couronna Fdouard IX, Bichard 111 et Homi AU, rois d'.Xnglelerre. tint plu sieurs coneiles, cond.'uuna les \> ielélites, et mourut il Cantorbi-ry en 1'»86. Ce prélat nvail beaueoup de zèle el de lumières. 11 introduisit l'imprimerie en Angleterre, en IVOV. Il iiivoxa |>oiir cet ell'el deux hommes à liarlem, et lit vmir ;i ses dépens un coinposilcur. — Il ne faut pas le roiifoiidre avec un autre 'l'Iiouias Boi luiiiKn, qui a écrit rili'tiiire du martyre dis p'rts lUcolIrlt ipii ont éli' mis \\ mori pour la foi eu .\n.lelerre , daiisla Kel^iqiie el l'Irlande. <le|iuis l'an 1536 jusqu'il l.iii l.'>S2,Par s. i;i82. in-8", en Inlin. BdIBD.MI.LK ;Mnm:i). docl. ur de Sorbonne, llii'ilog.'d. giand vu aiie h La Horlielle, mourut dans celle vdle le 20 mars idii'i. laissant : hrfivsr ilela fiiilr ri-'ijUir lourliniil l'Eurharislir I(i7(i, in-12 ; l>i frnse de la dofirine de rEi/lisr liiurhunl le culte dm saints, lli77, in- 12 ; Lxpliralion du Canlii/ur dis rniiliqurs, H;8'», iul2; Thridi'i/I' morale (/<■ l'EranijHe, Hi'.M, 111-12 ; Ile lu part nue llieu a dans In conduite drs homme*, uaiib le luuiu 11 du Tiailé

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de la grAce générale, de Nicole ; Théologie morale de saint Augustin, 1C87, in-12: cet ouviage lit L.u bruit ii cause d'une proposition sur la grâce (juifut df^noncéeàVassembléo du clergé de France, dans un écrit intitulé : Morale relâchée des prétendus disciples de Port-Rogal, etc Antoine Arnauld désavoua, dans deux Lettres à M. Le Férou, les principes de cette proposition.

BOUKDALOUE (Louis), né à Bourges en 163-2, prit l'habit de jésuite en IGIS. Ses heureuses dispositions jiour l'éloquence engagèrent ses supérietu'S à le faire [lasser de la province à la capitale. Les chaires de Paris retentirent de ses sermons. Son nom pénétra bientôt k la cour. Louis XIV ayant voulu l'entendre, il débuta parl'Aveut de 1670. 11 prêcha avec tant de succès tiu'on le redemanda [jour plusieurs carêmes et pour plusieurs avents. On l'appelait le Roi des prédicateurs et le Prédicateur des rois, Louis XiV voulut l'entendre tous les deux ans, « aimant « mieux ses redites que les choses nouvelles « d'un autie. » Ses succès furent les mêmes en province qu'à Paris et à la cour : à Montpellier, où le roi l'envoya après la révocation de l'éuit de Nantes en lo86, j our laire goûter la religion catholique par ses sermons et ses exemples, il eut les sutirages des catholiques et des nouveaux convertis. Sur la lin ae ses jours il abandonna la c:.'aire et se voua aux assemblées de charité, aux prisons , se faisant petit avec le peuple, autant qu'il était sublime avec les grands. Il avait un talent particulier pour assister et consoler les ni..]ades. On le vit souvent passer de la cl aire au lit d'un moribond. Il mourut le 13 mai 1704, admiré de sou siècle et respecté même des eiiuemis des jésuites. Sa coiiduite, dit un auteur estané, était la meilleure réfutation des Lettres Provinciales. Le Père Bretoniieau, sou confrère, donna deux éditions de ses ouvrages. On a, sur sa vie et ses vertus, une Notice par M'"" de Pi ingy, Paris, 1703, iii-4°; une Lettre du président Lamoignon, qui l'avait beaucoup connu, et une auiic du Père Martineau, son confrère. Voici la distribution do ses ouvra -es : Avent , Carême , Vonrinicales, Exhortations, Mystères , Panégyriques, Retraites, Pensées. Il n'y a peul-ôlre pas d'ouvrage plus loi t de choses que \es Pensées : on y trouve un fonds inépuisable i.e m: raie, de théologie et de véritable ph losophie , présenté avec une simplicité et une dign;lé de lan.age qui n'a point trouvé d'imitateuis. Sun portrait, qu'on voit dans les pr. mieies éditions de ses S rmoiis, n'a été tiré qu'ajirès sa mort. On y lit ce passage du j.saume cxviu : Loquebar de testijnoniis tuis in conspcctu rcgum, et non confundebar, qui exprime son ministère, ainsi que la manière dont il s'en acquitta. Il en soutint toujours la liberté , et n'en avilit jamais la dignité. Nulle consi -éiaiion ne lut capab e daltéci r sa fianchise et sa sincérité. Ses manières étaient simjjles, modestes et prévenantes ; mais sou âme était pleine de force et de vigueur. « Tantôt élevé, tantôt simple « ( dit l'auteur de la Décadence des lettres

« et des mœurs), toujours noble et jamais fa- « milier, il se met à la portée de l'esprit de « tous les hommes ; ses idées se dévelop- « peut, se succèdent rapidement et avec net- « teté; d'une vérité iju'il établit naissent « mille autres vérités nouvelles ciui se sou- « tiennent et se fortiflent mutuellement; il « s'abandonne à ces grands mouvements qui « surprennent , agitent, remuent l'auditeur ; « concis, serré sans sécheresse, profund sans « obscurité, il raisonne, il discute, il prouve : « comme c'est l'esprit qu'il veut subjuguer, il « l'attaque, le combat, le suit dans tous les « détours, saisit ses subtilités, détruit ses « so[)hismes et ses erreurs, le presse, le force « entinà se rendre à l'évidence. Nourri de la « lecture des Pères de l'Eglise, on voit que « son goût naturel, jilus que la nécessité, « l'a ]ioitéà s'enrichir de leurs trésors : son « éloquence est celle des Chrysostome, des « Augustin; il en a l'âme, le génie, l'abondan- « ce ; son style sévère n'a rien de recherché « ni d'alfecté ; il est nerveux et plein de force; <■<■ les ornements, les fleurs, les grâces dulan- « gage s'y trouvent placés naturellement. « Bourdaloue, en un mot, est de tous les « orateurs sacrés le plusaccomjili, et le créa- « teur de l'éloque; ce de la chairi-. » On l'a souvent mis en parallèle avec Massillon. L'un et l'autre sont très-éloquents, mais ils le sont d'une manièi e différente. Chacun peut, suivant son goût, donner la priférence àl'un ouà l'autre, 'l'ous deux peuvent être regardés comme les plus parfaits modèles des prédicateurs. Bourdaloue est plus concis, plus serré; il s'attache i)lus à convaincre ; il est plus logicien et plus théologien, mais il a quelque chose de grave etd'austère. Massillon,sans atténuer la sévérité de la morale évangélique, l'insinue avec plus d'art, sans négliger les raisonnements, et cherche sui toul à parler au cœur. 11 descend dans la co: science de ses auditeuis, leur dévoile les ressorts les plus secrets de leurs actions, elles confond par despeintuiesoiichacun est étonné et honteux de se reconnaître. Beaucoup de gens, ceux surtout qui s'attachent à la force et à l'i mp.re de la raison avant de se livrer à l'enthousiasme du sen inient, aiment mieux réloi|uence du P. Bourdaloue. Tout ét.int balancé de | ai t el d'autre, la première place, dit l'abiié Trublet , demeure au P. Bourdaloue. « Ce qui « plait, ce que j'admire ]>rincipalenient dans « Bourdaloue (dit l'abbé Maury, dans les Mé- « flexions sur l'éloquence qu'on voit à la tête « de sesDiSCOursj, c'est qu'il se fait oublier « lui-même, c'est que d. ns un genre trop « souvent livré à la déc amation, il n'exagè- « re jamais les devoirs du christianisme, ne « change point en préceptes les ] lus .-impies « conseils, que sa moi aie peut toUjOurs être « l'é luite en|iatique; c'est la léconchlé iné- « puisabie de ses jd :ns, qu ne se n ssembUnt « jamais, et l'heureux talent de disposer ses « raisonnements avi c cet ordre dont parle « Quintilieu, lorsqu'il comiiare le mérite d'un « orateur à l'habileté d'un général qui com- « mande une année, velut imprratoria virtus ; « c'est cette logique exacte et pressante qui

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« exclut les sophismes, les contradictions, les « paradoxes ; c'est l'art avec lequel il fonde « nos devoirs sur nos intérêts, et ce secret « prc^cieux que je ne vois guère que dans ses « Sermons, de convertir les détails des mœurs « en preuve de son sujet ; c'est cette abon- « dance de j^énle qui ne laisse rien à imagi- « ner au-delà de chacun de ses discours , « quoiqu'il en ait composé au moins deux, « souvent trois, quelquefois même quatre sur « la même uuitière, et qu'on ne sache, après « les avoir lus, auquel de ces sermons donner « la préférence : c'est la simplicité d'un st\ le « nerveux et touchant, naturel et noble ; la « connaissance la plusprofonde de la religion, « l'usage admirable qu'il fait de l'Ecriture et « des Pères. Enlin je ne pense jamais à ce « grand homme sans me dire à moi-même : « Voilà donc jusqu'oii le génie ])eut s'élever « quand il est soutenu par le travail.» Thomas [Essai sur les éloges) ne donne à Bourdaloue que la seconde place dans l'art des panégyriques ; il le place après Fléchier et Bossuet. Wais il faut que Bossuet n'ait pas connu si bien que Thomas le vrai goût des Eloges, puisqu'après avoir ententiu l'oraison funèbre du grand Condé, il s'écria, en ))arlanl de l'orateur : Cet homme sera éternellement notre maître en tout. Thomas reproche à Bourdaloue de n'avoir pas assez imité la manière de Bossuet. Le génie crée et n'imite pas, il marche seul et ne se traîne jjassur des traces. Laharpe entin donne la première place à Massillon et reproche à l'abbé Maury de ne pas rendre assez dejuïtice à ce dernier, l'un des éciivains chez qui notre langue a le plus de richesse, de douceur et de charmes. « Je re- « garde Massillon, dit-il, dans le genre de la « prédicalion comme h; premier des orateurs, « car c'est lui iiui a le mieux atteint le but de « ce geme d'éloquence, celui d'émouvoir les « cœurs et de faiie aimer la morale évangéli- « que. Commi' prédicateur, il parle à l'ihue, « et comme écrivain, il nous charme. » J'ai pu, ajoule-t-il ailleurs en revenant sur le romiitede B ,urdaloue,dont il avait parlé trop légèrcmeni en traitant de réhxjuence de sou siècle, <i ne mettre aucune comparaison entre « eux sous des ra|)iiorts purement liltéraires; « et cnetreltje ne iiense pas que soiisccpoiiit « de vue Bourdaloue |)uisse la soutenir ; mais . « je dois ici les examiner comme chrétien, « puisque c'est pour des ciiréticns qu'ils ont « écrit et iiarlé. 11 est deux points où j'ai « tiouvé Bourdaloue supérieur à tout, depuis « (lue je l'ai lu connue j'aurais dû toujours « le lire. Ces deux mérites, qui lui sont par- « ticuliers, sont l'instruction et la conviction, « portées chez lui seul à un tel degré, qu'il ne « nie semble pas moins rare et moins dil'licile « de penser cl de prouver comme Bourdan loue, que de plane et de toucher coiiinie « Massillou. Bouriialoue est donc ausM une « de ces couronnes nu grand siècle, qui n'ap- (i iiarlii'nncnt qu'a lui; un de ces hommes o privilégiés que la niluie avait, chacun dans « son genre, doués d'un génie qu'on n'a pas « égalé depuis. Sun Avent , son Carême, et « particuiiuremenl ses Sermons sur Us Mystè-

« res , sont d'une supériorité de vues dont « rien n'approche, sont des chefs- l'œuvre de « lumière et d'instruction auxquels onneiieut « rien coQqiarcr. Comme il est profond dans '( kl science de Dieu ! Qui jimais est entré « aussi avant dans les mystères du salut? « Quel autre en a fait connaître comme lui « la hauteur, la richesse et l'étendue? Nulle « ])art le christianisme n'est [ilus grand aux « yeux de la raison que dans Bourdaloue. « On pourrait dire de lui, en risquant d'allier « deux termes qui semblent s'exclure, qu'il « est supérieur en profondeur comme Bos- « siiet en élévation. Certes , ce n'est pas un « mérile vulgaire qu'un recueil de Sermons « qu'on peut appeler un cours complet de « religion, tel que, bien lu et bien médité, il « jieut suhir • pour en donner une connais- « sanc(! parfaite. C'est donc pour des chré- « tiens une des meilleures lectures possililes : « rien n'est plus attachant pour le tond des « choses; et la diction, sans les orner i.eau- « coup, du moins ne les dépare nullement. « Elle est toujours naturelle , claire et cor- « lecte; elle est peu animée, mais sans vide, « sans langueur, et relevée quelquefois par « des traits de force : quelquefois aussi, mais « rarement , elle approche trop du familier. « Quant à la solidité des ]ireuves, rien n'est « jilus irrésistible; il promet sans cesse de « démontrer, mais c'est qu'il est sûr de son « fait, car il tient toujours parole. Je ne scc( rais pas surpris que, dans un pays comme « l'Angleterre, où la prédication est toute en « preuves , B;)Urdaloue parût le premier des « prédicateurs; et il le serait parlout.s'il avait M les mouvements de Démostliène, comme il « en aies moyens de raisonnement. En total, « je croirais que Mas^illon vaut mieux pour « les gens du monde, et Bourdaloue pour les « chrétiens. L'un attirera le mondain à la « religion i)ar tout ce (pi'elle a de douceurs « et de charmes, l'autre éclairera et alfermira « le chrétien dans sa ft)i par ce qu'elle a de « plus haut en concejitions et de plus fort « en appuis.» — LesOEuvres très-couqilètes de Bourdaloue, font |iartie de la grandeCollection desO/■((^■l(;■^• sacrés, publiée par .M. Migne, dans la pieli.' elles forment 3 V(d. in-i".

BOl UDEiLLI-: ^Hkiil de), cardin.d, aicUevêque de Tours, nacpiit au château de B urdeille, vers l'an 1410. 11 (indessa la théologie après être entié dans lordie de Sainl- Franeois, et se livra à la [iréiliealinn- L'évèihé de Périgueux étant venu à v ii|uer, en sepeinbrc 1\37 , parla mort de Bérenger d'Arpajon, Bounleille fut élu par le chapitre et obtint ses bulles du pape Eugène IV dès le mois de novembre .-uivanl. Le nouveau prélat lit lie grandes libéralités à son église et de larges aumônes à ses diocésains, mais il se vit ilans la triste nécessité, par suite de la roiru|>lioii du siècle, de mettre la villi? de Périgucuxeninli rdit. En ofilre de Charles \ 11, donné a «.binon le 7 mai l'<>ti , le lit lever, ù cause des privili'-ges accordés parle pape aux rois do France, et parce que Peri^ueux, étant du domaine de la counuine , ne pouvait ùiro mis en inturdit- Il est pussible que ces fait»

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aient donné à Bourdoiile l'idée des écrits qu'il composa depuis sur la pagmatiquesanction. Il fut di'puté aux états de Tours, et 'l'éclat de son mérite , non moins que l'il"lustration de sa naissance, le fit élever sur le siège archiépiscopal de cette ville. Louis XI le nomma, en 1473, le |iremier des commissaires chargés du procès de l'abbé de Saint- Jean d'Angely, à l'occasion de la mort du duc de Guyenne. Dans la suite il intercéda auprès de Louis XI mourant en faveur du cardinal La Balue et de quelques autres [irisonniers; mais le soupçonneux monarque rejeta sa prière , qui faillit même avoir des suites fâcheuses fjour le |irélat. Vers 1482, Bourdeille se rendit à Uome, oii on lui fit un accueil distingué. 11 a fait L' récit de ce voj^aoe à son neveu , le seigneur de Bourdeille, dans une.lettre écrite en patois périgourdin, et signée F. H. archevêque de Tors indine. Créé cardinal-prètie sous le titre d.' Sainte-Luce, le 15 novembre 1V83, il mourut l'année suivante dans son diocèse , le 15 juillet. L'opinion que Ion avait de sa sainteté lit qu'une enquête fut ordonnée; toutefois il n'y eut pas canonisation. Ses principaux écrits sont : Opus pro pragmaticœ sanctionis abrogatione, Home 1486 , in-4% réimpr. à Toulouse en 1518. Il .s'agit, dans cet ouvrage, du concordat passé entre Louis XI et Sixte IV, en 1472; il est peu connu et il fut mal observé; Defensorium concordatorum, Paris, 1520, in-4°, plusieurs fois réimpr. avec les concordats de LéonX et de François I"; un traité latin sur la Pucelle d'Orléans, qui setr. uve manuscrit à la fin du procès de justificat on de Jeanne d'Arc.

BOURDIRR-DELPUITS. Voyez Delplits.

BOURDIN (Mairice), antipape en 1118, sous le nom de Grégoire VIII, était aupaïavant archevêque de Brague. Excommunié au concile de Reims l'an 1119, il se retira à Sutri. Callixte II > nvoya une armé:? commandée par un cardinal, pour former le siège de cette ville. Les habitants deSutri,voyant battre leurs murailles pour un misérable antipape, le livrèrent aux soldats, qui l'amenèrent à Rome sur un chameau, à rebuurs, tenant en main la queue au lieu de bride, et couvert d'une peau de mouton toute sanglante en guise de chap[)e d'écarlate. Bourdln mourut en prison, à Sulmone, la même année 1122. Ses ordinaiions furent déclarées nulles au premier concile général df Latranranll23; ce qu'il ne faut cep ndant entendre que relativement à l'exercice et aux fonctions légitimes du sacerdoce et de l'épiscopat, et enfin au rang et aux honneurs attachés à ces dignités.

BOURDLN Jacqi es), seigneur de Vilaines, secrétaire d'Etat sous Henri II, François II et Charles IX, secri'taire des iinances en 1549, fut ensuite chargé du déparlement des atl'aires d'Italie, et dres^a les mémoires et instructions en faveur des libertés de l'Eglise gallicane pour les député-; que la France envoyait au concile de Trente. Jacqu'S Dupuy en a conservé la plus grande partie dans le recueil des Actes de ce concile qu'il publia à Paris , 1654 , in-4°. On conservait aussi un recueil manuscrit des mémoires, instruc-

tions et dépêches de Bourdin, depuis 1553 jusqu'en 1566 pour les affaires d'Allemagne, en un vul. in-folio. En 1554, il fut ena|)loyé aux négociations de Troyes pour conclure la paix avec l'Angleterre. Il mourut le 6 juillet 1657, non sans avoir fait soupçonner qu'il penchait vers les erreurs du protestantisme.

BOURDIN (Charlesi, chanoine, archidiacre et grand-vicaire de Noyon, au xvn' siècle, est auteur d'une Histoire de Notre-Dame de Fieulaine , Saint-Qu 'ntin, 16C2, in-12. — BouRDLN (Matthieu), religieux minime, fit paraître une Vie de Madeleine Vigneron, du tiers ordre de St-François de Paul e, Rouen, 1679, in-8", et Paris, 1689, in-12. Il mourut en 1692.

BOURDOISE (Adrien), prêtre, natif du Perche, instiluleur du séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, né en 1584 , fut l'ami de saint Vincent de Paul, et mourut en odeur de sainteté en 1655, à 71 ans. Catéchismes , missions , conférences, il se portait à tout avec une égale vivacité. Les gens du monde lui ont quelquefois trouvé du ridicule ; mais les règles de l'usage et des bienséances reçues ne sont pas toujours celles de la charité et du zèle. Un écrivain protestant n'a pu s'empêcher do convenir que dans sa vie « on découvre un homme d'une sim- « plicilé originale, d'une droiture chrétienne, « d'une piété édifiante, et en qui des mœurs « antiques et un fonds de probité tenaient « lieu d'études et de lumières. » La première édition de sa Vie, qui parut en 1714, in-4°, I écliait par une trop grande exactitude de détails quelquefois minutieux, qu'on a retr.mchésdans celle qui a paru en 1784, in-12, où l'on a cependant très-bien fait de conserver certains traits, peu importants en eux-mêmes, mais très-propres à donner une idée juste de ce zélé et respectable ecclésiastique. Telle est l'anecdote suivante. « Un jour ma- « dame la duchesse d'Aiguillon, nièce du car- « dinal de Richelieu, vint entendre la messe « à Saint-Nicolas ; ses officiers |)lacèrent son « carreau dans le sanctuaire : M. Bourdoise « le prit aussitôt et le porta hors du chœur, « enreprésentantd'un manière respectueuse « à cette duchesse, que la nef était la jilace « des laïques. Le cardinal de Richelieu qui le « sut , fut choqué de ce qu'on avait ainsi « traité sa nièce, et fit appeler le saint prêtre. « M. Bouidoise refusa d'abo-rd d'y aller, en « disant qu'il n'avait point l'honneur d'être « connu de son Eminence, et qu'assurément « on le prenait pour un autre. On l'avertit « une seconde fois, et on lui envoya même « le carrosse dont il ne voulut pas se servir ; « il partit sur-le-chamii à pied, el on le fit « entrer dans le moment même qu'il parut. « Comme il saluait profondéni' iit son Emi- « ncnce : Est-ce donc vous, lui dit-elle, qui « avez chassé ma nièce du chœur de votre « églis'"? — Non, monseigneur. — Ne vous « appelez-vous pas Bourdoise? — Oui, mon- « seigneur. — Eh! ces} vous-même qui lui « avez fait cet affronl. — Pardonnez-moi, « mo; seigneur. — El qui est-ce do„c'? — i( C'rsl vot, e Eminence, ce sont tous hs pré- « lato assemblés tu concile qui ont défendu

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« aux laïques, et surtout aux feiiimes, d'en- « lier daiis le chœur, afin que les eccl.'siasii- « ques y nussent faire libreui ut le.irs fonc- » lions. Ce g: and uiiiùstr.' fui sur,. ris de « cette rc^pons/, q .oiqu'il n'en pareil pas fort « conient; mais madame la duchesse d'Ai- « guillon iT'.i{itaderavis du servileurdeDieu, « et elle lui en sut si hon g é, qu'elle vuit « plus souvent h S:iint-Nicoi is; pendant sa « vie elle ne cessa de répaniire ses bienfaits <( sur le séminaire, et elle ne l'oublia pas dans « son testament. »

BOUItli (Anne du), de Riom , couseillercleic au pailemeut de Paris, se tit connaître par un attacliement fanatique à la religion de Calvin. A.\ant parlé avec une espèce de fureur pour les partisans de cette doctrine dans une assemblé;' du parlement, Henri 11 h' fit arrêter. On lui fit son procès; il fut déclaré hérétique, dégradé de l'ordre de prêtrise, ]iendu et brûlé en Grève en 1539, à 38 ans. On le soupçonna d'avoir eu part à l'assassinat du i)résident Minart, un de ses ju^os : ce meurtre h:lta sou supplice et celui de plusieurs calvinistes. Ces sectaires s'en vengèrent par la conspir. lion d'Amboise cl les guerres qui la suivirent. Du Bourg était un des plus dangereux émissaires du calvuiisnie, dont il aurait propagé ks erreurs, s'il 1' .vait pu, sur les ruines de la relgion et de l'état. On voit par là combien les protestants se sont trompés, en me tant au nombre des martyrs un tanaliqiie opiniâtre et séditieux.

BÔLKGEOIS (Louis Le), abbé de Cbante- Merle,néà Heauv.lleaudiocèse deCou'ances, mort doyen de l'église d'Avranches en 1680, consacra sa verve poéti(jue à des sujets chrétiens. On a de lui : le Catccliisiue en forme d^. cantiques, h l'usage du Dauphin, 1669el 168'i-; VUisloiie des Slijstèrcs de Jésus-Christ et de la Vierge; les Psaumes péniteiitiaux. La poésie de c s t ois ouvrages est facile, mais faible et sans images.

BOURGEOIS (François) , jésuite , né en Loi'ia ne, professa d'à ord la théologie à l'université de Poni-.-'.-Moussoii, et pas a ensuite connue missionnaife en Chini' , oii il arriva le 1-i août 1707. A|)[ielé à Pélviu, il y i)arlagea longtemps son zèle enlie les chrétiens de cette cajùtale et ceux des missions circtuivoisines, et devint supérieur de la résidence d s jésuites français. On ignore l'année de sa mort. On a (le lui un grand nombre d(! Lettres répandues dans les recueils des Lettres édifiantes, et dans les Mémoires sur riiisloirc, (es arts et les mwurs des Chinois,

BOUKiiLT iddu Jean), supérieur de l'Al)ba\e di Bec en Normandie, né en 172i, était membre de la société des antii;uaires de Loiiui-es, et a laissé en maiiu>cr.t une llisloirf des onliijuilés des ahhayes de ISurmandie. Dom Buui'gct ifiourut en 1770.

BOUKGOl.NG (FnANçois), troisième générai de l'Oratoire, successeur du P. Coi.ureri, naipiit à Paris en l."J85, et mourut en 11)02. Il pulilia I s ouvrages du cardinal de; 11 ruili'. Pans, lOV't, iii-f , diuit il ..vait éb' un des coopérateurs, avec un abrégé delà Niodece grand hoiuuio, et quelques autres ccrils as-

cétiques de sa composition. Bossuet pr >nonra son oraison funèbre. — Il ne faut pas le confondre avec un antre François Boun- GoivG, dit d'Agnon, d'abord chanoine, ensuite protestant , qui a donné me Histoire eerlésiastique, recueillie principalement des docteurs de Magdehourg , Genève , 1653-1053, 2 vol. in-folio. Quai d on connaît les Centuriateurs de Magdebourg qui lui ont servi de modèle, on juge facilement du mérite de l'ouvrage; aussi n'a-t-d pas fait fortune.

BOUKIGNON (Antoinette) naquit à Lille en Fl.uidre l'an liilO. Pa venue à l'tlge de se marier, (lie s'enfuit dans le désert, lia. illée en ermite. L'archevêque de Cambrai lui accorda une solitude, où elle forma une |)elite communauté, sans autre vœu et sans autre règle que l'amour de Dieu e^ l'Kvangile : cette si, gularité la lit renvoyer, lille alla se renfermer alors dans une chambre à Lille, où elle vécut seule pendant quatre ans. l-Jl' courut ensuite dans diverses vdles, à Gan i, à Malines, à Amsterdam, à Frane.ver, où elle mourut l'an 1680. Cette fille s'in.agina être destinée à répandre de- i.ouvelles lumières sur la pratique do la perfection clirétienne. On a d'elle 21 vol. in-8'',im|)rimés h Amsterdam en 1080. Poiret, son disciple, a augm-nlé ce recueil de la vie de celte mystique. On la considère ordinairement comme une personne abénée, ou comme atteinte du fanatisme des qniél'stes. Peut-être ses erreurs sont-e.les jikis dans les mots rue dans les choses; peut-être aussi sa principale erreur est-elle d'avoir voulu faire une théorie suivie el raisonni'e des voies secrètes par lesquelles D eu conduit quekpies âmes privilégiées; voi s dont le plan n'a point été révélé aux hommes, dont la publication ne peut avoir d'elfets utiles, et qui , si on entreprenait de les géiiéialisiT, jiorteraieut le désordre dans la morale, l'oz/c: AiuiELLE.saifl Jean DE LA Choix, Uisuik ck, Tallèue. Il faut canvenir cpie rinstoire de sa vie, sisliais ais el (hllér nies aiiecdoics doiuieut au moins des doutes fondés sur l'élat de sa tôle. Yoy.

PolUKT.

BOL'RRÉE (Edme-Bei»\aud), prêtre de la coiigicgalion de l'Oratoire, né en 1032, se coiis.icra à la prédicaiiou et à la théulugie, ([u'il professa à Langres et h i h i ons-surï^aùiie. 1 mourul îi Dijon sa paliie, en 1722, à 7.) ans. Nous avons de lui : Conférences ecclésiastiques du diocèse de Langres, 2 vol. iii-12, L. on, H}S'*;\' Explication des Lpitrcs f< /iran^/i/cs de tous les iiimaiiches de l'année, à l'usage ilu d ocese de C làloiis, 5 vol. iu-8°, Lyon. iG'J7; des Sirmons en 16 v, 1. in- 12, soh lenienl écrits, mais peu éloquents.

BOURSIER ( Lai aENT-FKANÇois), |irêtrc, docteur de l.r niaison et sofh.lé ue .^orbiuuie, naquit à Kcoiieii, dans le diocèse de Paris, en 1070. il fui obligé de sortir de Su. bonne, paj- son opposidon aux uécrets de l'Eglise, en 1721. il se reiira dans sa patrie, el il y (■tait en 17. i3, lors pi'.! l'ut obligé de s'enfuir, |M,ur es .1er I. s I (Hirsutes du ininislèr ■.altenl f il ue.- démarches (pii iiuuvaie'lt devenir inquiétantes pour la religion el • <-'•"

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tat. Il secacha depuis, et ne semontraqu'à quelques arais sûrs. Il mourut à Paris, le 17 février 17i9. On a de lui : L'Action de Dieu sur les créatures, Paris, 1713,2 vol. in-4°, ou 6 vol. in-12,su[ipriui(''pararrètduconseil le 27 août 171i. Il parut en 1716 une réfutation intitulée : Le Philosophe extravagant dans le traite' de rAction de Dieu sur les" créatures. « Les « questions agitées dans ces sortes d'ouvra- « ges, ilit l'auteur des Trois siècles, ne sau- « raient Tètre qu'avec de grands inconvé- « nients. On instruira beaucoup plus ulile- « ment les hommes, et on remplira plus cer- « tainement les vues de la religion, en leur « apprenant à réprimer l'esprit de dispute, à « respecter les dogmes, k pratiquer la morale « évangélique, qu'en employant toutes les « ressources de la logique à établir des systè- « mes qui peuvent bien rendre les hommes «pointilleux, mais rarement meilleurs. »

Mémoire présenté à Pierre le Grand , par les docteurs de Sorbonne , pour la réunion de l'Eglise de Russie à l'Eglise latine. Lorsque le czar vint on Sorbonne, Boursier lui parla de ce qui fait l'objet de ce Mémoire. Le prince lui dit d'abord qu'il n'était qu'un soldai. Boursier lui répondit « qu'il était un héros , et qu'en cette qualité de prince, il était protecteur de la religion. — Cette réunion n'est pas une chose si aisée, reprit le czar; il y a trois points qui nous divisent : le

pape, la procession du Saint-Esprit »

Comme il oubliait le troisième point, qui est les a/^ymes et la coupe. Boursier le lui rappela. « Pourcet article, dit l'empereur, nous n'aurons pas de peine h être d'accord ensemble. » Cette conversation tinit, de la part du monarque russe, par demander un Mémoire. On le lui donna, et il ne servit de rien. Une foule de brochures contre les décrets des papes dans les matières de la grâce. — Il ne faut pas le confondre avec Philippe Boursier, né il Paris en 1693, diacre également dévoué à la secte qui a causé tant de maux k l'Eglise, et mort le 3 janvier 1768. Celui-ci est un des premiers auteurs des Nouvelles ecclésiastiques, où tous ceux qui tiennent à la catholicité sont calomniés de la manière la plus infâme. Il a aussi rédigé les Discours qui précèdent chaque année ce salmigondis des convulsionnaires. Voyez Boches (Jacques).

BOURZÉIS (Ajiablede), abbé de Saint- Martin-de-Cores,etrundes 4-0 de l'académie française, né à Volvic,près de Riom,enl606, se lit un nom sous le cardinal de Richelieu par sou savoir. Il possédait les langues, la politique, la controverse. Le ministère employa sa plume dans les atfaires des droits de la reine Marie-Thérèse d'Autriche, sur divers états de la monarchie d'Espagne, principalement sur les Pays-Bas; ses recherches grossirent le Traité qae publia sur ce sujet AntoineBilain, avocat mort en 1672; raaisiln'en résulta rien de solide, puisque la reine avait renoncé à tous s:''S droits, et «pie, cette renonciation faisait Vàme du contrat de mariage. En 1666, j-1 lit le voyage de Portugal, snus prétexte de travailler à la conversion du comte de Schomberg, depuis maréchal de France ; mais en DiCTioNN. DE Biographie relig. I«

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effet, pour traiter des affaires d'état. Bourzéis mourut h Paris en 1672. Il entra d'abord avec beaucoup de chaleur dans les disputes du jansénisme ; mais en 1661, revenu de cet enthousiasme, il signa le Formulaire. On a de lui des Sermons sur divers sujets, 1672, 2 vol. in-8°, et beaucoup d'ouvrages de controverse. Le grand ministre Cnibert l'avait fait chef d'une assemblée de théologiens célèbres, qui se tenait dans la bibliothèque du roi, pour réfuter les incrédules. Il présidait aussi à une assembK'e de gens de lettres, dans l'hôtel de ce surintendant, qu'on appelait la Petite Académie. Voltaire lui attribue le Testament du cardinal de Richelieu, mais sans fondement : il est aujourd'hui reconnu (fiie ce Testament est l'ouvrage de celui dont il porte le nom.

BOUSSARD (GÉOFROi ou Geoffroi), docteur en théologie , doyen de la faculté de Paris et chancelier de l'université, fit briller son éloquence et la solidité de ses raisonnements dans plusieurs occasions d'éclat. Vers 1518, il permuta sa chancellerie pour un bénéfice dans le Maine : il se retira alors au Mans, où il était né fn ih3d , et où il mourut vers 1520. On a de lui un traité assez rare. De continentia Sacerdotum, Paris, 1505, et Roupn, 1513, \n-k°, et quelques ouvrages do théologie et de morale.

BOUSSOT (Pierre-Laurent), avocat à Cadenet, département de Vaucluse, mort d'une attaque de choléra, au mois de septembre 1835. composa, quoique simple laïque, plusieurs écrits relatifs à des matières rcliiiieuses. Les principaux sont : l'Unité catholique, ou nouveaux développements apologétiques de la religion,'} vol. in-8°: cet ouvng' devait avoir cinq parties, la première seule a paru; Répétions d'un Fronçai s catholique sur deux articles delà charte et sur les ordonnances concernant les petits séminaires, 1828, brochure in-8° ; Droits constitutionnels des évéques de France et véritables libertés de l'Eglise gallicane, 1818, in-8'.

BOUTAULD (Michel), jésuite, né à Paris en 1607, exerça pi ndant 15 ou 16 ans le ministère de la pré lication, et mourut à Pontoise en 1688. On a de lui plusieurs ouvrages estimés. Les principaux sont : Les Conseils de /a Sa|7ps.<;r, plusieurs fois réimprimés. La dernière édition est de Paris, 17W, 2 vol. in-12 avec une suite : cet ouvrage a été traduit en espagnol et en italien; Le Théologien dans les conversations avec les sages et les grands du monde, Paris et Lyon, in-4° et in- 12, ouvrage très-solide et généralement estimé : c'est un recueil de diverses réponses que le père Pierre Cotton a faites aux incrédules, dont les doutes et les erreurs sont à peu i)rès les mêmes dans tous les siècles. Hi'uri IV était si satisfait de ces réponses, qu'il engagea le Père Cotton à les mettre par écrit, et c'est sur cette espèce de mém are que le Père Boutauld a travaillé; Méthode pour converser avec Dieu, Paris, 168!i-, in-16. Ce polit ouvrage est plein d'onction.

BOUTON (le P. François), jésuite, naquit en 1578 à Chamblay, près de Dùle en Franche-Comté. Envoyé'd'abord par ses supérieurs

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dans les missions du Levant , il proft\ssa ensuite pendant plusieurs années la rhétorique et la philosophie au collège de la Trinité, à Lvon ; il mourut dans cette ville, le 17 (jctobre 1628, victime de son dévouement à l'égard des pestiférés. La bibliothèque des jésuites de Lyon possédait un grand nouibre de ses ouvrages manuscrits. Les plus ri'iuarquabh'S étaient : uui^ Théologie spirituelle, en six livres; ime Traduction, du grec en latin, des ÔlEuvres de saint Dorothée ; Counnentarii in Deuteronomumde Peregrinatione Israelitarum, tuin litterali , tum mystica, ad promi^ssionis terram , ex Scripturis, et prœsertim ex libro Numerorum ; Dictionnaire latin-hébreu, qiu lui coitta dou/.e années du travail, et qu'il eut la ]. aliénée de transcrire lui-même jusqu'à six fois. Il est intitulé: Claris Scripturœ sacrœ, seu Dictionariwn hehraicuin , in quo latinis vocibus suhjiciuntur voces hebrœœ respondentes, collectam ex sacris litteris et ex collatione Vulgatfe latinœ edit. cuin hebraica, 1 vol. in-i° d'environ 1300 pages , que la bibliotlièque d ' Lyon lossède aujourd'hui. Ce savant jésuita avait laissé fort avancé un Dictionnaire latin-syriaque , do.t le manuscrit a péri dans le siège de cette ville, avec ses autres ouvrages.

BOUVENS ^1". bbé de), né vers 1730 à Bourg en Bresse, devint grand-vicaire de l'archevêque de Tours, M. de Cnnzié. Ayant refusé le serinent lors de la révolution, il suivit ce prélat dans 1' -xd , et le vit mourir en 1793, aux environs de Francfort. 11 passa en Angleterre, oil le frère de M. de Conzié, évoque d'Arras, qui était ministre du comte d'Artois, alors lieutenant-général du royaume, l'employa liaiis sa chancellerie. Eu 1804, l'abbé de Bouvens prononça l'oraison funèbre uu duc d'Enghien dans la chapelle de Saint-Patrice à Londns, en [irésence des {iriuces de la maison de Bourbon et des Français exilés. En 1807, il prononça aussi l'oraison funèbre de l'abbé E')gev^ orth de F.rmont, et, en 1810, celle de la princesse .Vlarie-Juséphine-Louise de S^oie, femme de Louis XVllI. L'auteur a réuni en 182V, dans un seul volume in-S", ces Oraisons funèbres, qui avaient (taru déjà séparément. Nommé en ISl'i- aumônier au roi, il demanda sa retraite au l)out de quelques années, à cause de sesinfiruntés. Il mourut |)eu de temps apièsla r 'volution de 1830.

BOUVJiTi.I(>AciiiM), jésuite, né au .Mans vers 1062, l^ut uu des six premiers missionnaires mathématiciens que Louis XiV lit partir h ses fiais poiu' la Chine en 1683. Colbcil, dont la mort interrom[)it les projets, et, deux ans après, Louvois <iui r^prilies idées de Colbert, voulaient entretenir à la Chino, comme correspondanis, un certain nombre des missionnaires habiles, qui tissent pour ce ])ays encore mal c(Muni ce que d'aulies savants faisaient dans diverses contrées do rEuro[)e, do l'Afrique et de l'Amérique, où ils étaient envoyés par l'acadiimiedcisscicnces. Les cinq missionnaires uu'on joignit au P. Bouvet étaient les PP. Fontanay, Tachard, Cîerljiiloii, Lecomte et Visdi lou. .\|irès avoir été pourvus, jiai ordre du roi, do tous les

instruments de mathématiques qui leur étaient nécessaires, et munis des instructions de l'académie des sciences, ils partirent de Brest le 3 mars 1085 , et prirent la route de Siam, où ils s'aîrètèrent quelques mois. Us arrivèrent entin à Ning-jio, port de la cAte orientale de la Chine, au mois de juillet 1687, après avoir failli périr par un naufrage, dans cette seconde partie di; leur traversée. Le célèbre Kang-hi, qui régnait alors, fit un accueil favorable aux missionnaires, leur permit de se répandre dans les provinces, et retint auprès de lui les Pères Bouvet et Gerbillon, qu'il prit pourses maîtres de mathématiques. 11 leur permit de se bA tir, dans l'enceinte même de son palais, une église et une résidence qui furent achevées en 1702. L'empereur fut tellement satisfait des sei'vices des jésuites qu'il envoya en France le P. B >uvet, pour en amener uiî plus grand nombre de missionnaires : ce Père y arriva en 1697. Il était porteur de 49 volumes chinois que Kang-hi envoyait en présent à Louis XiV, et il les remit, le 27 mai et le 12 juin, à la bibliothèque royale, qui ne pos.-édait encore que quatre ouvrages écrits en cette langue , lesquels s'étaient trouvés parmi les manuscrits du cardinal iMazarin. Le roi, de sou côté, chargea le P. Bouvet de présenter ;i Kang-hi un recueil de toutes ses estampes, magnifiquement relié. Le P. Bouvet repartit bientôt pour la Chine avec dix nouveaux missionnaires, du nombre desquels étaient les PP. de Prémare, Régis et Parrenin. Il fut un des jésuites qui travaillèrent [tendant plusieurs années à lever la carte de l'empire,, et l'un des cinq d'eutre eux qui présentèrent un placet à l'empereur eu langue mandcliou, pourobtenirdes éclaircissements sur les opinions des Chinois relaiivemeui aux céréraonu's en 1 honneur de Confucius et des ancêtres. L'empereur en approuva le contenu par un rescrit de sa main, et accorda la réponse demandée : cependant les exp ications ol)tenues et qui furent insérées dans la Gazette de Pékin, avec le Mémoire des jésuites , ne sufliient pas pour apaiser les disputes que l'atiaire des cérémonies chinoises avait causées. A])rès 50 aimées de travaux continuels, soit dans le service de la cour, soit dans le ministère des fonctions apostoli([ues, le P. Bouvet mourut à Pékin, le :^8 juin 1732, justement honoré et estimé. Son nom chinois était Pc-tsin. Il a laissé quatre relations de divers voyages qu'il lit dans le cours de ses missions ; A'/of présent de la Chine, en figures gravées par /*, (iijf'art, sur tes dessins apportés au rot par le P. J. liourcl, Paris, 1607, in-folio; une lettre dans le deuxième rerueil des Lettres l'ditiantes, quehjues morctaux dans les .Mémoires de Trévoux, dans la Descri|ttion de la (^hine, du P. Dnhalde, et dans lesOKuvns <ie Leibnitz, (pi'il traduisit eu latin, en 169!) , in-^" ; le Portniil historique de l'impcrnir de in Chine {Kang-hi ;,>\w; le i'. Bouvet avait f)ul)lié à Paris, 1697, in-l-i. Il parait quo la biliiiotlièqtic du M iiis cii: .^crve aus-i, eiilrc autre-- manuscrii.s, un Dictionnaire chinois ri plusi. urs dissertations sur la langu • c'nuois'' , du P. Bouvet.

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BOUX (Guillaume Le) , né dans la paroisse 1 Soiize en Anjou, le 30 juin lt)-21 , lut successivement capucin, oratorien, curé, professeur de rhétorique. Il se distingua par son talent pour la chaire, prêcha avec distinction un carême en présence de Louis X^^ qui le nomma à l'évêché d'Acqsen 1658, l'uis à celui de Périgueux en 1667. Il mourut dans c tte dernière ville le 6 aoilt 161)3. On a de lui : des Dissertations ecch'siastiques sur le pouvoir des évêques pour la diminution ou ('augmentation des fêtes (avec AI. de Bassompierre, évêque de La Rochellf) , Paris, 1691, in-8" ; les Confc'rences dePérigueux, 3 vol. \n-l-2 ; dos Sermons, Rouen, 1666, 2 vol, in-i'2 ; Rituel de Pc'rigucux, 1680, in-i°.

BOUZONIÈ (Jean) , jésuite , naquit vers 1616 à Bordeaux, et composa de très-bonne heure despoésieslatines, dont plusieursfurent recueillies sous ce titre : Primttiœ musarum sercnissimo delphino oblatœ, Bordeaux, l'o70. Étant entré dans la couipagnie de Jésus à Hge de 17 an*;, il s'adonna pendant fdusieurs ani ées à l'enseignement , puis il obtint de grands succès dans la prédicatix)n. Un accident qui le jiriva de la vue l'obligea de renoncer à la chaire; il mourut à Poitiers en 172o. In lépendamnient des poésies citées, on a du P. Bou^onié : Uymni trrs sanvti Thomœ de Villa Nova, 1670 ; Carmiita extcmporanea de i'arû'sar(/i<mo»/j.'», Bordeaux, 1672, in-'t" ; Portrait de Louis le Grand, roi de France, Bordeaux , 1686, in-4°; Science de la mort des saints, Poitiers, 1692; Histoire de l'ordre des religieuses filles de Notre-Dame, Poitiers, 1697, 2 vol. in-i" : ces religieuses se consacraient à l'éducation des jeunes personnes ; Oraison funèbre de Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France, Poitiers, 1686.

BOVEBIUS (Zacharie), capucin, né à Saluées, et mort à Gènes en 1638, à 70 ans, est auteur de (pielques ouvnges de controverse, et de YHistoire des Capucins , en latin, 1632 et 1633, 2 vol. in- loi., traduit • en français par le Père Antoine Caluze, 1675, in-fol. Il y en a un 3' vol. par le Pèie 'SLncellin de Pise, 1676, m-iid. L'auteuiy montre un peu trop do crédulité, et il a mieux aimé écrire des choses édiliantes que d'examiner toujours si elles étaient vraies. Quelque reproche ([u'on puisse lui faire, son intenlion est louable, et le dé:aut de critique dont il n'est pas diflicile de le convaincre , ne produira certainement aucun mal dans le monde moial. On a encore de lui : Deinonstrationes undecim de vera habitus forma, a seraphico pâtre Francisco instituta, Cologne, 1655. Il y prétend prouver que l'habit îles capucins est celui de saint François; Démonstraliones symboloruni vcrœ et falsœ religionis , adversus prœcipuos ac vigentcs catholicœ religionis /iosics, etc., Lyon, 1617, 1 vol. in-fol.; Parœnesis calholica ad Marcuni Ant. de Dominis, in-i",Lyon, 1618; c'est une réfutation des assertions insi'rées dans la Republica christjana et Ecclesiastica de l'apostat ue Dominis. Boverius a encore rélulé d'autres prodiictionvdu i nême auleur-, O/V/iot/oxd consuliâli'o de ratïbne verà fidei et religionis am-

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